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« BLACK PANTHER » (2018)

« BLACK PANTHER » est un des premiers super-héros 100% « afro-américains » de l’Histoire des comics. Il dirige un royaume invisible aux yeux des étrangers, mélange de technologie extra-terrestre de pointe et de respect des traditions ancestrales. C’est aussi un des « avengers » de la Marvel.PANTHER

Dès le début, et malgré un petit côté kitsch pas déplaisant, on est agréablement surpris par le soin apporté à l’écriture. Le scénario est rigoureux, logique, sans clins d’œil ou digressions, les personnages sont parfaitement définis et l’action se développe harmonieusement, sans jamais relâcher l’intérêt. Toujours inclus dans la dramaturgie, les CGI se font oublier et participent du spectacle. Belle réussite donc, à tous niveaux, due à l’auteur-réalisateur de « CREED », Ryan Coogler, qui offre à Michael B. Jordan, son acteur de ce dernier film, un rôle étonnant de « méchant » de haut-vol, vibrant de haine et de rancœur. Il éclipse le héros en titre, Chadwick Boseman, à la personnalité moins affirmée. Autour d’eux, des vétérans comme Angela Bassett en reine peu riante, Forest Whitaker plus cabotin que jamais, Andy Serkis formidable en trafiquant fou à lier et truculent, Martin Freeman en homme de la CIA et – last but not least – la savoureuse Danai Gurira, le crâne rasé, en générale ombrageuse, sœur jumelle de la ‘Michonne’ de la série « WALKING DEAD », le javelot remplaçant le sabre de samouraï. Cette actrice fait vraiment la gueule comme personne !

Les deux heures et quelques de projection passent en un éclair, les batailles sont à couper le souffle et l’émotion n’est pas totalement absente. À noter le petit épilogue habituel, après le générique-fin, où un étonnant discours sur les migrants, la solidarité entre nations et une pique bien sentie contre Trump, vient clore élégamment « BLACK PANTHER », film définitivement moins infantile qu’il ne paraît.

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« MAX ET LES FERRAILLEURS » (1971)

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MICHEL PICCOLI

Adapté d’un roman de Claude Néron par Claude Sautet et Jean-Loup Dabadie, « MAX ET LES FERRAILLEURS » mixe deux inspirations de l’œuvre de Sautet : le polar noir et l’étude de caractères et de milieu.MAX.jpg

Le scénario suit les méandres d’une manipulation infernale, ourdie par un policier (Michel Piccoli) obsédé par le « flag » et prêt à littéralement inventer un hold-up pour en arrêter les coupables. Pour cela, il manipule un ex-copain de régiment (Bernard Fresson) par le biais de son amie prostituée (Romy Schneider) et bien sûr, cela finira dans le sang.

Ce qui fascine avant tout dans ce film étrange et étouffant, c’est le portrait de ce flic au physique de croque-mort, obnubilé par sa mission, jusqu’à en devenir pervers, malsain et odieux. À côté de lui, la petite bande de voleurs amateurs a l’air sympathique et chaleureuse. C’est toute l’ambiguïté de ce film complexe qui démonte les mécanismes d’une enquête criminelle, jusqu’à en révéler l’absurdité. C’est un des meilleurs rôles de Piccoli, vraiment habité, qui ne deviendra humain qu’à la toute fin, quand subitement libéré de son obsession, il laissera parler ses sentiments. Mais bien trop tard et de bien excessive manière. Autour de lui, Romy est rayonnante et étonnamment crédible en « tapineuse », Fresson est superbe en voleur minable mais charismatique, si facile à manœuvrer, François Périer est comme toujours remarquable en flic de banlieue patelin et roué. Parmi les petits rôles, des visages connus comme Bobby Lapointe en brute épaisse ou Philippe Léotard en inspecteur discret.

« MAX ET LES FERRAILLEURS » n’est pas tout à fait un polar, mais il en adopte la mécanique et les rouages. Qu’est-ce, au fond ? Une des histoires d’amour les plus tortueuses et improbables qu’il soit donné de voir ? Ou une charge sur ce que le job de flic peut emmener des hommes à faire, sans souci des dommages collatéraux ? Passionnant, en tout cas !

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ROMY SCHNEIDER, MICHEL PICCOLI ET BERNARD FRESSON

 

« CIRCONSTANCES ATTÉNUANTES » (1939)

Difficile de trouver plus désuet, poussiéreux que « CIRCONSTANCES ATTÉNUANTES » de Jean Boyer. Et pourtant, par la grâce de son casting et d’un dialogue cocasse en vieil argot, on parvient à y trouver un certain plaisir et même à se surprendre à sourire à des traits d’humour antédiluviens.CIRCONSTANCES

Michel Simon – qui, comme souvent, tient un rôle bien plus âgé qu’il n’était réellement – est un procureur psychorigide à la retraite, qui se retrouve avec sa femme acariâtre (Suzanne Dantès) dans une auberge qui est un repaire de voyous. À force de malentendus et de « p’tits coups de beaujolais », il va se retrouver à la tête du gang et s’efforcer de les réformer. C’est naïf, gentiment moralisateur, parfois coquin, mais le pittoresque des acteurs emporte le morceau. Simon surtout, est formidable en vieux magistrat pointilleux qui se décoince peu à peu. Il faut l’avoir entendu chanter « Comme de bien entendu » de sa voix chevrotante ! Autour de lui, Arletty bizarrement figée par moments, tient son emploi emblématique de prostituée gouailleuse mais bonne fille. Elle s’appelle « Marie Qu’a-d’ça » parce qu’elle n’est pas bête ! Et puis, il y a aussi l’incroyable trogne de Dorville en patron de bistrot râleur, Andrex en gouape à casquette au charme canaille. Et sous le pseudo de « Michel François », on reconnaît François Simon, fils de Michel. Il incarne « la poupée » membre homosexuel du gang, qui d’ailleurs sera lui aussi « réformé », puisqu’il finira le film marié et père de famille ! Ce qui en dit long sur les mentalités de l’époque sur le sujet.

Théâtral, parfois bâclé, pas toujours très subtil, « CIRCONSTANCES ATTÉNUANTES » n’en demeure pas moins une pièce de musée sympathique et amusante, à voir principalement pour le numéro de Michel Simon, toujours aussi savoureux.

 

FREDDIE JONES : R.I.P.

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FREDDIE JONES (1927-2019), SECOND RÔLE HAUT-EN-COULEUR, VU CHEZ DAVID LYNCH OU FELLINI. PLUS DE 200 FILMS ET TÉLÉFILMS AU COMPTEUR.

 
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Publié par le 10 juillet 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

VALENTINA CORTESE : R.I.P.

VALENTINA CORTESE, ACTRICE ITZLIENNE À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE, DE MANKIEWICZ À TRUFFAUT.

VALENTINA CORTESE (1923-2019), ACTRICE ITALIENNE À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE, 100 FILMS, DE MANKIEWICZ À TRUFFAUT.

 
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Publié par le 10 juillet 2019 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

RIP TORN : R.I.P.

TORN

RIP TORN (1931-2019), SECOND RÔLE INTENSE ET HAUT-EN-COULEUR, ACTIF DEPUIS LES ANNÉES 50 ET MARQUÉ PAR L’ACTORS STUDIO.

 
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Publié par le 10 juillet 2019 dans CARNET NOIR

 

« L’AMOUR POURSUITE » (1990)

LARGE.jpegDans les années 80, Alan Rudolph avait signé deux films assez curieux, envoûtants comme des impros de jazz : « CHOOSE ME » et « WANDA’S CAFÉ ». « L’AMOUR POURSUITE » endosse à peu près les mêmes défauts (lenteur, absence de structure dramatique, stylisation excessive) mais sans une once du charme de ses prédécesseurs

C’est un mélange peu harmonieux de film de privé des forties et d’hommage à la mode eighties. Un scénario flasque, qui démarre sur un malentendu (notre héros bien ringard commence sa filature en se trompant d’individu) et s’enlise dans une vague histoire de bigamie totalement inintéressante, et de « privée » collant aux basques de notre enquêteur. Oui, c’est aussi consternant que ça en a l’air ! Tom Berenger n’a jamais été doué pour la comédie et ça se confirme ici. Adoptant une « grosse voix » ridicule, une coiffure gominée, alignant les grimaces et les airs ahuris, il est mauvais comme un cochon, aussi mal casté que mal dirigé. Les actrices sont belles, mais pas très gâtées non plus : Anne Archer frise le carton rouge en femme fatale à l’œil trouble, Annette O’Toole et Kate Capshaw font ce qu’elles peuvent de personnages ineptes à peine silhouettés. Seule s’en sort – mais en étant très indulgent – Elizabeth Perkins en détective au cœur d’artichaut. On aperçoit aussi Ted Levine et même Neil Young (sic !) qui ne relèvent pas le niveau.

On sent par instants ce qu’a voulu accomplir Rudolph, un peu ce qu’avait mieux réussi Peter Bogdnovich dans certains de ses films : un polar ultra-cool, non-violent, plein de charme et de romance. « L’AMOUR POURSUITE » en est bien loin, hélas ! C’est un spectacle inerte, amorphe, ennuyeux à mourir au bout de seulement dix minutes et qui ne fait que s’aggraver ensuite. À éviter donc.

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ANNE ARCHER, TOM BERENGER, TED LEVINE ET ELIZABETH PERKINS