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Archives de Catégorie: WESTERNS

« JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR » (1972)

 

BONNER copie« JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR » (encore un titre français bien gratiné !) fait partie des films « à part » de Sam Peckinpah. Une de ces œuvrettes nostalgiques, un peu informes, teintées de comédie pas spécialement légère, à l’instar de son téléfilm « THE LOSERS » ou de « UN NOMMÉ CABLE HOGUE ».

Malgré les réelles qualités de celui-ci, force est de reconnaître qu’il ne fait pas partie de ce que ‘Bloody Sam’ a fait de plus mémorable. Il nous offre un week-end au sein de l’Amérique profonde, le temps d’un rodéo. Le ton est documentaire (la moitié du métrage semble être l’œuvre d’une seconde équipe), la photo de Lucien Ballard très naturaliste, le rythme totalement relâché, le scénario réduit à sa plus simple expression. La thématique : le vieil Ouest englouti par les bulldozers du progrès en marche, l’Amérique des pionniers transformée en carnaval grotesque pour touristes, est beaucoup trop mise en avant et frôle le prêchi-prêcha énervant. Les séquences de rodéos, les bagarres de saloon semblent interminables et l’ennui s’installe au bout d’une demi-heure pour ne faire que s’épaissir.

Reste le style souvent imité mais inimitable du réalisateur, le charme du casting, indéniable : Steve McQueen qui, à 42 ans, a perdu de son animalité et campe un champion mûrissant, un loser usé refusant (ou incapable) de changer de vie, quitte à tout perdre. Le corps meurtri, c’est toujours un tombeur charismatique, mais l’âge a ralenti ses réflexes et éteint son agressivité. Il fait une prestation attachante, rare dans sa carrière. Robert Preston et Ida Lupino jouent ses parents, ils ont un face-à-face magnifique vers la fin, Joe Don Baker est le frère cadet, promoteur cynique et « homme du futur » contribuant à enterrer définitivement l’Ouest légendaire. On retrouve Ben Johnson et Bill McKinney.

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STEVE McQUEEN, IDA LUPINO, ROBERT PRESTON ET JOE DON BAKER

« JUNIOR BONNER » semble trop improvisé et sans colonne vertébrale pour passionner vraiment. Il est à voir bien sûr, si on aime Peckinpah et McQueen (qui devaient se retrouver la même année pour le plus probant « GUET-APENS »), mais il est difficile de se passionner ou même de lui garder une réelle affection. À peine une indifférence amicale…

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« TEXAS FEVER » : Royal Dano dans « Rawhide »

RAWHIDE DANO

SHEB WOOLEY

« TEXAS FEVER » est un épisode de la 7ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Harmon Jones. Il marque surtout le retour de Sheb Wooley dans le rôle de ‘Pete Nolan’ le pisteur, après trois années d’absence dans la série.

Pour fêter ce comeback, Wooley se voit accusé de meurtre et presque lynché par une bande de ranchers « vigilantes ». Eric Fleming va devoir enquêter rapidement pour démasquer le vrai coupable (Christopher Dark) qui se trouve travailler pour son vieil ami Royal Dano et chaparder le bétail de tous les ranches environnants.

C’est un épisode très moyen, sans réel suspense. Clint Eastwood n’y apparaît que sporadiquement, toujours dans les travées de son « boss » et semble prendre tout cela par-dessus la jambe, apparemment pressé d’en finir. Comme souvent dans sa carrière, Dano âgé de seulement 43 ans, campe un personnage qui en a facilement vingt de plus. Marié à une femme jeune (Judi Meredith) qui le trompe avec l’infâme Dark, le bien-nommé, il saura la pardonner lors de l’épilogue, ce qui constitue la seule surprise de ce scénario soporifique. À noter que l’omniprésence de la loi du lynch et la présence de propriétaires prompts à rendre eux-mêmes la justice, n’est pas sans annoncer un futur succès d’Eastwood : « PENDEZ-LES HAUT ET COURT ».

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ROYAL DANO, CLINT EASTWOOD ET ERIC FLEMING

 

« INCIDENT OF THE WOLVERS » : Dan Duryea dans « Rawhide »

RAWHIDE DURYA

CLINT EASTWOOD

« INCIDENT OF THE WOLVERS » est un épisode de la 5ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Thomas Carr et Clint Eastwood, en l’absence d’Eric Fleming, en est la seule vedette.

Alors que le troupeau est encerclé par une importante meute de loups affamés, ‘Rowdy’ est obligé d’accepter la proposition d’un ‘wolver’ (un exterminateur de loups professionnel) campé par Dan Duryea, de ses deux fils et de sa fille (Patty McCormack). L’intérêt de l’épisode se concentre sur le portrait de cette famille dysfonctionnelle, totalement dominée par ce père autoritaire qui écrase ses rejetons et réduit sa fille en esclavage. Mais celle-ci demande à Clint de lui apprendre à lire et c’est en déchiffrant une lettre laissée par sa mère disparue il y a des années, qu’elle va faire exploser ce « clan ».

Assez classique dans son déroulement, le téléfilm vaut pour ses plans de loups, parfaitement intégrés au montage et créant une réelle inquiétude. Mais surtout par la présence de l’excellent Duryea, despote antipathique et brutal, massacrant les loups à la strychnine et toujours prêt à dégainer son fusil contre quiconque le contrarie ou ose poser les yeux sur sa fille. La jolie Patty McCormack, ex-enfant vedette, a de belles scènes avec Eastwood, plus protecteur et moins dragueur que d’habitude. Un bon épisode de « RAWHIDE », comme c’était souvent le cas quand le personnage de ‘Gil Favor’ était absent.

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DAN DURYEA, CLINT EASTWOOD ET PATTY McCORMACK

 

« INCIDENT AT CONFIDENCE CREEK » : Dick York dans « Rawhide »

RAWHIDE YORK

CLINT EASTWOOD ET BARBARA EDEN

« INCIDENT AT CONFIDENCE CREEK » est un épisode de la 6ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Harry Harris.

En l’absence de leur ‘trail boss’ Eric Fleming (qui n’apparaît qu’à la toute fin), les cowboys du convoi se sont voler les papiers légaux du troupeau par Dick York, un escroc professionnel et par sa complice Barbara Eden. Clint Eastwood va devoir poursuivre l’aigrefin en compagnie de la fiancée de celui-ci, larguée sans autre forme de procès sur le bas-côté.

L’épisode est bien écrit – et surtout très bien dialogué – sur un ton de comédie et York (le premier mari de « MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE ») s’en donne à cœur-joie en sympathique fripouille au langage fleuri, capable de convaincre n’importe qui de n’importe quoi. Il tient le téléfilm sur ses épaules, mais Miss Eden, radieuse et spirituelle, est également très à l’aise dans son tandem avec Eastwood, qui n’est pas sans annoncer par moments celui de « SIERRA TORRIDE ». L’air crispé et tendu, le Clint joue de façon routinière. La jeune femme a une intéressante réplique qui résume assez bien le personnage de cinéma  de son partenaire : « Attention à ce que personne ne vienne gratter ce mur que vous avez bâti autour de vous, il est possible que vous vous révéliez humain, après tout ». « C’est bien possible, oui », sourit Eastwood.

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CLINT EASTWOOD, BARBARA EDEN ET DICK YORK

 

« JUSTIFIED » – saisons 1 à 6 (2010-2015)

JUSTIFIEDS’il est une série – ou plutôt un feuilleton en l’occurrence – qui mérite ou même nécessite qu’on la visionne en ‘binge watching’ (c’est-à-dire tout voir en continu du début à la fin), c’est bien « JUSTIFIED » composée de six saisons de 13 épisodes de 45 minutes, inspirée d’une nouvelle du grand Elmore Leonard. « JUSTIFIED », c’est l’histoire d’une ville, Harlan dans le Kentucky, en train de mourir après la fermeture des mines de charbon et en proie aux contrebandiers locaux et narcotrafiquants de tous poils. C’est aussi et surtout, l’aventure humaine d’un étrange triangle, trois amis d’enfance : Timothy Olyphant, natif du pays maltraité par un père monstrueux (Raymond J. Barry), devenu U.S. Marshall à Miami et transféré à Harlan où il retrouve Joelle Carter, son amour de jeunesse et Walton Goggins son éternel ami/ennemi. À eux trois, ils deviennent une entité explosive, en crise permanente, en évolution perpétuelle, totalement fascinants, même au bout de 78 épisodes. Les rôles sont d’égale importance et selon les saisons, c’est un des protagonistes qui prend le dessus ou l’autre.

Autour d’eux, les auteurs ont tricoté une galerie de personnages magnifiquement dessinés et des « méchants » extraordinaires comme Neal McDonough en sadique peroxydé, Sam Elliott (sans moustache !) en caïd implacable, Mary Steenburgen en « mafia princess », il faudrait tous les citer et il y a en beaucoup ! Mention tout de même à Damon Herriman, fabuleux ‘Dewey Crowe’ imbécile néo-nazi et porte-poisse notoire, tellement abruti et infantile qu’on finit par s’y attacher malgré soi.

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JOELLE CARTER ET TIMOTHY OLYPHANT

Ce qui accroche d’emblée dans la série, c’est la personnalité de ‘Raylan Givens’ joué par Olyphant, un descendant de Gary Cooper et Clint Eastwood, un grand dadais ultra-cool, beau gosse, qui n’hésite jamais à tirer pour tuer. Sa première apparition dans la saison 1 est absolument anthologique ! Raylan est un archétype qui se fissure de saison en saison, se laisse gagner par l’atmosphère du coin jusqu’à ressembler à ce père tant haï. Un rôle d’une complexité très rare, en constant mouvement, qu’on n’arrive jamais à cerner dans son entier. Face à lui, ‘Boyd Crowder’ bootlegger et dealer haut-en-couleur, faux-derche d’anthologie, cabotin ambigu et génial, véritable serpent à sonnette qui permet à Goggins un époustouflant numéro de haute-voltige, digne d’un jeune Jack Nicholson auquel on pense souvent. Un individu méprisable qu’on finit pourtant par comprendre. Lui et Raylan forment les deux faces d’une même pièce et leur ultime face-à-face à la fin de la 6ème saison est bouleversant et explique (justifie ?) l’ensemble de la série.« JUSTIFIED » est un magnifique accomplissement, utilisant les vieux codes du western pour enrichir une saga « redneck » ambitieuse, sanglante, intelligente et rythmée par des coups de théâtre bien amenés.

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TIMOTHY OLYPHANT ET WALTON GOGGINS

 

HAPPY BIRTHDAY, MORRIS !

MORRIS

MAURICE DE BEVERE (1923-2001), DESSINATEUR BELGE, CRÉATEUR DE LUCKY LUKE DONT GOSCINNY REPRIT LES SCÉNARIOS APRÈS QUELQUES ALBUMS.

 

3 CHARLEYS !

 

CB BR3

BEAU CADEAU POUR UN NOËL À LA « BDW2 », TROIS WESTERNS DES ANNÉES 70 DE L’AMI CHARLEY, RÉUNIS EN COFFRET DVD.