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Archives de Catégorie: SÉRIES TÉLÉ

« BRONK » : film-pilote (1975)

Créé par l’acteur Carroll O’Connor et Ed Waters, réalisé par Richard Donner trois ans avant « SUPERMAN » et musiqué par Lalo Schifrin, le film-pilote de la courte série « BRONK » attise la curiosité, d’autant plus que le rôle-titre est tenu par un Jack Palance de 56 ans jouant un flic de L.A.BRONK.jpg

Le moins qu’on puisse dire est que personne ne s’est beaucoup foulé ! Même la BO est complètement insignifiante. Et ne parlons pas de la photo pâlotte de Matthew F. Leonetti ou de la réalisation paresseuse. Alex Bronkov, dit ‘Bronk’ représente un véritable contremploi pour Palance et c’est bien là le principal – voire unique – intérêt de ce téléfilm. Loin de ses rôles habituels de méchants psychopathes et exaltés, il joue un honnête policier effacé, presque timide, allergique aux poils de chat et joueur d’harmonica. Récemment veuf, il s’occupe de sa fille catatonique, comme Paul Kersey dans « UN JUSTICIER DANS LA VILLE ». Rien d’original là-dedans, c’est certain. Mais le seul fait de voir Palance en « underplay », avec sa veste de cuir vintage et son brushing, ravira automatiquement les fans de l’acteur. Il n’est pas très bien entouré, surtout par le transparent David Birney (le « SERPICO » de la brève série TV l’année suivante) pas crédible une seconde en narcotrafiquant cynique ni par Henry Beckman en ex-flic et ami.

Alors très actif en Europe, principalement en Italie, Jack Palance tentait un retour au pays, sans doute influencé par le succès de Telly Savalas dans « KOJAK ». On ne peut pas dire que ce pilote soit très probant, mais au moins s’y montre-t-il différent de son image, relativement subtil, voire émouvant.

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« NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » : saison 19 (2018)

Après une saison 18 globalement décevante, la 19ème  année de « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » s’avère être une heureuse surprise. Éternel renouvellement d’une série déjà ancienne, qui renaît fréquemment de ses cendres. Pour notre plus grand plaisir.NYUS19.jpg

Cette saison est axée sur la thématique de la famille. D’abord via le personnage de Mariska Hargitay, qui voit débarquer la grand-mère (Brooke Shields, eh oui !) de son fils adoptif, bien décidée à récupérer le mioche par n’importe quel moyen. Puis au travers de l’unité elle-même, y compris le procureur Raúl Esparza qui s’intègre au groupe de flics en dehors des heures de travail. Sans compter les épisodes traitant de familles dévoyées (la secte parentale de « THE BOOK OF ESTHER »). Le quota de ratages trop pédagogiques est assez bas, et on dénombre quelques films remarquables comme « SOMETHING HAPPENED », quasi-huis clos dans le commissariat où Olivia affronte Melora Walters (extraordinaire !) dans un face à face où elle va devoir se mettre elle-même mentalement en danger pour faire craquer la victime. « THE UNDISCOVERED COUNTRY » expose la problématique de l’euthanasie et marque le départ de la série du procureur Barba, pour s’être trop impliqué. Bref, beaucoup de bonnes choses dans ces 24×50 minutes, sans oublier quelques « guest stars » de haut-vol comme trois vedettes des seventies telles que Anne Archer, Fionnula Flanagan et Rutanya Alda dans « MAMA », le bref retour d’anciens récurrents de la série comme Dean Winters (« MOOD ») ou Stephanie March (« SUNK COST FALLACY »). Hélas, cela s’achève par un double épisode à la durée absolument pas justifiée, dont les intentions sont louables (le trafic d’êtres humains entre le Mexique et les U.S.A.), mais le scénario et l’interprétation laissent grandement à désirer. Dommage… Cependant l’ultime plan de la saison montre Olivia Benson serrant dans ses bras le nouveau procureur sanglotant, installant notre héroïne dans une nouvelle image de « matriarche » bienveillante à l’empathie universelle.

Bientôt vingt ans donc, et toujours bon pied bon œil pour « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » qui traverse les années avec vaillance, non sans quelques fléchissements, mais en gardant toujours son cap et son mordant. Exemplaire !

 

« SUBURRA – LA SÉRIE » : saisons 1 & 2 (2017-2019)

Deux ans après « SUBURRA », le superbe long-métrage de Stefano Sollima, Netflix produit « SUBURRA – LA SÉRIE », une variation sur le même thème en dix épisodes. On retrouve certains comédiens du film qui portent les mêmes noms, mais les cartes sont redistribuées et la série n’est au bout du compte, ni une suite, ni une prequel. C’est une autre histoire avec certains éléments communs avec l’originale.SUBURRA

L’action se situe à Rome et à Ostie et on pense évidemment à Romulus et Remus, même si les « frères » sont trois, que l’un est l’héritier d’un empire du crime (Alessandro Borgi), l’autre d’un clan gitan (Giacomo Ferrara) et le dernier un fils de flic (Eduardo Valdarnini). Rejetés par leur milieu, ils vont former une improbable association pour lutter contre le « Samouraï » (Francesco Acquaroli), omniprésent tireur de ficelles affilié à la mafia sicilienne. Ceci, c’est la trame, mais ce n’est pas tout. Les personnages grouillent, les intrigues s’entremêlent, et la série se teinte fréquemment de tragédie antique. Les fils tuent les pères, les anciens dévorent les jeunes… Le scénario, d’une richesse inouïe, implique l’Église, la politique, les guerres de gangs, dans un ballet de corruption sans fin. Chaque épisode démarre avec un pré-générique qui est (sera) le « climax » et redémarre avec les mots « LA VEILLE » inscrit sur l’écran. Cela sert de teaser très efficace et renforce la sensation d’inéluctable. On pense bien sûr, à la formidable série « GOMORRA » dont « SUBURRA » est une jumelle tout aussi imposante et addictive. Et on se dit qu’il n’est pas impossible qu’on assiste, par des chemins détournés, à une sorte de résurrection du cinéma italien. Cette première saison est, quoi qu’il en soit, une magnifique réussite.

Diffusée deux ans après, la seconde saison se passe quelques semaines seulement après la précédente. On retrouve les protagonistes physiquement changés, mais englués dans les mêmes problématiques de pouvoir, de haine et de vengeance. Certains prennent une importance capitale, comme Filippo Nigro, politicien idéaliste de gauche qui glisse vers l’extrême droite, oublie ses idéaux et se transforme en monstre de duplicité. « Spadino », le Gitan, monte en puissance aux côtés de son épouse ambitieuse, « Lele », le jeune ripou est submergé par la corruption et ne tient pas la distance. Quant à Aureliano, il prend une dimension tragique dans son isolement. Donc, tout va pour le mieux et la série demeure passionnante. Du moins jusqu’aux derniers épisodes qui voient l’écriture se relâcher sensiblement. L’invulnérabilité du « Samouraï » (Francesco Acquaroli, vraiment formidable), systématique et caricaturale, atténue le suspense. Toutes ses apparitions se font sur le même schéma et deviennent redondantes. Les coïncidences énormes s’accumulent (on dirait parfois que Rome est un patelin minuscule où tout le monde ne cesse de se croiser) et certaines situations sont totalement invraisemblables (le rôle de la jeune fliquette tellement mal conçu).SUBURRA2

Sur huit épisodes, au lieu des dix de la 1ère, cette saison maintient un bon niveau avant de s’affaisser sur la fin. Cela reste de la très bonne télévision, mais croisons les doigts pour que la prochaine saison retrouve la rigueur et le sens du tragique de la première, car on sent que la pente est savonneuse.

 

« RAY DONOVAN » : saison 5 (2017)

RAY5.jpgAvec la 5ème saison de « RAY DONOVAN », Liev Schreiber s’inscrit définitivement dans les travées des grands antihéros tragiques et corrompus des séries de ces dernières années, à égalité avec les protagonistes de « THE SHIELD », « MAD MEN » ou « BREAKING BAD ». Des hommes solitaires, hantés par leur passé, en pleine décomposition morale. À l’image du monde où ils vivent.

Cette saison atteint une espèce d’apogée et tourne entièrement autour du cancer de Paula Malcomson, l’épouse de Ray, dont le destin est conté progressivement en flash-backs évolutifs, révélant une face encore plus sombre de la personnalité de Ray, en même temps que ses failles et ses manques aux conséquences tragiques. Il faut toute l’habileté des auteurs et la maîtrise de l’acteur, pour qu’on demeure attaché à cet individu dangereux, ignoble par moments, que tout spectateur normalement constitué devrait haïr. Dans cette saison, il va tout perdre, jusqu’à son foyer, la confiance de ses proches et l’amour de sa vie et aller jusqu’au bout de son parcours. Lors de l’épilogue magnifique du dernier des douze épisodes, qui conclut parfaitement la série, on s’étonne d’apprendre qu’une autre saison a été tournée et qu’une 7ème est déjà en chantier. La boucle semblait pourtant idéalement bouclée. Autour de Schreiber, magistral d’intériorité, on retrouve Eddie Marsan devenu une espèce d’ange-gardien et pivot de la famille, Jon Voight prodigieux de malveillance bon-enfant et se rêvant subitement scénariste, Susan Sarandon en productrice hollywoodienne machiavélique. Et bien sûr Paula Malcomson, qui domine tous les épisodes et tout particulièrement celui intitulé « HORSES », qui est un véritable chef-d’œuvre en soi, et offre de la mort et du suicide assisté un instantané époustouflant de réalisme. Difficile de s’en remettre !

Immense série donc que « RAY DONOVAN » qui s’améliore en évoluant et atteint une forme de perfection narrative.

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PAULA MALCOMSON, EDDIE MARSAN ET LIEV SCHREIBER

 

L’INTÉGRALE DE « DAN AUGUST » !

Sortie américaine en DVD, de l’intégrale de la série TV « DAN AUGUST », que Burt Reynolds – récemment disparu – avait tournée juste avant de connaître le succès au cinéma.AUGUST

Reynolds y tient le rôle-titre, celui d’un flic de la Crim’ de Santa Luisa en Californie, qui enquête auprès de gens qu’il a côtoyés toute sa vie. Parmi les rôles récurrents : Norman Fell, Richard Anderson et Ned Romero. Et de nombreuses « guest stars » au fil des 26 épisodes, comme : Anne Francis, Richard Basehart, Vera Miles, Vic Morrow, Joan Hackett, Mike Henry (que Reynolds retrouvera dans « COURS APRÈS MOI, SHÉRIF ! » et ses suites), Larry Hagman, Martin Sheen, Billy Dee Williams ou William Smith.

À noter que Burt Reynolds et Norman Fell reprirent leurs rôles pour quatre téléfilms en 1980, pas encore édités en vidéo. Le coffret DVD contient également « HOUSE ON GREENAPPLE ROAD », inspiré du roman de Harold R. Daniels et où c’est Christopher George qui y tient le rôle de Dan August, aux côtés de Janet Leigh, Keenan Wynn, Walter Pidgeon et, déjà, Ned Romero qui gardera son rôle de coéquipier dans la série.

 

« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » est signé Alan Smithee, ce qui n’est jamais bon signe. C’est en effet le pseudonyme adopté par les réalisateurs U.S. refusant de signer leurs œuvres, généralement pour cause de différend artistique avec les producteurs. Et il est très rare que cela arrive sur un téléfilm ! L’anonyme est en fait Hal Needham, le vieux complice de Burt Reynolds, il y a déjà bien longtemps. Mais manifestement, tout le monde était très fatigué sur ce tournage et les heures de gloire étaient loin derrière !

Le scénario tourne autour d’un hôtel inauguré par un futur sénateur (David Rasche) dont la fille et la femme sont prises en otages pendant la cérémonie par un tueur (Keith Carradine) exigeant une rançon et… la présence de Larry King sur site. Charles Durning, l’air hagard, pouvant à peine se déplacer, est chargé de l’affaire, assisté de son ami Burt qui ne semble pas non plus au sommet de sa forme. Que dire ? Le film fut tourné à l’aube de l’an 2000 et ressemble à s’y méprendre à un DTV du début des années 80. C’est d’une lenteur effarante, les acteurs sont au-dessous de tout et le suspense est totalement inexistant. Carradine se traîne le petit air tristounet et blasé du bon acteur qui a tourné trop de mauvais films et a fini par démissionner. Il fait un psychopathe sans relief dont le seul signe distinctif est un « mal rasé » d’une semaine. Quant à Reynolds, on n’arrive plus du tout à croire qu’il puisse encore être sur le terrain, en tenue de FBI, l’arme au poing à dégommer des méchants. C’est une catastrophe !

Les aventures de Logan McQueen se sont heureusement arrêtées là et la trilogie a été complètement oubliée depuis, ce qui n’est que justice. Les aficionados de Burt Reynolds préfèrent se souvenir de ses belles heures des seventies, quand il était le roi du box-office américain et qu’il semblait tellement s’amuser avec ses potes cascadeurs. En 1999, il n’était déjà plus que le fantôme de lui-même et ce n’est pas gai-gai…

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BURT REYNOLDS ET KEITH CARRADINE

 

« HARD TIME : THE PREMONITION » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : THE PREMONITION » réalisé par David S. Cass, Sr. est le second téléfilm de la trilogie consacrée au flic de Miami – enfin, ex-flic en l’occurrence – ‘Logan McQueen’, interprété par Burt Reynolds. On le retrouve finissant son année de prison, entouré d’un vieux condamné à mort philosophe (Roscoe Lee Browne) qui lui apprend la vie et d’un serial killer (Bruce Dern) qui se prend pour Hannibal Lecter.

À sa sortie, Burt garde un moment sa perruque qui le fait ressembler à Sean Connery au début de « ROCK » et finit heureusement par en changer pour quelque chose de plus seyant. Le scénario ? Des jeunes femmes meurent dans l’explosion de leurs voitures et Burt assiste en « consultant » l’enquêteur novice chargé du dossier. On a beau aimer les vieux de la vieille présents dans le film (on retrouve aussi Charles Durning dans deux ou trois scènes), c’est affreusement mou, voire un peu tristounet. Vêtu de noir, bedonnant et courant avec difficulté, Reynolds n’a visiblement pas la pêche et traîne une petite mine renfrognée. Il paraît s’ennuyer poliment comme quelqu’un qui a déjà joué toutes ces situations convenues des dizaines de fois dans sa jeunesse et qui est « too old for this shit ». Dern en fait des tonnes, comme à son habitude et Gigi Rice, jouant sa fille hantée par le passé, n’est pas la meilleure actrice du monde.

Ce 2ème épisode n’a donc pas grand-chose pour lui, mais s’inscrit dans le long parcours de « Buddy » Reynolds comme une péripétie vaine et non-avenue.

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BRUCE DERN ET BURT REYNOLDS

À noter que Bruce Dern et Roscoe Lee Browne figuraient tous les deux au générique des « COWBOYS » de Mark Rydell, entourant John Wayne.