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Archives de Catégorie: FILMS DE GUERRE

« TU NE TUERAS POINT » (2016)

Inspiré des actes d’héroïsme de Desmond Doss, un infirmier à Okinawa pendant la WW2, le 5ème long-métrage de Mel Gibson provoque des réactions diverses et parfois contradictoires.hacksaw

« TU NE TUERAS POINT » (titre français peu engageant) est divisé en deux parties : la jeunesse et l’enrôlement dans l’U.S.-Army d’un jeune homme croyant et objecteur de conscience, suivis de la prise d’une falaise à Okinawa en 1945. La première retrouve étrangement des accents pompiers et sentimentaux dignes du Hollywood des années 50. Le chemin de croix de ‘Doss’, maltraité par ses officiers et ses copains de chambrée qui le prennent pour un lâche, rappellent fortement celui de Montgomery Clift dans « LE BAL DES MAUDITS » d’Edward Dmytryk. C’est très bien fait, mais légèrement décalé et truffé de clichés qu’on ne voyait plus depuis des années. La seconde nous fait retrouver Gibson dans ce qu’il sait filmer le mieux : l’action, les batailles, le sang et les tripes. Ses séquences d’attaques sont époustouflantes de réalisme et d’horreur, immergeant totalement dans l’ultra-violence des champs de bataille et n’épargnant aucune atrocité, aucune mutilation.

Andrew Garfield domine le film sans problème dans ce personnage attachant que l’insistance de Gibson à rendre christique dessert plus qu’autre chose. À ses côtés, Vince Vaughn n’a jamais été meilleur qu’en sergent gueulard mais humain, Sam Worthington impeccable en capitaine borné, Hugo Weaving et Rachel Griffiths sont remarquables en parents déchirés et Teresa Palmer est vraiment très jolie.

Difficile d’affirmer qu’on adore « TU NE TUERAS POINT » tant il est parfois « corny » et emphatique, tant il enfonce trop fort et trop souvent le clou religieux, mais encore plus difficile de le rejeter complètement tant il est bien confectionné et tant il propose les scènes de guerre les plus concrètes et choquantes depuis « IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN ».

À noter pour la petite histoire, que le scénariste Robert Shenkkan fut acteur et qu’il joua un des trois tueurs qui abattent Charley Bronson dans son lit à la fin de « ACT OF VENGEANCE ».

 

« LE TEMPS DE LA COLÈRE » (1956)

temps2Tourné entre deux chefs-d’œuvre de Richard Fleischer : « BANDIDO CABALLERO » et « LES VIKINGS », « LE TEMPS DE LA COLÈRE » est un très solide film de guerre situé dans le Pacifique pendant la WW2.

En 90 minutes et des poussières, le scénario ultra-compact parvient à raconter le parcours d’un riche planteur sudiste (Robert Wagner) hautain et arrogant, qui sur le terrain, découvre qui il est réellement. Un héros, mais aussi un être humain faillible, qui tremble après chaque combat. Il apprendra à connaître et à respecter les ouvriers qu’il méprisait dans le civil et reviendra métamorphosé au pays.

Les flash-backs sont très simplement mais habilement insérés dans ce récit guerrier, tous les seconds rôles sont croqués en quelques répliques (L.Q. Jones, Brad Dexter) et le film ne connaît aucun temps mort. Mais ce qui en ressort vraiment, c’est le personnage hallucinant joué par Broderick Crawford, sorte de « colonel Kurtz » implicitement homosexuel (il partage sa hutte avec ses deux « mignons » : Frank Gorshin et Skip Homeier et féminise le prénom de Wagner qui devient ‘Frances’ au lieu de ‘Francis’), lâche et totalement hors-contrôle. Le rôle n’est pas très développé, mais suffisamment pour, à la fois faire froid dans le dos à chacune de ses interventions et montrer ce que la guerre peut faire d’un individu aux nerfs fragiles. Wagner n’a jamais été meilleur, d’une réelle intensité dramatique, Buddy Ebsen est excellent en soldat loyal et chaleureux.

Bref, un film passionnant et maîtrisé de bout en bout par ce vieux « pro » de Fleischer, à ranger dans les vrais classiques du film de guerre hollywoodien, de ceux qui racontent en parallèle la petite et la grande Histoire.

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ROBERT WAGNER, FRANK GORSHIN, BRODERICK CRAWFORD, SKIP HOMEIER, L.Q. JONES, TERRY MOORE ET BRAD DEXTER

À noter que la BO signée Hugo Friedhofer est une variante du mythique « Dies Irae » (jour de colère) immortalisé pour le cinéphile par le générique-début de « SHINING » et qui justifie le titre français.

 

« TROIE » (2004)

troie2Qu’on ait lu l’œuvre d’Homère ou pas, qu’on apprécie les péplums hollywoodiens ou non, qu’on rechigne à se plonger dans un film de plus de trois heures, on ne pourra pas nier – en toute objectivité – que le « TROIE » de Wolfgang Petersen est une sacrée tranche de cinoche !

D’une ambition démente, d’une ampleur peu commune, intégrant les CGI sans le moindre débordement, traitant tous les (très nombreux) personnages avec attention sans jamais perdre de vue le mouvement général, « TROIE » cloue sur son fauteuil et entraîne dans une grande aventure épique, adulte, politique, jamais naïve ou complaisante, traitant des héros de légende comme des êtres humains faillibles et paradoxaux. Bref : une totale réussite et un monument du genre.

Le cast est quasi-parfait : Eric Bana et Orlando Bloom sont peut-être un peu falots, mais au fond cela correspond bien à leurs rôles, surtout en opposition à Brad Pitt qui compose un extraordinaire ‘Achille’. Présenté comme une sorte de rock star bodybuildée, une brute narcissique et barbare, il parvient à donner une réelle épaisseur à ce héros légendaire, aussi attachant qu’il est odieux. Superbe dans les scènes d’action (son combat à mort avec Bana), Pitt est également impressionnant dans son face-à-face poignant avec le vieux roi Peter O’Toole venu le supplier de restituer le cadavre de son fils. Les comédiennes sont aussi belles qu’impeccables (Diane Kruger en Hélène, Saffron Burrows, Rose Byrne et même Julie Christie dans une brève apparition) et pour les seconds rôles, on a droit au top du top : Brian Cox, affreux Agamemnon, Brendan Gleeson, Sean Bean en Ulysse peu sympathique, James Cosmo, etc.

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BRAD PITT, ERIC BANA ET ORLANDO BLOOM

« TROIE », peut-être sous-évalué à sa sortie, est un grand film qui revitalise un genre tombé en désuétude. Les scènes de bataille, la destruction de Troie, sont des morceaux de bravoure étonnants et la BO de James Horner accompagne l’épopée avec style. À redécouvrir…

À noter : le film sortit d’abord à 163 minutes, mais fut suivi d’un ‘director’s cut’ de 196 minutes. C’est ce dernier qui est chroniqué ici.

 

« MICHAEL COLLINS » (1996)

collinsBiopic hagiographique sur le leader révolutionnaire irlandais qui mena dans les années 1910 et ‘20 la lutte armée contre l’Angleterre et négocia la création d’un traité pour un état indépendant, « MICHAEL COLLINS » est bâti sur le même schéma que « VIVA ZAPATA ! » d’Elia Kazan.

Auteur et réalisateur, Neil Jordan entretient l’intérêt du spectateur néophyte en maintenant un rythme soutenu, en alignant les séquences courtes, jamais trop bavardes et évite le côté téléfilm grâce à une photo bleutée et très stylisée de Chris Menges. C’est un beau spectacle, ambitieux et plein de bruit et de fureur, même s’il manque parfois un peu d’âme et cède à une simplification quasi-hollywoodienne. De plus, « MICHAEL COLLINS » est plombé par un gros vice-de-forme : le personnage de Julia Roberts, artificiellement plaqué sur l’action principale, très mal distribuée qui plus est. La sous-intrigue à la « JULES ET JIM » ne s’intègre jamais au mouvement général et l’actrice – aussi peu enthousiasmante que d’habitude – semble être la star incongrue d’un film dans le film. Ça sent le gros compromis avec le studio pour avoir une star féminine au générique !

Heureusement, Liam Neeson occupe l’espace de sa haute stature. Un peu âgé à 44 ans pour jouer ce guerrier impétueux mort à 31 ans seulement, il parvient tout de même à donner à Collins une dimension légendaire et terre-à-terre à la fois. Il est très bien entouré par Alan Rickman en chef révolutionnaire planche-pourrie, Aidan Quinn en frère d’armes et par une magnifique brochette de seconds rôles comme Charles Dance en superflic implacable, Stephen Rea, Brendan Gleeson ou Ian Hart.

Une intéressante leçon d’Histoire, très léchée esthétiquement, aux beaux morceaux de bravoure à laquelle manque juste une petite étincelle de génie, ou tout du moins de folie pour convaincre à 100%.

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STEPHEN REA, LIAM NEESON ET ALAN RICKMAN

 

« MADAME MINIVER » (1942)

Grand classique du cinéma hollywoodien de l’âge d’or, réalisé par le vénérable William Wyler en pleine seconde guerre mondiale, « MADAME MINIVER » opte pour une vision intimiste de la WW2 dont on suit les premiers mois à travers les yeux de Greer Garson, une mère de famille londonienne frivole et coquette obsédée par les chapeaux.miniver

C’est, à vrai dire, la seule et unique originalité de ce très long film conventionnel et empesé, tourné en studio et alignant les personnages unidimensionnels. Bien sûr, c’est produit et filmé avec un clacissisme sans la moindre faille, mais cela tourne rapidement à l’imagerie d’Épinal sans la moindre étincelle de vie ou d’humour. Le casting lui aussi, manque cruellement de relief, à commencer par Garson, comédienne appliquée et routinière, Walter Pidgeon complètement transparent en pater familias débonnaire ou la toujours très agaçante Teresa Wright avec son sempiternel jeu de sourcils.

Avec un peu d’indulgence, on pourra reconnaître que certaines scènes sont bien conçues, comme ce bombardement vécu depuis le sous-sol de la maison familiale et qu’on a l’impression d’avoir vu grâce à la bande-son et aux effets spéciaux. Le face-à-face tendu entre Mrs. Miniver et un Allemand blessé, fonctionne bien également. Et on pourra éventuellement trouver sympathique la sous-intrigue du concours floral où la savoureuse May Whitty s’en donne à cœur-joie en vieille lady ronchonne cachant un cœur d’or. À noter que l’idée sera recyclée bien des années plus tard dans la série TV « DOWNTON ABBEY ».

« MADAME MINIVER » est donc à réserver exclusivement aux amateurs des fastes du vieil Hollywood, des mélodrames familiaux. Seul le parti-pris adopté et respecté du début à la fin, de ne jamais quitter le point-de-vue de l’héroïne demeure original. Quant à savoir si c’est « le plus grand film jamais réalisé », comme le clame l’affiche, chacun se fera son opinion !

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GREER GARSON ET WALTER PIDGEON

 

« LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE » (1981)

raiders2Conçu comme un hommage aux vieux serials d’aventures des années 40, mais bénéficiant de moyens qu’ils n’avaient jamais eus, « LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE » a, en son temps, ressuscité un cinéma d’aventures de pure distraction, sans céder à la nostalgie.

Écrit par l’excellent Lawrence Kasdan, réalisé par Steven Spielberg entre l’échec de « 1941 » et le triomphe de « E.T. », le film a très bien passé le cap des années et se laisse regarder aujourd’hui avec autant de plaisir qu’à sa sortie.

Le scénario empreint de mysticisme et d’ironie, pivote autour d’une formidable figure de héros qui, à bien y regarder, doit beaucoup à Superman. Indiana Jones est à la fois un « geek » binoclard et un baroudeur increvable maniant fouet et revolver. C’est pour un Harrison Ford de 39 ans, l’occasion de trouver le rôle de sa vie, son jeu très au premier degré et fait de mimiques cocasses, épousant idéalement les contours de ce personnage échappé d’une BD. Son chapeau, son blouson de cuir font partie de l’Histoire du cinéma populaire. Spielberg s’en donne à cœur-joie, multipliant les plans « à effet », les poursuites dantesques, les explosions, jetant ses héros au milieu des mygales et des serpents venimeux. C’est très enfantin et joyeux, même si parfois assez violent, voire sanglant (le soldat déchiqueté par une hélice). Mais les petits gags visuels font mouche (le sabreur arabe descendu froidement par Indy, le cintre pliant, le singe faisant le salut nazi) et la BO ininterrompue de John Williams, soutenue par les images somptueuses de Douglas Slocombe, s’imposent comme les véritables vedettes du film. Autour de Ford, de bons comédiens, dont la délicieuse Karen Allen en dure-à-cuire sexy à la bonne descente et au poing leste.

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HARRISON FORD ET KAREN ALLEN

À voir et revoir comme on relit une bande-dessinée qu’on connaît déjà par-cœur. Du cinéma de pur « entertainment » remarquablement confectionné et qui n’a pas pris une ride.

À noter pour la petite histoire : si irremplaçable dans le rôle d’Indiana Jones, Ford n’a fait que remplacer au pied-levé Tom Selleck pour qui le personnage avait été originellement écrit. Autre changement de casting : Wolf Kahler qui prit la place de Klaus Kinski dans le rôle du colonel nazi.

 

« 300 » (2006)

300Inspiré d’un « graphic novel » de Frank Miller et réutilisant plus ou moins les mêmes méthodes de tournage que « SIN CITY » (coréalisé par le même Miller) sorti l’année précédente, « 300 » est fortement inspiré par le « GLADIATOR » de Ridley Scott (la sauvagerie des batailles, la BO et… les champs de blé). Si on met un moment à s’acclimater à un visuel proche des jeux vidéo, on finit par se laisser happer par l’énergie indéniable de cet univers totalement factice et par l’excellente utilisation des CGI.

Remarqué en 2004 par le formidable « L’ARMÉE DES MORTS », Zack Snyder ne déçoit pas avec « 300 ». Ce n’est qu’après que son parcours commencera à devenir plus discutable. Dans une Grèce antique aux teintes sépia, où tout est recréé digitalement, jusqu’aux abdoms des Spartiates, le film conte la célèbre bataille des Thermopyles où 300 guerriers de Sparte affrontèrent les milliers de soldats perses venus les envahir.

Ça hurle à gorge déployée, ça décapite à tout-va, ça gicle aux quatre coins de l’écran, mais l’aspect artificiel du sang et des mutilations rend le spectacle supportable. Certaines images sont vraiment frappantes et le casting composé de vrais bons comédiens, et pas uniquement de Mr Muscles, finit de séduire : Gerard Butler joue un Léonidas fier et gueulard avec une vraie conviction, Lena Headey est comme toujours très bien dans le rôle de son épouse, Dominic West est abject à souhait en politicien sans honneur (non, ce n’est pas un pléonasme !) et Michael Fassbender joue les guerriers au sourire vorace. On retrouve également l’intense Stephen McHattie et – trop brièvement – le puissant Peter Mensah.

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LENA HEADEY ET MICHAEL FASSBENDER

Un beau péplum donc, qui réinvente un genre tombé en désuétude depuis bien longtemps. Les batailles en particulier, sortes de chorégraphies irréelles alternant ralentis et accélérés, bruitages « gore » et voix déformées, s’impriment durablement dans la mémoire. Peut-être pas un chef-d’œuvre, mais « 300 » vaut largement le coup d’œil.