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Archives de Catégorie: FILMS DE GUERRE

« LA FEMME DU GARDIEN DE ZOO » (2017)

Adapté d’un roman lui-même inspiré de faits réels, « LA FEMME DU GARDIEN DE ZOO » s’inscrit dans les travées de films sur les « justes » de la WW2 qui firent tout pour sauver des Juifs. On pense bien sûr et avant tout à « LA LISTE DE SCHINDLER ».ZOO

Mais la néozélandaise Niki Caro n’est certes pas Spielberg et elle traite cette édifiante histoire de façon scolaire, aseptisée, évitant soigneusement toute ambiguïté quant au caractère de ses personnages. L’action se déroule à Varsovie où le directeur du zoo et son épouse (Jessica Chastain) après le massacre de leurs animaux par les nazis, vont utiliser les lieux pour cacher des fugitifs et leur faire quitter la Pologne, au nez et à la barbe de l’officier Daniel Brühl, le zoologue d’Hitler, plus ou moins amoureux de la jeune femme.

Le scénario est bizarre, accumule les ellipses abruptes (coupes montage ?), semble ne jamais aller au fond des choses (la relation entre Chastain et le nazi qui demeure en statu quo improbable pendant plusieurs années sans aucune explication) et ne gère pas très bien le passage du temps.

Parmi les bons points en revanche, l’utilisation rafraîchissante de véritables animaux dressés au lieu des sempiternels bestiaux en CGI. Quel plaisir ! Et quelle différence avec ces fauves numériques qu’on nous inflige depuis si longtemps. Et puis bien sûr, Jessica Chastain à son meilleur : impliquée, fiévreuse, fière et naïve à la fois. Elle crée un beau portrait de femme. Brühl est intéressant en salopard poupin, sans jamais pourtant traduire la complexité de son rôle. On reconnaît Michael McElhatton (« GAME OF THRONES ») en fidèle employé du zoo.

« LA FEMME DU GARDIEN DE ZOO » se laisse regarder, c’est évident. La reconstitution du ghetto de Varsovie est parfaite, la violence permanente de l’occupation nazie bien retranscrite. Mais il manque un petit quelque chose, un peu d’âme peut-être, pour en faire un vraiment bon film.

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« SNIPER : GHOST SHOOTER » (2016)

« SNIPER : GHOST SHOOTER » est le 6ème opus de la franchise initiée en 1993 et il commence à être impossible de la distinguer d’une honnête série TV du style « 24 HEURES CHRONO » ou « HOMELAND ».SNIPER6

Réalisé par Don Michael Paul, spécialisé dans les sequels destinées au DTV, ce film ne présente aucun intérêt au niveau scénaristique, mais focalise son action sur l’utilisation des drones porteurs de missiles et sur les tourments de son héros, le sniper junior Chad Michael Collins, qui comprend peu à peu qu’une sale guerre doit être faite salement.

Le dialogue est une pénible enfilade de clichés, les personnages sont taillés dans la masse, voire complètement ridicules, comme cette commanditaire blonde (Stephanie Vogt) au physique de top model mûrissante. D’ailleurs, il est à noter que la présence féminine dans les équipes de tireurs est valorisée dans ce n°6. Outre Collins, toujours aussi transparent, on retrouve les habitués Billy Zane – un peu empâté – en officier bourru et Dennis Haysbert en colonel à « grosse voix ».

On visite İstanbul et la Géorgie, on s’ennuie un peu, mais on se réveille à chaque grosse séquence d’action. Et heureusement, elles sont nombreuses ! Comme toujours dans ces films, les fusillades sont d’un réalisme impressionnant et on sent que le gros du budget a été placé dans ces moments-clés, qui justifient l’existence du produit. Les échanges de coups de fusils à longue portée créent une réelle tension et l’impact des balles est d’un réalisme à faire frémir. On parle souvent du personnage de ‘Beckett’ père, sans jamais le voir, mais on devine qu’on va le retrouver dans le prochain numéro intitulé : « SNIPER : ULTIMATE KILL » tourné l’année suivante. Une étrange série de films, basée sur la mort à distance, mais qui continue de fonctionner bon an, mal an, sans qu’on comprenne très bien pourquoi. Le soin apporté aux extérieurs et aux effets-spéciaux y est sûrement pour quelque chose.

 

« WONDER WOMAN » (2017)

Héroïne emblématique de la firme DC, Wonder Woman était déjà apparue en 2016 dans « BATMAN v SUPERMAN : L’AUBE DE LA JUSTICE », avant de devenir, l’année suivante, le sujet même de « WONDER WOMAN ».WW

Réalisé par Patty Jenkins (« MONSTER »), le film retrace la jeunesse de ‘Diana’ sur une île issue de la mythologie grecque et peuplée d’amazones, son implication dans la WW1 et sa love story avec un bel espion (Chris Pine) qui l’entraînera jusque dans les tranchées. Scénaristiquement parlant, c’est n’importe quoi. Du pur délire. Mais il faut reconnaître que c’est très bien confectionné, que les CGI sont magnifiques et que Gal Gadot, absolument radieuse, fait une superhéroïne tout à fait convaincante et séduisante. De fait, sa quête d’Arès, le dieu de la guerre, sa naïveté face au monde « moderne », la découverte progressive de ses propres pouvoirs, finissent par donner un certain sens au spectacle et même à le rendre attachant. Cela n’empêche pas que, comme souvent dans ce genre de film, c’est beaucoup trop long, que le final pyrotechnique s’éternise au-delà du supportable et que le ridicule n’est pas tout à fait évité : on pense à David Thewlis avec sa petite moustache en dieu de l’Apocalypse ou au fez de Saïd Taghmaoui… Mais bon ! C’est un honnête produit pour ados, bourré d’action, d’humour bon-enfant.

Si le couple-vedette assure sans démériter, ils est bien entouré par Robin Wright et Connie Nielsen – qu’on est surpris de retrouver là-dedans – en guerrières carapaçonnées, Danny Huston en officier allemand méphistophélique, Ewen Bremner en sidekick comique et surtout Lucy Davis très drôle en secrétaire énergique.

« WONDER WOMAN » s’inscrit dans la saga DC et on reverra Diana Prince dans de nombreuses suites, au premier ou au second plan, n’en doutons pas une seconde. Tant qu’elle sera incarnée par Gal Gadot, nul ne s’en plaindra.

 

« HHhH » (2017)

Adapté d’un roman français, « HHhH » est une coproduction multinationale située pendant la WW2 et suivant le destin de Reynhard Heydrich, l’officier nazi qui imagina la « solution finale ». Le titre (pas vraiment incitatif, avouons-le) signifie : « Himmlers Hirn heißt Heydrich », qu’on peut traduire par « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Réalisé par le français Cédric Jimenez, le film est étrangement bâti, mais de plus en plus prenant à mesure qu’il progresse.HHHH

La première partie ressemble à un biopic traditionnel. On y voit Rosamund Pike, nazie de la première heure, façonner son amant Heydrich (Jason Clarke), brute épaisse non-dégrossie, l’épouser et l’aider à gravir les échelons du parti. C’est instructif, mais pendant un moment – et malgré la construction en flash-back – on se demande où nous mène cette leçon d’Histoire. Puis s’immisce l’intrigue parallèle : deux jeunes résistants tchèques à Prague, qui ont pour mission d’assassiner le monstre. Alors le film s’humanise, le suspense se met à monter crescendo, jusqu’au final saisissant dans l’église.

Fritz Lang avait tourné « à chaud » sur le même sujet « LES BOURREAUX MEURTENT AUSSI » (1943). Cette nouvelle version tient bien la distance, grâce à un montage ultra-resserré, une réalisation fluide et un casting de tout premier ordre : Clarke est extraordinaire de bestialité sous un mince vernis de froideur. Rosamund Pike sauve un rôle difficile d’épouse manipulatrice maintenue dans l’ombre, Stephen Graham est un Himmler plus vrai que nature. Dommage que Mia Wasikowska apparaisse surqualifiée pour son petit rôle de shampooineuse énamourée.

Ne pas se laisser rebuter par le titre, donc. « HHhH » est un film fort, efficace, parfaitement maîtrisé, qui tient en haleine du début à la fin.

 

« À LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE » (1990)

RED2« À LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE » est la première aventure de ‘Jack Ryan’ héros de la CIA créé par Tom Clancy, à avoir été transposée sur grand écran. Il bénéficie du dynamisme visuel d’un John McTiernan en pleine possession de ses moyens, indispensable dans un scénario se déroulant intégralement à bord de deux sous-marins et de la photo assez culottée de Jan de Bont.

Mais l’atout principal du film, c’est son incroyable casting composé de grosses pointures jusqu’au plus petit rôle et surtout de la présence écrasante de Sean Connery, superbe en officier russe prêt à prendre tous les risques pour éviter une probable nouvelle guerre mondiale. Le film semble un peu long, mais c’est dû à l’exercice toujours périlleux du lieu unique et il n’évite pas toujours le cliché. Malgré tout, il a étonnamment peu vieilli et se laisse regarder avec plaisir, d’autant plus que les fulgurances de suspense sont très bien distillées et dosées. On se délectera particulièrement de certains face-à-face entre grands acteurs : Sam Neill rêvant du Montana devant Connery dans sa cabine ou Richard Jordan et l’ambassadeur russe Joss Ackland (« Ne me dites pas que vous avez encore perdu un sous-marin, Andreï ! »). On retrouve avec bonheur Scott Glenn, Tim Curry, Stellan Skarsgård ou James Earl Jones. Baldwin est un Ryan sympathique mais transparent. À croire que c’est inhérent au personnage.

Habile mélange de film d’espionnage, de film de sous-marin et de pamphlet pacifiste, « À LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE » semble s’être bonifié avec les années. Il permet de revoir un Sean Connery de soixante ans qui n’a rien perdu de sa puissance, mais a gagné en finesse et en mélancolie. À noter l’intelligente façon dont McTiernan passe du russe à l’anglais, pendant la lecture d’un texte par Peter Firth, idée qu’il reprendra lui-même dans son « 13ème GUERRIER ».

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SCOTT GLENN, SEAN CONNERY ET ALEC BALDWIN

 

« LA SOMME DE TOUTES LES PEURS » (2002)

SUM2Signé Phil Alden Robinson, le peu prolifique réalisateur du joli « JUSQU’AU BOUT DU RÊVE », « LA SOMME DE TOUTES LES PEURS » est la 4ème aventure de ‘Jack Ryan’ de la CIA qui, après Alec Baldwin et Harrison Ford, prend cette fois les traits de Ben Affleck.

Le personnage créé par Tom Clancy n’est d’ailleurs qu’un des nombreux protagonistes de ce film très bien mené, extrêmement anxiogène qui décortique la mécanique de l’escalade nucléaire avec une froideur quasi-clinique. Un néonazi (un Alan Bates avec accent) grâce à une bombe nucléaire trouvée par hasard dans le désert, va dresser la Russie et les U.S.A. l’un contre l’autre et aller jusqu’à l’extrême limite du désastre et de l’annihilation. Le scénario est une machine infernale lancée en avant, qui ne ralentit pas une seconde et tient en haleine, tant on le sent crédible et même plausible. Voire possible ? Peut-être encore plus aujourd’hui qu’au moment de la sortie du film, d’ailleurs ! Quoi qu’il en soit, impossible de détourner le regard de l’écran, malgré des personnages sans grand intérêt et un dialogue purement fonctionnel. Le réalisateur s’est heureusement entouré d’un cast de tout premier ordre : outre un Affleck égal à lui-même, c’est-à-dire pas mauvais mais très transparent, on retrouve Morgan Freeman, la classe incarnée, en conseiller du président campé par James Cromwell. Ciarán Hinds est remarquable en président russe incertain, Michael Byrne vole la vedette à tout le monde en éminence grise ambiguë et œuvrant dans l’ombre, Liev Schreiber est parfait en tueur hyper-efficace.

Bien loin des délires pyrotechniques des 007 ou des « MISSION : IMPOSSIBLE », « LA SOMME DE TOUTES LES PEURS » puise son indéniable force dans sa crédibilité. Il ravive les vieux démons atomiques de « DOCTEUR FOLAMOUR » et « POINT LIMITE », et prouve que les angoisses des sixties n’ont jamais vraiment disparu.

SUM

MORGAN FREEMAN, CIARAN HINDS, BEN AFFLECK ET LIEV SCHREIBER

 

« JEUX DE GUERRE » (1992)

JEUX2Adapté d’un roman de Tom Clancy, « JEUX DE GUERRE » est une des aventures de ‘Jack Ryan’ de la CIA, héros au visage et à l’âge variables d’un film à l’autre.

Le personnage en lui-même n’a rien de particulièrement intéressant, mais le film du généralement compétent Philip Noyce parvient à entretenir le suspense (et donc l’intérêt) en maintenant le scénario à hauteur d’homme grâce à la mise en danger de la famille du héros. « Tu lui as sauté dessus comme John Wayne ! », dit Samuel L. Jackson à son collègue Harrison Ford, admiratif d’un exploit accompli en Angleterre. Et c’est bien de cela qu’il s’agit : malgré le contexte irlandais, les services secrets et les barbouzes, « JEUX DE GUERRE » n’est qu’un western où s’enchaînent les fusillades, les représailles, les coups fourrés, pour arriver au ‘showdown’ final.

À 50 ans, Ford est crédible en héros vulnérable mais déterminé et se passe de la plupart de ses tics de comédien, Sean Bean est un formidable terroriste haineux et ultra-violent. Il éclipse d’ailleurs complètement le fade méchant-en-chef Patrick Bergin. Le cast de seconds rôles est impressionnant, avec Anne Archer dans son emploi habituel d’épouse stoïque, James Earl Jones, Polly Walker en fausse rousse et même Richard Harris dans un rôle assez bref de chef de l’IRA, le cul entre deux chaises.

Les séquences d’action sont très bien menées, en particulier l’agression sur l’autoroute et la poursuite finale en bateau, la BO de James Horner est reconnaissable au bout de trois notes et s’il ne reste pas grand-chose en mémoire la projection achevée, on a passé deux heures agréables et prenantes avec ce film « old school » confectionné sans génie mais avec un vrai professionnalisme.

JEUX

HARRISON FORD, ANNE ARCHER, JAMES FOX ET SEAN BEAN