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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

« FLOOD’S FOLLY » : Jeanne Cooper dans « Maverick »

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ROGER MOORE

À la fin de la 3ème saison de la série « MAVERICK », son héros James Garner abandonna son rôle à la suite d’un conflit avec le studio. Il fut remplacé le temps d’une quinzaine d’épisodes par Roger Moore qui tentait alors de percer à Hollywood et qui écopa du personnage de ‘Beauregard’, cousin anglais du héros.

« FLOOD’S FOLLY », réalisé par Irving J. Moore (aucun rapport avec Roger !) est donc un épisode de la 4ème saison. C’est un huis clos à suspense, dans un hôtel abandonné, pendant une tempête de neige.

Roger Moore s’y arrête et il est hébergé par la propriétaire Jeanne Cooper et sa nièce Marlene Willis, qui vivent seules, isolées du monde. La tante laisse croire à Moore que Marlene est folle et entend des voix. Cela fait en réalité partie d’un complot pour lui extorquer son héritage, avec l’aide du hors-la-loi Michael Pate. Heureusement, Roger qui a toujours un petit faible pour les demoiselles en détresse, mettra bon ordre à tout cela.

Sur 52 minutes, le film se traîne un peu, les décors de studio enneigés ne sont pas des plus convaincants et la mise-en-scène est figée et sans rythme. Reste le plaisir toujours intact de retrouver les mimiques familières de Moore, étonnamment crédible en homme de l’Ouest et de revoir la marmoréenne Jeanne Cooper en vraie-fausse « méchante » et le menaçant Pate en salopard calculateur. À noter que lors d’une scène, Michael Pate sort une réplique qui n’est pas sans rappeler celle de Tuco dans « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » : « Quand tu dois tuer quelqu’un, tu presses la détente et tu ne fais pas de commentaire ».

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JEANNE COOPER, MICHAEL PATE, MARLENE WILLIS ET ROGER MOORE

 

« LE RETOUR DE LA MOMIE » (2001)

MOMIE 2 2« LE RETOUR DE LA MOMIE » a été tourné deux ans après « LA MOMIE » par le même Stephen Sommers, mais l’action se situe neuf ans après et nos fougueux héros ont eu un fiston, aussi brave que ses parents.

Après un prologue « mythologique » consacré au ‘Roi Scorpion’ campé par un Dwayne Johnson quasi-débutant, le film retrouve les accents du n°1, mais cette fois l’anecdote/prétexte est démultipliée, le rythme endiablé et le dosage entre l’aventure et l’humour est mieux ajusté. On retrouve avec plaisir Brendan Fraser et surtout Rachel Weisz encore plus craquante que précédemment (surtout dans les flash-backs en fille du pharaon), le gaffeur John Hannah et le majestueux Oded Fehr, sans oublier Arnold Vosloo et Patricia Velasquez, couple infernal sans cesse ramené d’entre les morts. Petite mention au duo comique formé par le petit Freddie Boath et l’imposant Adewale Akinnuoye-Agbaje, colosse colérique que le morveux rend complètement chèvre. Leurs petites scènes ensemble sont de vrais régals.

Que dire de plus sur un tel film ? Pas grand-chose, puisqu’il est essentiellement visuel et procure un plaisir immédiat qui ne nécessite guère l’usage de sa matière grise : c’est une débauche d’action ininterrompue, de bagarres, de fusillades, de fuites en dirigeable, de nuées de cafards, d’attaques de pygmées momifiés (sic !), etc. La castagne finale est spectaculaire, d’autant qu’elle est divisée en trois actions bien distinctes évoluant simultanément : une véritable prouesse de montage, d’autant plus que ce n’est jamais confus. C’est dire qu’on ne s’ennuie pas une seconde, qu’on retombe en enfance sans trop de résistance et qu’on retrouve encore une fois le plaisir des Indiana Jones, mêlé à une candeur et une bonne humeur héritées des vieilles BD d’antan.

Une sequel parfaitement digne du film original donc, et peut-être même légèrement meilleure, à voir pour se délasser pendant deux heures et rire de temps en temps.

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BRENDAN FRASER, FREDDIE BOATH, RACHEL WEISZ, ARNOLD VOSLOO ET DWAYNE JOHNSON

À noter : le personnage du ‘Roi Scorpion’ donnera lieu à un ‘spin-off’ éponyme, également incarné par Dwayne Johnson.

 

« LA MOMIE » (1999)

MOMIE2Quelle joyeuse idée que de télescoper les univers des vieux films d’horreur Universal avec les codes plus récents des aventures d’Indiana Jones ! Auteur et réalisateur, Stephen Sommers entraîne, dès les premières images, dans un monde rétro et bariolé de BD, impose d’emblée un rythme infernal et trouve instantanément le ton adéquat.

Au cœur de l’Égypte rêvée et romanesque des années 30, « LA MOMIE » nage allègrement dans un second degré permanent, ce qui n’empêche pas les séquences d’action et de terreur d’être tout à fait efficaces et les F/X de servir l’histoire au lieu de la désintégrer comme ce sera trop souvent le cas dans le cinéma U.S. des années suivantes. On frissonne et on sourit donc sans arrière-pensée, car tout cela est conçu avec goût et enthousiasme. À peine pourra-t-on regretter que Kevin O’Connor cède au gros comique dans son rôle de traître hongrois geignard et immonde qui prend une place démesurée dans le scénario.

Brendan Fraser est un parfait héros de serial, audacieux mais pas bien malin. Rachel Weisz n’a jamais été aussi séduisante qu’en bibliothécaire entêtée et gaffeuse. Arnold Vosloo est un ‘Imhotep’ imposant et John Hannah est un brin irritant à la longue en faire-valoir comique et frère/boulet de l’héroïne.

Pas une seconde d’ennui dans ces deux heures copieuses et bourrées jusqu’à la gueule de poursuites, de batailles sanglantes et de tempêtes de sable. On régresse clairement en enfance, mais ça n’a rien de désagréable, d’autant que tout le monde semble avoir pris un vrai plaisir à ressusciter ce cinéma de pure distraction.

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BRENDAN FRASER, RACHEL WEISZ ET ARNOLD VOSLOO

À noter que cette « MOMIE » connaîtra deux sequels : la première deux ans plus tard, avec la même équipe et la seconde sept ans après, dirigée par Rob Cohen où Maria Bello remplacera Rachel Weisz.

 

« ALIEN vs. PREDATOR » (2004)

AVPPour s’exprimer en bon français, « ALIEN vs. PREDATOR » est plus un ‘spin-off’ et un ‘cross-over’ qu’une véritable ‘sequel’. C’est l’occasion pour la Fox de poursuivre ses deux sagas de SF en les croisant. Ça aurait pu être un désastre, mais entre les mains de Paul W.S. Anderson, authentique amateur du genre, la surprise est plutôt heureuse et rend bien plus honneur à la franchise initiée par Ridley Scott et James Cameron que « ALIEN LA RÉSURRECTION », par exemple.

L’action se déroule dans l’Arctique où une pyramide a été découverte sous les glaces. C’est là que, depuis ses millénaires, se déroule un combat initiatique entre les chasseurs humanoïdes à tête de crustacé et les affreux aliens baveux au sang corrosif. Les humains quant à eux, servent de « bétail » pour incuber les proies. Oui, pas évident à suivre ! Mais une fois lancée, l’action ne se relâche jamais. Les décors sont magnifiques et imaginatifs, les personnages bien dessinés et on sent un tel enthousiasme à ressusciter ces mythologies cinématographiques, qu’on délaisse tout esprit critique pour jouir du spectacle. La bonne idée étant la présence de Lance Henriksen, figure iconique de la saga, faisant le lien entre « ALIENS », « ALIEN 3 » et ce présent film, qui s’impose presque comme le véritable n°4.

Sanaa Lathan est une convaincante héroïne increvable, elle est bien entourée de bons comédiens comme Ewan Bremner, Tommy Flanagan et la française Agathe de La Boulaye en mercenaire dure-à-cuire. On fermera les yeux sur le bellâtre italien dont la présence demeure un mystère. Coproduction ?

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SANAA LATHAN ET LANCE HENRIKSEN

« ALIEN vs. PREDATOR » est donc loin du navet opportuniste qu’on était en droit de redouter. Pour peu qu’on désacralise les deux premiers films, c’est une continuation intelligente, mouvementée, et très soigneusement confectionnée. Les F/X sont de toute beauté et quand arrive le mot « FIN », on se surprendrait presque à en redemander…

 

« RESIDENT EVIL » (2002)

evil2À la base, l’idée même d’un film de zombies inspiré d’un jeu vidéo et offrant comme héroïne la Milla Jovovich de Besson, on ne peut pas dire qu’on se précipite. Mais en y regardant à deux fois, on se souvient que Paul W. S. Anderson avait réalisé un très convenable « SOLDIER » avec Kurt Russell, et on finit pas se dire « pourquoi pas ? ».

« RESIDENT EVIL » synthétise à lui tout seul l’expression « plaisir coupable » : l’univers est rapidement planté (une société tentaculaire qui régit le monde et trafique dans l’ADN et les virus), l’action réduite à sa plus simple expression : une bande de militaires escortant les survivants d’une attaque virale, poursuivis par des morts-vivants, des dobermans zombifiés et même un monstre génétiquement modifié. Le tout rythmé par des combats, des fusillades, des corps-à-corps. Pour enrober tout cela, on met en vedettes deux jolies femmes : Jovovich dans une petite robe rouge révélatrice en « Jason Bournette » retrouvant peu à peu la mémoire et Michelle Rodriguez en ‘tough girl’ au rictus menaçant. Elles sont entourées de quelques bons acteurs anglais comme James Purefoy, Colin Salmon et Jason Isaacs qui apparaît masqué dans un plan et récite la voix « off ».

À partir du moment où les zombies font leur apparition, et même si leur apparence semble bien proprette depuis « WALKING DEAD », on peut mettre son cerveau en mode « veille ». On n’a guère le temps de s’ennuyer, les F/X sont corrects, vu leur âge, certaines images comme ce rayon laser découpant les soldats en tranches, sont assez frappantes et le montage ne connaît pratiquement pas de temps mort. On n’est certes pas dans le haut-de-gamme de la SF contemporaine, mais « RESIDENT EVIL » n’a rien de déshonorant et ne se prend jamais au sérieux. Et Milla Jovovich crée une silhouette iconique des plus efficaces. L’épilogue post-apocalyptique ouvre la porte à des sequels (il y en aura cinq !) et pourrait même servir de point de départ à la première saison de « WALKING DEAD ».

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MILLA JOVOVICH ET MICHELLE RODRIGUEZ

 

« DEMAIN NE MEURT JAMAIS » (1997)

demainSecond 007 avec Pierce Brosnan, « DEMAIN NE MEURT JAMAIS » est signé par l’ex-monteur canadien Roger Spottiswoode, devenu – après son excellent « UNDER FIRE » – un bien inégal réalisateur. Passé la surprise du précédent, de découvrir un nouveau et plutôt convaincant James Bond, on retombe directement dans la routine des films avec Roger Moore et c’est bien regrettable.

Jonathan Pryce, un magnat des médias, sorte de Trump à l’accent british, tient absolument à déclencher la 3ème guerre mondiale en dressant la Chine et le Royaume-Uni l’un contre l’autre. Envoyé à la rescousse, 007 va croiser une ex (Teri Hatcher) mariée à l’infâme, une homologue chinoise (Michelle Yeoh) qui envoie des coups de tatane, un tortionnaire à l’accent teuton (Vincent Schiavelli), un vague sosie peroxydé de Dolph Lundgren et même son vieux pote de la CIA (Joe Don Baker, qui a gardé sa chemise hawaïenne de « GOLDENEYE » et persiste à l’appeler « Jimbo ! »).

Tourné à l’ancienne, sur un rythme bien planplan, le film connaît de grosses chutes de tension dans sa seconde partie, paradoxalement lors des séquences d’action. Car au lieu de pimenter le scénario, elles le supplantent. Et se voir infliger une poursuite à moto aussi interminable, suivie de combats de kung-fu aussi inutiles, devient vite une épreuve des plus pénibles. Brosnan, étonnamment ectoplasmique, ne tient pas vraiment les promesses du précédent film. Il se balade, l’œil qui frise de rigueur, sans impressionner la pellicule. Déjà fatigué du rôle ? Ses partenaires étant aussi mollement dirigés que lui, on ne peut pas dire qu’il se fasse voler la vedette par quiconque : tout le monde est logé à la même enseigne, même Judi Dench pendant ses brèves interventions.

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MICHELLE YEOH, PIERCE BROSNAN, JOE DON BAKER ET TERI HATCHER

« DEMAIN NE MEURT JAMAIS » regorge de gadgets, de cascades, d’explosions dantesques et de repaires secrets aussi crédibles que la Bat-cave. Et il ne possède même pas la patine des premiers Connery. Est-ce ce film-là qui a particulièrement vieilli ou toute la franchise ? À suivre…

 

« LES VAMPIRES DE SALEM » (1979)

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BONNIE BEDELIA

L’idée même d’un pavé du maître Stephen King adapté par Tobe Hooper avec James Mason en tête d’affiche, sur une durée de trois heures, ça ne peut que titiller le cinéphile amateur d’horreur.salem3

Tourné pour la TV, « LES VAMPIRES DE SALEM » fut exploité en salles dans une version de 104 minutes. C’est celle de 184 minutes qui est chroniquée ici. Étrange mélange de ‘soap opera’ provincial pour le look général et de mythologie gothique pour le thème, le film décrit – comme souvent chez King – le pouvoir maléfique exercé par une maison hantée. Celle-ci accueille un vampire, portrait craché de Nosferatu, et son larbin, un antiquaire stylé (Mason, qui traverse tout cela du bout des lèvres). David Soul, enfant du pays devenu un romancier sans succès, revient à Salem’s Lot et va se dresser contre les forces du Mal.

Très long, mais surtout très LENT (on met d’interminables minutes à gravir un escalier, à traverser un couloir), « LES VAMPIRES DE SALEM » est bâti en vignettes sans réel intérêt : George Dzundza en camionneur cocu, par exemple. Pourquoi perdre autant de temps à relater ses misères ? Seule la dernière partie, à partir du moment où le vampire-en-chef (Reggie Nalder) apparaît, vaut vraiment le détour. Il y a quelques images frappantes, comme ces enfants flottant derrière les vitres, une ambiance assez prenante, mais c’est tellement délayé que le temps paraît bien longuet.

Soul semble maussade et pas très heureux d’être là, Bonnie Bedelia est très jolie, Geoffrey Lewis arbore une vilaine moumoute. À noter que les vétérans Marie Windsor et Elisha Cook, Jr. jouent un couple de divorcés, eux qui étaient déjà mariés un quart de siècle plus tôt dans « ULTIME RAZZIA » de Kubrick.

Un honnête téléfilm qui accuse sévèrement l’outrage des ans. Il connut une sequel et aussi un remake.

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BONNIE BEDELIA, DAVID SOUL ET REGGIE NALDER