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Archives de Catégorie: SÉRIES TÉLÉ

« THE HIGH COUNTRY » : James Coburn dans « L’homme à la carabine »

RIFLEMAN COBURN

JAMES COBURN

« THE HIGH COUNTRY » est un épisode de la 4ème saison de « L’HOMME À LA CARABINE » réalisé par l’acteur Gene Nelson (« CHASSE AU GANG »).

Chuck Connors reçoit la visite de deux « mountain boys », des trappeurs venus des montagnes. L’un d’eux, James Coburn, veut absolument lui échanger son fusil contre des peaux de castors. Devant son refus, il revient la nuit avec son acolyte et attaque notre héros. Un coup de feu part accidentellement et le jeune homme est tué. Coburn s’enfuit comme un pleutre qu’il est.

Quand Connors et son fils se rendent au village des deux hommes pour s’expliquer, il est capturé et après un procès expéditif, condamné à cinq ans de travaux forcés auprès de la mère (Ellen Corby) du mort. Il faudra un duel à coups de torches enflammées entre lui et Coburn, pour que celui-ci avoue ses mensonges et que Connors et le fiston reprennent leur chemin.

Un bon épisode, tendu et stressant, où cette étrange communauté refermée sur elle-même rend sa propre justice. Impuissant dès qu’il n’a plus son arme-fétiche au poing, ‘McCain’ s’en sortira grâce à l’aide de la beauté locale (Valora Nolan) à qui il a tapé dans l’œil. Le principal intérêt reste bien sûr de voir Coburn cradingue et mal rasé jouer les pécores vicieux et sadiques, en total contremploi. Le style de rôle généralement dévolu à Warren Oates, à cette époque. Il s’en sort fort bien et paraît même – une fois n’est pas coutume – tout petit à côté de Chuck Connors. À noter que leur bagarre est en grande partie gâchée par l’emploi de cascadeurs bien trop identifiables et dont les silhouettes ne ressemblent ni de près ni de loin à celles des deux comédiens. Mais c’était un défaut très fréquent dans les vieilles séries TV.

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CHUCK CONNORS, ELLEN CORBY ET JAMES COBURN

 

« AQUARIUS » : saisons 1 & 2 (2015-2016)

Basée sur un mélange d’événements réels (les exactions de la famille Manson dans le L.A. des années 60) et de pure fiction policière, à la manière de James Ellroy, la 1ère saison de la série « AQUARIUS » séduit sans vraiment convaincre à 100%, malgré de bons atouts dans sa manche.aquarius

L’atout n°1, c’est la trame historique, à savoir le Vietnam, les Black Panthers, le LSD, Nixon, la corruption etc., parfaitement intégrée à une enquête alambiquée. Ensuite, il y a David Duchovny, mûri et plus massif que de coutume, remarquable dans un rôle de flic dur-à-cuire mais humain et son tandem avec Grey Damon, un jeune « infiltré ». Et puis bien sûr, la description de la tristement célèbre secte Charles Manson. C’est aussi hélas, le point faible de la série. D’abord par le choix de l’acteur, Gethin Anthony, falot et sans charisme, dont on peine à croire qu’il puisse entraîner dans son sillage autant d’individus différents. Son Manson est un vague hippie verbeux et agaçant, dont tout le monde ne cesse de vanter le pouvoir érotique. Peut-être la série aurait-elle mieux fonctionné en ne cherchant pas à capitaliser sur la réalité mais en s’en inspirant simplement ?

Ajoutons à cela une photo à l’étalonnage verdâtre monochrome fatigante pour l’œil, un rythme souvent trop relâché, et ces 13 épisodes demandent un certain effort si on veut s’accrocher jusqu’au bout. Heureusement, quelques bons acteurs aident à passer le temps comme l’excellent Chance Kelly en flic musculeux, ou le toujours parfait Brían F. O’Byrne en avocat homosexuel prêt à tout pour préserver les apparences. En l’état, « AQUARIUS » semble plus intéressant sur le papier qu’en tant que produit fini. Toute une saison pour mettre les éléments en place, c’est tout de même un peu longuet !

La saison 2 vient relever nettement le niveau. D’abord, l’image est plus soignée, l’intrigue se resserre sur l’assassinat de Sharon Tate et de ses invités (avec une certaine complaisance d’ailleurs, dans l’insistance des flash-backs récurrents particulièrement « gore » et dérangeants) et surtout, Gethin Anthony semble beaucoup plus à l’aise à partir du moment où Manson pète définitivement un câble et devient le monstre de frustration et de folie meurtrière qui déclenche le carnage. La théorie de l’artiste sans talent humilié est très bien étayée, et n’est pas sans rappeler un certain Adolf qui voulait devenir un grand peintre…aquarius2

L’évolution des jeunes coéquipiers de Duchovny est elle aussi intéressante : l’un devient un junkie incontrôlable, tandis que la seconde mue en « infiltrée » prête à tout pour parvenir à ses fins. Notre héros, ‘Sam Hodiak’ (Duchovny, toujours impeccable) se retrouve confronté à des drames incessants comme le suicide de son ex-femme, l’emprisonnement de son fils et même le meurtre de Bob Kennedy, qu’il menait lui-même dans les cuisines du tristement célèbre hôtel. Ça fait un peu beaucoup, d’autant plus que l’acteur continue de jouer son personnage avec une sorte de légèreté cynique.

Mais malgré une multiplication de sous-intrigues, l’arrivée d’un serial killer un peu convenue, cette 2ème saison convainc beaucoup plus que la précédente. Elle s’achève en revanche de façon très abrupte. Et comme il semblerait qu’il n’y aura pas de saison 3, le dernier épisode paraît même franchement cavalier. Ces 26 épisodes pour tout arrêter en plein milieu du drame ? Pas très sérieux, ça…

 

« WHERE NO MAN HAS GONE BEFORE » : film-pilote de « Star Trek »

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SALLY KELLERMAN ET GARY LOCKWOOD

« WHERE NO MAN HAS GONE BEFORE » est l’épisode-pilote de la série « STAR TREK », réalisé par James Goldstone.

Bavard et visiblement sous-budgété, il n’en demeure pas moins intéressant pour découvrir d’où la série est partie pour arriver à maturité quelques mois plus tard. Dans cette histoire assez statique, l’Enterprise traverse un champ magnétique, connaît des dommages et deux de ses membres d’équipage, Gary Lockwood vieil ami du capitaine Kirk et Sally Kellerman, une scientifique, semblent « possédés » par une force mystérieuse. Cela se traduit par des yeux aux iris argentés, une capacité à développer ses sens à une vitesse inquiétante et surtout à un désir irrépressible de devenir… un dieu. Et de massacrer tout l’équipage, cela va sans dire !

Tout le monde philosophe beaucoup, s’envoie des rayons d’énergie à la figure et finit par se boxer rageusement dans la rocaille d’une planète abandonnée. C’est sympathique et longuet, on peut s’amuser à découvrir les premières tenues de nos héros : des pulls à col roulé couleur caca-d’oie, à constater que le maquillage de Mr Spock n’était pas encore tout à fait au point et à déplorer l’absence de ‘Doc’ McCoy, remplacé ici par un vieux toubib campé par le shérif de « L’HOMME À LA CARABINE » : Paul Fix. James Doohan et George Takei, déjà présents, ne font que passer dans des silhouettes à peine esquissées.

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LEONARD NIMOY ET WILLIAM SHATNER

Malgré tout, les bases sont bel et bien là, et après un dépoussiérage et quelques tours de vis, « STAR TREK » était prête à décoller pour 79 épisodes étalés sur trois ans.

 

« THE NOGOODNIK » : Charles Bronson dans « Hennesey »

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CHARLES BRONSON

« THE NOGOODNIK » réalisé par Don McGuire, est le second épisode de la sitcom « HENNESEY » auquel participa Charles Bronson en tant que « guest star » dans le même rôle du ‘lieutenant-colonel Steve Ogrodowski’, un enquêteur dur-à-cuire de la police de l’U.S.-Navy.

Un jeune marin (Alan Reed, Jr.) a été blessé en tentant de s’évader. Accusé d’avoir volé 800 dollars, il jure à Jackie Cooper, notre héros médecin qu’il est innocent et nie même avoir voulu se faire la belle. Ému par sa détresse et son apparente sincérité, Cooper prend et fait cause pour lui, mais comprend que Bronson lui, le croit coupable. Aussi mène-t-il sa propre investigation parallèle, se brouillant au passage avec le peu patient Charley qui déteste qu’on piétine ses plates-bandes. Il s’avèrera que le jeune homme est bel et bien un « nogoodnik » (un bon-à-rien), un voleur mythomane et fauteur de troubles qui a profité de la naïveté de Cooper pour le manipuler à sa guise.

Un épisode sympathique, plus psychologique et moins ouvertement comique que « HENNESEY À LA GUN » que Bronson tourna l’année précédente. Avec sa coupe de cheveux des « 7 MERCENAIRES », son bel uniforme, celui-ci campe ce flic mal embouché et soupe-au-lait avec réalisme. Il n’hésite pas à bousculer violemment Cooper quand notre pauvre « doc » a le malheur de l’agacer. Il le pétrifie même sur place avec son « œil du tigre » bronsonien.

Bronson a un bon monologue à la fin, quand il explique à Jackie Cooper qu’il existe des malfaiteurs qui sont des cas désespérés, mais que cela ne doit pas l’empêcher de rester généreux et combatif. On sourit devant un bref aparté à la toute fin, quand Cooper demande à Ogrodowski s’il l’aurait vraiment cogné lors de leur prise de bec. Bronson se contente de sourire et de faire « oui » de la tête, ce qui ne les empêche pas de se réconcilier. Plaisant instant de complicité entre deux comédiens.

À noter que Bronson se promène pendant toute la durée de l’épisode avec sa casquette d’officier à la main, mais ne la pose jamais sur sa tête. Pas une seule fois ! Sans doute préférait-il son vieux chapeau de cowboy à encoches…

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JACKIE COOPER, CHARLES BRONSON ET ALAN REED, JR.

 

« NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » : saison 17 (2016)

Déjà et avant tout, un gros « ouf » de soulagement : après une 16ème saison calamiteuse et fatiguée, la 17ème fournée de « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » retrouve sa pêche habituelle, sa qualité d’écriture et sa maîtrise des épisodes « feuilletonnants ».

Si les premiers films, avec l’excellent Dallas Roberts en sous-Hannibal Lecter, inquiètent un peu par leur absence d’invention et de suspense, la suite prend son envol. « TRANSGENDER BRIDGE » est un bon scénario sur l’intolérance, « INSTITUTIONAL FAIL » permet de découvrir Whoopi Goldberg dans un emploi antipathique très inaccoutumé. On a également droit à Virginia Madsen en maman irresponsable de la fliquette Kelli Giddish, au retour de son horrible petite sœur Lindsay Pulsipher. Dans « DEPRAVITY STANDARD », Tom Sizemore fait froid dans le dos en pédophile à moitié fou, etc.law17

Parmi les récurrents, Peter Scanavino s’impose en douceur dans son rôle de flic idéaliste et catho, Peter Gallagher est remarquable en chef de la police (surtout dans le dernier épisode) et Robert John Burke, l’odieux « bœuf-carottes » tombe le masque et s’avère être… le boy friend de notre héroïne Mariska Hargitay ! C’est le scoop de cette année !

Bref, ça bouge beaucoup dans cette belle saison où il n’y a pas énormément de déchet. On peut se questionner sur la nécessité d’un nouveau « crossover » avec la série « CHICAGO P.D. » qui n’apporte vraiment pas grand-chose, mais pour l’essentiel, c’est de la très bonne télévision classique et professionnellement confectionnée. Une fois encore, chapeau bas pour ce ressaisissement inespéré, pour la longévité des comédiens présents depuis le début (on aperçoit même ce vieux ‘Munch’ en visite, le temps d’un sympathique clin d’œil). Vertigineux de penser que Mariska Hargitay avait 35 ans quand la série a démarré et… 53 aujourd’hui !

 

« THE MAN TRAP » : premier épisode de la série « Star Trek »

startek« THE MAN TRAP » est un épisode de la 1ère saison de « STAR TREK », réalisé par Marc Daniels. Le premier de la série, en fait, si on ne tient pas compte du « pilote ».

Se rendant sur une planète déserte pour aider ses deux occupants : le savant Alfred Ryder (sorte de sosie d’Alain Cuny) et son épouse Jeanne Bal (qui s’avère être une ex du Dr. McCoy), le capitaine Kirk voit plusieurs de ses hommes mourir de mystérieuse façon. Après analyse, McCoy découvre qu’ils n’ont plus de sel dans le corps et que sa jolie ex-fiancée n’est autre qu’un alien – le dernier de son espèce – capable de prendre l’apparence physique de n’importe qui. Et il a besoin de sel pour survivre !

Un épisode bien mené, dans de jolis décors de studio au ciel orangé et parsemés de ruines improbables. C’est DeForest Kelley qui est mis en avant, troublé qu’il est de retrouver la femme qu’il aima jadis et surtout de voir la véritable apparence de la créature qui a pris ses traits. On le comprend !

Des petits détails cocasses comme la plante carnivore de Sulu qui pousse des cris d’orfraie à la moindre contrariété, la frustration sexuelle de la belle Uhura (Nichelle Nichols) qui fait un sérieux rentre-dedans à Spock, lequel n’en a évidemment cure. Bref, tous les éléments réunis pour passer 50 minutes rétro et bien agréables.

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DeFOREST KELLEY, JEANNE BAL, LEONARD NIMOY ET WILLIAM SHATNER

 

« LUTHER » : saison 4 (2015)

Deux ans après sa 3ème saison, qui s’achevait sur une des fins les plus amorales et ambiguës de l’Histoire des séries TV (le héros flic s’en va avec la serial killeuse !), voici une 4ème saison de « LUTHER », que personne n’attendait et dont nul n’avait vraiment besoin.luther4

Enfin – saison ! Il s’agit plutôt d’un téléfilm de deux heures, scindé en deux épisodes de 50 minutes. Et dès le début, tout paraît tiré par les cheveux : qu’il s’agisse de l’exil de Luther au bord de la mer, de l’annonce de la mort de sa maîtresse, puis de cette enquête tellement banale sur un tueur en série cannibale et geek… On s’étonne de voir à quel point est laborieusement tricoté le scénario, pour faire finalement coïncider les trois affaires et à quelle vitesse sont résolues les énigmes à la fin, quitte à larguer complètement le spectateur.

Bien sûr, Idris Elba incarne toujours parfaitement ce personnage taillé à ses mesures. Mais tout est tellement désincarné et dépourvu d’émotion, qu’il remplit son contrat en bon professionnel, sans jamais s’impliquer. À peine retiendra-t-on ses face-à-face savoureux avec le caïd Patrick Malahide qui met un contrat sur sa tête. On retrouve par instants ce qui nous avait tant plu dans « LUTHER ». Pour le reste, on assiste passivement à cet épilogue mollasson, on apprécie de revoir la gentille Rose Leslie (« GAME OF THRONES ») en fliquette lesbienne (détail gratuitement plaqué sans aucune incidence sur son rôle ni sur le récit). Mais cela ne suffit évidemment pas à faire gober cette histoire sans queue ni tête, ces protagonistes au comportement illogique, voire absurde, et à pardonner aux auteurs d’avoir ainsi galvaudé une si remarquable série. Le mieux à faire est encore d’oublier et de se dire que « LUTHER » s’est bel et bien arrêtée en 2013, sur ce pont londonien.