RSS

Archives de Catégorie: SÉRIES TÉLÉ

« HUNTED » (2012)

HUNTEDLe créateur de la série « HUNTED » a œuvré dans « X-FILES » et « MILLENIUM », aussi est-il habitué aux récits complotistes, aux sociétés secrètes, etc. Manifestement créée pour durer plusieurs saisons, « HUNTED » se résumera en fait à une minisérie de 8×55 minutes. Ce revirement inattendu pour les auteurs se sent cruellement dans le dernier épisode au dénouement incroyablement bâclé (la plupart des questions restent sans réponse) et frustrant.

Ceci dit, même si les prémices du récit sont intrigants, le scénario de « HUNTED » est faible et répétitif : Melissa George, une espionne/tueuse au service de ‘Byzantium’, un consortium situé à Londres, s’introduit comme baby sitter dans la demeure de Patrick Malahide, machiavélique business man/gangster pour l’empêcher d’acquérir un barrage en Afghanistan.

Le problème est qu’on sent rapidement que le récit aurait pu et dû être condensé en trois heures maximum et qu’il ne fait que se répéter : l’héroïne fouille les mêmes bureaux sans arrêt, vit les mêmes flash-backs, affronte son boss Stephen Dillane – remarquable de bout en bout dans un rôle complexe – sur les mêmes sujets. Cela devient vite exaspérant et soporifique et les bagarres distillées çà et là pour éviter l’endormissement complet, sont vraiment artificiellement plaquées voire superflues.

Heureusement, Melissa George est une excellente comédienne qui aide à supporter l’apathie généralisée. Mais les décors sont moches et semblables les uns aux autres, la photo est irrégulière et les coups de théâtre sont prévisibles ou absurdes. À voir éventuellement pour quelques bons comédiens donc, surtout Malahide, impressionnant de froide cruauté, pour le toujours puissant Adewale Akinnuoye-Agbaje en sous-chef hanté par le remords ou Indira Varma, ambiguë en barbouze du MI-6. Trois acteurs qu’on retrouvera d’ailleurs dans « GAME OF THRONES » pour un bien meilleur résultat.

HUNTED2

MELISSA GEORGE ET PATRICK MALAHIDE

Publicités
 

« LOOPHOLE » : Martin Landau dans « Les incorruptibles »

INCOS LANDAU

GAVIN MacLEOD, MARTIN LANDAU ET JACK KLUGMAN

« LOOPHOLE » est un excellent épisode de la 3ème saison de la série « LES INCORRUPTIBLES », réalisé par le toujours fiable Don Medford.

L’accent est mis sur la camaraderie inattendue qui lie Eliot Ness (l’éternellement rieur Robert Stack) et Jack Klugman, un avocat roué connu pour faire acquitter les pires gangsters. Adversaires au palais de justice, les deux hommes se découvrent des atomes crochus. Mais quand Klugman vient demander une faveur pouvant lui sauver la vie, Ness refuse tout net (« No deals »), prouvant que le surnom de son équipe n’est pas usurpé. Quoi qu’il en soit, les face-à-face entre les deux personnages sont intéressants et psychologiquement assez fouillés et méritent à eux seuls qu’on voie ce téléfilm.

À leurs côtés, de grands seconds rôles : un jeune et maigre Martin Landau, exalté et hypernerveux dans un rôle de malfrat ambitieux mais pas très malin, George Tobias en vieille fripouille débonnaire, Gavin MacLeod et Joe Turkel en hommes-de-main sans état d’âme. Comme toujours, la photo est superbement contrastée, le rythme rapide, le dialogue cinglant. Une série qui n’a pas pris une ride et offre presque systématiquement de jolis rôles à de bons comédiens.

INCOS LANDAU2

PAUL PICERNI, ROBERT STACK, NICK GEORGIADE ET MARTIN LANDAU

 

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » : Warren Oates dans « The Twilight Zone »

TZ OATES

RON FOSTER, WARREN OATES ET RANDY BOONE

« THE 7th IS MADE UP OF PHANTOMS » est un épisode de la 5ème et dernière saison de « THE TWILIGHT ZONE », écrit par Rod Serling et réalisé par l’ex-monteur Alan Crosland, Jr.

En 1964, trois soldats de la Garde Nationale (Ron Foster, Warren Oates et le jeunot Randy Boone) patrouillent en tank le site de Little Big Horn où eut lieu le célèbre massacre. Là où Custer et 261 cavaliers trouvèrent la mort sous les flèches des Sioux. Les trois soldats ont des visions, trouvent une gourde du 7ème de Cavalerie, entendent des cris de guerre indiens… Et finalement, tombent en plein cœur des combats !

C’est un épisode très simple et linéaire, sans chute véritable, mais doté d’un épilogue autour du monument aux morts, aussi prévisible qu’étrange. Tout se passe en extérieurs dans un décor désertique. À vrai dire, le seul intérêt véritable est de retrouver ce cher Warren Oates qui écope du rôle de l’incrédule, un caporal inculte et grande gueule qui ne cesse de râler, de railler et de vitupérer, face à ses deux compagnons de plus en plus persuadés qu’ils ont remonté le temps. Parmi les petits rôles, on reconnaît Greg Morris, le ‘Barney’ de la série « MISSON : IMPOSSIBLE » en G.I. discipliné. Un petit téléfilm tout à fait typique de l’esprit ‘Twilight Zone’. Un petit peu trop, même…

TZ OATES2

WARREN OATES

 

« HONDO AND THE EAGLE CLAW » et « HONDO AND THE WAR CRY » : premiers épisodes de « Hondo »

HONDO

RALPH TAEGER

Malgré sa courte durée (17 épisodes de 50 minutes), la série « HONDO » avait laissé le souvenir d’une franche réussite, un des meilleurs westerns télé des sixties. Et à revoir la série aujourd’hui, on s’aperçoit que cette réputation n’était nullement usurpée ou enjolivée par la nostalgie. Inspirée d’un roman de Louis L’Amour et du film « HONDO, L’HOMME DU DÉSERT » de John Farrow avec John Wayne dans le rôle-titre, la série met en scène un ‘scout’ de l’U.S. Army, qui combattit avec le Sud, vécut parmi les Apaches et tente de ramener la paix en territoire indien, à la demande du général Sheridan.

HONDO CRY

KATHIE BROWNE ET RALPH TAEGER

Le premier épisode : « HONDO AND THE EAGLE CLAW » réalisé par Lee H. Katzin, est une excellente entrée en matière. Hondo, campé par un Ralph Taeger confondant de naturel, a pour mission d’amener le chef Michael Pate (qui reprend le rôle qu’il tenait déjà dans le long-métrage), son ancien beau-père, à négocier avec l’armée. On fait connaissance avec le chien ‘Sam’, bâtard assez moche et inquiétant, mais fidèle compagnon du héros, avec son pote ‘Buffalo’ (Noah Beery, Jr.) et Kathie Browne dont Hondo a tué le méchant mari. On croise également de vieilles gloires comme Robert Taylor en propriétaire d’une mine, Michael Rennie en crapule suave, Gary Merrill ou Jim Davis. Une bien belle affiche pour un « pilote » enthousiasmant, qui fait retrouver le goût des grands espaces et du vrai western U.S.

HONDO CRY2

RALPH TAEGER

Le grand atout de la série est Taeger, au physique de jeune premier viril, mais qui campe un personnage mal embouché, cynique, à peine sympathique, très représentatif des antihéros des années 60. Son look – chapeau de l’armée confédérée, veste de peau – calqué sur celui de Wayne, est très réussi et il exécute lui-même ses cascades, dont une belle bagarre au couteau avec un Apache énervé. Une vraie « gueule », une authentique personnalité. « HONDO » est une série « feuilleutonnante » dont l’histoire se développe sur plusieurs épisodes. Ce premier donne furieusement envie de découvrir la suite. « HONDO AND THE WAR CRY » est en fait la seconde partie de l’épisode-pilote de la série « HONDO », qui poursuit et conclut le scénario présentant les personnages récurrents. L’idylle de notre héros avec la veuve de l’épicier se confirme (il l’appelle par son prénom vers la fin !) et il devient l’idole de son petit garçon qui s’avère encore plus énervant que celui de « L’HOMME DES VALLÉES PERDUES » en appelant Hondo par son surnom indien « Emborrado » (Mauvais Caractère) à chacune de ses répliques.

On notera un intéressant discours de Ralph Taeger sur le droit des Apaches à défendre leur terre volée par les hommes blancs, on le voit prendre la défense d’un ado indien malmené par des brutes épaisses. Quant au chef ‘Vittoro’, il prend dans cette seconde partie une dimension d’homme de paix prêt à tuer ses propres guerriers renégats pour respecter sa parole donnée.

À noter une augmentation du rôle du chien ‘Sam’, de plus en plus crado, mais toujours prêt à voler au secours de son ami (et non maître) Hondo.

HONDO2

ROBERT TAYLOR ET MICHAEL PATE

 

 

« SCHOOL DAYS » ET « BROWN » : deux épisodes de « The westerner »

WST

BRIAN KEITH

« SCHOOL DAYS » est un épisode de la courte série « THE WESTERNER », créée et produite par le jeune Sam Peckinpah, qui en signe également le scénario. Réalisé par le vétéran André De Toth, ce téléfilm de 26 minutes est d’une noirceur d’encre : notre héros, le vagabond Brian Keith fréquente une institutrice qui lui apprend à écrire son nom. Celle-ci est tuée par un plouc local qui cherchait à la violer et Keith l’abat. Mais il est capturé par les frères du mort et accusé d’avoir tué la jeune femme. Le potentat de la ville (R.G. Armstrong) s’apprête à le lyncher, mais le jeune shérif-adjoint s’interpose.

WST2

R.G. ARMSTRONG ET DUB TAYLOR

L’épisode dépeint un Ouest sombre et glauque à souhait, l’image est charbonneuse, le dialogue âpre (on reconnaît au passage l’expression chère à ‘Bloody Sam’ : « Redneck peckerwood ») et quelques seconds rôles qu’il affectionnait comme Armstrong, John Anderson et Dub Taylor.

C’est assez violent : Keith d’abord tabassé par Armstrong, est forcé de creuser sa propre tombe avec un couteau de chasse, à part le deputy, tous les personnages sont ignobles ou lâches. Seul Keith garde sa dignité. Quand Armstrong s’excuse à la fin et lui offre quelques dollars en guise de dédommagement, il les refuse et l’envoie au tapis d’un crochet à la mâchoire, avec un air dégoûté.

« BROWN », réalisé par Peckinpah lui-même, sur un scénario de Bruce Geller est d’une tonalité entièrement différente. Il se focalise sur la rencontre quasi-burlesque entre Brian Keith et John Dehner – qu’on reverra plusieurs fois dans la série – autour du chien qui suit partout notre westerner. En effet, Dehner, gambler élégant et jovial, veut absolument acheter ‘Brown’ à son maître. Mais celui-ci refuse, quel que soit le prix et Dehner insiste, finissant par soûler le trop naïf drifter. Il n’y a pas de scénario à proprement parler, juste la longue biture carabinée des deux protagonistes de plus en plus complices, une grosse bagarre de saloon avec son lot de mobilier démoli, une ambiance de fête dans la ville qui annonce le début de « COUPS DE FEU DANS LA SIERRA ». C’est du gros comique, ce qui n’était pas spécialement le point fort de Peckinpah, mais on remarque de jolis mouvements de caméra sur grue, un certain sens de l’authenticité et un goût de l’improvisation dans les séquences dialoguées entre Dehner, qu’on n’a jamais vu plus sympathique, et Keith. Parfois, « THE WESTERNER » était d’humeur badine ! Le plus amusant étant que, entouré de jolies entraîneuses peu farouches, les deux gaillards se tapent dessus pour… un chien.

WST3

JOHN DEHNER, « BROWN » ET BRIAN KEITH

 

« A LONG PIECE OF MISCHIEF » : Ben Johnson dans « Route 66 »

ROUTE66

BEN JOHNSON

« A LONG PIECE OF MISCHIEF » est un épisode de la 2ème saison de « ROUTE 66 », réalisé par David Lowell Rich et écrit par Stirling Silliphant.

Situé dans l’univers du rodéo, le téléfilm est centré sur un ex-champion (Albert Salmi) devenu clown après un accident où il a perdu une main. Il est amoureux fou d’une écuyère alcoolique (Audrey Totter) depuis la mort de son mari, mais il est aussi la cible de deux cowboys (Ben Johnson et Slim Pickens) qui le persécutent, persuadés qu’il porte la scoumoune. Nos deux héros de passage, Martin Milner et George Maharis, tentent d’aider Salmi, mais les imbéciles l’humilient de plus en plus jusqu’à le pousser à quitter le monde du rodéo. C’est un drôle d’épisode, dans lequel les deux « routards » n’ont pratiquement rien à faire qu’être témoins des événements. Le dialogue est très verbeux, les personnages aussi torturés que dans une pièce de Tennessee Williams et le monologue de Salmi sur la « mission » du clown destiné à soulager les souffrances de ses frères humains, n’est pas sans rappeler une tirade du « SCHPOUNTZ » de Pagnol.

Une curieuse bouillabaisse donc, sauvée par son casting cinq étoiles : Johnson parfait en salopard aux cheveux teints en blond (ou blancs ?), Pickens en acolyte influençable, Totter toujours parfaite et également Denver Pyle.

ROUTE66 2

AUDREY TOTTER, ALBERT SALMI ET SLIM PICKENS

À noter qu’avant de faire du cinéma, Ben Johnson fut réellement champion de rodéo et Pickens exerça la profession de… clown, comme Salmi dans cet épisode. Retour aux sources pour les deux hommes, donc !

 

« TABOO » : saison 1 (2016)

Les huit épisodes constituant la première saison de « TABOO » ont été imaginés et produits par l’acteur principal de la série : l’inclassable Tom Hardy. Et ils ressemblent totalement à ce comédien-caméléon, au jeu « primitif », à la présence physique unique et au talent en constante mutation.TABOO

Situé à Londres en 1814, « TABOO » tient à la fois de Monte-Cristo (retour d’un héros au passé mystérieux qui le hante), de Dickens pour l’atmosphère et d’Hugo Pratt pour le souffle d’aventure aux limites de l’ésotérisme. C’est indéniablement saisissant, extrêmement bien fait au niveau de la reconstitution historique et du soin apporté au visuel, mais l’essentiel de la fascination exercée par ces épisodes tient dans la personnalité de ce ‘James Delaney’, homme encore jeune mais abimé par la vie, le corps scarifié, l’âme tourmentée, traumatisé par ses propres péchés et dont la quête de rédemption confine au masochisme. Hardy pousse jusqu’aux dernières extrémités un type de rôles qu’il avait abordé dans « BRONSON », « WARRIOR » ou « LEGEND » : la bête humaine imprévisible et sans aucune limite physique ou morale. Il excelle dans les facettes de cet emploi très particulier et crée un personnage magnifique. Il s’est très bien entouré : Jonathan Pryce, réjouissant de corruption joviale, Oona Chaplin ambiguë en sœur incestueuse aux allures de veuve noire, David Hayman remarquable en serviteur trop zélé ou Franka Potente en maquerelle forte-en-gueule.

Comme souvent avec ce type de saga, certains passages semblent redondants et l’action tourne un peu en rond, les machinations de Delaney mettent trop longtemps à se mettre en place et les relations entre protagonistes patinent parfois. Mais dans l’ensemble, « TABOO » est une œuvre exceptionnelle par son ambition, sa violence extrême et par le portrait même de ‘Delaney’ exemple rare de « héros » en fin de compte beaucoup plus dangereux que les « méchants ».