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Archives de Catégorie: TÉLÉFILMS

« DOM JUAN OU LE FESTIN DE PIERRE » (1965)

DOM« DOM JUAN OU LE FESTIN DE PIERRE », réalisé par Marcel Bluwal d’après l’œuvre de Molière, fait partie des grands classiques de la télévision française, qui produisait alors des films de prestige, tournés en 35MM, aussi ambitieux dans la forme que dans le fond. Cela a bien changé depuis !

L’adaptation, tout en extérieurs, est parfaitement « aérée », découpée, mettant en valeur le texte et surtout les comédiens magnifiquement choisis. À quarante ans, Michel Piccoli trouve un des rôles de sa vie, endossant avec sa morgue et son mystère, la défroque de ce séducteur compulsif, cynique et hautain, d’un égoïsme effarant et d’une indifférence suicidaire, même face à la mort. Vraiment difficile d’imaginer quelqu’un d’autre dans le rôle. Face à lui, Claude Brasseur est un Sganarelle réjouissant, même si parfois irritant à force de tics et de facilités de jeu. Le face-à-face avec Piccoli au style diamétralement opposé, fonctionne à merveille. Tous les rôles secondaires sont impeccables, à commencer par Lucien Nat en père meurtri ou la délicieuse Josée Steiner en paysanne séduite. À peine pourra-t-on tiquer sur le numéro d’Angelo Bardi qui prend un tel accent que son long monologue est quasiment inintelligible. Pourquoi prend-il une telle place ? Mystère…

L’intelligence des acteurs, l’adresse de la mise-en-scène rendent le texte de Molière complètement accessible. Il y a de très beaux gros-plans de visages, de belles ambiances de forêt et la musique de Mozart fait le reste. C’est de la grande télévision, tellement ambitieuse qu’on fermera les yeux sur une statue du Commandeur bien peu convaincante, à la limite du ridicule et une conclusion trop rapidement expédiée.

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MICHEL PICCOLI, CLAUDE BRASSEUR ET JOSÉE STEINER

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« WATER’S EDGE » : John Cassavetes dans « Suspicion »

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ANN SOTHERN

« WATER’S EDGE » est un épisode de la 3ème saison de « SUSPICION », réalisé par Bernard Girard d’après une nouvelle de Robert Bloch.

Le début du téléfilm n’est pas sans évoquer le postulat de départ de « LA NUIT DU CHASSEUR » de Charles Laughton : un escroc qui, à sa sortie de prison, cherche à séduire la veuve de son codétenu mort derrière les barreaux, pour récupérer un gros magot jamais retrouvé par la police. La première bonne idée est d’avoir entendu l’époux (Rayford Barnes) parler de sa « blonde » avec des étoiles dans les yeux, jusqu’à faire fantasmer son ami (John Cassavetes), pour qu’ensuite celui-ci découvre que cette femme rêvée est devenue une grosse serveuse mal fagotée et vulgaire (Ann Sothern). La tête de Cassavetes quand il réalise le fossé séparant le mythe de la réalité est impayable !

Ensemble ces deux losers vont parvenir à dénicher le fameux butin dans une cabane grouillante de rats, mais l’appât du gain les poussera à se dresser l’un contre l’autre.

Comme toujours dans cette série artificiellement « gonflée » à 52 minutes, le temps paraît long, les séquences durent jusqu’à plus-soif et les péripéties sont beaucoup trop rares. Fort heureusement, le face-à-face entre les deux acteurs principaux vaut le détour : Cassavetes, toujours très « Actors Studio » est parfait en voyou fébrile, les épaules agitées de tics nerveux et Sothern est magnifique en souillon à la langue bien pendue, moins idiote qu’elle n’en a l’air. Ils ont visiblement plaisir à jouer ensemble et parviennent à donner vie à cet épisode bien fichu, mais au suspense bien laborieux.

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JOHN CASSAVETES

 

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » : Warren Oates dans « The Twilight Zone »

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RON FOSTER, WARREN OATES ET RANDY BOONE

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » est un épisode de la 5ème et dernière saison de « THE TWILIGHT ZONE », écrit par Rod Serling et réalisé par l’ex-monteur Alan Crosland, Jr.

En 1964, trois soldats de la Garde Nationale (Ron Foster, Warren Oates et le jeunot Randy Boone) patrouillent en tank le site de Little Big Horn où eut lieu le célèbre massacre. Là où Custer et 261 cavaliers trouvèrent la mort sous les flèches des Sioux. Les trois soldats ont des visions, trouvent une gourde du 7ème de Cavalerie, entendent des cris de guerre indiens… Et finalement, tombent en plein cœur des combats !

C’est un épisode très simple et linéaire, sans chute véritable, mais doté d’un épilogue autour du monument aux morts, aussi prévisible qu’étrange. Tout se passe en extérieurs dans un décor désertique. À vrai dire, le seul intérêt véritable est de retrouver ce cher Warren Oates qui écope du rôle de l’incrédule, un caporal inculte et grande gueule qui ne cesse de râler, de railler et de vitupérer, face à ses deux compagnons de plus en plus persuadés qu’ils ont remonté le temps. Parmi les petits rôles, on reconnaît Greg Morris, le ‘Barney’ de la série « MISSON : IMPOSSIBLE » en G.I. discipliné. Un petit téléfilm tout à fait typique de l’esprit ‘Twilight Zone’. Un petit peu trop, même…

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WARREN OATES

 

« DOOMSDAY » : Dan Duryea dans « Suspicion »

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DAN DURYEA ET ROBERT MIDDLETON

Écrit par Sy Bartlett, réalisé par Bernard Girard, « DOOMSDAY » est un épisode de la série policière « anthologique » (c’est-à-dire présentant des téléfilms sans rapport les uns avec les autres) « SUSPICION ». Dan Duryea y joue un braqueur de banques ultra-professionnel, dont l’identité est inconnue de tous. Avec l’aide de son « imprésario » (Robert Middleton), il monte un hold-up préparé, comme à son habitude, jusqu’au moindre détail. Il réunit pour ce faire une bande composée d’Edward Binns, Paul Birch, Bing Russell et Charles Bronson auxquels il interdit d’avoir recours à la violence. Alors que tout se déroule comme prévu, Duryea est abattu à la sortie de la banque ! Alors qu’il parvient à fuir avec Middleton, se demandant qui a bien pu le trahir ainsi, il entend à la radio qu’il a été touché… par erreur ! L’homme qui a ouvert le feu, l’atteignant mortellement, cherchait en fait à tuer quelqu’un d’autre : le fiancé de sa fille en l’occurrence. L’ironie du sort est renforcée par le fait que le tireur était le voisin d’hôtel de Duryea, que celui-ci entendait s’engueuler avec sa fille au sujet dudit fiancé !

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BING RUSSELL ET CHARLES BRONSON

« DOOMSDAY » est un bon petit ‘film noir’ de 52 minutes, porté par la prestation décontractée mais énigmatique de Duryea qui apporte une certaine humanité fatiguée à son personnage. La chute est inattendue et originale. En revanche, le fan de Bronson risque une grosse déconvenue : troisième au générique, il n’apparaît qu’en filigrane et ne bénéficie d’aucun gros-plan, un peu comme dans ses apparitions de tout début de carrière. Après une première scène dialoguée au début, dans la pénombre, où il cherche à rassurer un complice inquiet, il ne fait que de la figuration, un marteau-piqueur aux mains, se faisant passer pour un ouvrier. Au policier qui lui demande pourquoi il détruit le trottoir, Charley répond en rigolant : « C’est le fils du gouverneur, il a perdu sa balle en caoutchouc ! ». Il participe aussi au braquage, arme au poing. À noter que son acolyte dans ces scènes n’est autre que Bing Russell, le père de Kurt qui sera lui-même le partenaire de Bronson dans la série « LES VOYAGES DE JAMIE McPHEETERS » quelques années plus tard.

 

« THE DUPLICATE MAN » : Constance Towers dans « Au-delà du réel »

DUPLICATE

LE MÉGAZOÏDE !

Inspiré d’une histoire de Clifford D. Simak, « THE DUPLICATE MAN » est un épisode de la 2ème saison de la série-culte « AU-DELÀ DU RÉEL », réalisé par Gerd Oswald.

Un téléfilm particulièrement bizarre dans une série peu avare en bizarreries ! Dans un lointain futur (2011 !), Ron Randell est un chercheur qui a gardé illégalement un alien dans sa cave pendant des années, un ‘Mégazoïde’ dangereux qui s’évade dans le seul but de… se reproduire. Pour le retrouver, Randell ne trouve rien de plus simple que de se faire dupliquer, afin que son clone aille chasser à sa place et se fasse tuer le cas échéant. Mais pas de chance, le dit-clone s’introduit chez lui et… séduit sa femme Constance Towers qui retrouve enfin l’homme qu’elle avait épousé et qui a tant changé.

Compliqué ? Un peu, oui. Les motivations des uns et des autres ne sont pas très claires, le rythme est d’une lenteur éprouvante et la chute totalement décevante. Que reste-t-il alors ? Eh bien, déjà la beauté racée de Miss Towers, alors au sommet de sa carrière (elle venait de tourner « SHOCK CORRIDOR » et « NAKED KISS » pour Sam Fuller), mais qui n’a hélas pas grand-chose à faire. Et surtout le look désopilant du monstre : une sorte de gorille velu doté d’un bec d’aigle et parlant parfaitement l’anglais avec une voix haut-perchée ! Un vrai régal pour l’amateur.

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CONSTANCE TOWERS

 

« 22.11.63. » (2016)

22 2En 2011, « 22.11.63 » (date de l’assassinat de JFK, pour ceux qui se demanderaient) marquait le comeback de Stephen King après plusieurs années plutôt indifférentes sur le marché du best-seller. Sur le thème du voyage dans le temps destiné à modifier le cours de l’Histoire, son héros partait pour Dallas en 1960 afin d’empêcher la mort du président Kennedy.

Si le livre, extrêmement documenté, était fascinant de précision, tout en optant pour la thèse officielle du tireur unique, l’adaptation en minisérie produite par J.J. Abrams, laisse à désirer. Les changements opérés sur le livre (l’ajout du personnage de ‘Bill’ principalement) ne sont guère judicieux et on compte clairement deux épisodes de trop. Au moins.

Le sujet demeure passionnant, l’Amérique des sixties est parfaitement reconstituée, mais – et c’est rarissime pour un produit anglo-saxon – l’interprétation est globalement médiocre : le transparent James Franco traîne la même expression pendant huit épisodes et ne donne aucune profondeur à son rôle, George McKay (le fameux ‘Bill’) est irritant et grimacier dans un rôle qui pollue sévèrement le déroulement du récit et en dilue les enjeux, Sarah Gadon est bien jolie, mais c’est tout. Lucy Fry en revanche est une convaincante ‘Marina’ Oswald. Seuls des vétérans comme Chris Cooper, Annette O’Toole (méconnaissable en vieille bigote coincée) et Leon Rippy tirent leur épingle du jeu. À noter tout de même une très émouvante apparition de Constance Towers, radieuse à 84 ans, dans le tout dernier (et meilleur) épisode, dans une séquence qui rappelle à la fois « LA VIE EST BELLE »  de Capra et « QUELQUE PART DANS LE TEMPS », et rachète un peu un récit bien bancal.

La bonne facture esthétique de la minisérie ne rachète pas vraiment une adaptation maladroite et un casting décevant. Cela demeure visible grâce à un ou deux bons épisodes tendus, une conclusion étonnamment forte et touchante, mais « 22.11.63 » aurait clairement dû demeurer plus proche du texte de King en le condensant, au lieu de s’en éloigner autant.

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SARAH GADON, JAMES FRANCO ET CONSTANCE TOWERS

 

« BROTHER’S KEEPER » : film-pilote de la série « Deux flics à Miami »

VICE« BROTHER’S KEEPER » est le film-pilote de « DEUX FLICS À MIAMI », série produite par Michael Mann et qui marqua profondément les eighties.

Réalisé par Thomas Carter, ce téléfilm de 90 minutes a tous les attributs d’un long-métrage de cinéma, hormis le format carré de 1.33 :1. Dès les premières images, il semble avoir encapsulé tout ce qui symbolisait les années 80 : les brushings et « balayages », le montage clipé, la bande-son saturée de tubes à la mode et les tics de langage de l’époque. Le style flashy est tellement appuyé, qu’il apparaît aujourd’hui comme patiné plutôt que désuet et on peut parfaitement prendre un réel plaisir à suivre les aventures de ce tandem de flics. Le scénario narre leur rencontre, préfigurant un peu « L’ARME FATALE » : Don Johnson, « beau gosse » infiltré, habitant sur un bateau avec un alligator nommé ‘Elvis’ et Philip Michael Thomas, flic new-yorkais cherchant à venger son frère abattu par un narcotrafiquant colombien. D’abord conflictuelle, leur relation va progressivement devenir amicale, permettant à la série de perdurer pendant cinq saisons.

Va sa durée exceptionnelle, ce pilote paraît parfois longuet et s’égare trop longtemps sur des scènes de « vie privée » pas indispensables, mais le côté « buddy movie » fonctionne à plein régime et la nostalgie fait le reste. Quand nos compères prennent leurs flingues et partent à la bagarre sur une chanson de Phil Collins, comment résister ?

Dans un cast homogène, on retiendra la courte présence de Jimmy Smits dans sa toute première apparition à l’écran, jouant le coéquipier rapidement éliminé de ‘Crockett’.

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DON JOHNSON, GREOGRY SIERRA ET PHILIP MICHAEL THOMAS

« BROTHER’S KEEPER » définit parfaitement ce que sera la série à succès qui mit Michael Mann sur le devant de la scène et qui fit clairement évoluer les séries « polar » U.S. en soignant particulièrement la forme et le style.