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Archives de Catégorie: FILMS FRANÇAIS

« GOUPI MAINS ROUGES » (1943)

goupi« GOUPI MAINS ROUGES » est le second des quinze longs-métrages tournés par Jacques Becker, un des plus grands réalisateurs du cinéma français. C’est un film impossible à classifier, difficile à décrire, qui oscille entre plusieurs genres et tonalités.

Sous couvert de fable paysanne truculente, le film décrit un clan familial refermé sur lui-même, dans lequel débarque le fils du patriarche élevé à Paris. Cette arrivée va déclencher une série d’événements (la fausse mort du pépé centenaire, la vraie mort de la mère fouettarde, le vol d’un joli magot) et peu à peu la chronique drolatique à l’humour facétieux, se transforme en ‘whodunit’ où n’importe qui peut être coupable et où tout le monde soupçonne tout le monde.

Après une introduction aux relents fantastiques, qui s’avère rapidement être un « piège-à-cons » aussi bien pour le personnage du nouveau-venu (Georges Rollin) que pour le spectateur, « GOUPI MAINS ROUGES » se concentre sur l’enquête interne que mènent les Goupi pour démasquer l’assassin dans leurs propres rangs et surtout pour trouver le trésor caché depuis plusieurs générations à l’intérieur de la maison même et dont seul l’aïeul connaît l’emplacement. C’est enlevé, pittoresque, mais cela jette aussi une lumière inédite sur la vie et la mentalité paysannes de l’époque.

Au sein d’une distribution parfaite, on retiendra Fernand Ledoux, étonnamment charismatique dans le rôle-titre du plus intelligent des Goupi, Robert Le Vigan complètement déjanté (comme d’habitude) dans un numéro de cabotinage de haut-vol ou Line Noro (« PÉPÉ LE MOKO ») en femme à tout faire de la ferme.

Une œuvre très singulière, unique en son genre, qui a gardé l’essentiel de son originalité et de son suspense.

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FERNAND LEDOUX, LINE NORO ET ROBERT LE VIGAN

 

« TAKEN 3 » (2014)

Un héros injustement accusé du meurtre de sa femme s’évade après avoir été arrêté et il est traqué par un flic opiniâtre pendant que lui-même recherche le vrai coupable. « LE FUGITIF » ? Pas du tout : « TAKEN 3 » !taken3

Précisons tout de suite que dans ce dernier film de la trilogie, personne n’est « taken », que Famke Janssen est enfin libérée de ce non-rôle qu’elle traînait depuis six ans, que Maggie Grace est (un peu) moins agaçante parce qu’elle joue enfin son âge et que Liam Neeson, à 62 ans, commence tout de même à être « too old for this shit » comme dirait ce brave Roger Murtaugh.

Qu’est-ce qui différencie ce 3ème opus d’un DTV lambda avec Steven Seagal ? Les moyens d’abord, puis un casting d’acteurs compétents. Le scénario suit une logique toujours aussi simpliste mais légèrement plus élaborée que dans les deux précédents films et – hormis un montage systématiquement ultra-cut qui lasse très vite, surtout dans les poursuites en voiture à peine lisibles – on reste éveillé jusqu’au bout.

Autour d’un Neeson hâve mais en bonne forme physique (dommage qu’il ne soit fait qu’une fugace allusion à son âge), Forest Whitaker en fait comme toujours un peu trop, en flic pas très efficace (« He’s good », dit de lui Neeson, même si on ne voit pas très bien sur quel exploit il se base pour affirmer cela !), l’inquiétant Andrew Howard en porte-flingue russe particulièrement sauvage ou Dougray Scott en traître de service dont on devine le double-jeu dès la première apparition à l’image. De toute façon qui cela pouvait-il être d’autre ?

Pas beaucoup à épiloguer sur ce « TAKEN 3 », qui se laisse regarder d’un œil indifférent, comme un passe-temps du week-end. Le film a été annoncé comme la conclusion de la franchise. Espérons qu’il ne s’agisse pas d’adieux de music-hall. Parce que la grossesse de Maggie Grace fait redouter la naissance imminente d’un petit Mills susceptible d’être kidnappé à son tour. C’est le karma familial…

 

« TAKEN 2 » (2012)

Quatre ans après, revoici Liam Neeson dans un peu nécessaire « TAKEN 2 », avec grosso-modo la même équipe hormis le réalisateur. Tourné cette fois à Istanbul, le film reprend le schéma du précédent à la différence que c’est Neeson qui est kidnappé et qui appelle sa fille à la rescousse (sic !).taken2

Que dire qu’on n’ait pas déjà exprimé sur le n°1 ? Le scénario est d’une naïveté désarmante, il arrive à bout de souffle après une heure environ et compense le déficit de tension dramatique par une orgie de combats à mains nues et de poursuites en voiture. Peut-être parce qu’on sait maintenant à quoi s’attendre, le film paraît peut-être plus fluide que le précédent, mais il faut à nouveau faire preuve d’une colossale suspension d’incrédulité pour gober certaines situations comme la méthode absurde de notre héros pour se situer : lancer de grenades, ouïe hyper-développée, etc.

Si Maggie Grace n’a pas fait beaucoup de progrès, Famke Janssen voit son rôle s’étoffer un peu (pas trop) et le méchant-en-chef, Rade Serbedzija, est franchement inquiétant, ce qui aide à lester un peu le suspense et à rendre les enjeux plus crédibles (pas trop non plus !). Reste une fois encore l’ami Liam Neeson, un peu alourdi, le visage marqué, très mal à l’aise dans les séquences familiales où il est gauche et emprunté, mais excellent dans l’action physique. Sa haute silhouette, son expression tendue font toujours leur effet et c’est uniquement grâce à lui qu’on parvient à ne pas zapper après la délirante séquence de l’ambassade américaine.

De belles vues de la Turquie, des méchants basanés et mal rasés pittoresques, font de « TAKEN 2 » un spectacle totalement gratuit et sans le moindre enracinement dans le réel. C’est une sorte de BD décomplexée et frénétique, à voir d’un œil distrait et en mettant son sens critique en mode « off ».

 

HAPPY BIRTHDAY, HENRI !

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HENRI DECOIN (1890-1969), AUTEUR-RÉALISATEUR DE PLUS DE 50 FILMS, PARMI LESQUELS PLUSIEURS CLASSIQUES DE L’ÂGE D’OR.

 
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Publié par le 18 mars 2017 dans ANNIVERSAIRES, FILMS FRANÇAIS

 

HAPPY BIRTHDAY, GEORGES !

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GEORGES DELERUE (1925-1992), UN DES PLUS GRANDS MUSICIENS DE FILMS DE L’HISTOIRE DU CINÉMA. 360 BO À SON PALMARÈS !

 
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Publié par le 12 mars 2017 dans ANNIVERSAIRES, FILMS FRANÇAIS

 

« LA CAGE » (1975)

cageQuand le film commence avec Lino Ventura perché sur une grue de chantier sur une musique de Philippe Sarde et que le générique passe sur des images solarisées, on est sur-le-champ plongé dans du Claude Sautet. Ensuite, « LA CAGE » prend une tout autre orientation, mais cette entrée en matière perturbe un peu.

Convoqué dans la maison de banlieue de son ex-femme (Ingrid Thulin) qu’il n’a pas revue depuis des années, Ventura se voit enfermer dans sa cave pour une durée indéterminée. Elle ne s’est jamais remise de son départ et a l’intention de lui faire payer la note. Inspiré d’une pièce de théâtre, le scénario s’arrête hélas, là. Deux grands comédiens séparés par les barreaux d’une cage, qui s’envoient des vacheries à la figure. Pas d’urgence particulière, pas de réelle progression dans l’histoire, pratiquement pas de péripéties, peu d’évolution dans leurs rapports. On finit par ne rien attendre et de là naît l’ennui. Le dialogue étant assez basique, voire pauvret par moments, et l’alchimie entre les deux stars étant quasi-nulle (comment imaginer une seconde, même avec toute la bonne volonté du monde, que Lino ait pu être marié à l’égérie d’Ingmar Bergman ?), « LA CAGE » ne fonctionne tout simplement pas. La mise-en-scène ultra conventionnelle de Pierre Granier-Deferre qui a probablement voulu réitérer le miracle de son « CHAT » avec Gabin et Signoret, ne résout en rien le vice-de-forme initial du projet : on n’y croit pas. Point final.

Malgré le handicap de la langue, Thulin fait preuve d’intensité et d’émotion, mais elle semble vraiment échappée d’un autre cinéma. Quant à Ventura, égal à lui-même, il use et abuse de ses vieux tics et ne donne aucune profondeur à son rôle. On se prend à imaginer ce qu’aurait donné un Yves Montand par exemple, vivante incarnation du mâle français des années 70, à sa place. Le film aurait probablement gagné en subtilité. Ce qui nous ramène d’ailleurs indirectement à Sautet ! Décidément…

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INGRID THULIN ET LINO VENTURA

Un film mineur dans la carrière du réalisateur et des deux stars, dont le principal problème – malgré l’admiration qu’on peut avoir pour eux – provient du choix même des deux têtes d’affiche. Étrange…

 

L’HOMME IMPLACABLE DE SAINT-GERMAIN !

Aujourd’hui, une jolie surprise qui nous vient d’Italie : la jaquette du DVD mystérieux d’un polar – visiblement – avec Jean Gabin.chat-poster

D’abord il y a le visage fermé et inquiétant du « dabe » dans un mood très « CLAN DES SICILIENS », manifestement prêt à dézinguer le fâcheux. Il est en surimpression sur une ville plongée dans la nuit. Ensuite, et c’est là que ça devient bizarre, il y a un premier titre français : « Le Chat », stylisé avec des queues de félin à chaque extrémité et juste au-dessous, ce qui semble être le « vrai » titre italien : « L’HOMME IMPLACABLE DE SAINT GERMAIN » !

Les noms inscrits en petits caractères, dont celui de Simone Signoret, injustement rétrogradée, indiquent qu’il s’agit du « CHAT », le drame psychologique de Pierre Granier-Deferre qui n’a rien, mais alors RIEN d’un polar. Même en creusant !

Qu’on cherche à appâter le gogo avec une jaquette fallacieuse, ça n’a rien de nouveau et c’est toujours aussi réjouissant. En revanche, quel rapport avec le film et Saint-Germain ? L’action se déroule entièrement à Courbevoie ! Et si Gabin joue un retraité bougon et rancunier, le terme « implacable » semble quelque peu outrancier.

 
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Publié par le 3 mars 2017 dans ARNAQUES !, FILMS FRANÇAIS