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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

« PREDATORS » (2010)

PREDATORS2.png« PREDATORS », variation façon comic books du classique de John McTiernan, et signé Nimród Antal, est typiquement le genre de film devant lequel on n’a pas envie de faire la fine gueule. Le scénario est un grand n’importe quoi infantile, bordélique et faisant fi de toute vraisemblance, mais au bout de quelques minutes, se retrouvant en terrain familier et devant la belle photo de Gyula Pados, on renonce à pinailler et on profite du Grand-8.

Parachutés (littéralement) sur une planète servant de terrain de chasse aux predators, une poignée de personnages violents, des guerriers, des serial killers, des mercenaires, des tueurs des cartels et même un Yakuza, se retrouvent traqués par des aliens encore pires que ceux des films précédents (la preuve : ceux-ci leurs servent aussi de gibiers !). Le scénario est relativement élaboré et ne se contente pas d’un simple jeu de massacre. La présence d’un acteur « sérieux » comme Adrien Brody à la place d’un musclor, dans le rôle du leader impitoyable apporte un petit quelque chose d’indéfinissable qui arrache le film à la série B. Il est très bien entouré par Alice Braga en sniper israélienne, Oleg Taktarov excellent en soldat russe loyal, Mahershala Ali, Walton Goggins et même Danny Trejo qui disparaît trop rapidement. Seul Laurence Fishburne détone un peu dans un rôle pas vraiment nécessaire, qu’il surjoue sans avoir l’air d’y croire. Mais le groupe fonctionne dans l’ensemble et le look des predators est toujours à la hauteur.

« PREDATORS », c’est de la pure « pulp fiction », un cinéma de distraction sans autre ambition que divertir. Les moyens sont là, les CGI savent rester discrets et les scènes de violence sont parfaitement maîtrisées. Pas à placer dans la même catégorie que les deux premiers films de la franchise, certes, mais un excellent moment tout de même.

PREDATORS

ADRIEN BRODY, ALICE BRAGA, DANNY TREJO ET OLEG TAKTAROV

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« LES DENTS DE LA MER » (1975)

JAWS.jpgQu’on aime ou pas le cinéma de Steven Spielberg, « LES DENTS DE LA MER » adapté d’un médiocre best-seller de Peter Benchley, demeure le film qui l’installa une bonne fois pour toutes dans la cour des grands et qui a redéfini les règles du film d’horreur et de suspense pour les décennies à venir.

Le film a étonnamment peu vieilli, dans son fond ou dans sa forme. Porté par un sens inné du cadrage, un montage en mouvement permanent, et bien sûr par la BO mythique de John Williams, Spielberg s’installe dans une réalité foisonnante (la vie familiale des Brody ou la description de la foule du 4 juillet dans la petite station balnéaire d’Amity), où tout le monde parle en même temps et où la frayeur surgit de nulle part, sous la forme – à peine entrevue – d’un grand requin blanc qui s’attaque aux vacanciers. La grande réussite du scénario est de ne s’être pas contenté de faire peur et de filmer les assauts du squale, mais de se concentrer sur un formidable trio de protagonistes d’égale importance : le shérif Roy Scheider, récemment débarqué de New York, aquaphobe et balloté par les politiciens locaux (Murray Hamilton magnifique en maire faux-jeton et irresponsable), l’océanographe Richard Dreyfuss, jeune homme fougueux et émotif et surtout le pêcheur Robert Shaw, grande gueule, obsédé par un besoin inconscient de vengeance contre tout ce qui porte aileron. Incompatibles, antagonistes, ils se retrouvent au milieu de l’océan sur un (trop) petit bateau, face au monstre qui semble leur en vouloir personnellement. Toute la partie située à bord de « l’Orca » est ce qu’il y a de meilleur dans le film, y compris le célèbre monologue de Shaw sur le naufrage de l’Indianapolis qui venait de livrer la bombe d’Hiroshima : immense moment de tension, uniquement basé sur le dialogue et la puissance d’évocation du comédien. Spielberg parvient avec simplicité et sans emphase, à créer une aura de toute-puissance malfaisante autour de son requin. C’est un Moby Dick aux dents acérées qui affronte Shaw, descendant du capitaine Achab, jusqu’à la choquante conclusion.

« LES DENTS DE LA MER » est un film parfait (le réalisateur a fait plus ambitieux, mais a-t-il fait mieux ?), une œuvre-phare du cinéma U.S. qu’on peut revoir indéfiniment en y découvrant toujours quelque chose de neuf à admirer.

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ROY SCHEIDER, MURRAY HAMILTON, RICHARD DREYFUSS ET ROBERT SHAW

 

« THE STAKELANDER » (2016)

STAKELANDER.jpgÀ nouveau écrite par Nick Damici, réalisée par Dan Berk & Robert Olsen remplaçant Jim Mickle, « THE STAKELANDER » est une continuation logique et nullement honteuse du film de 2010.

On retrouve un Connor Paolo mûri, barbu, avide de vengeance après la mort de sa femme et de sa fille, et en passe de se transformer en clone de « Mister » (Damici) qu’il recherche dans cette terre dévastée en proie aux vampires et aux sectes cannibales. Ce n’est pas aussi enlevé et stylé que le n°1, mais on replonge sans difficulté dans l’univers créé alors. Le thème général est celui de la vengeance et, même si le scénario semble parfois trop « vissé », cherchant à tout justifier, le film se laisse regarder avec intérêt. Damici – en tant qu’auteur et comédien – a réussi à inventer un personnage iconique du cinéma d’horreur, un chasseur de vampires mutique et sans pitié. Il a eu l’intelligence de ne pas l’enfermer dans son archétype et de le faire évoluer lentement vers plus d’humanité et de vulnérabilité. Le jeu des vases communicants avec son ex-protégé est tout à fait pertinent et permet au film de n’être pas qu’une simple resucée. Quelques seconds rôles sont intrigants, comme cette « enfant sauvage » (Laura Abramsen) qui s’attache à Mister, comme ces deux vieux bikers gays (A.C. Peterson et Steven Williams) ou cette vampire mutante borgne, ennemie jurée de nos héros (Kristina Hughes).

Évidemment pas de quoi hurler au chef-d’œuvre, mais « THE STAKELANDER » est une bonne surprise, car on n’en attendait rien et qu’il respecte le film original, en poussant plus loin quelques curseurs. La fin (relativement) ouverte, laisse imaginer qu’un jour, un n°3 puisse voir le jour. Pourquoi pas ?

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CONNOR PAOLO, NICK DAMICI ET KRISTINA HUGHES

 

« STAKE LAND » (2010)

STAKELAND.jpg« STAKE LAND » de Jim Mickle est sorti la même année que la première saison de « WALKING DEAD », ce qui semble exclure toute influence de l’un sur l’autre. Pourtant, tous les ingrédients de la série sont déjà présents dans cet excellent film de vampires.

On pense à « JE SUIS UNE LÉGENDE » de Richard Matheson (la terre ravagée en proie aux buveurs de sang), mais le scénario – et l’aspect physique des monstres – s’apparente plutôt à l’univers des zombies. Quoi qu’il en soit, « STAKE LAND » agrippe dès sa première séquence et ne lâche plus prise jusqu’à la toute fin. C’est du très bon cinéma d’action, d’horreur et d’aventures, d’une maîtrise technique et narrative telle qu’on ne la remarque jamais. On se laisse entraîner dans ce « survival » désespéré et dépouillé de tout sentimentalisme, en s’attachant à des personnages tous bien définis et caractérisés. C’est Nick Damici, également scénariste, qui se taille la part du lion dans le rôle de « Mister », un survivant taiseux et dur-à-cuire dans la lignée des héros de western. On ne saura rien de son passé, ni même de ses pensées. Il n’existe que par ses actions et par sa générosité bourrue. Sa relation père-fils avec le jeune Connor Paolo est sobrement émouvante. Parmi les seconds rôles, tous parfaits, on reconnaît Kelly McGillis en nonne héroïque et Danielle Harris en jeune fille enceinte. Le méchant-en-chef, à la tête d’une secte de fanatiques religieux, est bien campé par Michael Cerveris et n’est pas sans rappeler le ‘Matthias’ du « SURVIVANT » de Boris Sagal.

« STAKE LAND », sans grands moyens, sans débauche de pyrotechnie, s’inscrit dans la lignée des œuvres post-apocalyptiques qui ont fleuri dans le cinéma U.S. après le 11 septembre et il n’est pas loin de se classer, sans la moindre prétention, dans le peloton de tête.

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NICK DAMICI, CONNOR PAOLO, JAMES GODWIN ET KELLY McGILLIS

 

« AQUAMAN » (2018)

Avec « AQUAMAN », adapté d’un vieux comics DC, James Wan a, semble-t-il, passé un cap dans l’esthétique (si on peut dire) des films de super-héros. On peut affirmer, sans se tromper de beaucoup, que 100% des plans sont truqués, d’une façon ou d’une autre, et que les progrès technologiques ont à la fois libéré l’imagination des concepteurs de CGI et créé une sorte de monstre de Frankenstein numérique.AQUAMAN.jpg

Dès les premières séquences, surtout celles où Nicole Kidman et Temuera Morrison apparaissent « rajeunis » de trente ans, on sent qu’on va avoir du mal. Ensuite, le pressentiment se confirme : le scénario va de morceau de bravoure en bastons homériques (et sous-marines) et Aquaman fils d’un gardien de phare et d’une échappée d’Atlantis (sic) apparaît comme un avatar barbu et tatoué du roi Arthur et surtout de Thor. Il connaît d’ailleurs les mêmes problèmes avec son demi-frère. On peut tenir le coup une demi-heure, s’amuser des décors délirants, des hippocampes géants hennissant comme des chevaux, des requins harnachés pour le combat, ou des apparitions de Dolph Lundgren avec ses cheveux roses. Mais c’est long. Tellement long ! Et quand arrive ce que tout le monde redoute, c’est-à-dire la bataille finale censée être le climax du film, on s’embourbe dans une orgie de plans bourrés d’effets jusqu’à la gueule, pratiquement illisibles, voire écœurants comme des pâtisseries trop grasses et sucrées. Jason Momoa est un Aquaman physiquement acceptable et plutôt sympathique, mais il s’amuse manifestement plus qu’il n’amuse. Patrick Wilson joue une sorte de ‘Loki’ peroxydé, Willem Dafoe un « grand vizir » faisant double-jeu et Amber Heard est agréable à contempler malgré sa crinière rouge et ses tenues grotesques.

« AQUAMAN » ne peut pas être jugé sur ses critères « normaux ». Il va même au-delà du jeu vidéo pour devenir une sorte d’énorme cartoon aux couleurs fluo, au goût plus que douteux, qui s’adresse aux enfants en bas âge pas trop regardants.

 

« THE STRANGERS » (2008)

STRANGERS.jpgÉcrit et réalisé par Bryan Bertino, « THE STRANGERS » est un descendant direct du premier « HALLOWEEN » de John Carpenter, poussant plus loin encore l’épure de la réalisation vers la trouille totale.

On ne s’encombre pas de psychologie, on ne sait même pas pourquoi le jeune couple est en froid en arrivant dans la maison isolée. À peine ont-ils débarqué, que le « home invasion » commence. Trois individus masqués qui commencent à frapper aux portes, s’introduisent dans la demeure, puis passent aussitôt aux choses sérieuses. C’est ce qui séduit tout de suite dans « THE STRANGERS » : cette volonté d’aller droit au but, de ne pas s’égarer en fioritures inutiles, de rendre tout dialogue inutile voire parasite. Il s’agit de sauver sa peau purement et simplement. Le look des tueurs est très réussi, des masques de carnaval grotesques pour les filles, une cagoule de toile pour l’homme. Et une respiration asthmatique ! C’est tout simple, mais largement suffisant pour générer l’angoisse la plus primale. Liv Tyler, plus belle que jamais, est excellente dans l’expression de la terreur, sans jamais jouer les victimes impuissantes. Scott Speedman est également très bien en fiancé maladroit, incapable de la défendre et commettant l’irréparable dans un coup de théâtre stupéfiant. Le réalisateur s’efforce de trouver des idées visuelles inédites pour faire peur : au lieu de surgir de nulle part pour faire sursauter, comme d’habitude, les tueurs apparaissent à l’arrière-plan, flous, à peine discernables. Et c’est pire ! Sans rien révolutionner, c’est un bon film pour l’amateur, un travail soigné, intelligent, connaissant parfaitement les ficelles du genre et en jouant avec habileté et humour noir.

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LIV TYLER, GEMMA WARD, KIP WEEKS, SCOTT SPEEDMAN ET LAURA MARGOLIS

 

« SIMETIERRE » (1989)

PETÉcrit par Stephen King d’après son propre roman, réalisé par Mary Lambert, réalisatrice de clips et de l’étrange « SIESTA », « SIMETIERRE » est vraiment une drôle de chose ! Le sujet en est absolument fascinant, mais le traitement visuel se risque souvent au « kitsch-qui-tue » sans rime ni raison.

Il n’empêche que la force de l’histoire est indéniable : sous couvert de fable horrifique sur la destruction d’une famille par les forces du Mal (le sempiternel cimetière indien), « SIMETIERRE » traite de front le déni de la mort, le refus de l’inéluctable et l’inacceptable deuil d’un enfant en bas-âge, avec une franchise brutale et dérangeante. Malgré ses nombreux défauts et son look tellement « eighties » qu’il fait parfois sourire, le film garde quelque chose d’authentiquement maléfique et déstabilisant. Et quelques idées visuelles – comme ce chat revenu d’entre les morts aux yeux transformés en spots jaunes – restent imprimées dans la mémoire. Hélas, la réalisatrice semble de pas savoir où s’arrêter et certaines scènes, comme les flash-backs sur la sœur infirme de l’héroïne, frisent le grand guignol et décrédibilisent l’ensemble. La direction d’acteurs est par ailleurs plus que flottante : Denise Crosby ne sait visiblement pas quoi faire de son personnage, Dale Midkiff omniprésent n’a absolument pas la stature pour porter un tel rôle, surtout dans les moments les plus dramatiques. Seul s’en sort le vétéran Fred Gwynne, excellent en vieux voisin porteur d’inavouables secrets.

« SIMETIERRE » a beaucoup vieilli, mais demeure attachant pour plusieurs morceaux de suspense bien menés, pour un vrai jusqu’au-boutisme dans l’horreur proche du blasphème et mérite d’être revu.

SIMETIERRE2 copie

FRED GWYNNE, DALE MIDKIFF, DENISE CROSBY ET BRAD GREENQUIST

À noter qu’une sequel fut tournée par la même réalisatrice trois ans plus tard et qu’un remake a été produit en 2019.