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Archives de Catégorie: TÉLÉFILMS

« DIRTY JOHN » (2018)

Créée par Alexandra Cunningham d’après des faits réels, la minisérie (8×45 minutes) « DIRTY JOHN » nous conte l’édifiante histoire d’une mère de famille aisée (Connie Britton) et de ses trois enfants, dont la vie est soudainement chamboulée par l’arrivée d’un nouveau mari (Eric Bana) rencontré « on line » par maman et épousé dans la foulée à Las Vegas. Love story ? Film d’angoisse, plutôt.DIRTYJOHN.jpg

Car l’époux idéal est un escroc professionnel à peine sorti de prison, un mythomane, un menteur pathologique qui, lorsqu’il est contrarié dans ses plans, se mue en psychopathe létal et capable de tout. Surtout du pire. Le scénario est habile, un peu trop étiré par moments, mais le crescendo de terreur est parfaitement géré jusqu’au dénouement brutal et inattendu. S’il y a problème, ce sera du côté des personnages féminins : que ce soit Connie Britton quinquagénaire sexy, passive et pas très rapide à la détente ou de ses filles Juno Temple et Julia Garner, elles sont toute trois stupides, égoïstes, agaçantes, ce qui ne sert pas vraiment le propos des auteurs. On aurait préféré une protagoniste plus active et dégourdie, car celle-ci donne parfois envie de zapper tant elle semble fonctionner au ralenti. Heureusement, le « méchant » est extraordinaire. Incarné par Eric Bana, acteur australien qu’on avait découvert en 2000 dans le rôle inquiétant du taulard dans « CHOPPER », il avait mené depuis une carrière terne et décevante. Aussi, le retrouver aussi terrifiant est-il une vraie bonne surprise. Véritable prédateur sadique et ultra-violent, son ‘John’ est plus ou moins justifié par des flash-backs sur son enfance, mais il demeure un véritable monstre en liberté. Bana est vraiment remarquable, ses brusques changements d’humeur filent le frisson. Mais, nous l’avons dit, il n’a pas face à lui d’adversaire réellement à sa hauteur, ce qui affaiblit quelque peu le suspense.

Malgré cela, « DIRTY JOHN » est une franche réussite, addictive et bien conçue, dont la conclusion boucle parfaitement la boucle.

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« THE BLUE KNIGHT » (1973)

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WILLIAM HOLDEN

À l’instar de « LES FLICS NE DORMENT PAS LA NUIT » sorti l’année précédente sur grand écran, et dans la même veine, « THE BLUE KNIGHT » est adapté d’un roman de Joseph Wambaugh, spécialiste de la vie des policiers de terrain, des flics en uniforme arpentant les « mean streets » de L.A.KNIGHT2

Réalisé par Robert Butler, c’est un téléfilm en deux parties totalisant plus de trois heures de projection et offrant à un William Holden de 55 ans – mais faisant beaucoup plus âgé – un de ses meilleurs rôles. Il joue un de ces flics littéralement intoxiqués par la rue, n’existant que pour leur métier, constamment en chasse et adorant au fond, se vautrer dans la misère humaine. Un personnage beau et complexe, humain et détruit par l’existence qu’il mène depuis trop longtemps. Alors qu’il s’apprête à prendre sa retraite, qu’il a une fiancée belle et patiente (Lee Remick) et même un projet d’adoption, ‘Bumper’ n’arrive pas à s’arracher à ces prostituées, ces macs, ces dealers, ces indics qui gravitent autour de lui, flattent son ego de « star du pavé » et donnent un sens à sa vie. C’est extrêmement réaliste, certaines séquences sont d’une âpreté inouïe, comme ce dîner avec un vieux collègue (Vic Tayback) s’achevant en sordide règlement de comptes aviné ou ce face-à-face avec une femme juge, qu’il supplie de ne pas l’envoyer derrière les barreaux pour parjure. Holden un cigare vissé entre les dents, le visage marqué par l’alcool, la démarche fatiguée, est vraiment formidable, endossant l’héroïsme de son rôle au même titre que ses côtés déplaisants et décourageants. Il est bien entouré par Joe Santos son coéquipier et ange-gardien, par un jeune et glabre Sam Elliott en capitaine ambitieux ou Eileen Brennan en strip-teaseuse mûrissante. Dommage que Lee Remick soit aussi peu et aussi banalement utilisée. « THE BLUE KNIGHT » est un superbe téléfilm sans la moindre enjolivure hollywoodienne, qui permet de revoir William Holden à visage découvert, tragique, noble et pathétique.

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SAM ELLIOTT ET LEE REMICK

À noter : deux ans plus tard, c’est George Kennedy qui reprendra le rôle de ‘Bumper Morgan’ dans une série de 26 épisodes. Barbara Rhoades endossera le personnage joué par Lee Remick le temps de cinq épisodes.

 

« WHEN A STRANGER CALLS BACK » (1993)

BACK.jpgC’est pour la TV que l’auteur-réalisateur Fred Walton a tourné, 14 ans après, une sequel à son unique succès : le très culte « TERREUR SUR LA LIGNE ». « WHEN A STRANGER CALLS BACK » se focalise d’abord sur une jeune baby-sitter (Jill Schoelen) qui se retrouve seule, sans téléphone, dans une maison qu’elle ne connaît pas, harcelée par un homme qu’elle ne voit jamais, qui se tient sur le porche.

Ça fonctionne plutôt bien, mais la résolution – surtout comparée à celle de 1979 – est excessivement décevante. Après un saut de cinq ans, la pauvre fille est à nouveau la proie du cinglé invisible et, coup de chance, elle reçoit l’aide de Carol Kane l’héroïne du premier film et de son copain l’ex-flic Charles Durning, qui débarquent dans l’intrigue de façon bien peu convaincante. D’autant plus qu’on avait quitté Kane mère de famille bourgeoise dans l’épilogue du n°1, pour la retrouver maintenant célibataire, sans enfants et un peu hippie sur les bords. Pas très rigoureux, tout ça !

Le scénario est mal ficelé, les révélations tombent comme des cheveux sur la soupe, l’identité – et surtout la profession – du tueur est tellement tirée par les cheveux qu’elle en devient risible. Et c’est en voyant cette suite inutile et idiote, qu’on réalise à quel point la photo « cracra », la réalisation « primitive » du premier film étaient des éléments essentiels à sa réussite. Avec son format carré, son image proprette, « WHEN A STRANGER CALLS BACK » n’est qu’une pâle copie de l’original, qui ne parvient pas à maintenir l’intérêt au-delà du premier acte. Au fond, le plus étonnant dans ce téléfilm, c’est qu’il ait été conçu et tourné par le même maître d’œuvre que « TERREUR SUR LA LIGNE », et qu’il ait complètement raté tout ce qu’il avait si brillamment réussi la décennie précédente. Les miracles, semble-t-il, ne se produisent qu’une fois !

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JILL SCHOELEN, CAROL KANE ET CHARLES DURNING

 

« DON’T DRINK THE WATER » (1994)

DRINKI.jpeg« DON’T DRINK THE WATER » fut un énorme succès à Broadway en 1966 et fut adapté en long-métrage trois ans plus tard avec, semble-t-il, moins de bonheur. Entre deux films de sa grande période, Woody Allen en tourna un remake pour la TV et reprit le rôle principal, créé au théâtre par Lou Jacobi et à l’écran par Jackie Gleason.

Pendant la guerre froide, une famille de beaufs new-yorkais en visite à Moscou se retrouve enfermée dans l’ambassade américaine, après avoir été pris pour des espions par le KGB. Dans ce huis clos, tout le monde est incompétent, fou à lier, pleutre et hystérique. Allen s’essaie au boulevard frénétique et le comique est basé sur une avalanche de « one liners », des bousculades, des malentendus. C’est parfois fatigant, souvent drôle, mais c’est intéressant de voir Woody Allen revisiter à 60 ans un texte écrit quand il en avait la moitié. Esthétiquement – et même s’il retrouve son équipe technique habituelle – c’est visiblement moins soigné que d’habitude, en format carré d’avant le 16/9, et cela ressemble beaucoup à du théâtre filmé, tout en plans larges avec énormément de monde dans le champ de la caméra qui s’agite en tous sens. Allen et Julie Kavner forment un couple idéalement assorti, un peu comme De Funès et Claude Gensac, ensemble ils font des étincelles (« Pourquoi ramasses-tu toujours des machins bizarres ? », lui demande-t-elle. « C’est comme ça qu’on s’est rencontrés ! », répond-il). Michael J. Fox est attachant en fils d’ambassadeur gaffeur et manifestement pas à sa place, Dom DeLuise lâché en roue-libre, comme toujours, arrache quelques sourires en prêtre/magicien/espion pot-de-colle, mais vampirise hélas, pas mal de scènes.

Ce n’est pas tout à fait un « film de Woody Allen », mais une sorte de parenthèse sympathique, un clin d’œil à son passé de dramaturge débutant et, peut-être, une manière de faire oublier la première adaptation réputée désastreuse qui lui était restée sur l’estomac.

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JULIE KAVNER, WOODY ALLEN, MAYIM BIALIK ET MICHAEL J. FOX

 

« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » est signé Alan Smithee, ce qui n’est jamais bon signe. C’est en effet le pseudonyme adopté par les réalisateurs U.S. refusant de signer leurs œuvres, généralement pour cause de différend artistique avec les producteurs. Et il est très rare que cela arrive sur un téléfilm ! L’anonyme est en fait Hal Needham, le vieux complice de Burt Reynolds, il y a déjà bien longtemps. Mais manifestement, tout le monde était très fatigué sur ce tournage et les heures de gloire étaient loin derrière !

Le scénario tourne autour d’un hôtel inauguré par un futur sénateur (David Rasche) dont la fille et la femme sont prises en otages pendant la cérémonie par un tueur (Keith Carradine) exigeant une rançon et… la présence de Larry King sur site. Charles Durning, l’air hagard, pouvant à peine se déplacer, est chargé de l’affaire, assisté de son ami Burt qui ne semble pas non plus au sommet de sa forme. Que dire ? Le film fut tourné à l’aube de l’an 2000 et ressemble à s’y méprendre à un DTV du début des années 80. C’est d’une lenteur effarante, les acteurs sont au-dessous de tout et le suspense est totalement inexistant. Carradine se traîne le petit air tristounet et blasé du bon acteur qui a tourné trop de mauvais films et a fini par démissionner. Il fait un psychopathe sans relief dont le seul signe distinctif est un « mal rasé » d’une semaine. Quant à Reynolds, on n’arrive plus du tout à croire qu’il puisse encore être sur le terrain, en tenue de FBI, l’arme au poing à dégommer des méchants. C’est une catastrophe !

Les aventures de Logan McQueen se sont heureusement arrêtées là et la trilogie a été complètement oubliée depuis, ce qui n’est que justice. Les aficionados de Burt Reynolds préfèrent se souvenir de ses belles heures des seventies, quand il était le roi du box-office américain et qu’il semblait tellement s’amuser avec ses potes cascadeurs. En 1999, il n’était déjà plus que le fantôme de lui-même et ce n’est pas gai-gai…

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BURT REYNOLDS ET KEITH CARRADINE

 

« HARD TIME : THE PREMONITION » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : THE PREMONITION » réalisé par David S. Cass, Sr. est le second téléfilm de la trilogie consacrée au flic de Miami – enfin, ex-flic en l’occurrence – ‘Logan McQueen’, interprété par Burt Reynolds. On le retrouve finissant son année de prison, entouré d’un vieux condamné à mort philosophe (Roscoe Lee Browne) qui lui apprend la vie et d’un serial killer (Bruce Dern) qui se prend pour Hannibal Lecter.

À sa sortie, Burt garde un moment sa perruque qui le fait ressembler à Sean Connery au début de « ROCK » et finit heureusement par en changer pour quelque chose de plus seyant. Le scénario ? Des jeunes femmes meurent dans l’explosion de leurs voitures et Burt assiste en « consultant » l’enquêteur novice chargé du dossier. On a beau aimer les vieux de la vieille présents dans le film (on retrouve aussi Charles Durning dans deux ou trois scènes), c’est affreusement mou, voire un peu tristounet. Vêtu de noir, bedonnant et courant avec difficulté, Reynolds n’a visiblement pas la pêche et traîne une petite mine renfrognée. Il paraît s’ennuyer poliment comme quelqu’un qui a déjà joué toutes ces situations convenues des dizaines de fois dans sa jeunesse et qui est « too old for this shit ». Dern en fait des tonnes, comme à son habitude et Gigi Rice, jouant sa fille hantée par le passé, n’est pas la meilleure actrice du monde.

Ce 2ème épisode n’a donc pas grand-chose pour lui, mais s’inscrit dans le long parcours de « Buddy » Reynolds comme une péripétie vaine et non-avenue.

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BRUCE DERN ET BURT REYNOLDS

À noter que Bruce Dern et Roscoe Lee Browne figuraient tous les deux au générique des « COWBOYS » de Mark Rydell, entourant John Wayne.

 

« HARD TIME » (1998)

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BURT REYNOLDS

À peine un an après son comeback inespéré dans « BOOGIE NIGHTS », Burt Reynolds retombait déjà dans ses vieux travers en réalisant pour la TV le premier film d’une trilogie consacrée à un flic dur-à-cuire de Miami nommé ‘Logan McQueen’. Paraissant plus âgé que ses 62 ans, perclus de rhumatismes, le visage vitrifié par les liftings, la star des seventies est en terrain connu. Mais les temps ont changé…HARDTIME.jpeg

Dès les premiers plans de « HARD TIME », on a du mal à accepter Reynolds en flic toujours en activité et ne parlons même pas de son coéquipier – et père adoptif – Charles Durning, également sur la brèche à 75 ans et accusant facilement 150 kilos ! Comme on aime bien les deux vieux copains qui ont si souvent tourné ensemble, on est prêt à fermer les yeux sur cette aberration. Mais cette histoire de héros soupçonné de corruption, ces mafiosi d’opérette, ces courses-poursuites grabataires ne font pas illusion une seconde et « HARD TIME » ressemble à un fossile de série télé des années 70 exhumé d’un congélateur. Alors bien sûr, on est content de retrouver Robert Loggia, Mia Sara en avocate sexy, Roddy Piper (« INVASION LOS ANGELES ») en homme-de-main ou Billy Dee Williams en procureur, mais le cœur n’y est plus et le temps a fait son œuvre d’érosion. Tout cela est donc un peu cafardeux, car Burt en tant que réalisateur a vraiment perdu la main depuis « L’ANTI-GANG » et son téléfilm est poussif, amorphe et dépourvu du moindre petit début de rythme. Allez, une chose positive : la révélation du véritable coupable à la fin, tombe comme une véritable surprise et, même une deuxième : Grace Una, jouant une fleuriste asiatique, est d’une beauté à tomber par terre. Toujours bon à prendre !

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GRACE UNA ET BURT REYNOLDS