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Archives de Catégorie: LES FILMS DE ROBERT REDFORD

« PROPOSITION INDÉCENTE » (1993)

L’anglais Adrian Lyne a tourné huit longs-métrages : quelques « classiques » de l’érotisme chic/ringard façon eighties (« 9 SEMAINES ½ ») et même un chef-d’œuvre : « L’ÉCHELLE DE JACOB ». « PROPOSITION INDÉCENTE » se placerait plutôt dans la première catégorie.INDÉCENTE.jpg

À partir d’un pitch prometteur (un milliardaire propose un million de dollars à un jeune couple ruiné pour coucher avec la femme), Lyne ne signe qu’un mélodrame chichiteux, mièvre et complètement faussé par le casting de Robert Redford dans le rôle du corrupteur. Le film n’aurait-il pas eu davantage de sens et d’enjeu si l’homme avait ressemblé à (au hasard) un Weinstein ? Toujours est-il que le couple formé par Woody Harrelson, qu’on n’a jamais vu aussi mauvais, et Demi Moore passe son temps à minauder, à faire l’amour passionnément à même le sol, à se chamailler gentiment, comme dans un remake de « GHOST » sans fantômes. Leurs tourments ne concernent pas une demi-seconde, d’autant qu’ils ne sont pas spécialement sympathiques ou attachants. Redford, bizarrement affublé d’une « minivague » ondulée, semble absent, conscient de l’inanité de ce qu’il a à jouer. Il multiplie les sourires suaves et entendus, dans un emploi qu’aurait très certainement tenu George Clooney quelques années plus tard. On dirait un Gatsby vieilli, fatigué et pressé de filer avec le chèque. Autour du trio, quelques bons acteurs égarés comme Oliver Platt drôle en avocat, Billy Bob Thornton en surpoids dans une brève apparition au casino, Seymour Cassel en factotum silencieux. Passons sous silence le désolant caméo de Billy Connolly dans son propre rôle. Pour couronner le tout, la BO de John Barry – calquée sur sa propre musique pour « OUT OF AFRICA » – n’a strictement RIEN à voir avec le mood général du film et le contenu des séquences !

« PROPOSITION INDÉCENTE » est juste un mauvais film, qui aurait pu éventuellement intéresser avec un scénario plus pointu, des comédiens mieux choisis et des enjeux dramatiques plus sérieux. Tel quel, c’est un roman-photo ennuyeux et parfois embarrassant.

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BOB GOES TO GERMANY !

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4 REDFORD À SORTIR EN HD EN ALLEMAGNE : L’OUBLIÉ « MILAGRO », LE MOYEN « CHELSEA DEARDON », LE MAUVAIS « PROPOSITION… » ET SON TOUCHANT DERNIER FILM.

 

« DES GENS COMME LES AUTRES » (1980)

Inspiré d’un roman de Judith Guest, « DES GENS COMME LES AUTRES » est le premier film réalisé par Robert Redford, alors au faîte de sa gloire comme acteur. Il n’a pas choisi la facilité, en premier lieu par le sujet même et ensuite parce qu’il ne joue pas dedans. C’est le drame intimiste d’une famille dont le fils aîné s’est récemment noyé et dont le cadet (Timothy Hutton) émerge d’un séjour en HP après une tentative de suicide.GENS

Sobrement réalisé, photographié en demi-teintes, d’une lenteur délibérée, le film parvient à maintenir l’intérêt par une sorte d’enquête menée autour de l’instabilité de l’ado. Et si son malaise persistant ne venait pas uniquement de la mort de son frère ? S’il fallait chercher du côté de la mère (Mary Tyler Moore), femme distante, dominatrice, incapable d’affection ou d’altruisme ? Outre le personnage haut-en-couleur du psy chargé de suivre le jeune homme, excellemment campé par Judd Hirsch, le véritable protagoniste est en réalité Donald Sutherland, jouant le père qui apparaît d’abord en retrait, comme un homme dépassé par les événements, désemparé face à ses problèmes familiaux et complètement dominé par sa femme. Mais peu à peu, on le voit s’éveiller, prendre conscience. Et le jeu de Sutherland est alors d’une extraordinaire subtilité. Hors de l’influence écrasante de cette épouse qu’il n’aime plus, sans même en avoir eu conscience jusque-là, il va retrouver son autonomie, sa vraie personnalité. Le regard qu’il pose sur elle dans l’avion, alors qu’ils rentrent de vacances au Texas, est d’une terrible lucidité. Il faut dire que Mary Tyler Moore incarne idéalement cette bourgeoise américaine sûre d’elle, égoïste, qui s’avère être un véritable « monstre » destructeur.

« DES GENS COMME LES AUTRES » n’est pas un film parfait. On se serait volontiers passé de la plupart des flash-backs, et le fils disparu n’aurait probablement pas dû être montré, à l’instar du cousin dans « SOUDAIN, L’ÉTÉ DERNIER » par exemple, qui en prenait une dimension symbolique. Parmi les seconds rôles, on reconnaît M. Emmet Walsh en prof de natation  indélicat et une Elizabeth McGovern de 19 ans, en girl friend rayonnante et joyeuse.

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DONALD SUTHERLAND AVEC ROBERT REDFORD SUR LE TOURNAGE

 

« HAVANA » (1990)

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ALAN ARKIN ET ROBERT REDFORD

« HAVANA » est le 7ème et dernier film que Sydney Pollack tourna avec Robert Redford en vedette. Et, c’est triste à dire, cela ne fut pas leur chant du cygne. C’est – pour faire court – une espèce de remake de « CASABLANCA » relocalisé à Cuba en 1959, lors de la chute du régime de Batista. On se croirait par moments dans « LE PARRAIN – DEUXIÈME PARTIE » !havana

La Havane est joliment reconstituée à Saint-Domingue, la photo d’Owen Roizman est glorieuse et on devine par flashes, hélas trop brefs, quel grand film romantique cela aurait pu et dû être. Mais « HAVANA » est plombé par son scénario infiniment trop délayé (144 minutes !) qui décourage le plus endurant, par un dialogue ridiculement ampoulé et fleuri dans les face-à-face entre Redford et Lena Olin, au point qu’il en devient fréquemment abscons. Comme les deux comédiens sont des « poissons froids », on ne peut pas dire qu’ils créent une quelconque alchimie ensemble. Elle a beau être suédoise, comme Ingrid Bergman dans le film de Michael Curtiz, c’est bien le seul point commun qu’elle ait avec elle. À 54 ans, Redford possède toujours sa silhouette de gravure de mode, mais présente un visage marqué aux rides profondes qui sied bien à ce personnage de gambler complètement artificiel, qu’il joue avec un détachement un peu las. Le cast est intéressant : Alan Arkin en directeur de casino cynique, Tomás Milian en tortionnaire rigolard, Mark Rydell excellent en Meyer Lansky dans une séquence. Mais ces gens de talent n’ont pas grand-chose à jouer et ne font que remplir le vide.

On regrette de ne pas aimer « HAVANA », tentative de recréer la magie hollywoodienne de l’âge d’or, mais malgré des paysages somptueusement filmés, de sublimes contrejours et des décors magnifiques, cela demeure complètement « bidon » et dépourvu d’âme. On aurait préféré que le tandem Pollack/Redford se sépare sur une œuvre digne de leur passé commun.

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ROBERT REDFORD ET LENA OLIN

 

« THE DISCOVERY » (2017)

« THE DISCOVERY », production Netflix, part d’un concept très fort : la découverte par le savant Robert Redford d’une preuve de l’existence de l’au-delà. S’ensuit une vague de suicides sans précédent à travers le monde, de personnes désireuses d’aller voir « là-bas ». Devenu une sorte de gourou de « l’afterlife », Redford reçoit la visite dans sa forteresse imprenable de son fils aîné Jason Segel, qui lui en veut depuis la mort de sa mère. Le jeune homme va assister à l’aboutissement des recherches de son père qui vont ouvrir des perspectives effrayantes et incontrôlables. N’en disons pas plus pour ne pas dévoiler le fin-mot de l’histoire qui aide à tenir jusqu’au bout. Car, il faut bien le dire, tout intelligent et profond soit-il, « THE DISCOVERY » n’est pas une œuvre facile d’accès et elle manque clairement de moyens : on raconte infiniment plus qu’on ne montre ! Charlie McDowell adopte un rythme monocorde, voire monotone, filme avec distance et froideur, de façon très cérébrale. Cela est en adéquation avec le thème, certes, mais on a du mal parfois à se passionner et à entrer en empathie avec les personnages. Pourtant, tous les comédiens sont irréprochables, de Segel sobre et tourmenté à Redford inhabituel en démiurge manipulateur et cassant, en passant par Rooney Mara très attachante en paumée suicidaire. À noter le bref caméo de Mary Steenburgen en journaliste au début.DISCOVERY copie

Le scénario se suit sans problème grâce à « l’enquête » menée par le fils et la jeune femme, pour comprendre ce qu’il y a réellement de « l’autre côté », mais il s’embrouille vers la fin, empile les informations et les théories jusqu’à devenir quasiment abstrait. Heureusement, l’épilogue sur la plage vient apporter l’émotion et l’humanité qui manquent tout de même à ce film intéressant mais trop conceptuel.

 

« NOS ÂMES LA NUIT » (2017)

Jane Fonda et Robert Redford, icônes des années 60 et 70, sex symbols et tous deux politiquement engagés, ont tourné trois films ensemble : ils étaient mariés dans « LA POURSUITE IMPITOYABLE » (1966), « PIEDS NUS DANS LE PARC » (1967) et se retrouvèrent en 1979 pour « LE CAVALIER ÉLECTRIQUE ».SOULS

« NOS ÂMES LA NUIT » est donc leur 4ème collaboration et c’est octogénaires, qu’ils partagent l’affiche d’une comédie dramatique sur deux « seniors » voisins et veufs, qui entament une relation basée d’abord sur le compagnonnage puis sur l’amour. C’est filmé avec une totale absence de parti-pris par Ritesh Batra, qui en fait une sorte d’aimable téléfilm tout au service des deux stars. En fait, le film rappelle confusément « LA MAISON DU LAC » où Jane Fonda tentait de se réconcilier avec son père Henry, au seuil de la mort. Cette fois, c’est elle qui doit affronter ses erreurs passées et de nombreux éléments narratifs renvoient au film de 1981.

On peut être ébranlé par cette rencontre crépusculaire, par des touches psychologiques subtiles, mais ce qui émeut vraiment c’est de voir les deux acteurs qu’on a suivi pendant toute leur carrière, marcher avec difficulté, avec ces visages ridés, changés par diverses techniques de rajeunissement, mais encore maîtres de leur talent et faisant preuve d’un métier qui mérite un total respect. Redford a de très belles scènes avec le petit-fils de sa partenaire et celle-ci confronte son peu sympathique fils Matthias Shoenaerts dans une ou deux séquences sans concession. À noter les brèves apparitions de Bruce Dern, plus tout jeune non plus, dans un rôle de pilier de bar cancanier.

Par sa facture modeste, sa tonalité en demi-teintes, son refus des grandes exhibitions, « NOS ÂMES LA NUIT » ne révolutionne rien, même dans l’appréhension qu’on peut avoir de ses deux stars. Mais c’est un joli hommage à ce tandem qu’on a vu naître chez Arthur Penn, mûrir chez Sydney Pollack et aujourd’hui, continuer d’exercer leur art avec grâce et intelligence.

 

« NOTHING IN THE DARK » : Robert Redford dans « The Twilight Zone »

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ROBERT REDFORD ET GLADYS COOPER

« NOTHING IN THE DARK » est un épisode de la 3ème saison de « THE TWILIGHT ZONE » réalisé par Lamont Johnson.

C’est une très jolie fable à huis clos sur la peur de mourir et la vieillesse, écrite avec finesse et empathie. Gladys Cooper, une vieille femme, vit recluse depuis des années dans un immeuble vétuste en passe d’être détruit. Persuadée que « Mr. Mort » se dissimule derrière chaque passant qu’elle croise, pour l’emporter dans l’au-delà, elle est terrorisée quand un jeune policier (Robert Redford) est blessé devant sa porte et la supplie de l’aider. Mais elle se laisse finalement convaincre et soigne le gentil garçon. Quand un chef de chantier (R.G. Armstrong) vient lui apprendre que le building va être démoli dans une heure, la pauvre dame comprend subitement que Redford n’est autre que ce Mr. Mort tant redouté. Toujours charmant, il l’aidera à passer de l’autre côté tout en douceur, en lui tenant la main.

Excellemment interprété par Gladys Cooper au regard noyé d’angoisse et par le jeune Redford d’une tranquille ambiguïté en ange de la mort au physique de jeune premier, le téléfilm, magnifiquement photographié en pénombre, atteint une sorte de perfection dans les codes de la série de Rod Serling : économie de moyens, décor unique, dialogue ciselé, bons comédiens avec de vrais rôles à défendre.

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R.G. ARMSTRONG, GLADYS COOPER ET ROBERT REDFORD