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Archives de Catégorie: LES FILMS DE JASON STATHAM

« FAST & FURIOUS : HOBBS & SHAW » (2019)

HOBBS.jpgLa seule raison de voir les derniers « FAST & FURIOUS » était les confrontations saignantes entre Dwayne Johnson et Jason Statham. Aussi ne peut-on qu’applaudir à l’idée d’un « spin-off » centré sur leurs personnages. En fait, « FAST & FURIOUS : HOBBS & SHAW » de David Leitch est ce qu’on pourrait appeler le plaisir coupable ultime. Plaisir d’autant plus grand, qu’on n’a pas à subir le bovin Vin Diesel.

À la fois « Buddy movie », film de super-héros sans masques ni costumes bariolés, avatar des Terminator avec une pincée de « MISSION : IMPOSSIBLE » et 007, c’est une véritable BD live, au rythme effréné, aux personnages taillés dans la masse et à l’action ininterrompue. Idiot ? Bien sûr que c’est idiot ! What did you expect ? Mais quel plaisir de voir les deux action stars se balancer des vacheries à tour de (gros) bras, d’applaudir aux idées démentes des morceaux de bravoure : on pense à l’hélico maintenu à terre par plusieurs véhicules accrochées les unes aux autres, par exemple. On voyage de Londres en Ukraine jusqu’à la Polynésie, entre deux bastons homériques. Amis/ennemis indécrottables, nos deux compères distribuent les gnons, s’en prennent quelques-uns, et le Rock tombe amoureux de la frangine du British, elle-même super espionne. C’est n’importe quoi, mais on ne cesse de sourire, on suit avec ébahissement les progrès des tournages sur fond vert et la perfection des CGI pendant les poursuites. Autour des deux stars très bien servies (normal, les gaillards sont également coproducteurs !), on retrouve des acteurs qu’on aime comme Idris Elba en super-méchant bionique, Helen Mirren en prison, Eddie Marsan en savant russe, ou Ryan Reynolds dans un caméo.

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DWAYNE JOHNSON ET JASON STATHAM

À noter qu’on trouve plusieurs allusions à la série TV « GAME OF THRONES » dans le dialogue et que Reynolds en « spoile » même la fin !

 

« EXPENDABLES : UNITÉ SPÉCIALE » (2010)

XPDCo-écrit et réalisé par un Sylvester Stallone de 64 ans, « EXPENDABLES : UNITÉ SPÉCIALE » est, ni plus ni moins qu’un remake de l’excellent « CHIENS DE GUERRE », mais à la sauce Rambo. Autrement dit, du fun pur et dur, congestionné de testostérone et pétaradant à tout-va.

Ce n’est rien d’autre que du cinéma pop-corn, bête à pleurer, mais tout à fait distrayant, ne serait-ce que grâce à la bande de mercenaires menée par ‘Sly’, des tas de muscles surarmés et ne s’exprimant qu’en « macho bullshit » et à coups d’armes lourdes, comme dans « PREDATOR ». Totalement décomplexé, Stallone fait tout péter à une cadence infernale, coupe les ennemis en deux en une rafale et tire à deux pistolets à la vitesse d’une mitrailleuse. Malgré l’extrême violence des combats, on ne peut s’empêcher de sourire devant ce spectacle naïf, voire couillon, mais truffé de petits instants qui valent de l’or. Jason Statham, très en verve, joue le sidekick comique mais létal du chef. Leur duo est franchement drôle. Autour d’eux, c’est un défilé : Dolph Lundgren en ami/ennemi psychopathe, Jet-Li complexé par sa taille, Mickey Rourke en tatoueur sentencieux, Eric Roberts en méchant ignoble. Lors d’une séquence au début, Stallone s’est même offert le luxe d’un trio jusqu’alors inédit : lui-même, Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger réunis dans une église. Les vacheries qu’ils se balancent avec Schwarzie valent à elles seules qu’on voie le film. « EXPENDABLES » est un film idéal pour vieux adolescents, à voir au 36ème degré, sans chercher à y trouver un quelconque message à peu près sérieux sur l’ingérence des U.S.A. ou sur les agissements de la CIA.

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JASON STATHAM, MICKEY ROURKE, SYLVESTER STALLONE ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

À noter que le film sortit d’abord dans une durée de 103 minutes, qui fut suivi d’un ‘director’s cut’ avec dix minutes de matériel supplémentaire. Le succès donna naissance à deux suites.

 

« GHOSTS OF MARS » (2001)

MARS.jpgTout le monde aime John Carpenter et personne n’est heureux de ne pas apprécier un de ses films, d’autant que le monsieur ne tourne plus énormément. Qu’il est dommage que « GHOSTS OF MARS » soit aussi mauvais ! Qu’il est triste qu’on ne puisse même pas l’aimer au troisième degré !

Le film date de presque deux décennie mais il semble avoir été tourné dans les années 60. Le scénario est un énième démarquage de « ALIENS » pimenté – Carpenter oblige – de mythologie westernienne et de redites de ses anciens opus : le prisonnier dur-à-cuire (« NEW YORK 1997 »), les entités prenant possession des personnages (« THE THING »). En fait, ça ressemble à un ancêtre mollasson et fauché de la franchise des « RESIDENT EVIL » ! C’est dire… On pourrait éventuellement passer l’éponge sur les F/X artisanaux, les maquettes, sur l’abus exaspérant de fondus-enchaînés qui diluent tout le potentiel d’efficacité du montage, mais ce qui manque clairement, outre quelques millions de dollars de budget, c’est un casting intéressant et homogène. Cela a d’ailleurs presque toujours été le problème de ce réalisateur qui aurait dû naître dix ans plus tôt et bénéficier du concours des « tronches » des années 50 qu’il apprécie tant. Car il faut bien dire qu’ici, on frise le carton rouge : Natasha Henstridge, toute belle qu’elle soit, est complètement transparente, Ice Cube est nul à pleurer dans un rôle à la Snake Plissken (on l’appelle « Désolation », ce qui lui va très bien, mais pas pour les raisons suggérées par les auteurs !), Jason Statham, encore à peu près chevelu, joue les durs-à-cuire chauds-lapins en forçant son accent anglais sans aucune raison valable. Même Pam Grier en toute petite forme n’imprime guère la pellicule en officier lesbienne boudinée dans le cuir.

Pas grand-chose à sauver, hélas. Pas même la BO lancinante et « prise-de-tête » du maestro, les bastons au corps-à-corps paresseusement chorégraphiées ou des décors cheap au possible qui donnent l’impression que la planète Mars ne fait qu’une centaine de mètres carrés au sol. Pour dire malgré tout quelque chose de sympathique, le leader des fantômes martiens, Richard Catrone, est plutôt réussi esthétiquement parlant et le langage des Martiens est assez flippant.

(chronique originellement publiée en 2013 et remaniée ici après re-visionnage, même si le fond du texte n’a pas énormément varié, ce qui explique les commentaires datant d’il y a six ans ci-dessous)

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ICE CUBE, NATASHA HENDSTRIDGE, JASON STATHAM, RICHARD CATRONE ET PAM GRIER

 

« EN EAUX TROUBLES » (2018)

Qu’il était alléchant ce « EN EAUX TROUBLES » sur le papier ! Quelle belle promesse de plaisir coupable par excellence, que cette confrontation entre Jason Statham et un énorme requin préhistorique (le Megalodon) auquel il allait forcément mettre une pâtée mémorable ! Et quelle déconvenue à l’arrivée…MEG.jpg

Le nom de Jon Turteltaub à la réalisation aurait dû éveiller les soupçons, mais celui de Tom Stern, chef-op d’Eastwood rassurait quelque peu. Hélas, celui-ci signe une photo digne d’un épisode de série TV des seventies aux extérieurs surexposés à s’en décoller la rétine. Cette copro sino-américaine semble destinée aux enfants de huit ans peu regardants. C’est pourri de CGI, les personnages sont grotesques, les comédiens atroces (on a droit à TROIS « geeks rigolos », véritable plaie de ce genre de films !) et même Statham paraît régresser de plusieurs années dans ce rôle de héros aux abdoms en acier trempé et à la barbe naissante. Il s’est aventuré sur le territoire de Dwayne Johnson, sans dégager la même (fausse) naïveté et le même sens du second degré. Big mistake ! Et que dire du requin lui-même ? Paradoxalement, ce qui frappe immédiatement, c’est qu’il est… trop petit. On s’attendait, on espérait un King Kong des océans, un monstre capable de gober tout cru Godzilla en guise d’apéritif et d’avaler des centaines de baigneurs d’une bouchée, mais on n’a finalement droit qu’à un gros poisson au cuir épais, pas tellement plus impressionnant que les squales aux CGI antédiluviens de « PEUR BLEUE », datant d’il y a vingt ans. Grosse déception donc pour un film dont on cherche vainement à quel public il voulait s’adresser. Esthétiquement très vilain, scénaristiquement cataclysmique, au degré zéro de l’art dramatique, « EN EAUX TROUBLES » laisse quelque peu désemparé. Dire que cela aurait pu être tellement fun ! Impossible de ne pas se sentir arnaqué sur la marchandise…

 

« FAST & FURIOUS 8 » (2017)

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JASON STATHAM

Faisant suite au sympathique n°7, « FAST & FURIOUS 8 » signé du généralement peu emballant F. Gary Gray, reprend le flambeau et fait repartir la franchise sur les chapeaux de roues sans rien essayer de renouveler.F8 2

C’est donc toujours la même chose, avec les mêmes gens, les mêmes voitures, mais quelques petits changements bien vus dans l’organisation : Vin Diesel se retourne contre sa « famille », le psychopathe Jason Statham devient subitement un tonton gâteau, Dwayne Johnson prend la tête des opérations et se montre plus déconnant que dans les précédents films (il faut l’avoir vu en coach de fillettes au début !). On retrouve avec bonheur Kurt Russell qui a pris un petit coup de vieux, Michelle Rodriguez, une Charlize Theron très amaigrie en méchante de premier ordre. Et on a même droit à un savoureux caméo d’Helen Mirren herself, dont le face-à-face avec Statham vaut à lui seul de voir le film.

Bien sûr, il y a beaucoup trop de poursuites motorisées, d’explosions de missiles, de fusillades, mais c’est la recette. En revanche, on se délectera sans complexe de quelques confrontations extraordinairement drôles comme celle où Johnson et Statham échangent des menaces ou quand le second parle au bébé qu’il est en train de sauver au milieu d’un déluge de balles. Difficile d’ailleurs de ne pas y voir un clin d’œil à la séquence la plus célèbre de « À TOUTE ÉPREUVE » de John Woo.

« FAST & FURIOUS 8 » fait passer deux heures agréables et reposantes pour les neurones. On ne s’y ennuie guère, on sourit souvent et tout le monde a l’air de franchement s’amuser. En fait, cela fait davantage penser à une série TV au budget hypertrophié, qu’à du cinéma. La franchise recycle sans arrêt les mêmes éléments depuis le début avec plus ou moins de réussite. Et celui-ci est plutôt dans la bonne moyenne. À noter pour l’anecdote, que le regretté Paul Walker a été « remplacé » par nul autre que Scott Eastwood, fils de Clint !

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DWAYNE JOHNSON, CHARLIZE THERON, VIN DIESEL, SCOTT EASTWOOD ET KURT RUSSELL

 

« FAST & FURIOUS 6 » (2013)

FAST6 2« FAST & FURIOUS 6 », c’est un peu le « À LA RECHERCHE DE SPOCK » de la franchise, à part que Michelle Rodriguez remplace le Vulcain aux oreilles en pointe et revient d’entre les morts pour servir d’enjeu à l’action et à l’implication de nos héros.

Car de l’action, le film en est bourré jusqu’à la gueule, jusqu’à l’hystérie, et la poursuite finale entre un avion géant russe et une armada de voitures de course occupe une bonne partie du métrage, mais constitue un extraordinaire morceau de bravoure que ce soit au niveau des cascades ou du montage.

Prenant comme thématique principale la famille dans le sens large du terme, ce n°6 ne déçoit pas, à condition d’accepter les codes de la série : action ininterrompue, décors exotiques, grosses cylindrées, belles femmes « kick ass » et gaillards musculeux. Rien de très sérieux donc, mais Justin Lin maîtrise cela d’assez épatante façon et on n’a guère le temps de s’ennuyer, ni même de se demander si on s’ennuie, d’ailleurs !

Autour du couple reformé Vin Diesel et Michelle Rodriguez, on retrouve avec plaisir Dwayne Johnson dans son rôle de flic hypertrophié qui fait un peu figure de Yul Brynner dans une adaptation hallucinée des « 7 MERCENAIRES ». À noter que le ‘bad guy’ joué par Luke Evans possède un réel charisme et une intelligence rares dans ce genre de produit. Et Jason Statham apparaît pendant le générique-fin, annonçant – très méchamment – son personnage dans le n°7.

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MICHELLE RODRIGUEZ, VIN DIESEL, PAUL WALKER, GAL GADOT ET DWAYNE JOHNSON

On n’épiloguera pas davantage sur ce film qui assume son statut de blockbuster décérébré, mais tient absolument toutes ses promesses en entraîne dans un Grand-8 souvent époustouflant de maestria technique.

 

« KILLER ELITE » (2011)

elite2Réalisé par un certain Gary McKendry dont c’est le seul long-métrage jusqu’à présent, vaguement inspiré d’un livre lui-même plus ou moins tiré de faits réels (le rôle des SAS dans certains pays arabes en guerre), « KILLER ELITE » est un très curieux salmigondis où Jason Statham reprend son emploi de tueur-à-gages spécialisé dans les meurtres ayant l’air d’accidents, initié quelque temps auparavant dans « THE MECHANIC ».

On lui kidnappe son vieux maître Yoda (Robert De Niro) pour l’obliger à abattre les assassins des fils d’un vieux cheik. Mais évidemment, rien n’est si simple, et la machination totalement incompréhensible remonte très haut. Pour tout dire, on se fiche royalement de l’espèce de scénario qui se déroule pendant presque deux heures. Il n’existe que pour les bastons et poursuites entre « méchants » et… « moins méchants ». Entre tueurs professionnels plutôt sympathiques (tout est relatif) et ex-barbouzes anglaises très déplaisantes. À leur tête, Clive Owen avec une petite moustache peu esthétique et un œil de verre.

C’est excessivement ennuyeux, bourré de clichés absurdes, de répliques risibles (involontairement) et on se désole de voir De Niro jouer les flingueurs à grosse barbe blanche, en plissant les yeux d’un air bonhomme dans un rôle secondaire qui plus est. Statham, exactement égal à lui-même, jusque dans les vêtements, fait ce qu’il sait faire : il est impeccable dans les cascades et le reste du temps ne prend même pas la peine d’épaissir son personnage. Sa relation avec Yvonne Strahovki est indigente et franchement soporifique.

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JASON STATHAM ET ROBERT DE NIRO

Tourné en Australie, « KILLER ELITE » s’oublie à mesure qu’on le visionne. Ça n’a ni queue ni tête, on ne garde aucune scène en mémoire. On se demande vraiment ce que des comédiens comme De Niro, Dominic Purcell ou Adewale Akinnuoye-Agbaje en traître de service, sont allés cachetonner là-dedans. Statham a fait mieux depuis, il a aussi fait pire… Espérons qu’il sache se montrer plus ambitieux dans ses choix.