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Archives de Catégorie: LES FILMS D’HELEN MIRREN

« FAST & FURIOUS 8 » (2017)

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JASON STATHAM

Faisant suite au sympathique n°7, « FAST & FURIOUS 8 » signé du généralement peu emballant F. Gary Gray, reprend le flambeau et fait repartir la franchise sur les chapeaux de roues sans rien essayer de renouveler.F8 2

C’est donc toujours la même chose, avec les mêmes gens, les mêmes voitures, mais quelques petits changements bien vus dans l’organisation : Vin Diesel se retourne contre sa « famille », le psychopathe Jason Statham devient subitement un tonton gâteau, Dwayne Johnson prend la tête des opérations et se montre plus déconnant que dans les précédents films (il faut l’avoir vu en coach de fillettes au début !). On retrouve avec bonheur Kurt Russell qui a pris un petit coup de vieux, Michelle Rodriguez, une Charlize Theron très amaigrie en méchante de premier ordre. Et on a même droit à un savoureux caméo d’Helen Mirren herself, dont le face-à-face avec Statham vaut à lui seul de voir le film.

Bien sûr, il y a beaucoup trop de poursuites motorisées, d’explosions de missiles, de fusillades, mais c’est la recette. En revanche, on se délectera sans complexe de quelques confrontations extraordinairement drôles comme celle où Johnson et Statham échangent des menaces ou quand le second parle au bébé qu’il est en train de sauver au milieu d’un déluge de balles. Difficile d’ailleurs de ne pas y voir un clin d’œil à la séquence la plus célèbre de « À TOUTE ÉPREUVE » de John Woo.

« FAST & FURIOUS 8 » fait passer deux heures agréables et reposantes pour les neurones. On ne s’y ennuie guère, on sourit souvent et tout le monde a l’air de franchement s’amuser. En fait, cela fait davantage penser à une série TV au budget hypertrophié, qu’à du cinéma. La franchise recycle sans arrêt les mêmes éléments depuis le début avec plus ou moins de réussite. Et celui-ci est plutôt dans la bonne moyenne. À noter pour l’anecdote, que le regretté Paul Walker a été « remplacé » par nul autre que Scott Eastwood, fils de Clint !

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DWAYNE JOHNSON, CHARLIZE THERON, VIN DIESEL, SCOTT EASTWOOD ET KURT RUSSELL

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« EXCALIBUR » (1981)

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LIAM NEESON ET HELEN MIRREN

Dans la carrière de John Boorman, « EXCALIBUR » se situe entre le terrible échec de « L’EXORCISTE 2 : L’HÉRÉTIQUE » et le comeback que fut « LA FORÊT D’ÉMERAUDE ». C’est une œuvre extrêmement ambitieuse, basée sur la légende de la Table Ronde et magnifiquement photographiée par Alex Thomson.EXCALIBUR2

Si la première moitié séduit autant qu’elle déroute, la seconde s’embourbe et on y retrouve des échos de « ZARDOZ » : costumes bizarres (armures en fer blanc), postiches insolites, décors à la limite du kitsch le plus total. Le lyrisme le plus débridé côtoie le ridicule sans qu’on n’arrive jamais à trancher. Les auteurs posent un regard sur la légende non dénué d’ironie, ne serait-ce que par le jeu outré de Nicol Williamson campant un ‘Merlin’ cabotin et fantasque. Le cast est d’ailleurs inégal : Nigel Terry est un Arthur falot, Nicholas Clay un Lancelot pas très viril et Cherie Lunghi une Guenièvre pas spécialement attractive. En revanche, on a le plaisir de voir de très jeunes acteurs débutants promis à un bel avenir comme Helen Mirren, venimeuse ‘Morgane’, Gabriel Byrne en roi féroce, Liam Neeson – qui passe tout son rôle à grogner comme un chien méchant – en Gauvain déplaisant et Ciarán Hinds méconnaissable sous son énorme barbe noire. On aperçoit également Patrick Stewart et le jeune Charley Boorman.

Le film offre de très beaux moments, mais les gâche par des ellipses mal gérées, des séquences complètement ratées et des fautes de distribution. À noter que l’usage intensif que fait Boorman de l’air « O fortuna » de Carl Orff, pourrait parfaitement résumer l’impression que laisse « EXCALIBUR » après qu’on soit parvenu au terme de ses 140 minutes : un mélange d’exaltation et de perplexité.

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NICHOLAS CLAY, NIGEL TERRY, CHERIE LUNGHI ET GABRIEL BYRNE

 

« THE PLEDGE » (2001)

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JACK NICHOLSON

Adapté d’un polar suisse, « THE PLEDGE » est, de loin, le meilleur film réalisé par Sean Penn, une œuvre complexe, tourmentée, obsédante qui s’enfonce progressivement dans le cauchemar, s’émancipant des passages obligés d’un genre qu’il est censé illustrer.pledge2

Sur la piste d’un serial killer tueur de fillettes, le vieux flic Jack Nicholson promet à la mère de la dernière victime (Patricia Clarkson, superbe) de retrouver l’assassin. Il jure même sur le salut de son âme. Est-ce à cause de cela qu’il fait mine d’ignorer son départ à la retraite et poursuit l’enquête ? Qu’il achète une station-service pour surveiller les va-et-vient des suspects potentiels ? Qu’il y accueille une jeune femme (Robin Wright) et aussi et surtout sa fille pour qu’elle serve d’appât ? Qu’il commence à entendre des voix dans sa tête ?

Le paradoxe de ce suspense psychologique suffocant, c’est que Nicholson a beau avoir raison à 100% depuis le début et suivre la bonne méthode (celle du pêcheur à la ligne qu’il est), il n’en est pas moins en train de devenir complètement fou. Et même presque aussi monstrueux que celui qu’il traque, puisqu’il joue plus ou moins consciemment avec les sentiments, voire la vie, de deux innocentes qu’il manipule. La conclusion sera terrible, désespérée, d’une sombre ironie, d’une noirceur sans échappatoire. Autour d’un Nicholson omniprésent, d’une rigueur sans la moindre faille, d’une intensité extraordinaire, Penn a réuni de bons acteurs comme Benicio Del Toro en Indien attardé mental, Aaron Eckhart en flic tête-à-claques et une brochette de stars dans des caméos comme Helen Mirren, Vanessa Redgrave, Harry Dean Stanton et surtout Mickey Rourke bouleversant dans une courte séquence. À vrai dire, leurs apparitions sont plus distractives qu’autre chose, et le film aurait fort bien pu s’en passer, mais on est toujours content de les retrouver.

« THE PLEDGE » réunit la plupart des qualités de précédents films de Penn et pratiquement aucun de leurs défauts. Le scénario est parfaitement vissé, les ambiances sont magnifiquement captées par la photo de Chris Menges, et Nicholson qui a campé tant de cinglés dans sa carrière, en donne ici une variante des plus réalistes et émouvantes. Un superbe film à tous points-de-vue.

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JACK NICHOLSON, ROBIN WRIGHT ET MICKEY ROURKE

 

« OPÉRATION EYE IN THE SKY » (2015)

« OPÉRATION EYE IN THE SKY » plonge tête baissée dans les nouvelles problématiques des « guerres modernes », en exposant les dilemmes qui se posent, les contradictions, les hypocrisies auxquels doivent maintenant faire face ceux qui finissent au bout du compte par appuyer sur le bouton.eye

Au Kenya, plusieurs leaders terroristes se réunissent et préparent un attentat. Identifiés et localisés par les Anglais et les Américains, ils ignorent qu’un drone chargé de bombes vole au-dessus de leurs têtes. Mais qui va donner l’ordre ? Et que faire de cette innocente fillette qui vend du pain aux abords de la maison ?

Pendant une heure, on voit des officiers, des politiques, se renvoyer la balle, ouvrir les parapluies, se défiler, attendre une réponse « d’en haut », alors que le temps presse et que les cibles risquent de leur filer entre les doigts. La seule qui n’hésite pas – malgré la présence de l’enfant – c’est Helen Mirren, colonel ultra-professionnelle et sans état d’âme apparent.

Le suspense va crescendo, on est littéralement scotché à l’écran pendant toute la durée, on se pose de bonnes questions sur ces prétendues « guerres propres ». Bien sûr, le sujet a déjà été traité, entre autres dans la série « HOMELAND », mais ici nulle fioriture ou à-côté : le scénario ne dévie pas d’un pouce et ne relâche jamais la pression.

Un peu âgée à 70 ans pour ce personnage, Mme Mirren n’en demeure pas moins une exceptionnelle présence à l’image. Elle traduit sobrement toutes les ambiguïtés de son rôle et du devoir des soldats « de terrain » par la même occasion. Autour d’elle, le très regretté Alan Rickman dans son tout dernier rôle, en général diplomate, et des visages connus comme Iain Glen, Jeremy Northam et surtout Aaron Paul en « pilote » tourmenté.

Dispatchée sur plusieurs décors et continents, l’action de « OPÉRATION EYE IN THE SKY » n’est jamais statique comme on aurait pu le craindre. Un bon film carré et honnête, qui ne propose cependant aucune solution, puisque… il n’y en a probablement pas.

 

« DALTON TRUMBO » (2015)

TRUMBO2On a déjà vu des films sur le thème du blacklistage des 10 d’Hollywood comme l’excellent « LE PRÊTE-NOM » ou le moyen « LA LISTE NOIRE », mais aucun (hormis le peu connu « ONE OF THE HOLLYWOOD TEN » en 2000), ne s’était focalisé sur la personnalité réelle d’un des acteurs de cette terrible période de l’Histoire américaine. Avec cet hommage au grand scénariste « DALTON TRUMBO », c’est chose faite.

Gare toutefois à la mise-en-place : la première demi-heure ressemble à un biopic scolaire et platement chronologique, on s’y amuse à reconnaître des acteurs célèbres plus ou moins ressemblants, on lit des dates sur l’écran, on s’indigne mollement. Bref, on s’apprête à s’ennuyer poliment pendant deux heures. À tort ! À partir de l’emprisonnement de Trumbo, le scénario se concentre sur sa personnalité paradoxale, ses ambiguïtés, le montre comme le génie manipulateur (la façon dont il gruge Otto Preminger et Kirk Douglas pour qu’ils remettent enfin son nom au générique de leurs films) et l’homme caustique, agressif, surdoué et combatif qu’il fut. Et le film bénéficie heureusement de la présence de Bryan Cranston proprement extraordinaire, dont l’identification confine à la réincarnation pure et simple. Il était temps que le génial acteur de « BREAKING BAD » retrouve un rôle à sa mesure, après plusieurs années décourageantes ! Ici, il écrase tout autour de lui, bouffe l’écran, donne vie à cet individu complexe et multiple constamment en ébullition. Les relations avec sa fille aînée (Elle Fanning) sont très joliment observées.

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BRYAN CRANSTON ET DEAN O’GORMAN

Le film n’est pas tendre avec certaines icônes hollywoodiennes comme John Wayne (odieux), Edward G. Robinson (pitoyable) et surtout Hedda Hopper à laquelle Helen Mirren apporte une aura méphistophélique. Ils en prennent pour leur grade ! Preminger (bien croqué) et Douglas (un Dean O’Gorman un peu freluquet) sont dépeints avec ironie certes, mais moins de férocité vengeresse. Très bien photographié, esthétiquement parfait, « DALTON TRUMBO » contient de très beaux moments de révolte et d’émotion, n’oublie jamais un humour en filigrane. Mais le cœur du projet tient tout entier dans le magnifique travail de Cranston dont la précision et la profondeur laissent pantois.

 

« LA FEMME AU TABLEAU » (2015)

Inspiré de faits réels, « LA FEMME AU TABLEAU » est un film copieux et académique, suivant le combat d’une octogénaire qui avait fuit l’Autriche sous le nazisme et dont la famille a été spoliée et pillée. Elle propose à un jeune avocat d’entamer une procédure pour récupérer une toile de Klimt représentant sa tante, trônant au musée de Vienne depuis cinquante ans.GOLD

Entièrement au service de son histoire, le scénario est simple et linéaire, utilise les flash-backs avec parcimonie, ne cède jamais au mélodrame, mais parvient à générer par moments une réelle émotion mêlée d’indignation. Dans le genre de rôle qui fit la gloire de Meryl Streep, Helen Mirren nage comme un poisson dans l’eau, se maintenant à l’extrême limite du cabotinage, mais faisant preuve d’une authentique virtuosité dans les changements d’humeur et dans la maîtrise de l’accent allemand. Son tandem avec Ryan Reynolds fonctionne à merveille. Il a le personnage le plus intéressant parce que le plus évolutif, un candide d’origines autrichiennes également, qui découvre progressivement ses propres racines au cours de la procédure et en fait son combat personnel. Le casting est composé de bons acteurs dans de petits rôles comme Charles Dance en avocat sévère, Elizabeth McGovern et Jonathan Pryce en juges ou Frances Fisher qui passe en coup de vent. À noter l’excellent choix de Tatiana Masiany pour incarner ‘Maria’ jeune.

Sans rien révolutionner, « LA FEMME AU TABLEAU » accroche l’intérêt de bout en bout, soulève le voile du scandale des œuvres d’art volées pendant la WW2 et jamais restituées aux familles et permet à Helen Mirren de poursuivre cette partie de sa carrière en beauté.

 

« L’ENLÈVEMENT » (2004)

ROBERT REDFORD

ROBERT REDFORD

« L’ENLÈVEMENT » est un curieux suspense à la fois policier et psychologique bâti atour du kidnapping d’un homme d’affaires (Robert Redford) par un chômeur (Willem Dafoe) qui demande une rançon à sa famille. Le scénario suit en parallèle le cheminement dans un bois des deux hommes et les relations entre la famille inquiète et le FBI.CLEARING

La véritable originalité du film vient du fait que ces va-et-vient entre les deux actions ne se déroulent pas dans le même espace-temps : une journée pour la première, une semaine pour la seconde. Cela rend les choses un peu confuses par moments, mais ne nuit pas à la tension feutrée qui domine du début à la fin et sur cette sensation de malheur imminent qui plane au-dessus de chaque séquence.

À 68 ans, la silhouette inchangée, le visage marqué, Redford apporte au personnage son assurance tranquille et son opacité naturelle, lui ajoutant une dose de mystère probablement absente du scénario. Face à lui, Dafoe a rarement été meilleur qu’en pauvre type minable mais presque touchant par instants. Helen Mirren est la classe incarnée dans le rôle de l’épouse courageuse et digne. Les autres rôles sont à peine esquissés.

« L’ENLÈVEMENT » avance à son rythme et s’assombrit progressivement – en même temps que la météo se dégrade dans les bois – jusqu’à un dénouement terrible parce qu’inéluctable et crédible. Et ce n’est que lors de l’épilogue, à la lecture d’une lettre posthume tachée de sang, qu’on réalise qu’il ne s’agissait au fond que d’une histoire d’amour qui a déjà survécu aux années, aux trahisons et qui défiera la mort. Étrange film lourd et étouffant pour un message au final plein d’espoir et d’amour…

WILLEM DAFOE, HELEN MIRREN ET ROBERT REDFORD

WILLEM DAFOE, HELEN MIRREN ET ROBERT REDFORD