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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

PAUL KERSEY : LA TOTALE !

DW BR

SORTIE ANGLAISE DE L’INTÉGRALE DES « DEATH WISH » POUR NOVEMBRE ! ET EN BLU-RAY ! ESPÉRONS QUE LE CONTENU SERA MOINS SPARTIATE QUE LE CONTENANT.

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« JIGSAW » (2017)

Réalisé sept ans après l’opus n°7 qui était censé clore la franchise des « SAW », « JIGSAW » des frères Spierig aurait pu relancer la série en la rénovant de fond en comble. Mais ce n’est pas l’option choisie : malgré son titre trompeur, il s’agit bel et bien là de « SAW VIII ». Ni plus, ni moins.JIGSAW.jpg

Dès le début, on note toutefois un petit progrès dans l’écriture scénaristique, qui tente de ne pas trop coller aux précédents opus, évite les flash-backs, abandonne enfin le look verdâtre post « SE7EN » et adopte un montage moins épileptique qu’auparavant. De plus, les comédiens sont globalement très bien, ce qui aide à avaler une histoire qu’on nous a tout de même déjà servie maintes et maintes fois. Mais l’image est soignée, la réalisation professionnelle et on est toujours content de retrouver Tobin Bell dans son rôle-fétiche, qui continue de pourrir la vie des méchants impunis, même s’il est mort depuis dix ans. Callum Keith Rennie est efficace en flic ambigu, Laura Vandervoot a une belle présence dans le rôle d’une des victimes choisies par ‘Jigsaw’.

Difficile de ne pas radoter quand on chronique une franchise qui elle-même ne cesse de ressasser les mêmes éléments. On se distrait avec l’inventivité des nouvelles tortures concoctées par le serial killer de service, on grimace parfois à la vue de plans vraiment très très gore et on ne cherche pas plus loin. On en revient toutefois à la question qu’on se posait dès le n°2 : à quoi sert de tourner des sequels à tour de bras, si on n’a clairement rien de neuf à raconter ? That’s the question…

 

« LES DENTS DE LA MER – 2ème PARTIE » (1978)

JAWS2.jpg« LES DENTS DE LA MER – 2ème PARTIE » fut tourné trois ans après l’original sur la même île (imaginaire) d’Amity, avec une partie du casting, mais… sans Steven Spielberg aux commandes. C’est le téléaste français Jeannot Szwarc qui a pris le relais. À sa décharge, il a hérité d’un scénario d’une décourageante pauvreté qui remâche les enjeux si bien développés dans le n°1, et dont il n’y avait pas grand-chose d’autre à tirer.

Au début, on ressent pourtant quelque espoir à revoir ce décor attractif de ville balnéaire en effervescence, de retrouver la gueule en lame de couteau bien affûté de Roy Scheider et de croiser à nouveau ce pleutre de maire (Murray Hamilton) qui n’a rien appris de ses précédents malheurs, sans oublier la stoïque épouse du shérif (Lorraine Gary). Seulement après une petite trentaine de minutes où un Scheider paranoïaque, tente de convaincre tout le monde qu’un nouveau requin rôde, le film se délite. De longues, très longues minutes sont consacrées à une bande d’ados partis faire du voilier. Leurs hurlements stridents – particulièrement ceux de l’insoutenable Donna Wilkes – ne donnent qu’une envie, c’est de prendre parti pour le squale et prier pour qu’il les avale tous jusqu’au dernier ! Ça se traîne, les morceaux de bravoure (l’hélico coulé par le requin) sont complètement dépassés et la fin est un indigent décalque de celle du Spielberg. L’idée même de produire la suite d’un tel chef-d’œuvre était absurde à la base et l’absence de Robert Shaw et Richard Dreyfuss, ou en tout cas de personnages aussi forts, se fait cruellement ressentir tout du long. Du trio mythique, seul reste Roy Scheider, parfait comme toujours, qui rejoue à peu près les mêmes scènes que précédemment (les engueulades avec les notables, la peur de voir ses enfants partir en mer, la cuite, etc.)  avec tout son professionnalisme. Disons que de loin, cela ressemble à « JAWS », mais en regardant de plus près, ce n’en est qu’une pâle photocopie sans âme ni raison d’être. Dire qu’il y a eu deux autres sequels et que celle-ci… est la meilleure !

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ROY SCHEIDER ET LORRAINE GARY

 

« WOLF CREEK » : saison 2 (2018)

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JOHN JARRATT

Greg McLean est aux manettes de cette seconde saison de « WOLF CREEK » qu’on n’attendait pas et il en a réalisé lui-même les deux premiers épisodes. Si on est légèrement déçu au début par un générique moins angoissant, une photo plus plate, moins westernienne, on comprend que les auteurs ont refusé de se répéter et ont choisi le réalisme et le ‘survival’ plutôt que de lorgner du côté de « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE ».WC2 2

Les 6×52 minutes sont extraordinairement addictives et on retrouve avec appréhension le serial killer le plus abominable de ces dernières années. Ce gros plouc de ‘Mick’ (John Jarratt complètement fusionné avec son rôle) s’attaque cette fois à un car de tourisme parti explorer le bush et entreprend de massacrer méthodiquement tous les passagers, en emportant certains encore vivants dans sa mine désaffectée, antichambre des enfers à donner des cauchemars aux plus endurcis. Le démarrage assez lent permet de bien connaître les protagonistes avant que ne démarre vraiment le carnage et donc d’impliquer émotionnellement le spectateur. Tous les comédiens sont parfaits, à commencer par Tess Haubrich en héroïne déterminée, Laura Wheelwright en jeune lesbienne malheureuse en amour mais pleine de ressources ou Matt Day dans un rôle complexe plein de zones d’ombre. Mais il est évidemment difficile pour eux d’exister face à l’énorme Jarratt, totalement terrifiant avec son œil inquisiteur, son ricanement nasillard et ses mauvaises habitudes de dépeceur sans état d’âme.

En fait, ce qui épate le plus dans cette série, c’est qu’elle arrive à développer autant d’épisodes et de sous-intrigues avec un si squelettique postulat de départ. Mais elle y parvient sans problème et va jusqu’au bout du bout du noir. Dans le bush australien, personne ne vous entend crier…

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TESS HAUBRICH ET LAURA WHEELWRIGHT

 

« COURS APRÈS MOI, SHÉRIF » (1977)

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BURT REYNOLDS

« COURS APRÈS MOI, SHÉRIF » est le premier film en tant que réalisateur du cascadeur Hal Needham, grand ami de Burt Reynolds, qui y tient le rôle principal. Inutile d’y chercher autre chose que ce qu’il a à vendre : c’est un gros cartoon redneck qui sent l’impro à plein nez, d’une crétinerie assumée à 100% dans la bonne humeur.COURS2.png

Le scénario ? Un aller-retour d’Atlanta au Texas avec pour enjeu une cargaison de bière de contrebande et comme suspense, les flics de plusieurs états aux trousses du légendaire routier « Bandit » (Reynolds) au volant de son bolide, accompagnant le poids-lourd conduit par son acolyte (Jerry Reed). Ajoutons-y une presque mariée fugueuse (Sally Field, qui n’a jamais été aussi craquante), un shérif obèse et apoplectique (Jackie Gleason) et son fils abruti (Mike Henry, à mourir de rire) et le tableau est à peu près complet.

C’est une succession de poursuites en voitures, de véhicules de police démolis, une BO country entraînante pour lier l’ensemble. Burt Reynolds n’a jamais été aussi décontracté et visiblement heureux d’être là. Quand on lui demande ce qu’il fait le mieux, il répond : « Show off » (« frimer ») ! Ses saynètes avec Miss Field sont drôles et charmantes. Quant au couple Gleason-Henry, c’est une totale réussite comique ! À noter que le vétéran fordien Hank Worden apparaît en camionneur dans un plan de deux secondes.

Que dire de plus ? Si on est bien luné, on s’amusera beaucoup à cette course-poursuite bon-enfant dans l’Amérique profonde, si on est plus critique, on trouvera que le scénario est tout de même très très léger et que la dernière partie n’en finit pas. Mais inutile de chercher la petite bête : « COURS APRÈS MOI, SHÉRIF » est le film qui catapulta Reynolds en tête du box-office U.S. et il a pris une patine certaine, aidant à passer sur son insondable bêtise pour trouver tout cela bien sympathique, au fond.

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SALLY FIELD, MIKE HENRY ET JACKIE GLEASON

 

 

« SAW 3D – CHAPITRE FINAL » (2010)

Quel dommage que le 7ème  opus de la franchise ne se soit pas intitulé « SAW VII » ! Au moins, on aurait pu se gausser de l’analogie avec « Chaussette ». C’est un peu moins drôle que « SAW VI », mais c’est mieux que rien. Car des occasions de rire dans ce film, il n’y en a pas beaucoup.SAW7

Le réalisateur du précédent se recolle donc à « SAW 3D – CHAPITRE FINAL » et hérite d’un scénario fourre-tout censé boucler la boucle de la saga de ce serial killer-justicier (il s’attaque ici aux femmes infidèles et aux imposteurs) en nous démontrant que les sept films forment un « puzzle » d’une démoniaque perversité. En fait, on assiste à une véritable orgie de tortures encore plus gore que d’habitude, d’appareils mécaniques pénétrant les chairs, perçant les yeux, éviscérant, ébouillantant, etc. Et cela s’achève par le retour totalement aberrant d’un des personnages du premier film, qu’on nous balance comme le véritable bras-droit de Jigsaw, reléguant Costas Mandylor à l’état d’exécuteur bas-du-front. C’était bien tenté, mais le tour de passe-passe ne prend pas. Tout cela continue d’avoir l’air improvisé au fil de la plume et la surenchère de séquences sanguinolentes anesthésie toute sensation, tout sens critique même. On regarde d’un œil morne, on regrette que Tobin Bell n’apparaisse que dans quelques plans et on constate que le choix de comédiens n’a jamais cessé de baisser de qualité au fil des épisodes.

Sous-titré « the final chapter », « SAW 3D » ne tiendra hélas, pas sa promesse puisque très récemment est sorti un n°8 intitulé « JIGSAW ». Un peu comme « CREED » est une sequel de « ROCKY » sans l’être tout en l’étant.

 

« SAW VI » (2009)

Bon, d’accord. Ce n’est peut-être drôle qu’en français, mais impossible de ne pas laisser échapper un rire bête en découvrant le titre du 6ème  opus de la franchise, c’est-à-dire : « SAW VI » !SAW6

Premier film du monteur Kevin Greutert, ce film fait de plus en plus ressembler les « SAW » à une série télé fatiguée, qui ferait des pieds et des mains pour donner une cohérence à un vaste n’importe quoi organisé depuis maintenant plusieurs années. Le serial killer Tobin Bell est mort depuis déjà quelque temps, mais il fait encore partie de la fête, dans des vidéos préenregistrées ou des flash-backs. Et malgré ses méthodes brutales, voire sadiques, il fait toujours plus figure de vengeur anti-establishment. Le scénario s’en prend directement au système de santé U.S. et aux compagnies d’assurances. C’est Peter Outerbridge, assureur sans pitié, qui sera au centre du jeu. Un jeu très gore, très prévisible, usé jusqu’à la corde, mais qui tourne gravement en rond. Car la franchise fonctionne à présent en circuit fermé et semble se nourrir d’elle-même. Et Costas Mandylor, bouffi et maussade, fait un bien triste substitut à Jigsaw.

À ce stade, « SAW » a tiré pratiquement toutes ses cartouches, mais maintient la vague promesse qu’à la toute fin, on aura droit à une énorme révélation. Les petits twists de ce n°6 ne sont pas vraiment mauvais, mais à vrai dire, on s’en fiche un peu. Et le casting, contrairement aux premiers films, est uniformément désastreux.