RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS D’EVA GREEN

« PENNY DREADFUL » : saison 3 (2016)

PENNY3Pour sa troisième et ultime saison, « PENNY DREADFUL » confirme un peu les craintes qu’on pouvait avoir quant à son avenir. Si l’univers décrit est toujours aussi ludique, sombre et visuellement fascinant, le développement scénaristique laisse toujours autant à désirer et paraît même souvent improvisé au fil de la plume. Les neuf épisodes semblent très inutilement étirés et auraient sûrement pu être condensés en six.

Cette saison multiplie les sous-intrigues : l’une d’elles nous entraîne au Far-West et on y retrouve Wes Studi en « dernier des Apaches » mystérieux et Brian Cox en rancher implacable. Une autre nous fait retrouver Dracula et Renfield, une autre encore transforme la fiancée de Frankenstein (Billie Piper) en suffragette sanglante (ce qu’il y a de plus faible dans le tricotage de la saison). Le nouveau personnage du ‘Dr. Jekyll’ est très mal exploité. L’épisode « A BLADE OF GRASS » se déroule entièrement en flash-back dans la cellule capitonnée d’un asile où Eva Green se désagrège mentalement mais trouve de la compassion chez son infirmier, le futur « monstre » Rory Kinnear. On revoit également Patti Lupone en psy, descendante de la sorcière de la saison précédente.

Tous les protagonistes se retrouvent finalement dans « THE BLESSED DARK », pour affronter Dracula et ses vampires-zombies lors d’une baston géante dans un vieil abattoir sombre. Rien de très convaincant donc pour clore cette saga victorienne au ‘pitch’ si intrigant et à l’exécution si hasardeuse. Reste bien sûr l’étonnante présence d’Eva Green, qui affine encore davantage son jeu à la fois intense et subtilement décalé et ironique. Elle a de très jolis face-à-face avec Lupone et la fin de son parcours tourmenté est émouvante.

Difficile de se montrer enthousiaste donc, pour cette 3ème fournée de « PENNY DREADFUL », série ambitieuse qui n’a jamais complètement tenu ses promesses, malgré un concept inventif, revivifiant les vieux mythes de l’horreur en les imbriquant les uns dans les autres. Cette saison délayée et trop bavarde permet de quitter ‘Vanessa Ives’ et ses compagnons sans trop de regrets.

PENNY3 2

WES STUDI ET EVA GREEN

 

« MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS » (2016)

Inspiré d’un roman de Ransom Riggs, « MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS » semble avoir été écrit pour Tim Burton. On y retrouve ses obsessions récurrentes sur les monstres, les exclus, la puissance des rêves. Malgré l’absence presque déroutante d’une BO de Danny Elfman, le film laisse la sensation d’un « ALICE AU PAYS DES MERVEILLES » revisité.miss

L’univers recréé de ces ‘freaks’ regroupés dans une école et protégés du monde extérieur par une boucle temporelle fait parfois penser à « X-MEN », mais en infiniment plus délicat et inventif. Burton manie en maître les fables enfantines, les mythes de l’horreur (joli hommage à Ray Harryhausen avec l’armée de squelettes à la fête foraine) et compose de magnifiques tableaux, comme la remise à flot de cette épave échouée au fond des mers.

Deux heures, cela paraît un peu long, mais l’univers dépeint dans le film possède sa propre logique et ne cède jamais à la surenchère ou au n’importe quoi. À part peut-être lors des apparitions de Samuel L. Jackson dans son maintenant habituel numéro de cabotinage qui devient de plus en plus exaspérant et systématique.

Heureusement, le casting est d’une belle homogénéité : le jeune Asa Butterfield dégage une naïveté attachante dans le rôle principal du voyageur temporel, Terence Stamp est excellent en grand-père « passeur », Judi Dench apparaît trop brièvement et Rupert Everett est méconnaissable. Mais le clou du film, c’est bien sûr Eva Green, qu’on est heureux de voir dans un rôle sympathique. Celui de ‘Miss Peregrine’ femme-oiseau toute de noir vêtue, fumant la pipe et protectrice des enfants « singuliers » dont elle a la charge. Elle prend toujours le même plaisir à camper des personnages excentriques et improbables et dégage cette folie douce, cet humour pince-sans-rire qui en ont fait une icône du cinéma fantastique de ces dernières années.

Peut-être pas un grand Tim Burton, car paradoxalement, il ressemble trop à… du Tim Burton, mais une œuvre bien pensée, extraordinairement bien faite et d’une poésie des plus séduisantes.

 

« PENNY DREADFUL » : saison 2 (2015)

La 2ème saison de « PENNY DREADFUL » comprend deux épisodes de plus que la précédente. Est-ce pour cela qu’on ressent d’emblée un ralentissement généralisé dans les scénarios ? Des enjeux dilués ? Des redondances à foison ? Toujours est-il que le nombre de personnages récurrents a augmenté et qu’à force de mener plusieurs intrigues et sous-intrigues simultanément, certaines font du sur-place et ralentissent l’ensemble de la saison, quand elles ne s’achèvent pas brutalement en queue-de-poisson comme celle du musée de cire.Print

Cela reste de la très bonne télévision : les moyens sont énormes, décors et costumes dignes d’une superproduction cinéma et les F/X horrifiques sont de plus en plus inventifs, comme cette averse de sang lors du grand bal chez Dorian Grey, ou les métamorphoses du trio infernal de sorcières. Non, c’est l’écriture qui est le point faible. Si tout ce qui concerne Eva Green et Josh Hartnett est impeccable et offre même des épisodes étonnants comme « THE NIGHTCOMERS » (long flash-back avec une extraordinaire Patti LuPone en sorcière/mentor), le larmoyant monstre de Frankenstein (Rory Kinnear) semble toujours revivre les mêmes situations et le bon docteur lui-même (le pâle Harry Treadaway) n’est guère passionnant. On s’intéresse plutôt à des personnages périphériques comme l’érudit gay incarné avec délectation par Simon Russell Beale ou à la terrible nécromancienne Helen McCrory, qui n’est pas loin de voler la vedette à tout le monde.

À la fin de la saison, après un épisode remettant les pendules à l’heure et éparpillant les protagonistes aux quatre coins du monde, on attend donc la prochaine livraison avec curiosité et un brin d’appréhension : renaissance ou enlisement ?

Quoiqu’il en soit, le fan d’Eva Green sera de toute façon aux anges : sa longue silhouette noire et sa façon hallucinante de parler le « verbis diablo » (le langage du diable) l’ont déjà faite entrer dans le panthéon des grandes figures de l’horreur. Barbara Steele a définitivement trouvé sa digne héritière !

 

« ARSÈNE LUPIN » (2004)

ARSÈNE

ROMAIN DURIS ET EVA GREEN

Dans la mouvance des ‘revivals’ de vieilles séries télé françaises comme « BELPHÉGOR » ou « VIDOCQ » (tous deux de gros échecs), « ARSÈNE LUPIN » tente de ressusciter le gentleman-cambrioleur créé par le romancier Maurice Leblanc (1864-1941) et héros d’une sympathique série avec Georges Descrières.ARSÈNE2

Qu’en est-il de cette remise au goût du jour ? On ne sait pas trop par quel bout prendre la chose, en fait… Scénario confus, tonalité instable passant du mélodrame en costumes à la comédie bondissante, casting totalement inadéquat (Kristin Scott Thomas ou Pascal Greggory qu’on n’a jamais vus aussi mal à l’aise et castés en dépit du bon sens) et effets visuels et sonores déjà sévèrement démodés. Sans parler d’un montage elliptique qui empêche de s’installer dans l’action ou d’un dialogue souvent inaudible. Bref, « BDW2 » se doit bien d’avouer que sans la présence de sa mascotte Eva Green (dans sa seconde apparition à l’écran), il aurait eu grand mal à aller jusqu’au bout de la projection. Fraîche et altière, l’actrice – qu’on est tout étonné de voir s’exprimer dans la langue de Molière ! – joue la cousine du voleur, amoureuse de lui depuis l’enfance. Déjà en pleine possession de ses moyens, elle n’a pas encore le « regard-qui-tue » et l’ironie cinglante qui seront bientôt sa marque de fabrique, mais elle fait preuve d’une belle présence. À noter que c’est encore Robin Renucci qui joue son père, comme dans le film de Bertolucci tourné l’année précédente. Parmi les autres comédiens, on retiendra des « revenants » comme Mathieu Carrière ou Philippe Lemaire.

Succédant à Robert Lamoureux, Descrières, Jean-Claude Brialy ou François Dunoyer dans le rôle-titre, Romain Duris qu’on a vu plus convaincant chez Cédric Klapisch, ne donne aucune épaisseur, aucune texture à ce personnage emblématique qui n’est ici qu’un vague dandy poseur et maniéré très peu gentleman et cambrioleur sans panache. Reste à attendre le prochain « reboot » de ce héros de littérature populaire qui n’a pas encore trouvé sa juste incarnation.

 

« DARK SHADOWS » (2012)

MICHELLE PFEIFFER

MICHELLE PFEIFFER

« DARK SHADOWS » est l’adaptation d’un ‘soap’ quotidien des années 60 filmé en direct, qui dura cinq saisons et ne compta pas moins de… 1225 épisodes !DARK3

C’était un étonnant compromis de « LA FAMILLE ADDAMS » (en moins drôle), de l’univers de Dracula et de diverses mythologies horrifiques classiques. C’est dire que Tim Burton nage là-dedans comme un poisson dans l’eau.

Dès les premières séquences, il trouve le ton juste, un étonnant mélange de romanesque échevelé, d’humour « camp » saupoudré d’émotion. Le visuel est splendide s’inspirant des toiles de Caspar David Friedrich. On est immédiatement happé et séduit par cet univers aussi riche que foisonnant, bonheur à peine tempéré par un scénario sans réelle colonne vertébrale et une durée un peu excessive.

Mais la splendeur des décors (CGI ou « en dur »), la finesse de la photo et surtout, l’extraordinaire précision de la direction d’acteurs – tous idéalement castés – finissent par emporter le morceau. Johnny Depp trouve un de ses meilleurs rôles en vampire catapulté dans le futur (1972 !) après deux siècles de confinement dans sa tombe. Précieux, le verbe fleuri, l’appétit vorace, il maîtrise parfaitement le fragile équilibre entre l’humour pince-sans-rire et le pathos. Face à lui, une brochette de « bad girls » qui vaut à elle seule le détour : Michelle Pfeiffer en mater familias dure-à-cuire, Chloë Grace Moretz en ado mal embouchée, Helana Bonham Carter hilarante en psy ravagée. Et, cerise sur le gâteau, Eva Green complètement déchaînée en méchante sorcière sexy aux pouvoirs ravageurs et à la rancune tenace. Ses face-à-face avec Depp sont de purs moments de délectation (Ah ! La scène de sexe sauvage sur une chanson de Barry White !). Christopher Lee apparaît fugitivement en marin hypnotisé et Alice Cooper joue son propre rôle (« La femme la plus laide que j’ai jamais vue ! », déclare le vampire en le voyant).

JOHNNY DEPP ET EVA GREEN

JOHNNY DEPP ET EVA GREEN

« DARK SHADOWS » est donc un régal et une des plus franches réussites de Burton ces dernières années. Un plaisir pour l’œil et les vrais amateurs d’horreur traditionnelle, dont on pardonne aisément les longueurs et une certaine sensation de piétinement parfois…

 

« WHITE BIRD » (2014)

WHITE2Situé dans les années 80, « WHITE BIRD » est une chronique de l’adolescence, narrée en voix « off » par son héroïne dont la vie bascule quand sa mère quitte subitement le domicile conjugal, laissant son mari désemparé et sa fille livrée à elle-même.

C’est du moins le point de départ. Ensuite, peu à peu, insidieusement, le scénario prend des chemins de traverse et se transforme en une sorte de polar psychologique tissé de non-dits, de fausses-pistes et de personnages qui ne sont pas du tout ce qu’ils ont l’air d’être. Porté à bout de bras par l’excellente Shailene Woodley, le film fascine de plus en plus à mesure qu’il progresse et s’achève brutalement dans une révélation-choc totalement inattendue et assez osée, puisque seul le spectateur en aura la primeur. Aucun des protagonistes ne saura jamais le fin-mot de l’histoire. Ce qui s’appelle jouer avec les codes d’un genre.

Autour de ‘Kat’, adolescente mystérieuse et imprévisible, gravitent de formidables comédiens : Chris Meloni dans un total contremploi d’homme faible et soumis, de « beauf » affable et ennuyeux. Il est exceptionnel. Eva Green – parfaitement crédible dans un rôle de dix ans plus âgé qu’elle n’est réellement – n’est pas en reste en épouse insatisfaite, névrosée, aigrie. Les regards de mépris dégoûté qu’elle pose sur son époux sont à faire frémir ! On retrouve avec plaisir quelques gloires des années 90 comme Angela Bassett en psy impassible, Thomas Jane en flic macho et Sheryl Lee en nouvelle fiancée du père « abandonné ». Les deux copains de Shailene Woodley, la jeune noire obèse et le gay, sont très bien croqués.

CHRIS MELONI, EVA GREEN, SHAILENE WOODLEY ET SHERYL LEE

CHRIS MELONI, EVA GREEN, SHAILENE WOODLEY ET SHERYL LEE

« WHITE BIRD » est un film singulier, maîtrisé, très joliment filmé et monté, dans lequel on s’enlise progressivement, jusqu’à la chute finale qui laisse sans voix mais explique finalement pas mal de choses…

 

« À LA CROISÉE DES MONDES : LA BOUSSOLE D’OR » (2007)

120x180 Croisée EvaInspiré d’un cycle de romans pour enfants, « À LA CROISÉE DES MONDES : LA BOUSSOLE D’OR » est clairement conçu pour être le premier film d’une franchise. Malgré d’indéniables qualités – pour la plupart esthétiques – le projet en est resté là.

Le film conçu pour un jeune public, lorgne évidemment du côté des « HARRY POTTER », mais on peut également y déceler les influences de Lewis Carroll ou Carlo Collodi. L’histoire semble improvisée au fil de la plume, comme celles qu’on raconte pour endormir les enfants, et l’univers décrit est un smörgåsbord insensé, où se côtoient des ours blancs en armure, un cowboy en dirigeable (joué par Sam Elliott, who else ?), des Gitans justiciers et des âmes baladeuses, symbolisées par des animaux doués de parole.

Mais en élaguant un peu, on comprend rapidement que le film parle de la magie de l’enfance convoitée par des adultes rapaces, destructeurs de rêves. C’est plutôt sympathique, bordélique à souhait, mais cela vaut le coup d’œil pour la beauté des décors et la fluidité avec laquelle les CGI s’intègrent au récit sans jamais le supplanter.

Si la petite Dakota Blue Richards occupe talentueusement 90% de l’espace en héroïne intrépide, le film est truffé de visages connus qui ne font souvent que passer : Daniel Craig et Eva Green, à peine sortis de « CASINO ROYALE » apparaissent brièvement en professeur téméraire et en sorcière volante (mais gentille, ce qui change un peu !), les vétérans Jim Carter, Tom Courtenay, Derek Jacobi cabotinent avec brio et on aperçoit même le cher Christopher Lee quelques secondes avec sa mine lugubre. Les voix des créatures virtuelles sont fournies par rien moins que Kristin Scott-Thomas, Ian McKellen, Kathy Bates ou Ian McShane ! Seule Nicole Kidman en Cruella de service, semble totalement déplacée.

DAKOTA, JIM CARTER ET CHRISTOPHER LEE

DAKOTA BLUE RICHARDS, JIM CARTER ET CHRISTOPHER LEE

La seule façon d’apprécier vraiment « LA BOUSSOLE D’OR » est de laisser son sens critique au vestiaire, de retrouver quelques bribes de son âme d’enfant et de se laisser porter. Mais, répétons-le, c’est réellement très joli à regarder.