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Archives de Catégorie: MYTHOLOGIE

LE DUKE CÈDE LA PREMIÈRE PLACE…

COMANCHEROSCela faisait une sacrée paie que « BDW2 », infatigable chasseur d’abominations illustrées, ne vous avait pas déniché un de ces affiches opportunistes, falsifiées, trafiquées, cherchant à promotionner un film sur de fausses infos.

Celle-ci nous provient d’Italie, pays passé maître en la matière. Les sympathiques fripouilles avaient pour habitude de profiter du récent succès d’acteurs ou d’actrices, pour ressortir en nouvelle exclusivité des films anciens, où ils ne tenaient généralement que des petits rôles et en les plaçant fallacieusement en vedette. Lee Marvin avait déjà connu cela avec « RÈGLEMENT DE COMPTE » en covedette avec Glenn Ford, « UN HOMME EST PASSÉ » où il éclipsait Spencer Tracy et avec « SERGEANT RYKER » un téléfilm sorti en salles. Mais il y eut également « LES COMANCHEROS » où nos artistes transalpins l’ont promu star du film, devant John Wayne. On notera d’ailleurs la petite statuette de l’Oscar accolée au nom de l’acteur ! L’affiche n’est d’ailleurs pas laide dans son genre et ce face à face donnerait plutôt envie de revoir l’œuvre de Michael Curtiz. Le problème, c’est que Marvin, tout excellent qu’il soit dedans, n’apparaît que… 10 minutes à tout casser, vers le début, dans un rôle de pistolero à moitié scalpé et ultra-violent, que le Duke a vite fait d’éliminer pour usurper son identité. Les pauvres fans italiens qui se sont rués, probablement au milieu des années 60, pour revoir la vedette de « CAT BALLOU » ou « 12 SALOPARDS » ont dû l’avoir mauvaise !

 

« LA COMTESSE » (2009)

COMTESSEÉcrit et réalisé par Julie Delpy, « LA COMTESSE » retrace la vie, ou plutôt la légende d’Erzebet Báthory (1560-1614), une noble hongroise soupçonnée d’avoir assassiné des dizaines de vierges pour se baigner dans leur sang, afin de préserver sa jeunesse. Les origines du mythe du vampire…

C’est très bien réalisé, finement photographié et conçu en deux parties distinctes : l’histoire d’amour idyllique entre la comtesse (Julie Delpy) vieillissante et un jeune homme candide (Daniel Brühl) et, une fois que celui-ci l’a quittée, la descente aux enfers d’Erzebet. C’est étrange, prenant, envoûtant par moments et l’actrice, pratiquement méconnaissable sous son masque blafard et glacial, est plus que convaincante. C’est au niveau du scénario que le bât blesse. Ce n’est en effet que vers la fin que l’auteure laisse entendre que la comtesse n’a peut-être jamais commis aucun crime, mais qu’elle fut victime d’un complot de ses pairs, destiné à la destituer et à s’accaparer ses richesses. Une version évidemment beaucoup plus vraisemblable que la légende vampiresque qui a perduré jusqu’à aujourd’hui et même, plus intéressante. Mais Delpy a préféré « imprimer la légende » et se priver d’une vraie réflexion sur cette femme seule dans un monde d’hommes et le poids de la calomnie. Cela n’empêche pas heureusement « LA COMTESSE » de posséder une forte identité, de traiter avec tact la violence et l’horreur de cette période et de décrire quelques personnages étonnants : William Hurt en cousin fielleux et manipulateur, Sebastian Blomberg en noble dépravé adepte du SM ou Nicolai Kinski (fils de…) en professeur dans les flash-backs.

Œuvre ambitieuse, maîtrisée et même puissante dans sa seconde partie, « LA COMTESSE » laisse en partie insatisfait par ses parti-pris narratifs, mais constitue un joli moment de cinéma.

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DANIEL BRÜHL, JULIE DELPY ET WILLIAM HURT

 

SO LONG, JOHN…

John Saxon vient de disparaître à l’âge de 84 ans, après une longue et fructueuse carrière qui démarra en 1954. Né Carmen Orrico, il a maintenu jusqu’à 2017 un rythme de tournage ahurissant, enchaînant les films importants, les séries B ou Z et les « guests » à la télévision.JSAXON_DxO

On le remarque d’abord en jeune premier dans « QU’EST-CE QUE MAMAN COMPREND À L’AMOUR ? » de Vincente Minnelli, il fait forte impression dans « LE VENT DE LA PLAINE » en métis fougueux (un rôle pourtant drastiquement élagué au montage). Il joue un « pied-tendre » dans « LES CAVALIERS DE L’ENFER », un G.I. psychopathe – peut-être son meilleur rôle – dans « LA GUERRE EST AUSSI UNE CHASSE », Preminger l’utilise en jeune Juif fugitif dans « LE CARDINAL ». À partir du milieu des sixties, il commence à multiplier les apparitions à la TV. On le retrouve en Mexicain despotique dans « L’HOMME DE LA SIERRA » où il éclipse Marlon Brando lui-même, il tourne son premier western italien : « AUJOURD’HUI MA PEAU, DEMAIN LA TIENNE », redevient mexicain pour « JOE KIDD ». Son rôle de karatéka en co-vedette avec Bruce Lee dans « OPÉRATION DRAGON » ne relance étonnamment pas sa carrière, malgré le succès du film et Saxon se consacre principalement aux plateaux télé où il joue la plupart du temps des méchants. On l’aperçoit dans « LES RUES DE SAN FRANCISCO », « L’ÎLE MYSTÉRIEUSE » ou « STARSKY & HUTCH », entre autres. Il tourne de plus en plus en Italie, terre de ses aïeux, avec entre autres Dario Argento (« TÉNÈBRES »), tient de petits rôles aux U.S.A. dans « LE CAVALIER ÉLECTRIQUE » ou « MEURTRES EN DIRECT », il incarne un flic dans plusieurs films de la saga de Freddy Krueger, fait des apparitions dans « LE FLIC DE BEVERLY HILLS 3 » et « UNE NUIT EN ENFER ». À noter qu’il incarne le réalisateur Richard Brooks – qui le dirigea dans « MEURTRES EN DIRECT » – dans le téléfilm « LIZ : THE ELIZABETH TAYLOR STORY ».

Pilier apparemment indéboulonnable d’un certain cinéma populaire, aux U.S.A. ou en Europe, John Saxon n’a jamais atteint la fameuse « liste A » des stars américaines, mais son imposante carrière de 200 films parle pour lui. So long, John !

 
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Publié par le 26 juillet 2020 dans ACTU DE BDW2, MYTHOLOGIE

 

AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 106 ANS !

STRODE

WOODY STRODE, DE FORD À LEONE EN PASSANT PAR KUBRICK, UNE LONGUE ET RICHE CARRIÈRE, UNE PRÉSENCE INIMITABLE

 
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Publié par le 25 juillet 2020 dans ANNIVERSAIRES, MYTHOLOGIE

 
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AUJOURD’HUI, YUL BRYNNER AURAIT EU 100 ANS !

YUL

 
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Publié par le 11 juillet 2020 dans ANNIVERSAIRES, MYTHOLOGIE

 

« JASON ET LES ARGONAUTES » (1963)

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NIALL McGINNIS ET HONOR BLACKMAN

« JASON ET LES ARGONAUTES » de Don Chaffey, ou la mythologie grecque revue et corrigée par le cinéma anglais et par le dieu-précurseur des effets spéciaux : Ray Harryhausen, est devenu avec les années un authentique film-culte.JASON

Le scénario est simple : c’est la quête de Jason, héritier spolié d’un trône, protégé par la déesse Héra, qui part à la recherche de la Toison d’or censée apporter prospérité à son pays. Il est accompagné de guerriers légendaires, dont Hercule. Il faut bien le dire, revoir ce film aujourd’hui équivaut à exhumer, dans un grenier, une vieille BD chérie pendant l’enfance et se demander ce qu’on a pu y trouver d’aussi extraordinaire. Il est évident qu’à l’heure des orgies de CGI, les séquences de géants de bronze, d’hydres, de harpies et de squelettes belliqueux (sans doute la scène qui a laissé l’empreinte la plus profonde dans les mémoires et qui a le plus mal vieilli) n’ont plus l’éclat d’autrefois. Et il faut vraiment retrouver ses yeux de bambin pour en jouir 50 et quelques années plus tard. Les extérieurs tournés en Italie sont magnifiques, les séquences de studio plutôt imaginatives et la BO de Bernard Herrmann ajoute du lustre à ces images d’Épinal aussi naïves que désuètes. Si certains comédiens aguerris comme Honor Blackman en Héra ironique ou Niall McGinnis en Zeus bon-enfant, s’en sortent bien, le reste de la distribution frôle souvent le carton rouge. À commencer par Todd Armstrong dans le rôle-titre, benêt barbu et inexpressif ou Nancy Kovack certes photogénique, mais qui a dû sécher ses cours de comédie. Curiosité : Hercule (Nigel Green) connaît une relation très crypto-gay avec un éphèbe rusé !

« JASON ET LES ARGONAUTES » tient une place privilégiée dans les souvenirs et le cœur de bien des cinéphiles. Il a gardé une partie de son charme et une ou deux séquences comme l’intervention de Neptune font encore de l’effet. Mais une re-vision nécessite une bonne dose d’indulgence voire de patience.

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NANCY KOVACK

 
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AUJOURD’HUI, ELLE A 90 ANS !

GENA 90

 
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AUJOURD’HUI, IL A 90 ANS !

CLINT 90

 
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AUJOURD’HUI, IL AURAIT EU 113 ANS !

WAYNE

 
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Publié par le 26 mai 2020 dans ANNIVERSAIRES, MYTHOLOGIE

 

« DESENTERRANDO SAD HILL » (2017)

« DESENTERRANDO SAD HILL » est un documentaire de Guillermo de Oliveira, relatant par le menu la déconcertante aventure d’une équipe de bénévoles espagnols qui ont travaillé sans compter à exhumer le (faux) cimetière de Sad Hill près de Burgos, où fut tournée la fin du « BON, LA BRUTE, LE TRUAND » de Sergio Leone en 1966 pour finalement le reconstruire dans son intégralité.SADHILL

On suit avec amusement et stupeur cette bande de doux dingues dans leurs efforts herculéens pour redonner à l’endroit son allure d’il y a un demi-siècle et les images captées sur place sont entrelardées d’interviews d’Ennio Morricone à l’intelligence aiguë, de l’historien ultra-spécialisé Christopher Frayling, du monteur du film et last but not least, de Clint Eastwood lui-même dont l’apparition finale sur un écran, lors de l’inauguration, confine pour les spectateurs à une expérience mystique. Parfois, cela traîne en longueur, cela se répète, on se demande ce que viennent faire les interventions de James Hetfield de « Metallica », mais à d’autres moments, on se laisse cueillir par la candeur de l’aventure, par ce besoin obsessionnel de retomber en enfance à tout prix, de rendre hommages à des parents qui travaillèrent sur le tournage. Ce mélange de ridicule et de grandeur fait tout le charme de ce docu sincère et éminemment sympathique, qui fait perdurer à sa façon l’œuvre de Leone et la hisse au niveau des plus grands monuments du 7ème Art. Le visage illuminé du public, lors de la projection du film en plein-air, alors qu’éclatent les notes mythiques de « Extasy of gold » donne envie d’applaudir. Comment ne pas aimer le cinéma, après cela ?