RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

THE GREAT ONE !

SILENCE

SORTIE U.S. EN HD ET EN JUIN DU « GRAND SILENCE » ENFIN RESTAURÉ ! MOMENT TANT ATTENDU DES AFICIONADOS. BELLE JAQUETTE, EN PLUS !

Publicités
 

ON VEUT L’AMÉRICAIN !

AMÉRICAIN

PUISQUE MARCEL BOZZUFFI NOUS A QUITTÉS IL Y A 30 ANS JOUR POUR JOUR, ON VEUT REVOIR SON UNIQUE LONG-MÉTRAGE COMME RÉALISATEUR !

 

« LE BON PLAISIR » (1984)

BONAdapté par elle-même d’un roman à clé de Françoise Giroud, qui connaissait bien les arcanes du pouvoir, « LE BON PLAISIR » est un film au ton très singulier, entre la comédie noire, la satire politique et le thriller psychologique.

Honnêtement réalisé par Francis Girod, le film déroute et séduit peu à peu, malgré une réelle absence de centre de gravité. On n’arrive jamais à déterminer qui est le protagoniste principal, ce qui fait parfois décrocher de l’intrigue pourtant bien agencée.

Fidèle à son image de froideur éthérée, Catherine Deneuve est au centre de l’action, mais on ne s’attache pas à son irritant personnage, certainement moins lisse qu’il ne paraît mais que le scénario n’approfondit pas. Même chose pour Jean-Louis Trintignant, qui parvient pourtant à ciseler en finesse son rôle de président de la République capricieux et paranoïaque, dans lequel on croit reconnaître certains dirigeants français. Il a de très belles scènes où son visage se déforme littéralement sous l’effet de la suspicion et de la fureur. Michel Serrault nage comme un poisson dans l’eau en ministre de l’intérieur roué et étonnamment sympathique. Michel Auclair est remarquable en vieil éditeur homosexuel.

Le côté distancié des dialogues toujours fins et spirituels, une mise-en-scène effacée et dépourvue de style, des seconds rôles pas suffisamment développés, empêchent « LE BON PLAISIR » d’atteindre tous ses buts. Cela demeure un spectacle efficace et prenant, avec de formidables moments (la première rencontre entre Trintignant et son fils) et d’autres assez pénibles (tout ce qui implique le petit voyou joué par Hyppolite Girardot). Du bon cinéma français bien écrit, carré et sans chichi, à voir principalement pour son beau casting et pour la qualité de son dialogue.

BON2

JEAN-LOUIS TRINTIGNANT, MICHEL SERRAULT ET CATHERINE DENEUVE

 

« LA MORT A PONDU UN ŒUF » (1968)

EGGÉtonnamment, c’est le scénariste du film, Franco Arcalli qui a également assuré le montage de « LA MORT A PONDU UN ŒUF ». Sans doute était-il le seul capable de comprendre de quoi il retournait et de mettre plus ou moins les rushes en forme et dans le bon ordre ! Réalisé par Giulio Questi (responsable du western « TIRE ENCORE, SI TU PEUX », déjà bien barré), c’est un drôle d’objet ancré dans son année de tournage et très proche de l’expérimental le plus abscons.

Gina Lollobrigida possède une ferme de volailles ultra-moderne. Elle est mariée à Jean-Louis Trintignant qui lui-même est un pervers rêvant de tuer des prostituées (ou les tuant peut-être, ce n’est pas très clair). Le couple est la proie de deux jeunes escrocs, Ewa Aulin et Jean Sobieski, qui en veulent à leur fortune. Par quel bout prendre un film auquel on ne comprend strictement rien ? Dont la BO ne donne qu’une envie, c’est de se taper la tête contre les murs ? Et dont l’unique « morceau de bravoure » est la naissance accidentelle de poulets sans tête, ni ailes, ni os, autrement dit les produits de consommation idéaux ?

Bizarre, ça l’est, sans le moindre doute. Du début à la fin. Ennuyeux ça l’est encore plus, tant le scénario refuse toute narration traditionnelle et se complait dans un dialogue obscur, des effets de montage tellement désuets qu’ils font aujourd’hui sourire. Trintignant traîne un air chafouin bien excusable dans un rôle sous-écrit, la « Lollo » exhibe volontiers sa plastique quadragénaire et Ewa Aulin fait des moues à la BB. Ils ont tous les trois l’air de se demander ce qu’ils sont en train de tourner et traversent le film en touristes quelque peu médusés.

EGG2

JEAN-LOUIS TRINTIGNANT ET EWA AULIN

Le cinéphile aux goûts éclectiques et à la curiosité insatiable sera probablement attiré par ce titre qui est encore ce qu’il y a de meilleur dans le film, et par la présence de Trintignant dont la carrière italienne fut des plus passionnantes. Il y a surtout de bonnes chances pour qu’il reste pantois, dépité, voire énervé après 88 minutes de ce traitement à la sauce « sixties ».

 

« LE TRAIN » (1973)

Adapté d’un roman de Georges Simenon, « LE TRAIN » est un des meilleurs films de Pierre Granier-Deferre et il offre un de ses plus beaux rôles à une Romy Schneider au sommet de sa carrière et de son charisme.TRAIN copie

Situé pendant l’exode de 1940, le film suit deux personnages qui n’auraient jamais dû se croiser : Jean-Louis Trintignant, électricien d’un petit village et père de famille tranquille et Romy, grande bourgeoise juive allemande à la dérive. Ils se retrouvent dans un train de réfugiés en route vers nulle part et tombent follement amoureux en deux jours. Avec un souci du détail extraordinaire dans la reconstitution historique, un dialogue délibérément réduit à sa plus simple expression, « LE TRAIN » plonge littéralement dans le passé, s’aidant d’images d’archives en noir & blanc qui s’intègrent parfaitement au montage en enrichissent l’ambiance d’authenticité.

Au milieu d’individus médiocres, vulgaires, l’homme et la femme constamment en sursis, la mort au-dessus de leurs têtes, vont connaître une relation hors de l’espace et du temps. Lui, petit bonhomme timoré, grandi par les « circonstances », elle paumée déracinée, qui se raccroche désespérément à lui comme une naufragée à une bouée. C’est très fort, très beau, toujours crédible et – alors que survient l’épilogue – d’une puissance émotionnelle sans égale. Romy Schneider a rarement été aussi sobre, retenue, profonde. Trintignant rend toutes les nuances de son personnage, jusqu’aux moins glorieuses. Mais l’arrêt sur image final prend à la gorge et sublime le film tout entier.

Ajoutons des seconds rôles parfaitement dessinés (Maurice Biraud en déserteur, Serge Marquand en brute épaisse, Régine en bonne fille à la cuisse leste, sans oublier Paul Le Person génial d’ignominie dans la dernière scène), une émouvante BO de Philippe Sarde, et « LE TRAIN » fait partie de ces grandes et belles réussites du cinéma français tel qu’il fut et qu’il n’est, hélas, plus du tout.

TRAIN2 copie

JEAN-LOUIS TRINTIGNANT ET ROMY SCHNEIDER

 

« VIVEMENT DIMANCHE ! » (1983)

VIVEMENT2Inspiré d’un roman de Charles Williams, « VIVEMENT DIMANCHE ! » est l’ultime film de François Truffaut, visiblement écrit pour donner un rôle en or à sa muse Fanny Ardant, celui d’un personnage à la Katharine Hepburn, dans un mélange de polar et de comédie provinciale grinçante façon Chabrol. Secrétaire d’un agent immobilier (Jean-Louis Trintignant), elle enquête quand son patron – dont elle est amoureuse – est accusé de plusieurs meurtres, dont celui de sa femme volage. Le ton est étrange, entre drôlerie et ‘whodunit’ classique, la photo noir & blanc de Nestor Almendros est digne des films noirs américains de la grande époque. On reconnaît le style du réalisateur dans la façon de s’exprimer de ses vedettes et dans la raideur bizarroïde des seconds rôles.

Tout le charme du film, dont le scénario peine à passionner, provient de la personnalité de Fanny Ardant, l’œil vif et pétillant, la réplique cinglante, très sexy avec sa tenue de théâtre qu’elle porte sous son imper de « privé ». Elle retrouve vraiment le rythme et l’abattage des stars d’antan et a rarement été aussi flatteusement photographiée. Face à elle, Trintignant, plus effacé, a quelques bons moments, surtout dans ses scènes au commissariat et on reconnaît de bons acteurs comme Philippe Laudenbach en avocat ou Jean-Pierre Kalfon, fausse-piste rêvée. « VIVEMENT DIMANCHE ! » se laisse regarder pour ce qu’il est : une œuvrette sans prétention, enjouée et pleine d’ironie, jouant plaisamment avec les codes du polar, dans le seul but de mettre l’actrice principale en valeur et – comme le disait Truffaut – de « faire faire de jolies choses à de jolies femmes ». Avec en bonus une très jolie partition du grand Georges Delerue qui ajoute au sous-texte parodique du film.

VIVEMENT

FANNY ARDANT ET JEAN-LOUIS TRINTIGNANT

 

CURIOSITÉS AMÉRICAINES…

BR US

BIENTÔT DES U.S.A. : UNE BIZARRERIE ITALIENNE AVEC TRINTIGNANT, LANG MUET, MELVILLE VIA CRITERION ET LA SUITE DE LA SÉRIE « SERGENT ANDERSON ».