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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JACK PALANCE

« LE MASQUE ARRACHÉ » (1952)

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JOAN CRAWFORD ET GLORIA GRAHAME

« LE MASQUE ARRACHÉ » de David Miller pourrait passer pour un ‘film noir’ mâtiné de mélodrame policier, ce qui est plutôt attrayant, mais c’est en fait un one-woman-show de Joan Crawford. À 48 ans, mais en faisant dix de plus, la star des années 40 est complaisamment filmée et dirigée, jusqu’à devenir insupportable et… gâcher le film tout entier.FEAR.jpg

Elle joue une riche héritière, auteure de théâtre, qui tombe amoureuse d’un acteur (Jack Palance), qu’elle avait injustement fait renvoyer d’une de ses pièces parce qu’elle le trouvait trop laid. Ils se marient, sont (apparemment) heureux, mais elle découvre qu’il a une maîtresse (Gloria Grahame) et qu’ils ont l’intention de l’éliminer. Le sujet en vaut un autre, mais le scénario ne va jusqu’au bout de rien. Ni du complot, ni de la vengeance de l’épouse trompée, qu’elle élabore pourtant comme une histoire criminelle alambiquée. Et cela s’achève en queue de poisson dans une espèce de happy end – pas pour tout le monde, bien sûr – totalement ridicule. La photo de Charles Lang est par moments excellente, surtout dans les séquences nocturnes, la BO d’Elmer Bernstein est en revanche excessive et assommante, à l’image du jeu de Crawford filmée en extrêmes gros-plans, en interminables plans-séquences focalisés sur elle et elle seule, où elle en fait des mégatonnes dans l’expression de la terreur. Autour d’elle, ses partenaires ont du mal à exister, mais Palance est bien en faux-jeton au faciès inquiétant, même s’il fait beaucoup plus jeune que sa partenaire, et que cela ne soit jamais mentionné dans le dialogue. Grahame est amusante dans son emploi-type de garce languide et on reconnaît un jeune Mike Connors (« Touch Conners » au générique) en bellâtre un peu lourd.

« LE MASQUE ARRACHÉ » dure hélas, bien trop longtemps pour maintenir le suspense, voire l’intérêt, et on décroche bien avant la conclusion de cette histoire boiteuse et invraisemblable à tous niveaux, qui n’est qu’un écrin maladroit à une star vieillissante dont le style de jeu a affreusement vieilli : ce qu’elle fait rien qu’en écoutant un enregistrement dramatique ou avec un revolver à la main doit être vu pour être cru.

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JACK PALANCE ET JOAN CRAWFORD

 

« BRONK » : film-pilote (1975)

Créé par l’acteur Carroll O’Connor et Ed Waters, réalisé par Richard Donner trois ans avant « SUPERMAN » et musiqué par Lalo Schifrin, le film-pilote de la courte série « BRONK » attise la curiosité, d’autant plus que le rôle-titre est tenu par un Jack Palance de 56 ans jouant un flic de L.A.BRONK.jpg

Le moins qu’on puisse dire est que personne ne s’est beaucoup foulé ! Même la BO est complètement insignifiante. Et ne parlons pas de la photo pâlotte de Matthew F. Leonetti ou de la réalisation paresseuse. Alex Bronkov, dit ‘Bronk’ représente un véritable contremploi pour Palance et c’est bien là le principal – voire unique – intérêt de ce téléfilm. Loin de ses rôles habituels de méchants psychopathes et exaltés, il joue un honnête policier effacé, presque timide, allergique aux poils de chat et joueur d’harmonica. Récemment veuf, il s’occupe de sa fille catatonique, comme Paul Kersey dans « UN JUSTICIER DANS LA VILLE ». Rien d’original là-dedans, c’est certain. Mais le seul fait de voir Palance en « underplay », avec sa veste de cuir vintage et son brushing, ravira automatiquement les fans de l’acteur. Il n’est pas très bien entouré, surtout par le transparent David Birney (le « SERPICO » de la brève série TV l’année suivante) pas crédible une seconde en narcotrafiquant cynique ni par Henry Beckman en ex-flic et ami.

Alors très actif en Europe, principalement en Italie, Jack Palance tentait un retour au pays, sans doute influencé par le succès de Telly Savalas dans « KOJAK ». On ne peut pas dire que ce pilote soit très probant, mais au moins s’y montre-t-il différent de son image, relativement subtil, voire émouvant.

 

« YOUNG GUNS » (1988)

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KIEFER SUTHERLAND ET EMILIO ESTEVEZ

« YOUNG GUNS » de Christopher Cain, partant d’une bio très romancée de Billy the Kid, tente de concilier deux genres : le western, genre moribond depuis longtemps, et le film de ‘djeuns’ façon « OUTSIDERS ». L’idée n’est pas aussi absurde qu’elle ne paraît.GUNS.jpg

D’abord parce que le casting est excellent : Emilio Estevez est un parfait Billy, psychopathe hilare et narcissique, Kiefer Sutherland joue son bras-droit lettré et sentimental, Lou Diamond Phillips a fière allure en métis farouche et Dermot Mulroney est drôle en hors-la-loi crasseux et demeuré. Sans oublier quelques vétérans du genre qu’on est bien content de revoir : Jack Palance en horrible méchant comme lui seul savait les jouer, Terence Stamp en rancher anglais paternel ou Brian Keith dans un bref caméo en chasseur-de-primes destructeur. Le mélange de générations apporte beaucoup au film et semble même l’ancrer dans un semblant d’authenticité.

Hélas, « YOUNG GUNS » ne tient pas vraiment ses promesses. Pas tant par la faute d’un scénario plutôt adroit, malgré de vaines digressions, qu’au niveau de la réalisation qui semble aujourd’hui désuète et plombée d’effets inutiles. Les vilains ralentis lors des fusillades gâchent complètement la fin, par exemple et, curieusement, la photo de Dean Semler n’est pas à la hauteur de ses travaux antérieurs, donnant parfois à l’image un aspect téléfilm pas très attractif. Malgré ses nombreux manques et défauts, « YOUNG GUNS » se laisse regarder pour son montage très rythmé, pour la prestation survoltée d’Estevez qu’on n’a jamais vu aussi déchaîné et pour quelques duels bien fichus.

À noter que le personnage de Pat Garrett, partie intégrante de la légende du Kid, n’apparaît que fugitivement dans deux scènes, symboliquement incarné par Patrick, le fils de John Wayne. Deux ans plus tard, un « YOUNG GUNS II » sortira dans les salles. Avec un œil d’aigle, et en étant prévenu, on peut reconnaître Tom Cruise, recouvert de postiches, dans une figuration en cowboy dûment révolvérisé.

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LOU DIAMOND PHILLIPS, JACK PALANCE ET TERENCE STAMP

 

AUJOURD’HUI, IL AURAIT FÊTÉ SES 100 ANS !

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JACK PALANCE, LE ROI DES « MÉCHANTS » DES ANNÉES 50 À 70, UNE CARRIÈRE INTERNATIONALE ET UNE EMPREINTE INDÉLÉBILE.

 

« BATMAN » (1989)

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MICHAEL KEATON

Quand on découvre les magnifiques décors de studio d’Anton Furst, quand démarre la BO de Danny Elfman et qu’on s’accoutume au sombre univers visuel créé par Tim Burton, on se dit que tout est réuni pour relancer les films de super-héros et signer un chef-d’œuvre. Tout… ou presque. Manque juste un scénario !batman2

« BATMAN » pioche à la fois dans la caricature de la série TV des sixties et dans l’approche plus dramatique des comics de Neal Adams et consorts de la décennie suivante. Mais l’histoire ne va nulle part, elle se résume à une succession de saynètes répétitives et confuses, noyées dans les fumigènes. Burton a laissé Jack Nicholson vampiriser son film : il est tellement idéalement distribué en ‘Joker’ fou à lier, ricanant et malfaisant, que c’en est un pléonasme. L’acteur surjoue de façon quasi-obscène, fait n’importe quoi avec un narcissisme inouï et empêche le personnage de Batman (Michael Keaton) de vraiment exister et de susciter intérêt et empathie. Ce ne sont au fond, que deux psychopathes déguisés, chacun d’un côté de la barrière de la loi. Seule petite trouvaille par rapport à la BD d’origine : un flash-back fait du Joker l’assassin des parents de Bruce Wayne. Les protagonistes n’ayant pas de but précis, pas d’urgence particulière à faire ce qu’ils font, tous les rebondissements étant parfaitement aléatoires et gratuits, les deux heures passent très lentement et le dernier show de Nicholson dansant sur une chanson de Prince en balançant des dollars dans la foule, est quasiment insupportable. Laminé par son partenaire, Keaton est donc un Batman falot et transparent. Kim Basinger est renversante de beauté mais n’a rien à faire à part pousser des petits cris perçants. Des personnages importants comme le commissaire (Pat Hingle) sont à peine esquissés. On est content de revoir, même brièvement, ce vieux Jack Palance en caïd essoufflé. Nicholson en fait d’ailleurs une excellente imitation dans une scène avec Tracey Walter.

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JACK NICHOLSON, MICHAEL KEATON, KIM BASINGER ET JACK PALANCE

Beau à regarder donc, « BATMAN » est et demeure une déception de chaque instant, une belle occasion manquée. Ce qui ne l’a pas empêché d’être un des plus grands succès de l’Histoire du cinéma U.S., précisons-le tout de même. Dommage car, le temps de quelques instants çà et là, on subodore le film unique qu’il aurait pu être avec un vrai scénario…

 

CRAZY JACK…

« NOT SO QUIET ON THE SET », le livre de souvenirs de l’assistant et producteur Robert Relyea, qui travailla beaucoup avec John Sturges et Steve McQueen, n’est pas de la grande littérature, mais on y trouve quelques anecdotes croustillantes qui en justifient amplement la lecture, d’autant que les personnages fréquemment cités sont des icônes de « BDW2 ». Ainsi celle-ci, pas très politiquement correcte, mais vraiment drôle.relyea-palance

Alors qu’il tournait le film de prison « LA CAGE AUX HOMMES » dans un vrai pénitencier, Relyea discutait avec l’acteur principal Jack Palance, qui lui racontait le dernier film qu’il avait vu au cinéma. Pendant qu’il parlait, Palance n’avait pas vu que 400 forçats (des vrais, pas des figurants !) s’approchaient d’eux. L’un d’eux, un colosse de deux mètres, s’adressa à lui : « Il paraît qu’à Hollywood, c’est bourré de tapettes ». Palance s’excusa poliment auprès de son ami et s’avança à son tour tout près du taulard à qui il répondit : « Non, on les a toutes jetées en prison ».

Après cela, il n’y eut plus jamais de problèmes avec les prisonniers…

 

LES COLLINES REMASTÉRISÉES…

CHATOExcellente nouvelle pour le bronsonophile anglophone et donc visiteur assidu de « BDW2 » : « LES COLLINES DE LA TERREUR », western longtemps sous-évalué de Michael Winner, vient de sortir en Blu-ray chez Twilight Time aux U.S.A.

C’est une édition limitée à l’image plus que correcte (mais le DVD édité en France était déjà irréprochable comparé à la médiocre version américaine) et surtout, en version intégrale. C’est-à-dire avec des plans ‘gore’ (impacts de  balle, Indien brûlé vif) absents de la version exploitée sur le territoire américain en 1971, et avec la séquence du viol de la femme de Chato dans sa version « hard ». Il en existe une version alternative tournée sans nudité afin de ne pas heurter la censure de certains pays.

Le court livret accompagnant le Blu-ray replace le film dans son contexte de sortie (la guerre du vietnam) et fait de judicieux parallèles entre le scénario du western et la situation de soldats U.S. L’auteure, Julie Kirgo, se lance dans un hommage enfiévré à la physionomie bronsonienne et signe un rapide aperçu de son parcours.

Un film à redécouvrir donc, dans les meilleures conditions possibles, mais attention : c’est une édition limitée à 3000 exemplaires comme souvent chez cet éditeur et – pour l’instant – il n’est trouvable nulle part ailleurs en HD.CHATO2

 

« LE GLAIVE DU CONQUÉRANT » (1961)

JACK PALANCE

JACK PALANCE

Entre « LE SIGNE DU PAÏEN », « REWAK LE REBELLE », « LES MONGOLS » et « LE GLAIVE DU CONQUÉRANT », Jack Palance a beaucoup joué les chefs de guerre barbares exaltés et charismatiques. Emploi qu’il fut pratiquement seul à occuper et qui lui permettait de grands numéros comme il les aimait. Flanqué d’un compatriote, Guy Madison, il est la seule attraction de ce péplum fauché et très mal réalisé, dans lequel il joue le chef des Lombards venu conquérir un royaume voisin. Vêtu de cuir noir et de fourrure, coiffé d’une étrange mise-en-plis, le grand Jack fait son numéro habituel de brute grimaçante et essoufflée, adepte du fouet et de la torture. Il voue un amour sans espoir à Eleonora Rossi Drago dont il a décapité le père. Et pour le lui prouver, il l’oblige à boire du vin dans le crâne de celui-ci ! C’est tout Jack, ça…GLAIVE

Le fan de l’acteur trouvera donc matière à s’amuser, même au second degré, des excès de son idole. Pour les autres cela risque d’être plus problématique. La photo est moche, les décors sont d’une pauvreté terrible, les scènes de combat affreusement mal réglées et les seconds rôles italiens font peine à voir. Dans un rôle de héros trahi et spolié, Madison est complètement transparent. Les regards assassins de la signora Drago aident parfois à passer le temps. Peu à dire donc, de ce « GLAIVE DU CONQUÉRANT » dont les possibles morceaux de bravoure (les prisonniers jetés aux lions) sont lamentablement avortés et dont la seule chose à peu près mémorable est encore cette « vierge de fer » hérissée de pointes mortelles. À l’instar d’autres comédiens comme Lee Van Cleef ou Klaus Kinski, Palance a trop souvent mis l’affection de ses admirateurs à rude épreuve en tournant des navets de cette espèce. Mais comment lui en vouloir ? Au moins, il se donnait toujours à fond.

 

AMERICAN FRIENDS IN BLUE !

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« LES TUEURS DE SAN FRANCISCO » (1965)

ALAIN DELON

ALAIN DELON

« LES TUEURS DE SAN FRANCISCO » est un des quatre films de la courte carrière américaine d’Alain Delon et il est inspiré d’un roman de Zekial Marko déjà auteur de « MÉLODIE EN SOUS-SOL » deux ans plus tôt, et qui tient un rôle secondaire ici.ONCE3 Porté par une BO jazzy et omniprésente de Lalo Schifrin, c’est une sorte d’hommage au ‘film noir’ des années 40, qui suit le destin d’un voyou condamné à l’avance, un ‘loser’ émouvant mais désespérément poissard, le genre d’emploi que tenait Burt Lancaster à ses débuts. Logique donc, que son partenaire du « GUÉPARD » prenne la suite ! Delon joue ici un émigré italien (bien qu’il se nomme ‘Pedak’ !) rangé des voitures et père de famille, contacté par son frère gangster (Jack Palance) et ses complices pour un « dernier coup ». Au chômage et traqué par un flic (Van Heflin) qu’il avait blessé jadis et qui veut sa peau, notre antihéros franco-italo-américain va aller de déboire en déboire, jusqu’à l’inévitable fin sur le pavé mouillé d’un port de Frisco. Presque entièrement nocturne, le film tient en haleine et contient quelques trouvailles surprenantes comme l’alliance impossible entre le flic et celui qu’il hait plus que tout. Il n’évite hélas, pas les longueurs et redites et souffre d’un rôle féminin tout bonnement insupportable : Ann-Margret qui passe toutes ses scènes à pleurnicher ou à piquer des crises de nerfs ! On sent que les femmes n’étaient pas le point fort du scénariste… Grand plaisir en revanche pour le casting masculin : Palance à l’accent italien impeccable, plutôt inhabituel en malfrat chaleureux mais à bout de souffle, manœuvré par ses acolytes. Ceux-ci sont incarnés par Tony Musante en idiot édenté (par un coup de pied delonien) et surtout John Davis Chandler qui pique la vedette à tout le monde dans un rôle épouvantable de tueur albinos et nasillard, qu’il joue comme un vampire de série B. Un vrai grand méchant d’anthologie à la Widmark !

JOHN DAVIS CHANDLER, ANN-MARGET, ALAIN DELON ET JACK PALANCE

JOHN DAVIS CHANDLER, ANN-MARGET, ALAIN DELON ET JACK PALANCE

« LES TUEURS DE SAN FRANCISCO » ne s’élève jamais au-dessus de son état de polar nerveux au pessimisme poisseux, mais il a du style et parfois même du cœur. Et Delon, dans un contexte qui lui est tout de même très étranger, s’en sort étonnamment bien.