RSS

Archives de Catégorie: SÉRIES TÉLÉ

« RAY DONOVAN » : saison 4 (2016)

RAY4La 3ème saison de « RAY DONOVAN » avait laissé notre « héros » en mauvaise posture, gravement blessé après avoir massacré des gangsters arméniens et s’être mis dans la foulée la mafia russe à dos.

La 4ème saison confronte Liev Schreiber aux conséquences de ses actes et le voit s’enferrer dans un engrenage criminel de plus en plus inextricable où tout semble lui échapper. Mais cette fois, il n’est pas le seul en cause et c’est toute sa famille et ses proches qui vont se retrouver en danger mortel. Le principal intérêt de ces douze épisodes est de mettre en avant plusieurs personnages féminins qui vont pratiquement éclipser les hommes et s’accaparer la vedette : Paula Malcomson, l’épouse de Ray, va devoir lutter contre le cancer et abattre un intrus pour sauver son mari. Lisa Bonet est exceptionnelle en junkie incestueuse et nocive, Embeth Davidtz n’a jamais été meilleure qu’en galeriste/trafiquante. Sa scène d’amour avec Ray est une des plus émouvantes et dérangeantes vues à l’écran depuis longtemps, d’autant que l’actrice s’y met à nu (on ne spoile pas !) avec un courage stupéfiant.

La condition féminine, la famille, la maladie (cancer, dépression, addictions, Parkinson) et la rédemption sont au cœur de cette saison riche en événements, qui voit évoluer ses protagonistes récurrents de façon drastique et accentue encore plus profondément les failles du ‘tough guy’ Schreiber qui, à l’instar des héros de western d’Howard Hawks, va devoir demander de l’aide à cet entourage qu’il était censé protéger. Parmi les ‘guest stars’, on est heureux de retrouver Raymond J. Barry (« JUSTIFIED ») terrifiant en vieux caïd russe sadique, Ted Levine en patron de casino attifé comme Buffalo Bill (clin d’œil à son rôle dans « LE SILENCE DES AGNEAUX » ?) et Stacy Keach en ex-nettoyeur. Jon Voight affine encore son rôle de pater familias planche pourrie, accentuant l’humour de son ‘Mickey’ et laissant apparaître ses bons côtés. Eddie Marsan apporte une émotion de chaque instant.

RAY4 2

EMBETH DAVIDTZ, JON VOIGHT ET TED LEVINE

Une belle saison de cette grande série qu’est « RAY DONOVAN », donc, qui sous ses dehors de polar, se paie le luxe de parler de l’absence de Dieu, des démons intérieurs qu’on doit mater à n’importe quel prix et de beaucoup d’autres choses encore…

Publicités
 

« TEXAS FEVER » : Royal Dano dans « Rawhide »

RAWHIDE DANO

SHEB WOOLEY

« TEXAS FEVER » est un épisode de la 7ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Harmon Jones. Il marque surtout le retour de Sheb Wooley dans le rôle de ‘Pete Nolan’ le pisteur, après trois années d’absence dans la série.

Pour fêter ce comeback, Wooley se voit accusé de meurtre et presque lynché par une bande de ranchers « vigilantes ». Eric Fleming va devoir enquêter rapidement pour démasquer le vrai coupable (Christopher Dark) qui se trouve travailler pour son vieil ami Royal Dano et chaparder le bétail de tous les ranches environnants.

C’est un épisode très moyen, sans réel suspense. Clint Eastwood n’y apparaît que sporadiquement, toujours dans les travées de son « boss » et semble prendre tout cela par-dessus la jambe, apparemment pressé d’en finir. Comme souvent dans sa carrière, Dano âgé de seulement 43 ans, campe un personnage qui en a facilement vingt de plus. Marié à une femme jeune (Judi Meredith) qui le trompe avec l’infâme Dark, le bien-nommé, il saura la pardonner lors de l’épilogue, ce qui constitue la seule surprise de ce scénario soporifique. À noter que l’omniprésence de la loi du lynch et la présence de propriétaires prompts à rendre eux-mêmes la justice, n’est pas sans annoncer un futur succès d’Eastwood : « PENDEZ-LES HAUT ET COURT ».

RAWHIDE DANO2

ROYAL DANO, CLINT EASTWOOD ET ERIC FLEMING

 

« INCIDENT OF THE WOLVERS » : Dan Duryea dans « Rawhide »

RAWHIDE DURYA

CLINT EASTWOOD

« INCIDENT OF THE WOLVERS » est un épisode de la 5ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Thomas Carr et Clint Eastwood, en l’absence d’Eric Fleming, en est la seule vedette.

Alors que le troupeau est encerclé par une importante meute de loups affamés, ‘Rowdy’ est obligé d’accepter la proposition d’un ‘wolver’ (un exterminateur de loups professionnel) campé par Dan Duryea, de ses deux fils et de sa fille (Patty McCormack). L’intérêt de l’épisode se concentre sur le portrait de cette famille dysfonctionnelle, totalement dominée par ce père autoritaire qui écrase ses rejetons et réduit sa fille en esclavage. Mais celle-ci demande à Clint de lui apprendre à lire et c’est en déchiffrant une lettre laissée par sa mère disparue il y a des années, qu’elle va faire exploser ce « clan ».

Assez classique dans son déroulement, le téléfilm vaut pour ses plans de loups, parfaitement intégrés au montage et créant une réelle inquiétude. Mais surtout par la présence de l’excellent Duryea, despote antipathique et brutal, massacrant les loups à la strychnine et toujours prêt à dégainer son fusil contre quiconque le contrarie ou ose poser les yeux sur sa fille. La jolie Patty McCormack, ex-enfant vedette, a de belles scènes avec Eastwood, plus protecteur et moins dragueur que d’habitude. Un bon épisode de « RAWHIDE », comme c’était souvent le cas quand le personnage de ‘Gil Favor’ était absent.

RAWHIDE DURYEA2

DAN DURYEA, CLINT EASTWOOD ET PATTY McCORMACK

 

« WALKING DEAD » : saison 7 (2017)

WD7 2La 6ème saison de « WALKING DEAD » laissait nos héros en fâcheuse posture, la 7ème démarre à l’endroit précis où on les avait laissés : ligotés, humiliés, impuissants, à la merci de ‘Negan’, le leader psychopathe d’un clan rival, armé d’une batte de baseball ornée de barbelés qu’il appelle ‘Lucille’.

L’épisode « THE DAY WILL COME WHEN YOU WON’T BE » est pétrifiant : un long exercice de torture morale et physique qui va jusqu’à l’anéantissement psychologique de ‘Rick’ entre les mains de Negan et surtout la mort excessivement brutale de deux personnages centraux de la série, réduits en bouillie. Le problème, c’est qu’après cette entrée en matière, il faut attendre le 16ème et dernier épisode pour retrouver la même verve, le même suspense viscéral. On sent que, à l’instar de la précédente, c’est une saison de transition, une préparation à la 8ème. Les protagonistes manifestement essoufflés, ne sont pas très bien servis (la bluette entre Rick et Michonne, franchement sans intérêt et peu crédible, banalise les personnages), cela se répète beaucoup, on perd un temps fou en séquences dialoguées où tout le monde s’explique, s’excuse, se menace, etc. Et surtout, pour la première fois, des comédiens très faibles occupent le devant de la scène, comme les désolantes Alanna Masterson, Christian Serratos ou Katelyn Nacon. Quant aux nouveaux venus, comme le roi Ezekiel et son tigre numérique, on est en droit de se montrer circonspect.

Quoi qu’il en soit, la saison appartient tout entière à Jeffrey Dean Morgan, qui crée un prodigieux ‘bad guy’ en la personne de Negan. Un despote sadique, pervers, mais surtout – et c’est là la vraie révolution – incroyablement intelligent et charismatique. Au point d’éclipser les héros de la série à la moindre apparition. L’acteur a visiblement connu une vraie fusion avec son rôle et il explose l’écran, s’accaparant la vedette, jusqu’à devenir presque… sympathique. Car il est clair qu’on s’amuse bien davantage avec lui qu’avec nos « récurrents » un peu fatigués et trop bavards. Véritable double en négatif de Rick, il parvient sans difficulté à oblitérer celui-ci.

wd7

JEFFREY DEAN MORGAN ET POLLYANNA McINTOSH

Les zombies restent un peu à l’arrière-plan, mais sont plus répugnants que jamais, on se réjouit de voir l’étonnante Pollyanna McInstosh en chef d’une sorte de secte de survivants, mais cette saison 7 apparaît comme une des moins prenantes, des moins addictives depuis le début de la série. À suivre, donc…

 

« HOMELAND » : saison 6 (2017)

Quand démarre la 6ème saison de « HOMELAND », les choses ont pas mal changé pour nos personnages : Claire Danes est devenue l’avocate de ceux qu’elle combattait dans les saisons précédentes et elle sert de conseillère occulte à la prochaine présidente des U.S.A. (Elizabeth Marvel) avant son entrée en fonction. Rupert Friend, l’ex-tueur d’élite, est physiquement et psychiquement diminué, F. Murray Abraham s’avère être le dangereux comploteur qu’on a toujours soupçonné et Mandy Patinkin continue à se complaire dans la plus opaque des ambiguïtés.HOMELAND6

Mais la série étant ce qu’elle est, rien n’est aussi simple et tout est perpétuellement remis en question. Les masquent tombent, les rôles s’inversent, les certitudes s’effritent. Après un démarrage laborieux – comme c’est souvent le cas avec « HOMELAND » – cette saison développe un suspense infernal qui culmine avec les deux derniers épisodes absolument époustouflants : le suspense est à la fois policier dans la plus grande tradition du thriller U.S. et psychologique avec un jeu de faux-semblants, des coups de théâtre inouïs et une volte-face finale qui laisse pantois.

De plus en plus ancrée dans notre époque avec ce qu’elle a d’anxiogène et d’incertaine, « HOMELAND » présente le miroir effarant d’un monde en décomposition avancée. C’est une série extraordinairement addictive, stressante, à l’écriture pointue, aux protagonistes écrits sans le moindre manichéisme. ‘Carrie Mathieson’, fragilisée par la présence de sa fille, est une héroïne constamment ‘borderline’, rongée par le remords. Mais cette saison appartient tout entière au remarquable Rupert Friend, dont le ‘Peter Quinn’ n’est plus que l’ombre pathétique de lui-même : un magnifique antihéros. Les face-à-face entre Abraham et Patinkin, deux vieux crotales tireurs de ficelles, sont de purs régals. Impossible de dire qui est le « good guy » et qui est le « bad guy » ! Seul Jake Weber agace par son jeu outrancier et un accent tout à fait insupportable à la longue.

Une bonne saison 6, au niveau des précédentes, qui laisse sur une étrange sensation : un peu comme si Hilary Clinton avait gagné les élections et, une fois dans le bureau ovale, s’était brutalement transformée en Trump !

 

« THE ENCOUNTER » : Neville Brand dans « The Twilight Zone »

TZ BRAND

NEVILLE BRAND

« THE ENCOUNTER » est un épisode de la 5ème saison de « THE TWILIGHT ZONE » réalisé par Robert Butler et qui propose un scénario annonçant, à toute petite échelle, celui de « DUEL DANS LE PACIFIQUE » de John Boorman.

George Takei (le ‘Sulu’ de « STAR TREK »), un jeune jardinier d’origines japonaises, vient proposer ses services à Neville Brand, un alcoolique en train de ranger son grenier. Celui-ci lui offre une bière, mais après la découverte d’un vieux sabre de samouraï ramené de la WW2, le dialogue va prendre une tournure dramatique entre les deux hommes. Et le sabre lui-même semble possédé par l’esprit de son propriétaire, abattu lâchement par Brand et réclamant vengeance.

Tourné en décor unique, uniquement composé de dialogue, l’épisode, très prenant, vaut un coup d’œil attentif pour la prestation exceptionnelle de Neville Brand. On le sait, celui-ci fut un des héros les plus décorés de la WW2, on sait aussi que sa carrière d’acteur fut handicapée par ses problèmes d’alcool. Aussi, quand on écoute ses monologues sur les combats, quand on contemple les gros-plans de son visage marqué, hanté, on parvient de plus en plus difficilement à différencier le personnage de son interprète. Brand a rarement été meilleur que dans ce film de 26 minutes, incarnant ce « beauf » dépressif englué dans le passé, avec une intensité phénoménale. Face à lui, Takei tient la distance, ce qui n’est déjà pas si mal. Son personnage est lui aussi, à un autre degré, marqué à vie par la guerre et par un passé familial peu glorieux.

TZ BRAND2

GEORGE TAKEI ET NEVILLE BRAND

À voir donc, comme une mini pièce de théâtre très bien écrite et portée par l’acteur idéal. Toutes proportions gardées, Brand accomplit en quelque sorte le même travail cathartique que Mickey Rourke avec « THE WRESTLER », bien des années plus tard.

 

« INCIDENT AT CONFIDENCE CREEK » : Dick York dans « Rawhide »

RAWHIDE YORK

CLINT EASTWOOD ET BARBARA EDEN

« INCIDENT AT CONFIDENCE CREEK » est un épisode de la 6ème saison de « RAWHIDE », réalisé par Harry Harris.

En l’absence de leur ‘trail boss’ Eric Fleming (qui n’apparaît qu’à la toute fin), les cowboys du convoi se sont voler les papiers légaux du troupeau par Dick York, un escroc professionnel et par sa complice Barbara Eden. Clint Eastwood va devoir poursuivre l’aigrefin en compagnie de la fiancée de celui-ci, larguée sans autre forme de procès sur le bas-côté.

L’épisode est bien écrit – et surtout très bien dialogué – sur un ton de comédie et York (le premier mari de « MA SORCIÈRE BIEN-AIMÉE ») s’en donne à cœur-joie en sympathique fripouille au langage fleuri, capable de convaincre n’importe qui de n’importe quoi. Il tient le téléfilm sur ses épaules, mais Miss Eden, radieuse et spirituelle, est également très à l’aise dans son tandem avec Eastwood, qui n’est pas sans annoncer par moments celui de « SIERRA TORRIDE ». L’air crispé et tendu, le Clint joue de façon routinière. La jeune femme a une intéressante réplique qui résume assez bien le personnage de cinéma  de son partenaire : « Attention à ce que personne ne vienne gratter ce mur que vous avez bâti autour de vous, il est possible que vous vous révéliez humain, après tout ». « C’est bien possible, oui », sourit Eastwood.

RAWHIDE YORK2

CLINT EASTWOOD, BARBARA EDEN ET DICK YORK