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Archives de Catégorie: LES FILMS D’ALAIN DELON

LES 83 ANS DU SAMOURAÏ…

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ALAIN DELON A 83 ANS AUJOURD’HUI. ON EN PROFITE POUR RÉCLAMER 4 DE SES FILMS INTROUVABLES. PAS FORCÉMENT DES CHEFS-D’OEUVRE, MAIS BON…

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« IL ÉTAIT UNE FOIS UN FLIC… » (1972)

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MICHEL CONSTANTIN

Michel Constantin était un ancien volleyeur devenu comédien grâce au « TROU » de Jacques Becker. Il atteignit même un certain vedettariat dans les années 70, en tournant plusieurs fois sous la direction de Georges Lautner et José Giovanni. Acteur monolithique, à la diction hasardeuse, à la raideur d’automate, il est pourtant irremplaçable dans « IL ÉTAIT UNE FOIS UN FLIC… » de Lautner, film qui le résume et le transcende.FLIC.jpg

Sur un scénario classique mais efficace d’infiltration, le film décolle grâce à l’excellent dialogue de Francis Veber qui se concentre sur le portrait d’un commissaire parisien des Stups enquêtant à Nice et affublé d’une famille-couverture. Un flic de terrain, vieux garçon, maniaque, radin, râleur, à vrai dire peu sympathique, mais qu’on apprend à connaître à mesure qu’il s’attendrit devant son « fils » de neuf ans et sa jolie maman veuve de policier (Mireille Darc). Les séquences sont tellement bien conçues et les personnages si précisément dessinés, que c’est un bonheur de voir Constantin face à Michel Lonsdale – improbable face-à-face proche du choc de cultures ! – en collègue patient et placide, de le voir harcelé par deux flics pénibles, exaspéré par un voisin collant (Robert Castel) et surtout échangeant d’hilarantes répliques avec le petit Hervé Hillien extraordinairement à son aise.

Alors oui, la musique est envahissante, les coups de zoom fatiguent l’œil et les décors sont hideux, mais l’humour teinté de tendresse emporte tout sur son passage et « IL ÉTAIT UNE FOIS UN FLIC… » fait partie des vraies réussites de son réalisateur, bien qu’il soit étonnamment sous-estimé par rapport aux « TONTONS FLINGUEURS » et autres « BARBOUZES ». Dans un casting globalement savoureux, on reconnaît Venantino Venantini en ‘hitman’ américain et même… Alain Delon dans un fugitif caméo de trois secondes, mal rasé et clope au bec.

L’amateur de polar appréciera cette vision de la guerre des polices, ces règlements de comptes au sein de la french connection. Mais l’essentiel n’est pas là : des plans comme celui où le garçonnet glisse sa main dans celle de son « père », valent qu’on revoie ce film unique et attachant, un des meilleurs de Lautner.

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MIREILLE DARC, MICHEL CONSTANTIN, JEAN-JACQUES MOREAU ET ALAIN DELON

 

SPANISH SAMOURAÏ…

DELON SPAIN

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« LES FÉLINS » (1964)

FÉLINSQuatre ans après l’inoxydable « PLEIN SOLEIL », voir se reformer le tandem René Clément-Alain Delon pour une Série Noire tournée dans un décor méditerranéen, cela ne peut que réjouir le cinéphile. Hélas, « LES FÉLINS » manque de pas mal d’ingrédients pour prétendre à égaler son prédécesseur, ne serait-ce qu’un roman de Patricia Highsmith comme base et un second rôle comme Maurice Ronet pour se confronter à Delon.

Le film démarre bien, dans un format Scope et noir & blanc. Mais comme il fut tourné en anglais, le doublage gêne rapidement et sonne terriblement faux, surtout quand les deux actrices U.S. dialoguent entre elles en français avec un accent à couper au couteau. Le parti-pris de ne donner aucun aspect sympathique à aucun des personnages n’aide pas non plus à susciter une folle passion pour ce qui peut leur arriver. Alors on assiste passivement à ce long jeu malsain entre un gigolo traqué par des gangsters new-yorkais et deux belles Américaines exilées sur la Côte d’Azur, qui veulent l’utiliser pour une machination se voulant diabolique. Le scénario arrive à bout de souffle à la moitié environ, ensuite l’action patine, se fige, devient confuse et de plus en plus inintéressante. Pourtant, elle est bien belle Lola Albright en « veuve noire » sensuelle, elle est bien sexy Jane Fonda en fausse ingénue perverse et bien moins naïve qu’elle ne paraît. Quant à Delon, il joue avec une certaine verve les petite frappes arrogantes et exécute lui-même quelques cascades impressionnantes. Mais on a beau s’accrocher, la mayonnaise ne prend jamais. Difficile de dire pourquoi. Clément réalise au cordeau, comme d’habitude, les cadrages sont recherchés, mais rien à faire : on se fiche royalement des protagonistes quasiment désincarnés et d’une histoire dont les aspects les plus captivants ont l’air d’avoir eu lieu avant le début du film. Sans oublier de mentionner une BO jamais en harmonie avec les images, voire carrément pénible par moments. Et pourtant… signée Lalo Schifrin !

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LOLA ALBRIGHT, JANE FONDA ET ALAIN DELON

Une vraie déception donc, que « LES FÉLINS », thriller psychologique sans psychologie, thriller (presque) sans action et film érotique sans sexe. « PLEIN SOLEIL » restera donc un miracle unique. Tant pis… et tant mieux.

 

« COMME UN BOOMERANG » (1976)

COMMEJosé Giovanni tourna trois films d’affilée avec Alain Delon. « COMME UN BOOMERANG » est le dernier. On peut aisément deviner pourquoi. Dès le début on entre de plain-pied dans le monde de l’auteur : diatribes contre la justice, les flics, les médias, plaidoyer pour les anciens malfrats qui n’ont jamais fini de payer leur dette à la société, relations père-fils compliquées, etc. Cela aurait pu fonctionner, mais le scénario est d’une linéarité décourageante, le dialogue – le plus souvent un prêchi-prêcha assommant – d’une platitude et d’une lourdeur invraisemblables. Quant au casting, il est truffé d’idées plus que bizarres : Jacques Rispal en horloger-dealer (sic), Christian de Tillière en juge d’instruction maniéré, Dora Doll en ex-épouse de Delon de quinze ans plus âgée que lui, etc. Tout est décalé, même les bons moments (les frères Malet bousculant leur père pour lui soutirer du cash !) détonent, comme s’ils appartenaient à un autre film.

Handicapé par des répliques impossibles, Delon alterne les scènes émouvantes (son face-à-face avec Suzanne Flon) et l’excès de pathos (ses visites en prison à son fils). Il fait trop jeune pour qu’on puisse croire à son lointain passé de caïd du Milieu et sa relation avec sa riche épouse (pauvre Carla Gravina, venue figurer en voisine) est pratiquement occultée par le scénario. On est tout de même content de le voir deloniser à fond, d’écouter ses échanges avec Charles Vanel en vieil avocat paternaliste. Mais faut-il qu’on l’apprécie pour rester jusqu’au bout !

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ALAIN DELON, CHARLES VANEL ET CARLA GRAVINA

« DEUX HOMMES DANS LA VILLE » a gardé une bonne partie de sa force, « LE GITAN » a étonnamment bien vieilli, mais « COMME UN BOOMERANG » ressemble au « film de trop » pour le tandem Giovanni-Delon et ne suscite qu’une certaine gêne.

 

CURIOSITÉS AMÉRICAINES…

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BIENTÔT DES U.S.A. : UNE BIZARRERIE ITALIENNE AVEC TRINTIGNANT, LANG MUET, MELVILLE VIA CRITERION ET LA SUITE DE LA SÉRIE « SERGENT ANDERSON ».

 

« SOIS BELLE ET TAIS-TOI » (1958)

TAIS2S’il existe une raison – et une seule – de jeter aujourd’hui un coup d’œil distrait à « SOIS BELLE ET TAIS-TOI », c’est parce qu’il recèle la première rencontre à l’écran d’Alain Delon (23 ans) et Jean-Paul Belmondo (25 ans), alors seconds rôles inexpérimentés et quasi-débutants.

Pour le reste, Marc Allégret signe un avatar de Série Noire autour d’un gang de trafiquants de bijoux et de braqueurs, utilisant des « mômes » jouant aux caïds pour passer leur marchandise. Pourquoi pas ? Bien sûr… Mais le problème c’est que le film est entaché de comédie débile et d’une lourdeur terrible, représentée par un Darry Cowl en roue-libre complète, jouant (improvisant serait plus juste) un flic zézayant et incompétent qui prend une place anormale dans le scénario, alors qu’il n’est que le coéquipier du héros, le fade Henri Vidal. Celui-ci épouse Mylène Demongeot, délinquante mineure associée à la bande de petits voyous. Un salmigondis laborieux au possible, paresseusement filmé, faiblement dialogué dans un argot d’époque (« Ferme ton capot, toi ! »).

Si Demongeot parvient à être charmante et même touchante, si Roger Hanin est à peu près crédible en malfrat surnommé ‘Charlemagne’, si on retrouve avec plaisir Robert Dalban en commissaire atrabilaire, les futures stars des sixties sont vraiment au stade embryonnaire : Delon en petit frimeur à l’intelligence plus que limitée qui se fait bousculer ou tabasser à la première occasion et se laisse manipuler par sa fiancée. Et Belmondo en sympathique benêt serviable et pas bien malin non plus. On est très très loin de leur mythologie future ! Mais les apercevoir (ils n’ont pas de très grands rôles) côte à côte avec leurs têtes de gamins, vaut tout de même le déplacement.

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MYLÈNE DEMONGEOT, HENRI VIDAL, JEAN-PAUL BELMONDO ET ALAIN DELON

« SOIS BELLE ET TAIS-TOI » est donc à regarder d’un œil d’archéologue complétiste à l’extrême rigueur, mais sans plus. Si on aurait eu du mal à deviner l’avenir glorieux des deux compères, on s’étonne en revanche que Mylène Demongeot n’ait pas mené une carrière plus importante. Elle avait vraiment quelque chose.