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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JAMES COBURN

« LES ROIS DU SOLEIL » (1963)

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YUL BRYNNER

« LES ROIS DU SOLEIL » de J. Lee-Thompson présente de nombreux points communs avec « LES 7 MERCENAIRES » sorti trois ans plus tôt : même équipe de production, mêmes lieux de tournage, trois comédiens (oui, James Coburn assure la voix « off » du début !) et le musicien, Elmer Bernstein, qui signe une BO vraiment très proche de celle du film de John Sturges.ROIS

Pourtant les sujets n’ont strictement rien à voir, puisque celui-ci retrace l’aventure du peuple Inca forcé de s’exiler au Mexique et de se confronter aux Indiens pour le pire et le meilleur. Malgré des costumes et des perruques extraordinairement kitsch, malgré un scénario qui donne une part trop belle à un improbable et parfois risible triangle amoureux, le film tient étonnamment bien la distance. Il y règne un souffle d’aventure sous-tendu d’un sympathique message de tolérance. La photo lumineuse et contrastée de Joseph McDonald est pour beaucoup dans le charme dégagé par ces « ROIS DU SOLEIL ». Si certains comédiens ont vraiment l’air de tout sauf d’Incas, tels que George Chakiris ou Brad Dexter, si Richard Basehart donne envie de pouffer avec ses chignons invraisemblables, le film appartient tout entier à Yul Brynner. Avec un narcissisme et une assurance inouïs, il incarne un chef indien musculeux et fier. Il faut le voir déambuler d’une démarche « royale », le torse huilé, l’air altier, filmé de façon quasi-fétichiste. Surmontant le ridicule, il parvient à créer une silhouette imposante et la réalisation est tout au service de sa présence physique, sculptant son corps dans des clair-obscur flatteurs et lui consacrant les plus beaux gros-plans. C’est un de ses meilleurs rôles et un des plus judicieusement distribués, pour lui qui était si difficile à caster. Shirley Ann Field est aussi belle que juste et Leo Gordon est terrifiant en barbare haineux.

Malgré l’outrage indéniable des ans et un scénario plein de trous (pourquoi Brynner est-il si passif une fois fait prisonnier ? Pourquoi ne tente-t-il jamais de s’évader ?), « LES ROIS DU SOLEIL » se laisse revoir avec bonheur et la bataille finale est probablement ce que Thompson a fait de meilleur dans sa carrière.

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BRAD DEXTER, GEORGE CHAKIRIS, SHIRLEY ANN FIELD, YUL BRYNNER ET LEO GORDON

 

« LA LOI DE LA HAINE » (1976)

HARD.jpgÉcrit par Brian Garfield, l’auteur de « DEATH WISH », réalisé par le vétéran de tant de séries western Andrew V. McLaglen et de plusieurs films de cinéma tout à fait estimables, « LA LOI DE LA HAINE » est un western 100% américain, très peu influencé par les courants dominants de l’époque (Leone, Peckinpah) et efficace à sa manière jusqu’à un certain degré.

Le point faible est le scénario, qui démarre bien, établit la haine inextinguible du métis James Coburn envers le shérif Charlton Heston qui l’a envoyé au bagne pendant dix ans, après avoir tué sa « squaw ». Mais une fois la poursuite lancée, l’histoire perd en énergie, en enjeux et s’achève par un long affrontement dans la rocaille entre l’homme de loi un peu largué par les temps modernes et voulant récupérer sa fille (Barbara Hershey) kidnappée et le hors-la-loi assoiffé de vengeance. Deux fossiles d’un temps révolu. C’est joliment confectionné « old school », avec une photo lumineuse, une BO de Jerry Goldsmith, mais on a déjà vu et revu ce genre de poursuite jusqu’au-boutiste bien des fois et, malgré un beau casting, on peine à se passionner pour l’aventure. D’autant plus que le face à face entre les deux têtes d’affiche se réduit à une bagarre finale très sanglante certes, mais quelque peu insuffisante. La fin en queue de poisson n’arrange rien. Tout ça pour ça ? À 53 ans, Heston en fait facilement dix de plus et grimace plus que de raison dans ce rôle de « tough guy » guère sympathique. Coburn, pas très crédible en « sang mêlé », est plus intéressant en tueur psychopathe dont l’intelligence est obscurcie par des accès de paranoïa. Autour d’eux, Hershey tient un rôle potentiellement intéressant, mais pas suffisamment développé, John Quade est excellent en bandit crasseux et obsédé sexuel et Michael Parks est très bien en shérif pas téméraire. Chris Mitchum sort du rang dans un rôle de « pied tendre » étonnamment courageux.

« LA LOI DE LA HAINE » est loin d’être un ratage, mais dix ans après la grande vogue du genre, il n’apporte rien de neuf au western et se contente d’avancer sur des chemins trop balisés. À voir d’un œil nostalgique et pour Coburn et Heston, qui se retrouvent onze ans après « MAJOR DUNDEE ».

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CHARLTON HESTON, JAMES COBURN, CHRIS MITCHUM ET BARBARA HERSHEY

 

« L’ENFER EST POUR LES HÉROS » (1962)

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STEVE McQUEEN

« L’ENFER EST POUR LES HÉROS » de Don Siegel s’inscrit nettement dans les travées du « ATTACK ! » de Robert Aldrich (1956) et ressemble fort à un long épisode de l’excellente série TV « COMBAT ! », qui démarra la même année.HELL2.jpeg

Situé en 1944 en France, le scénario suit une poignée de soldats américains chargés de détruire une position allemande, dans un effort désespéré et dérisoire, vu leur nombre. Au-delà d’une histoire vue et revue, d’un traitement en huis clos à ciel ouvert, le film vaut surtout pour sa galerie de personnages et son noir & blanc tranchant qui transforme les visages en masques boueux d’outre-tombe. Steve McQueen n’a pas à proprement parler le premier rôle, il tient sa place dans un casting « choral », mais il joue certainement le personnage le plus fascinant et énigmatique. Indiscipliné et désagréable, il incarne un psychopathe mutique ultra-professionnel, en tension permanente et imperméable à toute humanité. Siegel semble nous dire qu’un « héros » n’est rien d’autre que cela et que c’est avec des « Reese » qu’on gagne les guerres. C’est un des plus beaux rôles de McQueen, un de ceux où ne filtrent aucun maniérisme, pas l’ombre d’un tic de jeu. Une machine à tuer dont l’héroïsme final tient de la démence suicidaire. Autour de lui de bons acteurs comme Harry Guardino, L.Q. Jones (à peine visible, au début) ou James Coburn, excellent en caporal myope pétri de doutes et aussi hélas, de moins bons comme le fade Fess Parker et les insupportables Bobby Darin et Bob Newhart dans des emplois comiques s’intégrant affreusement mal à l’ensemble. Ils gâchent bon nombre de scènes et ternissent un film qu’on aurait bien aimé qualifier de chef-d’œuvre. Mais on les voit beaucoup trop pour cela et c’est une vrai faute de goût !

Malgré ce défaut, malgré des moyens manifestement insuffisants, « L’ENFER EST POUR LES HÉROS » s’efforce au réalisme : les soldats meurent en hurlant de douleur et en perdant leurs tripes. C’est un film honnête et souvent puissant, à voir de toute façon pour la performance de McQueen qui joue Reese comme un mort-vivant au regard halluciné. Il ne tombe le masque qu’une seule fois, lorsqu’il revient secoué d’une sortie nocturne, et affiche une expression d’enfant perdu et vulnérable.

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JAMES COBURN, HARRY GUARDINO ET STEVE McQUEEN

 

« YOUNG GUNS II » (1990)

GUNS2 2.jpgProduit deux ans après le premier opus, « YOUNG GUNS II » nous fait retrouver le trio Emilio Estevez, Kiefer Sutherland et Lou Diamond Phillips, le scénariste, le directeur photo Dean Semler (un peu plus inspiré, cette fois) mais gagne au change avec un nouveau réalisateur : Geoff Murphy.

Le scénario est très proche de celui de « PAT GARRETT & BILLY THE KID » de Peckinpah, ce qui est logique puisqu’il relate exactement les mêmes évènements, mais l’approche est plus ludique, même si le film est beaucoup plus sombre que le précédent. La vraie trouvaille est d’avoir raconté pour la énième fois l’histoire de William H. Bonney, mais cette fois-ci par… lui-même. En effet, l’auteur part du principe que Garrett n’a pas tué le Kid cette nuit-là à Fort Sumner, mais l’a laissé fuir. Devenu âgé, celui-ci décide de tout raconter à un avocat, dans les années 1950. Bien réalisé en Scope, doté d’un casting à toute épreuve, « YOUNG GUNS II » dépasse, et de loin, son prédécesseur et réussit à peu près tout ce que le n°1 avait raté. Estevez est parfaitement à l’aise dans ce personnage irresponsable et imbu de sa propre légende, William L. Petersen (remplaçant Patrick Wayne) est un Garrett mystérieux et impénétrable, Christian Slater est très agaçant comme d’habitude. Parmi les seconds rôles, on reconnaît la délicieuse Jenny Wright en « madame » très sexy, James Coburn – qui joua Garrett pour Peckinpah – dans le rôle de John Chisum le temps de deux séquences. Quelle gueule ! Il y a aussi Viggo Mortensen sous-utilisé et Scott Wilson. Vraiment une distribution qui vaut à elle seule le détour.

Les deux « YOUNG GUNS » forment un tout homogène et posent un regard vraiment original sur une des plus durables mythologies de l’Ouest, sans chercher à la nier totalement. Le second est plus achevé, plus soigné, et s’octroie même quelques moments d’une belle émotion.

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EMILIO ESTEVEZ, JENNY WRIGHT ET JAMES COBURN

 

« CHARADE » (1963)

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CARY GRANT ET AUDREY HEPBURN

Par son sujet, son tournage français, par la présence de Cary Grant, « CHARADE » a toutes les apprences d’un Hitchcock, dans la droite lignée de « LA MAIN AU COLLET » sorti huit ans plus tôt. Mais c’est un film de Stanley Donen (qui fait d’ailleurs un clin d’œil à son complice Gene Kelly dans une réplique), mêlant plaisamment le ‘whodunit’, la comédie romantique à une visite très touristique de Paris, à faire se pâmer le public U.S. en mal d’exotisme.CHARADE2.jpg
« CHARADE » doit pratiquement tout au charme mutin d’Audrey Hepburn, innocente traquée par un trio de malfrats, un menteur pathologique et même par la CIA, tous à la recherche de 250 000 $ dérobés par son mari assassiné lors du générique-début. À dire vrai, le scénario tire trop à la ligne, entretient tant bien que mal un suspense artificiel et des fausses-pistes peu convaincantes. Les intérieurs assez laids, font trop « studio » et les vues de Paris deviennent un brin envahissantes. Mais… cela fonctionne encore ! Les scènes de séduction entre Miss Hepburn, vraiment charmante, et Grant – un peu trop âgé à 59 ans pour faire un couple harmonieux avec elle – tiennent le coup, et les revirements et coups de théâtre incessants sont amusants. Les seconds rôles sont excellents : James Coburn en Texan brutal au rire chevalin, George Kennedy en manchot bestial ou Walter Matthau dans un personnage ambigu, c’est du haut-de-gamme. Sans oublier la BO entêtante de Henry Mancini.

Quelques morceaux de bravoure, comme la bagarre sur le toit de l’hôtel entre Grant et Kennedy ou la longue course-poursuite dans le métro puis au Palais-Royal, sont très bien menés. « CHARADE » est un film-champagne, un exercice de style hitchcockien sympathique et relaxant, qui vaut encore largement un coup d’œil.

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WALTER MATTHAU, CARY GRANT ET JAMES COBURN

 
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AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 90 ANS…

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« LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE » (1975)

BITE« LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE » fait partie de cette période du crépuscule du western hollywoodien, pour laquelle on garde une certaine nostalgie bienveillante. La signature de Richard Brooks, dont le western précédent fut le chef-d’œuvre « LES PROFESSIONNELS » (1966) est un gage de bon vieillissement et de solidité à toute épreuve.

Hélas, en revoyant le film aujourd’hui, quelques beaux souvenirs s’envolent. Truffé de séquences brillantes (la mort du vieux Ben Johnson grelotant de froid, le monologue de Gene Hackman sur Cuba, l’arrivée de la course), « LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE » souffre d’emblée d’une BO insupportable d’Alex North qui amenuise la beauté des images au lieu de la transcender et colle une ambiance « guillerette » complètement hors-sujet. Cette course d’endurance à travers les paysages du Far-West est prétexte à une étude de caractères – et c’est ce qui demeure le plus intéressant et émouvant – et à des scènes d’action pas toujours formidables. Ainsi, à partir de l’évasion des prisonniers et de la course-poursuite qui s’ensuit, le film devient-il pesant et parfois grotesque. C’est dommage, car Brooks filme le désert comme personne et dirige magnifiquement son beau casting : Hackman, incarnation du « mec bien », fiable, solide, généreux est superbe, tout comme James Coburn en aventurier goguenard. Jan-Michael Vincent est parfait en petite gouape littéralement « maté » par Hackman comme un pur-sang, Candice Bergen se sort à peu près d’un rôle mal écrit. Outre Ben Johnson génial, on reconnaît des visages familiers comme Jean Willes en maquerelle forte en gueule, Ian Bannen et Sally Kirkland.

« LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE » a donc perdu quelques plumes avec les années, mais vaut tout de même le coup d’œil pour de belles scènes lyriques, pour sa beauté plastique et pour revoir de grands comédiens au faîte de leur gloire, encore jeunes et charismatiques.

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GENE HACKMAN, JAN-MICHAEL VINCENT ET JAMES COBURN