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Archives de Catégorie: WESTERNS

« THE ONSLAUGHT » et « SURVIVAL » : premiers épisodes de « A man called Shenandoah »

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ROBERT HORTON

« THE ONSLAUGHT » est le film-pilote de la série western « A MAN CALLED SHENANDOAH », créée par E. Jack Neuman. Celle-ci met en scène un pistolero (Robert Horton) devenu amnésique à cause d’une balle à la tête mal placée et cherchant à retrouver des bribes de son passé en allant d’une ville à l’autre, cherchant des gens qui l’auraient connu.

Dans le pilote réalisé par Paul Wendkos, Horton est donc blessé par le hors-la-loi Richard Devon et laissé pour mort. Il récupère grâce aux bons soins d’un docteur (Noah Keen) et d’une fille de saloon (Beverly Garland). Il retombe par hasard sur l’infâme Devon mais se voit forcé de l’abattre avant qu’il ne lui ait révélé son identité. Le film, durant 26 minutes, pose bien les bases de la série, installe Horton très à l’aise, qui sortait alors de « LA GRANDE CARAVANE » (189 épisodes !) comme héros romanesque et vulnérable. Il partira à la recherche de lui-même, abandonnant Miss Garland, qui était bien sûr tombée amoureuse de lui.

« SURVIVAL » est donc le 1er épisode de « A MAN CALLED SHENANDOAH », réalisé par l’efficace Boris Sagal. Horton s’arrête dans un relais tenu par la veuve Jeanne Cooper. Après le départ de notre héros à qui elle a vendu un cheval, celle-ci est retrouvée morte assassinée. Accusé, Horton devra défendre chèrement sa peau, soutenu par un shérif honnête (John Anderson), mais accusé par des lyncheurs déchaînés. Parmi ceux-ci, on reconnaît l’impayable John Davis Chandler, jouant un dégénéré au ricanement de hyène, une des ses spécialités. À noter que Anderson et lui jouaient des frères dans « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA » de Peckinpah, trois ans plus tôt.

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ROBERT HORTON, BEVERLY GARLAND ET JEANNE COOPER

On remarquera également que la silhouette de Horton emmitouflé dans une peau de bison à cheval dans la neige, n’est pas sans annoncer celle des chasseurs-de-primes dans « LE GRAND SILENCE » de Sergio Corbucci, sorti trois ans plus tard.

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« HOSTILES » (2017)

Si on a été séduit par les deux premiers films de Scott Cooper (« CRAZY HEART » et « LES BRASIERS DE LA COLÈRE ») et déçu par le suivant (« STRICTLY CRIMINAL », plombé par la contre-performance de Johnny Depp), « HOSTILES » achève de convaincre qu’il est de la trempe des bons auteurs-réalisateurs U.S. de sa génération et un homme à suivre attentivement.HOSTILES

Sous son apparence de western en plein-air dans la lignée de « LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT », « HOSTILES » suit en réalité le parcours hautement symbolique de plusieurs personnages hantés – quand ils ne sont pas détruits – par leur passé de violence. Cela se déroule pendant une mission très risquée. La jeune femme (Rosamund Pike) qui a vu toute sa famille massacrée sous ses yeux par des Comanches, l’officier (Christian Bale) rescapé des guerres indiennes, en SPT permanent, le grand chef (Wes Studi) enchaîné depuis des années et rongé par le cancer… Tous vont devoir apprendre le pardon et redécouvrir le goût de la vie dans cette quête qui démarre dans la haine et la rancœur et s’achèvera d’étonnante façon. Pour tragique qu’il soit, « HOSTILES » est porteur d’un magnifique message d’espoir dans l’Humanité et dans la capacité de l’homme à se régénérer. C’est sobrement filmé, sans aucun effet parasite, ce qui n’exclue aucunement l’émotion, au contraire. Tous les protagonistes ont de l’épaisseur et la plupart connaîtront une forme de rédemption.

Bale n’a jamais été meilleur, montrant avec une épatante économie de moyens l’évolution de ce guerrier qui a lui-même commis des atrocités dont il ne s’est jamais remis. Rosamund Pike est exceptionnelle, graduant avec une admirable maîtrise la reconstruction de cette femme réduite à néant par le malheur et la barbarie. Tous les seconds rôles sont tenus par de grands comédiens comme Stephen Lang, Adam Beach ou Peter Mullan. Quant à Wes Studi il est devenu une véritable icône vivante de l’Histoire du peuple amérindien.

Long, puissant, intelligent, bouleversant parfois, « HOSTILES » est bien plus qu’un énième retour du western, un grand film humaniste dépourvu de tout angélisme.

 

« COWBOYS CONTRE ENVAHISSEURS » (2011)

COWBOYSUn titre comme « COWBOYS CONTRE ENVAHISSEURS » a au moins le mérite de vendre très exactement le contenu du film. Inspiré d’une BD, réalisé par l’honnête mais peu brillant Jon Favreau, c’est une production opulente qui part d’un bon esprit « série B » et parvient même à ressembler à une excellente surprise dans sa première moitié.

En gros, des aliens atterrissent dans l’Ouest de 1873 pour extraire de l’or des montagnes et étudier les humains qu’ils dissèquent allègrement. Un pistolero amnésique (Daniel Craig) va s’allier à une extra-terrestre au look de top model (Olivia Wilde), un rancher grincheux (Harrison Ford), son ancienne bande de hors-la-loi et même une tribu Apache pour chasser les intrus. Pendant une heure, on marche. Favreau joue avec délectation des vieux poncifs westerniens et s’en sort plutôt très bien. Et puis quand l’action s’emballe et que commencent à se multiplier les séquences d’explosions et de fusillades, on décroche. D’autant plus que pour une production de cette ampleur, les CGI ne sont franchement pas terribles et que le dialogue est souvent d’une nullité confondante. Reste le plaisir de revoir le Far-West hollywoodien tel qu’on l’a toujours aimé et des « gueules » triées sur le volet comme Clancy Brown, Sam Rockwell, Paul Dano (plus tête-à-claques que jamais !), Keith Carradine ou Adam Beach dans le rôle le plus intéressant du film, hélas sous-exploité. Sans oublier le toujours délectable Walton Goggins hilarant en bandit faux-cul. Les stars elles, ne font guère d’étincelles : Craig assez crédible en westerner, mais jouant sur une seule note, évoquant un Steve McQueen amaigri et ankylosé et Ford, usant et abusant de ses tics archi-usés, en vieux salopard bourru. Il a toutefois quelques bons moments où il s’attendrit un peu.

« COWBOYS CONTRE ENVAHISSEURS » promet donc beaucoup plus qu’il ne livre au final, par la faute d’un scénario qui s’essouffle trop vite, de têtes d’affiche qui viennent cachetonner en vieux pros. À voir pour sa première moitié donc, le reste semble mettre des heures à finir.

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DANIEL CRAIG, HARRISON FORD, ADAM BEACH ET WALTON GOGGINS.

À noter que le film connaît deux versions : celle de la sortie en salles (119 minutes) et le montage sorti en Blu-ray (135 minutes). C’est la seconde qui est chroniquée ici.

 

« GONE ARE THE DAYS » (2018)

GONE.jpegPremier film de Mark Landre Gould, « GONE ARE THE DAYS » avec son casting de vieux stakhanovistes du DTV et son look fauché, a toutes les apparences d’une série B torchée à la va-vite, vaguement inspirée des thèmes de « IMPITOYABLE » d’Eastwood.

Pourtant, en s’y attardant un tant soit peu, le film vaut mieux que cela. S’il n’est pas spécialement bien filmé et photographié, il parvient néanmoins à créer une réelle empathie pour son personnage incarné corps et âme par Lance Henriksen. À 78 ans, il incarne un hors-la-loi rongé par la maladie et hanté (littéralement) par son passé, qui décide d’arracher sa fille (Meg Steedle) à la prostitution avant de passer l’arme à gauche. Le premier quart d’heure du film consiste à contempler l’acteur complètement ravagé, en caleçons crasseux, en train de cracher ses poumons, de se traîner pitoyablement en parlant à un « ami imaginaire ». Il faut toute la présence et l’humanité d’Henriksen pour rendre cela supportable. D’habitude dans les westerns, les pistoleros mordaient la poussière bien avant d’atteindre ces âges-là ! On s’attend à un ultime baroud d’honneur, un grand ‘showdown’ final, mais l’auteur ne nous en fera pas l’aumône. « GONE ARE THE DAYS » est une triste histoire de rédemption, une fable crépusculaire sur la fin des temps héroïques. C’est un des plus beaux rôles de l’acteur, un des plus fouillés et il s’y montre vraiment extraordinaire, exhibant sans vanité son visage creusé, son corps usé. Seule sa voix n’a pas changé. À ses côtés, Tom Berenger est excellent en shérif calme et intelligent, Danny Trejo apparaît brièvement en incarnation de ‘Charon’ le passeur des enfers à la sauce mexicaine. Et Steve Railsback campe un « mac » haïssable au possible, une véritable vermine.

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LANCE HENRIKSEN, MEG STEEDLE, TOM BERENGER ET STEVE RAILSBACK

De vieux mais toujours grands comédiens, réunis pour un film d’allure assez ingrate mais tournant courageusement le dos aux poncifs du genre. C’est lent, déprimant, voire pénible par instants, mais l’admirateur de Lance Henriksen ne voudra à aucun prix manquer ce western qui lui offre enfin un rôle à sa mesure.

 

« LE SOUFFLE SAUVAGE » (1953)

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ANTHONY QUINN

« LE SOUFFLE SAUVAGE » est le dernier des trois films que Barbara Stanwyck tourna avec Gary Cooper. Et pas le plus mémorable, hélas. « L’HOMME DE LA RUE » et « BOULE DE FEU » avaient laissé le souvenir d’un couple pétillant, idéalement assorti. Ce film, tourné douze ans après, paraît bien terne et sans réel attrait.SOUFFLE.jpg

Hugo Fregonese s’inspire du « TRÉSOR DE LA SIERRA MADRE » et du récent « SALAIRE DE LA PEUR » pour ce mélodrame mâtiné de film d’aventures exotiques. Les deux stars se retrouvent en Amérique du Sud après des années de séparation. Elle est devenue l’épouse d’Anthony Quinn, un riche pétrolier et vieil ami de Cooper. Celui-ci est engagé par Quinn et la venimeuse Barbara commence à semer la zizanie. Le scénario semble constamment hésiter à privilégier la love story tourmentée ou le western moderne. Comme il ne parvient jamais à se décider, on s’ennuie assez rapidement et comme les deux stars, un peu fatiguées, ne donnent visiblement pas leur maximum, ils se laissent piquer la vedette par Quinn, excellent dans un de ces emplois où il excelle : le fier-à-bras envahissant et trop collant, dissimulant l’âme d’un lâche. Il faut le voir embrasser maladroitement sa femme, alors que celle-ci, manifestement dégoûtée par son seul contact, tente de le tenir à distance. Leurs scènes valent à elles seules de voir le film.

Malgré les attaques de bandidos, quelques fusillades bien réglées et le charme ironique de Ruth Roman dans un rôle d’aventurière amoureuse de ‘Coop’, « LE SOUFFLE SAUVAGE », alourdi par la pénible chanson de Frankie Lane, ne décolle pas et ne trouve jamais sa jute tonalité. Cooper est trop absent pour rendre son personnage crédible, Stanwyck ne fait que répéter l’archétype créé dans « ASSURANCE SUR LA MORT » et leur tandem magique d’antan n’est plus qu’un lointain souvenir. À voir pour Anthony Quinn donc, qui électrise l’écran à chaque apparition.

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GARY COOPER, ANTHONY QUINN ET BARBARA STANWYCK

 

SO LONG, CHEYENNE…

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DERNIER HOMMAGE EN IMAGE À UN DES GRANDS HÉROS WESTERN DE LA TV U.S., LE GRAND ‘CHEYENNE BODIE’, INCARNATION D’UNE CERTAINE AMÉRIQUE. RIP.

 

À L’OUEST DE L’ESPAGNE…

SPAIN WEST

4 WESTERNS INÉDITS EN DVD À SORTIR EN ESPAGNE INCESSAMMENT. WIDMARK, GEMMA, KINSKI ET UN RARISSIME BURT KENNEDY. QUALITÉ PAS GARANTIE !