RSS

Archives de Catégorie: SÉRIES TÉLÉ

« WHITE BEAR » : épisode de « Black mirror » (2013)

BEAR« WHITE BEAR » est un épisode de la 2ème saison de « BLACK MIRROR » réalisé par Carl Tibbetts. Une fois encore, une satire âpre et cruelle de notre société de voyeurs et de sadiques par procuration, un brin moraliste mais dramatiquement très efficace.

Lenora Crichlow, une jeune femme se réveille complètement amnésique et lorsqu’elle sort hébétée de la maison, elle se retrouve dans un monde devenu fou : des chasseurs masqués la traquent avec des fusils de gros calibre, les badauds se contentent de filmer la partie de chasse avec leurs portables et on aperçoit des dizaines de corps crucifiés dans les bois. Paniquée, confuse, se rappelant des bribes de souvenirs concernant une fillette, la malheureuse ne comprend que trop tard qu’elle est en train de vivre une sorte de « spectacle vivant ». Mais n’en disons pas plus ! La chute est très étonnante et démontre brillamment qu’on peut modifier complètement le point-de-vue qu’on peut avoir sur une histoire rien qu’en déplaçant l’instant où on commence à la raconter.

Un téléfilm « futuriste » sans aucun effet-spécial, stressant et hyper-tendu de la première à la dernière image. En gibier acculé à la totale panique, Lenora Crichlow est très bien, même si ses sanglots et ses hurlements incessants finissent par vriller littéralement les nerfs du spectateur. Mais c’était sûrement l’effet recherché !

BEAR2

LENORA CRICHLOW

Publicités
 

« FARGO : saison 3 (2017)

Après deux premières saisons qui ont pris tout le monde par surprise, la 3ème année de « FARGO » marque un peu le pas. Bien sûr, l’esprit des frères Coen est toujours présent, le Minnesota n’a rien perdu de son mystère opaque, et on entend encore çà et là quelques « Oh, ja ! », mais on ne retrouve jamais vraiment le plaisir des deux premières saisons.FARGO3

Il faut dire que les personnages n’ont rien d’attachant et que cela commence à sentir le rabâchage. Ainsi Ewan McGregor, jouant deux frères ennemis, est-il une sorte de pot-pourri des protagonistes du film original et de la série elle-même. Comme il est aussi ignoble et idiot dans ses deux rôles, on peine à compatir. La fliquette, calquée sur Frances McDormand, ne trouve pas en Carrie Coon une incarnation bien marquante. L’actrice est sympathique, mais n’apporte rien à l’emploi si bien défendu les années précédentes par ses consœurs. Olivia Sandoval, jouant sa coéquipière un brin simplette, est plus originale et intrigante. Du cast, ressortent essentiellement David Thewlis, terrifiant en escroc-prédateur aux dents pourries, glauque au possible, dont la seule présence met mal à l’aise. Il faut l’avoir vu copieusement vomir après s’être bâfré à chaque repas ! Une grande composition ! Et aussi Mary Elizabeth Winstead, très bien en dure-à-cuire sexy qui met hélas, trop longtemps à s’installer comme la véritable héroïne des dix épisodes. Notons également la présence d’une Mary McDonnell bien changée, en business woman implacable.

Cela se laisse voir, c’est indéniable malgré une photo verdâtre assez ingrate, la BO est toujours envoûtante, certaines répliques sont mémorables (« Si j’avais besoin de l’avis d’un trou du cul, je demanderais au mien »), mais on sent que la magie des débuts commence à s’évaporer et que les rouages sont trop visibles et surtout prévisibles. Dommage que cette saison ne se soit pas alignée sur les scènes où apparaît Ray Wise, sorte de deus ex machina qu’on croirait échappé de… « TWIN PEAKS » !

 

« BE RIGHT BACK » : épisode de « Black mirror » (2013)

« BE RIGHT BACK » est un épisode de la 2ème saison de « BLACK MIRROR » réalisé par Owen Harris et écrit par Charlie Brooker, créateur de cette exceptionnelle série de moyens-métrages unitaires, uniquement reliés par le thèmes des technologies modernes et de la propagation du virtuel.

BACK

DOMHNALL GLEESON

Le scénario est tellement riche, qu’il aurait – légèrement étoffé – parfaitement pu donner lieu à un film de cinéma. À la suite de la mort accidentelle de son compagnon (Domhnall Gleeson), Hayley Atwell a recours à un site qui « recrée » littéralement le jeune homme à l’aide des données qu’il a laissées sur Internet et les réseaux sociaux. D’abord, elle ne fait que converser avec ce « fantôme » vocal, puis elle commande son double physique qui est livré à domicile et qu’elle active. L’idée en elle-même est fascinante de simplicité et traite le sujet du deuil de façon totalement inédite. Mais après l’euphorie, en particulier au lit, puisque le nouveau ‘Ash’ a appris à faire l’amour en téléchargeant des films pornos, vient la désillusion : bien qu’il lui ressemble en tous points, l’homme artificiel qui vit sous le toit de l’héroïne enceinte n’est pas un être humain. À peine un ersatz, une pâle copie qu’elle commence à prendre en horreur.

Sur 48 minutes, « BE RIGHT BACK » exploite tous les recoins de cette histoire contée avec tant d’aplomb et de finesse, qu’on en accepte toutes les invraisemblances sans même se poser de question. C’est une œuvre remarquable, sobre, sans aucun sensationnalisme et magnifiquement interprétée par l’émouvante Atwell et le toujours parfait Gleeson dans un double rôle particulièrement complexe. Un petit chef-d’œuvre.

BACK2

HAYLEY ATWELL

 

« THE ENTIRE HISTORY OF YOU » : épisode de « Black mirror » (2011)

ENTIRE

TOBY KEBBELL

« THE ENTIRE HISTORY OF YOU » est un épisode de la 1ère saison de la série « BLACK MIRROR », réalisé par Brian Welsh.

C’est un brillant scénario bâti autour du principe que nous aurons bientôt tous un petit appareil implanté sous la peau, derrière l’oreille et qui enregistre et stocke dans un disque dur mental, tout, absolument tout ce que nous vivons au quotidien. Des souvenirs auxquels on peut revenir à volonté sur d’innombrables écrans où qu’on se trouve, qu’on peut revoir au ralenti, dans lesquels on peut zoomer, faire des arrêts sur image, etc.

À partir de là, le film décortique la désagrégation d’un couple, Toby Kebbell et Jodie Whittaker, à la suite d’une soirée où l’homme soupçonne son épouse d’avoir un amant. Très bien construit, le scénario est aussi angoissant qu’implacable, suit sa logique infernale jusqu’au bout et joue de tous les ressors du mensonge, de la paranoïa, de la perte de confiance. Car ici, tout est vérifiable, on ne peut rien dissimuler.

Dans un casting impeccable, se détache la toujours parfaite et touchante Jodie Whittaker qui apporte un poids de réalité à cette fable qui – comme toujours dans cette étonnante série – ne paraît pas si éloignée de nos propres existences.

ENTIRE2

JODIE WHITTAKER

À noter que la scène où les époux font l’amour en se projetant mentalement un coït du début de leur mariage pour s’exciter, est une des plus perverses et tordues qu’on puisse imaginer !

 

« FIFTEEN MILLION MERITS » : épisode de « Black mirror » (2011)

MERITS

DANIEL KALUUYA

« FIFTEEN MILLION MERITS » est un épisode de la 1ère saison de « BLACK MIRROR », réalisé par Euros Lyn.

Nous sommes dans un univers dématérialisé, évoquant vaguement « THX 1138 ». L’être humain vit dans de minuscules cellules tapissées d’écrans, il pédale toute la journée sur des vélos immobiles pour gagner des points et son seul espoir est de pouvoir participer un jour à un jeu du genre « Incroyable Talent ».

Dans ce monde cauchemardesque, claustrophobique mais feutré, le jeune Daniel Kaluuya tombe amoureux de la jolie Jessica Brown Findlay et l’aide à accéder au concours où elle doit chanter. Mais cet univers broie et corrompt tout et les plus pures intentions s’achèvent dans la pornographie crasse. Les tentatives de révolte sont récupérées et caricaturées jusqu’à devenir un spectacle elles-mêmes. Le scénario transpose à peine notre réalité d’aujourd’hui dans un décorum de science-fiction, mais on comprend parfaitement où les auteurs veulent en venir. Ils ne lésinent pas sur les symboles, quitte à prendre parfois des accents irritants de donneurs de leçons. Mais les deux jeunes acteurs sont excellents dans leur innocence piétinée. On reconnaît Rupert Everett barbu en juré cynique.

Un épisode original dans sa forme, moins dans son fond, qui renvoie une image de notre monde – d’où le titre de la série – pas bien reluisante.

MERITS2

JESSICA BROWN FINDLAY

 

STEPHEN BOCHCO : R.I.P.

BOCHCO

STEPHEN BOCHCO (1943-2018), AUTEUR ET PRODUCTEUR DE SÉRIES POLICIÈRES AU TON RÉALISTE ET NOVATEUR EN SON TEMPS.

 
6 Commentaires

Publié par le 2 avril 2018 dans CARNET NOIR, SÉRIES TÉLÉ

 

HITCH THE LAST…

AHP 7

SORTIE FRANÇAISE DE LA DERNIÈRE SAISON DE « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE » AVEC UN EXCELLENT ÉPISODE BRONSONIEN !