RSS

Archives de Catégorie: WESTERNS

LE BON, LA BRUTE ET LE VERBEUX…

Cette photo montrant Clint Eastwood couché dans l’herbe, écoutant Lee Van Cleef apparemment en verve, est tirée du film de Sergio Leone : « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND ». On a longtemps cru qu’il s’agissait d’une photo de tournage, puisqu’elle ne correspond à aucune scène du film. En fait, l’image est extraite d’une séquence coupée au montage, comme le révèle le blog de Tom B. « WESTERN ALL’ITALIANA ».BUONO

Alors qu’ils sont en chemin pour aller chercher le trésor de ‘Bill Carson’, Blondin et Sentenza s’accordent une petite pause casse-croûte. Le premier en profite pour demander au second comment il a été mis au courant de l’existence de ce butin. Et effectivement, le film ne donne aucune explication quant à la soudaine présence du tueur ‘Sentenza’ au bagne, alors qu’il n’était apparu qu’au début du film dans deux situations pas très connectées à la suite de l’action.

S’ensuit alors une longue explication, reproduite sur le blog, qui éclaircit certains points du scénario, mais tellement longue et verbeuse qu’on comprend pourquoi Leone a jugé bon de la supprimer. L’histoire restera avec quelques « trous », peut-être, mais ne cèdera pas au verbiage et à la banalité. Leone fera de même avec « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », laissant des zones d’ombre dans le récit, mais privilégiant la fluidité et le rythme général.

Publicités
 

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » : Warren Oates dans « The Twilight Zone »

TZ OATES

RON FOSTER, WARREN OATES ET RANDY BOONE

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » est un épisode de la 5ème et dernière saison de « THE TWILIGHT ZONE », écrit par Rod Serling et réalisé par l’ex-monteur Alan Crosland, Jr.

En 1964, trois soldats de la Garde Nationale (Ron Foster, Warren Oates et le jeunot Randy Boone) patrouillent en tank le site de Little Big Horn où eut lieu le célèbre massacre. Là où Custer et 261 cavaliers trouvèrent la mort sous les flèches des Sioux. Les trois soldats ont des visions, trouvent une gourde du 7ème de Cavalerie, entendent des cris de guerre indiens… Et finalement, tombent en plein cœur des combats !

C’est un épisode très simple et linéaire, sans chute véritable, mais doté d’un épilogue autour du monument aux morts, aussi prévisible qu’étrange. Tout se passe en extérieurs dans un décor désertique. À vrai dire, le seul intérêt véritable est de retrouver ce cher Warren Oates qui écope du rôle de l’incrédule, un caporal inculte et grande gueule qui ne cesse de râler, de railler et de vitupérer, face à ses deux compagnons de plus en plus persuadés qu’ils ont remonté le temps. Parmi les petits rôles, on reconnaît Greg Morris, le ‘Barney’ de la série « MISSON : IMPOSSIBLE » en G.I. discipliné. Un petit téléfilm tout à fait typique de l’esprit ‘Twilight Zone’. Un petit peu trop, même…

TZ OATES2

WARREN OATES

 

« HONDO AND THE EAGLE CLAW » et « HONDO AND THE WAR CRY » : premiers épisodes de « Hondo »

HONDO

RALPH TAEGER

Malgré sa courte durée (17 épisodes de 50 minutes), la série « HONDO » avait laissé le souvenir d’une franche réussite, un des meilleurs westerns télé des sixties. Et à revoir la série aujourd’hui, on s’aperçoit que cette réputation n’était nullement usurpée ou enjolivée par la nostalgie. Inspirée d’un roman de Louis L’Amour et du film « HONDO, L’HOMME DU DÉSERT » de John Farrow avec John Wayne dans le rôle-titre, la série met en scène un ‘scout’ de l’U.S. Army, qui combattit avec le Sud, vécut parmi les Apaches et tente de ramener la paix en territoire indien, à la demande du général Sheridan.

HONDO CRY

KATHIE BROWNE ET RALPH TAEGER

Le premier épisode : « HONDO AND THE EAGLE CLAW » réalisé par Lee H. Katzin, est une excellente entrée en matière. Hondo, campé par un Ralph Taeger confondant de naturel, a pour mission d’amener le chef Michael Pate (qui reprend le rôle qu’il tenait déjà dans le long-métrage), son ancien beau-père, à négocier avec l’armée. On fait connaissance avec le chien ‘Sam’, bâtard assez moche et inquiétant, mais fidèle compagnon du héros, avec son pote ‘Buffalo’ (Noah Beery, Jr.) et Kathie Browne dont Hondo a tué le méchant mari. On croise également de vieilles gloires comme Robert Taylor en propriétaire d’une mine, Michael Rennie en crapule suave, Gary Merrill ou Jim Davis. Une bien belle affiche pour un « pilote » enthousiasmant, qui fait retrouver le goût des grands espaces et du vrai western U.S.

HONDO CRY2

RALPH TAEGER

Le grand atout de la série est Taeger, au physique de jeune premier viril, mais qui campe un personnage mal embouché, cynique, à peine sympathique, très représentatif des antihéros des années 60. Son look – chapeau de l’armée confédérée, veste de peau – calqué sur celui de Wayne, est très réussi et il exécute lui-même ses cascades, dont une belle bagarre au couteau avec un Apache énervé. Une vraie « gueule », une authentique personnalité. « HONDO » est une série « feuilleutonnante » dont l’histoire se développe sur plusieurs épisodes. Ce premier donne furieusement envie de découvrir la suite. « HONDO AND THE WAR CRY » est en fait la seconde partie de l’épisode-pilote de la série « HONDO », qui poursuit et conclut le scénario présentant les personnages récurrents. L’idylle de notre héros avec la veuve de l’épicier se confirme (il l’appelle par son prénom vers la fin !) et il devient l’idole de son petit garçon qui s’avère encore plus énervant que celui de « L’HOMME DES VALLÉES PERDUES » en appelant Hondo par son surnom indien « Emborrado » (Mauvais Caractère) à chacune de ses répliques.

On notera un intéressant discours de Ralph Taeger sur le droit des Apaches à défendre leur terre volée par les hommes blancs, on le voit prendre la défense d’un ado indien malmené par des brutes épaisses. Quant au chef ‘Vittoro’, il prend dans cette seconde partie une dimension d’homme de paix prêt à tuer ses propres guerriers renégats pour respecter sa parole donnée.

À noter une augmentation du rôle du chien ‘Sam’, de plus en plus crado, mais toujours prêt à voler au secours de son ami (et non maître) Hondo.

HONDO2

ROBERT TAYLOR ET MICHAEL PATE

 

 

« BRIMSTONE » (2016)

La réussite de « BRIMSTONE » est tellement éclatante, qu’on serait tenté de parler d’un vrai retour du western. Mais ce serait erroné : en toute honnêteté, cette production hollandaise écrite et réalisée par Martin Koolhoven a beau se dérouler au Far-West, elle n’a pas grand-chose à voir avec les univers rêvés par John Ford ou même Sergio Leone. L’ambiance serait plutôt proche du sordide réaliste de la série « DEADWOOD ».BRIMSTONE

Tout accroche dans « BRIMSTONE », tout fonctionne, même les paris les plus osés, comme bâtir le scénario en chapitres et les monter dans le désordre. Le destin de Dakota Fanning, sage-femme muette traquée par un homme d’Église inquiétant, est une pure tragédie, d’une extraordinaire noirceur, d’une brutalité sans nom. Le film jongle avec des images choquantes de mutilations, d’inceste et de suicides. Ici, quand on menace quelqu’un de le « pendre avec ses tripes », ce ne sont pas des mots en l’air ! L’Ouest décrit ici est froid, désertique, peuplé de fanatiques religieux, de brutes avinées, de pervers. La femme y est traitée en bête de somme, l’une d’elles étant même muselée comme un chien. C’est une vision saisissante d’un monde qu’on croyait connaître par cœur, qu’il soit enjolivé par les amateurs de légendes américains ou détourné par les Italiens.

Sur 2 heures 30, « BRIMSTONE » immerge complètement dans cette histoire atroce, sans répit, qui évoque parfois « LA NUIT DU CHASSEUR » de Charles Laughton (on remarque même quelques clins d’œil directs). D’ailleurs, Guy Pearce en « révérend » maudit, hypocrite et implacable n’est pas sans évoquer un mélange de Michum dans ce classique et de… Terminator. Dakota Fanning trouve enfin le premier bon rôle de sa carrière d’adulte, Carice Van Houten joue une femme soumise et humiliée et Kit Harington (le ‘Jon Snow’ de « GAME OF THRONES ») apparaît en ange salvateur qui, dans cet univers si sombre, ne pourra sauver personne.

Une seconde vision confirmera (ou pas) que « BRIMSTONE » est une œuvre hors du commun. La première approche est en tout cas terrassante et laisse dans un état second. Avec en prime, un ultime plan d’une fabuleuse ambiguïté.

 

« SCHOOL DAYS » ET « BROWN » : deux épisodes de « The westerner »

WST

BRIAN KEITH

« SCHOOL DAYS » est un épisode de la courte série « THE WESTERNER », créée et produite par le jeune Sam Peckinpah, qui en signe également le scénario. Réalisé par le vétéran André De Toth, ce téléfilm de 26 minutes est d’une noirceur d’encre : notre héros, le vagabond Brian Keith fréquente une institutrice qui lui apprend à écrire son nom. Celle-ci est tuée par un plouc local qui cherchait à la violer et Keith l’abat. Mais il est capturé par les frères du mort et accusé d’avoir tué la jeune femme. Le potentat de la ville (R.G. Armstrong) s’apprête à le lyncher, mais le jeune shérif-adjoint s’interpose.

WST2

R.G. ARMSTRONG ET DUB TAYLOR

L’épisode dépeint un Ouest sombre et glauque à souhait, l’image est charbonneuse, le dialogue âpre (on reconnaît au passage l’expression chère à ‘Bloody Sam’ : « Redneck peckerwood ») et quelques seconds rôles qu’il affectionnait comme Armstrong, John Anderson et Dub Taylor.

C’est assez violent : Keith d’abord tabassé par Armstrong, est forcé de creuser sa propre tombe avec un couteau de chasse, à part le deputy, tous les personnages sont ignobles ou lâches. Seul Keith garde sa dignité. Quand Armstrong s’excuse à la fin et lui offre quelques dollars en guise de dédommagement, il les refuse et l’envoie au tapis d’un crochet à la mâchoire, avec un air dégoûté.

« BROWN », réalisé par Peckinpah lui-même, sur un scénario de Bruce Geller est d’une tonalité entièrement différente. Il se focalise sur la rencontre quasi-burlesque entre Brian Keith et John Dehner – qu’on reverra plusieurs fois dans la série – autour du chien qui suit partout notre westerner. En effet, Dehner, gambler élégant et jovial, veut absolument acheter ‘Brown’ à son maître. Mais celui-ci refuse, quel que soit le prix et Dehner insiste, finissant par soûler le trop naïf drifter. Il n’y a pas de scénario à proprement parler, juste la longue biture carabinée des deux protagonistes de plus en plus complices, une grosse bagarre de saloon avec son lot de mobilier démoli, une ambiance de fête dans la ville qui annonce le début de « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA ». C’est du gros comique, ce qui n’était pas spécialement le point fort de Peckinpah, mais on remarque de jolis mouvements de caméra sur grue, un certain sens de l’authenticité et un goût de l’improvisation dans les séquences dialoguées entre Dehner, qu’on n’a jamais vu plus sympathique, et Keith. Parfois, « THE WESTERNER » était d’humeur badine ! Le plus amusant étant que, entouré de jolies entraîneuses peu farouches, les deux gaillards se tapent dessus pour… un chien.

WST3

JOHN DEHNER, « BROWN » ET BRIAN KEITH

 

GERMAN FAR-WEST…

WEST GERMAN BR

4 WESTERNS EN DVD ET BLU-RAY : UN BON ‘SPAG’, UN CLASSIQUE, UNE BONNE SÉRIE B ET UN FACE-À-FACE ENTRE COBURN ET HESTON. ÇA NE SE REFUSE PAS…

 
 

« RETOUR À FOWLER CITY » (2015)

FORSAKEN2Le thème du pistolero qui a juré de ne plus jamais toucher un revolver, jusqu’à ce que les circonstances l’y obligent, est vieux comme le monde et a nourri un nombre incalculable de westerns. Aussi ne doit-on pas être rebuté par ce ‘pitch’, par un début excessivement conventionnel et une réalisation un peu pépère.

« RETOUR À FOWLER CITY » s’améliore en progressant, Jon Cassar donne suffisamment d’espace à ses acteurs pour créer de véritables personnages à la psychologie complexe sans jamais céder à l’archétype et quand arrive l’inévitable, le gunfight ne déçoit pas, bien au contraire. Le bonus réside bien sûr dans la première vraie confrontation à l’écran de Donald Sutherland – à la « gueule » magnifique de patriarche biblique – et de son fils Kiefer. Le premier en pasteur raide comme la justice et le second en tueur bourrelé de remords qui ne trouve plus sa place nulle part. Leurs face-à-face sont réellement émouvants, culminant dans un passage à tabac particulièrement brutal et cathartique et dans la crise de larmes du fils dans l’église (« Pardonne-moi d’être devenu ce que je suis »). Autour d’eux, la distribution est étincelante : Brian Cox en salaud de service qui ajoute quelques nuances au cliché, Demi Moore, qui fait enfin son âge, très bien en femme de l’Ouest digne et courageuse, Michael Wincott excellent en tueur-à-gages réglo. Sans oublier Aaron Poole, fabuleux en sale petite gouape sadique dont on attend impatiemment la mise à mort tant il sait se rendre haïssable.

« RETOUR À FOWLER CITY » sans être un grand film, ne cherche pas à révolutionner le genre, ni à porter un regard dessus. Il retourne aux vieilles recettes, soigne le fond et la forme et offre un spectacle modeste et intelligent.

FORSAKEN

KIEFER SUTHERLAND, MICHAEL WINCOTT ET DONALD SUTHERLAND