RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE ROBERT DUVALL

« BAD ACTOR » : Robert Duvall dans « Alfred Hitchcock présente »

hitch-duvall

ROBERT DUVALL

« BAD ACTOR » est un épisode de la 7ème et dernière saison de « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », réalisé par John Newland.

Le titre en est particulièrement savoureux, puisqu’il est censé définir le personnage principal, incarné par Robert Duvall, un des grands acteurs de sa génération… et des suivantes. Il campe une sorte de synthèse de l’acteur new-yorkais dans la dèche : mal fagoté, alcoolique, aigri et égocentrique, il emprunte quelques tics à Marlon Brando (son goût du tam-tam et des T-shirts) et se montre parfaitement odieux.

Quand il apprend qu’un rival (Charles Robinson) a été choisi à sa place pour un rôle principal à Broadway, Duvall l’entraîne chez lui et l’étrangle. Il fait disparaître le corps avec des hachoirs et de l’acide. Reste la tête, qu’il n’a pas le temps de dissoudre avant l’arrivée inopinée de sa fiancée, de son agent et d’un flic recherchant le malheureux. Le manque de sang-froid de l’acteur finira par le perdre.

hitch-duvall2

CHARLES ROBINSON, ROBERT DUVALL ET WILLIAM SHALLERT

Le scénario de Robert Bloch est bizarrement simpliste et dépourvu d’une chute surprenante. On s’attend dès le début à ce que Duvall se fasse coincer et comme on ne ressent aucune empathie pour lui, le suspense est minimal. Un épisode un peu faiblard donc, à voir pour son acteur principal comme toujours investi et totalement crédible.

 

« WILD HORSES » (2015)

Robert Duvall a tourné cinq films en tant que réalisateur : un documentaire, un film indépendant sur la communauté gitane en 1983, puis « LE PRÉDICATEUR », « ASSASSINATION TANGO » et aujourd’hui « WILD HORSES ». Dans les trois derniers, on retrouve exactement les mêmes qualités et les mêmes défauts.WILD

Avant tout, Duvall s’offre des rôles complexes et intrigants, pas spécialement sympathiques. Il décrit des milieux différents avec une certaine acuité, mais tourne (hélas) le dos à une scénarisation conventionnelle pour installer une lenteur parfois léthargique, une certaine confusion dans les tenants et aboutissants et un sens de l’ellipse pas toujours très payant. Certains effets sont maladroits et inutiles, comme le son d’un coup de feu manifestement rajouté a posteriori, pour suggérer qu’un personnage s’est suicidé.

Situé au Texas, au sein d’une famille de ranchers, « WILD HORSES » ravive une vieille enquête sur la disparition d’un jeune homme, menée par une ‘Texas Ranger’ opiniâtre. Celle-ci est campée par Luciana Pedraza (Mme Duvall à la ville), danseuse argentine déjà appréciée dans « ASSASSINATION TANGO » et qui surprend agréablement. Duvall lui, est le patriarche intolérant et dominateur d’un clan éclaté. Un individu trouble et peu ragoutant, qu’il parvient à humaniser avec un métier consommé. Autour de lui, James Franco en fils ‘gay’, Josh Hartnett très bien en aîné dur-à-cuire. On retrouve avec plaisir l’excellente Adriana Barraza (« BABEL », « CAKE ») en mère éplorée. Elle a un magnifique face-à-face avec Duvall vers la fin.

« WILD HORSES » n’est pas désagréable, il contient même deux ou trois séquences magistrales, mais l’ensemble est décousu, manque de colonne vertébrale. À voir de toute façon pour l’admirateur du grand Duvall qui, à 84 ans, avec des difficultés à se déplacer et la double casquette de réalisateur et de rôle principal, parvient encore à électriser l’écran et à créer un personnage aussi tragique que pathétique. Immense acteur…

 

« L’ÉVADÉ » (1975)

breakout3

CHARLEY SMILES !

« L’ÉVADÉ » est le premier film qu’un Charles Bronson de 53 ans tourna après le succès U.S. de « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », qui fit de lui un acteur « bankable » sur son sol natal. Réalisé par le solide Tom Gries, c’est un film d’aventures lointainement inspiré de faits réels, qui surprend un peu par la pauvreté de son scénario et par son manque d’ampleur et de vrais rebondissements.breakout

Survenant après vingt minutes de projection, Bronson est un pilote plutôt minable, qui accepte de faire évader Robert Duvall, un homme emprisonné (à tort) au Mexique par son propre grand-père (John Huston en roue-libre). C’est l’épouse du malheureux (Jill Ireland) qui se charge des modalités et le peu téméraire Charley finira par s’exécuter pour ses beaux yeux.

Se déroulant dans deux décors principaux : le club d’aviation délabré de Bronson et de son associé Randy Quaid, et dans l’enceinte du bagne, « L’ÉVADÉ » fait du sur-place, se répète, perd du temps en tentatives avortées, s’enlise dans les scènes de prison où Duvall (tellement crédible qu’on le croirait échappé d’un autre film !) se délabre physiquement et moralement. Que reste-t-il alors, pour tenir le coup jusqu’à l’évasion finale en hélico, relativement accrocheuse ? Le bagout de Bronson, dans le même ‘mood’ drolatique que dans « MR MAJESTYK », qui cabotine pas mal, appuie ses effets par des mimiques pas toujours très légères et exhibe ses légendaires biceps. S’il « rame » visiblement dans ses face-à-face avec la crispante Ireland, il s’avère en revanche amusant quand il échange des répliques avec l’excellente Sheree North jouant son amie d’enfance ou avec Quaid en grand dadais pas très vif d’esprit. Malgré tout, si on applaudit l’effort, on préfèrera toujours notre Bronson minéral et taiseux.

Ne pas se fier donc, au démarrage prometteur évoquant vaguement un film de Peckinpah avec ses décors mexicains, ses ralentis, ses images gelées sur des impacts de balles et la présence d’Emilio Fernandez au générique. « L’ÉVADÉ » n’est qu’un petit film moyennement écrit, paresseusement filmé, qui fait peu de cas d’un pourtant alléchant casting.

breakout2

ROBERT DUVALL, JILL IRELAND, CHARLES BRONSON ET SHEREE NORTH

Pour la petite histoire : Gries avait déjà dirigé Bronson 14 ans plus tôt à la TV, dans l’épisode « DEAD LOAD : DAVE BRADDOCK » de la série « LES BARONS DE LA PÈGRE » avec également Jack Lord. Il remplaça Michael Ritchie au pied-levé sur le tournage de « L’ÉVADÉ », après que celui-ci ait refusé Jill Ireland dans le rôle féminin principal.

 

L’HOMME DE LA LOI EN BLEU…

LAWMAN BR

SORTIE EN OCTOBRE DE « L’HOMME DE LA LOI » EN ALLEMAGNE ET EN BLU-RAY. S’AGIRA-T-IL DE LA VERSION INTÉGRALE OU CENSURÉE ? À SUIVRE…

 

« THE INHERITORS » : Robert Duvall dans « Au-delà du réel »

INHERITORS2

STEVE IHNAT

« THE INHERITORS » est un double-épisode de la série « AU-DELÀ DU RÉEL » dont la durée totale de 102 minutes équivaut donc à celle d’un long-métrage. Réalisé par James Goldstone, le film décrit l’étrange mutation de quatre soldats blessés au combat, qui reprennent connaissance avec un Q.I. surdéveloppé et un comportement des plus étranges. Une intelligence extra-terrestre s’est infiltrée dans leur cerveau, portée par la balle qui les a abattus (sic).

Robert Duvall, agent du gouvernement, traque le quatuor qui s’est dispersé à travers le monde et tente de comprendre sur quel projet mystérieux et inquiétant ils travaillent. En fait, ils construisent un vaisseau spatial (qui ressemble à un kiosque à musique) pour emmener quelques enfants handicapés vers une planète où ils seront libérés de leurs maladies et heureux.

INHERITORS

ROBERT DUVALL

Dire que l’intrigue est étirée est un doux euphémisme ! Pourquoi consacrer autant de temps à de si maigres péripéties ? On s’ennuie ferme, même si on reconnaît rapidement les prémices de « RENCONTRE DU TROISIÈME TYPE » de Spielberg. Duvall qui campe un personnage incolore et inexpressif, n’arrive pas à nous sortir d’une torpeur qui ne fait que s’alourdir. Reste quelques bons seconds rôles comme l’étrange Steve Ihnat dans le rôle du ‘lieutenant’, le leader des « possédés », qu’il incarne avec une sérénité toute messianique et ce bon vieux Ted De Corsia en boss perplexe.

 

« HEMINGWAY & GELLHORN » (2012)

HEMINGWAY2On n’avait plus de nouvelles de Philip Kaufman depuis huit ans. Son comeback se fait via HBO avec un téléfilm épique : « HEMINGWAY & GELLHORN », racontant la liaison tumultueuse entre ‘Papa’, l’écrivain légendaire de son vivant et Martha Gellhorn, une jeune reporter idéaliste qu’il rencontre à Madrid pendant la guerre d’Espagne.

La relation évoque plus ou moins celle de Rodin et de Camille Claudel dans un tout autre contexte, le scénario narré en flash-back est à la fois intimiste et pédagogique et les idées visuelles abondent : insertion de plans d’actualité dans la fiction, passage incessant de la couleur au sépia et surtout, comédiens intégrés d’assez bluffante façon à des images d’archives. Kaufman fait feu de tout bois, mais c’est réussi. On est complètement immergé dans l’époque et dans l’histoire des deux personnages.

Physiquement épaissi, Clive Owen est étonnamment convaincant en Hemingway et laisse deviner l’homme complexe et faillible sous la tonitruante légende. Le romancier ne sort pas vraiment grandi de l’épreuve et sa « virilité » autoproclamée est rudement mise à l’épreuve ! Meilleure qu’elle n’a été depuis longtemps, Nicole Kidman, un peu âgée pour son rôle, compose néanmoins une ‘Gellhorn’ crédible et touchante. Les vieillissements sont extrêmement convaincants. Autour du couple, un superbe casting : David Strathairn jouant un Dos Passos faible et presque efféminé, Tony Shalhoub en éditorialiste russe insidieux, Molly Parker en épouse ultra-catho d’Ernest, Peter Coyote en éditeur. Et, cerise sur le gâteau, car non-mentionné au générique, Robert Duvall déchaîné en général russe quelque peu ravagé par la vodka. On se souvient que 35 ans plus tôt, Duvall avait déjà fait une apparition-surprise dans « L’INVASION DES PROFANATEURS » du même réalisateur, dont l’héroïne était Brooke Adams, qui passe elle aussi en coup de vent dans le présent téléfilm…

CLIVE OWEN, NICOLE KIDMAN ET ROBERT DUVALL

CLIVE OWEN, NICOLE KIDMAN ET ROBERT DUVALL

On sent passer durant 155 minutes le souffle de l’Histoire à travers le regard de deux témoins profondément impliqués, un peu comme dans « L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE L’ÊTRE » du même Kaufman. C’est prenant et instructif, étonnamment sexy par moments et surtout, jamais ennuyeux ou pesant. Ce n’est pas de la télé, c’est HBO, comme dirait l’autre…

 

EN ALLEMAGNE…

QUELQUES SORTIES BLU-RAY IMMINENTES EN ALLEMAGNE : COPPOLA, SAVALAS, MIFUNE, BRONSON ET GARNER...

QUELQUES SORTIES BLU-RAY IMMINENTES EN ALLEMAGNE : ALTMAN, SAVALAS, MIFUNE, BRONSON ET GARNER…