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Archives de Catégorie: TÉLÉFILMS

« QUICKSAND – RIEN DE PLUS GRAND » (2019)

« QUICKSAND – RIEN DE PLUS GRAND », est une minisérie suédoise de 6×52 minutes, qui – dès le premier épisode – souffre du maintenant très identifiable « syndrome Netflix » : une écriture flottante, une réalisation un peu cheap et des comédiens pas toujours au top.QUICKSAND.jpg

L’histoire, c’est celle d’un massacre dans un lycée, perpétré par un fils de riche névrosé (Felix Sandman) et, selon toute apparence, par sa petite amie Hanna Ardéhn. C’est narré en flash-backs, bâti autour de la relation entre ces deux ados aussi antipathiques l’un que l’autre, sur la justice qui se resserre autour de la survivante. Très bien ! Le problème, c’est que ce scénario aurait certainement été plus efficace dans la simple durée d’un long-métrage et surtout, qu’il ne tient absolument pas debout. On crée un suspense et un mystère artificiellement, en se contentant de dissimuler des informations au spectateur et en n’expliquant pas le comportement de la fameuse héroïne en prison. Est-elle réellement amnésique ? Sinon pourquoi garde-t-elle pour elle des explications qui auraient pu l’exonérer depuis le début ? On sent cette « triche » du début à la fin et on espère, sans trop y croire, un « twist » spectaculaire lors du dénouement, qui viendra justifier (et excuser) cette paresse d’écriture, cette platitude. Eh bien, pas du tout ! L’épilogue est incroyablement décevant.

Comme c’est très moyennement interprété, que les jeunes acteurs en plein âge ingrat, ne sont pas d’une folle photogénie, « QUICKSAND » n’est en fin de compte qu’une perte de temps. Et la conclusion, unique raison pour laquelle on suivra la minisérie jusqu’au bout, ne rattrape vraiment pas les choses.

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« BRONK » : film-pilote (1975)

Créé par l’acteur Carroll O’Connor et Ed Waters, réalisé par Richard Donner trois ans avant « SUPERMAN » et musiqué par Lalo Schifrin, le film-pilote de la courte série « BRONK » attise la curiosité, d’autant plus que le rôle-titre est tenu par un Jack Palance de 56 ans jouant un flic de L.A.BRONK.jpg

Le moins qu’on puisse dire est que personne ne s’est beaucoup foulé ! Même la BO est complètement insignifiante. Et ne parlons pas de la photo pâlotte de Matthew F. Leonetti ou de la réalisation paresseuse. Alex Bronkov, dit ‘Bronk’ représente un véritable contremploi pour Palance et c’est bien là le principal – voire unique – intérêt de ce téléfilm. Loin de ses rôles habituels de méchants psychopathes et exaltés, il joue un honnête policier effacé, presque timide, allergique aux poils de chat et joueur d’harmonica. Récemment veuf, il s’occupe de sa fille catatonique, comme Paul Kersey dans « UN JUSTICIER DANS LA VILLE ». Rien d’original là-dedans, c’est certain. Mais le seul fait de voir Palance en « underplay », avec sa veste de cuir vintage et son brushing, ravira automatiquement les fans de l’acteur. Il n’est pas très bien entouré, surtout par le transparent David Birney (le « SERPICO » de la brève série TV l’année suivante) pas crédible une seconde en narcotrafiquant cynique ni par Henry Beckman en ex-flic et ami.

Alors très actif en Europe, principalement en Italie, Jack Palance tentait un retour au pays, sans doute influencé par le succès de Telly Savalas dans « KOJAK ». On ne peut pas dire que ce pilote soit très probant, mais au moins s’y montre-t-il différent de son image, relativement subtil, voire émouvant.

 

« SARABAND » (2003)

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ERLAND JOSEPHSON ET LIV ULLMANN

Trente ans après la fin de « SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE », Marianne (Liv Ullmann) décide de rendre visite à Johan (Erland Josephson) qu’elle avait perdu de vue. Curieusement, s’il est à présent octogénaire, elle n’a que 63 ans, alors qu’ils n’avaient que quelques années d’écart dans le premier film.SARABAND.jpg

Aucune importance ! Chez Ingmar Bergman, dont « SARABAND » est le dernier film, tourné pour la télévision, seule comptent les sentiments et leurs ravages sur l’âme humaine. D’ailleurs, Marianne et Johan ne sont pas réellement au centre du scénario. C’est Börje Ahlstedt, le fils de Johan, déjà presque un vieillard lui-même, et sa fille violoncelliste Julia Dufvenius, qui focalisent l’intérêt. Lui, récemment veuf, geignard, à la fois émouvant et vaguement répugnant, elle qui sert de substitut – jusqu’à l’ambiguïté – à sa défunte mère. Car en réalité, c’est cette dernière, cette « Anna » qu’on ne voit qu’en photo, qui est le véritable personnage central de « SARABAND ».

Comme d’habitude, Bergman installe son décor théâtral, y jette son quatuor d’acteurs comme des fauves dans une arène et les laisse s’entredéchirer. Certaines séquences, comme le face à face entre Ullmann et le fils de son ex-mari, rongé par la haine, dans une église, sont d’une violence terrible. Tout comme la dernière scène entre la jeune fille et son père, absolument déchirante. Si Ullmann est restée elle-même, moins névrosée peut-être, plus douce, Josephson est devenu un vieil homme amer et incapable d’empathie. Leur dernière scène, où ils s’endorment nus, côte à côte, est à fendre le cœur.

À 85 ans, Ingmar Bergman achève sa longue carrière par une œuvre-bilan, qui est un adieu à ses thèmes de prédilection et à ses fidèles acteurs, toujours aussi magnifiques. Bouleversant.

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JULIA DUFVENIUS, BÖRJE AHLSTEDT ET LIV ULLMANN

 

« DIRTY JOHN » (2018)

Créée par Alexandra Cunningham d’après des faits réels, la minisérie (8×45 minutes) « DIRTY JOHN » nous conte l’édifiante histoire d’une mère de famille aisée (Connie Britton) et de ses trois enfants, dont la vie est soudainement chamboulée par l’arrivée d’un nouveau mari (Eric Bana) rencontré « on line » par maman et épousé dans la foulée à Las Vegas. Love story ? Film d’angoisse, plutôt.DIRTYJOHN.jpg

Car l’époux idéal est un escroc professionnel à peine sorti de prison, un mythomane, un menteur pathologique qui, lorsqu’il est contrarié dans ses plans, se mue en psychopathe létal et capable de tout. Surtout du pire. Le scénario est habile, un peu trop étiré par moments, mais le crescendo de terreur est parfaitement géré jusqu’au dénouement brutal et inattendu. S’il y a problème, ce sera du côté des personnages féminins : que ce soit Connie Britton quinquagénaire sexy, passive et pas très rapide à la détente ou de ses filles Juno Temple et Julia Garner, elles sont toute trois stupides, égoïstes, agaçantes, ce qui ne sert pas vraiment le propos des auteurs. On aurait préféré une protagoniste plus active et dégourdie, car celle-ci donne parfois envie de zapper tant elle semble fonctionner au ralenti. Heureusement, le « méchant » est extraordinaire. Incarné par Eric Bana, acteur australien qu’on avait découvert en 2000 dans le rôle inquiétant du taulard dans « CHOPPER », il avait mené depuis une carrière terne et décevante. Aussi, le retrouver aussi terrifiant est-il une vraie bonne surprise. Véritable prédateur sadique et ultra-violent, son ‘John’ est plus ou moins justifié par des flash-backs sur son enfance, mais il demeure un véritable monstre en liberté. Bana est vraiment remarquable, ses brusques changements d’humeur filent le frisson. Mais, nous l’avons dit, il n’a pas face à lui d’adversaire réellement à sa hauteur, ce qui affaiblit quelque peu le suspense.

Malgré cela, « DIRTY JOHN » est une franche réussite, addictive et bien conçue, dont la conclusion boucle parfaitement la boucle.

 

« THE BLUE KNIGHT » (1973)

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WILLIAM HOLDEN

À l’instar de « LES FLICS NE DORMENT PAS LA NUIT » sorti l’année précédente sur grand écran, et dans la même veine, « THE BLUE KNIGHT » est adapté d’un roman de Joseph Wambaugh, spécialiste de la vie des policiers de terrain, des flics en uniforme arpentant les « mean streets » de L.A.KNIGHT2

Réalisé par Robert Butler, c’est un téléfilm en deux parties totalisant plus de trois heures de projection et offrant à un William Holden de 55 ans – mais faisant beaucoup plus âgé – un de ses meilleurs rôles. Il joue un de ces flics littéralement intoxiqués par la rue, n’existant que pour leur métier, constamment en chasse et adorant au fond, se vautrer dans la misère humaine. Un personnage beau et complexe, humain et détruit par l’existence qu’il mène depuis trop longtemps. Alors qu’il s’apprête à prendre sa retraite, qu’il a une fiancée belle et patiente (Lee Remick) et même un projet d’adoption, ‘Bumper’ n’arrive pas à s’arracher à ces prostituées, ces macs, ces dealers, ces indics qui gravitent autour de lui, flattent son ego de « star du pavé » et donnent un sens à sa vie. C’est extrêmement réaliste, certaines séquences sont d’une âpreté inouïe, comme ce dîner avec un vieux collègue (Vic Tayback) s’achevant en sordide règlement de comptes aviné ou ce face-à-face avec une femme juge, qu’il supplie de ne pas l’envoyer derrière les barreaux pour parjure. Holden un cigare vissé entre les dents, le visage marqué par l’alcool, la démarche fatiguée, est vraiment formidable, endossant l’héroïsme de son rôle au même titre que ses côtés déplaisants et décourageants. Il est bien entouré par Joe Santos son coéquipier et ange-gardien, par un jeune et glabre Sam Elliott en capitaine ambitieux ou Eileen Brennan en strip-teaseuse mûrissante. Dommage que Lee Remick soit aussi peu et aussi banalement utilisée. « THE BLUE KNIGHT » est un superbe téléfilm sans la moindre enjolivure hollywoodienne, qui permet de revoir William Holden à visage découvert, tragique, noble et pathétique.

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SAM ELLIOTT ET LEE REMICK

À noter : deux ans plus tard, c’est George Kennedy qui reprendra le rôle de ‘Bumper Morgan’ dans une série de 26 épisodes. Barbara Rhoades endossera le personnage joué par Lee Remick le temps de cinq épisodes.

 

« WHEN A STRANGER CALLS BACK » (1993)

BACK.jpgC’est pour la TV que l’auteur-réalisateur Fred Walton a tourné, 14 ans après, une sequel à son unique succès : le très culte « TERREUR SUR LA LIGNE ». « WHEN A STRANGER CALLS BACK » se focalise d’abord sur une jeune baby-sitter (Jill Schoelen) qui se retrouve seule, sans téléphone, dans une maison qu’elle ne connaît pas, harcelée par un homme qu’elle ne voit jamais, qui se tient sur le porche.

Ça fonctionne plutôt bien, mais la résolution – surtout comparée à celle de 1979 – est excessivement décevante. Après un saut de cinq ans, la pauvre fille est à nouveau la proie du cinglé invisible et, coup de chance, elle reçoit l’aide de Carol Kane l’héroïne du premier film et de son copain l’ex-flic Charles Durning, qui débarquent dans l’intrigue de façon bien peu convaincante. D’autant plus qu’on avait quitté Kane mère de famille bourgeoise dans l’épilogue du n°1, pour la retrouver maintenant célibataire, sans enfants et un peu hippie sur les bords. Pas très rigoureux, tout ça !

Le scénario est mal ficelé, les révélations tombent comme des cheveux sur la soupe, l’identité – et surtout la profession – du tueur est tellement tirée par les cheveux qu’elle en devient risible. Et c’est en voyant cette suite inutile et idiote, qu’on réalise à quel point la photo « cracra », la réalisation « primitive » du premier film étaient des éléments essentiels à sa réussite. Avec son format carré, son image proprette, « WHEN A STRANGER CALLS BACK » n’est qu’une pâle copie de l’original, qui ne parvient pas à maintenir l’intérêt au-delà du premier acte. Au fond, le plus étonnant dans ce téléfilm, c’est qu’il ait été conçu et tourné par le même maître d’œuvre que « TERREUR SUR LA LIGNE », et qu’il ait complètement raté tout ce qu’il avait si brillamment réussi la décennie précédente. Les miracles, semble-t-il, ne se produisent qu’une fois !

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JILL SCHOELEN, CAROL KANE ET CHARLES DURNING

 

« DON’T DRINK THE WATER » (1994)

DRINKI.jpeg« DON’T DRINK THE WATER » fut un énorme succès à Broadway en 1966 et fut adapté en long-métrage trois ans plus tard avec, semble-t-il, moins de bonheur. Entre deux films de sa grande période, Woody Allen en tourna un remake pour la TV et reprit le rôle principal, créé au théâtre par Lou Jacobi et à l’écran par Jackie Gleason.

Pendant la guerre froide, une famille de beaufs new-yorkais en visite à Moscou se retrouve enfermée dans l’ambassade américaine, après avoir été pris pour des espions par le KGB. Dans ce huis clos, tout le monde est incompétent, fou à lier, pleutre et hystérique. Allen s’essaie au boulevard frénétique et le comique est basé sur une avalanche de « one liners », des bousculades, des malentendus. C’est parfois fatigant, souvent drôle, mais c’est intéressant de voir Woody Allen revisiter à 60 ans un texte écrit quand il en avait la moitié. Esthétiquement – et même s’il retrouve son équipe technique habituelle – c’est visiblement moins soigné que d’habitude, en format carré d’avant le 16/9, et cela ressemble beaucoup à du théâtre filmé, tout en plans larges avec énormément de monde dans le champ de la caméra qui s’agite en tous sens. Allen et Julie Kavner forment un couple idéalement assorti, un peu comme De Funès et Claude Gensac, ensemble ils font des étincelles (« Pourquoi ramasses-tu toujours des machins bizarres ? », lui demande-t-elle. « C’est comme ça qu’on s’est rencontrés ! », répond-il). Michael J. Fox est attachant en fils d’ambassadeur gaffeur et manifestement pas à sa place, Dom DeLuise lâché en roue-libre, comme toujours, arrache quelques sourires en prêtre/magicien/espion pot-de-colle, mais vampirise hélas, pas mal de scènes.

Ce n’est pas tout à fait un « film de Woody Allen », mais une sorte de parenthèse sympathique, un clin d’œil à son passé de dramaturge débutant et, peut-être, une manière de faire oublier la première adaptation réputée désastreuse qui lui était restée sur l’estomac.

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JULIE KAVNER, WOODY ALLEN, MAYIM BIALIK ET MICHAEL J. FOX