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Archives de Catégorie: ZOMBIE MOVIES

« LE CARNAVAL DES ÂMES » (1962)

SOULS2« LE CARNAVAL DES ÂMES », série B fauchée réalisée par Herk Harvey, est devenu un film-culte avec les années, probablement grâce à sa foncière étrangeté et à l’influence qu’il a pu avoir sur un film comme « LA NUIT DES MOTS-VIVANTS » et toute sa nombreuse descendance.

Pourtant, ce n’est pas un film d’horreur banal et on peut même y déceler l’influence de… « L’ANNÉE DERNIÈRE À MARIENBAD » sorti l’année précédente. Bien sûr, depuis on a vu « SIESTA », « LE SIXIÈME SENS », « STAY » ou « LES AUTRES » et il n’est guère difficile à l’amateur de ‘ghost stories’ de deviner rapidement de quoi il retourne. Et la chute finale tombe complètement à plat, tant elle est téléphonée. Mais le film, par sa facture primitive, sa lenteur hypnotique, ses longues séquences hors-sujet (particulièrement celles avec le pénible Sidney Berger en voisin de palier pot-de-colle), ne cesse de dérouter, d’intriguer et il pose des questions sans prendre la peine de donner de réponses. Pourquoi, par exemple, l’héroïne devient-elle de temps en temps complètement invisible aux autres comme un fantôme et à d’autres semble-t-elle tout à fait normale ? On ne le saura jamais et là, le scénario ignore délibérément sa propre logique.

Constamment à l’image, Candace Hilligoss a un visage hanté et un regard angoissé qui donnent de la densité à son personnage d’organiste terre-à-terre et distante, progressivement entrainée dans les ténèbres. Sa présence est pour beaucoup dans l’intérêt qu’on porte au film, malgré ses défauts.

SOULS

CANDACE HILLIGOSS ET HERK HARVEY

Une BO crispante à l’orgue, des gros-plans bien cadrés, un joli travail sur la bande-son et un final bien délirant dans une salle des fêtes désaffectée créent une atmosphère unique, bizarre et on a beau s’ennuyer fréquemment, « LE CARNAVAL DES ÂMES » laisse en mémoire quelques plans indélébiles.

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« LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » (2008)

MUMMY3 2Tourné sept ans après le second opus de Stephen Sommers, « LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » est cette fois signé par l’inégal mais parfois efficace Rob Cohen et transpose l’action d’Égypte en Chine.

Le prologue sur la légende de l’empereur Jet-Li est énergique et prometteur. Mais déjà, on tique quand on constate que Rachel Weisz – un des grands atouts de la franchise – a cédé son rôle à Maria Bello. Rapidement, on constate qu’on a quitté l’univers à la Indiana Jones des précédents films, pour s’aventurer dans une sorte d’Avatar spectaculaire de Tintin. Entre les temples qui s’écroulent, les soldats de terre cuite qui reviennent à la vie, les Yétis, la visite à Shangri-La et les poursuites interminables, le film n’arrive pas à vraiment trouver ses marques et souffre de sa propre surenchère qui fait oublier les enjeux et lasse rapidement l’intérêt. Les CGI sont remarquables, mais beaucoup trop envahissants et l’action perd progressivement toute substance. Ce troisième opus ressemble à ses prédécesseurs, mais il manque clairement quelque chose pour qu’il procure le même plaisir enfantin. L’humour est forcé (John Hannah semble ressasser les sempiternelles mêmes plaisanteries vaseuses), l’alchimie entre Brendan Fraser et sa « nouvelle » femme ne prend pas. Heureusement, il y a la marmoréenne Michelle Yeoh, un Jet-Li malfaisant à souhait et le toujours excellent Liam Cunningham en pilote tête brûlée.

« LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » n’est pas un ratage complet et il peut constituer un inoffensif passe-temps. Mais le cœur n’y est plus vraiment et la sensation de déjà-vu et de resucée s’installe dès le début pour ne faire qu’empirer. Et puis franchement, une momie sans Imhotep, est-ce vraiment une momie ? John Hannah a beau avoir nommé sa boîte de nuit ainsi, cela ne suffit pas !

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MICHELLE YEOH, BRENDAN FRASER ET MARIA BELLO

 

« DOOM » (2005)

DOOM2A priori, bien que méfiant, on se dit qu’un film avec à son générique la sublime Rosamund Pike ne peut pas être complètement mauvais. Puis on se convainc que le sympathique Dwayne Johnson en « bad ass » de l’espace, ça peut être amusant. Enfin, on se rappelle qu’il arrive à Karl Urban d’être très bien et on se souvient même – en forçant un peu – qu’Andrzej Bartkowiak fut un honnête directeur photo sur de grosses productions hollywoodiennes avant de passer à la réalisation. Au final, cela fait-il de « DOOM » un bon film ?

Hélas, pas vraiment. Le scénario est un mélange de « ALIENS » (on en parcourt des kilomètres de couloirs avec de gros flingues au poing !) et de « RESIDENT EVIL », d’une platitude inouïe, se vautrant sans complexe dans le déjà-vu et les emprunts trop voyants. L’action, claustrophobique et répétitive, est d’autant plus irritante, que le spectateur a systématiquement plusieurs trains d’avance sur les personnages, ce qui rend tout cela bien fastidieux. On atteint le fond avec une scène « subjective » directement extraite d’un jeu vidéo. Qui a bien pu avoir cette idée exécrable ?

C’est proprement filmé, ceci mis à part, les protagonistes sont bien définis, même si très caricaturaux et « The Rock » a un rôle étonnamment évolutif de super-sergent charismatique un peu trop fidèle au règlement, jusqu’à en devenir de plus en plus dangereux. Rosamund est toujours aussi photogénique en archéologue pas facilement impressionnable et Richard Brake en fait des tonnes en soldat libidineux et tête-à-claques.

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ROSAMUND PIKE, DWAYNE JOHNSON ET KARL URBAN

Alors, à voir quand même, « DOOM » ? Franchement ce n’est pas indispensable. On a vu tellement mieux dans le genre ! Que retenir de positif ? Des zombies particulièrement répugnants, une autopsie à soulever le cœur et un effet spécial très réussi : le nano-mur.

 

« THE GIRL WITH ALL THE GIFTS » (2016)

Adapté d’un roman, « THE GIRL WITH ALL THE GIFTS » démarre de manière délibérément déroutante, nous fait pénétrer doucement dans un univers de science-fiction cauchemardesque (des enfants emprisonnés et torturés), avant de se révéler pour ce qu’il est : un film de zombies !GIRL

Mais l’approche de Colm McCarthy est sensiblement différente des films habituels du genre. Tout est vu à travers les yeux d’une jeune « affamée » (c’est ainsi qu’on les nomme), l’épidémie provient d’un champignon qui prend possession du cerveau des humains et la conclusion est extrêmement originale dans son propos : et si l’extinction de l’espèce humaine n’était pas une catastrophe, en fin de compte, mais une évolution normale, voire nécessaire ?

Bien sûr, avec le déferlement de films et de série sur le thème du mort-vivant, « THE GIRL WITH ALL THE GIFTS » peine à trouver son originalité dans son déroulement, mais la petite Sennia Nanua est vraiment formidable dans le rôle de ‘Melanie’, fillette intelligente et avide d’apprendre, luttant comme elle peut contre sa nature de fauve vorace. Elle a une belle relation avec Gemma Arterton jouant sa prof généreuse. À leurs côtés, Glenn Close est une chercheuse acharnée et sans état d’âme et Paddy Considine est excellent comme toujours en militaire compétent mais dépassé par les événements.

Entre le drame psychologique et l’horreur pure, le film parvient à captiver sur près de deux heures, grâce à son refus du spectaculaire gratuit. Il n’est pourtant pas avare de ‘gore’ et de suspense, ni de poussées d’adrénaline, mais on sent toujours qu’il y a un propos au-delà des conventions du genre. Un peu le négatif de la série « WALKING DEAD » en somme, qui elle, prône la survie du genre humain à n’importe quel prix.

 

« RESIDENT EVIL : CHAPITRE FINAL » (2016)

Tourné quatre ans après le précédent chapitre, par Paul W.S. Anderson, créateur de la franchise, « RESIDENT EVIL : CHAPITRE FINAL » se situe pleinement dans la lignée des cinq autres opus : une esthétique de jeu vidéo (normal), une action ininterrompue, une orgie de zombies, des bastons, des fusillades, etc.EVIL6

Dans ses propres limites, c’est une plutôt bonne surprise et on est content de retrouver Milla Jovovich, quinze ans après qu’elle soit apparue pour la première fois dans sa petite robe rouge. À 40 ans et des poussières, elle n’a rien perdu de sa séduction et de son énergie physique et porte le film sur les épaules. Il est vrai que les trois-quarts du scénario se résument à un long trajet vers Raccoon City pour trouver l’antivirus capable de sauver ce qui reste de l’Humanité, entrelardé d’explosions de violence. On peut trouver cela vain et lassant, mais en revanche les « explications » s’avèrent étonnamment imaginatives (l’origine de l’épidémie et ses raisons, son message écologique pas idiot) et le final où ‘Alice’ se trouve confrontée à deux versions d’elle-même, est même franchement surprenant et éclaire toute la saga d’une lumière nouvelle.

Autour de la belle Milla, Iain Glen est un méchant particulièrement haïssable et on retrouve Ali Larter, autre « récurrente » depuis « RESIDENT EVIL : EXTINCTION ». On a même droit au comeback des lasers coulissants qui firent si forte impression dans le n°1.

Aucune surprise donc, mais des décors en CGI superbes, de beaux combats, des vues de Washington dévasté tout à fait réussies et bien sûr, du zombie à la tonne dont certains à l’aspect dignes d’un dessin de Berni Wrightson. Pour qui a apprécié les films les plus réussis de la série, aucune raison de ne pas aimer celui-ci qui clôture les aventures d’Alice au pays des zombies de plaisante manière.

 

« L’ARMÉE DES TÉNÈBRES » (1992)

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BRUCE CAMPBELL

Cinq ans après, « L’ARMÉE DES TÉNÈBRES » reprend le fil de l’histoire à l’endroit précis où « EVIL DEAD 2 » l’avait laissée, c’est-à-dire avec ‘Ash’ (Bruce Campbell) transporté au moyen-âge armé de sa tronçonneuse et de son fusil à répétition.ARMY

Doté cette fois d’un budget confortable, Sam Raimi s’en donne à cœur-joie dans la folie furieuse la plus totale. On nage dans une ambiance hystérique entre les films d’Errol Flynn, les cartoons de Tex Avery et les animations de Ray Harryhausen. L’humour est omniprésent, de plus en plus délirant à mesure que l’action progresse et la bataille contre l’armée de zombies et de squelettes belliqueux (préfigurant « GAME OF THRONES » de nombreuses années !) atteint des sommets d’extravagance, mêlant l’action pure et le fou-rire.

C’est extrêmement bien fait, compte tenu des F/X de l’époque et Campbell a vraiment su trouver le ton juste, pour incarner ce héros à mâchoire carrée, d’une arrogance et d’une suffisance inouïes, qu’il joue à la limite du second degré sans jamais y céder complètement. Il est pour beaucoup dans le plaisir que procure ce 3ème opus. À ses côtés, de bien jolies comédiennes comme Embeth Davidtz et dans de brèves apparitions Bridget Fonda et Angela Featherstone.

Truffé de séquences inoubliables (Ash affrontant des versions lilliputiennes de lui-même, le puits peuplé de monstres cannibales), sans le moindre temps-mort « L’ARMÉE DES TÉNÈBRES » est une orgie d’idées plus démentes les unes que les autres, qui n’a pas pris une ride et dont la seule évocation fait sourire.

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EMBETH DAVIDTZ

À noter que le film clôt la trilogie et que le personnage de ‘Ash’ ne refera son apparition qu’en 2016 dans la série TV « ASH vs EVIL DEAD », produite par Raimi. Et bien sûr, toujours incarné par Bruce Campbell. Who else ?

 

GEORGE A. ROMERO : R.I.P.

ROMERO

GEORGE A. ROMERO (1940-2017), IL RÉVOLUTIONNA LE FILM D’HORREUR AVEC « LA NUIT DES MORTS-VIVANTS » ET SE CONSACRA AU MYTHE DES ZOMBIES.

 
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Publié par le 16 juillet 2017 dans CARNET NOIR, ZOMBIE MOVIES