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Archives de Catégorie: FILMS DE GUERRE

« ROBIN DES BOIS » (2010)

ROBIN2Les films de Ridley Scott gagnent souvent à être revus et la plupart du temps en ‘director’s cut’. C’est le cas de « ROBIN DES BOIS » qui s’avère plutôt agréable dans sa version de 156 minutes, même si son principal handicap semble être le scénario de Brian Helgeland.

C’est en fait une sorte de ‘prequel’ à la légende du héros immortalisé par Errol Flynn. Le cheminement d’un simple soldat des croisades usurpant l’identité d’un noble tué dans une embuscade, pour rentrer en Angleterre. Cela évoque un peu l’histoire de Martin Guerre et la première moitié est assez captivante. Mais à force de rajouter des sous-intrigues, des personnages secondaires et des flash-backs excessivement confus, on finit par perdre le fil et par se désintéresser de l’affaire. Tout ce qui concerne le passé de Robin alourdit l’ensemble et aurait pu être coupé sans grand dommage.

Heureusement, Sir Scott manie ses caméras en maestro et son film est magnifique à regarder, ses batailles sont épiques et sa distribution est absolument somptueuse : Russell Crowe est un vrai/faux Robin convaincant, même s’il semble parfois légèrement léthargique. Cate Blanchett est une Marianne endurante et combative, Max Von Sydow est égal à lui-même en vieux chevalier aveugle, Oscar Isaac (en roi Jean) et Mark Strong sont de détestables félons dignes des classiques de cape et d’épée d’antan. On ne s’attardera pas trop sur Léa Seydoux et son éternelle expression maussade.

Ambitieuse, très longue, un tantinet boursouflée, cette énième mouture de « ROBIN DES BOIS » n’est pas un ratage, elle contient même d’intéressantes réflexion sur le mythe de ce leader révolutionnaire qui ne dit pas son nom. Mais le mieux étant souvent l’ennemi du bien, on aurait aimé plus de simplicité et de retenue.

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CATE BLANCHETT, RUSSELL CROWE, MAX VON SYDOW ET OSCAR ISAAC.

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« SHERLOCK HOLMES ET LA VOIX DE LA TERREUR » (1942)

VOIX copie« SHERLOCK HOLMES ET LA VOIX DE LA TERREUR » est un des 14 films dans lesquels Basil Rathbone incarna, mieux que quiconque il est bon de le rappeler, le détective de Baker Street. Resitué pendant la WW2, ce scénario tient davantage des aventures de Tintin et Milou que de celles du héros de Conan Doyle. Il est alourdi qui plus est, par une propagande antinazie certes louable, mais trop présente.

Holmes et Watson (l’irremplaçable Nigel Bruce) sont enrôlés par les services secrets pour découvrir l’homme qui envahit les ondes via une émission quotidienne annonçant crimes et attentats pour démoraliser le peuple anglais. Ils seront épaulés par les voyous des bas-fonds et en particulier par une jeune femme « de mauvaise vie » (Evelyn Ankers) désireuse de venger son homme assassiné. C’est honnêtement réalisé par John Rawlins, rapide (à peine une petite heure) et naïf, mais si le film mérite un surplus d’attention, ce sera pour le travail extraordinaire de son chef-opérateur Elwood ‘Woody’ Bredell (1902-1969), dont le nom est relativement peu connu, mais qui signa tout de même l’image de classiques comme « LES TUEURS », « HELLZAPOPPIN » ou « LES AVENTURES DE DON JUAN ». Ce qu’il fait sur ce présent film tient vraiment du grand art : ombres sculptées, extrêmes gros-plans en clair-obscur, pénombres grouillant de détails, etc. L’image compense aisément la faiblesse du scénario et rend ce Holmes fascinant.

Bizarrement coiffé en « accroche-cœurs », Rathbone est un Sherlock brusque, constamment pressé et dépourvu d’humour, auprès de Bruce amusant en Watson toujours en retard de deux trains. Dans un casting sans aspérité, Miss Ankers est énergique et très moderne dans son jeu et Thomas Gomez compose un traître particulièrement infâme à la Peter Lorre. Un film à voir donc essentiellement pour la magnifique photographie de M. Bredell.

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BASIL RATHBONE ET EVELYN ANKERS

 

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » : Warren Oates dans « The Twilight Zone »

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RON FOSTER, WARREN OATES ET RANDY BOONE

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » est un épisode de la 5ème et dernière saison de « THE TWILIGHT ZONE », écrit par Rod Serling et réalisé par l’ex-monteur Alan Crosland, Jr.

En 1964, trois soldats de la Garde Nationale (Ron Foster, Warren Oates et le jeunot Randy Boone) patrouillent en tank le site de Little Big Horn où eut lieu le célèbre massacre. Là où Custer et 261 cavaliers trouvèrent la mort sous les flèches des Sioux. Les trois soldats ont des visions, trouvent une gourde du 7ème de Cavalerie, entendent des cris de guerre indiens… Et finalement, tombent en plein cœur des combats !

C’est un épisode très simple et linéaire, sans chute véritable, mais doté d’un épilogue autour du monument aux morts, aussi prévisible qu’étrange. Tout se passe en extérieurs dans un décor désertique. À vrai dire, le seul intérêt véritable est de retrouver ce cher Warren Oates qui écope du rôle de l’incrédule, un caporal inculte et grande gueule qui ne cesse de râler, de railler et de vitupérer, face à ses deux compagnons de plus en plus persuadés qu’ils ont remonté le temps. Parmi les petits rôles, on reconnaît Greg Morris, le ‘Barney’ de la série « MISSON : IMPOSSIBLE » en G.I. discipliné. Un petit téléfilm tout à fait typique de l’esprit ‘Twilight Zone’. Un petit peu trop, même…

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WARREN OATES

 

« G.I. JOE : CONSPIRATION » (2013)

GI2Est-ce le fait d’avoir visionné les deux films d’affilée qui rend indulgent ? Toujours est-il qu’après l’infâme marmelade numérique que fut l’opus de 2009, « G.I. JOE : CONSPIRATION » réalisé par Jon M. Chu (et sans aucun apport « artistique » de Stephen Sommers) apparaît comme une très bonne surprise.

La moyenne d’âge pour l’apprécier semble s’être notablement élevée et cela s’inspire des franchises comme « MISSION : IMPOSSIBLE » ou « AVENGERS ». De plus, bonne nouvelle supplémentaire, l’ectoplasmique Channing Tatum, s’il reprend son rôle, disparaît rapidement du scénario, passant le flambeau à Dwayne Johnson himself, ce qui est un net progrès.

L’histoire ? Un faux président Jonathan Pryce (en fait Arnold Vosloo déguisé) entreprend de devenir maître du monde et il commence par détruire le commando des G.I. Joe. Menés par « The Rock » barbichu, les survivants très énervés, vont sauver la planète.

C’est débile bien sûr, mais étonnamment bien fichu. Dans son modeste créneau – la BD de superhéros ‘live’ – le scénario tient plutôt bien le coup et on ne s’ennuie guère. Johnson est très bien et maintient un vrai premier degré dans son jeu, évitant au maximum les ‘one liners’ et les clins d’œil. Adrianne Palicki et Elodie Yung assurent brillamment la parité, Ray Stevenson est un efficace méchant particulièrement brutal (il parvient même à faire mal à Dwayne !) et Bruce Willis vient faire son petit numéro habituel en général retraité pince-sans-rire.

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DWAYNE JOHNSON, JONATHAN PRYCE ET RAY STEVENSON

Impossible de disserter longuement sur ce genre de produit, c’est évident. Mais pour ce qu’il est, et surtout en comparaison avec le précédent, c’est un plaisant moment d’action, d’explosions, de duels au sabre et d’absurdités sympathiques. Une façon tout à fait acceptable de tuer deux heures en somme.

 

« LE ROI SCORPION » (2002)

KING2« LE ROI SCORPION » est un personnage qui apparut brièvement dans « LE RETOUR DE LA MOMIE » de Stephen Sommers, qui cosigne le scénario du présent film le plaçant en vedette. Mais si sa personnalité change du tout au tout d’un film à l’autre, Dwayne Johnson fait plutôt penser à Conan le barbare de R.E. Howard et il n’a d’ailleurs pas à pâlir de la comparaison avec Schwarzenegger dans cet emploi. Au moins a-t-il l’air moins benêt !

Réalisé par Chuck Russell (« MASK »), « LE ROI SCORPION » a beau n’avoir pas une excellente réputation, c’est au final un bon ‘sword and sorcerer’ au rythme endiablé, aux décors magnifiques (qu’ils soient naturels ou en CGI) et au casting inspiré. Ça bataille dans tous les sens, les épées se brisent sous les coups, les demoiselles sont à demi dénudées, le dromadaire du héros est aussi futé que Jolly Jumper et le méchant (Steven Brand) est vraiment très méchant. C’est sympathique, très bien photographié et monté, on ne s’ennuie pas une seconde. À tout prendre c’est bien meilleur que la sequel officielle de « CONAN LE BARBARE » réalisée par le pourtant vénérable Richard Fleischer.

Parfaitement à l’aise dans le rôle qui le révéla, « The Rock », s’il n’a pas la férocité du Cimmérien des romans de Conan, possède le don de sympathie des stars bondissantes du Hollywood d’antan. Son duo avec la bellissime Kelly Hu fonctionne à merveille, seul le ‘sidekick’ comique (Grant Heslov) tape parfois sur les nerfs, mais c’est un passage obligé dans ce genre de film, allez savoir pourquoi. On est loin de la vision nietzschéenne de John Milius pour son héros, mais dans un créneau assez proche, « LE ROI SCORPION » vaut le coup d’œil, en n’écoutant pas les mauvaises langues qui le rabaissent au niveau d’un « KALIDOR », ce qui est très immérité. À réévaluer, donc.

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KELLY HU ET DWAYNE JOHNSON

 

« THE WITCH » (2015)

Premier long-métrage de Robert Eggers, « THE WITCH », basé sur des légendes et superstitions de la Nouvelle Angleterre du 17ème siècle, se passe entièrement dans une ferme perdue non loin d’une forêt.WITCH

Ce que raconte en filigrane ce film étrange, statique, austère et presque rébarbatif, c’est la lente désagrégation d’une famille puritaine, confrontée au péché en la personne de la fille aînée (Anya Taylor-Joy) en train de devenir une séduisante adolescente. Eggers montre peu et laisse beaucoup à deviner. Quand un évènement atroce se passe – comme l’assassinat d’un bébé par exemple – c’est hors du champ de la caméra. Mais on en a vu suffisamment pour que l’imagination fasse le reste. C’est assez virtuose, très maîtrisé, mais il faut s’accrocher un peu, tant l’ambiance est plombée de A jusqu’à Z, sans la moindre respiration ou instant de répit. Les cadrages rigoureux, la photo monochrome et la BO très angoissante participent de cette immersion qui anesthésie le sens critique.

« THE WITCH » flirte avec le fantastique, le film d’horreur, sans en respecter les codes. La peur naît de l’inconnu, de la mince frontière séparant le réel du cauchemar et surtout de la folie des hommes obnubilés par la religion et la peur de l’enfer. Dominée par la remarquable Taylor-Joy, la distribution est parfaitement homogène : Ralph Ineson plus vrai que nature dans un rôle ambigu de pater familias hypocrite, Kate Dickie (« GAME OF THRONES ») est superbe en mère fanatique et instable.

Une œuvre personnelle, incontestablement intéressante, mais peut-être pas tout à fait à la hauteur de son exceptionnelle réputation. À tenter, de toute façon, pour son originalité foncière et quelques moments authentiquement stressants. Le bouc noir incarnant le diable est une belle trouvaille…

 

« HOPE AND GLORY : LA GUERRE À SEPT ANS » (1987)

HOPESitué dans la carrière de John Boorman entre « LA FORÊT D’ÉMERAUDE » et le très oublié « TOUT POUR RÉUSSIR », « HOPE AND GLORY : LA GUERRE À SEPT ANS » est une œuvre autobiographique sur les années de guerre du petit garçon qu’il fut pendant la WW2.

À l’instar du classique hollywoodien « MADAME MINIVER » (chroniqué sur WW2), ce film est une sorte de journal intime centré sur la population civile bombardée. Tout est vu à travers le regard du jeune Sebastian Rice-Edwards, alter-ego de l’auteur, enfant vif et observateur vivant dans un environnement féminin. Le ton est constamment enjoué et gentiment ironique, même dans les moments les plus dramatiques. Boorman ne s’apitoie jamais, ne cède pas au sentimentalisme et brosse une galerie de portraits pittoresques avec une affection sans complaisance. Sarah Miles tient un beau rôle de mère protectrice et pétrie de regrets, Ian Bannen est excellent en grand-père colérique, seule Sammi Davis paraît un peu gauche en ado précoce. On remarque la fugace apparition de Charley Boorman, fils de John, en pilote allemand abattu.

La tendresse émanant de « HOPE AND GLORY » n’empêche pas la mort de rôder au-dessus de toutes les scènes. Les plans de la ville à moitié rasée par les bombes sont vraiment impressionnants de réalisme et rappellent en permanence la fragilité de cette famille à la fois banale et excentrique.

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SARAH MILES, DERRICK O’CONNOR, ANNIE LEON ET IAN BANNEN

Après presque deux heures de projection, tous les protagonistes ont pris de l’épaisseur, aucun n’est détestable, ni héroïque. Boorman a su mêler l’Histoire et l’anecdote avec brio. Quant à la dernière séquence, celle de la rentrée des classes, elle laisse sur une sensation d’euphorie et de liberté absolument extraordinaire que comprendront tous les vieux enfants qui ont haï l’école. Un très joli album de souvenirs, modeste et pétri d’humanité, un des plus simples et attachants de son auteur.