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Archives de Catégorie: LES FILMS ET SÉRIES TV D’ALFRED HITCHCOCK

« PSYCHOSE » (1960)

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JANET LEIGH

« PSYCHOSE » est, après « SUEURS FROIDES » et « LA MORT AUX TROUSSES », le dernier chef-d’œuvre incontestable de la carrière d’Alfred Hitchcock et certainement un de ceux qui le définissent le mieux tout en ne ressemblant pas vraiment à ceux qui ont fait sa réputation.PSYCHO.jpg

D’un modernisme inattendu dans la mise-en-scène et le découpage, d’une audace affichée quant aux thèmes développés, le film n’a pas pris une ride, malgré des décennies d’imitations, de pastiches et de sequels. Cela demeure un des plus grands films « de trouille » de l’Histoire et un de ceux qui ont osé bousculer les sacrosaintes traditions narratives en éliminant l’héroïne à mi-parcours ou en brossant le portrait plutôt bienveillant d’un serial killer schizophrène. Avec sobriété, dans un noir & blanc proche du téléfilm, Hitchcock compose des images indélébiles : le motel Bates surplombé par la maison se découpant dans la nuit, les vues en plongée de l’escalier, la célébrissime – mais nullement décevante – séquence de la douche, la voiture s’enfonçant dans le marécage, etc. Il faudrait pratiquement citer toutes les scènes. Sans oublier la BO stridente et stressante de Bernard Herrmann qui a rarement fait mieux. À peine déplorera-t-on quelques longueurs inutiles (la visite soporifique chez le shérif John McIntire, l’interrogatoire du privé qui s’éternise au motel) et surtout un épilogue bavard où le psychiatre Simon Oakland explique la pathologie de Norman : inutile, verbeux et contre-productif au possible. Un défaut récurrent quand « Hitch » s’est penché sur la psychiatrie dans ses films !

Mais c’est peu de choses comparé à la perfection du reste. Dans un cast magistral : Anthony Perkins d’une subtilité inouïe dans le rôle de sa vie en fils-à-maman passé de « l’autre côté », Janet Leigh – qu’Hitchcock filme en sous-vêtements à la première occasion – touchante en victime-née, Martin Balsam en détective finaud et Vera Miles, John Gavin.

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ANTHONY PERKINS, MARTIN BALSAM, JANET LEIGH ET JOHN GAVIN

« PSYCHOSE » est une authentique leçon de cinéma, une matrice inoxydable pour plusieurs centaines de séries B d’horreur qui n’ont jamais réussi à l’égaler. Du vrai grand cinoche, autrement dit.

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« L’ÉTAU » (1969)

TOPAZ.jpgDans tous les films d’Alfred Hitchcock, ou presque, même les plus faibles, il y a quelque chose à retenir : une image, une ambiance, une trouvaille visuelle. Vous qui vous apprêtez à visionner « L’ÉTAU », abandonnez tout espoir. C’est probablement l’œuvre la moins captivante du maestro, un pensum d’espionnage ancré au cœur de la crise cubaine de 1962, entre New York, Cuba et Paris.

Le scénario, adapté d’un roman de Leon Uris, est poussif, mécanique, dépourvu d’enjeux humains. La photo est d’une laideur assez prodigieuse, digne d’un épisode de la série « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX » et le casting est une catastrophe. Si ‘Hitch’ avait utilisé Sean Connery comme un sous-Cary Grant dans « MARNIE », il fait de même avec le falot Frederick Stafford, dont il fait… un sous-Sean Connery. Et qui joue, en plus, un espion français ! Tout est à l’avenant, Dany Robin est exaspérante en épouse pleurnicharde, John Forsythe passe impassible comme un mannequin de cire, la ravissante Claude Jade n’a rien à faire. Seul John Vernon est à peu près crédible en Cubain menaçant à grosse barbe. Michel Piccoli et Philippe Noiret apparaissent vers le dénouement en traîtres visqueux. Les voir échanger des répliques en anglais a quelque chose de surréaliste.

Rien à sauver dans « L’ÉTAU » donc, généralement catalogué comme pire ratage de la carrière d’Hitchcock. Impossible de prendre sa défense ou de tenter de le réhabiliter. C’est une épreuve de le regarder jusqu’au bout et il a infiniment plus vieilli que les films du réalisateur des années 40 ou 50.

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KARIN DOR, FREDERICK STAFFORD ET JOHN VERNON

 

« OFF SEASON » : épisode de « The Alfred Hitchcock hour » réalisé par William Friedkin

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JOHN GAVIN

« OFF SEASON » est l’ultime épisode de la dernière saison de « THE ALFRED HITCHCOCK HOUR » et on retrouve, cinq ans après, trois noms déjà réunis au générique de « PSYCHOSE » : Alfred Hitchcock en tant qu’hôte, Robert Bloch au scénario et John Gavin en vedette.

Mais surtout ce qui intrigue dans ce téléfilm, c’est qu’il s’agit de la première fiction tournée par un William Friedkin de trente ans, venu du documentaire.

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RICHARD JAECKEL

Gavin joue un flic à la gâchette trop sensible, un psychopathe assermenté forcé de démissionner après avoir abattu un SDF inoffensif. Avec sa fiancée (Indus Arthur), il s’installe en province où il trouve un job de shérif-adjoint. Mais il se persuade que la jeune femme est devenue la maîtresse de l’ex-adjoint (Richard Jaeckel) et décide de ressortir son revolver. Le scénario fonctionne bien sur ces bases simples et solides et la chute – qu’on voit venir assez tôt en étant un tant soit peu attentif – est bien amenée. Le film est solidement réalisé, sans qu’on y décèle le style Friedkin, mais l’habituellement fade Gavin est excellemment dirigé dans ce qui constitue un de ses meilleurs rôles. Avec son physique lisse, « All American », il en devient encore plus inquiétant. Et bien sûr, le voir vivre dans un motel miteux, tenu par un type louche (William O’Connell) renvoie instantanément à « PSYCHOSE ».

Un épisode mémorable donc, pour différentes raisons : le premier de Friedkin et le dernier de la série qui s’achève heureusement sur une note dynamique.

 

« LA MAIN AU COLLET » (1955)

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CARY GRANT

Tourné entre un de ses classiques (« FENÊTRE SUR COUR ») et un intermède farfelu (« MAIS QUI A TUÉ HARRY ? »), « LA MAIN AU COLLET » réunit les qualités des deux styles et permet à Alfred Hitchcock un séjour joliment touristique sur la « Riviera » française.CATCH.jpg

Selon sa vieille trame de l’homme accusé à tort et menant sa propre enquête pour se disculper, Hitchcock offre à un Cary Grant de 51 ans un rôle d’ex-cambrioleur rangé des voitures sur la Côte d’Azur, confronté à un imitateur qui pille les riches touristes dans les palaces de Cannes, faisant porter les soupçons sur lui. L’histoire en elle-même a peu d’intérêt, mais l’emballage est charmant : les paysages sont filmés sous tous les angles possibles et imaginables (beaucoup de plans d’hélicoptère tournés en seconde équipe), les face-à-face sensuels entre Grant surnommé « le chat » et Grace Kelly qu’on n’a jamais vue aussi vive et enjouée, sont de véritables régals. Leur premier baiser sur le seuil d’une chambre d’hôtel inverse les rôles : elle est le prédateur, lui l’objet de désir. Plutôt osé pour l’époque ! C’est un couple incroyablement bien assorti et photogénique, dont l’alchimie est pour 90% de l’attrait du film. Autour d’eux, John Williams excellent en agent d’assurances sympathique, Jessie Royce Landis amusante en mère portée sur le Bourbon et des seconds rôles français allant du meilleur (Charles Vanel) au pire (Roland Lesaffre). La piquante Brigitte Auber pâtit d’un personnage écrit de façon illogique et finalement décevant.

Coloré, spirituel, bien construit, « LA MAIN AU COLLET » est un Hitchcock ludique et plein d’ironie dont les plans d’extérieurs font redécouvrir une France idéalisée, bien changée depuis.

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GRACE KELLY, CARY GRANT ET JOHN WILLIAMS

 

« LE RIDEAU DÉCHIRÉ » (1966)

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JULIE ANDREWS ET PAUL NEWMAN

« LE RIDEAU DÉCHIRÉ » est tellement décrié et depuis si longtemps par la critique, les cinéphiles et par Alfred Hitchcock lui-même, sans compter Paul Newman, qu’on n’espère pas un instant avoir une bonne surprise. Et on a tort ! Bien qu’il soit esthétiquement un peu désuet, c’est un très bon suspense d’espionnage au scénario riche en rebondissements, en voltefaces et en chausse-trappes.TORN2

L’histoire de ce savant U.S. (Newman) offrant ses services à l’Allemagne de l’Est en pleine guerre froide, est prétexte à suspense, ambiguïté et même à un pied-de-nez à 007. Si celui-ci tue comme il respire sans se salir les mains, Hitchcock compose une longue séquence (la mise à mort de ‘Gromek’) dans une ferme, dans le seul but de montrer comme il est atroce et difficile de tuer un être humain quel qu’il soit. C’est un des grands morceaux de bravoure du « RIDEAU DÉCHIRÉ » avec l’admirable face-à-face entre Newman – pas si traître que cela, évidemment – et un vieux chercheur dont il « pille » le cerveau et avec la fuite angoissante vers la Suède.

Le scénario n’est pas exempt de défauts. Ainsi, la grande Lila Kedrova semble tenir la vedette d’un film dans le film. Filmée en gros-plans, très longuement, en totale liberté, elle détourne l’intérêt du couple principal sans aucune raison valable en plein climax. La volonté de s’offrir une actrice récemment oscarisée ? Quoi qu’il en soit, son rôle pourrait être entièrement coupé sans que cela ne modifie le déroulement d’un iota.

Newman est intéressant, malgré une propension à grimacer et à prendre des postures très « Actors studio » totalement hors-sujet, Julie Andrews joue les potiches dans un rôle vraiment pas suffisamment développé, Tamara Toumanova est extraordinaire en vieille ballerine au visage d’épervier et Wolfgang Kieling est inquiétant à souhait en agent de la Stasi collant.

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LILA KEDROVA ET TAMARA TOUMANOVA

« LE RIDEAU DÉCHIRÉ » vaut vraiment d’être revu d’un œil neuf et dépourvu de préjugé. C’est un des derniers bons films d’Hitchcock et il fait passer deux heures stressantes et très distrayantes.

 

« PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE » (1964)

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SEAN CONNERY ET TIPPI HEDREN

« PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE » (non, le titre français ne veut rien dire) est un curieux film-charnière dans le parcours d’Alfred Hitchcock. On retrouve ses obsessions psychanalytiques de « LA MAISON DU DR. EDWARDES » traitées d’aussi naïve façon que vingt ans plus tôt et l’héroïne pillant le coffre-fort de son patron renvoie au plus récent « PSYCHOSE ».MARNIE

De plus, on sent que Tippi Hedren et Sean Connery ne sont que les doublures de Grace Kelly et Cary Grant, qui semblaient être les interprètes idéaux pour ces personnages. C’est donc un drôle de film bancal, qui accroche par la confrontation d’une jeune femme névrosée et frigide, hantée par son enfance et d’un riche business man amoureux d’elle. Il va tâcher de la sortir du pétrin, quitte à l’épouser de force et tant qu’à faire, à la violer. Dérangeant par certains aspects, maladroit par moments (l’image qui vire au rouge quand Marnie voit un objet de cette couleur), très primaire à d’autres (Connery qui s’improvise subitement psychanalyste freudien après avoir lu quelques ouvrages !), « MARNIE » convainc à moitié, mais conserve un charme étrange et vénéneux, dû à la personnalité de Tippi Hedren, dont la gaucherie accentue l’instabilité de son rôle et la rend totalement crédible. Mal distribué, privé d’une partie de son charisme par une épilation des sourcils amoindrissant son expressivité, Connery suit le mouvement, sans se départir du sourire goguenard de l’acteur qui a parfaitement compris qu’il n’était pas le centre d’intérêt du film. Autour d’eux un superbe casting féminin : Louise Latham excellente en mère indigne, Diane Baker en belle-sœur jalouse, la ravissante Mariette Hartley en secrétaire caustique. On aperçoit le jeune Bruce Dern en marin dans un flash-back crucial.

« MARNIE » est trop long, trop platement dialogué, la photo est trop douce et granuleuse, mais certaines images s’impriment dans la mémoire (les matte-paintings de la ville portuaire où vit la mère de Marnie) et de belles scènes surnagent comme l’accident de cheval. À voir donc, en s’armant d’un peu de patience. Mais tout de même… On aimerait bien savoir qui a bien pu avoir l’idée de priver Sean de son accent écossais et surtout de ses sourcils broussailleux, qui font 50% de son charme !

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TIPPI HEDREN ET BRUCE DERN

 

« JEUNE ET INNOCENT » (1937)

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NOVA PILBEAM

« JEUNE ET INNOCENT » est un des fleurons de la période anglaise d’Alfred Hitchcock, un délicieux mélange de suspense, de course-poursuite et de comédie policière, au scénario simple et linéaire mais qui maintient l’intérêt jusqu’au dénouement de dernière minute.YOUNG2

On reconnaît bien sûr le thème du « faux coupable », si cher à l’auteur et on admire dès les premières images l’efficacité narrative, les trouvailles visuelles, l’enchaînement des séquences qui mène rapidement à la rencontre entre un jeune homme accusé à tort de meurtre et la fille d’un commissaire de police qui décide de l’aider dans son enquête pour laver son nom. Ça va vite, c’est spirituel et pétillant. Le film doit beaucoup de son charme intemporel à son duo de vedettes : Nova Pilbeam (qu’on avait vue pré-ado dans « L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP ») tout à fait charmante et vive dans ce rôle d’héroïne au franc-parler et Derrick De Marney, extrêmement sympathique en fugitif à l’œil qui frise malgré les circonstances. Leur petit jeu de séduction, leurs échanges acidulés, donnent au film son tempo. On appréciera aussi Edward Rigby en clochard serviable et George Curzon, excellent en assassin musicien bourré de tics nerveux.

On devine dans ce film déjà très maîtrisé, la griffe d’Hitchcock et ce savoir-faire qui aboutira dans des thématiques similaires à une œuvre comme « LA MORT AUX TROUSSES ».

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DERRICK DE MARNEY ET ALFRED HITCHCOCK