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Archives de Catégorie: TÉLÉFILMS

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » : Warren Oates dans « The Twilight Zone »

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RON FOSTER, WARREN OATES ET RANDY BOONE

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » est un épisode de la 5ème et dernière saison de « THE TWILIGHT ZONE », écrit par Rod Serling et réalisé par l’ex-monteur Alan Crosland, Jr.

En 1964, trois soldats de la Garde Nationale (Ron Foster, Warren Oates et le jeunot Randy Boone) patrouillent en tank le site de Little Big Horn où eut lieu le célèbre massacre. Là où Custer et 261 cavaliers trouvèrent la mort sous les flèches des Sioux. Les trois soldats ont des visions, trouvent une gourde du 7ème de Cavalerie, entendent des cris de guerre indiens… Et finalement, tombent en plein cœur des combats !

C’est un épisode très simple et linéaire, sans chute véritable, mais doté d’un épilogue autour du monument aux morts, aussi prévisible qu’étrange. Tout se passe en extérieurs dans un décor désertique. À vrai dire, le seul intérêt véritable est de retrouver ce cher Warren Oates qui écope du rôle de l’incrédule, un caporal inculte et grande gueule qui ne cesse de râler, de railler et de vitupérer, face à ses deux compagnons de plus en plus persuadés qu’ils ont remonté le temps. Parmi les petits rôles, on reconnaît Greg Morris, le ‘Barney’ de la série « MISSON : IMPOSSIBLE » en G.I. discipliné. Un petit téléfilm tout à fait typique de l’esprit ‘Twilight Zone’. Un petit peu trop, même…

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WARREN OATES

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« DOOMSDAY » : Dan Duryea dans « Suspicion »

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DAN DURYEA ET ROBERT MIDDLETON

Écrit par Sy Bartlett, réalisé par Bernard Girard, « DOOMSDAY » est un épisode de la série policière « anthologique » (c’est-à-dire présentant des téléfilms sans rapport les uns avec les autres) « SUSPICION ». Dan Duryea y joue un braqueur de banques ultra-professionnel, dont l’identité est inconnue de tous. Avec l’aide de son « imprésario » (Robert Middleton), il monte un hold-up préparé, comme à son habitude, jusqu’au moindre détail. Il réunit pour ce faire une bande composée d’Edward Binns, Paul Birch, Bing Russell et Charles Bronson auxquels il interdit d’avoir recours à la violence. Alors que tout se déroule comme prévu, Duryea est abattu à la sortie de la banque ! Alors qu’il parvient à fuir avec Middleton, se demandant qui a bien pu le trahir ainsi, il entend à la radio qu’il a été touché… par erreur ! L’homme qui a ouvert le feu, l’atteignant mortellement, cherchait en fait à tuer quelqu’un d’autre : le fiancé de sa fille en l’occurrence. L’ironie du sort est renforcée par le fait que le tireur était le voisin d’hôtel de Duryea, que celui-ci entendait s’engueuler avec sa fille au sujet dudit fiancé !

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BING RUSSELL ET CHARLES BRONSON

« DOOMSDAY » est un bon petit ‘film noir’ de 52 minutes, porté par la prestation décontractée mais énigmatique de Duryea qui apporte une certaine humanité fatiguée à son personnage. La chute est inattendue et originale. En revanche, le fan de Bronson risque une grosse déconvenue : troisième au générique, il n’apparaît qu’en filigrane et ne bénéficie d’aucun gros-plan, un peu comme dans ses apparitions de tout début de carrière. Après une première scène dialoguée au début, dans la pénombre, où il cherche à rassurer un complice inquiet, il ne fait que de la figuration, un marteau-piqueur aux mains, se faisant passer pour un ouvrier. Au policier qui lui demande pourquoi il détruit le trottoir, Charley répond en rigolant : « C’est le fils du gouverneur, il a perdu sa balle en caoutchouc ! ». Il participe aussi au braquage, arme au poing. À noter que son acolyte dans ces scènes n’est autre que Bing Russell, le père de Kurt qui sera lui-même le partenaire de Bronson dans la série « LES VOYAGES DE JAMIE McPHEETERS » quelques années plus tard.

 

« THE DUPLICATE MAN » : Constance Towers dans « Au-delà du réel »

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LE MÉGAZOÏDE !

Inspiré d’une histoire de Clifford D. Simak, « THE DUPLICATE MAN » est un épisode de la 2ème saison de la série-culte « AU-DELÀ DU RÉEL », réalisé par Gerd Oswald.

Un téléfilm particulièrement bizarre dans une série peu avare en bizarreries ! Dans un lointain futur (2011 !), Ron Randell est un chercheur qui a gardé illégalement un alien dans sa cave pendant des années, un ‘Mégazoïde’ dangereux qui s’évade dans le seul but de… se reproduire. Pour le retrouver, Randell ne trouve rien de plus simple que de se faire dupliquer, afin que son clone aille chasser à sa place et se fasse tuer le cas échéant. Mais pas de chance, le dit-clone s’introduit chez lui et… séduit sa femme Constance Towers qui retrouve enfin l’homme qu’elle avait épousé et qui a tant changé.

Compliqué ? Un peu, oui. Les motivations des uns et des autres ne sont pas très claires, le rythme est d’une lenteur éprouvante et la chute totalement décevante. Que reste-t-il alors ? Eh bien, déjà la beauté racée de Miss Towers, alors au sommet de sa carrière (elle venait de tourner « SHOCK CORRIDOR » et « NAKED KISS » pour Sam Fuller), mais qui n’a hélas pas grand-chose à faire. Et surtout le look désopilant du monstre : une sorte de gorille velu doté d’un bec d’aigle et parlant parfaitement l’anglais avec une voix haut-perchée ! Un vrai régal pour l’amateur.

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CONSTANCE TOWERS

 

« 22.11.63. » (2016)

22 2En 2011, « 22.11.63 » (date de l’assassinat de JFK, pour ceux qui se demanderaient) marquait le comeback de Stephen King après plusieurs années plutôt indifférentes sur le marché du best-seller. Sur le thème du voyage dans le temps destiné à modifier le cours de l’Histoire, son héros partait pour Dallas en 1960 afin d’empêcher la mort du président Kennedy.

Si le livre, extrêmement documenté, était fascinant de précision, tout en optant pour la thèse officielle du tireur unique, l’adaptation en minisérie produite par J.J. Abrams, laisse à désirer. Les changements opérés sur le livre (l’ajout du personnage de ‘Bill’ principalement) ne sont guère judicieux et on compte clairement deux épisodes de trop. Au moins.

Le sujet demeure passionnant, l’Amérique des sixties est parfaitement reconstituée, mais – et c’est rarissime pour un produit anglo-saxon – l’interprétation est globalement médiocre : le transparent James Franco traîne la même expression pendant huit épisodes et ne donne aucune profondeur à son rôle, George McKay (le fameux ‘Bill’) est irritant et grimacier dans un rôle qui pollue sévèrement le déroulement du récit et en dilue les enjeux, Sarah Gadon est bien jolie, mais c’est tout. Lucy Fry en revanche est une convaincante ‘Marina’ Oswald. Seuls des vétérans comme Chris Cooper, Annette O’Toole (méconnaissable en vieille bigote coincée) et Leon Rippy tirent leur épingle du jeu. À noter tout de même une très émouvante apparition de Constance Towers, radieuse à 84 ans, dans le tout dernier (et meilleur) épisode, dans une séquence qui rappelle à la fois « LA VIE EST BELLE »  de Capra et « QUELQUE PART DANS LE TEMPS », et rachète un peu un récit bien bancal.

La bonne facture esthétique de la minisérie ne rachète pas vraiment une adaptation maladroite et un casting décevant. Cela demeure visible grâce à un ou deux bons épisodes tendus, une conclusion étonnamment forte et touchante, mais « 22.11.63 » aurait clairement dû demeurer plus proche du texte de King en le condensant, au lieu de s’en éloigner autant.

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SARAH GADON, JAMES FRANCO ET CONSTANCE TOWERS

 

« BROTHER’S KEEPER » : film-pilote de la série « Deux flics à Miami »

VICE« BROTHER’S KEEPER » est le film-pilote de « DEUX FLICS À MIAMI », série produite par Michael Mann et qui marqua profondément les eighties.

Réalisé par Thomas Carter, ce téléfilm de 90 minutes a tous les attributs d’un long-métrage de cinéma, hormis le format carré de 1.33 :1. Dès les premières images, il semble avoir encapsulé tout ce qui symbolisait les années 80 : les brushings et « balayages », le montage clipé, la bande-son saturée de tubes à la mode et les tics de langage de l’époque. Le style flashy est tellement appuyé, qu’il apparaît aujourd’hui comme patiné plutôt que désuet et on peut parfaitement prendre un réel plaisir à suivre les aventures de ce tandem de flics. Le scénario narre leur rencontre, préfigurant un peu « L’ARME FATALE » : Don Johnson, « beau gosse » infiltré, habitant sur un bateau avec un alligator nommé ‘Elvis’ et Philip Michael Thomas, flic new-yorkais cherchant à venger son frère abattu par un narcotrafiquant colombien. D’abord conflictuelle, leur relation va progressivement devenir amicale, permettant à la série de perdurer pendant cinq saisons.

Va sa durée exceptionnelle, ce pilote paraît parfois longuet et s’égare trop longtemps sur des scènes de « vie privée » pas indispensables, mais le côté « buddy movie » fonctionne à plein régime et la nostalgie fait le reste. Quand nos compères prennent leurs flingues et partent à la bagarre sur une chanson de Phil Collins, comment résister ?

Dans un cast homogène, on retiendra la courte présence de Jimmy Smits dans sa toute première apparition à l’écran, jouant le coéquipier rapidement éliminé de ‘Crockett’.

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DON JOHNSON, GREOGRY SIERRA ET PHILIP MICHAEL THOMAS

« BROTHER’S KEEPER » définit parfaitement ce que sera la série à succès qui mit Michael Mann sur le devant de la scène et qui fit clairement évoluer les séries « polar » U.S. en soignant particulièrement la forme et le style.

 

« TRILOGY OF TERROR » (1975)

TERROR« TRILOGY OF TERROR » est un téléfilm-culte réalisé par Dan Curtis d’après des histoires ou des scénarios du maestro Richard Matheson. Le film comprend trois sketches d’égale durée, tous interprétés par Karen Black.

Dans le premier « JULIE », elle incarne une prof de fac coincée et solitaire, droguée et violée par un élève qui la fait ensuite chanter. Jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle n’a rien d’une victime, mais qu’elle serait plutôt une prédatrice perverse et sans pitié doublée d’une serial killeuse. Pour invraisemblable qu’il soit, le ‘twist’ n’en demeure pas moins efficace et sympathique. La comédienne est d’une vénéneuse séduction dans ce rôle à double visage.

« MILLICENT AND THERESE » pousse encore plus loin le thème de la dualité, en présentant deux sœurs aux caractères opposés. Le problème est qu’on sent venir la « révélation » finale dès les premières minutes du sketch (ce n’est donc pas vraiment spoiler que de dire qu’il s’agit d’un dédoublement de personnalité) et que par conséquent, le film est assez ennuyeux puisque prévisible de A jusqu’à Z. L’actrice se laisse même aller à la caricature dans le rôle de la sœur délurée à perruque blond platine. À ses côtés, le toujours excellent George Gaynes en psy inquiet.

« AMELIA » en revanche, est la vraie raison de voir cette trilogie, et certainement l’explication de sa popularité persistante. Karen Black y joue une jeune femme opprimée par sa mère, qui achète une statuette africaine pour l’anniversaire de son boy-friend. Seulement l’affreux objet est possédé par l’esprit d’un guerrier féroce qu’elle libère accidentellement. Tout le film n’est qu’une poursuite sauvage dans l’appartement entre une Karen – seule à l’écran de la première à la dernière image – paniquée et une statuette poussant des gargouillis crispants et maniant la lame. C’est un joli exercice de style, qui rappelle les BD de « CREEPY » ou « EERIE », voire les vieux épisodes de « TWILIGHT ZONE ». On ne s’y ennuie pas une seconde et le tout dernier plan mérite d’entrer dans les annales. L’énergie et l’humour noir de ce segment rattrape les petites mollesses des deux précédents et font de « TRILOGY OF TERROR » un bon moment de détente et, pour Karen Black une parfaite bande-démo de ses multiples talents.

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KAREN BLACK

 

« LE LOUP DES MERS » (1993)

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CHARLES BRONSON ET CHRISTOPHER REEVE

Déjà adapté pour le cinéma par Michael Curtiz (« LE VAISSEAU FANTÔME » en 1941, avec Edward G. Robinson), le roman de Jack London, « LE LOUP DES MERS » donne ici lieu à un téléfilm bien écrit et intelligemment casté, tourné avec les moyens du bord (c’est le cas de le dire) par le vétéran Michael Anderson (« ORCA », « L’ÂGE DE CRISTAL »), mais étonnamment authentique. Les nombreuses séquences sur le pont du bateau par exemple, sont toutes filmées avec un fort tangage incessant qui semble des plus réels.WOLF2

Après un naufrage, le mondain et oisif Christopher Reeve et la jolie voleuse Catherine Mary Stewart sont recueillis à bord du ‘Ghost’, navire du capitaine Wolf Larsen (Charles Bronson), despote violent haï de son équipage. C’est l’étude du caractère éminemment complexe et contradictoire de cet individu qui est au cœur du film : brute sadique et insensible, c’est aussi un homme cultivé, lecteur insatiable de poésie, de philosophie et de sciences. Il n’a qu’une obsession, retrouver et tuer son frère, surnommé… ‘Death’, mais il devient progressivement aveugle, ce qui le rend vulnérable aux mutineries qui se fomentent dans l’ombre. Les confrontations entre Reeve, qu’on voit changer peu à peu, et Bronson qui joue au chat et à la souris avec lui, sont bien dialoguées et passionnantes. L’un prenant un plaisir pervers à voir l’autre s’endurcir, céder à la violence pour survivre. Les deux acteurs sont excellents chacun dans leur registre et c’est un bonheur de voir un Bronson de 72 ans, enfin sortir de son non-jeu routinier, pour prendre un vrai personnage à bras-le-corps et lui donner une véritable épaisseur. Même s’il paraît un peu âgé par moments, son passé cinématographique joue pour lui, et il a plusieurs moments vraiment étonnants d’intensité. « Je préfère régner en enfer que servir au paradis », répète-t-il plusieurs fois au cours du film. Autour des deux protagonistes, liés par cette étrange relation frisant le SM, de bons seconds rôles comme Clive Revill en immonde cuistot affublé de toutes les tares, Len Cariou en médecin humain ou Marc Singer en marin insoumis.

« LE LOUP DES MERS » demeure malgré tout un téléfilm, tourné en plans serrés, sans réelle ampleur, en dépit de nombreux plans de coupe sur le bateau en pleine mer, apparemment « piqués » à un autre film. C’est sa limite. Mais le comeback inespéré de Bronson en tant que comédien plutôt qu’en icône vengeresse, vaut largement le coup d’œil, d’autant plus qu’il retournera ensuite à sa routine policière jusqu’à son dernier film, six ans plus tard.

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CHRISTOPHER REEVE, LEN CARIOU ET CHARLES BRONSON