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Archives de Catégorie: LES FILMS DE ROBERT REDFORD

« L’AFFAIRE CHELSEA DEARDON » (1986)

legal« L’AFFAIRE CHELSEA DEARDON », tourné par Ivan Reitman entre deux « S.O.S. FANTÔMES », fait partie de ces films qui peuvent éventuellement laisser de vagues mais bons souvenirs, mais qu’il est fortement recommandé de ne jamais tenter de revoir.

Mélange fastidieux de comédie romantique « à la Cary Grant/Katharine Hepburn » et de polar judiciaire, le scénario construit autour d’un vol d’œuvres d’art, est bêtement alambiqué et à vrai dire… pas très palpitant. La réalisation a énormément vieilli, qu’il s’agisse de la photo, du montage ou même du mixage, tout semble désuet, dévitalisé. Le syndrome « années 80 » !

Reitman se repose entièrement sur le charisme de ses comédiens. Il a eu en quelque sorte raison, puisqu’ils constituent aujourd’hui l’unique raison d’aller jusqu’au bout de la projection : Robert Redford qui, à 50 ans, joue un procureur sexy, narcissique et (un peu) farfelu qui en a bien quinze de moins. Il s’en tire plutôt bien, ressortant ses vieux maniérismes de « PIEDS NUS DANS LE PARC ». Face à lui, la charmante Debra Winger à l’irrésistible sourire qu’on est toujours heureux de revoir et Daryl Hannah dont l’étrangeté naturelle est bien mise à contribution. De bons seconds rôles comme Brian Dennehy, Terence Stamp, Steven Hill ou Christine Baranski complètent le tableau.

Pas grand-chose à dire en fait, sur ce produit d’une époque qui cherchait manifestement à prolonger le super-vedettariat d’un Redford mûrissant, mais qu’un scénario artificiel et anémique réduit à un pauvre suspense aux séquences d’action plaquées, à des scènes de comédie pas drôles… À voir éventuellement pour deux ou trois face-à-face entre Winger et Redford, où passe fugitivement une alchimie trop peu exploitée.

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DEBRA WINGER, ROBERT REDFORD, STEVEN HILL ET DARYL HANNAH

 

« L’ULTIME RANDONNÉE » (1970)

fauss2Signé par Sidney J. Furie, réalisateur maniériste responsable de « IPCRESS » ou « L’HOMME DE LA SIERRA », « L’ULTIME RANDONNÉE » va braconner sur les terres d’un Monte Hellman, pour une sorte de ‘road movie’ situé dans l’univers des courses de motos plus ou moins minables, dans l’Amérique profonde.

C’est surtout l’étude de caractères de ses deux protagonistes : Michael J. Pollard, garçon au physique ingrat solitaire vivant avec ses parents et Robert Redford, escroc à deux balles, gigolo sur les bords, un égoïste sans cœur incapable du moindre sentiment pour autrui. La drôle « d’amitié » qui les lie d’abord ne durera pas longtemps, mais suffisamment pour que la pâle crapule déteigne sur le candide et piétine son innocence.

Les personnages ne sont pas très reluisants, leurs pérégrinations guère passionnantes et le scénario manque d’ossature et finit par provoquer une certaine indifférence. Mais Redford est remarquable en ‘Big Halsy’, salopard narcissique et sans scrupule, un rôle dans la lignée de celui qu’il tenait dans « LA DESCENTE INFERNALE » et qui correspond si bien à sa personnalité complexe. Torse-nu la moitié du temps, lunettes noires au nez, l’acteur assume crânement les aspects repoussants de son rôle. On peut d’ailleurs se demander si Brad Pitt ne s’en est pas inspiré pour typer le cowboy sexy dans « THELMA & LOUISE ». Lauren Hutton est très bien en paumée vagabondant jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte.

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MICHAEL J. POLLARD, ROBERT REDFORD ET LAUREN HUTTON

Porté par une BO country et des chansons de Johnny Cash, « L’ULTIME RANDONNÉE » ne fait pas vraiment mouche, même s’il contient de beaux moments, mais il offre une vision inaccoutumée de l’Amérique.

À noter qu’un des producteur du film n’est autre que… Brad Dexter, qui fut dix ans auparavant un des « 7 MERCENAIRES » pour John Sturges.

 

« RANDONNEURS AMATEURS » (2015)

walkÀ ses débuts dans la cour des grands, Nick Nolte fut acclamé comme un « nouveau Robert Redford » (à tort. Excepté la blondeur, ils n’ont que peu de points communs). Quand Redford se retira du projet « LES NERFS À VIF », Scorsese le remplaça par Nolte. Ils se croisèrent brièvement dans « SOUS SURVEILLANCE » en 2012. « RANDONNEURS AMATEURS » marque la première vraie rencontre des deux hommes.

La confrontation est intéressante d’emblée : à 80 ans, Redford s’accroche encore à son image de star et à sa mythologie de citadin fasciné par la nature (« JEREMIAH JOHNSON »), alors que – son cadet de cinq ans – Nolte a totalement abdiqué son emploi d’antan et affiche un physique de grizzly au faciès couperosé.

Le film est une comédie « pour seniors » dans la lignée thématique de « LA VIE, L’AMOUR… LES VACHES », l’ultime aventure d’anciens copains qui ne se sont jamais beaucoup aimés, et qui vont apprendre à se connaître au cours d’un périple dans les Appalaches. C’est souvent drôle et touchant, parfois embarrassant (les blagues à répétition sur les déjections enterrées dans les bois ou les culottes XXL) et le tandem fonctionne étonnamment bien. Toujours classe, un peu en retrait, pratiquant en finesse l’autodérision, Redford fait preuve d’une belle présence, même si on le sent plus frêle. Nolte est en roue-libre dans ce rôle d’ex-ivrogne râleur et tire-au-flanc. Les rôles de femmes sont anecdotiques, mais on est content de revoir Emma Thompson en épouse attentive mais sclérosante et Mary Steenburgen en gérante d’un motel sexy. Bien sûr, tout cela ne nous rajeunit pas !

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ROBERT REDFORD, NICK NOLTE ET MARY STEENBURGEN

Un film tranquille et prévisible, tourné dans de beaux paysages, au dialogue parfois heureux, une réflexion (légère) sur le vieillissement et le refus du renoncement et surtout le plaisir de voir deux vétérans des seventies se confronter pacifiquement. Pour nostalgiques uniquement.

 

« TRUTH » (2015)

Il y a 40 ans, Robert Redford, jeune reporter, enquêtait à Washington dans « LES HOMMES DU PRÉSIDENT » et finissait par provoquer la destitution du président Nixon. Quatre décennies plus tard, le même Redford, un peu moins jeune mais toujours d’attaque, mène un combat similaire contre le président Bush et… échouera, mettant un terme à sa propre carrière. C’est toute la différence entre les deux films, tous deux tirés de faits réels, mais reflétant l’évolution du monde.TRUTH

« TRUTH », inspiré du livre de la productrice de news TV incarnée par Cate Blanchett, conte l’investigation d’une équipe de journalistes de la chaîne CBS, menée par le légendaire Dan Rather (Redford, donc), sur le passé militaire controversé de Bush, entre ses deux mandats. À cause d’un dossier mal bouclé, de documents à l’authenticité douteuse, l’échec de l’émission sera cuisant et décrédibilisera tous les reporters. Rather finira même son parcours par de plates excuses en direct…

Parfaitement documenté, prenant grâce à sa construction en forme d’engrenage, « TRUTH » n’en demeure pas moins un peu désincarné et mécanique dans son déroulement. L’idée de prendre une icône du 7ème Art pour incarner une légende du journalisme n’était pas sotte, mais on a beaucoup de mal à fusionner les deux personnalités, même si – à 80 ans – Redford est irréprochable. Blanchett est très bien aussi en fonceuse trop pressée qui rappelle la Faye Dunaway de « NETWORK ». De bons acteurs comme Dennis Quaid, Elisabeth Moss ou Rachael Blake sont sous-utilisés. Stacy Keach, à peine reconnaissable, est excellent en ex-militaire pas très fiable.

« TRUTH » accroche l’intérêt le temps qu’il dure, mais ne laisse aucun souvenir marquant. C’est du bon travail, propre et soigné, mais dépourvu de personnalité, de point-de-vue ou d’émotion. À voir comme une tranche d’Histoire américaine pas très reluisante, mais synthétisant bien l’époque qu’elle décrit. Même le baroud d’honneur final de Blanchett ne changera pas le cours de choses, ni l’opinion qu’on pouvait se faire de son personnage : Frank Capra est mort et bien mort !

 

« THE RIGHT KIND OF MEDICINE » : Robert Redford dans « Alfred Hitchcock présente »

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ROBERT REDFORD

« THE RIGHT KIND OF MEDICINE » est un épisode de la 7ème saison de « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », réalisé par Alan Crosland, Jr.

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WANTED : CHARLIE MARX !

Charlie Marx (Robert Redford), une petite gouape, commet un hold-up et tue plusieurs personnes pendant l’opération. Blessé à la jambe, il se rend chez un vieux médecin de quartier qu’il connaît bien. Celui-ci lui prescrit des pilules antidouleur. Redford va les acheter à la pharmacie du coin et finit par repartir avec un tout autre médicament que celui qu’il était venu chercher. D’une façon ou d’une autre, justice sera bientôt rendue.

Bâti sur une seule et unique idée, l’épisode se traîne et tire à la ligne. Il semble bien plus long que ses modestes 24 minutes (génériques et présentation de ‘Hitch’ inclus). Mais c’est l’occasion de voir le jeune Redford souvent seul à l’image, intense et insolent, dans un rôle de « sauvageon » vaguement sociopathe comme il en a beaucoup campé à la télé à ses débuts. Il joue très bien la douleur et la panique et occupe l’espace avec autorité. Autour de lui quelques seconds rôles familiers comme Russell Collins en pharmacien ronchon et Bert Remsen en flic.

 

« BRUBAKER » (1980)

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ROBERT REDFORD

Treize ans après avoir signé « LUKE LA MAIN FROIDE », classique absolu du film de prison, l’honnête Stuart Rosenberg retourne derrière les barreaux pour « BRUBAKER », inspiré de faits réels, pour un résultat convaincant mais moins inspiré.BRUBAKER

La première demi-heure est la plus efficace : Robert Redford entre comme forçat dans un pénitencier de l’Arkansas et découvre l’horreur totale : corruption, viols, meurtres, tortures, etc. L’acteur ne prononce que quelques monosyllabes jusqu’au moment où il révèle son vrai visage : il est le nouveau directeur du bagne ! Effaré par ce qu’il a vécu de l’intérieur, il entreprend de réformer l’endroit de A à Z, mais se confronte bientôt au « système » et à ses ramifications qui remontent très loin dans les sphères politiques.

Magnifiquement photographié par le français Bruno Nuytten, musiqué par Lalo Schifrin, « BRUBAKER » est un bon gros film hollywoodien, carré et bien construit, mais qui demeure en surface et parvient – intentionnellement ou pas – à enjoliver malgré tout une sordide réalité. Un peu à l’image de Redford sobre et taiseux, qui paraît toujours « un peu trop beau pour être vrai » et ressemble plus à la superstar qu’il était alors, qu’à un fonctionnaire zélé. Il est, paradoxalement, une des meilleures raisons de revoir le film aujourd’hui, mais aussi son plus évident point faible. D’autant plus qu’autour de lui, c’est un superbe défilé de seconds rôles plus authentiques les uns que les autres : M. Emmet Walsh et Murray Hamilton plus visqueux que jamais, Yaphet Kotto formidable dans un rôle ambigu, David Keith parfait en taulard à la « rock’n roll attitude » ou Morgan Freeman en prisonnier rendu fou par l’isolement. Ils sont nombreux et ils méritent tous d’être cités.

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YAPHET KOTTO, ROBERT REDFORD, DAVID KEITH ET MORGAN FREEMAN

Le scénario est édifiant, les questions soulevées méritent évidemment de l’être et certaines séquences dégagent une belle puissance (l’exhumation des cadavres dans le champ, l’épilogue). Mais quelque chose cloche… On n’y croit jamais tout à fait, l’émotion n’est pas toujours au rendez-vous. Comme si le message était étouffé et décrédibilisé par l’emballage.

 

« WILLIE BOY » (1969)

WILLIEOn se souvient d’Abraham Polonsky comme d’un homme de gauche blacklisté sous le maccarthisme et réalisateur en 1948 d’un unique film : « L’ENFER DE LA CORRUPTION ». Aussi, c’est avec curiosité qu’on regarde « WILLIE BOY » qui marqua son retour aux U.S.A. pour écrire et réaliser un western.

Bénéficiant d’une enviable réputation auprès des cinéphiles européens, le film supporte assez mal la re-vision objective. On sent en filigrane une résolution forcenée de détourner les codes du genre, d’asséner un discours politique et « adulte » au travers du destin d’un Indien traqué pour de mauvaises raisons. Sans compter cette relation sado-maso entre un shérif-adjoint rustre (Robert Redford) et une chargée des affaires indiennes imbue de sa personne (Susan Clark). Résultat, on ne voit pas suffisamment les uns et beaucoup trop les autres.

L’action se déroule en 1909, les « Injuns » sont parqués dans des réserves et commencent déjà à se transformer en reliques de l’Histoire. Le scénario est étrange, ellipsant des moments importants de façon anarchique, ce qui fait davantage penser à des coupes-montage qu’à une véritable volonté d’auteur. Des personnages apparaissent et disparaissent sans réel développement (le vieux tueur d’Indiens Barry Sullivan, le chasseur-de-primes John Vernon et surtout le jeune Robert Lipton qui aurait dû être le véritable protagoniste du film). Et les rôles de « Natives » sont tenus par des « visages pâles ». Si Robert Blake – qui ressemble étonnamment à Charles Bronson, jusque dans ses maniérismes – est à peu près crédible, Katharine Ross est à côté de la plaque. Enterrée sous un fond-de-teint couleur châtaigne et une perruque noire qui lui mange la moitié du visage, elle est une des « squaws » les moins crédibles de l’Histoire du western.

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ROBERT BLAKE, KATHARINE ROSS ET ROBERT REDFORD

Une fois encore, Redford endosse crânement un rôle parfaitement antipathique de « deputy » poseur et froid, fils d’un pionnier collectionneur de scalps indiens. Un homme entre deux ères. On aurait aimé voir développer sa relation à Willie à peine esquissée, plutôt que perdre du temps avec ses confrontations embarrassantes avec sa maîtresse. Son surnom ‘Coop’ renvoie à Gary Cooper, son physique avantageux lui donne l’allure d’un héros du Far-West de légende, mais le personnage est corrompu, cynique et sans âme.

Parmi les bons points de « WILLIE BOY », une photo sublime de Conrad Hall, des cadrages époustouflants, un ultime face-à-face très réussi entre le chasseur et sa proie et le plaisir de revoir de grands seconds rôles comme Charles McGraw. Mais le film demeure bancal, trop verbeux et privilégiant son message au détriment du spectacle. Au bout du compte, une petite réévaluation à la baisse… Hélas !