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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JASON STATHAM

« EN EAUX TROUBLES » (2018)

Qu’il était alléchant ce « EN EAUX TROUBLES » sur le papier ! Quelle belle promesse de plaisir coupable par excellence, que cette confrontation entre Jason Statham et un énorme requin préhistorique (le Megalodon) auquel il allait forcément mettre une pâtée mémorable ! Et quelle déconvenue à l’arrivée…MEG.jpg

Le nom de Jon Turteltaub à la réalisation aurait dû éveiller les soupçons, mais celui de Tom Stern, chef-op d’Eastwood rassurait quelque peu. Hélas, celui-ci signe une photo digne d’un épisode de série TV des seventies aux extérieurs surexposés à s’en décoller la rétine. Cette copro sino-américaine semble destinée aux enfants de huit ans peu regardants. C’est pourri de CGI, les personnages sont grotesques, les comédiens atroces (on a droit à TROIS « geeks rigolos », véritable plaie de ce genre de films !) et même Statham paraît régresser de plusieurs années dans ce rôle de héros aux abdoms en acier trempé et à la barbe naissante. Il s’est aventuré sur le territoire de Dwayne Johnson, sans dégager la même (fausse) naïveté et le même sens du second degré. Big mistake ! Et que dire du requin lui-même ? Paradoxalement, ce qui frappe immédiatement, c’est qu’il est… trop petit. On s’attendait, on espérait un King Kong des océans, un monstre capable de gober tout cru Godzilla en guise d’apéritif et d’avaler des centaines de baigneurs d’une bouchée, mais on n’a finalement droit qu’à un gros poisson au cuir épais, pas tellement plus impressionnant que les squales aux CGI antédiluviens de « PEUR BLEUE », datant d’il y a vingt ans. Grosse déception donc pour un film dont on cherche vainement à quel public il voulait s’adresser. Esthétiquement très vilain, scénaristiquement cataclysmique, au degré zéro de l’art dramatique, « EN EAUX TROUBLES » laisse quelque peu désemparé. Dire que cela aurait pu être tellement fun ! Impossible de ne pas se sentir arnaqué sur la marchandise…

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« FAST & FURIOUS 8 » (2017)

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JASON STATHAM

Faisant suite au sympathique n°7, « FAST & FURIOUS 8 » signé du généralement peu emballant F. Gary Gray, reprend le flambeau et fait repartir la franchise sur les chapeaux de roues sans rien essayer de renouveler.F8 2

C’est donc toujours la même chose, avec les mêmes gens, les mêmes voitures, mais quelques petits changements bien vus dans l’organisation : Vin Diesel se retourne contre sa « famille », le psychopathe Jason Statham devient subitement un tonton gâteau, Dwayne Johnson prend la tête des opérations et se montre plus déconnant que dans les précédents films (il faut l’avoir vu en coach de fillettes au début !). On retrouve avec bonheur Kurt Russell qui a pris un petit coup de vieux, Michelle Rodriguez, une Charlize Theron très amaigrie en méchante de premier ordre. Et on a même droit à un savoureux caméo d’Helen Mirren herself, dont le face-à-face avec Statham vaut à lui seul de voir le film.

Bien sûr, il y a beaucoup trop de poursuites motorisées, d’explosions de missiles, de fusillades, mais c’est la recette. En revanche, on se délectera sans complexe de quelques confrontations extraordinairement drôles comme celle où Johnson et Statham échangent des menaces ou quand le second parle au bébé qu’il est en train de sauver au milieu d’un déluge de balles. Difficile d’ailleurs de ne pas y voir un clin d’œil à la séquence la plus célèbre de « À TOUTE ÉPREUVE » de John Woo.

« FAST & FURIOUS 8 » fait passer deux heures agréables et reposantes pour les neurones. On ne s’y ennuie guère, on sourit souvent et tout le monde a l’air de franchement s’amuser. En fait, cela fait davantage penser à une série TV au budget hypertrophié, qu’à du cinéma. La franchise recycle sans arrêt les mêmes éléments depuis le début avec plus ou moins de réussite. Et celui-ci est plutôt dans la bonne moyenne. À noter pour l’anecdote, que le regretté Paul Walker a été « remplacé » par nul autre que Scott Eastwood, fils de Clint !

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DWAYNE JOHNSON, CHARLIZE THERON, VIN DIESEL, SCOTT EASTWOOD ET KURT RUSSELL

 

« FAST & FURIOUS 6 » (2013)

FAST6 2« FAST & FURIOUS 6 », c’est un peu le « À LA RECHERCHE DE SPOCK » de la franchise, à part que Michelle Rodriguez remplace le Vulcain aux oreilles en pointe et revient d’entre les morts pour servir d’enjeu à l’action et à l’implication de nos héros.

Car de l’action, le film en est bourré jusqu’à la gueule, jusqu’à l’hystérie, et la poursuite finale entre un avion géant russe et une armada de voitures de course occupe une bonne partie du métrage, mais constitue un extraordinaire morceau de bravoure que ce soit au niveau des cascades ou du montage.

Prenant comme thématique principale la famille dans le sens large du terme, ce n°6 ne déçoit pas, à condition d’accepter les codes de la série : action ininterrompue, décors exotiques, grosses cylindrées, belles femmes « kick ass » et gaillards musculeux. Rien de très sérieux donc, mais Justin Lin maîtrise cela d’assez épatante façon et on n’a guère le temps de s’ennuyer, ni même de se demander si on s’ennuie, d’ailleurs !

Autour du couple reformé Vin Diesel et Michelle Rodriguez, on retrouve avec plaisir Dwayne Johnson dans son rôle de flic hypertrophié qui fait un peu figure de Yul Brynner dans une adaptation hallucinée des « 7 MERCENAIRES ». À noter que le ‘bad guy’ joué par Luke Evans possède un réel charisme et une intelligence rares dans ce genre de produit. Et Jason Statham apparaît pendant le générique-fin, annonçant – très méchamment – son personnage dans le n°7.

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MICHELLE RODRIGUEZ, VIN DIESEL, PAUL WALKER, GAL GADOT ET DWAYNE JOHNSON

On n’épiloguera pas davantage sur ce film qui assume son statut de blockbuster décérébré, mais tient absolument toutes ses promesses en entraîne dans un Grand-8 souvent époustouflant de maestria technique.

 

« KILLER ELITE » (2011)

elite2Réalisé par un certain Gary McKendry dont c’est le seul long-métrage jusqu’à présent, vaguement inspiré d’un livre lui-même plus ou moins tiré de faits réels (le rôle des SAS dans certains pays arabes en guerre), « KILLER ELITE » est un très curieux salmigondis où Jason Statham reprend son emploi de tueur-à-gages spécialisé dans les meurtres ayant l’air d’accidents, initié quelque temps auparavant dans « THE MECHANIC ».

On lui kidnappe son vieux maître Yoda (Robert De Niro) pour l’obliger à abattre les assassins des fils d’un vieux cheik. Mais évidemment, rien n’est si simple, et la machination totalement incompréhensible remonte très haut. Pour tout dire, on se fiche royalement de l’espèce de scénario qui se déroule pendant presque deux heures. Il n’existe que pour les bastons et poursuites entre « méchants » et… « moins méchants ». Entre tueurs professionnels plutôt sympathiques (tout est relatif) et ex-barbouzes anglaises très déplaisantes. À leur tête, Clive Owen avec une petite moustache peu esthétique et un œil de verre.

C’est excessivement ennuyeux, bourré de clichés absurdes, de répliques risibles (involontairement) et on se désole de voir De Niro jouer les flingueurs à grosse barbe blanche, en plissant les yeux d’un air bonhomme dans un rôle secondaire qui plus est. Statham, exactement égal à lui-même, jusque dans les vêtements, fait ce qu’il sait faire : il est impeccable dans les cascades et le reste du temps ne prend même pas la peine d’épaissir son personnage. Sa relation avec Yvonne Strahovki est indigente et franchement soporifique.

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JASON STATHAM ET ROBERT DE NIRO

Tourné en Australie, « KILLER ELITE » s’oublie à mesure qu’on le visionne. Ça n’a ni queue ni tête, on ne garde aucune scène en mémoire. On se demande vraiment ce que des comédiens comme De Niro, Dominic Purcell ou Adewale Akinnuoye-Agbaje en traître de service, sont allés cachetonner là-dedans. Statham a fait mieux depuis, il a aussi fait pire… Espérons qu’il sache se montrer plus ambitieux dans ses choix.

 

« MECHANIC : RESURRECTION » (2016)

Avant tout, la bonne nouvelle, c’est que « MECHANIC : RESURRECTION » n’a absolument plus aucun rapport, même lointain avec « LE FLINGUEUR » des années 70, à part le patronyme du personnage principal. Ce qui coupe court à l’agacement du cinéphile accro au film de Michael Winner. Jason Statham a plutôt été recyclé en émule de 007, de Jason Bourne, du Ethan Hunt de « MISSION : IMPOSSIBLE » et de… McGyver.mechanic2

Cinq ans après le premier opus, Statham revient donc, quasi-quinquagénaire, avec plus de muscles, davantage de barbe et encore moins de cheveux. Le scénario fait des pieds et des mains pour transformer ce tueur-à-gages en « héros » à part entière : Bishop ne tue plus pour de l’argent (beurk !), mais parce qu’on veut l’obliger à assassiner en kidnappant sa fiancée, elle-même faisant dans l’humanitaire au Cambodge ! Nous sommes donc entre gens de bonne compagnie. Tout est à l’avenant dans ce film débile mais sympathique… Voyages à travers le monde totalement inutiles, séquences d’action qui s’enchaînent mais sans réel suspense, puisque Bishop est 100% inoxydable et s’en sort toujours sans la moindre égratignure, naïvetés énormes (la façon dont il se fait envoyer au bagne), scènes téléphonées (la piscine suspendue). On comprend vite qu’on ne doit surtout pas prendre tout cela au sérieux. C’est du spectacle pour ados fans de grosses bastons et de super-héros de BD. À ce jeu-là, Statham est irremplaçable. Il ne laisse filtrer aucune émotion, assure à fond dans le mouvement félin et les prouesses physiques. Il est bien entouré par Jessica Alba toujours aussi belle, si elle n’est toujours pas devenue une grande tragédienne, par les vétérans Michelle Yeoh et Tommy Lee Jones venus en voisins toucher un gros chèque. Tout le monde a l’air de bien s’amuser et de profiter des magnifiques paysages de Thaïlande. On est bien contents pour eux !

Si le premier film s’efforçait de « moderniser » celui de 1972, celui-ci lorgne du côté des blockbusters d’espionnage actuels et marque probablement le vrai début d’une ‘franchise’ pour l’ami Statham coutumier des sequels après « HYPER-TENSION », « LE TRANSPORTEUR », « EXPENDABLES » et « FAST & FURIOUS ».

 

HAPPY BIRTHDAY, JASON !

STATHAM

JASON STATHAM, DERNIÈRE STAR DU CINÉMA D’ACTION « HARD BOILED », HÉRITIER DES TOUGH GUYS U.S. DES SEVENTIES.

 

« SPY » (2015)

« SPY » est un véhicule pour Melissa McCarthy, « stand-up comedian » et vedette de TV récemment consacrée au cinéma. L’idée est simple : confectionner un pastiche de James Bond et remplacer celui-ci par une grosse dame gaffeuse à grande gueule et au cœur d’artichaut.SPY

Et… ça marche ! On n’est pas dans la grande finesse, mais du générique-début aux séquences d’action, c’est étonnamment soigné et proche du modèle originel et McCarthy est souvent drôle. Dommage qu’elle soit laissée bride sur le cou et filmée avec une telle complaisance, car tous ses gags et ses bons mots ne sont pas du même niveau et pas mal tombent carrément à plat. Si elle demeure efficace et même franchement sympathique, elle se fait éclipser dans quelques scènes par Jason Statham, révélation comique du film bien qu’il n’y tienne qu’un rôle secondaire. Il est hilarant en espion mythomane, mégalo, mal embouché et totalement incompétent, un empêcheur de tourner en rond râleur et grotesque. Un emploi inédit pour l’acteur qu’il endosse crânement comme s’il avait fait cela toute sa vie. Un grand moment de plaisir ! Jude Law est également très bien en avatar de 007 auto-satisfait, Allison Janney parfaite comme toujours en « boss » totalement dépourvue d’humour. Et mention spéciale à Rose Byrne, fabuleuse en méchante hautaine et odieuse au langage pour le moins fleuri.

Bien sûr, ce genre de produit basé sur le clin d’œil et l’humour de connivence ne devrait jamais dépasser les 90 minutes règlementaires. « SPY » en fait 120 (et même dix de plus dans « l’extanded cut » chroniqué ici !) et c’est infiniment trop long. Mais c’est tellement joyeux, iconoclaste et bien fichu, qu’on pardonne les ventres mous et les redites, pour profiter du spectacle. Et vraiment, Statham est le « tough guy » qui a le mieux réussi son virage dans le registre comique.