RSS

« LA VOLEUSE » (1966)

VOLEUSE2Romy Schneider et Michel Piccoli ont tourné six films ensemble, parmi lesquels trois Claude Sautet anthologiques. « LA VOLEUSE » de Jean Chapot marque leur première rencontre. C’est d’ailleurs le principal attrait de cette coproduction allemande tournée à Berlin dans un noir & blanc triste à pleurer.

Six ans après avoir abandonné son bébé à une famille d’ouvriers, Romy se réveille brusquement et exige de le récupérer. Le père adoptif, Hans-Christian Blech menace de se suicider si elle ne rend pas le garçon et Piccoli, le mari dépassé de Romy se retourne peu à peu contre elle. Les dilemmes sont bien posés, obligent à s’interroger sur soi-même (que ferions-nous à leur place ?), la mise-en-scène et surtout le montage heurté renvoient plus ou moins à la Nouvelle Vague, mais le film ne parvient pas à émouvoir. La faute à un dialogue ampoulé et irritant signé… Marguerite Duras qui ne fait que mettre des mots sur des sentiments qu’on aurait préféré deviner ou ressentir. Mais aussi à cause de la personnalité des protagonistes, individus froids, égoïstes ou tout simplement odieux (le mari qui enferme sa femme pour la violer régulièrement et lui faire un nouvel enfant !). Seul Blech apporte une véritable humanité à son rôle, sans aucun pathos, pourtant. Ceci dit, Romy Schneider est parfaite de bout en bout, fébrile, obsessionnelle, jusqu’au-boutiste. Guère sympathique, c’est certain, mais crédible. Piccoli – qui joue un Allemand – fait ce qu’il peut d’un personnage difficile et s’allume clope sur clope comme dans un film de Sautet.

On peut voir « LA VOLEUSE » pour son sujet intéressant mais pas très bien exploité, pour ce premier face-à-face d’un couple mythique du cinéma français et pour le dernier tiers qui parvient, presque malgré lui, à générer un suspense psychologique assez intense, jusqu’au dénouement brutal et si vite expédié, qu’on le voit à peine passer.

VOLEUSE

ROMY SCHNEIDER, MICHEL PICCOLI ET HANS-CHRISTIAN BLECH

Publicités
 

HAPPY BIRTHDAY, JOHN !

SCHLESINGER

JOHN SCHLESINGER (1926-2003), RÉALISATEUR AU STYLE AFFIRMÉ, PASSÉ DU CINÉMA D’AUTEUR ANGLAIS AUX GROSSES PRODUCTIONS U.S.

 
6 Commentaires

Publié par le 16 février 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« GENS DE DUBLIN » (1987)

DEAD2« GENS DE DUBLIN » est le dernier de la quarantaine de longs-métrages réalisée par le légendaire John Huston, alors âgé de 80 ans. Tiré d’une nouvelle de James Joyce, adapté par son fils, interprété par sa fille, c’est un adieu poignant à la vie et un film d’une infinie mélancolie.

Cela se passe pendant une fête donnée annuellement en janvier par des vieilles dames, dans le Dublin des années 1900. Tout le monde se retrouve avec plaisir, on y chante, on y danse, on s’empiffre et on boit trop. C’est finement observé, lucide mais sans cruauté, au contraire. Tous les personnages sont humains et attachants, on sourit parfois, on s’attendrit. Huston signe une véritable miniature en presque huis clos, entremêle les vignettes sur tel ou tel protagoniste. C’est confortable, plaisant et d’une délicatesse de chaque instant. La mise-en-scène du vieux maître est complètement invisible mais d’une extraordinaire fluidité. On ne sent pas passer les 79 minutes tellement riches qu’elles semblent durer le double. Mais quand la fête est achevée, quand le couple formé par Donal McCann et Anjelica Huston – grandioses tous les deux – se retrouve dans sa chambre d’hôtel, le dialogue nous « cueille » quand on s’y attend le moins. Se remémorant un amour de jeunesse, mort pour elle à 17 ans, l’épouse ouvre des portes qu’on laisse généralement closes. Et la voix « off » du mari évoque alors la vie qui passe trop vite, la mort qui nous attend tous au bout du chemin, le dérisoire de l’existence… C’est tellement inattendu, d’une telle justesse d’écriture, d’une telle beauté picturale, qu’on en garde une émotion puissante bien après le générique de fin.

DEAD

ANJELICA HUSTON ET DONAL McCANN

Tout le casting est magnifique, à commencer par Donal Donnelly (qui sera l’archevêque ripou dans « LE PARRAIN III ») en bon-à-rien constamment ivre-mort, Dan O’Herlihy en vieille ganache et tous les petits rôles, jusqu’à la jeune bonne ou l’apprenti-cocher à la fin. Une vraie fête !

Une belle sortie pour John Huston, d’autant plus que le titre original de ce chant du cygne est « THE DEAD ». Superbe.

 

BERNARD ZITZERMANN : R.I.P.

ZITZERMANN

BERNARD ZITZERMANN (1942-2018), DIRECTEUR DE LA PHOTO QUI SIGNA L’IMAGE DE NOMBREUSES GROSSES PRODUCTIONS DANS LES ANNÉES 80.

 
12 Commentaires

Publié par le 14 février 2018 dans CARNET NOIR, FILMS FRANÇAIS

 

« MERCI POUR LE CHOCOLAT » (2000)

MERCI2Adapté d’un roman américain de Charlotte Armstrong, « MERCI POUR LE CHOCOLAT » est un suspense psychologique situé en Suisse, une sorte de faits-divers réduit à sa plus simple expression par Claude Chabrol hypnotisé par son interprète Isabelle Huppert, dont il scrute la moindre expression fugace, capte la plus subtile intonation de voix.

Le scénario est un peu abscons, le milieu de l’industrie chocolatière helvète à peine survolé, les motivations des personnages ne sont jamais très claires et la conclusion – un bien grand mot en l’occurrence ! – laisse déconcerté et déçu, comme s’il manquait une partie d’une histoire arbitrairement stoppée au beau milieu. Dans ce rôle mystérieux et ambigu taillé à ses mesures, Huppert accapare 90% de l’intérêt, créant une espèce de mante religieuse à l’hypocrisie affable, qui semble évoluer dans un monde parallèle dont elle seule possèderait les clés. Elle est, avec Brigitte Catillon, la seule à offrir un travail sérieux et professionnel. Le reste du casting est absolument calamiteux, à commencer par Jacques Dutronc l’air complètement ailleurs, marmonnant ses répliques, entouré de jeunes comédiens gauches voire très irritants.

« MERCI POUR LE CHOCOLAT » promet infiniment plus qu’il ne donne à l’arrivée. La plupart des questions restent sans réponse, l’aspect « policier » est délibérément gommé, à un point qu’on se demande à quoi servent réellement ces flash-backs et ces mystères autour de la mort de la première épouse qui aboutissent à… pas grand-chose.

MERCI

ISABELLE HUPPERT

On pourra donc voir le film dans la perspective de l’œuvre de Chabrol, fidèle à certaines de ses obsessions thématiques, pour les paysages suisses pas si fréquemment filmés au cinéma et bien sûr, pour Isabelle Huppert et ses sourires absents, son regard à la fois bienveillant et vacant. Mais comme parfois dans les films les moins convaincants du réalisateur, on peut, après le mot « FIN », se questionner sur la raison d’être de tout cela.

 

« CLEANER » (2007)

CLEANER2Réalisé par l’efficace mais impersonnel Renny Harlin, « CLEANER » est un thriller bâti autour d’un protagoniste original : un ex-flic devenu nettoyeur de scènes de crimes, piégé dans une machination impliquant un meurtre et une corruption policière d’envergure.

Ce qui est moins original en revanche, c’est le traitement scénaristique qui vaut à peine mieux qu’un épisode de série télé du style « LES EXPERTS », se perd dans l’évocation d’événements survenus bien avant le début du film et n’arrive jamais à impliquer vraiment. C’est pourtant bien filmé, joliment photographié par Scott Kevan et très bien interprété : Samuel L. Jackson constitue la bonne surprise de « CLEANER ». Il est parfaitement sobre et concentré du début à la fin, habite son rôle avec intensité voire émotion. La courte séquence où il s’asperge du parfum de son épouse défunte est vraiment belle. Eva Mendes est bien sûr superbe dans un rôle sans grand intérêt, Ed Harris égal à lui-même dans un personnage qui exige bien peu de lui et qu’il semble avoir déjà joué bien des fois. Luis Guzmán est bien en ripou inquiétant et on aperçoit Robert Forster en légiste sympathique, le temps d’une séquence.

Il n’y a en fait pas grand-chose à dire sur un produit comme « CLEANER », proprement manufacturé mais tournant à vide une fois qu’on a assimilé son postulat de départ. Cela se laisse regarder sans effort mais sans passion non plus, pour le plaisir pantouflard de revoir des acteurs « pros » rompus à toutes les exigences de ce genre de film.

CLEANER

SAMUEL L. JACKSON, EVA MENDES ET ED HARRIS

À noter pour l’anecdote, que le « méchant » de l’histoire – qu’on n’aperçoit qu’en photo – se nomme ‘Robert Vaughn’ comme un des acteurs-fétiches de « BDW2 » récemment disparu.

 

HAPPY BIRTHDAY, NEAL !

MCDONOUGH

NEAL McDONOUGH, EXCELLENT SECOND RÔLE DES ANNÉES 2000, À LA LONGUE FILMO, SPÉCIALISÉ DANS LES RÔLES DE PSYCHOPATHES.

 
6 Commentaires

Publié par le 13 février 2018 dans ANNIVERSAIRES