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Archives de Catégorie: LES LIVRES, LES ADAPTATIONS, LES BD, LES ARTICLES

L’IMPROBABLE BIO !

BREGA BOOK

SORTIE EN ITALIE D’UNE BIO DE MARIO BREGA, TROISIÈME COUTEAU CHEZ SERGIO LEONE, INTITULÉE : « IL Y A MOI… ET PUIS IL Y A DE NIRO ».

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« JESSIE » (2017)

D’abord, coup de chapeau à l’auteur-réalisateur Mike Flanagan pour avoir réussi à transposer à l’écran « JESSIE », le roman réputé le plus inadaptable de Stephen King. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a mis si longtemps à atterrir sur les écrans. En effet, l’intégralité de l’action se déroule dans une chambre, dans une cabane au fond des bois, où l’héroïne est menottée à un lit, après l’infarctus qui a tué son mari en plein jeu sexuel.JESSIE

Les partis-pris scénaristiques sont osés et même casse-gueule (le « fantôme » du mari et le double d’elle-même qui ne cessent de dialoguer avec la prisonnière), mais malgré deux ou trois baisses de régime sensibles, le film tient étonnamment bien la distance grâce à ses flash-backs bien incorporés, une bonne gestion du temps qui passe et surtout grâce à la performance de la toujours magnifique Carla Gugino, qui trouve là le meilleur rôle de sa carrière bien fournie.

Le film est visuellement rigoureux, ne cède jamais à l’horreur bas-de-gamme, mais parvient à maintenir un suspense viscéral tout en retraçant la trajectoire d’une existence marquée par l’inceste et le non-dit. La situation de Jessie est à la fois totalement terre-à-terre et hautement symbolique et ses chaînes tout aussi réelles que mentales. C’est donc avec une tension jamais relâchée qu’on suit le calvaire immobile de Carla Gugino, crucifiée et condamnée à une mort lente, par la faute d’un père pervers-narcissique (excellent Henry Thomas) et confrontée à la Mort elle-même en la personne d’un géant qui vient la visiter en pleine nuit et dont l’épilogue révèlera la véritable nature dans un ‘twist’ remarquable.

Face à Gugino, intense, impliquée, on notera la belle prestation de Bruce Greenwood jouant son mari subtilement odieux, qu’il soit vivant ou mort.

Belle et inespérée surprise que ce « JESSIE » donc, dans lequel on se laisse happer dans un crescendo de malaise.

 

TOM WOLFE : R.I.P.

WOLFE

TOM WOLFE (1931-2018), GRAND ROMANCIER CONNU POUR LES ADAPTATIONS CINÉMA DE « L’ÉTOFFE DES HÉROS » ET « LE BÛCHER DES VANITÉS ».

 

HAPPY BIRTHDAY, DAPHNE !

DAPHNÉ

DAPHNE DU MAURIER (1907-1989), ROMANCIÈRE D’UN NOIR ROMANTISME, ELLE INSPIRA HITCHCOCK PAR TROIS FOIS. TOUJOURS AUX CONFINS DE LA FOLIE…

 

« ÇA » (2016)

Réalisé par Andy Muschietti, dont avait apprécié le premier film « MAMA », cette seconde version de « ÇA », d’après le roman de Stephen King, s’avère être une franche réussite, balayant le souvenir un peu fané du téléfilm de 1990, devenu « culte » avec les années, mais qui a terriblement vieilli.IT

Avant d’être un film d’horreur, le nouveau « ÇA » est une fable initiatique sur le passage de l’enfance à l’adolescence d’un groupe d’amis rejetés par les autres. Un scénario qui parle avec une certaine finesse du pouvoir de l’imaginaire pour aider à supporter l’inceste, la maltraitance, la solitude, qui parle de deuil également, de l’innocence abusée, etc. Des thèmes étonnamment adultes pour un film de genre aussi codifié. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce remake et sa raison d’être. Avec bien sûr l’époustouflante composition du suédois Bill Skarsgård dans le rôle du clown protéiforme ‘Pennywise’, qui fait totalement oublier le pourtant très marquant Tim Curry dans la première version. Jouant de son visage en caoutchouc, de sa voix hystérique et de sa gestuelle désarticulée, l’acteur crée une mémorable incarnation du Mal absolu. Ses affrontements avec la bande de copains terrorisés dans la maison en ruines, sont de splendides morceaux de bravoure.

Tous les jeunes comédiens sont parfaits, en particulier Sophia Lillis, dégageant une belle émotion non-trafiquée. La photo du coréen Chung-hoon Chung, habituel collaborateur de Chan-wook Park (« OLD BOY ») donne au film une atmosphère singulière et très peu hollywoodienne qui dépayse subtilement. L’univers de King est idéalement retranscrit dans ce film ample mais dépourvu d’effets ostentatoires. On échappe même à l’invasion de CGI, ce qui est vraiment un bonheur. Le scénario s’achève à la fin de l’été 1988. Maschietti a déjà tourné la seconde partie montrant le retour des « losers », devenus adultes à Derry où ‘Pennwise’ semble s’être réveillé après 27 années d’hibernation. À suivre, donc !

 

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES » (2017)

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES », réalisé par Juan Carlos Medina, relate une série de meurtres dans l’Angleterre des années 1880 et l’enquête menée par un policier (Bill Nighy) dans le milieu du music-hall.GOLEM

L’ambiance est posée d’emblée et on la connaît bien (trop bien, même), c’est celle de Jack l’Éventreur, avec ses ruelles sordides, ses prostituées éventrées, ses bouges sordides. Le scénario lui, bâti en flash-back autour des rencontres entre le vieux flic et une jeune artiste (Olivia Cooke) accusée d’avoir empoisonné son mari. Celui-ci est soupçonné d’être le « golem » un serial killer qui a déjà fait plusieurs victimes. Autant le dire tout de suite, le vrai problème de ce scénario – pourtant adapté d’un roman – est sa confusion. Il y a des suspects à foison (dont… Karl Marx !), des personnages mal définis comme cette star de la scène (Douglas Booth) ou cette rivale pernicieuse (Maria Valverde), et alors qu’on peine déjà à se passionner pour l’investigation, le ‘twist’ final tombe comme un (gros) cheveu sur la soupe et laisse plus perplexe qu’ébahi. La plus grosse déception vient en fait de l’absence totale de golem dans cette histoire ! La légende juive de ce vengeur né de l’argile est à peine mentionnée et ne sert que de surnom à l’assassin. Remboursez !

Le film est joli à regarder grâce à une photo maniérée mais très soignée, Nighy compose un personnage intrigant d’enquêteur introverti et homosexuel « in the closet » et la jeune Olivia Cooke se donne corps et âme pour apporter un peu de vie dans cette étrange et finalement peu convaincante production. À noter aussi dans un rôle secondaire la présence toujours réjouissante d’Eddie Marsan, le crâne rasé, jouant le directeur du music-hall sado-maso.

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES » se laisse regarder d’un œil distrait pour quelques séquences réussies, une atmosphère familière et un dénouement à suspense assez prenant. Il y manque juste une petite étincelle de génie…

 

« NOM DE CODE : ÉMERAUDE » (1985)

CODE

ED HARRIS

Écrit par Ronald Bass d’après son roman, réalisé par Jonathan Sanger (surtout connu comme producteur), « NOM DE CODE : ÉMERAUDE » est un film d’espionnage situé pendant la WW2 à Paris et décrivant la mission d’un agent double (Ed Harris) envoyé par les Anglais pour faire évader (ou éventuellement tuer) un jeune officier prisonnier (Eric Stoltz) détenteur de renseignements cruciaux sur le D-Day.CODE2

Une histoire classique, cousue de clichés (ah ! Ces airs d’accordéon dans les rues de Paris !), proprement filmée et surtout photographiée par Freddie Francis. Le film tient à peu près la distance grâce à un superbe casting et par l’ambiguïté de tous les protagonistes qui semblent tous jouer double ou triple jeu. En tête, un Harris de 35 ans, déjà un peu dégarni, tout à fait crédible dans un rôle de manipulateur désinvolte et sympathique. Son histoire d’amour avec Cyrielle Clair paraît légèrement plaquée, mais ses rencontres avec le trio Horst Buchholz, Max Von Sydow et Helmut Berger valent le coup d’œil. Le premier surtout, est remarquable en officier nazi si calme et réfléchi qu’on finit par croire qu’il a basculé du « bon côté ». Von Sydow est lui aussi très bien dans un rôle moins clairement défini et Berger qui retrouve son uniforme des « DAMNÉS » campe un SS particulièrement odieux. On reconnaît également des visages familiers comme Patrick Stewart et Julie Jézéquel.

La facture conventionnelle du film et son déroulement pépère l’empêchent d’être davantage qu’un téléfilm pour grand écran, surtout que la toute fin trop hâtive et invraisemblable laisse sur une drôle d’impression de bâclage. Mais « NOM DE CODE : ÉMERAUDE » se laisse regarder sans déplaisir et contient une des prestations les moins tourmentées d’Ed Harris.

CODE3

HORST BUCHHOLZ, MAX VON SYDOW ET ERIC STOLTZ