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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JASON STATHAM

« KILLER ELITE » (2011)

elite2Réalisé par un certain Gary McKendry dont c’est le seul long-métrage jusqu’à présent, vaguement inspiré d’un livre lui-même plus ou moins tiré de faits réels (le rôle des SAS dans certains pays arabes en guerre), « KILLER ELITE » est un très curieux salmigondis où Jason Statham reprend son emploi de tueur-à-gages spécialisé dans les meurtres ayant l’air d’accidents, initié quelque temps auparavant dans « THE MECHANIC ».

On lui kidnappe son vieux maître Yoda (Robert De Niro) pour l’obliger à abattre les assassins des fils d’un vieux cheik. Mais évidemment, rien n’est si simple, et la machination totalement incompréhensible remonte très haut. Pour tout dire, on se fiche royalement de l’espèce de scénario qui se déroule pendant presque deux heures. Il n’existe que pour les bastons et poursuites entre « méchants » et… « moins méchants ». Entre tueurs professionnels plutôt sympathiques (tout est relatif) et ex-barbouzes anglaises très déplaisantes. À leur tête, Clive Owen avec une petite moustache peu esthétique et un œil de verre.

C’est excessivement ennuyeux, bourré de clichés absurdes, de répliques risibles (involontairement) et on se désole de voir De Niro jouer les flingueurs à grosse barbe blanche, en plissant les yeux d’un air bonhomme dans un rôle secondaire qui plus est. Statham, exactement égal à lui-même, jusque dans les vêtements, fait ce qu’il sait faire : il est impeccable dans les cascades et le reste du temps ne prend même pas la peine d’épaissir son personnage. Sa relation avec Yvonne Strahovki est indigente et franchement soporifique.

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JASON STATHAM ET ROBERT DE NIRO

Tourné en Australie, « KILLER ELITE » s’oublie à mesure qu’on le visionne. Ça n’a ni queue ni tête, on ne garde aucune scène en mémoire. On se demande vraiment ce que des comédiens comme De Niro, Dominic Purcell ou Adewale Akinnuoye-Agbaje en traître de service, sont allés cachetonner là-dedans. Statham a fait mieux depuis, il a aussi fait pire… Espérons qu’il sache se montrer plus ambitieux dans ses choix.

 

« MECHANIC : RESURRECTION » (2016)

Avant tout, la bonne nouvelle, c’est que « MECHANIC : RESURRECTION » n’a absolument plus aucun rapport, même lointain avec « LE FLINGUEUR » des années 70, à part le patronyme du personnage principal. Ce qui coupe court à l’agacement du cinéphile accro au film de Michael Winner. Jason Statham a plutôt été recyclé en émule de 007, de Jason Bourne, du Ethan Hunt de « MISSION : IMPOSSIBLE » et de… McGyver.mechanic2

Cinq ans après le premier opus, Statham revient donc, quasi-quinquagénaire, avec plus de muscles, davantage de barbe et encore moins de cheveux. Le scénario fait des pieds et des mains pour transformer ce tueur-à-gages en « héros » à part entière : Bishop ne tue plus pour de l’argent (beurk !), mais parce qu’on veut l’obliger à assassiner en kidnappant sa fiancée, elle-même faisant dans l’humanitaire au Cambodge ! Nous sommes donc entre gens de bonne compagnie. Tout est à l’avenant dans ce film débile mais sympathique… Voyages à travers le monde totalement inutiles, séquences d’action qui s’enchaînent mais sans réel suspense, puisque Bishop est 100% inoxydable et s’en sort toujours sans la moindre égratignure, naïvetés énormes (la façon dont il se fait envoyer au bagne), scènes téléphonées (la piscine suspendue). On comprend vite qu’on ne doit surtout pas prendre tout cela au sérieux. C’est du spectacle pour ados fans de grosses bastons et de super-héros de BD. À ce jeu-là, Statham est irremplaçable. Il ne laisse filtrer aucune émotion, assure à fond dans le mouvement félin et les prouesses physiques. Il est bien entouré par Jessica Alba toujours aussi belle, si elle n’est toujours pas devenue une grande tragédienne, par les vétérans Michelle Yeoh et Tommy Lee Jones venus en voisins toucher un gros chèque. Tout le monde a l’air de bien s’amuser et de profiter des magnifiques paysages de Thaïlande. On est bien contents pour eux !

Si le premier film s’efforçait de « moderniser » celui de 1972, celui-ci lorgne du côté des blockbusters d’espionnage actuels et marque probablement le vrai début d’une ‘franchise’ pour l’ami Statham coutumier des sequels après « HYPER-TENSION », « LE TRANSPORTEUR », « EXPENDABLES » et « FAST & FURIOUS ».

 

HAPPY BIRTHDAY, JASON !

STATHAM

JASON STATHAM, DERNIÈRE STAR DU CINÉMA D’ACTION « HARD BOILED », HÉRITIER DES TOUGH GUYS U.S. DES SEVENTIES.

 

« SPY » (2015)

« SPY » est un véhicule pour Melissa McCarthy, « stand-up comedian » et vedette de TV récemment consacrée au cinéma. L’idée est simple : confectionner un pastiche de James Bond et remplacer celui-ci par une grosse dame gaffeuse à grande gueule et au cœur d’artichaut.SPY

Et… ça marche ! On n’est pas dans la grande finesse, mais du générique-début aux séquences d’action, c’est étonnamment soigné et proche du modèle originel et McCarthy est souvent drôle. Dommage qu’elle soit laissée bride sur le cou et filmée avec une telle complaisance, car tous ses gags et ses bons mots ne sont pas du même niveau et pas mal tombent carrément à plat. Si elle demeure efficace et même franchement sympathique, elle se fait éclipser dans quelques scènes par Jason Statham, révélation comique du film bien qu’il n’y tienne qu’un rôle secondaire. Il est hilarant en espion mythomane, mégalo, mal embouché et totalement incompétent, un empêcheur de tourner en rond râleur et grotesque. Un emploi inédit pour l’acteur qu’il endosse crânement comme s’il avait fait cela toute sa vie. Un grand moment de plaisir ! Jude Law est également très bien en avatar de 007 auto-satisfait, Allison Janney parfaite comme toujours en « boss » totalement dépourvue d’humour. Et mention spéciale à Rose Byrne, fabuleuse en méchante hautaine et odieuse au langage pour le moins fleuri.

Bien sûr, ce genre de produit basé sur le clin d’œil et l’humour de connivence ne devrait jamais dépasser les 90 minutes règlementaires. « SPY » en fait 120 (et même dix de plus dans « l’extanded cut » chroniqué ici !) et c’est infiniment trop long. Mais c’est tellement joyeux, iconoclaste et bien fichu, qu’on pardonne les ventres mous et les redites, pour profiter du spectacle. Et vraiment, Statham est le « tough guy » qui a le mieux réussi son virage dans le registre comique.

 

« FAST & FURIOUS 7 » (2015)

FAST« FAST & FURIOUS 7 » tient à la fois de la ‘franchise’ « MISSION : IMPOSSIBLE », des films de super-héros Marvel et de ce que les producteurs des 007 ont toujours rêvé d’accomplir. Le tout mâtiné de muscles anabolisés à la sauce des années 80. Franchement, on voit mal comment aller plus loin dans le blockbuster décérébré et décomplexé. Ce film est une sorte de perfection !

Nul n’est besoin d’avoir vu les six autres pour se laisser happer par ce n°7 survitaminé, qui d’un point de départ tout ce qu’il y a de quelconque, devient peu à peu une véritable orgie de séquences d’action incroyables, de morceaux de bravoure drôles tant ils se fichent ouvertement de toute vraisemblance. Dès la première scène (Jason Statham au chevet de son frère à l’hôpital et ce qui s’ensuit), on sait qu’on va s’amuser comme des petits fous. L’acteur anglais incarne une sorte de Terminator monomaniaque sans jamais changer d’expression pendant plus de deux heures. Il est absolument réjouissant !

Les cascades en voitures, habile mélange de CGI et de plans « en dur », sont époustouflantes (la chute libre des véhicules d’un avion-porteur laisse sans voix), les bagarres à mains nues sont d’une rare férocité, mais jamais sanglantes. D’ailleurs, dans « FAST & FURIOUS 7 », on peut tomber dans des ravins, chuter d’un gratte-ciel ou se prendre des missiles à quelques mètres de soi, on s’en sort non seulement sans une égratignure, mais les vêtements immaculés. Il suffit d’accepter les règles du jeu.

Autour d’un Vin Diesel toujours aussi peu passionnant mais tout à fait dans son élément, on retrouve Michelle Rodriguez une revenante de la série, ce cher Kurt Russell en vieille barbouze rusée, Dwayne Johnson en superflic tatoué jusqu’aux yeux qui fait exploser le plâtre enserrant son bras en gonflant le biceps. Et bien sûr Paul Walker, mort pendant le tournage. L’épilogue lui rend un hommage appuyé mais assez finement exécuté, d’autant moins évident que si l’acteur est décédé, son personnage ne l’est pas. Jolie prouesse…

PAUL WALKER, VIN DIESEL, KURT RUSSELL, JASON STATHAM ET DWAYNE JOHNSON

PAUL WALKER, VIN DIESEL, KURT RUSSELL, JASON STATHAM ET DWAYNE JOHNSON

C’est du cinoche « pop corn » à son paroxysme, de la superproduction explosive qui fait passer le temps sans jamais décrocher. À noter qu’au milieu d’un dialogue succinct et truffé de clichés, surnagent quelques ‘one liners’ à hurler de rire (« Je vais te casser ce doigt en six endroits et te le fourrer là où le soleil ne brille jamais »).

 

« JOKER » (2014)

JOKER2Quand un scénario porte la signature de William Goldman, auteur de broutilles comme « BUTCH CASSIDY & LE KID », « MARATHON MAN », « LES HOMMES DU PRÉSIDENT », « MISERY » ou « L’OMBRE ET LA PROIE » (film-culte de « BDW2 »), a priori, on prête attention.

L’homme avait déjà adapté son propre roman trente ans plus tôt pour « BANCO », véhicule pour Burt Reynolds qui n’a pas marqué les esprits. « JOKER » est une seconde tentative et c’est l’héritier des ‘tough guys’ des années 70 et 80 qui reprend le flambeau : Jason Statham.

Rien que de très alléchant, donc. La déconvenue n’en est que plus grande. D’autant que l’acteur nous avait habitués, ces derniers temps, à beaucoup mieux. « JOKER » est une drôle de chose, un film d’action qui se voudrait existentiel et se focalise sur un ‘bodyguard’ de Las Vegas, une sorte de super-héros capable d’éliminer dix adversaires à mains nues sans prendre un seul coup, mais miné par son addiction au jeu et une propension à perdre systématiquement tout ce qu’il gagne. Pour montrer ses tourments, Statham se prend la tête (littéralement), regarde par la fenêtre d’un air absorbé et tape contre les murs.

Lent, sans colonne vertébrale, plombé par des scènes de casino interminables, « JOKER » vaut à la rigueur pour ses trois ou quatre « bastons » efficaces, même si elles abusent du ralenti. Mais le film manque d’âme et de centre de gravité et laisse à peu près indifférent.

On s’étonne de reconnaître d’anciennes gloires des années 90 comme Anne Heche, Hope Davis ou Jason Alexander dans de tout petits rôles, à peine mieux que des silhouettes. On est moyennement convaincu par la prestation gauche et à côté de la plaque de Dominik García-Lorido (fille d’Andy Garcia) en femme violée par des malfrats, déclenchant l’ire de l’ami Jason. Seul sort du lot Michael Angarano en jeune milliardaire persuadé qu’il est un lâche.

JASON STATHAM EN ACTION...

JASON STATHAM EN ACTION…

Sur le papier, il y avait tout pour plaire dans ce « JOKER », d’autant que les précédents remakes tournés par Statham étaient plutôt réussis (pas tous !). Mais là, c’est raté. À voir à l’extrême rigueur pour ses combats à main nue assez brutaux et bien réglés. C’est maigre, oui…

 

« COLLATERAL » (2004)

COLLATERAL2Il y a vingt ans, Michael Mann ressuscitait le ‘film noir’ avec « HEAT », véritable fresque existentielle dont l’influence n’a toujours pas fini de se faire sentir dans le polar actuel. Depuis, et contre toute attente, il n’a cessé de décevoir ses admirateurs. Si « RÉVÉLATIONS » était intéressant, en revanche « ALI » et « MIAMI VICE » et surtout le désolant « PUBLIC ENEMIES » ont ébranlé la foi de ses plus fidèles inconditionnels.

Heureusement, « COLLATERAL » se hisse au-dessus de la mêlée et vient rappeler quel grand cinéaste Mann sait être quand le matériau l’inspire. Le scénario de ce polar nocturne est à la base conventionnel (unité de lieu et d’action), anecdotique et peu réaliste (un tueur-à-gages kidnappe un taxi de L.A. le temps de remplir cinq « contrats » dans la même soirée), mais par sa mise-en-scène glaciale et ultra-précise, sa direction d’acteurs sans faille (quand a-t-on vu Tom Cruise aussi sobre et intense ?), le réalisateur hisse son film parmi les grands classiques du genre. « COLLATERAL » laisse l’impression d’être « plein comme un œuf », sans un plan inutile, sans dialogue redondant. Entre deux scènes de suspense ou d’action magnifiquement exécutées, le scénario prend le temps de fouiller ses deux protagonistes, de révéler des facettes du chauffeur de taxi – un des meilleurs rôles de Jamie Foxx – qui n’est pas seulement un doux rêveur sympathique, mais aussi, confronté à la violence et à la trouille, un velléitaire ‘loser’ dans l’âme que les circonstances vont littéralement transcender. Une étonnante psychanalyse sauvage à deux, dans l’espace confiné d’une voiture en marche.

C’est truffé de séquences inoubliables (le meurtre dans le club de jazz), de plans magiques (le face-à-face quasi-rêvé avec les deux coyotes sur une avenue déserte) et Mann ne se refuse même pas des clins d’œil à ses contemporains avec cette poursuite finale dans l’immeuble où Cruise se métamorphose soudain en terminator increvable ou la fin dans le métro qui renvoie au « KING OF NEW YORK » de Ferrara.

TOM CRUISE, JAMIE FOXX ET BARRY SHABAKA HENLEY

TOM CRUISE, JAMIE FOXX ET BARRY SHABAKA HENLEY

Mann filme L.A. la nuit comme une jungle de néons, de verre et d’acier où se meuvent des créatures solitaires au destin tout tracé. Dans un casting parfait, on retiendra le toujours excellent Mark Ruffalo en flic malchanceux, Javier Bardem impeccable en caïd au calme menaçant et même un rapide caméo de Jason Statham qui apparaît dans la première scène. « Enjoy L.A. », dit-il à Cruise. Et effectivement, on n’est pas près d’oublier ce petit voyage au bout de la nuit. Du très bon polar haut-de-gamme.

 

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