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Archives de Catégorie: LES FILMS D’ANTHONY HOPKINS

« LE BOUNTY » (1984)

BOUNTY.jpgRien que le générique de « LE BOUNTY » oblige pratiquement à revoir une histoire qu’on connaît déjà par cœur grâce aux deux précédentes versions : réalisé par l’australien Roger Donaldson, écrit par Robert Bolt (« LAWRENCE D’ARABIE »), musiqué par Vangelis et offrant dans son casting rien moins que Mel Gibson, Anthony Hopkins, Daniel Day-Lewis, Liam Neeson et Laurence Olivier !

Magnifiée par la photo d’Arthur Ibbetson, cette version propose une écriture plus adulte, beaucoup moins manichéenne des évènements. Bligh, joué par Hopkins n’est pas le monstre habituel. C’est un homme frustré, complexé, mal-aimé, très probablement un homosexuel refoulé, amoureux de Fletcher Christian qui l’humilie sans même en avoir conscience. À travers l’interprétation de Gibson, Christian n’a rien d’un héros ou d’un leader. C’est un joli-cœur irresponsable et superficiel. Difficile de prendre parti ! Le film est long, et même longuet dans sa dernière partie après la mutinerie. Mais Donaldson capture avec une extraordinaire acuité le changement de mood de l’aventure : d’un paradis ensoleillé et sensuel, Tahiti devient une terre hostile, tempétueuse et froide, peuplée de cannibales. L’enfer attend ceux qui ont succombé au chant des sirènes. C’est une vision assez inédite qui est proposée là, certainement réaliste, mais d’un pessimisme terrible. Et la conclusion sur le destin des deux ennemis de légende laisse un goût amer mais d’une logique indiscutable.

À voir donc ce « BOUNTY » âpre et rugueux, ne serait-ce que pour la prestation d’une complexité inouïe de Hopkins qui donne vie à ce personnage qu’on peut haïr et admirer dans la même scène. Et pour les jeunes acteurs en devenir : Neeson en voyou bagarreur et Day-Lewis en sous-officier antipathique.

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ANTHONY HOPKINS, MEL GIBSON, DANIEL DAY-LEWIS, LIAM NEESON ET SIMON ADAMS

Pas tout à fait un grand film, mais suffisamment de moments grandioses pour mériter l’attention. Le plan, par exemple, où Fletcher Christian regarde ses hommes massacrer gratuitement des dauphins au fusil, semble marquer son entrée en enfer.

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« AUDREY ROSE » (1977)

AUDREY.jpgSi les années 60 furent les plus brillantes de la carrière de Robert Wise avec des œuvres comme « WEST SIDE STORY », « LA MAISON DU DIABLE » ou « LA CANONNIÈRE DU YANG-TSÉ », la décennie suivante marqua un net ralentissement. « AUDREY ROSE » est un des films les moins défendables du grand réalisateur. Le roman de Frank De Felitta, dont il s’inspire, est sorti quelques mois après le succès de « L’EXORCISTE » de William Friedkin, et cherche manifestement à surfer sur la même vague.

On retrouve une fillette « possédée ». Pas par un démon cette fois-ci, mais par l’esprit d’une autre petite fille (Audrey Rose, donc) morte brûlée vive dans un accident, le jour même où ‘Ivy’ venait au monde. Le père de la défunte, Anthony Hopkins, harcèle les parents d’Ivy pour les convaincre que leur fille est la réincarnation d’Audrey Rose, et qu’elle met Ivy en danger. Le postulat est déjà assez fumeux et difficile à gober, mais il est aggravé par l’esthétique très téléfilm poussiéreux favorisée par Wise, et surtout par une interprétation globalement calamiteuse. La grimaçante et outrancière Marsha Mason est une mère très agaçante, John Beck, le père, n’offre aucune nuance. Mais le pire est atteint par la jeune Susan Swift, incroyablement mauvaise dans le rôle d’Ivy. Une véritable catastrophe qui achève de couler le film et de tuer dans l’œuf l’intérêt qu’on aurait dû lui porter. Ses scènes de cauchemar sont d’un grotesque absolu. Seul un Hopkins de 40 ans, fait correctement son job dans un personnage d’illuminé mystique, qu’il a l’intelligence de jouer en demi-teintes.

« AUDREY ROSE » est d’une lourdeur terrible, découpé en deux parties : les tentatives d’approche répétitives de Hopkins puis le procès, aussi inertes l’une que l’autre. Le look général a affreusement vieilli et les inévitables comparaisons avec « L’EXORCISTE » finissent de décourager l’admirateur le plus inconditionnel de M. Wise. À éviter, donc.

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RICHARD LAWSON, ANTHONY HOPKINS, JOHN BECK ET MARSHA MASON

 

« VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU » (2010)

« VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU » fait partie de la période la plus décourageante de la carrière de Woody Allen, surtout pour l’admirateur de la première heure. Il l’a dit et répété lui-même bien souvent, Allen ne « fonctionne » vraiment qu’à New York, voire à Manhattan. Exilé à Londres pour cet opus, il ressort quelques vieilles thématiques (« INTÉRIEURS ») et suit les petites histoires parallèles des membres d’une famille disloquée.DARK.jpg

De quoi cela parle-t-il ? De chassé-croisé amoureux, d’usurpation, de charlatanisme. Tous les personnages sont antipathiques : des tricheurs aveuglés par la peur de vieillir, de finir leur vie tout seuls, par la conscience de leur manque de talent, etc. Rien de bien folichon, d’autant plus que – une fois n’est pas coutume – le joli casting réuni pour l’occasion n’est absolument pas homogène. Chacun semble jouer sa propre partition dans son sketch indépendant des autres et le film perd en élan vital à mesure qu’il progresse. Anthony Hopkins est sous-utilisé en sexagénaire pathétique s’accrochant à ses vestiges de jeunesse (désolante séquence du Viagra indigne de la plume de l’auteur), Josh Brolin empâté, a déjà été plus convaincant qu’en velléitaire mal embouché, tout ce qui concerne Naomi Watts et Antonio Banderas est à mourir d’ennui, Gemma Jones est beaucoup trop présente dans un rôle très irritant écrit à la truelle. Seule émerge la pétulante Lucy Punch, drôle et remuante en prostituée profiteuse, stupide mais pas idiote, digne héritière de Mira Sorvino dans « MAUDITE APHRODITE ».

Pas grand-chose de bon à dire sur « VOUS ALLEZ RENCONTRER… », hélas. Il fait partie de cette dizaine de films que Woody Allen tourna entre 2003 et 2012 qui – à une ou deux exceptions près – ont laissé ses fans sur le carreau.

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LUCY PUNCH ET ANTHONY HOPKINS

 

« THOR : RAGNAROK » (2017)

Troisième opus de la franchise, « THOR : RAGNAROK » du néozélandais Taika Waititi prend un virage en épingle à cheveux par rapport aux précédents en adoptant d’emblée un ton d’autodérision, en multipliant les « one liners » plus ou moins drôles et en affichant un mauvais goût visuel sidérant réminiscent des eighties.THOR3.jpg

À quoi cela ressemble-t-il ? Disons au « FLASH GORDON » de 1980 fusionné avec une attraction de fête foraine. Le sommet est atteint avec les séquences de jeux du cirque menées par un Jeff Goldblum hilare, en totale roue-libre, un personnage périphérique qui prend une place démesurée. On retrouve donc à peu près tout le monde pour ce n°3 plus que bordélique, où Thor doit non seulement empêcher la fin du monde programmée par sa propre sœur, qui n’est autre que la déesse de la mort (sic !) mais en plus perd ses cheveux (rasés par Stan Lee en personne) et même un œil au passage. Pourquoi ? On ne sait pas trop. Et que dire de ce pauvre Hulk, traité de façon ouvertement comique, en grosse brute imbécile et gaffeuse ? C’est tellement idiot qu’on se surprend à sourire parfois (impossible de résister quand Mark Ruffalo s’écrase comme une fiente sur le pont !). Mais le film, qui a tout du jeu vidéo hypertrophié, finit par assoupir le plus courageux. Et quand se déchaîne la fameuse « baston finale » règlementaire, ça n’en finit plus de finir. Tout espoir de scénarisation est abandonné pour une surenchère de CGI soûlante et abêtissante.

Natalie Portman a disparu (pas folle, la guêpe), les comparses habituels sont cavalièrement éliminés, Anthony Hopkins se retrouve à l’hospice (re-re-sic !) et Tom Hiddleston continue de trahir à tout-va. En super-méchante invincible, Cate Blanchett s’amuse bien, mais on a l’impression de l’avoir déjà vue plusieurs fois dans cet emploi. Seules heureuses surprises : l’apparition de Benedict Cumberbatch en Dr. Strange et surtout les caméos hilarants – et en clin d’œil à Shakespeare et « HAMLET » – de Matt Damon et Sam Neill, en acteurs de théâtre rejouant la geste héroïque de ‘Loki’ sur la place publique. Jolie mise en abyme. Quel dommage que l’humour n’ait pas toujours été de ce niveau !

 

« THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » (2013)

« THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » d’Alan Taylor est le second film de la franchise (bien que le personnage central apparaisse dans d’autres productions Marvel. Oui c’est un peu confus !) et il permet de retrouver, deux ans plus tard, le fils d’Odin et à peu près tous ses compagnons.THOR2

Cette fois-ci, le scénario s’apparente davantage à de l’heroic fantasy qu’à de la science-fiction pure et dure. En fait, on dirait un mélange de « GAME OF THRONES » et de « STAR WARS ». C’est à la fois simple et incompréhensible : un méchant Elfe noir (sic !) attend que tous les mondes s’alignent (re-sic !) pour retrouver « l’Éther », une substance dévastatrice, et ainsi annihiler l’univers tout entier, y compris bien sûr la planète de Thor. S’ensuit une succession de bagarres plus épiques les unes que les autres et la mort – parfois temporaire – de quelques protagonistes.

Ce n’est pas vraiment ennuyeux, guère passionnant non  plus, il faut bien le dire. Les CGI omniprésents sont réussis, mais finissent par fatiguer l’œil et à rendre tout cela uniforme et sans relief. On passe d’un système solaire à l’autre en un clin d’œil, on détruit des cités entières, on se balance des rayons d’énergie à la figure et… on s’en fiche un peu ! On peut noter que Chris Emsworth n’a pas teint ses sourcils en blond pour ce second opus ce qui lui donne un air moins sot, que Natalie Portman et Rene Russo font un peu moins tapisserie, qu’Anthony Hopkins semble bien fatigué, qu’Idris Elba a dû être très bien rémunéré pour accepter un rôle aussi inepte et que Stellan Skarsgård s’est sûrement bien amusé à jouer son savant à moitié fou, circulant en slip-kangourou. Tom Hiddleston parvient à apporter une certaine densité à son ‘Loki’ imprévisible et tête-à-claques, aussi increvable qu’un Michael Myers.

À voir d’un œil distrait donc, comme la grosse BD animée qu’il est, « THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » se clôt – évidemment ! – sur une fin ouverte. À noter que le petit épilogue, à la fin du générique, permet de retrouver Benicio Del Toro.

 

« THOR » (2011)

« THOR » est adapté d’une BD de Stan Lee et réalisé (étonnamment) par Kenneth Branagh. Le scénario est une étrange mixture, amalgamant des scènes situées dans une dimension parallèle où vivent le dieu Odin (Anthony Hopkins) et son peuple et d’autres se passant sur terre. Au Nouveau-Mexique, pour être précis !THOR.jpg

Il faut un certain temps pour s’accoutumer à ce grand n’importe quoi cosmique, aux costumes d’opérette des dieux, aux décors en CGI. Mais une fois qu’on a pris le pli, tout cela n’est pas déplaisant. L’affrontement entre Odin et son fils (Thor) a des accents shakespeariens et le parcours initiatique subi par le second, et métamorphosant le « petit con » arrogant du début en futur roi, maintient l’intérêt. Bien sûr, Chris Emsworth n’est pas le plus grand acteur du monde, mais il est bel et bien taillé comme un dessin de Jack Kirby. Autour de lui, quelques pointures comme Idris Elba en super-sentinelle ombrageuse, Stellan Skarsgård en scientifique sceptique et de bons seconds rôles comme Rene Russo, Ray Stevenson dans un rôle à la Obélix ou Tom Hiddleston en méchant pernicieux. Petite réserve concernant Natalie Portman, qui n’a jamais été aussi minaudante et superficielle.

« THOR » n’a rien d’un chef-d’œuvre et, comme tous ses semblables (les films de super-héros), il finit en bouillie d’effets numériques, par des bagarres interminables, s’apparentant à du catch. Les dieux n’ont-ils vraiment rien de mieux à faire que de se foutre sur la gueule ? Quoi qu’il en soit, « THOR » mérite tout de même le coup d’œil et les géants de glace, esthétiquement très réussis, annoncent très nettement l’armée des morts de la série TV « GAME OF THRONES ».

 

« WESTWORLD » : saison 1 (2016)

Inspirée du film « MONDWEST » (1973) de Michael Crichton, produite entre autres par J.J. Abrams, la série HBO « WESTWORLD » en recrée l’univers artificiel avec les fastes numériques d’aujourd’hui tout en préservant la thématique originelle : l’effet sur des citoyens lambda d’un parc d’attraction pour adultes, dont les résidants sont des robots quasi-humains auxquels on peut faire subir tous les sévices possibles et imaginables sans la moindre conséquence.WESTWORLD

Mais sur ces bases, les auteurs évoluent vers quelque chose de plus philosophique : le changement des « machines » qui développent une sensibilité évolutive et même ce qu’on ne peut appeler autrement qu’une âme. On a déjà vu cela dans « BLADE RUNNER » et le second « TERMINATOR », mais « WESTWORLD » va au fond des choses, quitte à devenir excessivement bavard, prétentieux, répétitif jusqu’à l’exaspération voire parfois complètement abscons. C’est admirablement produit et filmé, interprété par un cast magistral, mais au bout de trois ou quatre épisodes, on commence à se dire que cela aurait pu être raconté en un seul long-métrage de 140 minutes et qu’il y a tout de même trop de remplissage.

Evan Rachel Wood tient le rôle central du « cyborg » trop humain, Anthony Hopkins nage comme un poisson dans l’eau en maître du jeu suave et omniscient, Ed Harris remplace Yul Brynner dans l’emploi de « l’homme en noir » même si son rôle est totalement différent, Jeffrey Wright tient parfaitement son personnage à multiples facettes et Thandie Newton a rarement été plus convaincante, assumant qui plus est une nudité quasi-permanente avec une grâce et un naturel épatants.

On reste donc partagé et circonspect devant cette 1ère saison de dix épisodes, qui impose le respect par sa perfection technique et certaines trouvailles scénaristiques, mais laisse une sensation frustrante tant elle s’écoute parler et finit par moments, par noyer le poisson dans l’eau. L’amateur inconditionnel de western et de SF y trouvera certainement son bonheur.