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Archives de Catégorie: LES FILMS DE RACHEL WEISZ

« LE RETOUR DE LA MOMIE » (2001)

MOMIE 2 2« LE RETOUR DE LA MOMIE » a été tourné deux ans après « LA MOMIE » par le même Stephen Sommers, mais l’action se situe neuf ans après et nos fougueux héros ont eu un fiston, aussi brave que ses parents.

Après un prologue « mythologique » consacré au ‘Roi Scorpion’ campé par un Dwayne Johnson quasi-débutant, le film retrouve les accents du n°1, mais cette fois l’anecdote/prétexte est démultipliée, le rythme endiablé et le dosage entre l’aventure et l’humour est mieux ajusté. On retrouve avec plaisir Brendan Fraser et surtout Rachel Weisz encore plus craquante que précédemment (surtout dans les flash-backs en fille du pharaon), le gaffeur John Hannah et le majestueux Oded Fehr, sans oublier Arnold Vosloo et Patricia Velasquez, couple infernal sans cesse ramené d’entre les morts. Petite mention au duo comique formé par le petit Freddie Boath et l’imposant Adewale Akinnuoye-Agbaje, colosse colérique que le morveux rend complètement chèvre. Leurs petites scènes ensemble sont de vrais régals.

Que dire de plus sur un tel film ? Pas grand-chose, puisqu’il est essentiellement visuel et procure un plaisir immédiat qui ne nécessite guère l’usage de sa matière grise : c’est une débauche d’action ininterrompue, de bagarres, de fusillades, de fuites en dirigeable, de nuées de cafards, d’attaques de pygmées momifiés (sic !), etc. La castagne finale est spectaculaire, d’autant qu’elle est divisée en trois actions bien distinctes évoluant simultanément : une véritable prouesse de montage, d’autant plus que ce n’est jamais confus. C’est dire qu’on ne s’ennuie pas une seconde, qu’on retombe en enfance sans trop de résistance et qu’on retrouve encore une fois le plaisir des Indiana Jones, mêlé à une candeur et une bonne humeur héritées des vieilles BD d’antan.

Une sequel parfaitement digne du film original donc, et peut-être même légèrement meilleure, à voir pour se délasser pendant deux heures et rire de temps en temps.

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BRENDAN FRASER, FREDDIE BOATH, RACHEL WEISZ, ARNOLD VOSLOO ET DWAYNE JOHNSON

À noter : le personnage du ‘Roi Scorpion’ donnera lieu à un ‘spin-off’ éponyme, également incarné par Dwayne Johnson.

 

« LA MOMIE » (1999)

MOMIE2Quelle joyeuse idée que de télescoper les univers des vieux films d’horreur Universal avec les codes plus récents des aventures d’Indiana Jones ! Auteur et réalisateur, Stephen Sommers entraîne, dès les premières images, dans un monde rétro et bariolé de BD, impose d’emblée un rythme infernal et trouve instantanément le ton adéquat.

Au cœur de l’Égypte rêvée et romanesque des années 30, « LA MOMIE » nage allègrement dans un second degré permanent, ce qui n’empêche pas les séquences d’action et de terreur d’être tout à fait efficaces et les F/X de servir l’histoire au lieu de la désintégrer comme ce sera trop souvent le cas dans le cinéma U.S. des années suivantes. On frissonne et on sourit donc sans arrière-pensée, car tout cela est conçu avec goût et enthousiasme. À peine pourra-t-on regretter que Kevin O’Connor cède au gros comique dans son rôle de traître hongrois geignard et immonde qui prend une place démesurée dans le scénario.

Brendan Fraser est un parfait héros de serial, audacieux mais pas bien malin. Rachel Weisz n’a jamais été aussi séduisante qu’en bibliothécaire entêtée et gaffeuse. Arnold Vosloo est un ‘Imhotep’ imposant et John Hannah est un brin irritant à la longue en faire-valoir comique et frère/boulet de l’héroïne.

Pas une seconde d’ennui dans ces deux heures copieuses et bourrées jusqu’à la gueule de poursuites, de batailles sanglantes et de tempêtes de sable. On régresse clairement en enfance, mais ça n’a rien de désagréable, d’autant que tout le monde semble avoir pris un vrai plaisir à ressusciter ce cinéma de pure distraction.

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BRENDAN FRASER, RACHEL WEISZ ET ARNOLD VOSLOO

À noter que cette « MOMIE » connaîtra deux sequels : la première deux ans plus tard, avec la même équipe et la seconde sept ans après, dirigée par Rob Cohen où Maria Bello remplacera Rachel Weisz.

 

« UNE VIE ENTRE DEUX OCÉANS » (2016)

Tourné en Australie, situé après la guerre 14-18, « UNE VIE ENTRE DEUX OCÉANS » est un mélodrame ample et ambitieux, qui marche sur les travées de classiques comme « LA FILLE DE RYAN » ou « LA MAÎTRESSE DU LIEUTENANT FRANÇAIS ».light

Le scénario suit le personnage d’un rescapé des tranchées (Michael Fassbender) qui accepte le poste de gardien de phare sur une île isolée pour se reconstruire. Il épouse une jeune femme (Alicia Vikander), mais leur bonheur est gâché par deux fausses-couches dramatiques. Jusqu’au jour où ils trouvent un bébé dans un canot échoué, auprès du cadavre d’un inconnu.

Derek Cianfrance ne recule devant aucune ficelle du mélo, ce qui étonnamment, donne une force peu commune à son film. Il va jusqu’au bout des sentiments, du sacrifice, des confrontations, et accompagne ces tourments intérieurs par des images somptueuses de la nature en furie, de cieux changeants. On est totalement immergé dans l’histoire, balloté par des dilemmes atroces et insolubles car, comme dans toute bonne histoire – et comme l’affirmait Jean Renoir : « Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons ».

D’une sobriété quasi-minérale, Fassbender est remarquable, composant un homme détruit, rongé par le complexe du survivant. Alicia Vikander est frémissante, instable, aussi exaspérante qu’émouvante. Et Rachel Weisz est magnifique dans un rôle complexe qu’une comédienne moins experte aurait pu rendre haïssable. On retrouve avec plaisir des vétérans du cinéma australien d’antan comme Jack Thompson ou Bryan Brown.

« UNE VIE ENTRE DEUX OCÉANS » est une franche réussite, une œuvre maîtrisée, intense et sérieuse, tellement habilement fabriquée, qu’on en oublie volontiers certaines grosses ficelles narratives. Un vrai plaisir, un film que n’aurait pas renié David Lean…

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RACHEL WEISZ

 

« JASON BOURNE : L’HÉRITAGE » (2012)

legacyScénariste des trois premiers films de la franchise « Jason Bourne », Tony Gilroy se retrouve donc aux manettes d’un 4ème un peu spécial, puisque privé de son héros ! Un peu comme si le prochain James Bond avait pour protagoniste l’agent 006. Ça n’empêche nullement le film de s’intituler « JASON BOURNE : L’HÉRITAGE » par ailleurs…

Tourné cinq ans après le précédent opus, celui-ci n’est pourtant pas une sequel, mais une « paralellquel ». C’est-à-dire qu’il se déroule PENDANT les événements de 2007. Bourne étant en cavale, la CIA décide par sécurité d’éliminer tous les témoins des plans ‘Treadstone’ et autres, autrement dit les chercheurs, les super-espions, etc. Le scénario est en fait très simple mais narré de façon excessivement embrouillée.

On suit donc un de ces soldats condamnés dans sa fuite, accompagné d’une jolie savante également traquée. Avec un point de départ aussi tiré par les cheveux et franchement sans aucune raison d’être, on s’étonne de la relative réussite du projet. Le film est aussi prenant que ses prédécesseurs, aussi riche en action et en suspense, on retrouve les mêmes passages obligés (combats à mains nues, cavale sur les toits de Manille, poursuite en moto, etc.), et au bout du compte si tout cela laisse fondamentalement indifférent, on ne s’ennuie guère.

Jeremy Renner a la lourde tâche de remplacer Matt Damon. Acteur sympathique mais singulièrement transparent et peu expressif, il s’en sort à peu près, mais ne suscite pas beaucoup d’empathie. Pourtant le thème de son intelligence « boostée » par des produits chimiques et menaçant de régresser est passionnant et aurait pu être plus exploité. Rachel Weisz est ravissante dans un rôle sans intérêt et un peu agaçant (ces hurlements !). Edward Norton, ectoplasmique, succède à Chris Cooper, Joan Allen et David Strathairn pour jouer les têtes-à-claques de la CIA. Ces deux derniers font une brève apparition dans « JASON BOURNE : L’HÉRITAGE », au même titre qu’Albert Finney et Scott Glenn. Le toujours excellent Oscar Isaac aurait mérité un rôle plus développé.

Ce 4ème film est donc une transition en attendant le comeback de Matt Damon qui se fera quatre ans plus tard. Un bon passe-temps donc, mais pas davantage.

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RACHEL WEISZ, JEREMY RENNER ET OSCAR ISAAC

 

« LE MAÎTRE DU JEU » (2003)

jury2Bien mené par l’efficace Gary Fleder, « LE MAÎTRE DU JEU » est sans aucun doute une des meilleures adaptations d’un roman judiciaire de John Grisham. On ne sent pas passer les deux heures de projection et le mélange pas toujours évident de thriller et de « courtroom drama » se fait sans le moindre heurt, ce qui est déjà à mettre à l’actif du film.

Au-delà de son sympathique discours militant contre l’industrie U.S. des armes à feu, le scénario est en fait une magnifique leçon de manipulation à divers niveaux, où personne n’est ce qu’il paraît être et où les enjeux sont bien plus complexes qu’ils ne semblaient au départ.

C’était encore la bonne époque de John Cusack, excellent dans un personnage opaque et ambigu, dont on ignore les motivations jusqu’à la conclusion. Il forme un séduisant tandem avec Rachel Weisz elle aussi parfaite. Mais il faut bien reconnaître que le film est dominé par la figure tutélaire de Gene Hackman dans son avant-dernier rôle. Homme de l’ombre, il « fabrique » littéralement les verdicts en manœuvrant les jurés jusqu’à les pousser au suicide. Un monstre policé et sans âme, que l’acteur incarne avec une sobriété et une délectation exceptionnelles. Son face-à-face dans les WC du palais de justice, avec Dustin Hoffman est remarquable : l’idéalisme et la foi en la loi confronté au cynisme le plus vil. Chacun joue sa partition et l’échange fait des étincelles.

Autour d’eux, de bons seconds rôles comme Luis Guzmán, Bruce McGill et une courte mais déterminante apparition de Dylan McDermott au début.

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DUSTIN HOFFMAN, RACHEL WEISZ, JOHN CUSACK ET GENE HACKMAN

Dans son créneau, « LE MAÎTRE DU JEU » est une franche réussite, rehaussé par de magnifiques extérieurs de New Orleans utilisés sans ostentation. En prime et en dernière minute : une révélation qu’on devine confusément sans la voir vraiment venir. Du très bon cinéma de professionnel, intelligent et techniquement irréprochable.

 

« THE LOBSTER » (2015)

Alors… Comment dire ? Par quel bout prendre cet OVNI total qu’est « THE LOBSTER » en évitant d’être trop péremptoire et définitif, même si ce n’est pas l’envie qui manque ?LOBSTER

Au début, dans le décor de cet immense hôtel irlandais, on pense à Paolo Sorrentino et à son magnifique « YOUTH » où figurait déjà Rachel Weisz. Mais au début seulement, car il ne faut pas longtemps pour qu’on se lasse du postulat de départ tiré par les cheveux et qu’on s’irrite de l’absence d’humour ou de fantaisie dans une œuvre qui en aurait tant eu besoin. C’est une espèce de fable surréaliste, sur une société qui oppresse les célibataires, les oblige sous la menace à trouver un partenaire, finit par s’en servir de gibier et au bout du compte, les transforme en… animaux. C’est lourd, c’est lent, on a la sensation que les thèmes s’effilochent à mesure que le film progresse, et que le scénario aurait peut-être tenu la distance pour un court-métrage, mais certainement pas sur deux longues et interminables heures.

On passe – plus ou moins – le temps à contempler un Colin Farrell en surpoids, qu’on a connu plus inspiré, à retrouver le visage morose de Léa Seydoux, à voir gaspillés l’excellente Olivia Colman et le pauvre John C. Reilly affublé d’un cheveu sur la langue. Et « THE LOBSTER » sera donc le film qui démentira l’adage : « un film avec Rachel Weisz ne peut pas être complètement mauvais ».

Ajoutons à cela une étrange complaisance dans les gros-plans d’animaux morts, des séquences de danse en forêt, des dialogues en français (pourquoi ?), des chansons grecques (l’auteur est grec, mais bon…) et rangeons le film dans le rayon des œuvres qui ne sont pas de notre ressort. Et oublions vite…

 

HAPPY BIRTHDAY, RACHEL !

WEISZ

RACHEL WEISZ, UNE DES PLUS BELLES ET DES MEILLEURES ACTRICES DE SA GÉNÉRATION À LA CARRIÈRE INTERNATIONALE.