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Archives de Catégorie: SÉRIES TÉLÉ

« SYNDICATE SANCTUARY » : Jack Elam dans « Les incorruptibles »

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JACK ELAM ET ROBERT STACK

« SYNDICATE SANCTUARY » est un épisode de la 1ère saison de la série « LES INCORRUPTIBLES » réalisé par Paul Harrison.

Le scénario se concentre sur la petite ville de Calum, choisie par la pègre pour devenir la plaque tournante du trafic de drogue. Robert Stack et ses hommes cherchent à localiser le QG du caïd Anthony Caruso, qui vient de faire assassiner un vieux juge, candidat intègre à la mairie. Ils découvriront que la planque en question n’est autre qu’une pièce… au fond du commissariat ! Rien de très palpitant là-dedans, trop de personnages secondaires et pas de « guest star » proéminente, comme c’était si souvent le cas dans cette série et qui en faisait d’ailleurs tout le charme. On reconnaît quelques têtes familières comme Gail Kobe, Lewis Charles en taxi manipulé par les gangsters et Jack Elam et Frank Wolff en hommes-de-main patibulaires à peine silhouettés. Pour la petite histoire, les deux acteurs se retrouveront – sans avoir de scène ensemble, toutefois – neuf ans plus tard, au générique de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ». À leurs côtés, l’imposant Mike Lane (le boxeur de « PLUS DURE SERA LA CHUTE ») joue un géant étrangleur tout de noir vêtu.

Le magnifique noir & blanc, une belle séquence au cœur d’une mine désaffectée, compensent la relative faiblesse de cet épisode, qui faisait la part belle à Nick Georgiade un des adjoints de Ness, généralement confiné à l’arrière-plan et à de modestes figurations.

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GAIL KOBE, MIKE LANE, ANTHONY CARUSO, FRANK WOLFF ET JACK ELAM

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« LA MÉTHODE KOMINSKY » : saison 1 (2018)

Créée par Chuck Lorre (« MON ONCLE CHARLIE ») sous la forme inhabituelle d’une sitcom de seulement 8×26 minutes, « LA MÉTHODE KOMINSKY » est un petit miracle d’humour noir, mixant autodérision et désespérance avec un doigté miraculeux.KOMINSKY.jpg

Michael Douglas (74 ans), ex-acteur devenu un prof d’art dramatique renommé à L.A. vit les affres du vieillissement aux côtés de son agent Alan Arkin (84 ans) qui vient de perdre sa femme. Les deux amis se fâchent, se réconcilient, s’envoient des horreurs à la figure, mais sont inséparables et se raccrochent l’un à l’autre. Le challenge de cette saison est d’avancer sur la corde raide de la dépression sans jamais cesser de faire rire. Et parfois même aux éclats. On parle de deuil, de déception, du pardon, de la mort qui rôde, de solitude, d’occasions manquées à jamais et de beaucoup d’autres réjouissances auxquelles sont confrontés nos protagonistes. Ils n’ont rien perdu de leur verve et de leur causticité, mais la réalité les rattrape peu à peu. Douglas n’a jamais été meilleur que dans ce rôle de vieux beau irresponsable et égoïste. Son timing idéal fait regretter qu’il n’ait pas plus souvent tenté la comédie, voire le comique. Face à lui, Arkin est lui aussi d’une formidable précision dans l’humour pince-sans-rire et l’amertume. Magnifique duo d’acteurs ! Autour d’eux, quelques guests comme Danny DeVito en urologue trop bavard, Ann-Margret en veuve collante ou Elliott Gould dans son propre rôle. Sans oublier le bonus : Lisa Edelstein fabuleuse en fille droguée, menteuse et complètement désaxée d’Arkin. Immense composition !

« LA MÉTHODE KOMINSKY » est une des meilleures surprises offertes par Netflix cette année. Nul ne sait encore si la série perdurera, mais elle aura au moins permis à Michael Douglas de déployer totalement ses ailes de comédien.

À noter : Arkin apparut en 1979 dans « NE TIREZ PAS SUR LE DENTISTE » et Douglas en 2003 dans son remake « ESPION MAIS PAS TROP ! », sans jouer les mêmes personnages.

 

« THE CUTTING EDGE » : Sylvester Stallone dans « Police story »

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ALAN FUDGE ET CHUCK CONNORS

« THE CUTTING EDGE » est un épisode de la 3ème  saison de « POLICE STORY », réalisé par Michael O’Herlihy et mémorable pour avoir confronté deux générations de comédiens : Chuck Connors, 54 ans, vétéran des séries TV et Sylvester Stallone, 29 ans, encore totalement inconnu et à seulement un an du tournage de « ROCKY ».

L’épisode est centré sur Connors, flic veuf dont le vieux coéquipier vient de partir à la retraite. Déboussolé, dépassé par les événements, il se voit affublé de Stallone, jeune poulet insolent et décontracté. Alors qu’il perd pied et se voit poussé vers la sortie par ses chefs, Connors – bien qu’il soit responsable de la blessure de son nouveau partenaire – va résoudre une affaire difficile et redorer son blason. L’ex-homme à la carabine est excellent, humain et pathétique. Il a une belle scène avec Lola Albright, maîtresse vieillissante, qui ne veut plus le voir. Parmi les seconds rôles, l’étrange Alexandra Hay fait impression en junkie agitée. Le téléfilm n’a rien d’exceptionnel, mais il vaut le coup d’œil pour le complétiste de Stallone. Nommé ‘Elmore Caddo’, son personnage tient absolument à ce qu’on le surnomme… Rocky ! Un auto-clin d’œil, à n’en pas douter, de Stallone à son projet-fétiche, qu’il était encore en train de proposer à tous les studios cette année-là. Dans les deux ou trois scènes centrées sur lui, il fait déjà la démonstration de son jeu volubile et m’as-tu-vu et son duo avec Connors fonctionne très bien.

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SYLVESTER STALLONE ET CHUCK CONNORS

À noter que, bien qu’il fut très connu aux U.S.A. le nom de ce dernier est mal orthographié au générique, où il apparaît en tant que… Chuck Conners !

 

« QUARTER PAST ELEVEN » : Lee Van Cleef dans « Laredo »

Lee Van Cleef et Neville Brand, deux des plus belles « gueules » hollywoodiennes des années 50, ont tourné cinq fois ensemble pour le grand et le petit écran. « QUARTER PAST ELEVEN », un épisode réalisé par Irving J. Moore de la série « LAREDO » (dont le second était la vedette) marque leur dernière collaboration devant une caméra.LAREDO LVC

Inutile de s’acharner sur cette pitrerie westernienne où Brand s’échine à cuisiner un gâteau au chocolat pour l’anniversaire de son chef. Il cabotine tellement qu’on a la surréaliste impression de voir un sosie de Klaus Kinski faire une imitation ratée de Fernandel ! Attardons-nous plutôt sur la sous-intrigue impliquant Van Cleef. Celui-ci était alors revenu aux U.S.A. entre deux westerns italiens pour tourner quelques « guests » télé selon sa vieille habitude. Il arrive à Laredo à cheval, tout de noir vêtu, l’air menaçant, comme il l’a fait dans tant et tant de films au cours de sa carrière. Il veut se venger de Philip Carey (le fameux chef au gâteau) qui l’avait arrêté jadis. Rien de très remarquable là-dedans, si ce n’est que lorsque les deux hommes se retrouvent finalement face-à-face dans la grand-rue, prêts à dégainer, le duel est filmé comme un pastiche de Sergio Leone, avec gros-plan des yeux, etc. C’est très étonnant, car la trilogie eastwoodienne n’est arrivée sur les écrans américains que l’année suivante en 1967. Est-ce Van Cleef qui aurait suggéré l’idée de ces cadrages au réalisateur ? Quoi qu’il en soit, on pourra toujours sourire à l’issue de l’affrontement : effrayé par nos trois héros qui font des bruits dans son dos, Van Cleef finit par se dégonfler et prend la fuite sans demander son reste !

L’acteur enchaîna encore avec un épisode de « GUNSMOKE » avant de repartir pour l’Italie et de tourner « COLORADO » et « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » qui installeront définitivement son vedettariat européen. L’épisode de « LAREDO » restera donc comme une véritable curiosité dans son parcours, une sorte d’auto-parodie précoce.

 

« THE SINNER » : saison 1 (2017)

Créée par Derek Simonds, « THE SINNER » fait partie de ces rares séries ou miniséries, qui émergent du flot incessant de nouveautés télévisuelles, et qu’on peut qualifier de totale réussite.SINNER

Sur 8×52 minutes, le scénario démarre sur les chapeaux de roues par un meurtre sauvage et inexpliqué : une mère de famille (Jessica Biel) qui larde un vacancier de coups de couteau sur une plage, sans elle-même savoir pourquoi. Le flic (Bill Pullman) chargé de l’enquête va s’acharner seul contre tous, à tenter de comprendre les raisons de ce geste fou. La question n’est donc, pour une fois, pas « qui », mais « pourquoi ». Et c’est avec une minutie impressionnante que les auteurs révèlent peu à peu le passé de la criminelle, développent des fausses-pistes crédibles et jamais tirées par les cheveux, dessinent des personnages compliqués, ambigus, jamais simplistes. C’est de l’excellent travail d’écriture, assez proche du roman et moins schématique que les habituelles histoires vues et revues à la TV américaine.

Si Jessica Biel est remarquable d’intensité et d’opacité, la vraie surprise vient de Pullman, acteur honnête mais rarement brillant, qui accomplit ici son meilleur travail. En flic vieillissant, tourmenté, masochiste, il se fond littéralement dans son rôle, comme avait pu le faire Kenneth Branagh dans « WALLANDER ». Parmi un cast irréprochable, on retiendra Nadia Alexander, très dérangeante dans le rôle de la sœur malade et incontrôlable de l’héroïne. Ses scènes avec Biel sont extrêmement osées et déstabilisantes. « THE SINNER » est donc à voir absolument, pour la richesse de son écriture, pour son ambiance malsaine et énigmatique et surtout pour le personnage de l’enquêteur magistralement campé par Pullman, à la fois pathétique et attachant.

 

« WE’VE LOST A TRAIN » : Neville Brand dans « Le Virginien »

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NEVILLE BRAND, PETER BROWN, DOUG McCLURE ET WILLIAM SMITH

Écrit par Borden Chase (« LA RIVIÈRE ROUGE », « VERA CRUZ », entre autres !) et réalisé par Earl Bellamy, « WE’VE LOST A TRAIN » est un épisode très spécial de la 3ème saison de « LE VIRGINIEN », puisqu’il sert également de « pilote » à une autre série : le western semi-comique « LAREDO » (1965-1967) dont la réputation n’a fait que croître avec les années parmi les amateurs de séries western.

Envoyé chercher un taureau au Mexique, le sympathique Doug McClure se retrouve associé à trois Texas rangers indisciplinés (Neville Brand, Peter Brown et William Smith) chargés quant à eux de retrouver des armes volées dans un train. Le quatuor doit affronter un « rurale » ripou (Fernando Lamas), des Yaquis belliqueux, des dames vindicatives, etc. Ce qui frappe surtout dans ce téléfilm poussif, mais ne se prenant jamais au sérieux, c’est l’accumulation de stars : outre celles précédemment citées, on retrouve aussi Rhonda Fleming plus radieuse que jamais en patronne de saloon, Ida Lupino, ahurissante en ‘mama’ mexicaine avec accent, sans compter L.Q. Jones récurrent de la série cabotinant à souhait ou Bing Russell.

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RHONDA FLEMING, PETER BROWN, NEVILLE BRAND, WILLIAM SMITH, IDA LUPINO ET DOUG McCLURE

Ça se traîne un peu, ça sent l’improvisation à plein nez, mais le trio de rangers fonctionne bien, ils sont drôles et incontrôlables. Brand – dont la voix évoque un moteur diesel – s’amuse visiblement en brute qui fond devant un bébé, Smith joue les armoires-à-glace au poing leste et Brown les trublions ironiques. Ils seront réunis dans la série « LAREDO » qui durera deux saisons, au même titre que Philip Carey incarnant leur chef stoïque.

 

« A FIST OF FIVE » : Lee Marvin dans « Les incorruptibles »

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LEE MARVIN

Épisode de la 4ème saison de « LES INCORRUPTIBLES », « A FIST OF FIVE » possède un générique largement digne d’un long-métrage de cinéma et un nombre très inhabituel de personnages principaux dans le court laps de temps d’une cinquantaine de minutes. Il fallait la stature d’Ida Lupino pour réaliser l’exploit de concentrer autant d’événements et de destins croisés et, de fait, elle signe un des plus mémorables épisodes de la série.

Lee Marvin, flic brutal et aigri, est licencié pour violence excessive. Il réunit ses frères, parmi lesquels James Caan et Roy Thinnes, pour kidnapper un caïd du trafic d’héroïne (Frank DeKova) et demander une rançon à ses associés. Mais contre toute attente, ceux-ci refusent de payer ! Le scénario est solide, les protagonistes sont très bien dessinés, évitant même le manichéisme : DeKova sous ses dehors d’affreux gangster, est fou amoureux de sa femme infirme (Phyllis Coates) et rêve de prendre sa retraite en Italie. Sympathique peut-être pas, mais plus humain en tout cas que Marvin, qui n’hésite pas à mouiller ses propres frères, quitte à les sacrifier pour 150 000 $. L’acteur, qui apparaissait pour la troisième fois dans « LES INCORRUPTIBLES » est égal à lui-même : se mouvant comme un fauve aux abois, arrogant et imprévisible. Du grand Marvin ! Parmi les seconds rôles, on retrouve également la jeune Marianna Hill en fiancée du cadet pressée « de se marier ». Presque un film donc, ce « FIST OF FIVE » mené de main de maître par Mme Lupino et qui s’achève dans les égouts, par la fuite désespérée des survivants de la fratrie.

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ROY THINNES, MARIANNA HILL, JAMES CAAN ET LEE MARVIN

À noter que c’est dans ce téléfilm que Robert Stack – toujours aussi rieur – balance une de ses répliques les plus définitives : à un voyou qui lui propose une tranche de melon, il répond « Je ne mange pas avec les porcs ».