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Archives de Catégorie: WESTERNS

« YOUNG GUNS II » (1990)

GUNS2 2.jpgProduit deux ans après le premier opus, « YOUNG GUNS II » nous fait retrouver le trio Emilio Estevez, Kiefer Sutherland et Lou Diamond Phillips, le scénariste, le directeur photo Dean Semler (un peu plus inspiré, cette fois) mais gagne au change avec un nouveau réalisateur : Geoff Murphy.

Le scénario est très proche de celui de « PAT GARRETT & BILLY THE KID » de Peckinpah, ce qui est logique puisqu’il relate exactement les mêmes évènements, mais l’approche est plus ludique, même si le film est beaucoup plus sombre que le précédent. La vraie trouvaille est d’avoir raconté pour la énième fois l’histoire de William H. Bonney, mais cette fois-ci par… lui-même. En effet, l’auteur part du principe que Garrett n’a pas tué le Kid cette nuit-là à Fort Sumner, mais l’a laissé fuir. Devenu âgé, celui-ci décide de tout raconter à un avocat, dans les années 1950. Bien réalisé en Scope, doté d’un casting à toute épreuve, « YOUNG GUNS II » dépasse, et de loin, son prédécesseur et réussit à peu près tout ce que le n°1 avait raté. Estevez est parfaitement à l’aise dans ce personnage irresponsable et imbu de sa propre légende, William L. Petersen (remplaçant Patrick Wayne) est un Garrett mystérieux et impénétrable, Christian Slater est très agaçant comme d’habitude. Parmi les seconds rôles, on reconnaît la délicieuse Jenny Wright en « madame » très sexy, James Coburn – qui joua Garrett pour Peckinpah – dans le rôle de John Chisum le temps de deux séquences. Quelle gueule ! Il y a aussi Viggo Mortensen sous-utilisé et Scott Wilson. Vraiment une distribution qui vaut à elle seule le détour.

Les deux « YOUNG GUNS » forment un tout homogène et posent un regard vraiment original sur une des plus durables mythologies de l’Ouest, sans chercher à la nier totalement. Le second est plus achevé, plus soigné, et s’octroie même quelques moments d’une belle émotion.

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EMILIO ESTEVEZ, JENNY WRIGHT ET JAMES COBURN

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« YOUNG GUNS » (1988)

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KIEFER SUTHERLAND ET EMILIO ESTEVEZ

« YOUNG GUNS » de Christopher Cain, partant d’une bio très romancée de Billy the Kid, tente de concilier deux genres : le western, genre moribond depuis longtemps, et le film de ‘djeuns’ façon « OUTSIDERS ». L’idée n’est pas aussi absurde qu’elle ne paraît.GUNS.jpg

D’abord parce que le casting est excellent : Emilio Estevez est un parfait Billy, psychopathe hilare et narcissique, Kiefer Sutherland joue son bras-droit lettré et sentimental, Lou Diamond Phillips a fière allure en métis farouche et Dermot Mulroney est drôle en hors-la-loi crasseux et demeuré. Sans oublier quelques vétérans du genre qu’on est bien content de revoir : Jack Palance en horrible méchant comme lui seul savait les jouer, Terence Stamp en rancher anglais paternel ou Brian Keith dans un bref caméo en chasseur-de-primes destructeur. Le mélange de générations apporte beaucoup au film et semble même l’ancrer dans un semblant d’authenticité.

Hélas, « YOUNG GUNS » ne tient pas vraiment ses promesses. Pas tant par la faute d’un scénario plutôt adroit, malgré de vaines digressions, qu’au niveau de la réalisation qui semble aujourd’hui désuète et plombée d’effets inutiles. Les vilains ralentis lors des fusillades gâchent complètement la fin, par exemple et, curieusement, la photo de Dean Semler n’est pas à la hauteur de ses travaux antérieurs, donnant parfois à l’image un aspect téléfilm pas très attractif. Malgré ses nombreux manques et défauts, « YOUNG GUNS » se laisse regarder pour son montage très rythmé, pour la prestation survoltée d’Estevez qu’on n’a jamais vu aussi déchaîné et pour quelques duels bien fichus.

À noter que le personnage de Pat Garrett, partie intégrante de la légende du Kid, n’apparaît que fugitivement dans deux scènes, symboliquement incarné par Patrick, le fils de John Wayne. Deux ans plus tard, un « YOUNG GUNS II » sortira dans les salles.

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LOU DIAMOND PHILLIPS, JACK PALANCE ET TERENCE STAMP

 

« VALDEZ » (1971)

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BURT LANCASTER

« VALDEZ » d’Edwin Sherin est un peu le mal-aimé du triptyque de westerns que tourna d’affilée Burt Lancaster au début des seventies. Il n’est pourtant inférieur ni à « L’HOMME DE LA LOI », ni même au très estimé « FUREUR APACHE ». Coécrit par Roland Kibbee (« VERA CRUZ ») et par l’auteur habituel de Sydney Pollack, David Rayfiel, d’après un roman d’Elmore Leonard, c’est un film austère et âpre tourné en Espagne. Il fait souvent penser aux « COLLINES DE LA TERREUR » également de 1971, par son thème, ses extérieurs et accessoirement par la présence de Richard Jordan et Raul Castro également présents dans le film de Michael Winner.VALDEZ

Vieux shérif mexicain fatigué et humble, Lancaster abat un homme par erreur et tente de récolter 100 $ pour aider sa veuve, auprès d’un rancher (Jon Cypher) impliqué dans l’histoire. Celui-ci ne l’entend pas de cette oreille et humilie cruellement ‘Valdez’. Alors, celui-ci ressort sa tenue de scout toute poussiéreuse des guerres indiennes, reprend ses armes rangées depuis des années et part en guerre contre l’armée du « gringo ». Pour la veuve ? Pour laver son honneur ? Toujours est-il que le presque vieillard courbé du début reprend du poil de la bête et redevient un tueur implacable. Malgré des maquillages assez laids, des paysages monotones et sans majesté, « VALDEZ » passionne par la puissance dégagée par un Lancaster de 58 ans (mais qui en fait facilement dix de plus)  aux allures de vieux lion encore dangereux et par sa quête obsessionnelle qui n’est pas sans rappeler celle de Walker dans « LE POINT DE NON-RETOUR ». Un beau personnage prêt à tout pour retrouver sa dignité et – très probablement – des vestiges de sa jeunesse héroïque. Autour du grand Burt, Cypher est très bien en méchant lâche et odieux, Jordan excellent en sale petite gouape ricanante et lèche-bottes et Susan Clark est – comme toujours – très inégale d’une séquence à l’autre.

Avec ses faux-airs de spaghetti western, « VALDEZ » a magnifiquement bien vieilli et compte parmi les derniers grands rôles de Lancaster. Peut-être pas tout à fait un chef-d’œuvre du genre, mais on n’en est pas très loin. Et le dernier plan est absolument magistral…

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RICHARD JORDAN, SUSAN CLARK, BARTON HEYMAN ET BURT LANCASTER

 

BLUE DOLLARS…

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SORTIE U.S. EN BLU-RAY D’UNE RÉÉDITION « DÉFINITIVE » DU SECOND WESTERN DE SERGIO LEONE DANS TOUTE SA SPLENDEUR.

 

« L’HOMME DE L’OUEST » (1958)

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GARY COOPER

Adapté par Reginald Rose d’un roman de Will C. Brown, « L’HOMME DE l’OUEST » est un film assez atypique dans la filmographie d’Anthony Mann, car sous son armature de western traditionnel, il cache un drame shakespearien d’une absolue noirceur et d’un implacable nihilisme.MOW.jpg

Devenu un honnête citoyen, l’ancien hors-la-loi Gary Cooper retrouve par hasard son père adoptif (Lee J. Cobb), devenu un vieillard à demi fou entouré d’un gang de tueurs stupides et dangereux. Le scénario tient du cauchemar car ‘Link Jones’ doit affronter les fantômes de sa jeunesse et les détruire, pour espérer une rédemption. Que « Lassoo » la ville fantasmée par Cobb et qu’il rêve de dévaliser, soit devenue un désert asséché, participe de cette atmosphère lugubre où même les pics rocheux du Far-West ressemblent à des fossiles morts depuis des siècles. Pour son époque, le film est très violent et traite sans faux-semblant de viol, de fratricide, d’enfants-tueurs et des scènes comme celle où Cooper tabasse Jack Lord et déchire ses vêtements pour venger Julie London est, encore aujourd’hui, assez choquante de brutalité. Mais elle est nécessaire dans le sens qu’elle crédibilise Cooper – bien trop âgé pour le rôle – en tant qu’ancien meurtrier sanguinaire, ce qu’on avait un peu de mal à accepter jusque-là.

Julie London est magnifique en entraîneuse, otage des bandits et protégée par Cooper. Peut-être son plus beau rôle. Tous les personnages secondaires sont admirablement campés : Lord en tueur névrosé au rire de chacal, Arthur O’Connell en escroc à la petite semaine dont la survie ne tient qu’à un fil, John Dehner en « cousin » intelligent, Royal Dano et Robert J. Wilke en membres de la bande abrutis et bestiaux. Un superbe cast d’ensemble, dominé par la performance d’un Lee J. Cobb de 47 ans, lourdement grimé en vieil homme au bord de la sénilité, qu’il incarne comme un King Lear dégénéré.

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GARY COOPER, JACK LORD, LEE J. COBB ET JULIE LONDON

Démarrant comme un huis clos théâtral dans la cabane de Cobb, « L’HOMME DE L’OUEST » s’achèvera à ciel ouvert sans rien perdre de son pouvoir oppressant et de son pessimisme foncier. Après avoir été violée, Julie London ne pourra même pas se consoler auprès de l’homme dont elle est tombée amoureuse et qui s’en va retrouver sa famille. Non, décidément, « L’HOMME DE L’OUEST » n’est pas un western comme les autres !

À noter : pour le pinailleur à l’œil affuté. Lors de la bagarre entre Cooper et Lord, le premier est le plus souvent doublé par un cascadeur. Mais celui-ci n’a pas du tout la morphologie si particulière de «  Coop », ni la même coiffure et on voit clairement les efforts de son collègue doublant Jack Lord, pour dissimuler son visage avec son bras ou autre. À la fois touchant et un peu déconcentrant !

 

« TOMBSTONE » (1993)

tombstoneLes années qui passent siéent bien à « TOMBSTONE » de George P. Cosmatos (et paraît-il Kurt Russell qui aurait repris les rênes en cours de tournage), malgré de glorieux prédécesseurs qui ont moult fois traité la geste de Wyatt Earp au cinéma ou à la TV.

Dès le début, on est frappé par la recherche minutieuse d’authenticité, que ce soit dans les décors (c’est la première fois qu’on a la sensation que les saloons devaient vraiment ressembler à cela), les costumes et même dans le comportement des personnages. Le gunfight d’OK-Corral n’est pas le centre de gravité ni le climax du scénario, mais un événement-charnière qui fait basculer la vie de la famille Earp dans un bain de sang. Totalement crédible et bien construit jusqu’au départ de Tombstone, le film prend subitement une tout autre tonalité avec la vengeance de Wyatt et cède à la légende du Far-West façonnée par Hollywood. C’est peut-être là d’ailleurs, qu’on pourrait deviner qu’il y avait deux capitaines à bord ! Abandonnant toute psychologie, tout réalisme, « TOMBSTONE » devient alors un « actioner » haletant, plein de bruit et de fureur, les détonations envahissent la bande-son, les corps s’amoncèlent, les « one liners » aussi, les ellipses narratives se font radicales. C’est très jouissif et particulièrement bien filmé, il faut bien le reconnaître, mais cela n’a plus rien à voir avec la rigueur presque documentaire de la première heure. Western bicéphale donc, qui fait la part belle aux comédiens : Russell qui a rarement été plus convaincant qu’en tough guy intraitable mais démuni devant les femmes, Val Kilmer excellent en « Doc » souffreteux et livide à l’accent improbable, Sam Elliott et Bill Paxton idéalement castés en frères Earp. Les méchants sont superbes : Powers Boothe, Stephen Lang (abject !), Michael Biehn remarquable en pistolero psychopathe et lettré. Dana Delany ne manque pas de charme et on aperçoit même ce vieux Charlton Heston dans un rôle minuscule de rancher.

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VAL KILMER, SAM ELLIOTT, BILL PAXTON, KURT RUSSELL, DANA DELANY ET MICHAEL ROOKER

Un peu méprisé à sa sortie par les amateurs de westerns, « TOMBSTONE » mérite amplement de prendre sa place aux côtés de « LA POURSUITE INFERNALE », « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL » ou « 7 SECONDES EN ENFER » parmi les meilleures adaptations de la vie semi-rêvée de Wyatt Earp.

 

« HOMBRE » (1967)

HOMBRE.jpg« HOMBRE » c’est un peu un remake de « LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE » de John Ford à la sauce Elmore Leonard, auteur du roman original. C’est-à-dire un film plus âpre, dépourvu d’héroïsme westernien tous-publics et dont le « héros » est à peu près aussi peu sympathique et chaleureux que ceux des ‘spaghetti westerns’ qui venaient de déferler sur les écrans U.S. La personnalité de ‘Russell’, les gros-plans de visages en sueur, l’ambiance mexicaine, signent l’influence des films italiens.

L’équipe Martin Ritt-Paul Newman se reforme donc pour la sixième et dernière fois, pour dresser le portrait d’un étrange individu tiraillé entre deux cultures : un faux Indien, pas tout à fait visage pâle, qui bouge comme un Apache, ne lève le petit doigt pour personne et ne parle qu’en dernière extrémité. Newman fait un intéressant travail sur la gestuelle, sur les postures et l’économie de mouvements. Malgré de remarquables comédiens tous au top de leur forme, il domine le film en demeurant pratiquement immobile et mutique, jusqu’à la toute dernière scène. Autour de lui, Diane Cilento superbe en femme mûre et combative dont l’humanité débordante réveillera celle de Newman, Fredric March en vieux grigou rapace et sans cœur, Barbara Rush comme toujours remarquable en épouse opportuniste du vieil homme, Martin Balsam grimé en Mexicain et surtout Richard Boone qui s’éclate visiblement en hors-la-loi cruel et vicieux au rire graveleux. Rare de trouver dans un western un « bad guy » aussi complexe et imprévisible. Le plaisir des paysages désertiques en Scope, les confrontations psychologiques dans le huis clos d’une diligence ou d’une cabane désaffectée et la découverte progressive des motivations du protagoniste principal, font de « HOMBRE » autant un film d’action qu’un drame adulte et prenant. C’est – en mode sobre et effacé – un des plus beaux rôles de Newman.

À noter : Newman se nomme « John Russell » dans « HOMBRE », qui était le patronyme d’un acteur de TV connu pour la série « LAWMAN » et qui connut une gloire tardive en apparaissant dans « PALE RIDER » de Clint Eastwood, pour qui il tourna également « JOSEY WALES, HORS-LA-LOI » et « HONKYTONK MAN ».

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PAUL NEWMAN, DIANE CILENTO, RICHARD BOONE ET BARBARA RUSH