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Archives de Catégorie: LES FILMS DE CHARLES BRONSON

« LE LOUP DES MERS » (1993)

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CHARLES BRONSON ET CHRISTOPHER REEVE

Déjà adapté pour le cinéma par Michael Curtiz (« LE VAISSEAU FANTÔME » en 1941, avec Edward G. Robinson), le roman de Jack London, « LE LOUP DES MERS » donne ici lieu à un téléfilm bien écrit et intelligemment casté, tourné avec les moyens du bord (c’est le cas de le dire) par le vétéran Michael Anderson (« ORCA », « L’ÂGE DE CRISTAL »), mais étonnamment authentique. Les nombreuses séquences sur le pont du bateau par exemple, sont toutes filmées avec un fort tangage incessant qui semble des plus réels.WOLF2

Après un naufrage, le mondain et oisif Christopher Reeve et la jolie voleuse Catherine Mary Stewart sont recueillis à bord du ‘Ghost’, navire du capitaine Wolf Larsen (Charles Bronson), despote violent haï de son équipage. C’est l’étude du caractère éminemment complexe et contradictoire de cet individu qui est au cœur du film : brute sadique et insensible, c’est aussi un homme cultivé, lecteur insatiable de poésie, de philosophie et de sciences. Il n’a qu’une obsession, retrouver et tuer son frère, surnommé… ‘Death’, mais il devient progressivement aveugle, ce qui le rend vulnérable aux mutineries qui se fomentent dans l’ombre. Les confrontations entre Reeve, qu’on voit changer peu à peu, et Bronson qui joue au chat et à la souris avec lui, sont bien dialoguées et passionnantes. L’un prenant un plaisir pervers à voir l’autre s’endurcir, céder à la violence pour survivre. Les deux acteurs sont excellents chacun dans leur registre et c’est un bonheur de voir un Bronson de 72 ans, enfin sortir de son non-jeu routinier, pour prendre un vrai personnage à bras-le-corps et lui donner une véritable épaisseur. Même s’il paraît un peu âgé par moments, son passé cinématographique joue pour lui, et il a plusieurs moments vraiment étonnants d’intensité. « Je préfère régner en enfer que servir au paradis », répète-t-il plusieurs fois au cours du film. Autour des deux protagonistes, liés par cette étrange relation frisant le SM, de bons seconds rôles comme Clive Revill en immonde cuistot affublé de toutes les tares, Len Cariou en médecin humain ou Marc Singer en marin insoumis.

« LE LOUP DES MERS » demeure malgré tout un téléfilm, tourné en plans serrés, sans réelle ampleur, en dépit de nombreux plans de coupe sur le bateau en pleine mer, apparemment « piqués » à un autre film. C’est sa limite. Mais le comeback inespéré de Bronson en tant que comédien plutôt qu’en icône vengeresse, vaut largement le coup d’œil, d’autant plus qu’il retournera ensuite à sa routine policière jusqu’à son dernier film, six ans plus tard.

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CHRISTOPHER REEVE, LEN CARIOU ET CHARLES BRONSON

 

BLUE JUBAL…

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SORTIE FRANÇAISE ET EN BLU-RAY DE « L’HOMME DE NULLE-PART », HONNÊTE WESTERN DE 1956 AVEC STEIGER, BRONSON, BORGNINE, ELAM…

 

« THE NOGOODNIK » : Charles Bronson dans « Hennesey »

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CHARLES BRONSON

« THE NOGOODNIK » réalisé par Don McGuire, est le second épisode de la sitcom « HENNESEY » auquel participa Charles Bronson en tant que « guest star » dans le même rôle du ‘lieutenant-colonel Steve Ogrodowski’, un enquêteur dur-à-cuire de la police de l’U.S.-Navy.

Un jeune marin (Alan Reed, Jr.) a été blessé en tentant de s’évader. Accusé d’avoir volé 800 dollars, il jure à Jackie Cooper, notre héros médecin qu’il est innocent et nie même avoir voulu se faire la belle. Ému par sa détresse et son apparente sincérité, Cooper prend et fait cause pour lui, mais comprend que Bronson lui, le croit coupable. Aussi mène-t-il sa propre investigation parallèle, se brouillant au passage avec le peu patient Charley qui déteste qu’on piétine ses plates-bandes. Il s’avèrera que le jeune homme est bel et bien un « nogoodnik » (un bon-à-rien), un voleur mythomane et fauteur de troubles qui a profité de la naïveté de Cooper pour le manipuler à sa guise.

Un épisode sympathique, plus psychologique et moins ouvertement comique que « HENNESEY À LA GUN » que Bronson tourna l’année précédente. Avec sa coupe de cheveux des « 7 MERCENAIRES », son bel uniforme, celui-ci campe ce flic mal embouché et soupe-au-lait avec réalisme. Il n’hésite pas à bousculer violemment Cooper quand notre pauvre « doc » a le malheur de l’agacer. Il le pétrifie même sur place avec son « œil du tigre » bronsonien.

Bronson a un bon monologue à la fin, quand il explique à Jackie Cooper qu’il existe des malfaiteurs qui sont des cas désespérés, mais que cela ne doit pas l’empêcher de rester généreux et combatif. On sourit devant un bref aparté à la toute fin, quand Cooper demande à Ogrodowski s’il l’aurait vraiment cogné lors de leur prise de bec. Bronson se contente de sourire et de faire « oui » de la tête, ce qui ne les empêche pas de se réconcilier. Plaisant instant de complicité entre deux comédiens.

À noter que Bronson se promène pendant toute la durée de l’épisode avec sa casquette d’officier à la main, mais ne la pose jamais sur sa tête. Pas une seule fois ! Sans doute préférait-il son vieux chapeau de cowboy à encoches…

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JACKIE COOPER, CHARLES BRONSON ET ALAN REED, JR.

 

« BRUTE FORCE » (2002)

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CHARLES DENNIS BUCHINSKY AU DÉBUT DES ANNÉES 30

« BRUTE FORCE » est un documentaire de la « Biography Channel » américaine d’une quarantaine de minutes, consacré à Charles Bronson et diffusé en 2002. C’est aussi, sauf erreur, le seul et unique jamais consacré à cet acteur si cher à « BDW2 ». Écrit par Jerry Decker, réalisé et produit par Jack Walworth et narré par le ‘tough guy’ Michael Madsen, le film n’apprendra rien de nouveau aux fans de Charley, mais permet une bonne approche du bonhomme à ceux qui ne sont pas familiers de son travail, et donne l’occasion d’entendre des témoignages intéressants et de voir des photos rares et des extraits de téléfilms inédits.

Tout ce qui traite de la jeunesse à Ehrenfeld est très bien documenté. Walworth s’est rendu sur place, a filmé la ville, interviewé des amis de classe du jeune Buchinsky, retrouvé l’endroit où se tenait la maison familiale, la tombe de son père Walter, etc.

Bronson lui-même apparaît dans des extraits d’entretien datant de 1988 où il est étonnamment disert et détendu. On retrouve au fil du montage des interventions d’Harriet Tendler (qui n’a visiblement jamais cessé d’admirer son ex-époux), de son biographe Steven Whitney, de son ancien colocataire Jack Klugman, d’un James Coburn affectueux et drôle, de Michael Winner.

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LE JEUNE CHARLEY À LA FIN DES ANNÉES 40

Vu la courte durée et la matière à traiter, cela demeure très superficiel, n’allant jamais au fond des choses. La carrière est beaucoup trop vite survolée à partir des années 70, n’expliquant pas les raisons de son succès européen (« Europeans like tough guys », explique Klugman). Aucun témoignage dissonant ne vient gâcher l’ambiance commémorative. Mais si on n’en ressort pas beaucoup plus éclairé sur la personnalité de l’homme, on s’intéressera à des images rarissimes (un court extrait de film amateur le montrant en train de sortir du lycée, quelques toiles entrevues qui laissent deviner le style du peintre assidu qu’il fut toute sa vie) et à la nostalgie qui naît souvent de ces biographies qui survolent toute une vie en quelques courtes minutes.

À noter que le film fut diffusé en France sous le titre « LE SOLITAIRE » et qu’il est trouvable sur Youtube.

 

« EXPLOSION »: Charles Bronson dans « Warner Brothers presents »

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CHARLES BRONSON

« EXPLOSION » est un épisode de la série « WARNER BROTHERS PRESENTS », un téléfilm de 42 minutes réalisé par Don Weis.

Deux tueurs de la mafia de Chicago (Charles Bronson et Terry Becker) repèrent par hasard à la TV un homme (Lyle Bettger) qu’ils cherchent à éliminer depuis sept ans. Ex-comptable de la pègre, il a pris la fuite et s’est installé en province sous un faux nom. Les deux porte-flingues font d’abord exploser par erreur la voiture de son voisin. Comprenant qu’il est localisé, Bettger prépare sa fuite avec sa femme (Joy Page) et son bébé. Mais Bronson s’introduit chez lui et le menace… avant d’être mis hors d’état de nuire d’un coup de tisonnier !

Un scénario bien poussif et sans surprise, pour un « thriller » statique, handicapé par Bettger, plus efficace quand il joue les méchants et des seconds rôles sans relief. Parmi ceux-ci, on reconnaît un tout jeune James Garner dans sa première apparition devant une caméra : il joue un des associés de Bettger dans sa firme.explosion

On peut éventuellement regarder « EXPLOSION » pour un Bronson de 34 ans, qui incarne ‘Pete Brodsky’, homme-de-main tendu et nerveux, constamment sur ses gardes, obséquieux avec son boss au téléphone, et au bout du compte assez inopérant : il se trompe d’abord de cible, avant de se faire désarmer comme un bleu dans la scène finale ! Le rôle n’est pas très développé, et l’acteur n’a qu’une séquence où il peut jouer quelque chose : celle où il drague une petite vendeuse pour lui soutirer des informations et l’entraîne pour une promenade romantique dans sa décapotable. Le réalisateur ne lui accorde qu’un seul gros-plan, en semi-pénombre, insistant sur la rudesse de ses traits et l’intensité du regard : on pense presque au Igor de « L’HOMME AU MASQUE DE CIRE » !

À noter que le scénario présente des similitudes avec un long-métrage de 1970 : « DE LA PART DES COPAINS » où Bronson tenait le rôle principal. « EXPLOSION » fut exploité en salles en Angleterre en 1958.

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LYLE BETTGER, JAMES GARNER ET CHARLES BRONSON

 

« L’ÉVADÉ » (1975)

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CHARLEY SMILES !

« L’ÉVADÉ » est le premier film qu’un Charles Bronson de 53 ans tourna après le succès U.S. de « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », qui fit de lui un acteur « bankable » sur son sol natal. Réalisé par le solide Tom Gries, c’est un film d’aventures lointainement inspiré de faits réels, qui surprend un peu par la pauvreté de son scénario et par son manque d’ampleur et de vrais rebondissements.breakout

Survenant après vingt minutes de projection, Bronson est un pilote plutôt minable, qui accepte de faire évader Robert Duvall, un homme emprisonné (à tort) au Mexique par son propre grand-père (John Huston en roue-libre). C’est l’épouse du malheureux (Jill Ireland) qui se charge des modalités et le peu téméraire Charley finira par s’exécuter pour ses beaux yeux.

Se déroulant dans deux décors principaux : le club d’aviation délabré de Bronson et de son associé Randy Quaid, et dans l’enceinte du bagne, « L’ÉVADÉ » fait du sur-place, se répète, perd du temps en tentatives avortées, s’enlise dans les scènes de prison où Duvall (tellement crédible qu’on le croirait échappé d’un autre film !) se délabre physiquement et moralement. Que reste-t-il alors, pour tenir le coup jusqu’à l’évasion finale en hélico, relativement accrocheuse ? Le bagout de Bronson, dans le même ‘mood’ drolatique que dans « MR MAJESTYK », qui cabotine pas mal, appuie ses effets par des mimiques pas toujours très légères et exhibe ses légendaires biceps. S’il « rame » visiblement dans ses face-à-face avec la crispante Ireland, il s’avère en revanche amusant quand il échange des répliques avec l’excellente Sheree North jouant son amie d’enfance ou avec Quaid en grand dadais pas très vif d’esprit. Malgré tout, si on applaudit l’effort, on préfèrera toujours notre Bronson minéral et taiseux.

Ne pas se fier donc, au démarrage prometteur évoquant vaguement un film de Peckinpah avec ses décors mexicains, ses ralentis, ses images gelées sur des impacts de balles et la présence d’Emilio Fernandez au générique. « L’ÉVADÉ » n’est qu’un petit film moyennement écrit, paresseusement filmé, qui fait peu de cas d’un pourtant alléchant casting.

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ROBERT DUVALL, JILL IRELAND, CHARLES BRONSON ET SHEREE NORTH

Pour la petite histoire : Gries avait déjà dirigé Bronson 14 ans plus tôt à la TV, dans l’épisode « DEAD LOAD : DAVE BRADDOCK » de la série « LES BARONS DE LA PÈGRE » avec également Jack Lord. Il remplaça Michael Ritchie au pied-levé sur le tournage de « L’ÉVADÉ », après que celui-ci ait refusé Jill Ireland dans le rôle féminin principal.

 

« THIS RUGGED LAND » : le film oublié de Charley Bronson…

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CHARLES BRONSON ET RICHARD EGAN

Charles Bronson a tourné plusieurs films très obscurs, jamais réédités en vidéo, ne passant jamais à la TV. Le plus mystérieux est « THIS RUGGED LAND » (litt. : « CETTE TERRE FAROUCHE »), sorti en salles aux U.S.A. dans des doubles-programmes et ailleurs sous le titre « IL RANCH DELLA VIOLENZA » ou « TIERRA VIOLENTA ». Il connut une discrète exploitation en VHS dans les années 90 sous le titre « MEAN JUSTICE », évident racolage aux fans de Paul Kersey.

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BRONSON DANS LE RÔLE DE MORENO

De quoi retourne-t-il exactement ? Il s’agit en fait du « pilote » de la série « EMPIRE », tourné en 1962 par le récemment disparu Arthur Hiller. D’une durée de 71 minutes, le « film » ne fut jamais diffusé tel quel à la télévision américaine. Il fut remonté et abrégé pour devenir – à 52 minutes règlementaires – le premier épisode de la série, sous le titre « THE DAY THE EMPIRE STOOD STILL ».

Dans ce film, Bronson est un ouvrier mexicain accusé d’avoir tué la fille d’un collègue, Denver Pyle. Le contremaître Richard Egan, héros de la série, parvient à le faire acquitter, mais Pyle persuadé de sa culpabilité, se met à persécuter Bronson, allant jusqu’à le ligoter avec du fil barbelé. Refusant de répondre aux provocations, Charley finira par convaincre tout le monde de son innocence.

Malgré le manque d’ampleur de sa mise-en-scène, « THIS RUGGED LAND » se laisse regarder pour son ambiance de western « moderne » préfigurant les ‘soaps’ comme « DALLAS » et pour la prestation de Bronson, excellent dans un rôle qui lui colle à la peau de solitaire opprimé au passé misérable.

Les producteurs le rappelèrent d’ailleurs après quelques mois pour qu’il reprenne son rôle de ‘Paul Moreno’ en tant que personnage récurrent de la série. Il en tourna une douzaine d’épisodes, dont certains où il tenait la vedette. Un des rôles les plus proches, semble-t-il, de sa véritable personnalité. L’épisode où il tombe amoureux d’une future nonne campée par Joan Hackett, lui offrit même l’occasion d’une des plus subtiles prestations de sa carrière.

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DENVER PYLE, BRONSON ET RICHARD EGAN SUR DES « FOTOBUSTAS » ITALIENNES.

Espérons un jour une édition décente de « THIS RUGGED LAND » en DVD et, pourquoi pas, de l’intégrale de la série « EMPIRE » dont les acteurs principaux étaient Richard Egan, Terry Moore, Ryan O’Neal, Anne Seymour et Warren Vanders. Et Charley Bronson, cela va sans dire !