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Archives de Catégorie: LES FILMS DE DENZEL WASHINGTON

« COUVRE-FEU » (1998)

SIEGE.jpgIl faut d’abord replacer « COUVRE-FEU » d’Edward Zwick dans son contexte, c’est-à-dire trois ans avant le 11 septembre 2001, pour réaliser à quel point son scénario est prémonitoire, pertinent et culotté.

Une série d’attaques terroristes sur le sol américain faisant des centaines de victimes, entraîne la loi martiale, cédant le pouvoir à un général fasciste sur New York. FBI et CIA s’affrontent, pendant que les poseurs de bombes sont prêts à tout pour faire libérer leur leader, lui-même formé par l’Agency. Oui évidemment, cela rappelle quelque chose ! Le film est passionnant parce qu’il adopte tous les points-de-vue, fait exister des personnages faillibles, hantés par leurs échecs, et montre à quoi pourrait ressembler une guerre juste avant l’an 2000. C’est extrêmement bien filmé et monté, la tension ne baisse jamais et les enjeux sont colossaux. En agent du FBI opiniâtre, Denzel Washington est égal à lui-même et incarne parfaitement l’Américain droit dans ses bottes. Annette Bening a le rôle le plus complexe, donc le plus accrocheur, en espionne aux sentiments ambigus et contradictoires. Seul Bruce Willis semble être une mauvaise idée de casting en général intransigeant, un rôle qui aurait nécessité davantage que ses éternelles mimiques. Un Ed Harris, par exemple. Tony Shalhoub est particulièrement remarquable en Libanais travaillant pour le FBI mais pris dans la tourmente raciste.

Parce qu’il appelle les choses par leur nom, mais qu’il plaide intelligemment pour le refus de l’amalgame (un discours encore une fois très en avance sur son temps), « COUVRE-FEU » n’a pas pris la moindre ride et plonge en immersion dans le monde qui commençait seulement à émerger et devait se révéler trois années plus tard. Une œuvre lucide donc et intelligente, ce qui ne gâte rien.

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DEBZEL WASHINGTON, ANNETTE BENING ET BRUCE WILLIS

 

« À L’ÉPREUVE DU FEU » (1996)

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DENZEL WASHINGTON ET LOU DIAMOND PHILLIPS

Réalisé par le solide Edward Zwick, « À L’ÉPREUVE DU FEU » est un excellent film de guerre moderne, situé dans deux espace-temps différents et maintenant un suspense croissant à la fois « policier » et psychologique.FIRE.jpg

Traumatisé par un accident qui coûta, par sa faute, la vie d’un ami pendant un combat, le colonel Denzel Washington est chargé d’enquêter sur une femme-officier (Meg Ryan) tuée pendant un sauvetage en Iraq. Mérite-t-elle la Medal of Honor posthume ? Était-elle héroïque ou lâche ? Les témoignages des survivants se contredisent, le doute s’immisce. Le scénario est très bien ficelé, adopte divers points-de-vue, aligne les flash-backs « menteurs », un peu à la « RASHOMON » et ne se montre pas tendre avec l’U.S.-Army. Washington est un héros fissuré, alcoolique, en quête désespérée de rédemption. Il est remarquable de bout en bout. Tout comme le reste du casting, d’ailleurs : Matt Damon en « medic » rongé de l’intérieur (extraordinaire perte de poids entre les flash-backs et le temps présent !), Lou Diamond Phillips n’a jamais été meilleur qu’en chien de guerre prêt à n’importe quoi pour s’en sortir, Michael Moriarty parfait en général et Scott Glenn aussi en journaliste intègre et fiable. Sans oublier Meg Ryan qui n’a que peu de scènes à sa disposition pour créer un personnage à trois dimensions, ce qu’elle parvient brillamment à faire. La qualité du casting est pour beaucoup dans la réussite de ce film tendu et sans sensiblerie, jamais cocardier, et superbement filmé (photo du grand Roger Deakins) et porté par une BO d’une grande richesse signée James Horner. Rien à jeter donc, dans ce suspense militaire qui n’a pas pris la moindre ride et comporte son lot de morceaux de bravoure spectaculaires et de scènes d’émotion. Du cinéma, autrement dit !

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MEG RYAN, MATT DAMON ET DENZEL WASHINGTON

 

« MAN ON FIRE » (2004)

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DENZEL WASHINGTON ET DAKOTA FANNING

« MAN ON FIRE » n’est pas un polar comme les autres. Si le thème semble classique au premier abord, il est complètement transcendé par le traitement visuel de Tony Scott. On connaît son goût des effets, ralentis, arrêts sur image, surimpressions, qui ont souvent galvaudé son œuvre. Mais ici, le montage éclaté n’a rien d’une vaine coquetterie, il devient l’identité même du film et substitue l’émotion viscérale et l’esthétique à une narration fluide et consensuelle.FIRE.jpg

C’est une des plus franches réussites de Scott et un des plus beaux rôles de Denzel Washington, qu’on se délecte de voir passer de l’ex-tueur alcoolique au Terminator transfiguré par la haine. Ce rôle de garde-du-corps réapprenant à aimer la vie à travers une fillette qu’il est chargé de protéger lui colle à la peau. Il faut dire que la gamine est interprétée par l’incroyable Dakota Fanning aux déconcertantes expressions d’adulte. Leurs scènes ensemble génèrent une émotion brute assez rare à capter à l’image.

Les décors de Mexico sont exploités à fond, en esquivant habilement les plans touristiques, le scénario de Brian Helgeland est d’une redoutable efficacité et les enjeux dramatiques ne font que s’amplifier au fur et à mesure. Malgré un rôle « à ellipses », la petite Fanning domine le casting, mais celui-ci est néanmoins composé de bons acteurs comme Christopher Walken en ex-collègue rangé des voitures, Mickey Rourke – qui ne fait que passer – en avocat pourri, Radha Mitchell en mère désemparée et Giancarlo Giannini en flic. Mélange étonnamment harmonieux de mélodrame sentimental, de blockbuster ultra-violent et portrait intime d’un homme rongé par ses péchés, « MAN ON FIRE » est un film attachant et fascinant par bien des aspects. Tony Scott tourna encore quatre films jusqu’à sa mort, dont trois avec Washington, sans jamais retrouver cet état de grâce.

À noter que le roman de A.J. Quinnell fut déjà adapté en 1987, sous le même titre, dans un film réalisé par… Élie Chouraqui avec Scott Glenn et Jade Malle dans les rôles principaux. Peu mémorable, en revanche.

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DAKOTA FANNING, DENZEL WASHINGTON ET RADHA MITCHELL

 

« 2 GUNS » (2013)

2GUNS.jpgAvec « 2 GUNS » de l’islandais Baltasar Kormákur, on fait un bond en arrière de deux ou trois décennies, avec des « buddy movies » comme « 48 HEURES », « L’ARME FATALE » ou « LE DERNIER SAMARITAIN » dont il recycle les vieilles recettes sans chercher à les « upscaler » ou à peine.

On décèle pourtant UNE bonne idée dans le pitch : les deux malfrats associés, Mark Wahlberg et Denzel Washington ignorent qu’ils sont l’un et l’autre des « infiltrés », le premier pour l’U.S. Navy, le second pour la DEA. Ça maintient un certain intérêt pendant un moment, puis les séquences d’action commencent à s’accumuler, les fusillades s’enchaînent et prennent progressivement le relais. Le film se vide de sa substance, l’humour devient systématique et pas toujours très fin, un peu comme dans les films précités d’ailleurs. Ceci dit, c’est plutôt bien fabriqué, le duo fonctionne. Washington refait son numéro de fripouille charismatique de « TRAINING DAY », Wahlberg est amusant en sidekick comique mais létal. Et quelques bons seconds rôles pimentent l’arrière-plan, comme Bill Paxton excellent en ripou de la CIA, Edward James Olmos en narcotrafiquant ou James Marsden en officier de marine corrompu. On a même le plaisir de revoir ce vieux Fred Ward en amiral indifférent. Quant à Paula Patton, elle continue d’être aussi belle que médiocre comédienne. Nobody’s perfect.

À voir donc, ce « 2 GUNS » sans en attendre autre chose qu’un moment de distraction pétaradant et quasi-rétro, qui n’apporte strictement rien au genre  ni à la filmo des deux vedettes. Notons un sympathique hommage à Sam Peckinpah et à « PAT GARRETT & BILLY THE KID » dans la scène où des voyous mexicains tirent sur des poulets enterrés jusqu’au cou.

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DENZEL WASHINGTON, MARK WAHLBERG ET BILL PAXTON

 

« EQUALIZER 2 » (2018)

Il a fallu pas moins de quatre ans à Antoine Fuqua et Denzel Washington pour tourner « EQUALIZER 2 ». Et heureusement, le résultat n’est pas pour déplaire à l’amateur de films d’action efficaces et de super-héros sexagénaires.EQUALIZER2.jpg

Cette fois, l’identité secrète de ‘McCall’ c’est chauffeur de taxi, ce qui n’est pas étonnant, vu ses connections avec le « TAXI DRIVER » de Martin Scorsese dans le précédent opus. L’air de rien, il continue de jouer les justiciers bénévoles, tout en lisant Proust. La séquence d’ouverture dans un train traversant la Turquie est un grand plaisir coupable et donne le ton du film tout entier. « This time, it’s personal ! »  affirmait une célèbre « tagline ». Et en effet, la grande amie de Denzel, Melissa Leo est assassinée alors qu’elle enquêtait sur un triple meurtre à Bruxelles. Le scénario est excessivement simpliste et linéaire, il fonctionne sur des schémas et des clichés antédiluviens (qui avait le moindre doute sur ce qui allait advenir de l’ado que notre héros prend sous son aile ? Ou du vieux rescapé des camps ?), et accuse un gros coup de mou après la révélation – qu’on voit venir à des kilomètres – de l’identité du traître. Mais Fuqua a un sacré métier, les scènes d’action sont spectaculaires et le « showdown » dans la petite ville balayée par un ouragan a de la gueule. Alors cela se laisse regarder sans déplaisir ni ennui, en laissant son sens critique au vestiaire. Washington est toujours impressionnant dans l’action pure et cultive son opacité naturelle. Pedro Pascal est très bien en ex-coéquipier, tout comme Bill Pullman dans un rôle secondaire.

Ce n°2 s’inscrit parfaitement dans les travées du premier film et offre ce qu’il promettait d’offrir. Du suspense, de l’émotion (ce qu’on apprend du passé de McCall) et une maîtrise de l’action absolument bluffante. Donc, aucune raison de s’en priver si on a apprécié le premier.

 

« SÉCURITÉ RAPPROCHÉE » (2012)

Réalisé par le suédois Daniel Espinosa, « SÉCURITÉ RAPPROCHÉE » est un véhicule pour Denzel Washington qui retrouve son emploi-fétiche de surhomme à la morale ambiguë confronté à une bleusaille naïve (Ryan Reynolds) dans un maelström d’action et de violence.SAFE.jpg

Ici, Denzel est un ex-espion de la CIA qui vend des documents au plus offrant et se fait coincer en Afrique du Sud par les services secrets U.S. Cible de nombreux adversaires, il se retrouve sous la garde de Reynolds, nettement sous-qualifié mais qui va rapidement apprendre les ficelles du métier au péril de sa vie.

Le scénario, extrêmement bien ficelé, attentif aux détails, maintient l’intérêt par un mouvement incessant et surtout en mixant deux genres rarement associés : le film d’action et le ‘whodunit’. La gestion des fausses-pistes pour découvrir qui est le traître au cœur de l’Agency est excellente et se joue de l’intuition du spectateur avec beaucoup de cynisme : « Ça ne peut pas être lui, ce serait trop facile. Donc… ». Le seul reproche qu’on pourrait faire à ce bon spectacle, ce serait une certaine froideur, un déficit en âme et en émotion. Mais pour l’essentiel, Espinosa remplit à 100% son contrat.

Si Washington ne fait que répéter son vieux numéro bien au point de salaud charismatique, Reynolds assure mais manque un peu de personnalité, et on retrouve avec bonheur des vétérans comme Brendan Gleeson, Vera Farmiga, le regretté Sam Shepard et dans de brèves apparitions : Robert Patrick dans une superbe scène de torture, Rubén Blades, Liam Cunningham et le toujours parfait Joel Kinnaman.

À noter que l’épilogue n’est pas sans évoquer un classique du film de CIA : « LES TROIS JOURS DU CONDOR ». Un clin d’œil, assurément.

 

« U.S.S. ALABAMA » (1995)

USSAffichant ses références directement dans le dialogue, « U.S.S. ALABAMA » est un des plus puissants films « de sous-marin » qui se puisse voir et très certainement une des deux ou trois plus incontestables réussites de Tony Scott.

Le scénario, admirablement vissé, pose rapidement ses enjeux, dessine deux protagonistes irréconciliables et les confronte avec la WW3 en ligne de mire. Le drame se noue progressivement, les dissensions puis la haine montent entre l’officier blanchi sous le harnais (Gene Hackman) et son second plus jeune et plus « intellectuel » (Denzel Washington). Et quand il s’agit de lâcher des missiles nucléaires sur la Russie et de déclencher l’Holocauste, les deux hommes vont au clash. Quand un film est parfait, il est parfait. Et ce n’est pas parce que Scott n’a jamais eu auprès des cinéphiles la légitimité d’un John McTiernan que son film n’en est pas moins infiniment meilleur que « À LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE ». La photo est aussi belle qu’efficace (Dariusz Wolski), la BO de Hans Zimmer remplit une fois de plus son office et le montage est une véritable leçon de suspense. Le casting est extraordinaire : Hackman magistral dans un rôle complexe, jamais traité avec manichéisme ni campé comme un banal « méchant ». Washington est égal à lui-même mais parfaitement distribué. Leurs affrontements sont d’une tension hors du commun. Et pour ce qui est des seconds rôles, c’est carrément la fête : Viggo Mortensen excellent en officier littéralement écrasé par le doute, James Gandolfini, George Dzundza, Matt Craven et même Jason Robards qui apparaît à la fin, non-mentionné au générique en amiral. Si « U.S.S. ALBAMA » n’est pas un chef-d’œuvre, il n’est en tout cas pas passé loin de se qualifier. Le film offre deux heures d’action pure, sans céder au spectaculaire décérébré et donne même à gamberger. Ce qui en fait un oiseau rare.

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GENE HACKMAN MATT CRAVEN, DENZEL WASHINGTON ET JASON ROBARDS

À noter que certains « hommages » aux comics U.S., aux films des années 50 et à la série « STAR TREK » furent écrits par un Quentin Tarantino non crédité. On s’en serait volontiers passé, pour tout dire, tant les répliques paraissent plaquées et hors-propos.