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Archives de Catégorie: LES FILMS DE ROBERT REDFORD

« NOTHING IN THE DARK » : Robert Redford dans « The Twilight Zone »

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ROBERT REDFORD ET GLADYS COOPER

« NOTHING IN THE DARK » est un épisode de la 3ème saison de « THE TWILIGHT ZONE » réalisé par Lamont Johnson.

C’est une très jolie fable à huis clos sur la peur de mourir et la vieillesse, écrite avec finesse et empathie. Gladys Cooper, une vieille femme, vit recluse depuis des années dans un immeuble vétuste en passe d’être détruit. Persuadée que « Mr. Mort » se dissimule derrière chaque passant qu’elle croise, pour l’emporter dans l’au-delà, elle est terrorisée quand un jeune policier (Robert Redford) est blessé devant sa porte et la supplie de l’aider. Mais elle se laisse finalement convaincre et soigne le gentil garçon. Quand un chef de chantier (R.G. Armstrong) vient lui apprendre que le building va être démoli dans une heure, la pauvre dame comprend subitement que Redford n’est autre que ce Mr. Mort tant redouté. Toujours charmant, il l’aidera à passer de l’autre côté tout en douceur, en lui tenant la main.

Excellemment interprété par Gladys Cooper au regard noyé d’angoisse et par le jeune Redford d’une tranquille ambiguïté en ange de la mort au physique de jeune premier, le téléfilm, magnifiquement photographié en pénombre, atteint une sorte de perfection dans les codes de la série de Rod Serling : économie de moyens, décor unique, dialogue ciselé, bons comédiens avec de vrais rôles à défendre.

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R.G. ARMSTRONG, GLADYS COOPER ET ROBERT REDFORD

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« L’AFFAIRE CHELSEA DEARDON » (1986)

legal« L’AFFAIRE CHELSEA DEARDON », tourné par Ivan Reitman entre deux « S.O.S. FANTÔMES », fait partie de ces films qui peuvent éventuellement laisser de vagues mais bons souvenirs, mais qu’il est fortement recommandé de ne jamais tenter de revoir.

Mélange fastidieux de comédie romantique « à la Cary Grant/Katharine Hepburn » et de polar judiciaire, le scénario construit autour d’un vol d’œuvres d’art, est bêtement alambiqué et à vrai dire… pas très palpitant. La réalisation a énormément vieilli, qu’il s’agisse de la photo, du montage ou même du mixage, tout semble désuet, dévitalisé. Le syndrome « années 80 » !

Reitman se repose entièrement sur le charisme de ses comédiens. Il a eu en quelque sorte raison, puisqu’ils constituent aujourd’hui l’unique raison d’aller jusqu’au bout de la projection : Robert Redford qui, à 50 ans, joue un procureur sexy, narcissique et (un peu) farfelu qui en a bien quinze de moins. Il s’en tire plutôt bien, ressortant ses vieux maniérismes de « PIEDS NUS DANS LE PARC ». Face à lui, la charmante Debra Winger à l’irrésistible sourire qu’on est toujours heureux de revoir et Daryl Hannah dont l’étrangeté naturelle est bien mise à contribution. De bons seconds rôles comme Brian Dennehy, Terence Stamp, Steven Hill ou Christine Baranski complètent le tableau.

Pas grand-chose à dire en fait, sur ce produit d’une époque qui cherchait manifestement à prolonger le super-vedettariat d’un Redford mûrissant, mais qu’un scénario artificiel et anémique réduit à un pauvre suspense aux séquences d’action plaquées, à des scènes de comédie pas drôles… À voir éventuellement pour deux ou trois face-à-face entre Winger et Redford, où passe fugitivement une alchimie trop peu exploitée.

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DEBRA WINGER, ROBERT REDFORD, STEVEN HILL ET DARYL HANNAH

 

« L’ULTIME RANDONNÉE » (1970)

fauss2Signé par Sidney J. Furie, réalisateur maniériste responsable de « IPCRESS » ou « L’HOMME DE LA SIERRA », « L’ULTIME RANDONNÉE » va braconner sur les terres d’un Monte Hellman, pour une sorte de ‘road movie’ situé dans l’univers des courses de motos plus ou moins minables, dans l’Amérique profonde.

C’est surtout l’étude de caractères de ses deux protagonistes : Michael J. Pollard, garçon au physique ingrat solitaire vivant avec ses parents et Robert Redford, escroc à deux balles, gigolo sur les bords, un égoïste sans cœur incapable du moindre sentiment pour autrui. La drôle « d’amitié » qui les lie d’abord ne durera pas longtemps, mais suffisamment pour que la pâle crapule déteigne sur le candide et piétine son innocence.

Les personnages ne sont pas très reluisants, leurs pérégrinations guère passionnantes et le scénario manque d’ossature et finit par provoquer une certaine indifférence. Mais Redford est remarquable en ‘Big Halsy’, salopard narcissique et sans scrupule, un rôle dans la lignée de celui qu’il tenait dans « LA DESCENTE INFERNALE » et qui correspond si bien à sa personnalité complexe. Torse-nu la moitié du temps, lunettes noires au nez, l’acteur assume crânement les aspects repoussants de son rôle. On peut d’ailleurs se demander si Brad Pitt ne s’en est pas inspiré pour typer le cowboy sexy dans « THELMA & LOUISE ». Lauren Hutton est très bien en paumée vagabondant jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte.

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MICHAEL J. POLLARD, ROBERT REDFORD ET LAUREN HUTTON

Porté par une BO country et des chansons de Johnny Cash, « L’ULTIME RANDONNÉE » ne fait pas vraiment mouche, même s’il contient de beaux moments, mais il offre une vision inaccoutumée de l’Amérique.

À noter qu’un des producteur du film n’est autre que… Brad Dexter, qui fut dix ans auparavant un des « 7 MERCENAIRES » pour John Sturges.

 

« RANDONNEURS AMATEURS » (2015)

walkÀ ses débuts dans la cour des grands, Nick Nolte fut acclamé comme un « nouveau Robert Redford » (à tort. Excepté la blondeur, ils n’ont que peu de points communs). Quand Redford se retira du projet « LES NERFS À VIF », Scorsese le remplaça par Nolte. Ils se croisèrent brièvement dans « SOUS SURVEILLANCE » en 2012. « RANDONNEURS AMATEURS » marque la première vraie rencontre des deux hommes.

La confrontation est intéressante d’emblée : à 80 ans, Redford s’accroche encore à son image de star et à sa mythologie de citadin fasciné par la nature (« JEREMIAH JOHNSON »), alors que – son cadet de cinq ans – Nolte a totalement abdiqué son emploi d’antan et affiche un physique de grizzly au faciès couperosé.

Le film est une comédie « pour seniors » dans la lignée thématique de « LA VIE, L’AMOUR… LES VACHES », l’ultime aventure d’anciens copains qui ne se sont jamais beaucoup aimés, et qui vont apprendre à se connaître au cours d’un périple dans les Appalaches. C’est souvent drôle et touchant, parfois embarrassant (les blagues à répétition sur les déjections enterrées dans les bois ou les culottes XXL) et le tandem fonctionne étonnamment bien. Toujours classe, un peu en retrait, pratiquant en finesse l’autodérision, Redford fait preuve d’une belle présence, même si on le sent plus frêle. Nolte est en roue-libre dans ce rôle d’ex-ivrogne râleur et tire-au-flanc. Les rôles de femmes sont anecdotiques, mais on est content de revoir Emma Thompson en épouse attentive mais sclérosante et Mary Steenburgen en gérante d’un motel sexy. Bien sûr, tout cela ne nous rajeunit pas !

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ROBERT REDFORD, NICK NOLTE ET MARY STEENBURGEN

Un film tranquille et prévisible, tourné dans de beaux paysages, au dialogue parfois heureux, une réflexion (légère) sur le vieillissement et le refus du renoncement et surtout le plaisir de voir deux vétérans des seventies se confronter pacifiquement. Pour nostalgiques uniquement.

 

« TRUTH » (2015)

Il y a 40 ans, Robert Redford, jeune reporter, enquêtait à Washington dans « LES HOMMES DU PRÉSIDENT » et finissait par provoquer la destitution du président Nixon. Quatre décennies plus tard, le même Redford, un peu moins jeune mais toujours d’attaque, mène un combat similaire contre le président Bush et… échouera, mettant un terme à sa propre carrière. C’est toute la différence entre les deux films, tous deux tirés de faits réels, mais reflétant l’évolution du monde.TRUTH

« TRUTH », inspiré du livre de la productrice de news TV incarnée par Cate Blanchett, conte l’investigation d’une équipe de journalistes de la chaîne CBS, menée par le légendaire Dan Rather (Redford, donc), sur le passé militaire controversé de Bush, entre ses deux mandats. À cause d’un dossier mal bouclé, de documents à l’authenticité douteuse, l’échec de l’émission sera cuisant et décrédibilisera tous les reporters. Rather finira même son parcours par de plates excuses en direct…

Parfaitement documenté, prenant grâce à sa construction en forme d’engrenage, « TRUTH » n’en demeure pas moins un peu désincarné et mécanique dans son déroulement. L’idée de prendre une icône du 7ème Art pour incarner une légende du journalisme n’était pas sotte, mais on a beaucoup de mal à fusionner les deux personnalités, même si – à 80 ans – Redford est irréprochable. Blanchett est très bien aussi en fonceuse trop pressée qui rappelle la Faye Dunaway de « NETWORK ». De bons acteurs comme Dennis Quaid, Elisabeth Moss ou Rachael Blake sont sous-utilisés. Stacy Keach, à peine reconnaissable, est excellent en ex-militaire pas très fiable.

« TRUTH » accroche l’intérêt le temps qu’il dure, mais ne laisse aucun souvenir marquant. C’est du bon travail, propre et soigné, mais dépourvu de personnalité, de point-de-vue ou d’émotion. À voir comme une tranche d’Histoire américaine pas très reluisante, mais synthétisant bien l’époque qu’elle décrit. Même le baroud d’honneur final de Blanchett ne changera pas le cours de choses, ni l’opinion qu’on pouvait se faire de son personnage : Frank Capra est mort et bien mort !

 

« THE RIGHT KIND OF MEDICINE » : Robert Redford dans « Alfred Hitchcock présente »

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ROBERT REDFORD

« THE RIGHT KIND OF MEDICINE » est un épisode de la 7ème saison de « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », réalisé par Alan Crosland, Jr.

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WANTED : CHARLIE MARX !

Charlie Marx (Robert Redford), une petite gouape, commet un hold-up et tue plusieurs personnes pendant l’opération. Blessé à la jambe, il se rend chez un vieux médecin de quartier qu’il connaît bien. Celui-ci lui prescrit des pilules antidouleur. Redford va les acheter à la pharmacie du coin et finit par repartir avec un tout autre médicament que celui qu’il était venu chercher. D’une façon ou d’une autre, justice sera bientôt rendue.

Bâti sur une seule et unique idée, l’épisode se traîne et tire à la ligne. Il semble bien plus long que ses modestes 24 minutes (génériques et présentation de ‘Hitch’ inclus). Mais c’est l’occasion de voir le jeune Redford souvent seul à l’image, intense et insolent, dans un rôle de « sauvageon » vaguement sociopathe comme il en a beaucoup campé à la télé à ses débuts. Il joue très bien la douleur et la panique et occupe l’espace avec autorité. Autour de lui quelques seconds rôles familiers comme Russell Collins en pharmacien ronchon et Bert Remsen en flic.

 

« BRUBAKER » (1980)

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ROBERT REDFORD

Treize ans après avoir signé « LUKE LA MAIN FROIDE », classique absolu du film de prison, l’honnête Stuart Rosenberg retourne derrière les barreaux pour « BRUBAKER », inspiré de faits réels, pour un résultat convaincant mais moins inspiré.BRUBAKER

La première demi-heure est la plus efficace : Robert Redford entre comme forçat dans un pénitencier de l’Arkansas et découvre l’horreur totale : corruption, viols, meurtres, tortures, etc. L’acteur ne prononce que quelques monosyllabes jusqu’au moment où il révèle son vrai visage : il est le nouveau directeur du bagne ! Effaré par ce qu’il a vécu de l’intérieur, il entreprend de réformer l’endroit de A à Z, mais se confronte bientôt au « système » et à ses ramifications qui remontent très loin dans les sphères politiques.

Magnifiquement photographié par le français Bruno Nuytten, musiqué par Lalo Schifrin, « BRUBAKER » est un bon gros film hollywoodien, carré et bien construit, mais qui demeure en surface et parvient – intentionnellement ou pas – à enjoliver malgré tout une sordide réalité. Un peu à l’image de Redford sobre et taiseux, qui paraît toujours « un peu trop beau pour être vrai » et ressemble plus à la superstar qu’il était alors, qu’à un fonctionnaire zélé. Il est, paradoxalement, une des meilleures raisons de revoir le film aujourd’hui, mais aussi son plus évident point faible. D’autant plus qu’autour de lui, c’est un superbe défilé de seconds rôles plus authentiques les uns que les autres : M. Emmet Walsh et Murray Hamilton plus visqueux que jamais, Yaphet Kotto formidable dans un rôle ambigu, David Keith parfait en taulard à la « rock’n roll attitude » ou Morgan Freeman en prisonnier rendu fou par l’isolement. Ils sont nombreux et ils méritent tous d’être cités.

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YAPHET KOTTO, ROBERT REDFORD, DAVID KEITH ET MORGAN FREEMAN

Le scénario est édifiant, les questions soulevées méritent évidemment de l’être et certaines séquences dégagent une belle puissance (l’exhumation des cadavres dans le champ, l’épilogue). Mais quelque chose cloche… On n’y croit jamais tout à fait, l’émotion n’est pas toujours au rendez-vous. Comme si le message était étouffé et décrédibilisé par l’emballage.