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Archives de Catégorie: LES FRANCHISES

« FAST AND FURIOUS » (2001)

FAST2« FAST AND FURIOUS » est le premier film d’une franchise qui en compte déjà huit. Réalisé par Rob Cohen, c’est une pure et simple transposition du scénario de « POINT BREAK » dans l’univers des courses clandestines de bolides dans les rues de L.A.

La première moitié est franchement pénible : tout est dans « l’attitude », la frime, la pose. Les voitures de course rutilent, les filles sont à moitié dénudées, les mecs exhibent leurs gros muscles luisants de sueur en éclusant des bières. Les séquences de transition ont presque toutes été supprimées pour ne laisser place qu’à un enchaînement de courses (par ailleurs bien filmées et montées), de poursuites et de bagarres viriles. Si on ajoute la BO composée de morceaux de rap et des acteurs globalement très mauvais, on serait tenté de zapper et de prendre une bonne aspirine. Mais soudain, vers le dernier tiers, le film décolle, alors qu’on perdait tout espoir. Un braquage de camion sur l’autoroute est magnifiquement réalisé, avec de vrais enjeux dramatiques (enfin !) et la poursuite auto-motos qui s’ensuit est tout aussi brillante. Ces minutes de grâce justifiant l’existence du film tout entier, rendent donc plus indulgent à l’égard de ce « FAST AND FURIOUS » idiot et bruyant, mais finalement pas si antipathique que cela.

Le regretté Paul Walker joue un infiltré au physique de surfer peroxydé, l’irritant Vin Diesel roule des mécaniques en ‘tough guy’ charismatique (le personnage, pas lui hélas !) et Michelle Rodriguez grimace beaucoup dans le rôle de sa girl friend hargneuse. Elle n’a jamais été une reine de subtilité, mais là elle se surpasse.

L’amateur de voitures de compétition; bercé par le fracas des moteurs boostés à l’azote, prendra certainement plus de plaisir à la vision de « FAST AND FURIOUS » qu’un simple cinéphile appréciant les histoires bien charpentées. Mais comme divertissement inoffensif et plutôt bien confectionné, cela n’a rien de déshonorant.

FAST

PAUL WALKER, MICHELLE RODRIGUEZ ET VIN DIESEL

 

« L’ARMÉE DES TÉNÈBRES » (1992)

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BRUCE CAMPBELL

Cinq ans après, « L’ARMÉE DES TÉNÈBRES » reprend le fil de l’histoire à l’endroit précis où « EVIL DEAD 2 » l’avait laissée, c’est-à-dire avec ‘Ash’ (Bruce Campbell) transporté au moyen-âge armé de sa tronçonneuse et de son fusil à répétition.ARMY

Doté cette fois d’un budget confortable, Sam Raimi s’en donne à cœur-joie dans la folie furieuse la plus totale. On nage dans une ambiance hystérique entre les films d’Errol Flynn, les cartoons de Tex Avery et les animations de Ray Harryhausen. L’humour est omniprésent, de plus en plus délirant à mesure que l’action progresse et la bataille contre l’armée de zombies et de squelettes belliqueux (préfigurant « GAME OF THRONES » de nombreuses années !) atteint des sommets d’extravagance, mêlant l’action pure et le fou-rire.

C’est extrêmement bien fait, compte tenu des F/X de l’époque et Campbell a vraiment su trouver le ton juste, pour incarner ce héros à mâchoire carrée, d’une arrogance et d’une suffisance inouïes, qu’il joue à la limite du second degré sans jamais y céder complètement. Il est pour beaucoup dans le plaisir que procure ce 3ème opus. À ses côtés, de bien jolies comédiennes comme Embeth Davidtz et dans de brèves apparitions Bridget Fonda et Angela Featherstone.

Truffé de séquences inoubliables (Ash affrontant des versions lilliputiennes de lui-même, le puits peuplé de monstres cannibales), sans le moindre temps-mort « L’ARMÉE DES TÉNÈBRES » est une orgie d’idées plus démentes les unes que les autres, qui n’a pas pris une ride et dont la seule évocation fait sourire.

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EMBETH DAVIDTZ

À noter que le film clôt la trilogie et que le personnage de ‘Ash’ ne refera son apparition qu’en 2016 dans la série TV « ASH vs EVIL DEAD », produite par Raimi. Et bien sûr, toujours incarné par Bruce Campbell. Who else ?

 

« EVIL DEAD 2 » (1987)

EVILDEAD2Tourné six ans après le premier opus, « EVIL DEAD 2 », toujours réalisé par Sam Raimi, apparaît comme une étrange mixture de remake et de sequel, reprenant la plupart des éléments du premier film et les enrichissant de séquences horrifiques à plus gros budget.

Mais rassurons-nous, les dollars n’ont pas fait perdre à l’auteur son goût pour le kitsch, le bricolage et l’humour débridé à la Tex Avery. Bruce Campbell se retrouve donc dans une nouvelle cabane dans les bois, il tombe sur un autre grimoire et réveille les démons qui attaquent aussitôt. D’autres personnages apparaissent pour être possédés et/ou massacrés, on enferme une autre sorcière dans la cave et le délire reprend de plus belle. Comme la dernière fois, pas question de parler de scénario. C’est un simple prétexte à scènes ‘gore’ où le sang gicle à torrents, où on se démembre à la tronçonneuse et où les têtes coupées volent dans les airs.

À ce petit jeu complètement dingue, Campbell est irremplaçable. Il passe tout le film à s’égosiller, à se faire asperger de sang et autre matières peu ragoutantes et parvient – c’est sa grande force – à garder son sérieux et un sens infaillible du premier degré, malgré un environnement apocalyptique.

« EVIL DEAD 2 » est une grande déconnade confectionnée par de vieux enfants aimant jouer à se faire peur sans jamais cesser de s’amuser. La réalisation certes « brute de décoffrage » ne manque pas d’énergie et déborde d’idées-choc. Pour peu qu’on soit dans le mood de se laisser aller à cette ambiance hystérique et bon-enfant, on peut prendre du bon temps et même rire assez souvent.

EVILDEAD2 2

BRUCE CAMPBELL DANS TOUS SES ÉTATS…

À noter un clin d’œil sympathique à « LA MAISON DU DIABLE » de Robert Wise, quand une jeune femme dit à son boy-friend qu’il lui serre la main trop fort et que celui-ci lui rétorque qu’il ne lui serre pas la main ! Le seul et unique point de convergence avec le chef-d’œuvre du film de fantômes et ce n°2.

 
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Publié par le 12 juillet 2017 dans COMÉDIES, FILMS D'HORREUR, LES FRANCHISES

 

« EVIL DEAD » (1981)

EVIL« EVIL DEAD » est le premier long-métrage (à peu près) professionnel signé par Sam Raimi et le prélude d’une franchise qui perdure encore aujourd’hui, via la télévision.

Le scénario tient sur le dos d’un timbre-poste : cinq amis étudiants passent le week-end dans une cabane dans les bois, quand ils découvrent un grimoire ancien. Sans le vouloir, ils réveillent les démons de la forêt qui se mettent à les posséder un à un et à les détruire.

Le film met une bonne demi-heure à installer ses personnages pourtant bien légers en psychologie et campés par des comédiens manifestement amateurs, avant que le semi-réalisme ne laisse place à une orgie de plans ‘gore’ et de violence débridée tellement démentielle qu’elle en devient drôle et totalement délirante. Malgré leur côté « bricolé », les maquillages horrifiques sont plutôt efficaces (le quasi-viol d’une des héroïnes agressée par des plantes et des racines !) et vomitifs à souhait, la bande-son est saturée de gargouillis, de hurlements et plonge dans une ambiance de fête macabre. C’est malgré tout avec le sourire qu’on voit le tout jeune Bruce Campbell inaugurer son rôle-fétiche de ‘Ash’, qui résiste à tous ses anciens camarades transformés en zombies baveux et ricanants en les massacrant avec tout ce qui lui tombe sous la main. On notera au passage qu’il n’utilise par la tronçonneuse qui deviendra par la suite son arme préférée.

Raimi multiplie les travellings subjectifs, les plans « penchés », les ‘jump-cuts’ pour un résultat unique en son genre, qui fait fi de tout développement scénaristique pour se focaliser sur l’effet de trouille immédiat et le fun à l’état brut. Ça a évidemment beaucoup vieilli, mais cela fait aujourd’hui partie du charme indéniable de ce film « séminal » en totale liberté, produit avec des bouts de ficelles par des geeks amoureux du cinéma d’épouvante.

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BRUCE CAMPBELL ET ELLEN SANDWEISS

 

« LE LOUP-GAROU » (1941)

LOUP« LE LOUP-GAROU » réalisé par George Waggner pour Universal, marque les débuts à l’écran du personnage de ‘Larry Talbot’ héritier d’une grande famille anglaise mordu par un loup et qui se métamorphose en monstre velu les soirs de pleine lune. Bien que la lune soit étonnamment absente de ce film, un élément pourtant essentiel du mythe qui apparaîtra plus tard.

Le film n’est pas du tout à la hauteur des grands classiques des années 30. La réalisation est statique, les décors de studio donnent l’impression que toute l’action se déroule sur quelques mètres carrés et surtout, la direction d’acteurs et au-delà de cela, le casting lui-même, laissent grandement à désirer. Lon Chaney, Jr. est un choix très bizarre : il ressemble bien plus à un gangster américain amateur de whisky qu’à un lord anglais. Comédien limité, sans une once de charisme, il est très lourd dans les scènes de séduction et sans la moindre nuance dans les moments dramatiques. Quant à son maquillage de « loup », il évoque plutôt un sanglier ! Et pour tout dire, il semble pratiquement aussi âgé que Claude Rains qui incarne son père. Bref, pas vraiment convaincant. Autour de lui, des seconds rôles familiers comme Ralph Bellamy en policier et Bela Lugosi dans un petit rôle de Gitan également frappé par la malédiction.

Si le scénario de Curt Siodmak a donné naissance à des dizaines de variations au fil des ans, du pastiche à la John Landis aux séries télé comme « PENNY DREADFUL » en passant par le remake avec Benicio Del Toro ou les films espagnols avec Paul Naschy, il semble aujourd’hui bien simpliste. Et si les décors ont un petit côté kitsch bien sympathique, ils ajoutent à l’aspect artificiel de l’entreprise et la petite heure que dure le film paraît bien longue. Un intérêt « historique » tout au plus…

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CLAUDE RAINS, LON CHANEY, JR. ET BELA LUGOSI

 

« THE PUNISHER » (2004)

PUNISHER2« THE PUNISHER » est la seconde des trois tentatives d’adapter le vigilante créé par Marvel dans une collection de comics pour un long-métrage cinéma. Et probablement la moins convaincante. C’est la version de 124 minutes qui est chroniquée ici, celle de 140 minutes promettant d’être une épreuve insurmontable même pour le cinéphage le plus aventureux.

Flic infiltré du FBI, Thomas Jane voit toute sa famille massacrée par le mafioso John Travolta. Le scénario se résume ensuite à une enfilade de représailles plus ou moins sanglantes, sans la moindre unité de ton, introduisant un humour débile dans les séquences d’action (la bagarre avec le colosse russe) et faisant se côtoyer des fusillades sanglantes, voire « gore » et des personnages (Rebecca Romijn-Stamos et Ben Foster) qui semblent échappés de la sitcom « THE BIG BANG THEORY » en beaucoup moins drôle.

Dire que le film est inégal est une douce litote. Le scénario est totalement indigent, le casting oppose deux acteurs aussi insipides l’un que l’autre : Jane, sorte de clone inexpressif de Christophe Lambert incapable de laisser filtrer la moindre émotion et Travolta qui s’ennuie ostensiblement et n’offre même pas le minimum syndical. Quand un cabotin ne daigne même pas cabotiner, ce n’est jamais bon signe ! La photo de Conrad W. Hall, fils du grand Conrad L. Hall, donne une certaine tenue visuelle à la chose, mais « THE PUNISHER » ne décolle jamais, n’éveille aucun intérêt, pas le moindre soupçon d’excitation chez l’amateur de thrillers. Et quand le scénario tente de décrire les plans « machiavéliques » de notre héros, c’est encore pire !

Dommage que des acteurs comme Roy Scheider en papa amateur de gros flingues ou Samantha Mathis en gentille épouse soient si rapidement éliminés, dommage aussi que Will Patton soit gaspillé en « consigliere » gay et sadique. Reste pour se consoler (un peu) la beauté marmoréenne de Laura Harring (« MULHOLLAND DR. ») en « mafia princess » implacable.

PUNISHER

THOMAS JANE, ROY SCHEIDER, JOHN TRAVOLTA ET LAURA HARRING

 

« THE PUNISHER » (1989)

PUNISH2« PUNISHER » est un personnage de comic-book Marvel, né en 1974 de la plume de Stan Lee. La même année que la sortie en salles de « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », donc, ce qui n’est probablement pas une coïncidence, car le héros est un mélange de Paul Kersey en plus jeune et de Batman en moins déguisé.

Cette première adaptation produite en Australie ressemble à s’y méprendre aux nanars de la Cannon de cette période. Dans la thématique comme dans le look. La réalisation de Mark Goldblatt est d’une platitude inouïe, le dialogue d’une indigence phénoménale et les séquences d’action font peine à voir. Si imposant physiquement dans « ROCKY 4 » quatre ans plus tôt, Dolph Lundgren teint en noir, ressemble ici à un vampire enrhumé sous Lexomil. L’œil endormi, le jeu catatonique, il ne parvient pas une seconde à créer une silhouette iconique dont avait tant besoin le film et s’avère d’une transparence invraisemblable. Même chose pour ses partenaires habitués à cachetonner comme Jeroen Krabbé en mafieux et Lou Gossett, Jr. en ex-coéquipier ronchon.

Ça tire dans tous les coins, ça explose au moindre petit choc entre deux véhicules, les couteaux volent et se plantent dans les gorges et les coups de tatane sont légion, vu que les méchants sont des yakuza tellement vicieux qu’ils kidnappent les enfants des mafiosi italiens !

PUNISH

DOLPH LUNDGREN

Il n’y a guère matière à épiloguer sur « PUNISHER ». C’est de la série B bas-de-gamme, pas même drôle au second degré tant c’est ennuyeux et mal fichu. La seconde tentative de porter le personnage à l’écran ne sera pas plus convaincante. Seule la troisième – sans être une merveille – parviendra à peu près à quelque chose de regardable. La meilleure incarnation du héros au T-shirt à tête de mort se fera, semble-t-il, à la TV dans les séries « DAREDEVIL » et « THE PUNISHER » sous les traits de Jon Bernthal.