RSS

Archives de Catégorie: LES FILMS DE BURT LANCASTER

BURT & KIRK : PREMIÈRE !

ALONE

SORTIE BLU-RAY AUX U.S.A. DE « L’HOMME AUX ABOIS », PREMIÈRE RENCONTRE EN 1947 DU GRAND TANDEM BURT LANCASTER-KIRK DOUGLAS !

ALONE2

KIRK ET BURT, DIX ANS AVANT DE RÉGLER LEURS COMPTES À OK-CORRAL.

Publicités
 

« TANT QU’IL Y AURA DES HOMMES » (1953)

FROM

MONTGOMERY CLIFT

Fred Zinnemann parvient à condenser en deux heures le « pavé » de James Jones situé à Hawaii juste avant (et pendant) l’attaque de Pearl Harbor. Le scénario de « TANT QU’IL Y AURA DES HOMMES » est un curieux mélange de ‘soap opera’ sentimental dépourvu de mièvrerie et de description assez âpre de la vie en garnison.FROM2

C’est surtout le portrait d’un authentique rebelle joué par Montgomery Clift. Un soldat individualiste, insoumis et endurant, qui se fait haïr de tous avant de susciter le respect pour sa détermination à rester lui-même. Un des rôles les plus marquants de l’acteur au sommet de son magnétisme. Mais le film suit également en parallèle la passion du sergent Burt Lancaster, militaire viril et charismatique, mais aussi timoré et dénué d’ambition, pour la femme (Deborah Kerr) de son capitaine. Le nombre de personnages est conséquent, mais tous parviennent à trouver leur place et leur épaisseur psychologique. C’est une œuvre ample et intelligente contournant adroitement la censure d’époque pour brosser des portraits d’une grande lucidité : Donna Reed, prostituée exilée rêvant de respectabilité, même post-mortem, Ernest Borgnine brute épaisse à la violence bestiale. Seul Frank Sinatra déçoit par la banalité de son jeu, dans un rôle de « bon copain » constamment ivre. C’est pourtant lui qui obtint l’Oscar cette année-là !

Imposante mosaïque dont on peut déplorer qu’il fut tourné en noir & blanc et en format « carré », « TANT QU’IL Y AURA DES HOMMES » fait partie des grandes réussites de Zinnemann. Malgré certains aspects légèrement désuets, il suscite toujours de l’émotion, de l’indignation. Ses morceaux de bravoure (le combat à poings nus où Clift retrouve l’envie de boxer, sa confrontation au couteau avec Borgnine dans une ruelle sombre) n’ont rien perdu de leur puissance émotionnelle et des images célébrissimes comme l’étreinte de Lancaster et Kerr dans une crique déserte, font toujours leur effet. L’excellent casting est complété par une ribambelle de seconds rôles familiers comme Claude Akins, Robert J. Wilke, Jack Warden, George Reeves ou la toujours belle Jean Willes.

FROM3

BURT LANCASTER, DEBORAH KERR, JEAN WILLES, MONTGOMERY CLIFT ET ERNEST BORGNINE

Un beau film qui ne vieillit pas vraiment, mais se patine avec élégance, à voir de toute façon pour les monstres sacrés indémodables que furent ‘Monty’ Clift et Burt Lancaster.

 

BURT… 23 ANS, DÉJÀ !

BURT 23

23 ANS DÉJÀ, QUE LE GUÉPARD, WYATT EARP, LE PRISONNIER D’ALCATRAZ NOUS ONT QUITTÉS. LE GRAND BURT LANCASTER EST MORT À L’ÂGE DE 80 ANS.

 

« L’HOMME DE LA LOI » (1971)

LAWMAN2

BURT LANCASTER

Les trois protagonistes de « L’HOMME DE LA LOI » sont d’anciens héros vieillissants de la légende de l’Ouest : un shérif auréolé de ses exploits passés (Robert Ryan), un rancher qui a dompté une terre sauvage (Lee J. Cobb) et un marshal (Burt Lancaster), qui est le seul à n’avoir pas évolué depuis toutes ces années.LAWMAN

Alors que le monde avance vers le vingtième siècle, ‘Maddox’ est resté ce représentant de la loi psychorigide, inflexible jusqu’à l’inhumanité. Il arrive dans une petite ville pour ramener dans la sienne plusieurs cowboys au service de Cobb, accusés de la mort accidentelle quelques mois plus tôt d’un passant. Incapable de transiger, de négocier ou même de dialoguer, Maddox va déclencher un véritable bain de sang.

Le film tout entier se focalise sur le portrait de cet individu effrayant de raideur, accroché aux règles jusqu’à en devenir obsessionnel. Avec sa silhouette alourdie, son visage abimé de cicatrices, Lancaster est l’interprète rêvé de ce western âpre et cruel, qui se bonifie avec les années, malgré la mise-en-scène un peu désuète de Michael Winner. L’acteur parvient à affiner un peu la psychologie du personnage, à le rendre moins monolithique, par des détails incongrus : il joue de la flûte, aime saucer ses plats avec du pain. On parle beaucoup d’honneur, de lâcheté, des temps qui changent, de la difficulté à être et avoir été, entre deux duels sanglants. On notera l’étrange relation liant Cobb et Salmi, inséparables depuis trente ans, et le comportement de veuf éploré du premier, à la mort du second. Si le grand Burt domine chaque séquence où il apparaît, c’est Ryan qui a le rôle le plus intéressant, celui de ce héros légendaire qui « n’a plus l’estomac » et vivote en se tenant discrètement dans l’ombre quitte à essuyer quelques injures au passage. Autour d’eux, de grands seconds rôles comme Joseph Wiseman en avatar de ‘Doc Holiday’, Robert Duvall, Ralph Waite, Albert Salmi, Richard Jordan particulièrement bien servi par le scénario et la toujours parfaite Sheree North en ex-maîtresse de Maddox vieillie avant l’âge.

Pas suffisamment soigné visuellement (bien qu’il soit tourné au Nouveau Mexique, le film fait parfois penser aux séries B filmées à Almeria !), « L’HOMME DE LA LOI » peine à se hisser au niveau des véritables chefs-d’œuvre du genre, mais il tient remarquablement bien le coup, 45 ans après sa sortie, et sa fin totalement nihiliste laisse un arrière-goût amer et démythifie définitivement le héros de western inventé par Hollywood.

LAWMAN3

ROBERT DUVALL, J.D. CANNON, ROBERT RYAN, LEE J. COBB, JOHN BECK ET BURT LANCASTER

À noter plusieurs détails prémonitoires : Lee J. Cobb se nomme ‘Bronson’ dans « L’HOMME DE LA LOI » et les villageois parlent plusieurs fois de « vigilante ». On le sait, trois ans plus tard, Winner tournera son plus grand succès : « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », avec Charles… Bronson. Coïncidences…

 

« LES AMANTS TRAQUÉS » (1948)

kiss-copie

BURT LANCASTER

Avant toute chose, chapeau bas au titre original qu’on pourrait traduire par « NETTOIE DE TES BAISERS LE SANG SUR MES MAINS » ! En comparaison, le titre français « LES AMANTS TRAQUÉS » paraît d’une bien austère sobriété.

Situé à Londres dans l’immédiat après-guerre, ce ‘film noir’ suit la cavale d’un ex-G.I. exilé qui a tué un homme accidentellement et tombe amoureux d’une pure infirmière qu’il va entraîner dans son monde ténébreux.kiss2-copie

Les personnages, l’ambiance générale, l’histoire, font penser aux succès des débuts de Jean Gabin. Et c’est le jeune Burt Lancaster qui endosse son emploi de « bête humaine » simple et fruste, capable d’extrême violence et de pulsions suicidaires, aussi beau qu’il est dangereux. Magnifiquement photographié par l’immense Russell Metty, Lancaster crève l’écran avec cette présence animale, cette tension interne qu’il dégagea jusqu’à la fin des années 50. À ses côtés, Joan Fontaine est parfaitement à sa place, jamais mièvre et Robert Newton incarne le mauvais génie, une figure méphistophélique qui n’est pas sans rappeler les rôles les plus fameux de Jules Berry.

Si on ajoute à cela une BO omniprésente et puissante de Miklós Rózsa, de superbes décors de studio (le film – et c’est tout à fait étonnant – fut entièrement tourné à Los Angeles !), et une mise-en-scène au cordeau de Norman Foster, « LES AMANTS TRAQUÉS » s’inscrit dans la belle tradition du ‘Noir’ américain des années 40. Un reproche tout de même ? Une fin en queue de poisson, indigne d’un scénario bâti en crescendo implacable, et qui laisse frustré et même agacé. Certains happy ends mal amenés ou délibérément bâclés peuvent gâcher le souvenir d’un film.

kiss3-copie

BURT LANCASTER, JOAN FONTAINE ET ROBERT NEWTON

 

L’HOMME DE LA LOI EN BLEU…

LAWMAN BR

SORTIE EN OCTOBRE DE « L’HOMME DE LA LOI » EN ALLEMAGNE ET EN BLU-RAY. S’AGIRA-T-IL DE LA VERSION INTÉGRALE OU CENSURÉE ? À SUIVRE…

 

« ELMER GANTRY LE CHARLATAN » (1960)

ELMER 2

BURT LANCASTER ET JEAN SIMMONS

« ELMER GANTRY LE CHARLATAN », c’est la rencontre entre un VRP bonimenteur et extraverti et une évangéliste à succès dans l’Amérique profonde. Une union improbable qui va créer des étincelles, les porter tous les deux au pinacle avant de déclencher – littéralement – les feux de l’enfer.ELMER

L’écriture de Richard Brooks est abrasive, d’un cynisme total, son point-de-vue incarné par le journaliste Arthur Kennedy, qui observe ce « cirque » obscène et exaltant d’un œil effaré et amusé à la fois. Le film est long, parfaitement équilibré dans sa critique de l’ignorance exploitée, des médias, des faux prophètes. Il est surtout et avant toute considération le portrait d’un personnage extraordinaire, un bateleur génial, à la vulgarité roborative, au cabotinage sans garde-fou, à la mégalomanie décomplexée. Un rôle rêvé pour Burt Lancaster qu’on a rarement vu aussi idéalement distribué. C’est peu dire qu’il occupe l’espace, il crève l’écran, le bouffe à pleines dents, passe d’un sentiment à l’autre en quelques secondes, rugit et cajole, s’adresse à Dieu et ment comme un arracheur de dents. Un feu d’artifice qui donne au film son ossature et son énergie. Difficile d’imaginer quelqu’un d’autre dans ce rôle. L’aboutissement brillantissime d’un emploi qu’il avait déjà approché dans « LE FAISEUR DE PLUIE » quatre ans plus tôt.

Face à lui, l’exquise Jean Simmons oscillant elle aussi entre la mythomanie et la foi véritable, le fanatisme et la lucidité. Et une fabuleuse  brochette de comparses : Shirley Jones magnifique en prostituée revancharde, Edward Andrews en margoulin infâme et John McIntire, Jean Willes, Patti Page, vraiment le gratin !

ELMER 3

JEAN SIMMONS, BURT LANCASTER ET SHIRLEY JONES

Un grand film donc, une des plus belles réussites de Brooks et une œuvre acerbe et adulte qui n’a pas pris la moindre ride. S’il ne devait rester qu’un seul film de Burt Lancaster, ce serait probablement celui-ci.