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Archives de Catégorie: LES FILMS DE CHARLES BRONSON

« L’ENFER DE LA VIOLENCE » (1984)

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THERESA SALDANA ET CHARLES BRONSON

« L’ENFER DE LA VIOLENCE » est le 5ème film que J. Lee-Thompson tourna avec Charles Bronson en vedette et probablement le meilleur avec « LA LOI DE MURPHY ».EVIL.jpg

Le scénario mixe intelligemment deux facettes de la mythologie de l’acteur : le tueur-à-gages ultra professionnel (« LE FLINGUEUR » qui, lui aussi, savait lire sur les lèvres) et le justicier-vengeur (« DEATH WISH »). Car Bronson, ‘hitman’ retraité, est engagé pour éliminer un horrible tortionnaire qui a tué son meilleur ami au Guatemala. À partir de là, le film – étonnamment bien rythmé – suit le travail du tueur « humanitaire », qui isole progressivement le bourreau en décimant son entourage, pour l’attirer dans ses filets. L’intérêt vient du fait que Bronson s’est fait une fausse famille (la veuve et la fille de son ami) pour passer inaperçu et l’évolution des rapports entre lui et la jeune femme est plutôt bien écrite. On pense à la courte mais jolie scène où celle-ci lui demande : « On vous a déjà dit que vous parliez pendant votre sommeil, Holland ? », quand il demande ce qu’il a dit, elle se contente d’un sourire énigmatique et coquin. Mignon ! Outre de beaux extérieurs, une photo soignée et un Bronson particulièrement à l’aise dans un de ses derniers rôles vraiment « bronsoniens », « L’ENFER DE LA VIOLENCE » vaut pour son côté éhontément « kinky », que ce soit dans le sexe ou l’ulta-violence, et pour de très bons seconds rôles comme Joseph Maher en infâme tortionnaire porcin, Antoinette Bower parfaite dans le rôle de sa sœur lesbienne, Theresa Saldana qui se tire bien d’un rôle sous-exploité ou John Glover en ripou de l’ambassade U.S. À noter la courte apparition de José Ferrer en médecin qui propose le job au tueur.

Pour un Bronson de 62 ans, encore en pleine possession de ses moyens, d’une décontraction impériale, pour le voir écrabouiller dans son gros poing les parties génitales d’un géant trop entreprenant ou planter un cran-d’arrêt dans la gorge de Raymond St. Jacques qu’il avait attiré dans sa chambre pour une « partie fine », « L’ENFER DE LA VIOLENCE » vaut d’être redécouvert. Et surtout, parce qu’on ne s’y ennuie pas une seconde ! Le final, sorti tout droit d’un film de zombies, dérape même subitement dans le cinéma « bis », pour notre plus grand bonheur.

À noter que le titre original du film provient d’une citation de « Jules César » de Shakespeare : « The evil that men do lives after them. The good is oft interred with their bones » (« Le mal que font les hommes leur survit. Le bien est souvent enterré avec leurs ossements »).

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JOHN GLOVER, JOSEPH MAHER ET CHARLES BRONSON

 

« UN JUSTICIER DANS LA VILLE 2 » (1982)

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CHARLES BRONSON

Il n’y a qu’une seule façon de revoir « UN JUSTICIER DANS LA VILLE 2 » aujourd’hui et d’en profiter un tant soit peu, c’est d’oublier les griefs qu’on a toujours eu – et à juste titre – contre lui, de faire l’impasse sur la nullité du scénario, sur la vulgarité ostentatoire dont fait preuve Michael Winner, sur le voyeurisme écœurant dans la représentation du viol et de la mort violente. Et de se focaliser sur les bons points. Car, à notre grande surprise, on peut en trouver !DW2.png

D’abord et avant tout, l’angle sous lequel Winner a choisi de filmer L.A. : un cloaque encore plus fétide que New York, grouillant de junkies, de clochards, de cinglés en liberté, des parkings sordides, des hôtels délabrés suintant la misère. Pas vraiment l’image qu’on montre généralement de la cité des anges ! Et puis il y a la BO pulsante de Jimmy Page, qui épouse idéalement les déambulations nocturnes de Paul Kersey en quête de ses proies. Notons encore le montage incroyablement « cut » et asséché de Winner, qui boucle certaines séquences en quelques secondes avec un minimum de dialogue. Et enfin, l’application du réalisateur à mettre Charles Bronson en valeur : gros-plans de son profil raviné, de son regard de fauve, travellings accompagnant sa démarche coulée dans les ruelles sombres et son ombre projetée sur les murs décrépits. Il est fait plusieurs clins d’œil à la carrière de l’acteur (il explose des bûches à la hache comme dans « LES 7 MERCENAIRES ») et à sa véritable personnalité (son avarice quand il propose à Jill Ireland de l’épouser en insistant lourdement sur le prix du repas) et celui-ci traverse le film avec un curieux détachement, vu les circonstances. Du premier film, on retrouve Vincent Gardenia toujours enrhumé et encore plus cabot. Parmi les seconds rôles, on reconnaît le jeune Laurence Fishburne en infâme violeur ricanant.

Avec la patine du temps, « UN JUSTICIER DANS LA VILLE 2 » n’est certes pas devenu un chef-d’œuvre, mais il se laisse regarder sans déplaisir. En passant sur les scènes pénibles avec Jill Ireland jouant une journaliste croyant dur comme fer à la réinsertion des criminels, sur le systématisme à dénuder TOUTES les comédiennes apparaissant à l’écran et sur le gaspillage de bons comédiens comme J.D. Cannon, Anthony Franciosa, qui ne font que passer.

Première collaboration de Bronson avec la désormais mythique firme Cannon, ce n°2 a cristallisé l’image de l’acteur déjà sexagénaire au sein du cinéma U.S. qui l’avait déjà quelque peu enterré.

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CHARLES BRONSON, KEVYN MAJOR HOWARD, JILL IRELAND ET VINCENT GARDENIA

 

« CHASSE À MORT » (1981)

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ANDREW STEVENS ET LEE MARVIN

Lee Marvin et Charles Bronson, deux acteurs mythiques de films d’action qui débutèrent dans le même film en 1951, qui se croisèrent plusieurs fois sur les plateaux de cinéma et de TV, furent réunis une ultime fois pour « CHASSE À MORT », alors que leurs carrières respectives suivaient une courbe descendante comparable.HUNT

Réalisé par l’anglais Peter Hunt (« AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ » et « PAROLE D’HOMME » déjà avec Marvin), le film est basé sur des événements réels survenus dans le Yukon en 1932 et sur un scénario qui annonce très nettement celui de « RAMBO » sorti un an après. Ex-héros de la WW1 revenu sur la terre glacée de son père, Bronson est agressé par une bande de bouseux à moitié dégénérés et abat l’un deux. Il est alors traqué par Marvin, sergent de la Police Montée, lui-même talonné par une bande de chasseurs de primes incompétents. Un sujet-bateau, mais un film qui a pris de la patine avec les années et qui dégage une certaine authenticité dans ses décors, sa rudesse et son absence de sentimentalisme. Pas vraiment de face-à-face entre les deux stars vieillissantes, hélas. Ils ne se donnent la réplique que dans une brève séquence, mais on sent leur complicité à distance, à travers des lentilles de jumelles au cours de la chasse à l’homme. Le cheveu blanchi, la ride profonde, les deux ‘tough guys’ sont toujours égaux à eux-mêmes, mais on perçoit une sorte de vulnérabilité dans leur jeu, dans leur allure, un lâcher-prise, une fatigue. Bronson, même s’il parle encore moins que d’habitude, a de jolis moments où transparaissent sa solitude, son inadaptation à un 20ème siècle en pleine mutation. Tout cela par quelques mimiques imperceptibles, un jeu totalement physique. Sa relation avec le chien, au début, donne lieu à des instants très émouvants.

Autour du tandem de « chevaux de retour », on reconnaît Carl Weathers, Ed Lauter dans un rôle ignoble, le jeune Andrew Stevens qui apprend la vie à la dure et dans un personnage visiblement rajouté a posteriori, Angie Dickinson qui a une liaison avec Marvin, tombant comme un cheveu sur la soupe. Mais on est tout de même content de la revoir aux côtés de son partenaire de « À BOUT PORTANT » et « LE POINT DE NON-RETOUR » !

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CHARLES BRONSON, ANGIE DICKINSON ET LEE MARVIN

« CHASSE À MORT » se laisse regarder sans jamais enthousiasmer vraiment, mais il a vieilli comme un bon vin et offre à ces deux acteurs irremplaçables l’occasion d’une dernière grande aventure. Rien que pour ça…

À noter : le film avait d’abord été annoncé sous le titre « ARCTIC RAMPAGE », avec Robert Aldrich comme réalisateur et Telly Savalas dans le rôle finalement tenu par Henry Beckman. Une partie de l’équipe des «  12 SALOPARDS » donc, qui ne s’est en fait jamais retrouvée. Seuls Marvin et Bronson seront attachés jusqu’au bout au projet.

 

MIKE KOVAC RETURNS !

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L’INTÉGRALE DE « MAN WITH A CAMERA » RÉÉDITÉE PAR MILL CREEK AUX U.S.A. SORT EN OCTOBRE. IMAGE REMASTÉRISÉE ? LE SUSPENSE EST ENTIER…

 

« DOOMSDAY » : Dan Duryea dans « Suspicion »

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DAN DURYEA ET ROBERT MIDDLETON

Écrit par Sy Bartlett, réalisé par Bernard Girard, « DOOMSDAY » est un épisode de la série policière « anthologique » (c’est-à-dire présentant des téléfilms sans rapport les uns avec les autres) « SUSPICION ». Dan Duryea y joue un braqueur de banques ultra-professionnel, dont l’identité est inconnue de tous. Avec l’aide de son « imprésario » (Robert Middleton), il monte un hold-up préparé, comme à son habitude, jusqu’au moindre détail. Il réunit pour ce faire une bande composée d’Edward Binns, Paul Birch, Bing Russell et Charles Bronson auxquels il interdit d’avoir recours à la violence. Alors que tout se déroule comme prévu, Duryea est abattu à la sortie de la banque ! Alors qu’il parvient à fuir avec Middleton, se demandant qui a bien pu le trahir ainsi, il entend à la radio qu’il a été touché… par erreur ! L’homme qui a ouvert le feu, l’atteignant mortellement, cherchait en fait à tuer quelqu’un d’autre : le fiancé de sa fille en l’occurrence. L’ironie du sort est renforcée par le fait que le tireur était le voisin d’hôtel de Duryea, que celui-ci entendait s’engueuler avec sa fille au sujet dudit fiancé !

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BING RUSSELL ET CHARLES BRONSON

« DOOMSDAY » est un bon petit ‘film noir’ de 52 minutes, porté par la prestation décontractée mais énigmatique de Duryea qui apporte une certaine humanité fatiguée à son personnage. La chute est inattendue et originale. En revanche, le fan de Bronson risque une grosse déconvenue : troisième au générique, il n’apparaît qu’en filigrane et ne bénéficie d’aucun gros-plan, un peu comme dans ses apparitions de tout début de carrière. Après une première scène dialoguée au début, dans la pénombre, où il cherche à rassurer un complice inquiet, il ne fait que de la figuration, un marteau-piqueur aux mains, se faisant passer pour un ouvrier. Au policier qui lui demande pourquoi il détruit le trottoir, Charley répond en rigolant : « C’est le fils du gouverneur, il a perdu sa balle en caoutchouc ! ». Il participe aussi au braquage, arme au poing. À noter que son acolyte dans ces scènes n’est autre que Bing Russell, le père de Kurt qui sera lui-même le partenaire de Bronson dans la série « LES VOYAGES DE JAMIE McPHEETERS » quelques années plus tard.

 

« LE LOUP DES MERS » (1993)

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CHARLES BRONSON ET CHRISTOPHER REEVE

Déjà adapté pour le cinéma par Michael Curtiz (« LE VAISSEAU FANTÔME » en 1941, avec Edward G. Robinson), le roman de Jack London, « LE LOUP DES MERS » donne ici lieu à un téléfilm bien écrit et intelligemment casté, tourné avec les moyens du bord (c’est le cas de le dire) par le vétéran Michael Anderson (« ORCA », « L’ÂGE DE CRISTAL »), mais étonnamment authentique. Les nombreuses séquences sur le pont du bateau par exemple, sont toutes filmées avec un fort tangage incessant qui semble des plus réels.WOLF2

Après un naufrage, le mondain et oisif Christopher Reeve et la jolie voleuse Catherine Mary Stewart sont recueillis à bord du ‘Ghost’, navire du capitaine Wolf Larsen (Charles Bronson), despote violent haï de son équipage. C’est l’étude du caractère éminemment complexe et contradictoire de cet individu qui est au cœur du film : brute sadique et insensible, c’est aussi un homme cultivé, lecteur insatiable de poésie, de philosophie et de sciences. Il n’a qu’une obsession, retrouver et tuer son frère, surnommé… ‘Death’, mais il devient progressivement aveugle, ce qui le rend vulnérable aux mutineries qui se fomentent dans l’ombre. Les confrontations entre Reeve, qu’on voit changer peu à peu, et Bronson qui joue au chat et à la souris avec lui, sont bien dialoguées et passionnantes. L’un prenant un plaisir pervers à voir l’autre s’endurcir, céder à la violence pour survivre. Les deux acteurs sont excellents chacun dans leur registre et c’est un bonheur de voir un Bronson de 72 ans, enfin sortir de son non-jeu routinier, pour prendre un vrai personnage à bras-le-corps et lui donner une véritable épaisseur. Même s’il paraît un peu âgé par moments, son passé cinématographique joue pour lui, et il a plusieurs moments vraiment étonnants d’intensité. « Je préfère régner en enfer que servir au paradis », répète-t-il plusieurs fois au cours du film. Autour des deux protagonistes, liés par cette étrange relation frisant le SM, de bons seconds rôles comme Clive Revill en immonde cuistot affublé de toutes les tares, Len Cariou en médecin humain ou Marc Singer en marin insoumis.

« LE LOUP DES MERS » demeure malgré tout un téléfilm, tourné en plans serrés, sans réelle ampleur, en dépit de nombreux plans de coupe sur le bateau en pleine mer, apparemment « piqués » à un autre film. C’est sa limite. Mais le comeback inespéré de Bronson en tant que comédien plutôt qu’en icône vengeresse, vaut largement le coup d’œil, d’autant plus qu’il retournera ensuite à sa routine policière jusqu’à son dernier film, six ans plus tard.

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CHRISTOPHER REEVE, LEN CARIOU ET CHARLES BRONSON

 

BLUE JUBAL…

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SORTIE FRANÇAISE ET EN BLU-RAY DE « L’HOMME DE NULLE-PART », HONNÊTE WESTERN DE 1956 AVEC STEIGER, BRONSON, BORGNINE, ELAM…