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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

« EQUALIZER 2 » (2018)

Il a fallu pas moins de quatre ans à Antoine Fuqua et Denzel Washington pour tourner « EQUALIZER 2 ». Et heureusement, le résultat n’est pas pour déplaire à l’amateur de films d’action efficaces et de super-héros sexagénaires.EQUALIZER2.jpg

Cette fois, l’identité secrète de ‘McCall’ c’est chauffeur de taxi, ce qui n’est pas étonnant, vu ses connections avec le « TAXI DRIVER » de Martin Scorsese dans le précédent opus. L’air de rien, il continue de jouer les justiciers bénévoles, tout en lisant Proust. La séquence d’ouverture dans un train traversant la Turquie est un grand plaisir coupable et donne le ton du film tout entier. « This time, it’s personal ! »  affirmait une célèbre « tagline ». Et en effet, la grande amie de Denzel, Melissa Leo est assassinée alors qu’elle enquêtait sur un triple meurtre à Bruxelles. Le scénario est excessivement simpliste et linéaire, il fonctionne sur des schémas et des clichés antédiluviens (qui avait le moindre doute sur ce qui allait advenir de l’ado que notre héros prend sous son aile ? Ou du vieux rescapé des camps ?), et accuse un gros coup de mou après la révélation – qu’on voit venir à des kilomètres – de l’identité du traître. Mais Fuqua a un sacré métier, les scènes d’action sont spectaculaires et le « showdown » dans la petite ville balayée par un ouragan a de la gueule. Alors cela se laisse regarder sans déplaisir ni ennui, en laissant son sens critique au vestiaire. Washington est toujours impressionnant dans l’action pure et cultive son opacité naturelle. Pedro Pascal est très bien en ex-coéquipier, tout comme Bill Pullman dans un rôle secondaire.

Ce n°2 s’inscrit parfaitement dans les travées du premier film et offre ce qu’il promettait d’offrir. Du suspense, de l’émotion (ce qu’on apprend du passé de McCall) et une maîtrise de l’action absolument bluffante. Donc, aucune raison de s’en priver si on a apprécié le premier.

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L’INTÉGRALE DE « DAN AUGUST » !

Sortie américaine en DVD, de l’intégrale de la série TV « DAN AUGUST », que Burt Reynolds – récemment disparu – avait tournée juste avant de connaître le succès au cinéma.AUGUST

Reynolds y tient le rôle-titre, celui d’un flic de la Crim’ de Santa Luisa en Californie, qui enquête auprès de gens qu’il a côtoyés toute sa vie. Parmi les rôles récurrents : Norman Fell, Richard Anderson et Ned Romero. Et de nombreuses « guest stars » au fil des 26 épisodes, comme : Anne Francis, Richard Basehart, Vera Miles, Vic Morrow, Joan Hackett, Mike Henry (que Reynolds retrouvera dans « COURS APRÈS MOI, SHÉRIF ! » et ses suites), Larry Hagman, Martin Sheen, Billy Dee Williams ou William Smith.

À noter que Burt Reynolds et Norman Fell reprirent leurs rôles pour quatre téléfilms en 1980, pas encore édités en vidéo. Le coffret DVD contient également « HOUSE ON GREENAPPLE ROAD », inspiré du roman de Harold R. Daniels et où c’est Christopher George qui y tient le rôle de Dan August, aux côtés de Janet Leigh, Keenan Wynn, Walter Pidgeon et, déjà, Ned Romero qui gardera son rôle de coéquipier dans la série.

 

« BORSALINO » (1970)

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JEAN-PAUL BELMONDO ET ALAIN DELON

Revoir « BORSALINO » aujourd’hui, un demi-siècle après sa sortie, permet de comprendre l’importance du contexte et de la mythologie dans l’appréciation d’un film. Car objectivement, si le projet était ambitieux et excitant, si tout a été mis en œuvre pour en faire un classique (on compte tout de même Jean-Claude Carrière et Claude Sautet parmi les auteurs !), ce n’est pas la grande réussite dont on aurait pu rêver. Tous les participants ont déjà fait mieux par le passé, le scénario manque d’étoffe historique et psychologique, la mise-en-scène de Jacques Deray demeure confinée, sans parvenir à faire exister le Marseille des années 30. Et la confrontation des deux stars, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, apparaît comme superficielle et le talent des acteurs pas suffisamment mis à l’épreuve.BORSALINO.jpg

Et pourtant… Malgré ces récriminations, ces réticences légitimes, « BORSALINO » est incontestablement un film-date, l’équivalent français de « BUTCH CASSIDY & LE KID », l’unique occasion de revoir deux figures du cinéma hexagonal en pleine possession de leurs moyens, au sommet de leur considérable charisme. Sans oublier la BO de Claude Bolling, quelques bonnes répliques et d’excellents seconds rôles comme Michel Bouquet, Julien Guiomar et la très sensuelle Catherine Rouvel, qui fait office d’Etta Place pour nos Butch et Sundance phocéens.

Alors oui, bien sûr, l’image est trop éclairée, manque d’atmosphère, la bande-son est très inégale, la mort d’un des deux protagonistes à la fin est totalement grotesque. Mais que dire ? Cela fonctionne tout de même. Et chaque séquence où Belmondo et Delon apparaissent côte à côte provoque la même nostalgie, le même frisson. Difficile donc, de se faire une opinion bien tranchée sur « BORSALINO ». Quant au « duel » de stars, qui en sort vainqueur ? Belmondo se promène, désinvolte et rigolard, sans chercher à aller au-delà des apparences. Delon, plus impliqué, plus intense compose un vrai personnage de voyou ambitieux et implacable prêt à tout pour gravir l’échelle sociale. Une petite scène pourtant, nous laisse entrevoir le film qu’aurait pu être « BORSALINO » avec un tout petit supplément de profondeur : celle où, derrière une fenêtre, Delon l’air amusé et ému à la fois, regarde sa mère rire avec Belmondo qui la fait danser dans ses bras. Peut-être le plus beau moment du film. Indispensable… Malgré tout !

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ROCH SIFFREDI ET FRANÇOIS CAPELLA

 

« LES ÉMIGRANTS » (1971)

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LIV ULLMANN

« LES ÉMIGRANTS » de Jan Troell, il faut en être prévenu, est une véritable épreuve d’endurance. Non parce qu’il est mauvais – loin de là – mais parce que la vision de la misère, des souffrances humaines, de la maladie, des humiliations, n’a rien de réjouissant et que l’auteur ne nous épargne rien.ÉMIGRANTS.jpg

Situé vers 1850 dans la campagne suédoise, le film suit le destin d’un couple de paysans, Max Von Sydow et Liv Ullmann, « empruntés » à Ingmar Bergman, qui décident d’émigrer aux Amériques. Par la minutie de sa mise-en-scène, la longueur de chaque séquence, Troell donne presque la sensation de suivre l’action en « temps réel » et, sur plus de trois heures, cela peut devenir pénible, voire douloureux. Les échecs successifs du couple, les grossesses à répétition, la mort d’une fillette, la sècheresse… Tout les pousse à quitter leur terre natale pour cette Amérique qu’ils idéalisent et sur laquelle ils portent tous leurs espoirs. On souffre avec eux, le summum étant atteint lors de la traversée en mer, où on finit par se sentir physiquement malade ! Le film est d’une sobriété visuelle confinant à l’austérité, Troell interdit tout romanesque, toute simplification « hollywoodienne ». On finit par s’attacher à ces personnages frustes et taiseux : Von Sydow remarquable en brave homme entêté, Ullmann émouvante en mère nourricière endurante, Eddie Axberg très bien en rêveur ou Monica Zetterlund en femme de mauvaise réputation.

Tant d’années après, « LES ÉMIGRANTS » émeut toujours et peut-être davantage, au regard de l’actualité du 21ème  siècle. C’est une œuvre sincère et puissante, de celles qui dépeignent les « gens de peu » avec une empathie jamais manichéenne et leur rendent leur humanité.

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LIV ULLMANN ET MAX VON SYDOW

À noter : le film connut une suite l’année suivante, « LE NOUVEAU MONDE » encore plus longue !

 

« LE SIGNE DE ZORRO » (1940)

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TYRONE POWER ET J. EDWARD BROMBERG

Remake du classique de 1920 avec Douglas Fairbanks portant le même titre, « LE SIGNE DE ZORRO » de Rouben Mamoulian est une version enjouée et mouvementée du mythe du vengeur masqué de Monterey et offre à Tyrone Power un rôle tout à fait dans ses cordes.ZORRO2.jpg

C’est sa prestation nuancée qui soutient un scénario un brin trop schématique, puisqu’il joue finalement plusieurs personnages : le bretteur arrogant à Madrid, le mondain efféminé en Amérique, puis le noble hautain à monocle et pour finir, le vengeur indomptable au masque changeant. Pour qui a grandi avec la série de Walt Disney (c’est-à-dire à peu près tout le monde !), on trouve çà et là des indices qui ont inspiré les auteurs : l’homme à la langue coupée du début deviendra le muet Bernardo, l’affreux sergent Gonzalez sera modifié pour devenir le gros et sympathique Garcia et les infâmes gouverneurs qui se succèderont pour asservir les peones, devront tous quelque chose à l’inimitable Basil Rathbone. On est donc en terrain familier et ce film sympathique se laisse regarder avec des yeux d’enfant. Les combats à l’épée sont très bien réglés et sans doublure, ce qui est appréciable. Les seconds rôles sont finement dessinés : du pleutre « Alcalde » J. Edward Bromberg à la délicieuse Linda Darnell, en passant par la fielleuse Gale Sondergaard, ils ont tous de quoi créer des silhouettes amusantes et assez fouillées.

Sans posséder la fougue inaltérable des plus grands succès d’Errol Flynn de cette époque (quel magnifique Zorro il aurait fait !), « LE MASQUE DE ZORRO » possède suffisamment de morceaux de bravoure pour raviver l’intérêt envers une histoire que tous les spectateurs connaissent par cœur.

Maintenant, pour dire les choses comme elles sont, désolé pour Messieurs Fairbanks, Power, Delon ou Banderas, mais il n’y a qu’un seul Zorro et il s’appelle Guy Williams !

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LINDA DARNELL, TYRONE POWER ET BASIL RATHBONE

 

« MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT » (2018)

Trois ans après le précédent opus, Christopher McQuarrie reprend les rênes du 6ème film de la franchise avec « MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT », qui réunit la vieille équipe progressivement formée depuis 1996 et inspirée de la série TV des sixties.MI6.jpg

Si on peut être un peu rebuté au début par une photo pas très jolie et un scénario confit de clichés vieux comme le monde (récupérer trois ogives nucléaires avant la fin du monde), on adhère rapidement aux séquences d’action : bagarres à mains nues ultra-brutales, poursuites ahurissantes en voiture et à moto dans Paris où les CGI sont quasi-indécelables, courses folles sur les toits de Londres et pour finir, suspense infernal au Cachemire où l’action s’emballe dans un véritable feu d’artifices qui laisse pantois. Bien sûr, il faut fermer les yeux sur les scènes dialoguées vraiment faiblardes (on pense à cet embarrassant monologue de Ving Rhames faisant l’éloge de Tom Cruise), se montrer indulgent envers des « twists » et voltefaces qu’on voit venir à des kilomètres, mais comment résister à ce rythme infernal et à ce pur plaisir de cinéma qu’est ce n°6 débridé, probablement un des plus achevés de la série avec le n°3 ? Bien sûr, Cruise, Rhames et Simon Pegg commencent à être physiquement « too old for this shit », mais ils assurent avec vaillance. Rebecca Ferguson et l’excellent Sean Harris retrouvent leurs rôles du film précédent, Angela Bassett continue de galvauder son talent dans un personnage de « chef » peau-de-vache. La bonne surprise vient du généralement fade Henry Cavill, très bien dans un emploi d’espion-tueur aux multiples visages.

À voir donc ce « MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT », qui redonne un coup de jeune à la franchise, enterre les derniers 007 avec brio et surtout, réussit ce que ce genre de production échoue à accomplir depuis longtemps : passer sans arrêt d’un pays à l’autre sans jamais faire « ballade touristique pour spectateur yankee en mal d’exotisme ».

 

« VENDREDI 13 » (2009)

Qu’est-ce qui peut fasciner autant dans le sujet de « VENDREDI 13 » pour qu’il en ait été produit dix sequels entre 1980 et 2003 et que Marcus Nispel en tourne un remake/sequel/reboot (comme on dit en bon français) six ans plus tard ?13.jpg

L’histoire, on la connaît : Jason, un enfant malformé et dément, devenu un grand colosse portant un masque de hockey, décapite et embroche tous ceux qui s’aventurent dans l’ancien camp de vacances où il habite. Il s’énerve surtout quand ses victimes s’adonnent à des activités sexuelles. Y a-t-il vraiment de quoi en tirer autant de films ? Assurément non ! Et cette version n’apporte strictement rien de nouveau à la pseudo-mythologie installée il y a 38 ans. En bon roublard, toujours pas maladroit de sa caméra, Nispel s’adjoint les services d’un bon chef-opérateur (Daniel Pearl), réunit des bellâtres athlétiques et de jolies filles. Il prend d’ailleurs un soin tout particulier à les faire systématiquement apparaître topless à un moment ou à un autre. Pour le reste, c’est le jeu de massacre habituel. Les machettes surgissent de nulle part, transpercent les membres, s’enfoncent dans les crânes. Le sang gicle, tout le monde hurle et le suspense est quasi-nul puisque, à l’instar de son cousin Michael Myers (« HALLOWEEN »), Jason Voorhees est immortel, increvable et revient même quand on le tue. Dans un casting fade quand ce n’est pas carrément incompétent, on ne retiendra que la mignonne Danielle Panabaker.

C’est le savoir-faire du réalisateur, la réelle beauté des séquences nocturnes et un bon rythme général, qui rendent ce « VENDREDI 13 » à peu près regardable. Mais il n’a rien d’indispensable et ne donne certainement pas envie de voir repartir la franchise pour dix nouveaux films. Ce qui n’a heureusement pas (encore) été le cas. Le miracle du remake de « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE », du même réalisateur, ne s’est donc pas reproduit. Mais il faut dire aussi que le film de Tobe Hooper était bien plus riche que le premier « VENDREDI 13 ». CQFD !

 
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Publié par le 22 janvier 2019 dans FILMS D'HORREUR, LES FRANCHISES