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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

« CHUCKY, LA POUPÉE DE SANG » (1990)

CHUCKY2 2Tourné deux ans après « JEU D’ENFANT », « CHUCKY, LA POUPÉE DE SANG » réalisé par John Lafia, est à tout prendre ce qu’on pouvait espérer de mieux compte tenu de ce qu’était le n°1 (c’est-à-dire pas un chef-d’œuvre) et de ce que sont généralement les sequels de films pas forcément géniaux.

On retrouve Alex Vincent, le gamin hanté par le serial killer enfermé dans un corps de poupée, qui veut absolument lui voler son âme. Sa maman étant enfermée en HP, l’enfant est attaqué dans sa famille d’adoption et protégé par une orpheline mal embouchée (Christine Elise) mais sympa. Côté scénario, on s’en doute, ça ne va pas bien loin ! Des assassinats perpétrés par l’horrible pantin ricanant, toujours doublé par Brad Dourif, des attaques sanglantes, quelques poursuites en voiture et un final plutôt réussi dans l’usine fabriquant les poupées ‘Chucky’ à la chaîne. Une séquence qui préfigure – toutes proportions gardées – la fin de « TERMINATOR 2 » sorti l’année suivante.

Ce n’est pas palpitant, pas trop ennuyeux non plus, Chucky lui-même est tellement grossier et sadique qu’il fait parfois sourire et on reconnaît çà et là de bons comédiens venus cachetonner : la belle Jenny Agutter en mère adoptive indulgente, Grace Zabriskie dans un de ses rares rôles à peu près équilibrés ou Greg Germann (« ALLY McBEAL ») en commercial tête-à-claques. Des figures familières qui n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Correctement filmé et très bien photographié par Stefan Czapsky (chef-opérateur de plusieurs Tim Burton, dont le magnifique « ED WOOD »), ce n°2 se laisse regarder sans déplaisir et constitue même un léger progrès par rapport à son prédécesseur, ce qui n’est pas si courant.

CHUCKY 2

CHRISTINE ELISE, ALEX VINCENT ET GRACE ZABRISKIE

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Publié par le 11 février 2018 dans FILMS D'HORREUR, LES FRANCHISES

 

« CASINO ROYALE » (1967)

CASINOROYALE2« CASINO ROYALE », réalisé à quatre mains dont celles de John Huston, se voudrait une folie autour de la folie 007 qui déferlait alors sur le monde à chaque sortie d’un nouveau James Bond. C’est écrit – enfin, si on veut – dans cet esprit ‘camp’ qui faisait fureur avec les séries TV « BATMAN » ou « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX » et… cela dure plus de deux heures.

Que dire ? C’est quasiment irregardable aujourd’hui, mais ça devait déjà l’être hier. Une sorte d’énorme pudding composé de sketches disparates, reliés par une trame très vague et sans intérêt. L’humour est lourd, répétitif, les décors sont hideux. La seule raison d’endurer tout cela est la BO vintage de Burt Bacharach qui insuffle un semblant d’entrain à la chose et l’avalanche de ‘guest stars’ et de jolies filles qu’on dirait échappées d’un show de Jean-Christophe Averty.

David Niven est un Bond vieillissant et précieux, Peter Sellers incarne… on ne sait pas très bien qui, Orson Welles s’autopastiche avec verve et Woody Allen, si peu drôle qu’il en devient embarrassant, joue le neveu débile et maléfique de Bond. Heureusement, Ursula Andress, Daliah Lavi, Barbara Bouchet et Jacqueline Bisset sont ravissantes, Joanna Pettet est une Mata-Hari très craquante. Le temps de fugitifs caméos, on reconnaît George Raft avec sa pièce de « SCARFACE », William Holden en agent de la CIA, Peter O’Toole jouant de la cornemuse et même Jean-Paul Belmondo en légionnaire moustachu et jovial. Mais celle qui émerge vraiment, c’est Deborah Kerr irrésistible en châtelaine écossaise à l’accent à couper au couteau et à la libido exigeante.

« CASINO ROYALE » est le film d’une époque, dont il résume parfaitement les excès, les complaisances, la liberté aussi. On se demande tout de même comment, après avoir lu le scénario, autant de vedettes devant et derrière la caméra ont pu apposer leur signature au bas d’un contrat.

CASINORPYALE

JOANNA PETTET, DAVID NIVEN, JEAN-PAUL BELMONDO ET JACQUELINE BISSET

 

« DEAD AGAIN IN TOMBSTONE » (2017)

« I’m getting too old for this dyin’ shit ! », lâche Danny Trejo en ressuscitant pour la troisième fois depuis le début du film. Sequel du semi-nanar de 2013, « DEAD AGAIN IN TOMBSTONE » réalisé au Canada par un Hollandais, est une des pires sequels qu’il soit donné de voir.

À 73 ans bien tassés, l’ami Trejo a perdu beaucoup de sa superbe. Il semble encore plus petit dans son cache-poussière de cuir noir et serre ses grandes dents blanches en tirant à deux revolvers. Mais sa légendaire férocité s’est évaporée. Et l’absence de Mickey Rourke, attraction du n°1, se fait cruellement ressentir. Le scénario ? Une vague histoire de grimoire satanique piqué à « EVIL DEAD », convoité par un officier sudiste (Jake Busey, tout en rictus) et aussi le retour de ‘Guerrero’ dans sa ville natale où il retrouve sa mamita qui a l’air plus jeune que lui et sa plantureuse fille. C’est pourri de ralentis, de contrejours publicitaires et cela s’achève en film de zombies dans un showdown d’un grotesque achevé ! C’est franchement stupéfiant de n’importe quoi sans aucun contrôle, jusqu’aux décors qui semblent avoir été plantés la veille par Lapeyre.

Trejo en est, à l’heure où sont écrites ces lignes, à son 350ème film et il n’en est donc pas à un navet près vu sa cadence de tournage. ‘Guerrero’, l’envoyé de Satan est un de ses trois rôles récurrents avec Machete et Bad Ass, et très certainement le héros de western le plus improbable de l’Histoire du genre.

« DEAD AGAIN IN TOMBSTONE », suite d’un film déjà pas bien fameux n’avait aucune chance de s’élever au-dessus de sa condition de DTV fauché et d’une laideur à faire peur. Même le fan aveugle et sourd de Danny commencera à trouver qu’il exagère un peu et que, effectivement, il commence à devenir « too old for this shit ».

AGAIN2

JAKE BUSEY ET DANNY TREJO

 

« JEU D’ENFANT » (1988)

JEU2« JEU D’ENFANT » est le premier film de la franchise des ‘Chucky’ qui en comprend déjà sept. Réalisé par Tom Holland, il exploite le mythe de la poupée vivante, déjà entrevue dans « THE TWILIGHT ZONE » (épisode avec Telly Savalas) et quelques films sur des ventriloques « possédés ». Ici, c’est le toujours très excessif Brad Dourif, voyou adepte de la ‘Santeria’, qui à sa mort, se retrouve coincé dans le corps d’une poupée de plastique.

Le scénario est très linéaire et sans aucune surprise : un à un, les personnages d’abord incrédules, finissent par croire à l’existence de ce Chucky meurtrier et apparemment increvable. Le gamin rappelle celui de « SHINING » mais s’avère très irritant à la longue tant il parle lentement, sa mère (Catherine Hicks) et le flic de service (Chris Sarandon) ont l’air échappé d’une vieille série télé des eighties et les seconds rôles sont complètement indigents. Mais il faut avouer que la poupée elle-même est réussie et, si elle ne fait pas vraiment peur vu le grand âge du film, elle a quelque chose de fascinant dans la façon et se mouvoir et par sa foncière méchanceté. Alors on se laisse porter sans trop rechigner, grâce à la belle photo du grand Bill Butler (« LES DENTS DE LA MER » ou « ROCKY III – L’ŒIL DU TIGRE »), à ces vieux poncifs du film d’horreur old school et surtout parce que la toute dernière partie, l’affrontement dans l’appartement entre un Chucky totalement démantibulé et nos gentils héros, est très bien menée.

« JEU D’ENFANT » reste une série B sympathique et pas très imaginative, mais il a su créer un personnage iconique de l’horreur qui a traversé les décennies. Le dernier film en date a été tourné en… 2017 !

JEU

CHRIS SARANDON ET CATHERINE HICKS

 

« WESTWORLD » : saison 1 (2016)

Inspirée du film « MONDWEST » (1973) de Michael Crichton, produite entre autres par J.J. Abrams, la série HBO « WESTWORLD » en recrée l’univers artificiel avec les fastes numériques d’aujourd’hui tout en préservant la thématique originelle : l’effet sur des citoyens lambda d’un parc d’attraction pour adultes, dont les résidants sont des robots quasi-humains auxquels on peut faire subir tous les sévices possibles et imaginables sans la moindre conséquence.WESTWORLD

Mais sur ces bases, les auteurs évoluent vers quelque chose de plus philosophique : le changement des « machines » qui développent une sensibilité évolutive et même ce qu’on ne peut appeler autrement qu’une âme. On a déjà vu cela dans « BLADE RUNNER » et le second « TERMINATOR », mais « WESTWORLD » va au fond des choses, quitte à devenir excessivement bavard, prétentieux, répétitif jusqu’à l’exaspération voire parfois complètement abscons. C’est admirablement produit et filmé, interprété par un cast magistral, mais au bout de trois ou quatre épisodes, on commence à se dire que cela aurait pu être raconté en un seul long-métrage de 140 minutes et qu’il y a tout de même trop de remplissage.

Evan Rachel Wood tient le rôle central du « cyborg » trop humain, Anthony Hopkins nage comme un poisson dans l’eau en maître du jeu suave et omniscient, Ed Harris remplace Yul Brynner dans l’emploi de « l’homme en noir » même si son rôle est totalement différent, Jeffrey Wright tient parfaitement son personnage à multiples facettes et Thandie Newton a rarement été plus convaincante, assumant qui plus est une nudité quasi-permanente avec une grâce et un naturel épatants.

On reste donc partagé et circonspect devant cette 1ère saison de dix épisodes, qui impose le respect par sa perfection technique et certaines trouvailles scénaristiques, mais laisse une sensation frustrante tant elle s’écoute parler et finit par moments, par noyer le poisson dans l’eau. L’amateur inconditionnel de western et de SF y trouvera certainement son bonheur.

 

« SNIPER : GHOST SHOOTER » (2016)

« SNIPER : GHOST SHOOTER » est le 6ème opus de la franchise initiée en 1993 et il commence à être impossible de la distinguer d’une honnête série TV du style « 24 HEURES CHRONO » ou « HOMELAND ».SNIPER6

Réalisé par Don Michael Paul, spécialisé dans les sequels destinées au DTV, ce film ne présente aucun intérêt au niveau scénaristique, mais focalise son action sur l’utilisation des drones porteurs de missiles et sur les tourments de son héros, le sniper junior Chad Michael Collins, qui comprend peu à peu qu’une sale guerre doit être faite salement.

Le dialogue est une pénible enfilade de clichés, les personnages sont taillés dans la masse, voire complètement ridicules, comme cette commanditaire blonde (Stephanie Vogt) au physique de top model mûrissante. D’ailleurs, il est à noter que la présence féminine dans les équipes de tireurs est valorisée dans ce n°6. Outre Collins, toujours aussi transparent, on retrouve les habitués Billy Zane – un peu empâté – en officier bourru et Dennis Haysbert en colonel à « grosse voix ».

On visite İstanbul et la Géorgie, on s’ennuie un peu, mais on se réveille à chaque grosse séquence d’action. Et heureusement, elles sont nombreuses ! Comme toujours dans ces films, les fusillades sont d’un réalisme impressionnant et on sent que le gros du budget a été placé dans ces moments-clés, qui justifient l’existence du produit. Les échanges de coups de fusils à longue portée créent une réelle tension et l’impact des balles est d’un réalisme à faire frémir. On parle souvent du personnage de ‘Beckett’ père, sans jamais le voir, mais on devine qu’on va le retrouver dans le prochain numéro intitulé : « SNIPER : ULTIMATE KILL » tourné l’année suivante. Une étrange série de films, basée sur la mort à distance, mais qui continue de fonctionner bon an, mal an, sans qu’on comprenne très bien pourquoi. Le soin apporté aux extérieurs et aux effets-spéciaux y est sûrement pour quelque chose.

 

« WONDER WOMAN » (2017)

Héroïne emblématique de la firme DC, Wonder Woman était déjà apparue en 2016 dans « BATMAN v SUPERMAN : L’AUBE DE LA JUSTICE », avant de devenir, l’année suivante, le sujet même de « WONDER WOMAN ».WW

Réalisé par Patty Jenkins (« MONSTER »), le film retrace la jeunesse de ‘Diana’ sur une île issue de la mythologie grecque et peuplée d’amazones, son implication dans la WW1 et sa love story avec un bel espion (Chris Pine) qui l’entraînera jusque dans les tranchées. Scénaristiquement parlant, c’est n’importe quoi. Du pur délire. Mais il faut reconnaître que c’est très bien confectionné, que les CGI sont magnifiques et que Gal Gadot, absolument radieuse, fait une superhéroïne tout à fait convaincante et séduisante. De fait, sa quête d’Arès, le dieu de la guerre, sa naïveté face au monde « moderne », la découverte progressive de ses propres pouvoirs, finissent par donner un certain sens au spectacle et même à le rendre attachant. Cela n’empêche pas que, comme souvent dans ce genre de film, c’est beaucoup trop long, que le final pyrotechnique s’éternise au-delà du supportable et que le ridicule n’est pas tout à fait évité : on pense à David Thewlis avec sa petite moustache en dieu de l’Apocalypse ou au fez de Saïd Taghmaoui… Mais bon ! C’est un honnête produit pour ados, bourré d’action, d’humour bon-enfant.

Si le couple-vedette assure sans démériter, ils est bien entouré par Robin Wright et Connie Nielsen – qu’on est surpris de retrouver là-dedans – en guerrières carapaçonnées, Danny Huston en officier allemand méphistophélique, Ewen Bremner en sidekick comique et surtout Lucy Davis très drôle en secrétaire énergique.

« WONDER WOMAN » s’inscrit dans la saga DC et on reverra Diana Prince dans de nombreuses suites, au premier ou au second plan, n’en doutons pas une seconde. Tant qu’elle sera incarnée par Gal Gadot, nul ne s’en plaindra.