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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

« HALLOWEEN » (2018)

40 ans après « LA NUIT DES MASQUES », 16 ans après la dernière des sept sequels (toutes chroniquées sur « BDW2 »), neuf ans après le dernier remake de Rob Zombie, David Gordon Green ressuscite la franchise avec « HALLOWEEN » en se basant sur une excellente initiative : faire table rase de toutes les suites et ne tenir compte que du classique de John Carpenter. Ainsi donc, Laurie Strode n’a jamais été la sœur de Michael Myers et elle a passé quatre décennies à attendre son retour, telle une Sarah Connor surentraînée dont la paranoïa a pourri la vie de sa fille.HALLOWEEN.jpg

Bon redémarrage, scénario charpenté, plaisir de revoir Curtis dans son rôle emblématique. Mais hélas, les défauts commencent à apparaître assez rapidement. D’abord, les coïncidences énormes, puis les personnages mal écrits (le psy Haluk Bilginer fasciné par Michael, au point de devenir lui-même un assassin !) et enfin, un casting désastreux de jeunes comédiens. Ça fait beaucoup tout de même, pour prendre un réel plaisir à la projection. Mais heureusement, il y a de bons moments de suspense, en particulier dans la dernière partie, des relations mère-fille crédibles entre Laurie et Judy Greer, et Will Patton très bien en shérif pas trop obtus, pour une fois. Sans oublier la célébrissime musique de John Carpenter, qui procure toujours le même petit frisson. Tout n’est donc pas à jeter dans ce « HALLOWEEN » n°9 ou n°2, selon le point-de-vue qu’on adopte, mais il ne faut pas trop en espérer non plus. À voir de toute façon pour une Jamie Lee Curtis de 60 ans, qui survit aux assauts du croque-mitaine et à une horrible perruque blanche de sorcière, et offre une prestation réaliste, hyper-tendue, qui apporte un poids de réalité à toute l’entreprise.

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« SUBURRA – LA SÉRIE » : saisons 1 & 2 (2017-2019)

Deux ans après « SUBURRA », le superbe long-métrage de Stefano Sollima, Netflix produit « SUBURRA – LA SÉRIE », une variation sur le même thème en dix épisodes. On retrouve certains comédiens du film qui portent les mêmes noms, mais les cartes sont redistribuées et la série n’est au bout du compte, ni une suite, ni une prequel. C’est une autre histoire avec certains éléments communs avec l’originale.SUBURRA

L’action se situe à Rome et à Ostie et on pense évidemment à Romulus et Remus, même si les « frères » sont trois, que l’un est l’héritier d’un empire du crime (Alessandro Borgi), l’autre d’un clan gitan (Giacomo Ferrara) et le dernier un fils de flic (Eduardo Valdarnini). Rejetés par leur milieu, ils vont former une improbable association pour lutter contre le « Samouraï » (Francesco Acquaroli), omniprésent tireur de ficelles affilié à la mafia sicilienne. Ceci, c’est la trame, mais ce n’est pas tout. Les personnages grouillent, les intrigues s’entremêlent, et la série se teinte fréquemment de tragédie antique. Les fils tuent les pères, les anciens dévorent les jeunes… Le scénario, d’une richesse inouïe, implique l’Église, la politique, les guerres de gangs, dans un ballet de corruption sans fin. Chaque épisode démarre avec un pré-générique qui est (sera) le « climax » et redémarre avec les mots « LA VEILLE » inscrit sur l’écran. Cela sert de teaser très efficace et renforce la sensation d’inéluctable. On pense bien sûr, à la formidable série « GOMORRA » dont « SUBURRA » est une jumelle tout aussi imposante et addictive. Et on se dit qu’il n’est pas impossible qu’on assiste, par des chemins détournés, à une sorte de résurrection du cinéma italien. Cette première saison est, quoi qu’il en soit, une magnifique réussite.

Diffusée deux ans après, la seconde saison se passe quelques semaines seulement après la précédente. On retrouve les protagonistes physiquement changés, mais englués dans les mêmes problématiques de pouvoir, de haine et de vengeance. Certains prennent une importance capitale, comme Filippo Nigro, politicien idéaliste de gauche qui glisse vers l’extrême droite, oublie ses idéaux et se transforme en monstre de duplicité. « Spadino », le Gitan, monte en puissance aux côtés de son épouse ambitieuse, « Lele », le jeune ripou est submergé par la corruption et ne tient pas la distance. Quant à Aureliano, il prend une dimension tragique dans son isolement. Donc, tout va pour le mieux et la série demeure passionnante. Du moins jusqu’aux derniers épisodes qui voient l’écriture se relâcher sensiblement. L’invulnérabilité du « Samouraï » (Francesco Acquaroli, vraiment formidable), systématique et caricaturale, atténue le suspense. Toutes ses apparitions se font sur le même schéma et deviennent redondantes. Les coïncidences énormes s’accumulent (on dirait parfois que Rome est un patelin minuscule où tout le monde ne cesse de se croiser) et certaines situations sont totalement invraisemblables (le rôle de la jeune fliquette tellement mal conçu).SUBURRA2

Sur huit épisodes, au lieu des dix de la 1ère, cette saison maintient un bon niveau avant de s’affaisser sur la fin. Cela reste de la très bonne télévision, mais croisons les doigts pour que la prochaine saison retrouve la rigueur et le sens du tragique de la première, car on sent que la pente est savonneuse.

 

« LE CERCLE : RINGS » (2017)

Produit quinze ans après le 2ème film de la franchise inspirée du concept japonais, « LE CERCLE : RINGS » de F. Javier Guttiérez peine à redémarrer l’intrigue (eh oui ! pas facile de dénicher un magnétoscope en état de marche en 2017 !) et la saga de Samara, le fantôme aux cheveux aussi sales que son caractère.RINGS.jpg

Cette fois, c’est une jeune étudiante (Matilda Anna Ingrid Lutz) qui, pour sauver son idiot de boy friend, va visionner la VHS infernale et se mettre à enquêter sur le passé de la fillette disparue pour sauver son âme. Dès le prologue dans un avion, on sait, on devine instinctivement qu’il n’y aura aucune surprise dans ce film, aucun moment mémorable, aucune véritable trouille à espérer. Le scénario se déroule tranquillement, n’évitant aucun cliché du genre, puisant ses rares bonnes idées dans les anciens films. C’est truffé d’artifices destinés à faire sursauter gratuitement, de longues séquences où les personnages s’avancent dans des ruines délabrées en s’éclairant avec une torche électrique au faisceau tremblotant. On a déjà vu ça un million de fois, en beaucoup mieux et l’ennui s’installe rapidement pour ne faire que s’épaissir à mesure que l’intrigue progresse. Les comédiens sont franchement très mauvais, sans aucune personnalité. Aussi, quand apparaît enfin le vétéran Vincent d’Onofrio avec ses yeux aveugles et sa grosse barbe de Père Noël, a-t-on envie d’applaudir : enfin un comédien, certes cabotin, mais qui a de la présence et dégage quelque chose d’inquiétant. Il est vrai qu’à ce stade, on se contente de peu !

Le premier remake U.S. était très bon, sa sequel nettement moins inspirée mais au moins se situait-elle dans la lignée du précédent. Ce n°3 tardif et – il faut bien le dire – complètement inutile, n’apportera rien à la gloire de Samara et devrait clore le sujet, même si la fin « ouverte » laisse craindre le contraire.

 

« POLTERGEIST » (2015)

Produit par Sam Raimi, réalisé par Gil Kenan, « POLTERGEIST » est le remake du classique de Tobe Hooper (et Steven Spielberg) sorti en 1982. Même si, au final, il fait davantage penser à une sorte d’avatar de « AMITYVILLE, LA MAISON DU DIABLE » à la sauce Stephen King. Avec quelques clowns pour faire bonne mesure ! Print

Le film commence plutôt bien, la famille – les parents et trois enfants – s’installant dans leur nouvelle maison, est crédible et tous les comédiens sont bons. Aucune mièvrerie dans leurs relations, un dialogue réaliste, des conflits concrets. On est optimiste. L’angoisse est menée en un habile crescendo, jusqu’au moment où les fantômes se déchaînent et là… rien ne va plus ! D’abord, les CGI sont très moches et l’image est bien trop éclairée, tuant tout mystère dans l’œuf. Ensuite – et c’est tout de même très gênant – on n’a jamais peur. Pas un instant. On a la sensation d’assister à un jeu vidéo auquel on n’a pas le droit de jouer. Et quand débarque Jared Harris, super médium « vu à la télé » pour sauver la fillette (Kennedi Clements, à l’incroyable visage), on sombre dans le grotesque le plus total. Dommage, car Sam Rockwell et la belle Rosemarie DeWitt forment un couple crédible, aux réactions logiques, le petit Kyle Catlett est excellent en gamin constamment stressé. Quelques images marquent pourtant la mémoire, comme lorsque ce dernier se retrouve en « arrêt sur image » en haut d’un escalier ou cette traversée de l’au-delà au milieu des morts.

Mais ce « POLTERGEIST » ne possède en rien l’atmosphère du film original et l’abus d’effets numériques est vraiment un fléau apparemment irréversible du cinéma fantastique, qui banalise et enlaidit n’importe quelle idée, qu’elle soit bonne ou pas.

 

« WHEN A STRANGER CALLS BACK » (1993)

BACK.jpgC’est pour la TV que l’auteur-réalisateur Fred Walton a tourné, 14 ans après, une sequel à son unique succès : le très culte « TERREUR SUR LA LIGNE ». « WHEN A STRANGER CALLS BACK » se focalise d’abord sur une jeune baby-sitter (Jill Schoelen) qui se retrouve seule, sans téléphone, dans une maison qu’elle ne connaît pas, harcelée par un homme qu’elle ne voit jamais, qui se tient sur le porche.

Ça fonctionne plutôt bien, mais la résolution – surtout comparée à celle de 1979 – est excessivement décevante. Après un saut de cinq ans, la pauvre fille est à nouveau la proie du cinglé invisible et, coup de chance, elle reçoit l’aide de Carol Kane l’héroïne du premier film et de son copain l’ex-flic Charles Durning, qui débarquent dans l’intrigue de façon bien peu convaincante. D’autant plus qu’on avait quitté Kane mère de famille bourgeoise dans l’épilogue du n°1, pour la retrouver maintenant célibataire, sans enfants et un peu hippie sur les bords. Pas très rigoureux, tout ça !

Le scénario est mal ficelé, les révélations tombent comme des cheveux sur la soupe, l’identité – et surtout la profession – du tueur est tellement tirée par les cheveux qu’elle en devient risible. Et c’est en voyant cette suite inutile et idiote, qu’on réalise à quel point la photo « cracra », la réalisation « primitive » du premier film étaient des éléments essentiels à sa réussite. Avec son format carré, son image proprette, « WHEN A STRANGER CALLS BACK » n’est qu’une pâle copie de l’original, qui ne parvient pas à maintenir l’intérêt au-delà du premier acte. Au fond, le plus étonnant dans ce téléfilm, c’est qu’il ait été conçu et tourné par le même maître d’œuvre que « TERREUR SUR LA LIGNE », et qu’il ait complètement raté tout ce qu’il avait si brillamment réussi la décennie précédente. Les miracles, semble-t-il, ne se produisent qu’une fois !

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JILL SCHOELEN, CAROL KANE ET CHARLES DURNING

 

« TERREUR SUR LA LIGNE » (1979)

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CAROL KANE

Généralement, ceux qui ont vu « TERREUR SUR LA LIGNE » de Fred Walton s’en souviennent à jamais. Du moins, n’ont-ils pas oublié son premier acte, à savoir la nuit de cauchemar d’une jeune baby-sitter (Carol Kane) harcelée de coups de téléphone, alors qu’elle garde deux enfants.WHEN.jpg

Ce qu’on oublie en revanche, c’est qu’il ne s’agit que de l’ouverture d’un scénario divisé en trois actes bien définis : l’évasion du tueur (Tony Beckley), sept ans après sa capture et la traque obsessionnelle du flic (Charles Durning) qui l’avait arrêté et qui est déterminé à l’abattre, et enfin la boucle qui se boucle avec ce retour à l’ancienne baby-sitter devenue à présent mère de famille à son tour. C’est simple, linéaire, sans aucune fioriture ou digression. Une sorte d’épure de film de serial killer qui, malgré un budget visiblement très restreint, parvient à générer une peur authentique par son souci de réalisme. Ainsi le personnage du psychopathe, magnifiquement incarné par Beckley, est-il crédible à 100%. L’acteur anglais étant peu connu, on l’identifie d’autant plus à son rôle et il parvient même à susciter une certaine empathie, malgré l’horreur de ses actes passés. Sa rapide clochardisation est admirablement dépeinte en quelques scènes. Carol Kane fait également merveille avec son visage de star du Muet et ses grands yeux angoissés. Durning est un « héros » inhabituel, un ex-flic obèse et dépourvu d’humour ou de charme. Des personnalités originales, loin de tout cliché hollywoodien, qui maintiennent l’intérêt du début à la fin, malgré la minceur délibérée du scénario. Parmi les seconds rôles, on retiendra la toujours superbe Colleen Dewhurst jouant une « barfly » mûrissante que le tueur a choisie pour future proie.

Avec les années « TERREUR SUR LA LIGNE » est devenu un véritable film-culte et c’est amplement justifié. De la photo sous-exposée et granuleuse à l’interprétation impeccable en passant par ses décors minimalistes, tout y est à sa place pour créer une ambiance parfaitement anxiogène.

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TONY BECKLEY, COLLEEN DEWHURST, RON O’NEAL ET CHARLES DURNING

À noter : en 1993, Fred Walton tournera une sequel, « WHEN A STRANGER CALLS BACK » pour la TV. On y retrouvera Carole Kane et Charles Durning.

 

« L’ARME FATALE 4 » (1998)

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DANNY GLOVER ET MEL GIBSON

Six ans après le calamiteux n°3 de la franchise, « L’ARME FATALE 4 » réunit toute l’équipe artistique et technique, pour un ultime tour de piste dont nul n’attendait grand-chose de bon. À tort ! Puisque c’est la meilleure des sequels, qui – tout en assumant le lourd cahier des charges – parvient à corriger la plupart des erreurs des précédents opus.LW4.jpg

D’abord, et c’est la grande surprise : Mel Gibson a enfin changé sa coupe de cheveux et surtout, il est dirigé. Tous ses tics irritants se sont volatilisés comme par miracle. Danny Glover est égal à lui-même, Joe Pesci un peu plus maîtrisé que d’habitude. Cette fois les méchants, principalement Jet-Li en mafieux des Triades, sont crédibles et le « message » anti-esclavage moderne n’occupe pas trop de place. Certaines thématiques sont intéressantes, comme le vieillissement de ‘Riggs’, qui s’aperçoit qu’il devient lui aussi « Too old for this shit » et se prend raclée sur raclée, comprenant peu à peu qu’il est peut-être temps de se ranger des voitures et de devenir papa. Malgré l’ambiance survoltée du film, les séquences d’action démesurées, c’est le parcours humain de nos héros qui prend le pas et laisse une empreinte étrangement émouvante sur toute la tétralogie.

Tout cela ne modifie évidemment pas l’ADN de ce n°4. On a droit à des séquences totalement délirantes (le début avec l’incendiaire au napalm et Murtaugh faisant le poulet en caleçon), ni les numéros de cabotinage sans garde-fou (l’impro entre Pesci et Chris Rock, où les deux acteurs s’excitent sur les téléphones portables en hurlant d’une même voix suraiguë). Mais cette fois-ci la mayonnaise prend. Rene Russo est plus belle que jamais, Jet-Li assure dans la cruauté glaciale et sa présence permet à Richard Donner plusieurs clins d’œil à John Woo. Tout cela reste bien sûr simpliste, infantile parfois et un brin complaisant (le malentendu bien lourdingue sur la prétendue homosexualité du futur gendre), mais ce dernier film est une belle conclusion à cette série emblématique des années 80. Le générique de fin, alignant des photos de tous les tournages, apporte une réelle émotion.

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RENE RUSSO, MEL GIBSON, JET-LI, CHRIS ROCK ET JOE PESCI