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Archives de Catégorie: ZOMBIE MOVIES

« THE CRAZIES » (2010)

CRAZIES« THE CRAZIES » est le remake de « LA NUIT DES FOUS VIVANTS » réalisé par George A. Romero (crédité ici en tant que producteur) en 1973. Sous ses dehors de film de zombies, c’est en fait un survival survolté, autour d’une épidémie – causée accidentellement par l’armée dont un avion s’est écrasé – qui transforme d’honnêtes provinciaux en fous furieux ultra-violents et pas très jolis à voir.

Le film de Breck Eisner est une franche réussite, un film d’action de belle envergure dont le suspense ne retombe jamais et dont tous les personnages s’avèrent intéressants et attachants. Certaines séquences sont d’une brutalité inouïe, comme le massacre systématique des habitants par des soldats masqués, certains morceaux de bravoure (l’attaque sanglante dans la chambre d’enfant)  laissent le souffle coupé et l’enchaînement dramatique en crescendo est parfaitement maîtrisé. Une excellente surprise donc, moins prévisible qu’un « zombie flick » classique tout en utilisant les mêmes codes.  Timothy Olyphant est très bien en shérif calme et intelligent mais pas invulnérable annonçant par certains aspects son rôle emblématique dans la série TV « JUSTIFIED », Radha Mitchell joue avec intensité sa femme enceinte, Joe Anderson sort du rang en « deputy » nonchalant mais létal et Danielle Panabaker est toujours aussi charmante.

« THE CRAZIES » réussit à 100% le pari du mouvement permanent, maintient un niveau de stress rarement atteint dans le cinéma d’horreur. Chapeau donc à ce « petit film » qui n’a certainement pas dû avoir le budget d’un Tom Cruise, mais qui remplit totalement sa mission. À noter : ne pas manquer le petit épilogue, pendant le générique de fin.

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TIMOTHY OLYPHANT, RADHA MITCHELL ET JOE ANDERSON

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HAPPY BIRTHDAY, LUCIO !

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LUCIO FULCI (1927-1996), AUTEUR ET RÉALISATEUR ÉCLECTIQUE, CONNU POUR SES FILMS DE ZOMBIES « GORE » ET SON GOÛT DE L’EXCÈS.

 
 

« LE TRÔNE DE FER » : saison 7 (2017)

La 7ème saison de « GAME OF THRONES », la plus ambitieuse série de l’Histoire de la télévision, comprend sept épisodes dont un dernier d’une durée de long-métrage et confirme que la frontière avec le cinéma est définitivement abolie. Bien des productions pour grand écran rêveraient d’avoir ces moyens !GOT7

Après le carnage qui décima une bonne partie du casting à la fin de la saison précédente, celle-ci met en avant des personnages secondaires (le truculent Jerome Flynn, l’intellectuel John Bradley), relègue à l’arrière-plan l’étonnante Gwendoline Christie ou le charismatique Nikolaj Coster-Waldau, pour concentrer l’intérêt sur la destinée de ‘Jon Snow’ (le dépressif Kit Harington) ou de la mère des dragons (Emilia Clarke). Lena Headey, qui n’a jamais été spécialement tendre, atteint à présent des cimes épiques dans la cruauté et la traîtrise. Magnifique personnage !

Le scénario montre tous ces individus motivés par la haine, la vengeance ou l’ambition aveugle, forcés d’unir leurs forces pour combattre l’ennemi ultime : l’armée des morts, des millions de zombies bien résolus à conquérir le monde. Comme toujours, la série est totalement addictive, d’une splendeur visuelle inégalée, constamment relancée par des voltefaces inopinées, des scènes de bataille d’une ampleur inouïe et des enjeux de plus en plus colossaux. Seul petit bémol : en pirate cabotin, l’acteur danois Pilou Asbæk peine à égaler en monstruosité les Joffrey ou Ramsay des précédentes saisons.

Avec ses hauts, ses bas, ses petits défauts et énormes qualités, « GAME OF THRONES » se maintient depuis toujours au même niveau et constitue une œuvre unique et qu’il sera probablement difficile à surpasser ou même à égaler. Cette 7ème saison est l’avant-dernière d’une saga prodigieuse qui devrait s’achever en 2019.

 

« DEAD AGAIN IN TOMBSTONE » (2017)

« I’m getting too old for this dyin’ shit ! », lâche Danny Trejo en ressuscitant pour la troisième fois depuis le début du film. Sequel du semi-nanar de 2013, « DEAD AGAIN IN TOMBSTONE » réalisé au Canada par un Hollandais, est une des pires sequels qu’il soit donné de voir.

À 73 ans bien tassés, l’ami Trejo a perdu beaucoup de sa superbe. Il semble encore plus petit dans son cache-poussière de cuir noir et serre ses grandes dents blanches en tirant à deux revolvers. Mais sa légendaire férocité s’est évaporée. Et l’absence de Mickey Rourke, attraction du n°1, se fait cruellement ressentir. Le scénario ? Une vague histoire de grimoire satanique piqué à « EVIL DEAD », convoité par un officier sudiste (Jake Busey, tout en rictus) et aussi le retour de ‘Guerrero’ dans sa ville natale où il retrouve sa mamita qui a l’air plus jeune que lui et sa plantureuse fille. C’est pourri de ralentis, de contrejours publicitaires et cela s’achève en film de zombies dans un showdown d’un grotesque achevé ! C’est franchement stupéfiant de n’importe quoi sans aucun contrôle, jusqu’aux décors qui semblent avoir été plantés la veille par Lapeyre.

Trejo en est, à l’heure où sont écrites ces lignes, à son 350ème film et il n’en est donc pas à un navet près vu sa cadence de tournage. ‘Guerrero’, l’envoyé de Satan est un de ses trois rôles récurrents avec Machete et Bad Ass, et très certainement le héros de western le plus improbable de l’Histoire du genre.

« DEAD AGAIN IN TOMBSTONE », suite d’un film déjà pas bien fameux n’avait aucune chance de s’élever au-dessus de sa condition de DTV fauché et d’une laideur à faire peur. Même le fan aveugle et sourd de Danny commencera à trouver qu’il exagère un peu et que, effectivement, il commence à devenir « too old for this shit ».

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JAKE BUSEY ET DANNY TREJO

 

« WALKING DEAD » : saison 7 (2017)

WD7 2La 6ème saison de « WALKING DEAD » laissait nos héros en fâcheuse posture, la 7ème démarre à l’endroit précis où on les avait laissés : ligotés, humiliés, impuissants, à la merci de ‘Negan’, le leader psychopathe d’un clan rival, armé d’une batte de baseball ornée de barbelés qu’il appelle ‘Lucille’.

L’épisode « THE DAY WILL COME WHEN YOU WON’T BE » est pétrifiant : un long exercice de torture morale et physique qui va jusqu’à l’anéantissement psychologique de ‘Rick’ entre les mains de Negan et surtout la mort excessivement brutale de deux personnages centraux de la série, réduits en bouillie. Le problème, c’est qu’après cette entrée en matière, il faut attendre le 16ème et dernier épisode pour retrouver la même verve, le même suspense viscéral. On sent que, à l’instar de la précédente, c’est une saison de transition, une préparation à la 8ème. Les protagonistes manifestement essoufflés, ne sont pas très bien servis (la bluette entre Rick et Michonne, franchement sans intérêt et peu crédible, banalise les personnages), cela se répète beaucoup, on perd un temps fou en séquences dialoguées où tout le monde s’explique, s’excuse, se menace, etc. Et surtout, pour la première fois, des comédiens très faibles occupent le devant de la scène, comme les désolantes Alanna Masterson, Christian Serratos ou Katelyn Nacon. Quant aux nouveaux venus, comme le roi Ezekiel et son tigre numérique, on est en droit de se montrer circonspect.

Quoi qu’il en soit, la saison appartient tout entière à Jeffrey Dean Morgan, qui crée un prodigieux ‘bad guy’ en la personne de Negan. Un despote sadique, pervers, mais surtout – et c’est là la vraie révolution – incroyablement intelligent et charismatique. Au point d’éclipser les héros de la série à la moindre apparition. L’acteur a visiblement connu une vraie fusion avec son rôle et il explose l’écran, s’accaparant la vedette, jusqu’à devenir presque… sympathique. Car il est clair qu’on s’amuse bien davantage avec lui qu’avec nos « récurrents » un peu fatigués et trop bavards. Véritable double en négatif de Rick, il parvient sans difficulté à oblitérer celui-ci.

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JEFFREY DEAN MORGAN ET POLLYANNA McINTOSH

Les zombies restent un peu à l’arrière-plan, mais sont plus répugnants que jamais, on se réjouit de voir l’étonnante Pollyanna McInstosh en chef d’une sorte de secte de survivants, mais cette saison 7 apparaît comme une des moins prenantes, des moins addictives depuis le début de la série. À suivre, donc…

 

« LE CARNAVAL DES ÂMES » (1962)

SOULS2« LE CARNAVAL DES ÂMES », série B fauchée réalisée par Herk Harvey, est devenu un film-culte avec les années, probablement grâce à sa foncière étrangeté et à l’influence qu’il a pu avoir sur un film comme « LA NUIT DES MOTS-VIVANTS » et toute sa nombreuse descendance.

Pourtant, ce n’est pas un film d’horreur banal et on peut même y déceler l’influence de… « L’ANNÉE DERNIÈRE À MARIENBAD » sorti l’année précédente. Bien sûr, depuis on a vu « SIESTA », « LE SIXIÈME SENS », « STAY » ou « LES AUTRES » et il n’est guère difficile à l’amateur de ‘ghost stories’ de deviner rapidement de quoi il retourne. Et la chute finale tombe complètement à plat, tant elle est téléphonée. Mais le film, par sa facture primitive, sa lenteur hypnotique, ses longues séquences hors-sujet (particulièrement celles avec le pénible Sidney Berger en voisin de palier pot-de-colle), ne cesse de dérouter, d’intriguer et il pose des questions sans prendre la peine de donner de réponses. Pourquoi, par exemple, l’héroïne devient-elle de temps en temps complètement invisible aux autres comme un fantôme et à d’autres semble-t-elle tout à fait normale ? On ne le saura jamais et là, le scénario ignore délibérément sa propre logique.

Constamment à l’image, Candace Hilligoss a un visage hanté et un regard angoissé qui donnent de la densité à son personnage d’organiste terre-à-terre et distante, progressivement entrainée dans les ténèbres. Sa présence est pour beaucoup dans l’intérêt qu’on porte au film, malgré ses défauts.

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CANDACE HILLIGOSS ET HERK HARVEY

Une BO crispante à l’orgue, des gros-plans bien cadrés, un joli travail sur la bande-son et un final bien délirant dans une salle des fêtes désaffectée créent une atmosphère unique, bizarre et on a beau s’ennuyer fréquemment, « LE CARNAVAL DES ÂMES » laisse en mémoire quelques plans indélébiles.

 

« LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » (2008)

MUMMY3 2Tourné sept ans après le second opus de Stephen Sommers, « LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » est cette fois signé par l’inégal mais parfois efficace Rob Cohen et transpose l’action d’Égypte en Chine.

Le prologue sur la légende de l’empereur Jet-Li est énergique et prometteur. Mais déjà, on tique quand on constate que Rachel Weisz – un des grands atouts de la franchise – a cédé son rôle à Maria Bello. Rapidement, on constate qu’on a quitté l’univers à la Indiana Jones des précédents films, pour s’aventurer dans une sorte d’Avatar spectaculaire de Tintin. Entre les temples qui s’écroulent, les soldats de terre cuite qui reviennent à la vie, les Yétis, la visite à Shangri-La et les poursuites interminables, le film n’arrive pas à vraiment trouver ses marques et souffre de sa propre surenchère qui fait oublier les enjeux et lasse rapidement l’intérêt. Les CGI sont remarquables, mais beaucoup trop envahissants et l’action perd progressivement toute substance. Ce troisième opus ressemble à ses prédécesseurs, mais il manque clairement quelque chose pour qu’il procure le même plaisir enfantin. L’humour est forcé (John Hannah semble ressasser les sempiternelles mêmes plaisanteries vaseuses), l’alchimie entre Brendan Fraser et sa « nouvelle » femme ne prend pas. Heureusement, il y a la marmoréenne Michelle Yeoh, un Jet-Li malfaisant à souhait et le toujours excellent Liam Cunningham en pilote tête brûlée.

« LA MOMIE – LA TOMBE DE L’EMPEREUR DRAGON » n’est pas un ratage complet et il peut constituer un inoffensif passe-temps. Mais le cœur n’y est plus vraiment et la sensation de déjà-vu et de resucée s’installe dès le début pour ne faire qu’empirer. Et puis franchement, une momie sans Imhotep, est-ce vraiment une momie ? John Hannah a beau avoir nommé sa boîte de nuit ainsi, cela ne suffit pas !

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MICHELLE YEOH, BRENDAN FRASER ET MARIA BELLO