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Archives de Catégorie: MYTHOLOGIE

SO LONG, ALBERT…

Albert Finney, un des acteurs « en colère » du cinéma anglais des années 60 vient de mourir. Il était le contemporain d’Alan Bates, Oliver Reed, Tom Courtenay ou Anthony Hopkins. Il étudia son art à la Royal Shakespeare Company aux côtés de Laurence Olivier et, après quelques téléfilms, se fait remarquer à ses côtés dans « LE CABOTIN ».

Finney fait sensation dans « SAMEDI SOIR, DIMANCHE MATIN » en jeune ouvrier tiraillé entre deux femmes puis dans le rôle-titre de « TOM JONES » un aventureux « bâtard » du 18ème siècle. Il tourne assez peu, forme un couple en crise avec Audrey Hepburn dans « VOYAGE À DEUX », joue un écrivain volage dans « CHARLIE BUBBLES » qu’il réalisa lui-même, tient le rôle-titre de « SCROOGE ».FINNEY RIP.jpg

Après une longue absence des écrans, Finney revient, méconnaissable dans « LE CRIME DE L’ORIENT-EXPRESS » où il incarne Hercule Poirot, sous un lourd maquillage théâtral. Il joue brièvement Fouché dans « DUELLISTES » et multiplie les expériences américaines avec l’excellent « WOLFEN », « LOOKER », « ANNIE » et surtout « L’USURE DU TEMPS » où il se montre remarquable. Finney retrouve ses racines avec le très beau « L’HABILLEUR » où il incarne un vieux cabot insupportable. John Huston, qui l’avait déjà dirigé dans « ANNIE », lui offre le rôle de sa vie : le consul alcoolique et suicidaire dans « AU-DESSOUS DU VOLCAN » où il est extraordinaire.

Albert Finney vieillit, se modifie physiquement, prend du poids et change de catégorie. Il est un gangster dans « MILLER’S CROSSING », un avocat dans « ERIN BROCKOVICH », il incarne Hemingway dans « HEMINGWAY, THE HUNTER OF DEATH », joue le héros âgé dans « BIG FISH », il accepte de petites apparitions dans des blockbusters comme « OCEAN’S TWELVE », « SKYFALL » ou « LA VENGEANCE DANS LA PEAU ». Mais sa vraie « sortie », Finney l’a accomplie dans « 7H58, CE SAMEDI-LÀ » où il retrouve Sidney Lumet qui l’avait dirigé dans « LE CRIME DE L’ORIENT-EXPRESS ». Finney y joue le père d’une famille dysfonctionnelle qui prend au cours du récit une dimension tragique. Magnifique chant du cygne pour un acteur insaisissable et inclassable.

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Publié par le 9 février 2019 dans CINÉMA ANGLAIS, ACTU DE BDW2, MYTHOLOGIE

 

COOLITUDE…

En hommage à Lee Van Cleef, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, « BDW2 » exhume une image-culte : l’unique rencontre à l’écran de deux icônes indémodables du western et des années 60 : Steve McQueen, le « king of cool » et Lee le « bad guy » suprême consacré par le spaghetti western.cool

On les voit ici se battre comme des chiffonniers dans « THE HOSTAGE », un épisode de la 2ème saison de « AU NOM DE LA LOI » où ils ont quelques échanges assez saignants.

Les deux acteurs ne se retrouveront jamais et leur seul autre point commun est d’avoir tous deux incarné un héros parmi les sept mercenaires. Mais pas dans le même film ! Steve dans « LES 7 MERCENAIRES », bien sûr, et Lee dans « LA CHEVAUCHÉE DES 7 MERCENAIRES ».

 
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« IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » A 50 ANS !

WEST 50

 

LA LÉGENDE DE SERGIO…

LEONE

LIVRE ITALIEN SUR LEONE, PARU EN 1990

« Je m’appelle Sergio Leone et je fais la mise en scène de films qui sont toujours très longs et toujours coupés ». C’est ainsi avec un air pince-sans-rire et un sens inouï de la synthèse, que le grand Sergio se présente au début du film qui nous intéresse aujourd’hui.

« SERGIO LEONE, UNE AMÉRIQUE DE LÉGENDE » (2018) est un documentaire produit par Arte, retraçant la carrière du réalisateur italien obnubilé par l’Amérique et qui mourut à l’aube de ses 60 ans, après seulement sept films à son palmarès. Mais quels films !

En 53 minutes, Jean-François Giré – qui signa il y a quelques années deux ouvrages-somme sur le spaghetti western – résume et condense la genèse des deux trilogies du réalisateur et leur impact toujours aussi fort. Sont interviewés des collaborateurs comme Claudia Cardinale (en espagnol !), Ennio Morricone, Clint Eastwood dans des extrait d’émissions plus ou moins anciennes, Leone lui-même dans un excellent français, l’historien Noël Simsolo ami du cinéaste et coscénariste du présent documentaire. D’autres, moins connus. On retiendra surtout la brève intervention de Luciano Vincenzoni qui raconte le « miracle » qui lui valut la reconnaissance éternelle de Leone.

L’admirateur éclairé n’apprendra rien, mais le film constitue une sympathique et chaleureuse approche de l’œuvre du maestro italien et une intéressante analyse de ses influences venues, pour la plupart de l’enfance.

 
 

« LES IMMORTELS » (2011)

Le réalisateur indien Tarsem Singh était déjà connu pour ses délires visuels, ses excès psychédéliques sans garde-fou avec des résultats variant du pire (pratiquement tout ce qu’il a fait au cinéma) au meilleur (« THE CELL »). Alors lui donner accès aux CGI pour « LES IMMORTELS » était l’assurance d’un film visuellement… spécial. Ce qui est bien sûr le cas !IMMORTALS

La mythologie revue par l’esthétique du jeu vidéo, c’est quelque chose de particulier. On se croirait parfois dans le « SATYRICON » de Fellini à la sauce grecque, boosté aux pixels numériques. Les choix de Singh sont déroutants : tous les extérieurs se passent sur d’immenses falaises abruptes, les Dieux de l’Olympe – eux aussi au bord de leur falaise ! –semblent échappés d’une opérette gay, les batailles sont irréelles, pourries de ralentis systématiques. Bref, on n’est guère convaincus, même si certains décors ont indéniablement de la gueule et que ce vieux Mickey Rourke fait la blague dans le rôle du très cruel roi Hypérion, pansu et balafré. Ses partenaires sont hélas, moins réjouissants : le transparent Henry Cavill qui rappelle les héros de péplums italiens des sixties, Freida Pinto en Phèdre hindoue ou le toujours pénible Stephen Dorff. On est tout de même content de revoir John Hurt en mentor rusé et Stephen McHattie en roi pas très malin.

« LES IMMORTELS » est une sorte de bande-démo de tout ce qu’on peut faire aujourd’hui en post-production, 3-D incluse. En tant que prouesse technique, cela vaut le coup d’œil, mais en tant que film, c’est d’une vacuité et d’une confusion insensées.

 
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AUJOURD’HUI, IL A 102 ANS !

KIRK 102

 

« THOR » (2011)

« THOR » est adapté d’une BD de Stan Lee et réalisé (étonnamment) par Kenneth Branagh. Le scénario est une étrange mixture, amalgamant des scènes situées dans une dimension parallèle où vivent le dieu Odin (Anthony Hopkins) et son peuple et d’autres se passant sur terre. Au Nouveau-Mexique, pour être précis !THOR.jpg

Il faut un certain temps pour s’accoutumer à ce grand n’importe quoi cosmique, aux costumes d’opérette des dieux, aux décors en CGI. Mais une fois qu’on a pris le pli, tout cela n’est pas déplaisant. L’affrontement entre Odin et son fils (Thor) a des accents shakespeariens et le parcours initiatique subi par le second, et métamorphosant le « petit con » arrogant du début en futur roi, maintient l’intérêt. Bien sûr, Chris Emsworth n’est pas le plus grand acteur du monde, mais il est bel et bien taillé comme un dessin de Jack Kirby. Autour de lui, quelques pointures comme Idris Elba en super-sentinelle ombrageuse, Stellan Skarsgård en scientifique sceptique et de bons seconds rôles comme Rene Russo, Ray Stevenson dans un rôle à la Obélix ou Tom Hiddleston en méchant pernicieux. Petite réserve concernant Natalie Portman, qui n’a jamais été aussi minaudante et superficielle.

« THOR » n’a rien d’un chef-d’œuvre et, comme tous ses semblables (les films de super-héros), il finit en bouillie d’effets numériques, par des bagarres interminables, s’apparentant à du catch. Les dieux n’ont-ils vraiment rien de mieux à faire que de se foutre sur la gueule ? Quoi qu’il en soit, « THOR » mérite tout de même le coup d’œil et les géants de glace, esthétiquement très réussis, annoncent très nettement l’armée des morts de la série TV « GAME OF THRONES ».