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Archives de Catégorie: SÉRIES TÉLÉ

L’INTÉGRALE DE « DAN AUGUST » !

Sortie américaine en DVD, de l’intégrale de la série TV « DAN AUGUST », que Burt Reynolds – récemment disparu – avait tournée juste avant de connaître le succès au cinéma.AUGUST

Reynolds y tient le rôle-titre, celui d’un flic de la Crim’ de Santa Luisa en Californie, qui enquête auprès de gens qu’il a côtoyés toute sa vie. Parmi les rôles récurrents : Norman Fell, Richard Anderson et Ned Romero. Et de nombreuses « guest stars » au fil des 26 épisodes, comme : Anne Francis, Richard Basehart, Vera Miles, Vic Morrow, Joan Hackett, Mike Henry (que Reynolds retrouvera dans « COURS APRÈS MOI, SHÉRIF ! » et ses suites), Larry Hagman, Martin Sheen, Billy Dee Williams ou William Smith.

À noter que Burt Reynolds et Norman Fell reprirent leurs rôles pour quatre téléfilms en 1980, pas encore édités en vidéo. Le coffret DVD contient également « HOUSE ON GREENAPPLE ROAD », inspiré du roman de Harold R. Daniels et où c’est Christopher George qui y tient le rôle de Dan August, aux côtés de Janet Leigh, Keenan Wynn, Walter Pidgeon et, déjà, Ned Romero qui gardera son rôle de coéquipier dans la série.

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« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : HOSTAGE HOTEL » est signé Alan Smithee, ce qui n’est jamais bon signe. C’est en effet le pseudonyme adopté par les réalisateurs U.S. refusant de signer leurs œuvres, généralement pour cause de différend artistique avec les producteurs. Et il est très rare que cela arrive sur un téléfilm ! L’anonyme est en fait Hal Needham, le vieux complice de Burt Reynolds, il y a déjà bien longtemps. Mais manifestement, tout le monde était très fatigué sur ce tournage et les heures de gloire étaient loin derrière !

Le scénario tourne autour d’un hôtel inauguré par un futur sénateur (David Rasche) dont la fille et la femme sont prises en otages pendant la cérémonie par un tueur (Keith Carradine) exigeant une rançon et… la présence de Larry King sur site. Charles Durning, l’air hagard, pouvant à peine se déplacer, est chargé de l’affaire, assisté de son ami Burt qui ne semble pas non plus au sommet de sa forme. Que dire ? Le film fut tourné à l’aube de l’an 2000 et ressemble à s’y méprendre à un DTV du début des années 80. C’est d’une lenteur effarante, les acteurs sont au-dessous de tout et le suspense est totalement inexistant. Carradine se traîne le petit air tristounet et blasé du bon acteur qui a tourné trop de mauvais films et a fini par démissionner. Il fait un psychopathe sans relief dont le seul signe distinctif est un « mal rasé » d’une semaine. Quant à Reynolds, on n’arrive plus du tout à croire qu’il puisse encore être sur le terrain, en tenue de FBI, l’arme au poing à dégommer des méchants. C’est une catastrophe !

Les aventures de Logan McQueen se sont heureusement arrêtées là et la trilogie a été complètement oubliée depuis, ce qui n’est que justice. Les aficionados de Burt Reynolds préfèrent se souvenir de ses belles heures des seventies, quand il était le roi du box-office américain et qu’il semblait tellement s’amuser avec ses potes cascadeurs. En 1999, il n’était déjà plus que le fantôme de lui-même et ce n’est pas gai-gai…

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BURT REYNOLDS ET KEITH CARRADINE

 

« HARD TIME : THE PREMONITION » (1999)

HARDTIME« HARD TIME : THE PREMONITION » réalisé par David S. Cass, Sr. est le second téléfilm de la trilogie consacrée au flic de Miami – enfin, ex-flic en l’occurrence – ‘Logan McQueen’, interprété par Burt Reynolds. On le retrouve finissant son année de prison, entouré d’un vieux condamné à mort philosophe (Roscoe Lee Browne) qui lui apprend la vie et d’un serial killer (Bruce Dern) qui se prend pour Hannibal Lecter.

À sa sortie, Burt garde un moment sa perruque qui le fait ressembler à Sean Connery au début de « ROCK » et finit heureusement par en changer pour quelque chose de plus seyant. Le scénario ? Des jeunes femmes meurent dans l’explosion de leurs voitures et Burt assiste en « consultant » l’enquêteur novice chargé du dossier. On a beau aimer les vieux de la vieille présents dans le film (on retrouve aussi Charles Durning dans deux ou trois scènes), c’est affreusement mou, voire un peu tristounet. Vêtu de noir, bedonnant et courant avec difficulté, Reynolds n’a visiblement pas la pêche et traîne une petite mine renfrognée. Il paraît s’ennuyer poliment comme quelqu’un qui a déjà joué toutes ces situations convenues des dizaines de fois dans sa jeunesse et qui est « too old for this shit ». Dern en fait des tonnes, comme à son habitude et Gigi Rice, jouant sa fille hantée par le passé, n’est pas la meilleure actrice du monde.

Ce 2ème épisode n’a donc pas grand-chose pour lui, mais s’inscrit dans le long parcours de « Buddy » Reynolds comme une péripétie vaine et non-avenue.

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BRUCE DERN ET BURT REYNOLDS

À noter que Bruce Dern et Roscoe Lee Browne figuraient tous les deux au générique des « COWBOYS » de Mark Rydell, entourant John Wayne.

 

« DOCTOR FOSTER » : saisons 1 & 2 (2015-2017)

Créée par Mike Barlett pour la BBC, la courte série « DOCTOR FOSTER » (10×55 minutes en deux saisons tournées sur trois ans), adopte un parti-pris des plus osés et intéressants : le scénario traite une simple histoire d’adultère provincial selon les codes d’un thriller et fait grimper la tension d’épisode en épisode, jusqu’à faire perdre tout repère et toute proportion.DOC

Médecin bourgeoise et quadragénaire, Suranne Jones découvre que son mari Bertie Carvel – parfait dans la veulerie souriante – la trompe avec une très jeune femme. Dans un état de paranoïa grandissant, notre héroïne va mener son enquête dans la vie de cet homme et découvrir que ses secrets ne s’arrêtent pas là. L’intérêt principal de ces dix heures de projection, c’est le portrait affuté que l’auteur dessine de cette femme forte mais vulnérable, qui va sombrer progressivement dans les affres de la folie et laisser des plumes dans l’histoire. Le visage marqué, anxieux, les sautes d’humeur de la remarquable comédienne (qui forma un extraordinaire tandem de flics avec Lesley Sharp dans la série « SCOTT & BAILEY »), cimentent le récit. On prend immédiatement fait et cause pour elle, on s’identifie à sa révolte, sa violence… Jusqu’à ce qu’elle perde les pédales et qu’on en vienne à ne plus la comprendre voire à la craindre. La séquence de règlement de comptes cathartique dans le dernier épisode de la 1ère saison est un incroyable « climax », au point qu’on en oublie complètement qu’il ne s’agit tout de même que d’un drame familial dans la « middle class » anglaise. Les enjeux se sont tellement intensifiés, la protagoniste s’est tellement mise en danger, qu’on a la sensation de suivre un polar particulièrement dense et dramatique. C’est du grand art !

Tous les personnages secondaires sont bien écrits, jamais manichéens, trahisons, coups de théâtre et voltefaces s’enchaînent sans discontinuer, jusqu’à la conclusion douce-amère de la saison 1, démontrant simplement par l’image, que dans ce genre de conflit, il n’y a jamais de vainqueur. Admirable !

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SURANNE JONES ET BERTIE CARVEL

Pour la saison 2, on pourrait reprendre la célèbre ‘tag line’ de « ALIENS, LE RETOUR » : « This time, it’s war ! ». L’ex-mari revient après deux ans d’absence de son exil londonien avec femme et enfant, bien déterminé à chasser Suranne Jones de la ville. Le conflit entre eux reprend avec une intensité qui transforme les anciens époux en véritables bêtes féroces. L’enjeu, c’est le fils, qui va se retrouver balloté entre deux adultes hystériques, haineux, prêts à n’importe quel coup bas. Bertie Carvel se révèle peu à peu comme un dangereux pervers manipulateur, indifférent aux dommages collatéraux. Quant à Suranne Jones, elle laisse libre-cours à une sensualité débridée qu’elle utilise comme une arme. Et d’épisode en épisode, on comprend que, sous ses dehors de thriller psychologique, « DOCTOR FOSTER » n’est au fond que l’autopsie sans concession d’un divorce, révélant ce que ces personnages – dans lesquels chacun peut se reconnaître à un moment ou un autre – ont de plus sombre et de plus inhumain. Cette magistrale 2ème saison tend un miroir cruel et parfois amer à l’institution du mariage et finit par mettre dos-à-dos les deux adversaires, tout aussi monstrueux l’un que l’autre.

À ranger avec « SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE » d’Ingmar Bergman ou « LES NOCES REBELLES » de Sam Mendes, parmi les œuvres les plus lucides et décourageantes sur la vie de couple.

 

« BODYGUARD » (2018)

« BODYGUARD » est une minisérie anglaise de 6×55 minutes, située dans l’univers de la politique et du terrorisme, et prenant pour héros Richard Madden, vétéran de la guerre en Afghanistan, nommé garde-du-corps personnel de la ministre de l’Intérieur (Keeley Hawes) menacée pour des récentes prises de position qui lui ont fait beaucoup d’ennemis.BODYGUARD.jpg

Dès la toute première séquence dans un train menacé par une djihadiste armée d’une ceinture d’explosifs, on est agrippé. C’est haletant, imprévisible, addictif. Et cela ne se relâche pratiquement jamais. La relation qui se noue entre l’ex-soldat d’élite et la politicienne laisse deviner le développement de l’intrigue, mais… pas du tout ! Au 4ème épisode, la série prend un virage en épingle à cheveux et tout s’accélère, révélant progressivement un complot d’envergure en vue de la préparation d’un coup d’État. Mais ce n’est encore qu’une facette de ce scénario à tiroirs, bourré de fausses-pistes admirablement gérées sur la longueur, de chausse-trappes et d’incertitudes. Ici, n’importe qui peut mourir à n’importe quel moment, tout le monde – absolument tout le monde – est un suspect potentiel et les failles psychologiques des protagonistes font partie intégrante du suspense.

De la grande télévision donc, une écriture au rasoir, des comédiens formidables, parmi lesquels Gina McKee d’une exceptionnelle ambiguïté et au final un instantané terrible de notre monde paranoïaque, englué dans une guerre souterraine et sans espoir apparent de résolution. Les leçons de « HOMELAND » ont été bien retenues par les auteurs anglais qui ont même réussi à améliorer la sauce. On en redemande !

Histoire de pinailler, regrettons l’épilogue qui semble rajouté a posteriori et n’a strictement aucun rapport avec le mood de l’ensemble des six épisodes.

 

« SYNDICATE SANCTUARY » : Jack Elam dans « Les incorruptibles »

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JACK ELAM ET ROBERT STACK

« SYNDICATE SANCTUARY » est un épisode de la 1ère saison de la série « LES INCORRUPTIBLES » réalisé par Paul Harrison.

Le scénario se concentre sur la petite ville de Calum, choisie par la pègre pour devenir la plaque tournante du trafic de drogue. Robert Stack et ses hommes cherchent à localiser le QG du caïd Anthony Caruso, qui vient de faire assassiner un vieux juge, candidat intègre à la mairie. Ils découvriront que la planque en question n’est autre qu’une pièce… au fond du commissariat ! Rien de très palpitant là-dedans, trop de personnages secondaires et pas de « guest star » proéminente, comme c’était si souvent le cas dans cette série et qui en faisait d’ailleurs tout le charme. On reconnaît quelques têtes familières comme Gail Kobe, Lewis Charles en taxi manipulé par les gangsters et Jack Elam et Frank Wolff en hommes-de-main patibulaires à peine silhouettés. Pour la petite histoire, les deux acteurs se retrouveront – sans avoir de scène ensemble, toutefois – neuf ans plus tard, au générique de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ». À leurs côtés, l’imposant Mike Lane (le boxeur de « PLUS DURE SERA LA CHUTE ») joue un géant étrangleur tout de noir vêtu.

Le magnifique noir & blanc, une belle séquence au cœur d’une mine désaffectée, compensent la relative faiblesse de cet épisode, qui faisait la part belle à Nick Georgiade un des adjoints de Ness, généralement confiné à l’arrière-plan et à de modestes figurations.

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GAIL KOBE, MIKE LANE, ANTHONY CARUSO, FRANK WOLFF ET JACK ELAM

 

« LA MÉTHODE KOMINSKY » : saison 1 (2018)

Créée par Chuck Lorre (« MON ONCLE CHARLIE ») sous la forme inhabituelle d’une sitcom de seulement 8×26 minutes, « LA MÉTHODE KOMINSKY » est un petit miracle d’humour noir, mixant autodérision et désespérance avec un doigté miraculeux.KOMINSKY.jpg

Michael Douglas (74 ans), ex-acteur devenu un prof d’art dramatique renommé à L.A. vit les affres du vieillissement aux côtés de son agent Alan Arkin (84 ans) qui vient de perdre sa femme. Les deux amis se fâchent, se réconcilient, s’envoient des horreurs à la figure, mais sont inséparables et se raccrochent l’un à l’autre. Le challenge de cette saison est d’avancer sur la corde raide de la dépression sans jamais cesser de faire rire. Et parfois même aux éclats. On parle de deuil, de déception, du pardon, de la mort qui rôde, de solitude, d’occasions manquées à jamais et de beaucoup d’autres réjouissances auxquelles sont confrontés nos protagonistes. Ils n’ont rien perdu de leur verve et de leur causticité, mais la réalité les rattrape peu à peu. Douglas n’a jamais été meilleur que dans ce rôle de vieux beau irresponsable et égoïste. Son timing idéal fait regretter qu’il n’ait pas plus souvent tenté la comédie, voire le comique. Face à lui, Arkin est lui aussi d’une formidable précision dans l’humour pince-sans-rire et l’amertume. Magnifique duo d’acteurs ! Autour d’eux, quelques guests comme Danny DeVito en urologue trop bavard, Ann-Margret en veuve collante ou Elliott Gould dans son propre rôle. Sans oublier le bonus : Lisa Edelstein fabuleuse en fille droguée, menteuse et complètement désaxée d’Arkin. Immense composition !

« LA MÉTHODE KOMINSKY » est une des meilleures surprises offertes par Netflix cette année. Nul ne sait encore si la série perdurera, mais elle aura au moins permis à Michael Douglas de déployer totalement ses ailes de comédien.

À noter : Arkin apparut en 1979 dans « NE TIREZ PAS SUR LE DENTISTE » et Douglas en 2003 dans son remake « ESPION MAIS PAS TROP ! », sans jouer les mêmes personnages.