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Archives de Catégorie: LES FILMS D’ALAIN DELON

« MR. KLEIN » (1977)

klein2« MR. KLEIN » fait partie des meilleurs films de Joseph Losey et il s’affirme comme l’ultime chef-d’œuvre de la longue filmographie de sa vedette/producteur Alain Delon. Sur un scénario de Franco Solinas, d’une richesse thématique inouïe, c’est une fable schizophrénique et kafkaïenne sur la perte d’identité, le déni et la culpabilité, déguisée en enquête policière.

Pendant l’occupation allemande, le marchand d’art Delon, un profiteur oisif et égoïste est pris, à cause de son nom ‘Robert Klein’ pour un homonyme juif recherché par la police. Il se lance à la recherche de ce doppelgänger sans visage, mais qui paraît tant lui ressembler, et pénètre dans un labyrinthe dont les contours deviennent de plus en plus flous à mesure qu’il progresse. Ce long cauchemar absurde et inéluctable s’achèvera dans le wagon bondé d’un train de marchandises, lors d’une rafle tristement célèbre. La réalité s’immisce peu à peu dans l’onirisme (les plans rapides et muets sur les préparations de la rafle) et le voyage intérieur de Klein en quête de lui-même sera finalement oblitéré par l’Histoire en marche, qui broiera tout sur son passage. Si Klein n’était pas juif au commencement du récit, il l’est devenu !

De la première à la dernière image, « MR. KLEIN » fascine, envoûte et immerge dans son univers paranoïaque, qui évoque parfois « LE TROISIÈME HOMME » de Carol Reed. Présent dans toutes les scènes, Delon trouve peut-être son plus beau rôle, celui en tout cas où il se montre le plus profond, le plus sensible. Étonnant de voir progressivement « l’autre » M. Klein prendre le dessus sur la personnalité froide et inhumaine du premier. Et la lugubre figure de Jean Bouise, obligé de vendre un tableau précieux à vil prix, réapparaît à la fin, symbole du destin de Klein qui a sans doute perdu son âme ce jour-là, en achetant la toile.

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MICHEL LONSDALE, ALAIN DELON ET JEAN BOUISE

On peut trouver de nombreuses interprétations à un scénario aussi intense et intelligent. Sans rechercher le réalisme à tout prix, Losey capte l’air du temps de 1942 (les spectacles de cabaret antisémites, l’ouverture du film avec l’humiliante visite d’un couple chez le médecin) et s’inscrit comme une des œuvres définitives sur l’occupation et la collaboration. Autour d’un Delon magistral, on retrouve Michel Lonsdale, visqueux à souhait en avocat ambigu, Juliet Berto fragile et pathétique, Michel Aumont en commissaire soupçonneux et beaucoup d’autres visages familiers. Seule l’apparition de Jeanne Moreau paraît légèrement hors-sujet.

« MR. KLEIN » est un très grand film qui interroge à de nombreux niveaux et hante longtemps après la projection.

 

L’INSOUMIS…

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PUISQUE NOUS FÊTONS LES 81 ANS D’ALAIN DELON, RÉCLAMONS LA SORTIE DVD D’UN DE SES RARES FILMS INÉDITS : « L’INSOUMIS » !

 

« LA MOTOCYCLETTE » (1968)

MOTOJack Cardiff fut un des plus grands directeurs de la photo des années 50 et 60. Marianne Faithfull est une figure majeure du rock anglais. Leur grandeur a-t-elle perduré quand ils sont passés l’un à la réalisation, l’autre à la comédie ?

En voyant « LA MOTOCYCLETTE », on serait tenté de répondre vigoureusement par la négative, tant le film ressemble à une énorme monstruosité sur celluloïd. Mais il est tellement ancré dans son époque, qu’il en devient une sorte de témoignage, d’instantané. De là à dire qu’il est passionnant serait sans doute excessif. Ou mensonger…

Jeune mariée, Faithfull part en moto rejoindre son amant suisse (Alain Delon) et se remémore en flash-backs psychédéliques à décoller la rétine leur rencontre aux sports d’hiver, leur première nuit d’amour, leur relation sado-maso. Le nez à l’air, un sourire béat aux lèvres, roulant sans casque, la pauvrette finira encastrée dans un pare-brise avant d’arriver au terme de son voyage. Ça ne tirera les larmes à personne !

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MARIANNE FAITHFULL ET ALAIN DELON

Que dire ? Dès le début, les scènes « oniriques » provoquent l’hilarité (Ah ! Delon en M. Loyal avec son fouet !), les scènes de route sont fréquemment tournées devant des transparences absolument affreuses, un comble pour un ‘road movie’ ! Et les séquences « solarisées » sont d’une laideur dantesque. Quant au dialogue, il atteint des abysses inexplorés de nullité solennelle et de provocation éventée. On se demande un peu ce qu’est venu faire Delon là-dedans à ce stade de sa carrière. Dans un rôle de professeur – à lunettes s’il vous plaît ! – il parle d’amour libre à ses étudiants et se montre indifférent et cruel envers sa maîtresse dévote et tête-à-claques. Basée uniquement sur le sexe, leur relation ne génère aucune émotion et pire… aucun intérêt. Utilisé en objet de désir et de fantasmes, l’acteur traverse le film en oblique sans jamais avoir l’air d’y être vraiment.

Pratiquement irregardable sans piquer du nez, « LA MOTOCYCLETTE » fait partie des quelques films bizarroïdes et inclassables qui parsèment l’éclectique carrière de Delon. Pour le complétiste maniaque et lui seul…

 

AUJOURD’HUI, IL A 80 ANS…

POUR FÊTER ÇA, VOICI LE TOUT PREMIER PLAN DANS LEQUE APPARUT ALAIN DELON À L’ÉCRAN DANS « QUAND LA FEMME S’EN MÊLE » AVEC JEAN SERVAIS ET JEAN LEFÈBVRE.

POUR FÊTER ÇA, LE PREMIER PLAN DANS LEQUEL APPARUT ALAIN DELON À L’ÉCRAN DANS « QUAND LA FEMME S’EN MÊLE » AVEC JEAN SERVAIS ET JEAN LEFÈBVRE.

 

« HO ! » (1968)

JOANNA SHIMKUS ET JEAN-PAUL BELMONDO

JOANNA SHIMKUS ET JEAN-PAUL BELMONDO

Inspiré d’une Série Noire de José Giovanni, « HO ! » n’a pourtant rien d’un polar pur et dur à la française. C’est une sorte de rêverie sur la mythologie du gangster de cinéma, au travers du destin d’un petit truand mythomane et infantile qui tente de se bâtir une réputation à la Mesrine.HO

Le scénario est décousu, progresse par à-coups. La séquence de l’évasion, très ingénieuse en soi et même assez jouissive, dure beaucoup trop longtemps et déséquilibre le film. La relation entre ‘Ho’ et Paul Crauchet, un journaliste qui vante ses exploits dans la presse, intervient trop tard dans l’action. Et le personnage de la top-model (Joanna Shimkus) semble plaqué, jamais véritablement intégré à l’histoire.

Mais le film possède tout de même son petit charme. On y retrouve la « petite musique » de Robert Enrico, sa poésie, son léger décalage qui aident à gober bien des imperfections. « HO ! » tient entièrement sur les épaules de Jean-Paul Belmondo dans un rôle-charnière de son parcours d’acteur. On retrouve au début, les vestiges du petit voyou désinvolte de « À BOUT DE SOUFFFLE », tout en devinant peu à peu sa panoplie de star tous-terrains, de gangster ‘bigger than life’ de « LA SCOUMOUNE », par exemple. Il endosse sobrement ce rôle difficile de loser (« J’ai pas la classe », finit-il par admettre vers la fin), qui commence en larbin docile, évolue en Arsène Lupin « guignolo » et finit en tueur « à l’Américaine ». Mais le dénouement nous rappelle que ‘Ho’ n’est ni James Cagney, ni Bogart. Ce n’est que ce demi-sel sympathique et frimeur, aimable et pathétique qui ne sera même pas capable de mourir avec panache.

C’est donc quasiment un contremploi pour l’acteur qui s’en sort très bien et parvient à être véritablement attachant, sans jamais se laisser aller à ses vieux tics, même quand il est déguisé en clochard et aurait pu en faire des tonnes.

ÉVASION PAR CLOCHARDISATION !

ÉVASION PAR CLOCHARDISATION !

Sans être une des grandes réussites d’Enrico, ce film paraît aujourd’hui sous-estimé et probablement mal compris en son temps. C’est une jolie balade dans les coulisses du polar, jouant élégamment avec les mythes et les fantasmes entourant les bandits et hors-la-loi.

À noter le caméo d’Alain Delon dans la scène de l’aéroport, qui manque se faire écraser par la voiture de Joanna Shimkus (sa partenaire dans « LES AVENTURIERS » du même réalisateur) et trébuche sur un trottoir.

 

EN ALLEMAGNE…

QUELQUES SORTIES BLU-RAY IMMINENTES EN ALLEMAGNE : COPPOLA, SAVALAS, MIFUNE, BRONSON ET GARNER...

QUELQUES SORTIES BLU-RAY IMMINENTES EN ALLEMAGNE : ALTMAN, SAVALAS, MIFUNE, BRONSON ET GARNER…

 

ENGLISH BLUE RED SUN !

SORTIE BLU-RAY ANGLAISE EN OCTOBRE DE « SOLEIL ROUGE » QUI N’AVAIT PAS ENCORE CONNU D’ÉDITION VIDÉO CONVENABLE.

SORTIE BLU-RAY ANGLAISE EN OCTOBRE DE « SOLEIL ROUGE » QUI N’AVAIT PAS ENCORE CONNU D’ÉDITION VIDÉO CONVENABLE.