RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE HENRY SILVA

« LA REVANCHE DU SICILIEN » (1963)

COOL2

HENRY SILVA

« LA REVANCHE DU SICILIEN » (titre français tellement inférieur à l’original : « JOHNNY COOL » !) est un bien étrange mélange de personnalités, une série B ultra-violente et amorale, totalement dépourvue du moindre sentiment humain.COOL.jpg

C’est réalisé par William Asher, le créateur de… « MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE ». Et d’ailleurs Elizabeth Montgomery tient le rôle principal, celui d’une jeune bourgeoise attirée par les « bad boys » et soumise à un désir sordide. On retrouve plusieurs membres du « Rat Pack » au générique (même Peter Lawford crédité comme producteur) et Sammy Davis, Jr. – qui tient également un petit rôle de gambler – chante la chanson de « Johnny Cool » ! Qui est-il, ce Johnny Cool ? Un malfrat sicilien (Marc Lawrence) exilé à Rome, qui forme un « bandit d’honneur » (Henry Silva) à devenir son « livreur de mort » aux U.S.A. dont il a été chassé. Silva, qui a repris le patronyme de son boss, va exécuter froidement les gangsters, mais comme dans « KING KONG », c’est la belle qui aura finalement raison de la bête. C’est filmé de façon abrupte et primitive, sans aucun style particulier, le scénario est sinueux, confus, bourré jusqu’à la gueule de trahisons, de voltefaces qui finissent par lasser. Mais, malgré ses énormes défauts, il y a quelque chose de fascinant dans « JOHNNY COOL ». Une violence sèche, une incroyable galerie de personnages monstrueux, parmi lesquels le « héros » n’est pas le moindre et une utilisation très « reportage » des extérieurs. Au résultat, cela donne un film unique dans son genre, imparfait mais intéressant de bout en bout. Outre Silva, superbe dans le rôle de sa vie, sorte d’exterminateur cadavérique au sourire glaçant, on aperçoit çà et là de grands seconds rôles dans de courtes apparitions : Telly Savalas en caïd colérique, Elisha Cook, Jr., Brad Dexter, Joe Turkel, Richard Anderson, etc. Un vrai défilé.

Mais c’est vraiment le couple mal assorti formé par Silva et Elizabeth Montgomery excellente dans son rôle à la fois attendrissant et méprisable, qui vaut le coup d’œil. Tout du film-culte !

COOL3

ELIZABETH MONTGOMERY, SAMMY DAVIS, JR. HENRY SILVA ET TELLY SAVALAS

 
Image

AUJOURD’HUI, HENRY SILVA ALIAS « JOHNNY COOL » FÊTE SES 90 ANS !

SILVA

 

« MAD DOGS » (1996)

DOGS.jpegQu’est-ce que c’est que « MAD DOGS » ? Difficile de répondre à cette, pourtant simple, question. C’est une sorte de fable totalement irréelle et hors du temps, sur une bande de gangsters d’opérette s’entretuant dans des boîtes de nuit arts-déco, se menaçant suavement, le tout sur des chansons de Sinatra ou Paul Anka.

Il n’y a rien à comprendre, rien à ressentir, juste à contempler de vieux cabots en liberté qui semblent prendre du bon temps dans de beaux costards, et à se retenir de zapper car si on est dans le mood, ce n’est pas désagréable. Juste complètement inconsistant et dépourvu de raison d’être. Réalisé par Larry Bishop, qui s’est octroyé un rôle beaucoup trop présent (on pense au syndrome Shyamalan ou Tarantino), « MAD DOGS » est à voir uniquement pour son casting qui réserve de jolies surprises intergénérationnelles. Le film est dominé par Jeff Goldblum qui n’a jamais autant goldblumisé qu’en tireur d’élite ultra-cool. C’est un festival de sourires énigmatiques, de phrases inachevées, d’yeux mi-clos. Absolument pas dirigé, il s’en donne à cœur-joie mais il faut bien admettre que son personnage est totalement incompréhensible. Richard Dreyfuss est très bien en vieux caïd sorti de l’asile, Gabriel Byrne excellent en prétendant à moitié cinglé, on retrouve avec bonheur Burt Reynolds et Henry Silva aussi hilares l’un que l’autre en « gâchettes », on entrevoit énormément de visages familiers dans des caméos. Et Ellen Barkin et Diane Lane jouent des sœurs sexy et vénéneuses.

Cela fait du beau linge et autant de raisons de se montrer curieux envers « MAD DOGS ». Mais pas d’emballement : pour quelques secondes volées çà, et là, quelques répliques sympathiques, il faut supporter ce scénario décousu et aberrant, souvent ennuyeux à mourir.

DOGS2

BURT REYNOLDS, ELLEN BARKIN, JEFF GOLDBLUM ET HENRY SILVA

 

« TOURIST ATTRACTION » : Ralph Meeker dans « Au-delà du réel »

OUTER MEEKER

RALPH MEEKER

« TOURIST ATTRACTION » est un épisode de la 1ère saison de « AU-DELÀ DU RÉEL » réalisé par Laslo Benedek (« L’ÉQUIPÉE SAUVAGE »).

Dans un lac d’Amérique Latine, un riche aventurier américain (Ralph Meeker) trouve une étrange créature amphibie et la capture. Il veut la ramener aux U.S.A. mais le dictateur local (Henry Silva) veut garder la bête pour lui tout seul et l’utiliser pour attirer les touristes. Seulement voilà, le gros triton a des copains qui se réunissent pour le sortir d’affaire…

OUTER MEEKER2

JERRY DOUGLAS ET HENRY SILVA

Au début, on pense au classique Universal « L’ÉTRANGE CRÉATURE DU LAC NOIR » et Benedek a suffisamment de métier pour masquer son manque de budget grâce à d’habiles cadrages et en mêlant des stock-shots à son montage. Le téléfilm a donc des allures de série B de cinéma, mais hélas le scénario ne vole vraiment pas haut et il ne s’y passe pas grand-chose. Meeker joue un arrogant yankee avec sa morgue habituelle, Janet Blair joue sa secrétaire amoureuse de lui envers et contre tout et Silva joue un tyran d’opérette avec force sourires carnassiers et poses à la Mussolini.

Techniquement parlant, l’épisode a donc une certaine tenue, mais ce qu’il raconte est tellement étiré qu’il est difficile de le suivre jusqu’au bout. À voir pour se rendre compte du chemin parcouru par les séries TV fantastiques en un demi-siècle.

 

« THE MICE » : Henry Silva dans « Au-delà du réel »

OUTER SILVA

HENRY SILVA

« THE MICE » est un épisode de la 1ère saison de « AU-DELÀ DU RÉEL », série concurrente de « THE TWILIGHT ZONE ». Le téléfilm est réalisé par Alan Crosland, Jr. ex-monteur et téléaste généralement fiable mais pourvu ici d’un budget tellement squelettique que le résultat évoque presque les pires nanars d’Ed Wood.

OUTER SILVA2

LE VISITEUR DE CHROMO !

Contactés par les aliens de la planète Chromo, des scientifiques acceptent d’échanger un terrien contre un extra-terrestre grâce à la téléportation. Ils choisissent un taulard (Henry Silva) et accueillent le « visiteur » qui s’avère être un savant préparant une invasion. Un sujet traditionnel de la SF complètement saboté par des décors risibles (la machine à téléporter est un placard en bois avec une loupiotte à l’intérieur), une lenteur épouvantable qui semble doubler la durée déjà copieuse de 51 minutes et des dialogues à pleurer de rire au dixième degré. Le plus hallucinant est encore le look de l’alien, sorte de gros tubercule de deux mètres de haut avec des feuilles pendouillantes et des pinces de homard. Il marche sur deux jambes, comme tout le monde et grognonne comme un vieux chat ronchon.

Reste Henry Silva, pas tout à fait égal à lui-même, puisqu’il joue un personnage finalement sympathique et avenant qui connaît même une love story avec l’assistante des savants. Son incroyable faciès creusé est magnifiquement mis en valeur par la photo de Conrad Hall, qui devait devenir un des plus grands chefs-opérateurs U.S., et qui assura de nombreux épisodes de la série.

 

« LES 3 SERGENTS » (1962)

3SERG2Réalisé par John Sturges entre deux de ses chefs-d’œuvre : « LES 7 MERCENAIRES » et « LA GRANDE ÉVASION », « LES 3 SERGENTS » est une commande du ‘Rat Pack’ et un remake westernisé de « GUNGA DIN ».

Ne tournons pas autour du pot. C’est tellement mauvais qu’on ne sait même pas par où commencer ! Pourtant les apparences sont trompeuses au premier abord : CinémaScope rutilant, paysages mythiques, moyens considérables, etc. Mais dès la première bagarre de saloon (une des plus nulles jamais tournées), la dure réalité s’impose. Frank Sinatra est venu avec tout son gang de mornes fêtards : Dean Martin, Sammy Davis, Jr., Peter Lawford, Henry Silva et Joey Bishop et ils ont décidé de s’offrir du bon temps. Le scénario n’est qu’une enfilade de fusillades et de cascades antédiluviennes, entrecoupées de sketches se voulant comiques à base de whisky (l’interminable séquence de la mule malade qui n’a rien à voir avec rien). Côté interprétation, c’est la Bérézina : on va de l’affligeant avec le cabotinage éhonté de Davis, à la démission totale : Sinatra emperruqué et visiblement l’esprit ailleurs, en passant par la transparence absolue avec l’irritant Lawford. Aucun humour, aucune alchimie entre eux. Seul s’en sort à peu près Dean Martin, parce que quoi qu’il fasse, il a toujours cette élégance dévoyée, ce sens inné de l’autodérision qui font tout pardonner. L’amateur de western sera effaré de retrouver Silva et Michael Pate en Indiens fanatiques échappés d’un Mel Brooks. Faut-il aussi parler des pans de montagnes recréés en studio ? Des cascadeurs qui s’efforcent courageusement de cacher leur visage pendant les scènes d’action ? Des mannequins balancés du haut des falaises ? On n’a pas très envie. Ce navet insondable et pratiquement irregardable a hélas, marqué la fin des grandes années de John Sturges qui, en se mettant au service du ‘Rat Pack’ a manifestement laissé pas mal de plumes.

DEAN MARTIN, FRANK SINATRA, PETER LAWFORD ET HENRY SILVA

DEAN MARTIN, FRANK SINATRA, PETER LAWFORD ET HENRY SILVA

 

« THE WEAPONS MAN » : J.D. Cannon & Henry Silva dans « Stoney Burke »

HENRY SILVA

HENRY SILVA

« THE WEAPONS MAN » est un épisode de la série « STONEY BURKE » écrit et réalisé par Leslie Stevens.

Lors d’un show de rodéo, un Indien (Henry Silva) tue accidentellement un spectateur d’une flèche dans la gorge. Le shérif demande l’aide d’un expert en armes de tous genres (J.D. Cannon) qui connaissait la victime pendant la WW2 et est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre délibéré. L’enquête démontrera que Silva est japonais et non indien et qu’il cherchait à venger son père.

L’épisode trouve tout son intérêt dans le personnage de Cannon, sorte de Sherlock Holmes omniscient, pète-sec et surdoué qui s’aliène instantanément notre brave – mais peu brillant – héros Jack Lord, appelé comme consultant. Leurs échanges sont amusants, tout comme la courte scène où Warren Oates tente de vendre à Cannon un Derringer qui a soi-disant appartenu à Annie Oakley.

J.D. CANNON, JACK LORD, FRANK DeKOVA, WARREN OATES ET HENRY SILVA

J.D. CANNON, JACK LORD, FRANK DeKOVA, WARREN OATES ET HENRY SILVA

Dans un contexte ethnique qui tient de la pure bouillabaisse sino-japonaise sommairement documentée, Silva prête son masque inquiétant à un archer « zen » au nom japonais, avec son habituelle présence. Lors d’une bagarre finale à mains nues avec Cannon, les doublures sont tellement visibles que la scène en devient hilarante.

Parmi les seconds rôles, l’inévitable Frank DeKova joue un chef comanche se produisant dans des spectacles forains et Philip Ahn, figure familière de tant de films, incarne un moine japonais.