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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JAMES COBURN

« CHARADE » (1963)

CHARADE

CARY GRANT ET AUDREY HEPBURN

Par son sujet, son tournage français, par la présence de Cary Grant, « CHARADE » a toutes les apprences d’un Hitchcock, dans la droite lignée de « LA MAIN AU COLLET » sorti huit ans plus tôt. Mais c’est un film de Stanley Donen (qui fait d’ailleurs un clin d’œil à son complice Gene Kelly dans une réplique), mêlant plaisamment le ‘whodunit’, la comédie romantique à une visite très touristique de Paris, à faire se pâmer le public U.S. en mal d’exotisme.CHARADE2.jpg
« CHARADE » doit pratiquement tout au charme mutin d’Audrey Hepburn, innocente traquée par un trio de malfrats, un menteur pathologique et même par la CIA, tous à la recherche de 250 000 $ dérobés par son mari assassiné lors du générique-début. À dire vrai, le scénario tire trop à la ligne, entretient tant bien que mal un suspense artificiel et des fausses-pistes peu convaincantes. Les intérieurs assez laids, font trop « studio » et les vues de Paris deviennent un brin envahissantes. Mais… cela fonctionne encore ! Les scènes de séduction entre Miss Hepburn, vraiment charmante, et Grant – un peu trop âgé à 59 ans pour faire un couple harmonieux avec elle – tiennent le coup, et les revirements et coups de théâtre incessants sont amusants. Les seconds rôles sont excellents : James Coburn en Texan brutal au rire chevalin, George Kennedy en manchot bestial ou Walter Matthau dans un personnage ambigu, c’est du haut-de-gamme. Sans oublier la BO entêtante de Henry Mancini.

Quelques morceaux de bravoure, comme la bagarre sur le toit de l’hôtel entre Grant et Kennedy ou la longue course-poursuite dans le métro puis au Palais-Royal, sont très bien menés. « CHARADE » est un film-champagne, un exercice de style hitchcockien sympathique et relaxant, qui vaut encore largement un coup d’œil.

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WALTER MATTHAU, CARY GRANT ET JAMES COBURN

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AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 90 ANS…

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« LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE » (1975)

BITE« LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE » fait partie de cette période du crépuscule du western hollywoodien, pour laquelle on garde une certaine nostalgie bienveillante. La signature de Richard Brooks, dont le western précédent fut le chef-d’œuvre « LES PROFESSIONNELS » (1966) est un gage de bon vieillissement et de solidité à toute épreuve.

Hélas, en revoyant le film aujourd’hui, quelques beaux souvenirs s’envolent. Truffé de séquences brillantes (la mort du vieux Ben Johnson grelotant de froid, le monologue de Gene Hackman sur Cuba, l’arrivée de la course), « LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE » souffre d’emblée d’une BO insupportable d’Alex North qui amenuise la beauté des images au lieu de la transcender et colle une ambiance « guillerette » complètement hors-sujet. Cette course d’endurance à travers les paysages du Far-West est prétexte à une étude de caractères – et c’est ce qui demeure le plus intéressant et émouvant – et à des scènes d’action pas toujours formidables. Ainsi, à partir de l’évasion des prisonniers et de la course-poursuite qui s’ensuit, le film devient-il pesant et parfois grotesque. C’est dommage, car Brooks filme le désert comme personne et dirige magnifiquement son beau casting : Hackman, incarnation du « mec bien », fiable, solide, généreux est superbe, tout comme James Coburn en aventurier goguenard. Jan-Michael Vincent est parfait en petite gouape littéralement « maté » par Hackman comme un pur-sang, Candice Bergen se sort à peu près d’un rôle mal écrit. Outre Ben Johnson génial, on reconnaît des visages familiers comme Jean Willes en maquerelle forte en gueule, Ian Bannen et Sally Kirkland.

« LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE » a donc perdu quelques plumes avec les années, mais vaut tout de même le coup d’œil pour de belles scènes lyriques, pour sa beauté plastique et pour revoir de grands comédiens au faîte de leur gloire, encore jeunes et charismatiques.

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GENE HACKMAN, JAN-MICHAEL VINCENT ET JAMES COBURN

 

« LA CHEVAUCHÉE DE LA VENGEANCE » (1959)

RIDE« LA CHEVAUCHÉE DE LA VENGEANCE » est un des sept westerns – tous devenus des classiques – que Budd Boetticher tourna avec Randolph Scott en vedette. Sur une durée de 72 minutes, celui-ci est un des plus simples, des plus épurés et des plus fascinants, à égalité avec « 7 HOMMES À ABATTRE » et « COMANCHE STATION ».

Tourné dans un Scope magnifique, sur une photo ocre de Charles Lawton, Jr., c’est une histoire de vengeance déguisée en traque dans le désert. L’originalité du scénario de Burt Kennedy est que le groupe de « héros » est poursuivi par une bande de hors-la-loi, mais Scott – leader des premiers – ne semble guère pressé de les distancer. Bien au contraire !

Le film est tourné en plans larges, voire très larges, le désert est constamment présent, majestueux, menaçant et les personnages ne sont que de minuscules silhouettes dérisoires au cœur du paysage immuable. Scott joue un chasseur de primes avec la chaleur d’un androïde échappé de « MONDWEST », une sorte de mort-vivant obsédé par son tragique passé. Il est très bien entouré par Pernell Roberts et James Coburn en sympathiques vagabonds. Le second est étonnant dans un emploi de benêt rigolard et naïf. Il est très touchant dans la scène où Roberts lui avoue qu’il « l’aime bien ». Karen Steele, pin-up blonde à forte poitrine n’a pas grand-chose à faire mais elle marque les esprits. N’apparaissant que dans deux ou trois séquences, Lee Van Cleef est excellent en ‘bad guy’ calme et résigné, faisant inconsciemment le lien avec le western italien dont il sera bientôt une des icônes. L’amateur de spaghetti notera plusieurs répliques (« Vous faites bien le café ») qui seront reprises par Leone, au même titre que la présence de ‘bounty hunters’ et de lynchages spectaculaires. D’ailleurs, étonnamment, Van Cleef est le seul comédien du film à bénéficier de gros-plans. Comme une prémonition ! « LA CHEVAUCHÉE DE LA VENGEANCE » ne souffre que d’un emploi trop fréquent de scènes filmées en « nuit américaine », qui plombent la tension et le rythme et, parfois, d’une trop grande sècheresse qui ellipse des face-à-face qu’on aurait aimés plus développés.

Mais tel qu’il est, cela demeure un très beau western austère et âpre, d’une impressionnante économie de moyens. Et le dernier plan est tout simplement génial.

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KAREN STEELE, RANDOLPH SCOTT, LEE VAN CLEEF, PERNELL ROBERTS ET JAMES COBURN

 

« THE HIGH COUNTRY » : James Coburn dans « L’homme à la carabine »

RIFLEMAN COBURN

JAMES COBURN

« THE HIGH COUNTRY » est un épisode de la 4ème saison de « L’HOMME À LA CARABINE » réalisé par l’acteur Gene Nelson (« CHASSE AU GANG »).

Chuck Connors reçoit la visite de deux « mountain boys », des trappeurs venus des montagnes. L’un d’eux, James Coburn, veut absolument lui échanger son fusil contre des peaux de castors. Devant son refus, il revient la nuit avec son acolyte et attaque notre héros. Un coup de feu part accidentellement et le jeune homme est tué. Coburn s’enfuit comme un pleutre qu’il est.

Quand Connors et son fils se rendent au village des deux hommes pour s’expliquer, il est capturé et après un procès expéditif, condamné à cinq ans de travaux forcés auprès de la mère (Ellen Corby) du mort. Il faudra un duel à coups de torches enflammées entre lui et Coburn, pour que celui-ci avoue ses mensonges et que Connors et le fiston reprennent leur chemin.

Un bon épisode, tendu et stressant, où cette étrange communauté refermée sur elle-même rend sa propre justice. Impuissant dès qu’il n’a plus son arme-fétiche au poing, ‘McCain’ s’en sortira grâce à l’aide de la beauté locale (Valora Nolan) à qui il a tapé dans l’œil. Le principal intérêt reste bien sûr de voir Coburn cradingue et mal rasé jouer les pécores vicieux et sadiques, en total contremploi. Le style de rôle généralement dévolu à Warren Oates, à cette époque. Il s’en sort fort bien et paraît même – une fois n’est pas coutume – tout petit à côté de Chuck Connors. À noter que leur bagarre est en grande partie gâchée par l’emploi de cascadeurs bien trop identifiables et dont les silhouettes ne ressemblent ni de près ni de loin à celles des deux comédiens. Mais c’était un défaut très fréquent dans les vieilles séries TV.

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CHUCK CONNORS, ELLEN CORBY ET JAMES COBURN

 

« THE CATCHER » : James Coburn dans « Lawman »

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LA MÈCHE DE JOHN RUSSELL

« THE CATCHER » est un épisode de la 3ème saison de « LAWMAN » réalisé par l’acteur Marc Lawrence, grande figure du ‘film noir’ et réalisateur occasionnel.

Med Flory joue un berger, un colosse un brin demeuré (c’est lui, le « catcher » du titre parce qu’il laisse les autres le frapper à l’estomac sans moufter), qui se fait malmener par des collègues menés par James Coburn. Celui-ci drague éhontément l’épouse de son vieux boss (Robert Armstrong). Lors d’une bagarre, le vieillard tue accidentellement Coburn et, par lâcheté, laisse accuser le brave Flory. Une traque s’organise, menée par notre héros John Russell…

L’épisode n’a rien de très remarquable, le scénario est très anecdotique, les protagonistes n’ont aucune épaisseur, aucun passé. Et comble de la frustration, Coburn disparaît au bout de dix minutes ! Il joue une brute vicieuse comme il en a beaucoup incarnées à ses débuts à la TV, un imbécile arrogant. On notera qu’il adopte une voix qui dérape souvent dans les aigus, qu’on ne lui connaissait pas. Mais le personnage ne présente strictement aucun intérêt. À noter aussi que la coiffure gominée et barrée d’une mèche blanche ondulée de Russell n’a jamais semblé aussi bizarre…

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JAMES COBURN

 

« THE MURDER CLAUSE » : James Coburn dans « Peter Gunn »

GUNN COBURN

JAMES COBURN ET SON REFLET

« THE MURDER CLAUSE » est un épisode de la 2ème saison de « PETER GUNN » réalisé par l’efficace Boris Sagal.

Notre privé Craig Stevens est contacté par Cece Whitney, l’épouse d’un célèbre trompettiste de jazz (James Coburn) persuadée que celui-ci projette de l’assassiner pour toucher une grosse assurance-vie. ‘Peter Gunn’ interroge Coburn, homme tourmenté et paranoïaque, taraudé par de terribles migraines. Bientôt, on retrouve son cadavre calciné dans sa maison de campagne. En fait, c’est Coburn lui-même qui a organisé sa fausse mort pour faire accuser sa femme qu’il hait !

Un scénario simple et direct, porté par la prestation tendue d’un Coburn au sommet de sa forme, très bien photographié et mis en valeur par des cadrages très expressionnistes. À noter que lors du pré-générique, on le voit se tenir la tête, grimacer de souffrance, et finir par briser le miroir de sa loge : une image qui parlera immédiatement aux amoureux de « PAT GARRETT & BILLY THE KID », où l’ami James ne supportait pas non plus son reflet dans un plan devenu mythique.

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JAMES COBURN, HERSCHEL BERNARDI ET CRAIG STEVENS

À noter également que Lola Albright n’apparaît que le temps d’une chanson et que pour cette seconde année, Minerva Urecal a remplacé l’exceptionnelle Hope Emerson qui venait de décéder à l’âge de 62 ans. Coburn allait retrouver Blake Edwards, créateur et producteur de la série, plusieurs fois au cinéma dans les années à venir.