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Archives de Catégorie: WESTERNS

« HOMBRE » (1967)

HOMBRE.jpg« HOMBRE » c’est un peu un remake de « LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE » de John Ford à la sauce Elmore Leonard, auteur du roman original. C’est-à-dire un film plus âpre, dépourvu d’héroïsme westernien tous-publics et dont le « héros » est à peu près aussi peu sympathique et chaleureux que ceux des ‘spaghetti westerns’ qui venaient de déferler sur les écrans U.S. La personnalité de ‘Russell’, les gros-plans de visages en sueur, l’ambiance mexicaine, signent l’influence des films italiens.

L’équipe Martin Ritt-Paul Newman se reforme donc pour la sixième et dernière fois, pour dresser le portrait d’un étrange individu tiraillé entre deux cultures : un faux Indien, pas tout à fait visage pâle, qui bouge comme un Apache, ne lève le petit doigt pour personne et ne parle qu’en dernière extrémité. Newman fait un intéressant travail sur la gestuelle, sur les postures et l’économie de mouvements. Malgré de remarquables comédiens tous au top de leur forme, il domine le film en demeurant pratiquement immobile et mutique, jusqu’à la toute dernière scène. Autour de lui, Diane Cilento superbe en femme mûre et combative dont l’humanité débordante réveillera celle de Newman, Fredric March en vieux grigou rapace et sans cœur, Barbara Rush comme toujours remarquable en épouse opportuniste du vieil homme, Martin Balsam grimé en Mexicain et surtout Richard Boone qui s’éclate visiblement en hors-la-loi cruel et vicieux au rire graveleux. Rare de trouver dans un western un « bad guy » aussi complexe et imprévisible. Le plaisir des paysages désertiques en Scope, les confrontations psychologiques dans le huis clos d’une diligence ou d’une cabane désaffectée et la découverte progressive des motivations du protagoniste principal, font de « HOMBRE » autant un film d’action qu’un drame adulte et prenant. C’est – en mode sobre et effacé – un des plus beaux rôles de Newman.

À noter : Newman se nomme « John Russell » dans « HOMBRE », qui était le patronyme d’un acteur de TV connu pour la série « LAWMAN » et qui connut une gloire tardive en apparaissant dans « PALE RIDER » de Clint Eastwood, pour qui il tourna également « JOSEY WALES, HORS-LA-LOI » et « HONKYTONK MAN ».

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PAUL NEWMAN, DIANE CILENTO, RICHARD BOONE ET BARBARA RUSH

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À L’OUEST, UN PEU DE NOUVEAU…

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WESTERNS EN HD AUX U.S.A. : UNE CURIOSITÉ, DEUX VAN CLEEF (DONT UN LEONE REMASTÉRISÉ) ET UNE SÉRIE TV AVEC KEVIN COSTNER. WESTERN PAS MORT !

 
 

« RETOUR VERS LE FUTUR 3 » (1990)

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CHRISTOPHER LLOYD ET THOMAS F. WILSON

Tourné dans la foulée du si décevant n°2, « RETOUR VERS LE FUTUR 3 », toujours signé Robert Zemeckis, est l’opus le plus attachant, le plus jouissif et le plus immédiatement distrayant du triptyque. D’abord parce que le scénario est simple et parfaitement construit, que le suspense fait part égale avec l’humour, et ensuite… parce que c’est un western !BACK 3.jpg

Christopher Lloyd est maintenant forgeron dans le Far-West de 1885, mais Michael J. Fox apprend qu’il va être abattu par le hors-la-loi Thomas F. Wilson quelques jours plus tard. Il se « transporte » dans le passé pour sauver son ami. À partir de là, le film est un véritable grand-8 d’action, de poursuites, de duels et même de love story, car le Doc rencontre la délicieuse et craquante institutrice Mary Steenburgen et leur couple fonctionne miraculeusement. Le dialogue est savoureux, truffé de clins d’œil à l’Histoire du western et tout particulièrement à la carrière de Clint Eatwood (c’est même le pseudonyme que se choisit Marty !), on aperçoit de vieilles trognes comme Harry Carey, Jr. en pilier de saloon et les références au premier film sont très habilement introduites. On en viendrait presque à se dire que si Lloyd était parti directement dans le passé à la fin du n°1, on aurait pu se passer du n°2 ! Mais ce dernier a ses défenseurs et, au bout du compte, la trilogie forme un tout à peu près homogène. Dans un cast impeccable, c’est encore Wilson qui se taille la part du lion dans le rôle de l’aïeul de ‘Biff’, un pistolero crasseux et dégénéré qu’il incarne avec une verve inouïe. L’acteur a tourné 130 films et téléfilms depuis, mais n’a jamais autant crevé l’écran. Étonnant…

À voir et à revoir donc, pour son sens du mouvement, de la parodie, pour son amour du western qui transpire dans chaque séquence et pour dire adieu à ces personnages marquants.

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MICHAEL J. FOX ET MARY STEENBURGEN

À noter que Mary Steenburgen avait déjà tourné dans un western « EN ROUTE VERS LE SUD » aux côtés de Christopher Lloyd en 1978.

 

BLUE GERMANY…

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SORTIE IMMINENTE EN ALLEMAGNE DE 4 CLASSIQUES EN HD DU WESTERN (OU ASSIMILÉ), DONT LA VERSION LONGUE DE « DANSE AVEC LES LOUPS ».

 
 

C’ERA UNA VOLTA DANS L’OUEST…

Pour le cinquantième anniversaire de la sortie italienne de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » en 1968, nombre d’hommages, d’expositions, d’ouvrages, ont fleuri ces derniers mois. En attendant le livre-somme du spécialiste anglais Christopher Frayling, voici « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » de Roberto Donati (aucun lien familial avec Sergio Donati, coscénariste du film), un critique italien qui publie son essai de 140 pages, aux éditions Gremese, traduit en français.IEO DONATI.jpeg

Cela commence par une longue introduction autobiographique de l’auteur (du JEUNE auteur, précisons-le), narrant comment il a découvert le cinéma, puis tardivement l’œuvre de Leone. Ensuite, nous avons droit à une biographie succincte de Sergio Leone que n’importe quel fan connaît déjà par cœur. Il faut attendre la page 57 pour entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire l’analyse de « C’ERA UNA VOLTA IL WEST ». Là encore, rien de très neuf. Des commentaires parfois pertinents, souvent sans grande originalité, des illustrations nombreuses composées pour la plupart de photogrammes du film. Cela ne s’adresse – on l’aura compris – qu’au néophyte qui vient de découvrir « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » et désire en savoir plus sur sa fabrication et ses concepteurs. Pour le vieux de la vieille ayant vu le chef-d’œuvre des dizaines de fois et possédant déjà toute une bibliothèque d’ouvrages le concernant, c’est vraiment très dispensable.

 

« LA BALLADE DE BUSTER SCRUGGS » (2018)

SCRUGGS2« LA BALLADE DE BUSTER SCRUGGS » est une anthologie d’histoires situées au Far-West, un western à sketches autrement dit, produit par Netflix et réalisé par Joel et Ethan Coen, qui reviennent au genre huit ans après « TRUE GRIT ». Autrement dit, de quoi bien titiller le cinéphile !

Le film de deux heures se découpe en six histoires. Inégales comme il se doit, mais globalement d’un très bon niveau. La première, qui donne son titre au film, joue avec le burlesque chantant et rappelle les premiers « Lucky Luke » de Morris en solo, eux-mêmes pastiches des vieilles séries B U.S. Tim Blake Nelson y joue un pistolero guilleret et verbeux allant de ville en ville semant la mort avec bonne humeur et en musique. Drôle et déconcertant. « NEAR ALGODONES » voit James Franco en braqueur de banques malchanceux dans un petit conte inconsistant dont on attend une « chute » qui ne vient jamais (un peu la marque de fabrique de tous ces mini-scénarios, d’ailleurs). « MEAL TICKET » est une triste et sordide histoire d’homme sans bras ni jambes (Harry Melling), trimballé de ville en ville par un imprésario sans cœur (Liam Neeson dans un de ses rares rôles de composition).

Dans « ALL GOLD CANYON », un Tom Waits méconnaissable joue un vieux prospecteur dérangeant la paix d’une vallée pour trouver le filon magique. L’ouverture et l’épilogue du sketch sont magnifiques ! « THE GAL WHO GOT RATTLED » est le plus réussi de tous les sketches. Zoe Kazan dont le frère vient de mourir, y tombe amoureuse du « wagon master » (Bill Heck) qui la mène vers l’Ouest. Mais le destin, sous la forme d’un chien et d’un vieux cowboy (excellent Grainger Hines), vont déjouer ses plans de tragique manière.

THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS CR: NETFLIX

TIM BLAKE NELSON

Le film s’achève sur « MORTAL REMAINS », dont on devine trop vite la résolution et qui n’a pour réelle surprise que d’entendre chanter Brendan Gleeson a capela et de voir Tyne Daly en vieille dame.

Six historiettes qui capturent parfaitement l’esprit du vieil Ouest des pionniers, qui ne s’inscriront pas dans le panthéon des meilleures œuvres des Coen, mais qui font passer deux heures bien agréables, baignant dans cet humour décalé et pince-sans-rire propre aux brothers.

 
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« IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » A 50 ANS !

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