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« GUERRE ET AMOUR » (1975)

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DIANE KEATON ET WOODY ALLEN

« GUERRE ET AMOUR » est le dernier film de la première période de la carrière de Woody Allen, c’est-à-dire les films purement « comiques ». C’est aussi un des plus délectables, toutes époques confondues, et contenant en germe tout l’avenir du cinéaste.GUERRE

C’est, à la base, un pastiche de la littérature russe du 19ème siècle, surtout de Tolstoï et Dostoïevski, truffé d’anachronismes, d’hommages visuels à Ingmar Bergman, et suivant deux personnages extrêmement bien dessinés : Woody d’abord, fils de paysans couard et obsédé sexuel et Diane Keaton femme libérée avant l’heure, sorte de Mme Bovary exaltée. Ensemble, ils traversent les guerres napoléoniennes, tentent même d’assassiner l’empereur dans une espèce d’euphorie contagieuse provoquée par une avalanche ininterrompue de bons mots, de situations absurdes et d’allusions salaces. Tourné en France et en Hongrie, avec des moyens conséquents, avec une équipe principalement française (Ghislain Cloquet à la photo), « GUERRE ET AMOUR » ne cesse de faire sourire et réserve plusieurs éclats de rire mémorables. Comment résister au vieux père de Woody trimbalant sur lui son minuscule lopin de terre ? Au premier mari de Diane obsédé par les harengs ? À la balle tirée en l’air qui retombe sur notre « héros » ? À tant d’autres gags verbaux ou visuels qui font mouche pratiquement à chaque fois… Diane Keaton n’a jamais été aussi charmante, aussi précise dans le timing de comédie, aussi excentrique. Elle fait jeu égal avec Woody, pareil à lui-même. Les apparitions de la Grande Faucheuse vêtue de blanc renvoient à Bergman, le petit rôle de Jessica Harper à la fin est un magnifique clin d’œil à « PERSONA » et la danse finale de Woody avec la Mort dans un décor bucolique, clôture ce petit chef-d’œuvre d’humour référentiel et trivial, sur une note idéale.

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WOODY ALLEN, DIANE KEATON ET HOWARD VERNON

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HAPPY BIRTHDAY, JOSH !

BROLIN

JOSH BROLIN, LE FILS DE JAMES S’EST IMPOSÉ PETIT À PETIT COMME UN DES MEILLEURS ET VERSATILES ACTEURS DE SA GÉNÉRATION. À SUIVRE…

 
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Publié par le 12 février 2019 dans ANNIVERSAIRES, LES FILMS DE JOSH BROLIN

 

« EQUALIZER 2 » (2018)

Il a fallu pas moins de quatre ans à Antoine Fuqua et Denzel Washington pour tourner « EQUALIZER 2 ». Et heureusement, le résultat n’est pas pour déplaire à l’amateur de films d’action efficaces et de super-héros sexagénaires.EQUALIZER2.jpg

Cette fois, l’identité secrète de ‘McCall’ c’est chauffeur de taxi, ce qui n’est pas étonnant, vu ses connections avec le « TAXI DRIVER » de Martin Scorsese dans le précédent opus. L’air de rien, il continue de jouer les justiciers bénévoles, tout en lisant Proust. La séquence d’ouverture dans un train traversant la Turquie est un grand plaisir coupable et donne le ton du film tout entier. « This time, it’s personal ! »  affirmait une célèbre « tagline ». Et en effet, la grande amie de Denzel, Melissa Leo est assassinée alors qu’elle enquêtait sur un triple meurtre à Bruxelles. Le scénario est excessivement simpliste et linéaire, il fonctionne sur des schémas et des clichés antédiluviens (qui avait le moindre doute sur ce qui allait advenir de l’ado que notre héros prend sous son aile ? Ou du vieux rescapé des camps ?), et accuse un gros coup de mou après la révélation – qu’on voit venir à des kilomètres – de l’identité du traître. Mais Fuqua a un sacré métier, les scènes d’action sont spectaculaires et le « showdown » dans la petite ville balayée par un ouragan a de la gueule. Alors cela se laisse regarder sans déplaisir ni ennui, en laissant son sens critique au vestiaire. Washington est toujours impressionnant dans l’action pure et cultive son opacité naturelle. Pedro Pascal est très bien en ex-coéquipier, tout comme Bill Pullman dans un rôle secondaire.

Ce n°2 s’inscrit parfaitement dans les travées du premier film et offre ce qu’il promettait d’offrir. Du suspense, de l’émotion (ce qu’on apprend du passé de McCall) et une maîtrise de l’action absolument bluffante. Donc, aucune raison de s’en priver si on a apprécié le premier.

 

CARMEN ARGENZIANO : R.I.P.

ARGENZIANO

CARMEN ARGENZIANO (1943-2019), SECOND RÔLE DE TV AUX 220 FILMS ET TÉLÉFILMS, APERÇU DANS « LE PARRAIN 2 » ET « TERREUR SUR LA LIGNE ».

 
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Publié par le 11 février 2019 dans CARNET NOIR

 

AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 83 ANS…

BURT

PETIT HOMMAGE À BURT REYNOLDS ET À SA LONGUE CARRIÈRE. L’ACTEUR-CASCADEUR-RÉALISATEUR NOUS A QUITTÉS IL Y A QUELQUES MOIS.

 

« DON’T DRINK THE WATER » (1994)

DRINKI.jpeg« DON’T DRINK THE WATER » fut un énorme succès à Broadway en 1966 et fut adapté en long-métrage trois ans plus tard avec, semble-t-il, moins de bonheur. Entre deux films de sa grande période, Woody Allen en tourna un remake pour la TV et reprit le rôle principal, créé au théâtre par Lou Jacobi et à l’écran par Jackie Gleason.

Pendant la guerre froide, une famille de beaufs new-yorkais en visite à Moscou se retrouve enfermée dans l’ambassade américaine, après avoir été pris pour des espions par le KGB. Dans ce huis clos, tout le monde est incompétent, fou à lier, pleutre et hystérique. Allen s’essaie au boulevard frénétique et le comique est basé sur une avalanche de « one liners », des bousculades, des malentendus. C’est parfois fatigant, souvent drôle, mais c’est intéressant de voir Woody Allen revisiter à 60 ans un texte écrit quand il en avait la moitié. Esthétiquement – et même s’il retrouve son équipe technique habituelle – c’est visiblement moins soigné que d’habitude, en format carré d’avant le 16/9, et cela ressemble beaucoup à du théâtre filmé, tout en plans larges avec énormément de monde dans le champ de la caméra qui s’agite en tous sens. Allen et Julie Kavner forment un couple idéalement assorti, un peu comme De Funès et Claude Gensac, ensemble ils font des étincelles (« Pourquoi ramasses-tu toujours des machins bizarres ? », lui demande-t-elle. « C’est comme ça qu’on s’est rencontrés ! », répond-il). Michael J. Fox est attachant en fils d’ambassadeur gaffeur et manifestement pas à sa place, Dom DeLuise lâché en roue-libre, comme toujours, arrache quelques sourires en prêtre/magicien/espion pot-de-colle, mais vampirise hélas, pas mal de scènes.

Ce n’est pas tout à fait un « film de Woody Allen », mais une sorte de parenthèse sympathique, un clin d’œil à son passé de dramaturge débutant et, peut-être, une manière de faire oublier la première adaptation réputée désastreuse qui lui était restée sur l’estomac.

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JULIE KAVNER, WOODY ALLEN, MAYIM BIALIK ET MICHAEL J. FOX

 

JOSEPH SIROLA : R.I.P.

SIROLA

JOSEPH SIROLA (1929-2019), SECOND RÔLE DES SIXTIES AU STYLE DE JEU VOLONTIERS FLAMBOYANT. REMARQUÉ DANS « PENDEZ-LES HAUT ET COURT ».

 
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Publié par le 11 février 2019 dans CARNET NOIR