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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

« TAKEN 3 » (2014)

Un héros injustement accusé du meurtre de sa femme s’évade après avoir été arrêté et il est traqué par un flic opiniâtre pendant que lui-même recherche le vrai coupable. « LE FUGITIF » ? Pas du tout : « TAKEN 3 » !taken3

Précisons tout de suite que dans ce dernier film de la trilogie, personne n’est « taken », que Famke Janssen est enfin libérée de ce non-rôle qu’elle traînait depuis six ans, que Maggie Grace est (un peu) moins agaçante parce qu’elle joue enfin son âge et que Liam Neeson, à 62 ans, commence tout de même à être « too old for this shit » comme dirait ce brave Roger Murtaugh.

Qu’est-ce qui différencie ce 3ème opus d’un DTV lambda avec Steven Seagal ? Les moyens d’abord, puis un casting d’acteurs compétents. Le scénario suit une logique toujours aussi simpliste mais légèrement plus élaborée que dans les deux précédents films et – hormis un montage systématiquement ultra-cut qui lasse très vite, surtout dans les poursuites en voiture à peine lisibles – on reste éveillé jusqu’au bout.

Autour d’un Neeson hâve mais en bonne forme physique (dommage qu’il ne soit fait qu’une fugace allusion à son âge), Forest Whitaker en fait comme toujours un peu trop, en flic pas très efficace (« He’s good », dit de lui Neeson, même si on ne voit pas très bien sur quel exploit il se base pour affirmer cela !), l’inquiétant Andrew Howard en porte-flingue russe particulièrement sauvage ou Dougray Scott en traître de service dont on devine le double-jeu dès la première apparition à l’image. De toute façon qui cela pouvait-il être d’autre ?

Pas beaucoup à épiloguer sur ce « TAKEN 3 », qui se laisse regarder d’un œil indifférent, comme un passe-temps du week-end. Le film a été annoncé comme la conclusion de la franchise. Espérons qu’il ne s’agisse pas d’adieux de music-hall. Parce que la grossesse de Maggie Grace fait redouter la naissance imminente d’un petit Mills susceptible d’être kidnappé à son tour. C’est le karma familial…

 

« TAKEN 2 » (2012)

Quatre ans après, revoici Liam Neeson dans un peu nécessaire « TAKEN 2 », avec grosso-modo la même équipe hormis le réalisateur. Tourné cette fois à Istanbul, le film reprend le schéma du précédent à la différence que c’est Neeson qui est kidnappé et qui appelle sa fille à la rescousse (sic !).taken2

Que dire qu’on n’ait pas déjà exprimé sur le n°1 ? Le scénario est d’une naïveté désarmante, il arrive à bout de souffle après une heure environ et compense le déficit de tension dramatique par une orgie de combats à mains nues et de poursuites en voiture. Peut-être parce qu’on sait maintenant à quoi s’attendre, le film paraît peut-être plus fluide que le précédent, mais il faut à nouveau faire preuve d’une colossale suspension d’incrédulité pour gober certaines situations comme la méthode absurde de notre héros pour se situer : lancer de grenades, ouïe hyper-développée, etc.

Si Maggie Grace n’a pas fait beaucoup de progrès, Famke Janssen voit son rôle s’étoffer un peu (pas trop) et le méchant-en-chef, Rade Serbedzija, est franchement inquiétant, ce qui aide à lester un peu le suspense et à rendre les enjeux plus crédibles (pas trop non plus !). Reste une fois encore l’ami Liam Neeson, un peu alourdi, le visage marqué, très mal à l’aise dans les séquences familiales où il est gauche et emprunté, mais excellent dans l’action physique. Sa haute silhouette, son expression tendue font toujours leur effet et c’est uniquement grâce à lui qu’on parvient à ne pas zapper après la délirante séquence de l’ambassade américaine.

De belles vues de la Turquie, des méchants basanés et mal rasés pittoresques, font de « TAKEN 2 » un spectacle totalement gratuit et sans le moindre enracinement dans le réel. C’est une sorte de BD décomplexée et frénétique, à voir d’un œil distrait et en mettant son sens critique en mode « off ».

 

« LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE » (1981)

raiders2Conçu comme un hommage aux vieux serials d’aventures des années 40, mais bénéficiant de moyens qu’ils n’avaient jamais eus, « LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE » a, en son temps, ressuscité un cinéma d’aventures de pure distraction, sans céder à la nostalgie.

Écrit par l’excellent Lawrence Kasdan, réalisé par Steven Spielberg entre l’échec de « 1941 » et le triomphe de « E.T. », le film a très bien passé le cap des années et se laisse regarder aujourd’hui avec autant de plaisir qu’à sa sortie.

Le scénario empreint de mysticisme et d’ironie, pivote autour d’une formidable figure de héros qui, à bien y regarder, doit beaucoup à Superman. Indiana Jones est à la fois un « geek » binoclard et un baroudeur increvable maniant fouet et revolver. C’est pour un Harrison Ford de 39 ans, l’occasion de trouver le rôle de sa vie, son jeu très au premier degré et fait de mimiques cocasses, épousant idéalement les contours de ce personnage échappé d’une BD. Son chapeau, son blouson de cuir font partie de l’Histoire du cinéma populaire. Spielberg s’en donne à cœur-joie, multipliant les plans « à effet », les poursuites dantesques, les explosions, jetant ses héros au milieu des mygales et des serpents venimeux. C’est très enfantin et joyeux, même si parfois assez violent, voire sanglant (le soldat déchiqueté par une hélice). Mais les petits gags visuels font mouche (le sabreur arabe descendu froidement par Indy, le cintre pliant, le singe faisant le salut nazi) et la BO ininterrompue de John Williams, soutenue par les images somptueuses de Douglas Slocombe, s’imposent comme les véritables vedettes du film. Autour de Ford, de bons comédiens, dont la délicieuse Karen Allen en dure-à-cuire sexy à la bonne descente et au poing leste.

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HARRISON FORD ET KAREN ALLEN

À voir et revoir comme on relit une bande-dessinée qu’on connaît déjà par-cœur. Du cinéma de pur « entertainment » remarquablement confectionné et qui n’a pas pris une ride.

À noter pour la petite histoire : si irremplaçable dans le rôle d’Indiana Jones, Ford n’a fait que remplacer au pied-levé Tom Selleck pour qui le personnage avait été originellement écrit. Autre changement de casting : Wolf Kahler qui prit la place de Klaus Kinski dans le rôle du colonel nazi.

 

« GOLDENEYE » (1995)

goldeneye« GOLDENEYE » marque les débuts de Pierce Brosnan, 42 ans, dans le rôle de James Bond 007. À première vue, il semble représenter le compromis idéal entre la virilité agressive de Sean Connery, la suavité de Roger Moore et le côté terre-à-terre d’un Timothy Dalton. De bons augures, donc.

Et d’ailleurs, il ne déçoit nullement. C’est plutôt le film lui-même qui peine à trouver son rythme de croisière : les enjeux dramatiques sont quasi-inexistants, les coups de théâtre prévisibles dès les premières séquences (Sean Bean serait-il en seconde position au générique s’il mourait réellement au bout de dix minutes ?), les seconds rôles caricaturaux à l’excès et les incursions à Moscou, Cuba ou Monaco uniquement justifiées par le besoin d’en mettre plein la vue.

C’est l’opulence des moyens mis en œuvre, le soin apporté aux scènes d’action et, il faut bien le dire, la beauté des ‘Bond girls’ Izabella Scorupco et Famke Janssen (drôle en tueuse qui fait un orgasme à chaque fois qu’elle tue quelqu’un), qui empêchent de s’ennuyer à mourir. Car franchement, savoir si les missiles atteindront leur but et si l’Angleterre « retournera à l’âge de pierre » (sic), on s’en fiche comme de notre premier Walther PPK.

Brosnan donc, est la bonne surprise du film. Il entre dans les smoking de 007 avec décontraction et détachement. Son face-à-face avec le nouveau « M » campé par une femme pour la première fois, et pas n’importe laquelle, Judi Dench, donne lieu à de savoureux échanges de vacheries. Parmi les comparses, on retrouve avec bonheur Joe Don Baker en agent de la CIA « ricain » jusqu’au bout des ongles, Alan Cumming qui en fait des tonnes en geek moscovite et dans une rapide apparition, Minnie Driver hilarante en chanteuse russe braillant « Stand by your man » comme une casserole.

« GOLDENEYE » se situe donc dans une honnête moyenne de la franchise des 007 et propose un Bond séduisant et encore jeune.

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PIERCE BROSNAN, JUDI DENCH, IZABELLA SCORUPCO ET JOE DON BAKER

 

« 300 » (2006)

300Inspiré d’un « graphic novel » de Frank Miller et réutilisant plus ou moins les mêmes méthodes de tournage que « SIN CITY » (coréalisé par le même Miller) sorti l’année précédente, « 300 » est fortement inspiré par le « GLADIATOR » de Ridley Scott (la sauvagerie des batailles, la BO et… les champs de blé). Si on met un moment à s’acclimater à un visuel proche des jeux vidéo, on finit par se laisser happer par l’énergie indéniable de cet univers totalement factice et par l’excellente utilisation des CGI.

Remarqué en 2004 par le formidable « L’ARMÉE DES MORTS », Zack Snyder ne déçoit pas avec « 300 ». Ce n’est qu’après que son parcours commencera à devenir plus discutable. Dans une Grèce antique aux teintes sépia, où tout est recréé digitalement, jusqu’aux abdoms des Spartiates, le film conte la célèbre bataille des Thermopyles où 300 guerriers de Sparte affrontèrent les milliers de soldats perses venus les envahir.

Ça hurle à gorge déployée, ça décapite à tout-va, ça gicle aux quatre coins de l’écran, mais l’aspect artificiel du sang et des mutilations rend le spectacle supportable. Certaines images sont vraiment frappantes et le casting composé de vrais bons comédiens, et pas uniquement de Mr Muscles, finit de séduire : Gerard Butler joue un Léonidas fier et gueulard avec une vraie conviction, Lena Headey est comme toujours très bien dans le rôle de son épouse, Dominic West est abject à souhait en politicien sans honneur (non, ce n’est pas un pléonasme !) et Michael Fassbender joue les guerriers au sourire vorace. On retrouve également l’intense Stephen McHattie et – trop brièvement – le puissant Peter Mensah.

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LENA HEADEY ET MICHAEL FASSBENDER

Un beau péplum donc, qui réinvente un genre tombé en désuétude depuis bien longtemps. Les batailles en particulier, sortes de chorégraphies irréelles alternant ralentis et accélérés, bruitages « gore » et voix déformées, s’impriment durablement dans la mémoire. Peut-être pas un chef-d’œuvre, mais « 300 » vaut largement le coup d’œil.

 

« MECHANIC : RESURRECTION » (2016)

Avant tout, la bonne nouvelle, c’est que « MECHANIC : RESURRECTION » n’a absolument plus aucun rapport, même lointain avec « LE FLINGUEUR » des années 70, à part le patronyme du personnage principal. Ce qui coupe court à l’agacement du cinéphile accro au film de Michael Winner. Jason Statham a plutôt été recyclé en émule de 007, de Jason Bourne, du Ethan Hunt de « MISSION : IMPOSSIBLE » et de… McGyver.mechanic2

Cinq ans après le premier opus, Statham revient donc, quasi-quinquagénaire, avec plus de muscles, davantage de barbe et encore moins de cheveux. Le scénario fait des pieds et des mains pour transformer ce tueur-à-gages en « héros » à part entière : Bishop ne tue plus pour de l’argent (beurk !), mais parce qu’on veut l’obliger à assassiner en kidnappant sa fiancée, elle-même faisant dans l’humanitaire au Cambodge ! Nous sommes donc entre gens de bonne compagnie. Tout est à l’avenant dans ce film débile mais sympathique… Voyages à travers le monde totalement inutiles, séquences d’action qui s’enchaînent mais sans réel suspense, puisque Bishop est 100% inoxydable et s’en sort toujours sans la moindre égratignure, naïvetés énormes (la façon dont il se fait envoyer au bagne), scènes téléphonées (la piscine suspendue). On comprend vite qu’on ne doit surtout pas prendre tout cela au sérieux. C’est du spectacle pour ados fans de grosses bastons et de super-héros de BD. À ce jeu-là, Statham est irremplaçable. Il ne laisse filtrer aucune émotion, assure à fond dans le mouvement félin et les prouesses physiques. Il est bien entouré par Jessica Alba toujours aussi belle, si elle n’est toujours pas devenue une grande tragédienne, par les vétérans Michelle Yeoh et Tommy Lee Jones venus en voisins toucher un gros chèque. Tout le monde a l’air de bien s’amuser et de profiter des magnifiques paysages de Thaïlande. On est bien contents pour eux !

Si le premier film s’efforçait de « moderniser » celui de 1972, celui-ci lorgne du côté des blockbusters d’espionnage actuels et marque probablement le vrai début d’une ‘franchise’ pour l’ami Statham coutumier des sequels après « HYPER-TENSION », « LE TRANSPORTEUR », « EXPENDABLES » et « FAST & FURIOUS ».

 

« STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » (1991)

trek6-2« STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » est l’ultime long-métrage de la franchise interprétée par le cast d’origine, le second réalisé par Nicholas Meyer et le dernier auquel ait participé le créateur Gene Roddenberry mort la même année.

Le grand plaisir est déjà que le long voyage dans les étoiles s’achève en beauté pour le capitaine Kirk et ses amis. C’est en effet un des meilleurs films de la série, celui qui parvient à parfaitement équilibrer l’aventure pure et dure (les séquences sur la planète pénitentiaire) et un message de paix et de tolérance encore valide aujourd’hui. Le scénario, très élaboré se permet même des échappées dans le ‘whodunit’ et le ‘courtroom drama’, des coups de théâtre, des corps-à-corps brutaux et même un humour irrévérencieux bienvenu. On ne s’ennuie pas une seconde, on ne ressent même plus l’envie de se gausser, malgré le look insensé de certains aliens (Kurtwood Smith, qui semble échappé d’un Kurosawa vaut le coup d’œil !) et l’âge plus que canonique de nos chers héros qui parviennent difficilement à faire encore illusion.

L’équipage a donc vécu sa vie de 1967, le premier épisode de la série TV à 1991, le présent film de cinéma. Autrement dit un quart de siècle d’existence. Ce qui est déjà plus qu’honorable. « STAR TREK VI – TERRE INCONNUE » est vraiment une jolie réussite pleine de nostalgie et d’autodérision. Tous les habitués sont au rendez-vous, même George Takei promu capitaine sur un autre vaisseau. Et les « guests » valent le détour : Christopher Plummer en verve dans un rôle de général klingon borgne citant Shakespeare (« Être ou ne pas être », dit-il en voyant une torpille lui arriver droit dessus !), Kim Cattrall est très bien en Vulcaine pas très fiable, Iman joue une sorte de caméléon fumant le cigare (sic !) et David Warner – qui jouait un autre personnage dans le film précédent – incarne un diplomate klingon. On aperçoit brièvement et à contrejour Christian Slater dans un caméo non-mentionné au générique.

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WILLIAM SHATNER, CHRISTOPHER PLUMMER, LEONARD NIMOY ET KIM CATTRALL

Adieu à l’équipe de l’Enterprise donc, qui malgré les décors improbables, les costumes ridicules et les F/X désuets, est parvenue à susciter une réelle affection chez son public. Le dernier speech de Kirk est étrangement… émouvant !