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Archives de Catégorie: ZOMBIE MOVIES

« RESIDENT EVIL » (2002)

evil2À la base, l’idée même d’un film de zombies inspiré d’un jeu vidéo et offrant comme héroïne la Milla Jovovich de Besson, on ne peut pas dire qu’on se précipite. Mais en y regardant à deux fois, on se souvient que Paul W. S. Anderson avait réalisé un très convenable « SOLDIER » avec Kurt Russell, et on finit pas se dire « pourquoi pas ? ».

« RESIDENT EVIL » synthétise à lui tout seul l’expression « plaisir coupable » : l’univers est rapidement planté (une société tentaculaire qui régit le monde et trafique dans l’ADN et les virus), l’action réduite à sa plus simple expression : une bande de militaires escortant les survivants d’une attaque virale, poursuivis par des morts-vivants, des dobermans zombifiés et même un monstre génétiquement modifié. Le tout rythmé par des combats, des fusillades, des corps-à-corps. Pour enrober tout cela, on met en vedettes deux jolies femmes : Jovovich dans une petite robe rouge révélatrice en « Jason Bournette » retrouvant peu à peu la mémoire et Michelle Rodriguez en ‘tough girl’ au rictus menaçant. Elles sont entourées de quelques bons acteurs anglais comme James Purefoy, Colin Salmon et Jason Isaacs qui apparaît masqué dans un plan et récite la voix « off ».

À partir du moment où les zombies font leur apparition, et même si leur apparence semble bien proprette depuis « WALKING DEAD », on peut mettre son cerveau en mode « veille ». On n’a guère le temps de s’ennuyer, les F/X sont corrects, vu leur âge, certaines images comme ce rayon laser découpant les soldats en tranches, sont assez frappantes et le montage ne connaît pratiquement pas de temps mort. On n’est certes pas dans le haut-de-gamme de la SF contemporaine, mais « RESIDENT EVIL » n’a rien de déshonorant et ne se prend jamais au sérieux. Et Milla Jovovich crée une silhouette iconique des plus efficaces. L’épilogue post-apocalyptique ouvre la porte à des sequels (il y en aura cinq !) et pourrait même servir de point de départ à la première saison de « WALKING DEAD ».

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MILLA JOVOVICH ET MICHELLE RODRIGUEZ

 

« THE STRANGERS » (2016)

Quand commence « THE STRANGERS », on se retrouve immédiatement en terrain familier : des meurtres bizarres dans une région rurale de Corée, on pense évidemment au remarquable « MEMORIES OF MURDER », d’autant que le héros-flic (Do-won Kwak) semble tout aussi incompétent et maladroit que ceux du film de 2003.strangers

Le signature de Hong-jin Na (« THE CHASER », « THE MURDERER ») est plutôt gage de solidité et d’originalité. Aussi est-ce en toute confiance qu’on pénètre dans cet univers dépaysant et volontiers déconcertant. Sur 156 copieuses minutes, le scénario développe une enquête policière d’abord sur un ton de semi-comédie, puis bifurque vers l’horreur avec des références à « L’EXORCISTE » avec le personnage du chaman ou aux films de zombies et pour finir s’achève – et c’est bien là le gros problème du film – dans la confusion la plus totale. En effet, la dernière demi-heure est quasiment incompréhensible et gâche considérablement la bonne impression laissée jusque-là par le film. Des personnages périphériques (le jeune prêtre) prennent subitement une énorme importance, les morts ressuscitent, le diable en personne fait son apparition, les petites filles deviennent des ‘mass murderers’… Et en guise de résolution, on n’a qu’un gros point d’interrogation à se mettre sous la dent. Bref, grosse déception et légère sensation d’avoir été pigeonné. Heureusement, la prestation habitée de Do-won Kwak, qui évolue du rôle de gros plouc trouillard et gaffeur à celui de héros de tragédie, maintient malgré tout l’intérêt autour de sa seule personne.

À prendre et à laisser donc dans « THE STRANGERS », œuvre élaborée et pleine de choses intéressantes, mais qui perd délibérément son public en route pour céder à un hermétisme des plus irritants. Dommage, vraiment…

 

« DERNIER TRAIN POUR BUSAN » (2016)

busanAu milieu de la déferlante de films ou séries télé de zombies, « DERNIER TRAIN POUR BUSAN » se distingue nettement du lot. Produit en Corée et écrit et réalisé par Sang-ho Yeon, ce film maintient de bout en bout un équilibre quasi-miraculeux entre le grand spectacle horrifique, voire le film-catastrophe, et le drame humain méticuleusement écrit.busan2

Les trois-quarts de l’action se déroulent dans un TGV où un jeune trader égoïste (Yoo Gong, excellent) accompagne sa fillette rendre visite à sa mère dans la ville de Busan. Mais subitement, le train est envahi par une horde de zombies voraces et déchaînés. Le scénario se concentre sur une poignée de personnages très bien dessinés et dépeint ce microcosme en mode survie sans aucun angélisme ou complaisance. L’homme est parfois bien pire que le mort-vivant ! Le sous-texte politique est également bien amené : l’épidémie qui semble détruire le pays est partie d’une erreur de jugement de la société employant notre trader ! On pourrait alors voir les milliers de zombies affamés et hurlant comme un symbole de la misère générée par les banques uniquement préoccupées par le profit immédiat.

Sur deux heures de projection, on n’a guère le loisir de souffler. Ça va très vite, la violence est omniprésente mais jamais excessive. Le réalisateur privilégie le suspense viscéral au « gore » et en l’occurrence, il a eu bien raison. Il était de toute façon difficile de surpasser « THE WALKING DEAD » en la matière. Avec une œuvre aussi aboutie et imaginative que « DERNIER TRAIN POUR BUSAN » (même la façon de bouger des zombies est totalement inédite !), le cinéma coréen confirme sa vision régénératrice du polar et du fantastique. On ne retrouve pratiquement aucun des clichés habituels du cinéma américain, aucun des schémas narratifs qui finissent par tuer toute fraîcheur. C’est un cinéma incroyablement énergique et sauvage. Et qui se paie même le luxe de réfléchir…

 

« LE TRÔNE DE FER » : saison 6 (2016)

La saison 6 de « GAME OF THRONES » sert de conclusion à un premier cycle entamé il y a cinq ans et referme la plupart des portes laissées ouvertes, règlant à peu près tous les comptes et se débarrassant plus ou moins brutalement de quelques personnages détestables installés depuis plusieurs années.game6

Ce n’est pas la saison la plus structurée ni la plus maîtrisée narrativement parlant. Des sous-intrigues comme celle de ‘Bran’ le jeune infirme ou d’Arya, la sœur cadette enrôlée par une étrange secte d’assassins, semblent n’aller nulle part, jusqu’à leurs justifications finales. Mais pendant neuf épisodes, elles ralentissent l’action. Tyrion (Peter Dinklage) protagoniste principal des épisodes précédents, n’a pas grand-chose à défendre cette année et passe son temps à boire et à faire des bons mots avec son copain l’eunuque. Cela crée un manque assez dommageable.

En revanche, c’est au niveau du grand spectacle qu’on est gâté, avec les deux derniers épisodes « BATTLE OF BASTARDS » et « THE WINDS OF WINTER » déjà anthologiques, dont le premier contient une des plus hallucinantes scènes de bataille jamais filmées. Au fil des ans, « GAMES OF THRONES » est d’ailleurs devenue une série sur la guerre et sur la folie des hommes, laissant peu à peu la grande Histoire prendre le pas sur les petites. La dernière image, celle d’une gigantesque flotte de vaisseaux progressant sur l’océan, survolée par trois dragons, laisse deviner ce qui nous attend pour la suite.

Dans un casting toujours aussi inspiré, dominé par l’infâme ‘Ramsay’ (Iwan Rheon, hallucinant), on a le plaisir – bref mais intact – de retrouver deux vétérans : Ian McShane et l’inoxydable Max Von Sydow.

À la fin du 10ème épisode, les cartes sont à nouveau redistribuées et le décor replanté. Ne reste plus qu’à attendre les dix prochains…

 

« THE WALKING DEAD » : saison 6 (2016)

Après l’intensité extraordinairement addictive des saisons 4 et 5, il fallait bien s’attendre à ce que la 6ème année de « THE WALKING DEAD » marque un peu le pas. À l’exception de deux ou trois épisodes bien chargés en violence, les auteurs s’attardent plutôt sur l’évolution des protagonistes, sur une réflexion parfois pertinente sur le dragon que l’homme finit automatiquement par devenir à force de combattre le dragon.wd6

On retrouve les défauts des premières saisons : un certain statisme, un dialogue surabondant (les personnages prennent le temps de philosopher en pleine action ou en perdant tout leur sang). Trop de temps est consacré à Lennie Jones, pacifiste à l’angélisme plus irritant que convaincant et le soudain revirement religieux de Melissa McBride est extrêmement mal amené et illogique. Même chose pour le rapprochement de ‘Rick’ et ‘Michonne’ que rien ne laissait prévoir et qui semble plaqué, comme une idée de dernière minute rajoutée pour pimenter un peu.

Malgré tout cela, la saison fonctionne bon an mal an, grâce au miroir de plus en plus cauchemardesque qu’elle tend à notre société et à notre monde en guerre. Grâce aussi à la façon dont est progressivement introduit le personnage méphistophélique de ‘Negan’, dont on ne fait que redouter l’arrivée. Quand enfin il apparaît, dans le dernier épisode, Jeffrey Dean Morgan est à la hauteur de l’attente et sa grande scène face à tous nos héros agenouillés, à sa merci, vaut à elle seule qu’on voie les 16 épisodes !

Cette 6ème saison ne soulève donc pas l’enthousiasme des deux précédentes (mais la barre était vraiment placée très haut !) et fait figure de transition pour une suite qu’on devine dramatique et bien chargée en adrénaline. À suivre, évidemment.

 

« LE TRÔNE DE FER » : saison 1 à 5 (2011-2015)

got3Après six années d’existence, la série « GAME OF THRONES » (« LE TRÔNE DE FER » en v.f., titre rarement utilisé) est devenue la plus populaire du monde et un authentique phénomène de société.

Adaptée des romans de George R. R. Martin, elle développe à un rythme de dix heures par an, un récit épique d’heroic fantasy, qui englobe à peu près tous les genres existants : la guerre, la politique, le mélodrame familial, la magie noire, le film de zombies, l’érotisme, etc. Chaque scénario s’articule autour d’une dizaine de sous-intrigues parallèles. C’est tellement copieux qu’il faut parfois s’accrocher pour retenir tous les noms, se souvenir des liens familiaux, mais vers le milieu de la 2ème saison, on est complètement immergé et le problème ne se pose plus. Les moyens sont colossaux et dignes (si ce n’est supérieurs) à ceux d’un long-métrage. On pense souvent à la saga du « SEIGNEUR DES ANNEAUX ». Les batailles sont extraordinaires, les F/X d’une qualité exceptionnelle. « GAME OF THRONES » restera sans doute comme la série qui a définitivement annihilé toute frontière qualitative entre le cinéma et la TV.got2

Bien sûr, tout n’est pas irréprochable. Le destin de certains personnages (le petit frère infirme, la petite Stark obsédée par la vengeance) peine à trouver sa place dans le mouvement général et certains personnages changent de personnalité sans raison (l’excellent Nikolaj Coster-Waldau qui passe progressivement de tueur d’enfants à héros bon-teint). Mais dans l’ensemble, c’est un spectacle total dont l’ampleur et l’ambition laissent pantois.

Côté casting, c’est un régal : citons Peter Dinklage, véritable protagoniste de la saga, héritier nain et désavoué d’un clan de guerriers, à l’intelligence aiguë, à l’humour ravageur, Lena Headey magnifique en reine perverse et haineuse, Charles Dance qui n’a jamais été meilleur qu’en monarque au cœur de pierre, Carice van Houten en sorcière maléfique, Gwendoline Christie, géniale en femme-chevalier invincible, il faudrait tous les citer. À noter que la série propose les « méchants » les plus ignobles de mémoire de spectateur : le jeune roi dégénéré Joffrey (Jack Gleeson) ou l’effroyable bâtard sanguinaire Ramsey (Iwan Rheon) dépassent littéralement les bornes !

« GAME OF THRONES » est hautement addictive, ses auteurs n’hésitent pas à éliminer des personnages principaux ce qui relance constamment l’intérêt et interdit tout relâchement. À noter que le « binge-watching » (la vision ininterrompue de tous les épisodes) est très recommandée.got

 

« AMERICAN HORROR STORY : COVEN » (2013)

Troisième saison d’une magnifique série « anthologique » : « AMERICAN HORROR STORY : COVEN » s’attaque à l’univers de la sorcellerie qu’il explore avec un mélange totalement décomplexé d’ultra-violence, de ‘gore’ et même de second degré, à travers une académie de sorcières se cherchant une nouvelle « suprême » pour les guider, alors que l’actuelle (Jessica Lange) a failli à son devoir et perd peu à peu ses pouvoirs.COVEN

Après l’hallucinant ‘bad trip’ que fut la 2ème saison, celle-ci semble moins puissante, moins choquante. Elle assume de nombreuses références à d’anciens films et séries comme « MA FEMME EST UNE SORCIÈRE » ou « MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE » (« Je me sens de moins en moins Samantha », dit Jessica Lange « Et de plus en plus Endora ! »), quitte à perdre en crédibilité et en pouvoir de conviction. Certains épisodes, comme ceux impliquant les tueurs à balles d’argent sont beaucoup plus faibles et renvoient à des séries ‘mainstream’ comme « BUFFY » ou « CHARMED ».

Mais l’un dans l’autre, grâce à un extraordinaire travail sur les décors et costumes, et surtout à un cast impressionnant, « COVEN » s’avère addictive au possible et se dévore avidement du premier au dernier épisode. En tête, Miss Lange, superbe en sorcière-en-chef terrifiée par le vieillissement, une prima donna cruelle et drôle, d’une méchanceté roborative. Son duo antagoniste avec l’éternellement belle Angela Bassett, grande prêtresse vaudou, vaut son pesant d’or. Autour d’elles de jeunes comédiennes comme Gabourey Sidibe (« PRECIOUS ») ou Lily Rabe en hippie aux pouvoirs de ressuscitation, Frances Conroy avec une perruque rousse incroyable, Danny Huston en serial killer à la hache, Mare Winningham en mère ‘white trash’ incestueuse, Lance Riddick incarnant le diable et surtout Kathy Bates dans son meilleur rôle depuis « MISERY », celui d’une esclavagiste tortionnaire venue du passé.

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JESSICA LANGE, KATHY BATES ET ANGELA BASSETT

Se prenant nettement moins au sérieux que les deux premières saisons, « COVEN » est plus inégale et chaotique, mais elle procure un vrai plaisir et la plupart de ses rebondissements fonctionnent. À voir absolument, sans en attendre toutefois le choc que constitua « ASYLUM ».