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Archives de Catégorie: LES LIVRES, LES ADAPTATIONS, LES BD, LES ARTICLES

« MEN IN BLACK » (1997)

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TOMMY LEE JONES

Inspiré d’une BD Marvel, « MEN IN BLACK » est un euphorisant mélange de science-fiction, de comédie débridée et de ‘buddy movie’, au scénario aussi délirant que rigoureux et respectant sans faillir sa propre logique, aussi démente soit-elle.MIB2

Dans une Amérique secrètement peuplée de migrants extra-terrestres, le « MIB » est une sorte de FBI exclusivement consacré aux aliens. Will Smith, flic new-yorkais bien noté, se fait enrôler par Tommy Lee Jones, vétéran du MIB et les deux coéquipiers vont devoir sauver le monde en retrouvant une galaxie planquée dans une bille de verre accrochée au cou d’un chat (sic !). Barry Sonnenfeld mène son film à un train d’enfer, les F/X n’ont pas beaucoup vieilli et l’humour pince-sans-rire est un vrai plaisir. Le duo Jones-Smith fonctionne très bien même si, comme d’habitude, on aurait aimé que le second soit plus dirigé. Mais à l’impossible nul n’est tenu ! Autour d’eux, on retiendra Vincent D’Onofrio extraordinaire en cafard géant compressé dans une peau humaine (re-sic !). Sa gestuelle est aussi hallucinante qu’hilarante. Linda Fiorentino est une belle légiste, Rip Torn un « boss » impassible et Tony Shalhoub – à peine reconnaissable – apparaît en usurier vraiment très louche.

« MEN IN BLACK » a gardé sa verve et sa fraîcheur. On rit très souvent, on a même presque peur parfois et l’affrontement final est une vraie prouesse technique, compte tenu qu’il a été tourné il y a plus de vingt ans. À revoir sans hésiter donc, pour le duo, pour l’humour et les savoureux seconds rôles.

À noter qu’il a été tourné deux sequels en 2002 et 2012, par le même Sonnenfeld.

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TOMMY LEE JONES, WILL SMITH, VINCENT D’ONOFRIO ET LINDA FIORENTINO

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« LES AMANTS DU CAPRICORNE » (1949)

UNDER.jpgInspiré d’une pièce de théâtre, « LES AMANTS DU CAPRICORNE » est un film très atypique dans le parcours d’Alfred Hitchcock : un mélodrame situé en Australie sans réel suspense, avec un minimum d’éléments policiers et encore moins d’humour noir.

D’emblée, on peine à accepter le sage et falot Joseph Cotten dans un rôle à la « Heathcliff » dans « LES HAUTS DE HURLEVENT », un ex-palefrenier fruste et viril qui a épousé une femme de la Haute. Maladroitement utilisé, l’acteur semble mal à l’aise, jamais à sa place et rend son amour pour Ingrid Bergman perturbant et peu crédible. Elle en rajoute dans le pathos et les larmes, mais assure magistralement un véritable tour-de-force : un monologue en plan-séquence où elle raconte les circonstances de son mariage en Irlande et fait presque oublier qu’on aurait préféré un flash-back. À leurs côtés, le précieux Michael Wilding est très irritant. Mais le trio se fait voler la vedette par Margaret Leighton, extraordinaire dans un emploi cher à Hitchcock (« REBECCA »), celui de la gouvernante manipulatrice et impitoyable. Son amour aveugle pour Cotten, sa froide cruauté envers Bergman, maintiennent l’intérêt de bout en bout et font d’elle le vrai centre de gravité du film.

Le scénario est un peu bancal, puisqu’on a toujours l’impression que le plus intéressant s’est déroulé avant le début de l’histoire. L’image de Jack Cardiff est belle, même si le Technicolor a pas mal vieilli avec le temps. « LES AMANTS DU CAPRICORNE » est un Hitchcock mineur qui souffre trop de ses erreurs de casting et dont la longueur ne se justifie vraiment pas. À voir pour quelques images fortes (la tête réduite sous les draps) et surtout pour Margaret Leighton, vraie star du film.

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INGRID BERGMAN, JOSEPH COTTEN ET MARGARET LEIGHTON

 

HAPPY BIRTHDAY, RAYMOND !

CHANDLER

RAYMOND CHANDLER (1888-1959), QU’ON ADAPTE SES ROMANS OU QU’IL ÉCRIVE DIRECTEMENT DES SCÉNARIOS, UN DES PILIERS DU FILM NOIR.

 

« LIZ ET HELEN » (1969)

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KLAUS KINSKI

Adapté par Riccardo Freda réalisateur chéri des cinéphiles français, d’un roman d’Edgar Wallace, « LIZ ET HELEN » se veut un thriller psychologique dans la lignée des « DIABOLIQUES » de Clouzot. Mais ce n’est sûrement pas avec cette coproduction italo-allemande que Freda s’est taillé sa réputation !

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Quand sa riche femme lesbienne (Margaret Lee) se tue dans un accident de voiture suspect, l’homme d’affaires Klaus Kinski est immédiatement soupçonné. Vu sa tête, c’est un peu normal, me direz-vous. Il est harcelé par ce qui semble être le fantôme de la défunte, mais commence à croire qu’elle vit toujours et cherche à se débarrasser de lui. Ensuite, ce n’est qu’une succession de filatures, de déambulations dans Londres (parfois en caméra « volée »), de jeunes femmes dénudées, dans une ambiance de « swinging London » assez ridicule. Les 77 minutes semblent en durer le triple tant les péripéties sont mollement développées, la distribution fait le minimum syndical. En fait « LIZ ET HELEN » vaut uniquement le coup d’œil parce que c’est un des très rares films où Kinski campe un personnage à peu près « normal ». Un M. Tout le monde malmené par sa femme, bousculé par son beau-père, drogué par une maîtresse. Il passe tout le film à errer en imper blanc, à rouler dans une Rolls également blanche, à ouvrir grand les yeux, à faire des moues méprisantes en clopant et en buvant du whisky. On ne peut pas dire que ce soit son travail le plus marquant, mais au moins a-t-on le plaisir de le voir en citoyen lambda. Autrement dit, pour lui, un incroyable tour-de-force dans la composition !

Techniquement parlant, le film est à peine acceptable, pourri de plans flous, de cadrages hasardeux, de matte-paintings affreuses. Mais Margaret Lee et Annabella Incontrera sont bien belles et on est toujours content de voir des gros-plans expressionnistes du faciès torturé de M. Kinski.

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MARGARET LEE, ANNABELLA INCONTRERA ET KLAUS KINSKI

À noter que le film ressortit en France, truffé d’inserts pornographiques, sous le titre de « CHALEURS ET JOUISSANCES » !

 

« MILLENNIUM » (2011)

MILLENNIUM2En 2010, les romans de Stieg Larsson étaient adaptés en Suède en trois longs-métrages déclinés en minisérie de six épisodes pour la TV. Un an plus tard, David Fincher adapte le premier livre, ce qui était plutôt risqué, vu le succès international des originaux, et la mise en orbite immédiate de la jeune Noomi Rapace.

« MILLENNIUM » n’a rien d’un ratage. Mais on est d’emblée déconcerté d’entendre tous ces patronymes suédois et ces accents endossés par des comédiens américains ou anglais. Le scénario étant plus resserré, il est en revanche plus clair et surtout plus prenant. La vraie bonne surprise venant de Rooney Mara qui parvient à faire oublier celle qui créa le rôle de ‘Lisbeth Salander’ en en proposant une variante bien différente. Physiquement métamorphosée, la comédienne évoque une petite chauve-souris aux ailes abimées, à la fois répulsive et étrangement émouvante. On ne peut pas dire qu’on ressente la griffe de Fincher dans ce film austère, grisâtre et sans aspérité, mais l’histoire se suffit à elle-même et le réalisateur retrouve ses marques dans la confrontation finale avec le serial killer dans un sous-sol transformé en salle de torture.

Dans un personnage pas très bien défini de journaliste entêté, Daniel Craig semble plus décontracté et naturel que d’habitude, Stellan Skarsgård excelle comme toujours dans l’ambiguïté, Christopher Plummer est parfait en milliardaire débonnaire. On entrevoit Joel Kinnaman (héros du remake de « ROBOCOP »)  dans une modeste silhouette. Mais il est clair que le film appartient tout entier à Rooney Mara dont certaines séquences difficiles (son viol puis les représailles qui s’ensuivent, par exemple)  révèlent une grande actrice en devenir.

MILLENNIUM

CHRISTOPHER PLUMMER, ROONEY MARA ET DANIEL CRAIG

Mieux vaut n’avoir pas lu les romans ni vu la série suédoise pour profiter pleinement de « MILLENNIUM », cela va sans dire. C’est tout à fait regardable, mais le travail de Fincher manque d’âme et de passion.

 

STEVE DITKO : R.I.P.

DITKO

STEVE DITKO (1927-2018), DESSINATEUR DE COMICS AU STYLE IMMÉDIATEMENT RECONNAISSABLE. CRÉATEUR AVEC STAN LEE DE « SPIDERMAN ».

 

« ANT-MAN » (2015)

Inspiré du super-héros DC « The Atom », capable se rétrécir à volonté, « ANT-MAN » réalisé par Peyton Reed, en est l’avatar Marvel remis au goût du jour.ANTMAN.jpg

Le héros originel (Michael Douglas), savant capable de communiquer avec les fourmis, se cherche un successeur pour lutter contre un disciple qui a mal tourné. Il choisit Paul Rudd, cambrioleur surdoué mais malchanceux qu’il va entraîner avec l’aide de sa fille (Evangeline Lilly). Si le film met trop de temps à démarrer, il installe rapidement un ton très particulier, mélange étonnamment harmonieux de réalisme (la difficile réinsertion de Rudd à sa sortie de prison), de parodie (la bande de bras-cassés entourant notre héros)  et de mélodrame (le passé de Douglas). On sourit souvent, on s’attache aux personnages et ceux-ci deviennent plus importants qu’un scénario tout de même très bateau et sans surprise. C’est une des recettes pour rendre ce genre de film encore supportable, voire agréable. Bien sûr, c’est une débauche sans fin de CGI, mais ils sont nécessaires à l’action, parfois même poétiques (le trip dans le subatomique à la fin) et ne supplantent jamais l’histoire. À noter – en parlant d’effets spéciaux – le stupéfiant rajeunissement numérique de Michael Douglas dans le prologue, qu’on retrouve tel qu’il était à 40 ans. À peine croyable !

« ANT-MAN » fait passer deux heures mouvementées et jamais débiles, il impose des protagonistes faillibles et attachants, des seconds rôles impeccables comme le très drôle Michael Peña, Bobby Cannavale excellent en flic, Judy Greer en ex-femme patiente.

Même l’inévitable « baston » finale parvient à s’arracher au cliché grâce à quelques trouvailles visuelles très sympathiques. Une des vraies réussites de Marvel.