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Archives de Catégorie: SÉRIES TÉLÉ

« NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » : saison 20 (2018)

SVU20Et voilà : « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE » arrive à sa 20ème année. Cela mérite, en soi, le respect. Mais hélas, cette saison s’avère être une des plus faibles de l’histoire de la série et commence à faire sérieusement douter d’un possible rétablissement.

Sur 24 épisodes, seuls deux ou trois sortent du rang et proposent des scénarios aux enjeux forts. Le reste n’est que de la pure routine, des thèmes déjà traités et confirme l’enlisement des personnages récurrents dans un non-jeu de plus en plus pénible. On pense essentiellement à Mariska Hargitay qui se traîne avec un air chafouin, exaspéré, débite ses phrases toute faites (« It’s not your fault », « I know how difficult this must be ») comme un automate et se laisse voler la vedette par sa co-équipière Kelli Giddish qui occupe fréquemment le devant de la scène et se révèle intense et intéressante. Le nouveau procureur Philip Winchester, un peu trop tourmenté, ne fera manifestement pas partie de la suite, Ice-T et Peter Scanavino n’ont heureusement pas encore lâché l’affaire. Que retenir alors de ce début de deuxième décennie ? Un épisode remarquable déjà : « PART 33 », entièrement situé dans la salle d’attente d’un tribunal, où nos héros s’affrontement autour d’un dilemme. On y parle de justice, de vengeance, de la responsabilité des policiers, de pas mal d’autres choses passionnantes. En montrant une facette dure et intraitable de son rôle, Giddish crève brillamment l’écran. Un épisode théâtral, en huis clos, très fort. On peut aussi retenir « ALTA KOCKERS » où s’affrontent deux frères célibataires traumatisés par leur enfance, joués par les vétérans Judd Hirsch et Wallace Shawn, très en verve.

C’est à peu près tout hélas, et « NEW YORK – UNITÉ SPÉCIALE », il faut bien l’admettre, a pris non seulement un gros coup de mou, mais surtout un vrai coup de vieux. Va-t-elle s’en remettre ? Pas sûr qu’on ait envie de vérifier l’année prochaine.

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KELLI GIDDISH ET MARISKA HARGITAY

 

HOMMAGE…

RC RIP

ROBERT CONRAD, ALIAS JAMES T. WEST, L’ÉTERNELLE JEUNESSE DES HÉROS DE L’ENFANCE. BISES À ARTEMUS !

 

« THE SINNER » : saison 2 (2018)

Après une première saison saisissante, « THE SINNER » nous fait retrouver Bill Pullman, flic perturbé, hanté par son enfance, dont le seul véritable don semble être une totale empathie avec les suspects.SINNER2.jpg

Ici, c’est un garçon de 13 ans (Elisha Henig) qui a grandi dans une secte dirigée par sa mère (Carrie Coon) et qui vient d’avouer qu’il a empoisonné un couple lors d’un voyage. Pour enquêter, Pullman doit revenir dans sa ville natale, s’imposer aux policiers locaux, se confronter à la secte mais aussi à ses propres démons. Son « péché » originel le rapproche automatiquement de l’enfant et leur relation constituera le cœur du scénario. Bien sûr, l’élément de surprise ayant disparu, cette saison 2 ne possède pas l’originalité de la précédente, mais l’histoire se tient parfaitement, l’implication personnelle du héros ajoute au suspense et les 8×42 minutes se laissent regarder sans le moindre ennui. On s’étonnera cependant de grosses impasses scénaristiques très dommageables dans un polar (où est passé le fondateur de la secte ? A-t-il été empoisonné ? Qui est la morte découverte dans le lac ?)  et qui laissent de grosses questions sans réponse. Un peu figé dans son personnage, affichant toujours la même expression constipée, comme au bord des larmes, Pullman est plutôt bien, mais se fait dévorer tout cru par la magnifique Carrie Coon, qui compose un fascinant personnage de gourou à la fois inquiétante, impérieuse et subtilement séduisante. Elle crève littéralement l’écran, accaparant l’attention dès qu’elle apparaît à l’image. Le jeune Henig est excessivement étrange mais remarquable de bout en bout et Hannah Gross est parfaite en paumée au sombre destin.

Une bonne saison donc, qui devrait permettre à Bill Pullman d’évoluer dans la suivante et d’offrir une palette d’émotions plus variée à son rôle par ailleurs très intéressant de flic marginal et obstiné.

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CARRIE COON

 

« RAY DONOVAN » : saison 6 (2018)

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LIEV SCHREIBER

La dernière séquence de la 5ème saison de « RAY DONOVAN » nous laissait sur un terrible « cliffhanger » : le suicide de Liev Schreiber, incapable de supporter la vie sans sa femme morte d’un cancer. La 6ème reprend là où en était restés. Ray est sauvé de la noyade par un flic (Domenick Lombardozzi) aussi paumé que lui, dont il devient l’ami.RAY6.jpg

Les premières saisons suivaient la lente décomposition d’un « héros » amoral et violent, celle-ci le voit en train de pourrir littéralement sur pied. Ray se dégrade sous nos yeux : il a des hallucinations, boit comme un trou, commence à avoir des tics nerveux et se fait régulièrement passer à tabac, jusqu’à en être défiguré. C’est un chemin de croix que montrent ces 12 épisodes comme toujours remarquablement écrits. Sans la présence de l’épouse et mère, dont le spectre semble flotter sur chaque film, la famille vole en éclats, tout le monde régresse, et le scénario ne semble aller que dans une seule direction pour tous les protagonistes : droit dans le mur. Relocalisé à New York, Ray trempe dans des magouilles politiques, devient le factotum de la machiavélique Susan Sarandon (dans un de ses meilleurs rôles) et défouraille sans la moindre retenue. Seul un évènement dramatique, à savoir le kidnapping de sa fille (Kerris Dorsey) re-soudera instantanément le clan irlandais. Chaque épisode est chargé de la même tension, faite de désespoir, de passé sordide jamais résolu. L’accent est mis sur la souffrance des membres de la famille. Les deux derniers épisodes, tout en restant d’une extrême noirceur, adoptent soudainement un ton presque… comique en montrant les Donovan se débarrassant des trois cadavres encombrants. À cette occasion, le grand Jon Voight se surpasse d’impressionnante façon.

Parmi les « guests » de cette saison : Sandy Martin, étonnante en vieille tantine délurée, Zach Grenier en maire totalement pourri, Tony Curran en flic rouquin terrifiant, la très sexy Lola Glaudini en candidate manipulée et surtout Alan Alda formidable en vieux psy patient et humain.

Que dire de plus ? Vivement la 7ème  saison.

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SUSAN SARANDON, LIEV SCHREIBER, EDDIE MARSAN ET JON VOIGHT

 

« LE TRÔNE DE FER » : saison 8 (2019)

Les meilleures choses ayant une fin, il fallait bien qu’un jour « GAME OF THRONES » parvienne à son terme. La 8ème et ultime saison de cette série hors-norme s’achève en apothéose et règle définitivement tous les comptes en suspens.

En 6×80 minutes, cette conclusion connaît deux pics spectaculaires : l’épisode 3 consacré à la guerre contre les morts-vivants (oui, l’hiver a quand même fini par arriver !) et l’avant-dernier qui marque la fin de la méchante reine incestueuse. Le dernier : « THE IRON THRONE » est plus paisible et introspectif et clôt l’épopée en douceur et non sans amertume. Comme toujours, les CGI sont magnifiquement utilisés (certains films de super-héros devraient en prendre de la graine), les séquences de bataille sont ahurissantes d’ampleur et de violence. Et bien sûr, la série trouve son âme dans le traitement de personnages bigger-than-life, mais dépeints en profondeur et même avec empathie.GOT8

Cette saison est celle de la petite Maisie Williams, qui prend soudainement toute sa dimension, après une présence sporadique et parfois déconcertante les années précédentes. Elle domine clairement ces six films et acquiert une stature héroïque. Kit Harrington à l’inverse, ne s’élève jamais au rang de légende et demeure ce prince tourmenté, shakespearien, dépressif et au bout du compte impuissant. Là encore, très inattendu ! À la fois acteur, spectateur et commentateur, Peter Dinklage boucle son personnage avec intelligence et panache. À peine pourra-t-on trouver Emily Clarke un peu monolithique dans un rôle pourtant riche en facettes, entre la fillette grandie trop vite et le monstre sanguinaire rongé par l’ambition.

L’épisode « THE BELLS », montrant le dragon détruisant toute une cité avec ses habitants, restera comme un des plus impressionnants d’une série qui n’a jamais déçu et qui, narrativement parlant, aurait pu durer indéfiniment. Magistral !

 

« MINDHUNTER » : saison 2 (2019)

Coréalisée par David Fincher, Andrew Dominik et Carl Franklin, la 2ème saison de « MINDHUNTER » poursuit son étude de la nouvelle cellule du FBI censée « profiler » les serial killers et les débusquer en se basant uniquement sur leurs points communs et leur modus operandi. Nous sommes toujours à la fin des seventies, avec le même trio d’enquêteurs disparate. Dans cette saison, c’est le vétéran Holt McCallany qui est placé en avant.MIND2

« MINDHUNTER » garde le cap d’une réalisation sobre, sans le moindre effet mélodramatique, sans jamais céder au spectaculaire, même dans l’approche de la violence (qui est tout de même à la base même du scénario), enrobe son récit d’une lumière verdâtre, souvent sous-exposée, là encore sans chichi esthétique. Dans ces neuf épisodes oscillant entre 40 et 70 minutes, seuls comptent les personnages, leur évolution, leurs erreurs et leurs conflits internes, toujours très motivés et passionnants à voir évoluer. Seul petit reproche, l’analyste Anna Torv peine à trouver sa place dans cette affaire de tueur d’enfants noirs à Atlanta et ses mésaventures sentimentales avec une barmaid ne servent strictement à rien et plombent même sévèrement le rythme de certains épisodes. Intéressante progression en revanche de Jonathan Groff, dont l’arrogance naturelle va être mise à mal à force d’échecs et de piétinements. Mais outre les face à face avec les assassins (dont un très crédible Charles Manson), tous remarquablement interprétés et la démythification de quelques-uns d’entre eux comme le « Son of Sam », le cœur de cette saison se situe au domicile de McCallany, dont le jeune fils adoptif se révèle peu à peu posséder pas mal de points communs avec les monstres qu’il poursuit à longueur d’année. Fascinante thématique, déjà développée dans l’excellente série anglaise « HAPPY VALLEY ».

Une saison 2 qui ne démérite pas donc, qui évite tous les clichés des séries TV policières, pour élever le genre tout en le dépoussiérant.

 

« LA MÉTHODE KOMINSKY » : saison 2 (2019)

Les 8×26 minutes qui constituent la 2ème saison de « LA MÉTHODE KOMINSKY » de Chuck Lorre, parviennent à encore améliorer le score de la première, déjà géniale. Pour avoir produit cette sitcom de luxe, il sera beaucoup pardonné à Netflix !KM

Si les épisodes précédents parlaient du vieillissement du mâle américain, du deuil et des tristes bilans du 3ème âge, celle-ci va encore plus loin dans les thèmes qui effraient : les défaillances physiques, le cancer, la solitude, mal dissimulés derrière plusieurs couches de cynisme et de sarcasmes. C’est cruel, abrasif, mais étonnamment généreux et constamment hilarant, même dans les pires situations. C’est vraiment de la grande écriture, une manière brillante et frontale d’aborder les grandes angoisses de l’être humain. Sans oublier un discours lucide et passionnant sur le métier de comédien et ses aléas et une critique virulente contre l’église de scientologie. N’en jetez plus !

Bien sûr, le casting est pour beaucoup dans la jouissance procurée par cette série : Michael Douglas, encore très séduisant à 75 ans, dans un personnage qu’on devine très proche de lui, Alan Arkin magnifique dans le désarroi orgueilleux, Paul Reiser – vieilli par un maquillage épatant – quasiment méconnaissable en vieux futur gendre de Douglas, plus quelques « guests » comme Jane Seymour peut-être plus belle et mordante que dans ses jeunes années, Allison Janney dans son propre rôle et surtout (vraiment pas facile à reconnaître !) Kathleen Turner, la partenaire de Douglas dans « À LA POURSUITE DU DIAMANT VERT » ou « LA GUERRE DES ROSE », jouant son ex-femme le temps d’une séquence au téléphone d’une implacable dureté.

C’est d’une telle qualité, d’une telle finesse, qu’on enrage d’en voir le bout après si peu d’épisodes, mais « LA MÉTHODE KOMINSKY » n’a sans doute pas dit son dernier mot, et c’est avec impatience qu’on attend la suite de ce petit bijou.