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Archives de Catégorie: ZOMBIE MOVIES

« THE STAKELANDER » (2016)

STAKELANDER.jpgÀ nouveau écrite par Nick Damici, réalisée par Dan Berk & Robert Olsen remplaçant Jim Mickle, « THE STAKELANDER » est une continuation logique et nullement honteuse du film de 2010.

On retrouve un Connor Paolo mûri, barbu, avide de vengeance après la mort de sa femme et de sa fille, et en passe de se transformer en clone de « Mister » (Damici) qu’il recherche dans cette terre dévastée en proie aux vampires et aux sectes cannibales. Ce n’est pas aussi enlevé et stylé que le n°1, mais on replonge sans difficulté dans l’univers créé alors. Le thème général est celui de la vengeance et, même si le scénario semble parfois trop « vissé », cherchant à tout justifier, le film se laisse regarder avec intérêt. Damici – en tant qu’auteur et comédien – a réussi à inventer un personnage iconique du cinéma d’horreur, un chasseur de vampires mutique et sans pitié. Il a eu l’intelligence de ne pas l’enfermer dans son archétype et de le faire évoluer lentement vers plus d’humanité et de vulnérabilité. Le jeu des vases communicants avec son ex-protégé est tout à fait pertinent et permet au film de n’être pas qu’une simple resucée. Quelques seconds rôles sont intrigants, comme cette « enfant sauvage » (Laura Abramsen) qui s’attache à Mister, comme ces deux vieux bikers gays (A.C. Peterson et Steven Williams) ou cette vampire mutante borgne, ennemie jurée de nos héros (Kristina Hughes).

Évidemment pas de quoi hurler au chef-d’œuvre, mais « THE STAKELANDER » est une bonne surprise, car on n’en attendait rien et qu’il respecte le film original, en poussant plus loin quelques curseurs. La fin (relativement) ouverte, laisse imaginer qu’un jour, un n°3 puisse voir le jour. Pourquoi pas ?

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CONNOR PAOLO, NICK DAMICI ET KRISTINA HUGHES

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« INFECTÉS » (2009)

CARRIERS.jpgIl n’a pas dû être facile à vendre ce « INFECTÉS ». Film de zombies sans zombies, film post-apocalyptique intimiste, et au fond, surtout drame psychologique sur deux frères diamétralement opposés qui se trouvent confrontés aux pires dilemmes imaginables.

Écrit et réalisé par David et Álex Pastor, c’est une série B un peu plus ambitieuse qu’il ne paraît au premier abord. L’action se situe APRÈS l’évènement qui a détruit la population de la planète et la plupart des « infectés » ne sont plus que des cadavres putréfiés. Reste le pire ennemi : nous-mêmes. Et le scénario s’applique à démontrer que lorsque la survie est en jeu, il n’existe plus rien d’autre. Ni l’amour, ni l’amitié, ni la solidarité. Rien qu’un égoïsme nécessaire mais qui déshumanise peu à peu les survivants et ronge leur âme. C’est un propos indéniablement intelligent et original, qui semble examiner à la loupe le contenu de ce sous-genre de l’horreur qu’est le « film de zombies » et se conclue dans un anti-climax lucide et désespérant. Survivre, oui. Mais pourquoi ? Et dans quel état ?

Sobrement filmé, vigoureusement monté, « INFECTÉS » est porté par d’excellents jeunes acteurs : Chris Pine parfait en voyou arrogant et fier-à-bras aux fêlures béantes, Lou Taylor Pucci en frère cadet freiné par ses scrupules, Piper Perabo et Emily VanCamp toutes deux intenses et crédibles. Chris Meloni a un beau rôle secondaire, celui d’un homme à bout de ressources essayant de sauver sa fillette malade. La scène où il est abandonné sur la route est vraiment poignante.

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CHRIS PINE, LOU TAYLOR PUCCI, CHRIS MELONI ET PIPER PERABO

Bonne surprise donc que « INFECTÉS », qui va un peu plus loin que les habituelles histoires de morts-vivants et s’attache plutôt à prouver que l’humanité n’est peut-être qu’un mince vernis qui ne résiste pas très longtemps aux assauts. À méditer.

 

« SIMETIERRE » (1989)

PETÉcrit par Stephen King d’après son propre roman, réalisé par Mary Lambert, réalisatrice de clips et de l’étrange « SIESTA », « SIMETIERRE » est vraiment une drôle de chose ! Le sujet en est absolument fascinant, mais le traitement visuel se risque souvent au « kitsch-qui-tue » sans rime ni raison.

Il n’empêche que la force de l’histoire est indéniable : sous couvert de fable horrifique sur la destruction d’une famille par les forces du Mal (le sempiternel cimetière indien), « SIMETIERRE » traite de front le déni de la mort, le refus de l’inéluctable et l’inacceptable deuil d’un enfant en bas-âge, avec une franchise brutale et dérangeante. Malgré ses nombreux défauts et son look tellement « eighties » qu’il fait parfois sourire, le film garde quelque chose d’authentiquement maléfique et déstabilisant. Et quelques idées visuelles – comme ce chat revenu d’entre les morts aux yeux transformés en spots jaunes – restent imprimées dans la mémoire. Hélas, la réalisatrice semble de pas savoir où s’arrêter et certaines scènes, comme les flash-backs sur la sœur infirme de l’héroïne, frisent le grand guignol et décrédibilisent l’ensemble. La direction d’acteurs est par ailleurs plus que flottante : Denise Crosby ne sait visiblement pas quoi faire de son personnage, Dale Midkiff omniprésent n’a absolument pas la stature pour porter un tel rôle, surtout dans les moments les plus dramatiques. Seul s’en sort le vétéran Fred Gwynne, excellent en vieux voisin porteur d’inavouables secrets.

« SIMETIERRE » a beaucoup vieilli, mais demeure attachant pour plusieurs morceaux de suspense bien menés, pour un vrai jusqu’au-boutisme dans l’horreur proche du blasphème et mérite d’être revu.

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FRED GWYNNE, DALE MIDKIFF, DENISE CROSBY ET BRAD GREENQUIST

À noter qu’une sequel fut tournée par la même réalisatrice trois ans plus tard et qu’un remake a été produit en 2019.

 

« THE CRAZIES » (2010)

CRAZIES« THE CRAZIES » est le remake de « LA NUIT DES FOUS VIVANTS » réalisé par George A. Romero (crédité ici en tant que producteur) en 1973. Sous ses dehors de film de zombies, c’est en fait un survival survolté, autour d’une épidémie – causée accidentellement par l’armée dont un avion s’est écrasé – qui transforme d’honnêtes provinciaux en fous furieux ultra-violents et pas très jolis à voir.

Le film de Breck Eisner est une franche réussite, un film d’action de belle envergure dont le suspense ne retombe jamais et dont tous les personnages s’avèrent intéressants et attachants. Certaines séquences sont d’une brutalité inouïe, comme le massacre systématique des habitants par des soldats masqués, certains morceaux de bravoure (l’attaque sanglante dans la chambre d’enfant)  laissent le souffle coupé et l’enchaînement dramatique en crescendo est parfaitement maîtrisé. Une excellente surprise donc, moins prévisible qu’un « zombie flick » classique tout en utilisant les mêmes codes.  Timothy Olyphant est très bien en shérif calme et intelligent mais pas invulnérable annonçant par certains aspects son rôle emblématique dans la série TV « JUSTIFIED », Radha Mitchell joue avec intensité sa femme enceinte, Joe Anderson sort du rang en « deputy » nonchalant mais létal et Danielle Panabaker est toujours aussi charmante.

« THE CRAZIES » réussit à 100% le pari du mouvement permanent, maintient un niveau de stress rarement atteint dans le cinéma d’horreur. Chapeau donc à ce « petit film » qui n’a certainement pas dû avoir le budget d’un Tom Cruise, mais qui remplit totalement sa mission. À noter : ne pas manquer le petit épilogue, pendant le générique de fin.

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TIMOTHY OLYPHANT, RADHA MITCHELL ET JOE ANDERSON

 
 

HAPPY BIRTHDAY, LUCIO !

FULCI

LUCIO FULCI (1927-1996), AUTEUR ET RÉALISATEUR ÉCLECTIQUE, CONNU POUR SES FILMS DE ZOMBIES « GORE » ET SON GOÛT DE L’EXCÈS.

 
 

« LE TRÔNE DE FER » : saison 7 (2017)

La 7ème saison de « GAME OF THRONES », la plus ambitieuse série de l’Histoire de la télévision, comprend sept épisodes dont un dernier d’une durée de long-métrage et confirme que la frontière avec le cinéma est définitivement abolie. Bien des productions pour grand écran rêveraient d’avoir ces moyens !GOT7

Après le carnage qui décima une bonne partie du casting à la fin de la saison précédente, celle-ci met en avant des personnages secondaires (le truculent Jerome Flynn, l’intellectuel John Bradley), relègue à l’arrière-plan l’étonnante Gwendoline Christie ou le charismatique Nikolaj Coster-Waldau, pour concentrer l’intérêt sur la destinée de ‘Jon Snow’ (le dépressif Kit Harington) ou de la mère des dragons (Emilia Clarke). Lena Headey, qui n’a jamais été spécialement tendre, atteint à présent des cimes épiques dans la cruauté et la traîtrise. Magnifique personnage !

Le scénario montre tous ces individus motivés par la haine, la vengeance ou l’ambition aveugle, forcés d’unir leurs forces pour combattre l’ennemi ultime : l’armée des morts, des millions de zombies bien résolus à conquérir le monde. Comme toujours, la série est totalement addictive, d’une splendeur visuelle inégalée, constamment relancée par des voltefaces inopinées, des scènes de bataille d’une ampleur inouïe et des enjeux de plus en plus colossaux. Seul petit bémol : en pirate cabotin, l’acteur danois Pilou Asbæk peine à égaler en monstruosité les Joffrey ou Ramsay des précédentes saisons.

Avec ses hauts, ses bas, ses petits défauts et énormes qualités, « GAME OF THRONES » se maintient depuis toujours au même niveau et constitue une œuvre unique et qu’il sera probablement difficile à surpasser ou même à égaler. Cette 7ème saison est l’avant-dernière d’une saga prodigieuse qui devrait s’achever en 2019.

 

« DEAD AGAIN IN TOMBSTONE » (2017)

« I’m getting too old for this dyin’ shit ! », lâche Danny Trejo en ressuscitant pour la troisième fois depuis le début du film. Sequel du semi-nanar de 2013, « DEAD AGAIN IN TOMBSTONE » réalisé au Canada par un Hollandais, est une des pires sequels qu’il soit donné de voir.

À 73 ans bien tassés, l’ami Trejo a perdu beaucoup de sa superbe. Il semble encore plus petit dans son cache-poussière de cuir noir et serre ses grandes dents blanches en tirant à deux revolvers. Mais sa légendaire férocité s’est évaporée. Et l’absence de Mickey Rourke, attraction du n°1, se fait cruellement ressentir. Le scénario ? Une vague histoire de grimoire satanique piqué à « EVIL DEAD », convoité par un officier sudiste (Jake Busey, tout en rictus) et aussi le retour de ‘Guerrero’ dans sa ville natale où il retrouve sa mamita qui a l’air plus jeune que lui et sa plantureuse fille. C’est pourri de ralentis, de contrejours publicitaires et cela s’achève en film de zombies dans un showdown d’un grotesque achevé ! C’est franchement stupéfiant de n’importe quoi sans aucun contrôle, jusqu’aux décors qui semblent avoir été plantés la veille par Lapeyre.

Trejo en est, à l’heure où sont écrites ces lignes, à son 350ème film et il n’en est donc pas à un navet près vu sa cadence de tournage. ‘Guerrero’, l’envoyé de Satan est un de ses trois rôles récurrents avec Machete et Bad Ass, et très certainement le héros de western le plus improbable de l’Histoire du genre.

« DEAD AGAIN IN TOMBSTONE », suite d’un film déjà pas bien fameux n’avait aucune chance de s’élever au-dessus de sa condition de DTV fauché et d’une laideur à faire peur. Même le fan aveugle et sourd de Danny commencera à trouver qu’il exagère un peu et que, effectivement, il commence à devenir « too old for this shit ».

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JAKE BUSEY ET DANNY TREJO