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Archives de Catégorie: FILMS FRANÇAIS

HAPPY BIRTHDAY, JACQUES !

BECKER

JACQUES BECKER (1906-1960), UN DES PLUS GRANDS RÉALISATEURS FRANÇAIS, SEULEMENT UNE QUINZAINE DE FILMS ET PLUSIEURS CHEFS-D’ŒUVRE.

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Publié par le 15 septembre 2019 dans ANNIVERSAIRES, FILMS FRANÇAIS

 

GABIN PAR BRUNELIN…

Cinéphile, attaché de presse et finalement scénariste d’au moins deux excellents films : « LA TRAQUE » de Serge Leroy et « LE DÉSERT DES TARTARES » de Valerio Zurlini, André G. Brunelin (1926-2005) travailla longtemps aux côtés de Jean Gabin. C’est après la mort de celui-ci qu’il écrivit « GABIN » imposante biographie en deux volumes publiée en 1987 chez Robert Laffont.GABIN BOOK.jpg

Le premier tome est passionnant. Porté par un témoignage de première main de Gabin lui-même (on croit l’entendre parler !), il retrace l’enfance de l’acteur en détails, sa relation complexe avec ses parents, son amour de la campagne, son rejet total du showbiz. Après quelques chapitres, on a vraiment l’impression de connaître intimement le bonhomme. Aussi lorsqu’on en arrive aux années qui nous intéressent au premier chef, c’est-à-dire son ascension vers le vedettariat, sa relation avec Duvivier, Renoir, Carné, Prévert, qui l’ont littéralement façonné à l’écran, a-t-on le sentiment de mieux comprendre son personnage et ce qui fit son charisme unique à l’écran. Brunelin s’attache bien plus à définir les contours de l’homme qu’à s’attarder très longtemps sur tel ou tel film. Et le portrait, pétri de contradictions, de grandeur et de mesquinerie, de triomphes et de ratages, est saisissant de vérité. Gabin était une personne sensible et pudique, aimant à se faire passer pour un rustre, un râleur, un professionnel irréprochable, mais une vedette difficile, irascible, enclin aux fâcheries définitives et aux jugements à l’emporte-pièce. Le second volume ne retrouve pas cette verve. Il faut dire que la période (l’après-guerre, les « années grises » de l’acteur de retour à Paris) n’est pas aussi pittoresque ni aussi aventureuse. On passe énormément de temps à parler de ses propriétés à la campagne, de sa costumière, de sa famille et – il faut bien le dire – de films de moins en moins passionnants (hormis quelques grandioses exceptions, ça va sans dire !)  à mesure que le temps passe. Cela reste très bien écrit et très vivant, c’est juste que le Jean Gabin vieilli avant l’âge et enchaînant les films routiniers, ne possède plus l’aura des années 30. C’est, en tout cas, pour l’amoureux de la vie et de l’œuvre du plus grand acteur français, une lecture indispensable qui parvient à capter l’âme de cet individu insaisissable et parfois incompréhensible, dont le langage fleuri qui lui était propre, inspira jusqu’à Michel Audiard lui-même.

 

MICHEL AUMONT : R.I.P.

AUMONT

MICHEL AUMONT (1936-2019), ACTEUR DE THÉÂTRE QUI TOURNA 170 FILMS ET TÉLÉFILMS DANS DES EMPLOIS LE PLUS SOUVENT ANTIPATHIQUES.

 
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Publié par le 29 août 2019 dans CARNET NOIR, FILMS FRANÇAIS

 

JEAN-PIERRE MOCKY : R.I.P.

MOCKY

JEAN-PIERRE MOCKY (1929-2019), ACTEUR PUIS RÉALISATEUR DE PRESQUE 80 FILMS. UNE PERSONNALITÉ HAUTE EN COULEUR À LA FILMO TRÈS INÉGALE.

 
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Publié par le 8 août 2019 dans CARNET NOIR, FILMS FRANÇAIS

 

HAPPY BIRTHDAY, JACQUES !

RISPAL

JACQUES RISPAL (1923-1986), INDISPENSABLE SECOND RÔLE DES ANNÉES 70, QUI TOURNA PLUS DE 140 FILMS ET TÉLÉFILMS.

 
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Publié par le 1 août 2019 dans ANNIVERSAIRES, FILMS FRANÇAIS

 

« BUFFET FROID » (1979)

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GÉRARD DEPARDIEU, JEAN CARMET ET BERNARD BLIER

Bertrand Blier n’en était qu’à son cinquième long-métrage, quand il signa avec « BUFFET FROID » son chef-d’œuvre, un film-somme qui résume et transcende son cinéma singulier, à mi-chemin entre le théâtre de Beckett et le style d’un David Lynch avant l’heure. Il s’affirme comme héritier d’une ère révolue, celle du cinéma d’avant-guerre aux acteurs excentriques et aux dialogues goûteux.FROID.jpg

« BUFFET FROID », ce n’est rien d’autre qu’une divagation, un cauchemar de tours et de béton, hantée par la mort qui rôde et où plus rien n’a de sens ni de finalité. C’est vif, cinglant, rapide et spirituel, les situations sont inattendues, un flic (Bernard Blier) se lie d’amitié avec un jeune tueur schizophrène (Gérard Depardieu) et un serial killer hagard (Jean Carmet). Ensemble, ils errent dans une cité déserte, font des rencontres improbables et finiront dans une magnifique forêt et au fond d’une gorge. Oui, c’est un rêve, avançant par à-coups, passant du coq à l’âne, sans qu’on songe à s’en offusquer. Hormis une ou deux longueurs (l’épisode de l’orchestre qui casse le rythme), le film tient la distance jusqu’au bout et boucle même la boucle de sa brillante introduction dans le RER de la Défense. Autour du trio, extraordinairement bien assorti et réjouissant à contempler, on remarque également Geneviève Page en veuve exigeante et Carole Bouquet magnifiquement employée en ange de la mort impavide. Sans oublier Michel Serrault dont le face à face avec Depardieu est un bonheur.

Il est pratiquement impossible de décrire ce qui fonctionne si bien dans « BUFFET FROID » qui réussit ce que Blier a si souvent raté : une œuvre refermée sur elle-même, drôle et angoissante, dans laquelle on perd pied progressivement avec un plaisir inouï. La musicalité des dialogues, de ces voix si familières, la photo glaciale, les décors vides… Toujours est-il que tant d’années après sa sortie, la surprise est intacte.

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MICHEL SERRAULT, GÉRARD DEPARDIEU ET CAROLE BOUQUET

 

« MARTYRS » (2008)

Écrit et réalisé par le français Pascal Laugier, coproduit par le Canada, « MARTYRS » est-il un bon film ? Difficile de répondre à chaud. C’est en tout cas – et même pour l’amateur aguerri de cinéma d’horreur – un des plus insoutenables qu’il soit donné de voir et sans aucun doute un des plus perturbants, dépassant le précédent détenteur du titre : l’également français « IRRÉVERSIBLE ».MARTYRS.jpg

Le scénario démarre par la vengeance d’une jeune femme torturée pendant des années dans un sous-sol (Mylène Jampanoï), puis après un éprouvant massacre, l’horreur qui tombe sur les épaules de son amie et complice (Morjana Alaoui), qui va aller jusqu’aux tréfonds de la souffrance et de l’épouvante. Que dire sans spoiler ? C’est vraiment et extraordinairement choquant du début à la fin, la moindre séquence semble aller encore plus loin que la précédente et cette descente aux enfers, sans la moindre lueur d’espoir, s’achève dans la démence la plus totale, nous laissant sur un énorme point d’interrogation. Celui-là même qui hante l’humanité depuis la nuit des temps.

Si on parvient à s’extirper de l’atmosphère poisseuse, à s’ébrouer pour reprendre pied dans la réalité, on peut déjà affirmer que « MARTYRS » est très bien réalisé, du rythme interne à la qualité des maquillages « gore ». Que l’auteur ne recule devant rien, qu’il va crânement au bout de son propos, quitte à s’aliéner une grande partie du public. Car, répétons-le, le spectacle est terrible, traumatisant pour les âmes sensibles, et touche aux terreurs les plus profondes. Pascal Laugier a certainement passé un cap dans la dramatisation de la souffrance au cinéma en la dépouillant de tout esprit ludique ou cathartique. Impossible à recommander sans un avertissement : on n’en ressort pas tout à fait indemne. À vos risques et périls !