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Archives de Catégorie: LES FILMS DE ROBERT VAUGHN

« LA TOUR INFERNALE » (1974)

TOUR.jpg45 ans après sa sortie, « LA TOUR INFERNALE » est encore la référence n°1 du film-catastrophe pré-CGI, le seul probablement qui restera dans l’Histoire. La question est : a-t-il vieilli ? Oui, bien sûr. Le scénario linéaire et moralisateur (les fornicateurs sans doute adultères sont les premiers à mourir), la photo de téléfilm (de luxe !), les clichés antédiluviens et certaines transparences d’un autre âge, ne passent pas toujours très bien la rampe. Mais John Guillermin et Irwin Allen (producteur et coréalisateur pour les séquences d’action) ont du savoir-faire et le film tient la route malgré tout.

L’attrait principal, outre les plans d’incendie impressionnants, est la distribution, qui aligne des vétérans du vieil Hollywood (William Holden, Jennifer Jones, Fred Astaire), des stars de TV (Robert Wagner, Richard Chamberlain, Robert Vaughn), un sportif (O.J. Simpson) et trois superstars contemporaines : Paul Newman, Steve McQueen et Faye Dunaway. Ça fait du beau linge, mais il ne faut pas s’attendre à les voir accomplir des prouesses. Ils tiennent des rôles très unidimensionnels, surtout physiques, qui n’exploitent qu’un faible pourcentage de leur charisme. Newman peine à donner de l’épaisseur et même de l’homogénéité à ce rôle d’architecte un brin prima donna sur les bords. Il oscille d’une scène à l’autre entre le quidam paralysé par la trouille et le casse-cou. McQueen ne se fatigue pas trop, mais rafle la mise parce qu’il a le seul personnage héroïque du film. Les autres comédiens sont tous sous-utilisés et passent leur temps à grimacer d’angoisse avec un ventilo dans la figure. Mais cela fait tout de même plaisir de les voir tous réunis ! Mais franchement, faire jouer à Vaughn un politicien visqueux, n’est-ce pas un pléonasme ?

On peut revoir « LA TOUR INFERNALE » donc, sans trop de crainte d’être déçu. Le spectacle dure pas loin de trois heures, mais ce qui aide à tenir, c’est de voir du VRAI feu, des cascadeurs prenant de VRAIS risques, des vedettes visiblement malmenées, au visage marqué par la fatigue, bien loin des acrobaties devant des écrans verts qu’on nous sert depuis trop longtemps. Rien que pour ça…

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STEVE McQUEEN, FAYE DUNAWAY ET PAUL NEWMAN

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« GÉNÉRATION PROTEUS » (1977)

DEMONInspiré d’un roman mêlant horreur et science-fiction de Dean R. Koontz, « GÉNÉRATION PROTEUS » s’inspire des thématiques développées dans « 2001 : L’ODYSSÉE DE L’ESPACE » (auquel il est fait des clins d’œil directs) et « ROSEMARY’S BABY » : un ordinateur « intelligent » se rebelle contre ses créateurs et désire procréer en mettant enceinte la femme d’un des savants.

Un sujet fascinant, riche en possibilités qu’elles soient dramatiques ou philosophiques, que Donald Cammel a choisi d’illustrer de façon glacée et cérébrale, délaissant la psychologie des personnages réduite au strict nécessaire et même les péripéties scénaristiques (à un ou deux événements près). Ce choix nuit au film, qui en devient statique et répétitif et ne bénéficie pas encore d’une technologie dans les effets-spéciaux, qui aurait pu compenser l’absence de suspense et d’empathie.

Difficile de détourner le regard de l’écran pourtant, tant les enjeux sont prometteurs et l’apparition finale de la « créature » parvient à filer le frisson.

Le film est porté par Julie Christie, souvent seule à l’image, malmenée, palpée, violentée par l’ordinateur de l’enfer qui, pour couronner le tout, a la voix reconnaissable entre mille de Robert Vaughn. Très bon choix, d’ailleurs, puisque l’acteur a toujours eu ce timbre froid et cassant, quel que soit son rôle. Les autres comédiens, Fritz Weaver ou Gerrit Graham, n’ont que des personnages purement fonctionnels, sans relief.

Si on ajoute que la BO est signée Jerry Fielding, on conclura en disant que « GÉNÉRATION PROTEUS » (parfaite traduction de « LA SEMENCE DU DÉMON » !) est une œuvre qui a énormément vieilli, mais dont le scénario parvient encore à captiver. Et puis le plaisir de voir Miss Christie sous toutes les coutures pendant plus 90 minutes ne se refuse pas…

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JULIE CHRISTIE

 

DERNIER CLIN D’OEIL À M. VAUGHN…

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PAGE DU NUMÉRO DE « STAR CINÉ VAILLANCE » CONSACRÉ AUX « 7 MERCENAIRES », SORTI EN 1961. LES CAUCHEMARS DE LEE…

 

« DRY RUN » : Robert Vaughn dans « Alfred Hitchcock présente »

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WALTER MATTHAU ET ROBERT VAUGHN

« DRY RUN » est un épisode de la 5ème saison de « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE » réalisé par John Brahm.

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WALTER MATTHAU

Après une introduction dans le bureau très « business man » d’un mafioso en col blanc amateur de piranhas (David White, le boss dans la sitcom « MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE »), un jeune ‘hitman’ (Robert Vaughn) se voit confier pour mission de rencontrer un rival (Walter Matthau) et de le supprimer. Le rendez-vous a lieu dans une cave à vins. Le scénario devient alors un long face-à-face, un dialogue à huis clos entre Matthau, grande gueule et pas né de la dernière pluie, et l’ambitieux Vaughn qui se laisse tenter par la trahison : 10 000 dollars pour éliminer White et devenir le bras-droit de Matthau ! Évidemment, le jeunot succombera à la tentation et… aux balles de Matthau, qui lui faisait passer un test de loyauté pour le compte de White.

On devine la chute pratiquement depuis le début du film. Et le scénario souffre d’une ÉNORME invraisemblance : méfiant et paranoïaque, Matthau ne fouille même pas Vaughn pour voir s’il est armé !

Mais ce n’est pas très grave. L’affrontement feutré entre deux « pointures » aussi différentes dans leur style que le roué Matthau et le glacial et cérébral Vaughn vaut largement le détour, au même titre qu’une très belle photo en clair-obscur de Lionel Lindon (collaborateur régulier de John Frankenheimer au cinéma). À voir donc !

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WALTER MATTHAU ET ROBERT VAUGHN

 

ROBERT VAUGHN : HOMMAGE

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« A GOOD DAY FOR A HANGING »

C’était le dernier survivant des « 7 MERCENAIRES » et tous les médias le présentent aujourd’hui ainsi, au jour de sa mort à l’âge de 83 ans.

Robert Vaughn avait failli faire carrière dans la politique, mais s’était orienté vers la comédie à la fin des années 50. Sa carrière n’a jamais ralenti et il affiche aujourd’hui près de… 800 titres à sa filmographie !

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« ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE »

Son parcours cinéma est discret, même s’il débuta avec une nomination à l’Oscar pour « CE MONDE À PART ». On s’en souviendra surtout pour le rôle de ‘Lee’ un des « magnifiques » de John Sturges, le plus complexe, celui qui est rongé par la peur. Une image prémonitoire de l’emploi de Vaughn, qui devait se spécialiser dans les personnages troubles, corrompus, voire franchement antipathiques, dont le sénateur de « BULLITT » est le plus bel exemple. Il a tenu des rôles secondaires dans des superproductions comme « LA TOUR INFERNALE » ou « SUPERMAN 3 », s’est montré hilarant en producteur dans « S.O.B. », excellent en officier allemand dans « LE PONT DE REMAGEN ».

Mais c’est la TV qui fit sa gloire avec la série « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX » où il incarnait avec suavité l’espion Napoléon Solo. Un rôle très pince-sans-rire, sorte de pastiche U.S. de 007 qui le fixa à jamais dans la mémoire du public. Il joua un aventurier à Londres dans la série « POIGNE DE FER ET SÉDUCTION » et tout récemment un vieil escroc professionnel dans « LES ARNAQUEURS VIP ». Il apparaît dans les miniséries « COLORADO », « CAPITAINES ET ROIS » et surtout « INTRIGUES À LA MAISON BLANCHE » où son duo avec Jason Robards est prodigieux.

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« DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX »

Sans parler des dizaines de « guests » qu’il signa au fil des années dans « ZORRO », « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », « LES INCORRUPTIBLES » ou dernièrement « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE ». Avec son jeu froid, son expression hautaine et ironique, il fut un assassin idéal dans « COLUMBO » face à Peter Falk.

Robert Vaughn a tout fait, tout joué, en vieux « pro » habitué à ne refuser aucun projet. Aujourd’hui, il s’en est allé retrouver les six autres mercenaires pour parler du « bon vieux temps » bien révolu. En effet, proche de Robert Kennedy et de sa famille, fervent démocrate, « Bob » est mort au lendemain de l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Une coïncidence bien sûr, mais troublante, pour l’homme qui aura toujours été passionné de politique et signa même un livre : « ONLY VICTIMS » sur le maccarthisme.

Son autobiographie : « A FORTUNATE LIFE » est truffée d’anecdotes et d ‘humour en autodérision.

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« INTRIGUES À LA MAISON BLANCHE »

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« NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE »

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« COLUMBO »

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« LES INCORRUPTIBLES »

 

ADIOS, NAPOLÉON SOLO…

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QUATRE POSTERS PRIS AU HASARD DANS L’IMMENSE FILMOGRAPHIE DE MR ROBERT VAUGHN. UNE CARRIÈRE ÉCLECTIQUE…

 

ROBERT VAUGHN : R.I.P.

ROBERT VAUGHN, LE DERNIER DES « 7 MERCENAIRES », PLUS ACTIF QUE JAMAIS.

ROBERT VAUGHN (1932-2016), C’ÉTAIT LE DERNIER DES « 7 MERCENAIRES », ACTIF JUSQU’AU BOUT. UNE ÉNORME FILMOGRAPHIE.

 
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Publié par le 11 novembre 2016 dans CARNET NOIR, LES FILMS DE ROBERT VAUGHN