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Archives de Catégorie: LES FILMS DE BURT LANCASTER

BURT… 23 ANS, DÉJÀ !

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23 ANS DÉJÀ, QUE LE GUÉPARD, WYATT EARP, LE PRISONNIER D’ALCATRAZ NOUS ONT QUITTÉS. LE GRAND BURT LANCASTER EST MORT À L’ÂGE DE 80 ANS.

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« L’HOMME DE LA LOI » (1971)

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BURT LANCASTER

Les trois protagonistes de « L’HOMME DE LA LOI » sont d’anciens héros vieillissants de la légende de l’Ouest : un shérif auréolé de ses exploits passés (Robert Ryan), un rancher qui a dompté une terre sauvage (Lee J. Cobb) et un marshal (Burt Lancaster), qui est le seul à n’avoir pas évolué depuis toutes ces années.LAWMAN

Alors que le monde avance vers le vingtième siècle, ‘Maddox’ est resté ce représentant de la loi psychorigide, inflexible jusqu’à l’inhumanité. Il arrive dans une petite ville pour ramener dans la sienne plusieurs cowboys au service de Cobb, accusés de la mort accidentelle quelques mois plus tôt d’un passant. Incapable de transiger, de négocier ou même de dialoguer, Maddox va déclencher un véritable bain de sang.

Le film tout entier se focalise sur le portrait de cet individu effrayant de raideur, accroché aux règles jusqu’à en devenir obsessionnel. Avec sa silhouette alourdie, son visage abimé de cicatrices, Lancaster est l’interprète rêvé de ce western âpre et cruel, qui se bonifie avec les années, malgré la mise-en-scène un peu désuète de Michael Winner. L’acteur parvient à affiner un peu la psychologie du personnage, à le rendre moins monolithique, par des détails incongrus : il joue de la flûte, aime saucer ses plats avec du pain. On parle beaucoup d’honneur, de lâcheté, des temps qui changent, de la difficulté à être et avoir été, entre deux duels sanglants. On notera l’étrange relation liant Cobb et Salmi, inséparables depuis trente ans, et le comportement de veuf éploré du premier, à la mort du second. Si le grand Burt domine chaque séquence où il apparaît, c’est Ryan qui a le rôle le plus intéressant, celui de ce héros légendaire qui « n’a plus l’estomac » et vivote en se tenant discrètement dans l’ombre quitte à essuyer quelques injures au passage. Autour d’eux, de grands seconds rôles comme Joseph Wiseman en avatar de ‘Doc Holiday’, Robert Duvall, Ralph Waite, Albert Salmi, Richard Jordan particulièrement bien servi par le scénario et la toujours parfaite Sheree North en ex-maîtresse de Maddox vieillie avant l’âge.

Pas suffisamment soigné visuellement (bien qu’il soit tourné au Nouveau Mexique, le film fait parfois penser aux séries B filmées à Almeria !), « L’HOMME DE LA LOI » peine à se hisser au niveau des véritables chefs-d’œuvre du genre, mais il tient remarquablement bien le coup, 45 ans après sa sortie, et sa fin totalement nihiliste laisse un arrière-goût amer et démythifie définitivement le héros de western inventé par Hollywood.

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ROBERT DUVALL, J.D. CANNON, ROBERT RYAN, LEE J. COBB, JOHN BECK ET BURT LANCASTER

À noter plusieurs détails prémonitoires : Lee J. Cobb se nomme ‘Bronson’ dans « L’HOMME DE LA LOI » et les villageois parlent plusieurs fois de « vigilante ». On le sait, trois ans plus tard, Winner tournera son plus grand succès : « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », avec Charles… Bronson. Coïncidences…

 

« LES AMANTS TRAQUÉS » (1948)

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BURT LANCASTER

Avant toute chose, chapeau bas au titre original qu’on pourrait traduire par « NETTOIE DE TES BAISERS LE SANG SUR MES MAINS » ! En comparaison, le titre français « LES AMANTS TRAQUÉS » paraît d’une bien austère sobriété.

Situé à Londres dans l’immédiat après-guerre, ce ‘film noir’ suit la cavale d’un ex-G.I. exilé qui a tué un homme accidentellement et tombe amoureux d’une pure infirmière qu’il va entraîner dans son monde ténébreux.kiss2-copie

Les personnages, l’ambiance générale, l’histoire, font penser aux succès des débuts de Jean Gabin. Et c’est le jeune Burt Lancaster qui endosse son emploi de « bête humaine » simple et fruste, capable d’extrême violence et de pulsions suicidaires, aussi beau qu’il est dangereux. Magnifiquement photographié par l’immense Russell Metty, Lancaster crève l’écran avec cette présence animale, cette tension interne qu’il dégagea jusqu’à la fin des années 50. À ses côtés, Joan Fontaine est parfaitement à sa place, jamais mièvre et Robert Newton incarne le mauvais génie, une figure méphistophélique qui n’est pas sans rappeler les rôles les plus fameux de Jules Berry.

Si on ajoute à cela une BO omniprésente et puissante de Miklós Rózsa, de superbes décors de studio (le film – et c’est tout à fait étonnant – fut entièrement tourné à Los Angeles !), et une mise-en-scène au cordeau de Norman Foster, « LES AMANTS TRAQUÉS » s’inscrit dans la belle tradition du ‘Noir’ américain des années 40. Un reproche tout de même ? Une fin en queue de poisson, indigne d’un scénario bâti en crescendo implacable, et qui laisse frustré et même agacé. Certains happy ends mal amenés ou délibérément bâclés peuvent gâcher le souvenir d’un film.

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BURT LANCASTER, JOAN FONTAINE ET ROBERT NEWTON

 

L’HOMME DE LA LOI EN BLEU…

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SORTIE EN OCTOBRE DE « L’HOMME DE LA LOI » EN ALLEMAGNE ET EN BLU-RAY. S’AGIRA-T-IL DE LA VERSION INTÉGRALE OU CENSURÉE ? À SUIVRE…

 

« ELMER GANTRY LE CHARLATAN » (1960)

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BURT LANCASTER ET JEAN SIMMONS

« ELMER GANTRY LE CHARLATAN », c’est la rencontre entre un VRP bonimenteur et extraverti et une évangéliste à succès dans l’Amérique profonde. Une union improbable qui va créer des étincelles, les porter tous les deux au pinacle avant de déclencher – littéralement – les feux de l’enfer.ELMER

L’écriture de Richard Brooks est abrasive, d’un cynisme total, son point-de-vue incarné par le journaliste Arthur Kennedy, qui observe ce « cirque » obscène et exaltant d’un œil effaré et amusé à la fois. Le film est long, parfaitement équilibré dans sa critique de l’ignorance exploitée, des médias, des faux prophètes. Il est surtout et avant toute considération le portrait d’un personnage extraordinaire, un bateleur génial, à la vulgarité roborative, au cabotinage sans garde-fou, à la mégalomanie décomplexée. Un rôle rêvé pour Burt Lancaster qu’on a rarement vu aussi idéalement distribué. C’est peu dire qu’il occupe l’espace, il crève l’écran, le bouffe à pleines dents, passe d’un sentiment à l’autre en quelques secondes, rugit et cajole, s’adresse à Dieu et ment comme un arracheur de dents. Un feu d’artifice qui donne au film son ossature et son énergie. Difficile d’imaginer quelqu’un d’autre dans ce rôle. L’aboutissement brillantissime d’un emploi qu’il avait déjà approché dans « LE FAISEUR DE PLUIE » quatre ans plus tôt.

Face à lui, l’exquise Jean Simmons oscillant elle aussi entre la mythomanie et la foi véritable, le fanatisme et la lucidité. Et une fabuleuse  brochette de comparses : Shirley Jones magnifique en prostituée revancharde, Edward Andrews en margoulin infâme et John McIntire, Jean Willes, Patti Page, vraiment le gratin !

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JEAN SIMMONS, BURT LANCASTER ET SHIRLEY JONES

Un grand film donc, une des plus belles réussites de Brooks et une œuvre acerbe et adulte qui n’a pas pris la moindre ride. S’il ne devait rester qu’un seul film de Burt Lancaster, ce serait probablement celui-ci.

 

« LE FAISEUR DE PLUIE » (1956)

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KATHARINE HEPBURN, LLOYD BRIDGES ET BURT LANCASTER

Adapté d’une pièce de théâtre, « LE FAISEUR DE PLUIE » est un joli film chargé de symboles, confrontant la rude et triste réalité du quotidien à un monde de rêves et d’illusion. Katharine Hepburn, vieille fille étouffée par son père et ses deux frères, en quête d’un hypothétique mari, croise la route de Burt Lancaster, un charlatan extraverti, un bateleur infatigable qui promet la pluie dans une région minée par la sècheresse.RAINMAKER3

À presque 50 ans, Miss Hepburn a facilement quinze ans de trop pour ce beau personnage tourmenté et au bord du désespoir. Mais elle a le physique du rôle et son surjeu permanent, sa fébrilité à fleur de peau finissent par créer un authentique malaise et aident à ressentir son déséquilibre et ses frustrations (sexuelles et autres). Face à elle, Lancaster est pile dans son emploi : avec sa chemise bleu-nuit aux petites étoiles blanches, sa silhouette athlétique, ses grandes dents de prédateur, il est charismatique à souhait et pète la santé et la joie-de-vivre. La longue scène dans la grange où il convainc Hepburn qu’elle est belle est le clou du film. Et ce qui se passe (forcément !) ensuite et qui est pudiquement ellipsé, est tout de même très osé pour l’époque ! Surtout que la pauvre ‘Lizzie’ est déflorée avec la bénédiction de son gentil papa qui observe tout cela avec un bon sourire patelin.

Hormis Lancaster, dont le cabotinage millimétré colle idéalement au rôle, les autres comédiens en font eux aussi des tonnes, mais dans un style trop évidemment théâtral qui finit par devenir crispant : Earl Holliman beaucoup caricatural en benêt infantile, Lloyd Bridges en frère aîné rabat-joie et sinistre ou Wendell Corey très mal distribué.

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BURT LANCASTER, EARL HOLLIMAN ET KATHARINE HEPBURN

Malgré son statisme et l’aspect vieillot de sa mise-en-scène, « LE FAISEUR DE PLUIE » vaut pour la belle photo de studio de Charles Lang et pour un dialogue finement ciselé. Et bien sûr pour quelques envolées lyriques de Lancaster, dont le récit épique qu’il improvise pour Hepburn, en rejouant plus ou moins ses anciens rôles de flibustiers bretteurs.

 

« LA ROSE TATOUÉE » (1955)

ROSE2« LA ROSE TATOUÉE » est adapté d’une pièce de Tennessee Williams, dramaturge très à la mode à cette époque et connu pour ses thématiques sulfureuses. Mais c’est ici un Tennessee « tous-publics » aux obsessions et au sordide « light » et même teintés d’humour truculent.

Superbement éclairé en noir & blanc par James Wong Howe, le film parvient à faire habilement oublier ses origines théâtrales grâce à une mise-en-scène dynamique, toujours en mouvement et un scénario vif et construit en trois actes bien distincts.

Avec deux monstres sacrés tels que Anna Magnani et Burt Lancaster en tête d’affiche, le réalisateur n’avait pas 36 solutions : les lâcher dans le décor en espérant qu’ils ne s’entredévorent pas ! Le miracle s’accomplit : la Magnani est géniale en « drama queen » sicilienne vivant dans le souvenir idolâtre d’un mari volage, tué en trafiquant du whisky et Lancaster formidable en camionneur italien « petit-fils de l’idiot du village », exubérant, sexy mais pas trop futé lui-même. Même s’il n’apparaît qu’à la seconde moitié de l’action, l’alchimie entre les deux natures est extraordinaire et crève l’écran. Il faut vraiment les voir se tourner autour, se toucher, s’esquiver, se ridiculiser sans aucune retenue : ils sont aussi grandioses l’un que l’autre et font tout le prix de cette « ROSE TATOUÉE » dont ils justifient à eux seuls l’existence. « Le corps de mon mari », dit-elle en le contemplant avec envie et nostalgie, « Surplombé par une tête de clown ! ».

Difficile d’exister à leurs côtés : si les jeunes Marisa Pavan et Ben Cooper sont impitoyablement balayés, des seconds rôles surnagent comme Virginia Grey en maîtresse du défunt mari et Jo Van Fleet hallucinante en harpie vulgaire et odieuse qui n’intervient que dans une séquence. Mais quelle séquence ! Le concert de hurlements entre elle et Magnani vaut son pesant d’or.

C’est la première approche de l’Italie pour Burt Lancaster, qui devait y revenir huit ans plus tard avec « LE GUÉPARD », puis de plus en plus régulièrement au cours de sa carrière. À noter que sa maîtrise de la langue est déjà impressionnante.

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ANNA MAGNANI ET BURT LANCASTER