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Archives de Catégorie: MYTHOLOGIE

ADDIO, TOMAS !

MILIAN RIP

QUATRE RAISONS PARMI TANT D’AUTRES POUR LESQUELLES ON N’OUBLIERA PAS TOMAS MILIAN DE SITÔT. UN PILIER DU WESTERN ITALIEN !

 

CHUCK BERRY : R.I.P.

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CHUCK BERRY (1926-2017), LÉGENDE FONDATRICE DU ROCK’N ROLL, DONT LA MUSIQUE A ÉTÉ UTILISÉE DANS DE NOMBREUX FILMS.

 
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Publié par le 19 mars 2017 dans CARNET NOIR, MYTHOLOGIE

 

« 300 » (2006)

300Inspiré d’un « graphic novel » de Frank Miller et réutilisant plus ou moins les mêmes méthodes de tournage que « SIN CITY » (coréalisé par le même Miller) sorti l’année précédente, « 300 » est fortement inspiré par le « GLADIATOR » de Ridley Scott (la sauvagerie des batailles, la BO et… les champs de blé). Si on met un moment à s’acclimater à un visuel proche des jeux vidéo, on finit par se laisser happer par l’énergie indéniable de cet univers totalement factice et par l’excellente utilisation des CGI.

Remarqué en 2004 par le formidable « L’ARMÉE DES MORTS », Zack Snyder ne déçoit pas avec « 300 ». Ce n’est qu’après que son parcours commencera à devenir plus discutable. Dans une Grèce antique aux teintes sépia, où tout est recréé digitalement, jusqu’aux abdoms des Spartiates, le film conte la célèbre bataille des Thermopyles où 300 guerriers de Sparte affrontèrent les milliers de soldats perses venus les envahir.

Ça hurle à gorge déployée, ça décapite à tout-va, ça gicle aux quatre coins de l’écran, mais l’aspect artificiel du sang et des mutilations rend le spectacle supportable. Certaines images sont vraiment frappantes et le casting composé de vrais bons comédiens, et pas uniquement de Mr Muscles, finit de séduire : Gerard Butler joue un Léonidas fier et gueulard avec une vraie conviction, Lena Headey est comme toujours très bien dans le rôle de son épouse, Dominic West est abject à souhait en politicien sans honneur (non, ce n’est pas un pléonasme !) et Michael Fassbender joue les guerriers au sourire vorace. On retrouve également l’intense Stephen McHattie et – trop brièvement – le puissant Peter Mensah.

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LENA HEADEY ET MICHAEL FASSBENDER

Un beau péplum donc, qui réinvente un genre tombé en désuétude depuis bien longtemps. Les batailles en particulier, sortes de chorégraphies irréelles alternant ralentis et accélérés, bruitages « gore » et voix déformées, s’impriment durablement dans la mémoire. Peut-être pas un chef-d’œuvre, mais « 300 » vaut largement le coup d’œil.

 

« HOLLYWOOD’S STRAIGHT SHOOTER » (2001)

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LE PETIT LEE DANS LES ANNÉES 20

« HOLLYWOOD’S STRAIGHT SHOOTER » est un documentaire d’une quarantaine de minutes consacré à la carrière et à la vie privée de Lee Marvin, diffusé sur la « Biography Channel » et produit et réalisé par Ted Nelson. La narration est assurée par Peter Graves qui fut le partenaire de Marvin dans « LE RAID » et « L’ODYSSÉE D’UN SERGENT ».

Comme la plupart des films de cette collection, celui-ci est truffé d’images inédites de la jeunesse du génial comédien, d’extraits de films de famille. On le voit en G.I. juvénile et moustachu, puis pendant ses premiers pas sur une scène de théâtre à Woodstock où vivaient ses parents. Peu à peu, grâce à divers témoignages de son ex-épouse, de sa veuve (qui fut aussi son premier amour d’adolescence qu’il retrouva après quarante ans !), de comédiens comme Michael Callan, Mark Hamill ou Angie Dickinson (visiblement folle de lui), se dessine le portrait complexe et paradoxal d’un garçon sensible et cultivé, détruit par la guerre où il était sniper, qui sombra dans l’alcool pour ne jamais en ressortir.

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LEE MARVIN, THE ONE AND ONLY

Les extraits de films et téléfilms choisis ne parviennent pas à mettre le doigt sur l’exceptionnel talent de Marvin, sur sa personnalité explosive, imprévisible et parfois… dédoublée par la consommation d’alcool. Le réduire à un « tough guy » paraît très réducteur et affirmer que « CAT BALLOU » fut sa première incursion dans la comédie est une grossière erreur. Dans « SHACK OUT ON 101 » ou « L’ÉQUIPÉE SAUVAGE », il démontrait déjà qu’il avait un très large éventail.

Les courtes interviews de lui, pendant son procès avec Michelle Triola, en disent long sur lui et ses principes, ses images en famille sont émouvantes, comme les interventions de sa fille aînée qui lui ressemble énormément, même par sa voix grave. C’est trop bref pour être plus qu’un survol hâtif d’une vie de 63 ans, mais le documentaire vaut le détour pour ce qu’il parvient à capter de cet acteur unique et insaisissable.

Le film fut diffusé en France sous le titre : « LA FINE GÂCHETTE D’HOLLYWOOD » dans la collection « LES IMMORTELS DU CINÉMA ».

 

« BRUTE FORCE » (2002)

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CHARLES DENNIS BUCHINSKY AU DÉBUT DES ANNÉES 30

« BRUTE FORCE » est un documentaire de la « Biography Channel » américaine d’une quarantaine de minutes, consacré à Charles Bronson et diffusé en 2002. C’est aussi, sauf erreur, le seul et unique jamais consacré à cet acteur si cher à « BDW2 ». Écrit par Jerry Decker, réalisé et produit par Jack Walworth et narré par le ‘tough guy’ Michael Madsen, le film n’apprendra rien de nouveau aux fans de Charley, mais permet une bonne approche du bonhomme à ceux qui ne sont pas familiers de son travail, et donne l’occasion d’entendre des témoignages intéressants et de voir des photos rares et des extraits de téléfilms inédits.

Tout ce qui traite de la jeunesse à Ehrenfeld est très bien documenté. Walworth s’est rendu sur place, a filmé la ville, interviewé des amis de classe du jeune Buchinsky, retrouvé l’endroit où se tenait la maison familiale, la tombe de son père Walter, etc.

Bronson lui-même apparaît dans des extraits d’entretien datant de 1988 où il est étonnamment disert et détendu. On retrouve au fil du montage des interventions d’Harriet Tendler (qui n’a visiblement jamais cessé d’admirer son ex-époux), de son biographe Steven Whitney, de son ancien colocataire Jack Klugman, d’un James Coburn affectueux et drôle, de Michael Winner.

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LE JEUNE CHARLEY À LA FIN DES ANNÉES 40

Vu la courte durée et la matière à traiter, cela demeure très superficiel, n’allant jamais au fond des choses. La carrière est beaucoup trop vite survolée à partir des années 70, n’expliquant pas les raisons de son succès européen (« Europeans like tough guys », explique Klugman). Aucun témoignage dissonant ne vient gâcher l’ambiance commémorative. Mais si on n’en ressort pas beaucoup plus éclairé sur la personnalité de l’homme, on s’intéressera à des images rarissimes (un court extrait de film amateur le montrant en train de sortir du lycée, quelques toiles entrevues qui laissent deviner le style du peintre assidu qu’il fut toute sa vie) et à la nostalgie qui naît souvent de ces biographies qui survolent toute une vie en quelques courtes minutes.

À noter que le film fut diffusé en France sous le titre « LE SOLITAIRE » et qu’il est trouvable sur Youtube.

 

« LE ROI ARTHUR » (2004)

kingPas étonnant qu’Antoine Fuqua ait tourné un remake des « 7 MERCENAIRES », vu que douze ans plus tôt, il s’y essayait déjà de façon détournée avec « LE ROI ARTHUR », transposition du scénario du film de John Sturges (et donc de Kurosawa) dans un univers médiéval.

Cela se veut une version « historique » (on ne ricane pas, s’il vous plaît) du mythe des chevaliers de la Table Ronde et le film redistribue sans complexe les cartes de la légende, qu’il s’agisse de l’épée plantée dans le roc, le temps d’un bref flash-back ou du triangle amoureux formé par Arthur, Guenièvre et Lancelot.

Ce n’est jamais très passionnant, d’autant que la photo monochrome tirant systématiquement sur le cyan, finit par lasser l’œil et que le dialogue emphatique fait plus que friser le ridicule. Pourtant, le film vaut d’être vu, ne serait-ce que pour ses séquences de bataille bien maîtrisées, particulièrement une sur un lac gelé, et pour son casting de tout premier ordre qui maintient l’intérêt.

Clive Owen est un Arthur monolithique mais fait preuve d’une belle prestance en armure et une épée à la main (non, il n’est pas fait mention d’Excalibur), Keira Knightley connaît son heure de gloire quand, le visage peint en bleu (clin d’œil à « BRAVEHEART » ?) elle balance des flèches enflammées sur l’ennemi : go, Keira ! Go ! Stellan Skarsgård et Til Schweiger forment un monstrueux duo père-fils de barbares sanguinaires, parfois presque drôle tant ils sont bêtes et méchants. Mads Mikkelsen, à peine identifiable sous sa tignasse, est superbe avec son faucon dressé sur le poing. Il s’est fait un look de samouraï pour la bataille finale qui renvoie au chef-d’œuvre japonais de 1954. Ray Winstone et Ray Stevenson assurent en brutes truculentes, etc. Une vraie fête pour l’amateur d’acteurs « à tronches » ! Là encore, l’influence des « 7 MERCENAIRES » ?

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KEIRA KNIGHTLEY, CLIVE OWEN ET MADS MIKKELSEN

« LE ROI ARTHUR » manque de consistance, se prend parfois trop au sérieux et perd souvent le fil de son récit. Mais il y a là-dedans une volonté d’aventure épique pas si fréquente par les temps qui courent et qui annonce une série comme « GAME OF THRONES ». Et puis, répétons-le, la brochette de comédiens vaut vraiment le détour. Pourquoi pas, donc !

À noter que Mads Mikkelsen et Hugh Dancy, qui joue un autre chevalier, seront les têtes d’affiche de la série TV « HANNIBAL » dix ans plus tard.

 

HOMMAGE : UN HOMME À RESPECTER…

kdrip2Kirk Douglas fête aujourd’hui ses cent printemps ! C’est une des personnalités les plus paradoxales et insaisissables du vieil Hollywood. Sa carrière démarra dans les années 40 pour s’achever dans les années 2000. Il fut à son pinacle dans les fifties et « SPARTACUS » fut en quelque sorte son chant du cygne de superstar. Sa carrière déclina doucement les années suivantes avec, çà et là, de belles fulgurances.

Haï et respecté, admiré et moqué, Douglas fut non seulement un acteur culotté, n’hésitant jamais à remettre son image en question, mais aussi un producteur despotique, courageux et un réalisateur qui ne se jugea pas lui-même suffisamment talentueux pour persister dans cette voie.

À l’instar de son ami et rival Burt Lancaster, Douglas était réputé pour faire souffrir ses réalisateurs, pour les virer sans hésitation au moindre « différend artistique » et pour tirer la couverture à lui à la moindre occasion. Certains le considéraient comme « l’être le plus vulgaire qu’ils aient jamais croisé », d’autres comme un « gentleman ».kdrip3

Fils d’émigrés russes, Kirk Douglas est l’incarnation du self-made-man américain. Très jeune, il a remodelé son visage, s’est imposé dans des rôles de ‘tough guys’ alors que les agents de casting le destinaient à jouer les jeunes premiers. Il a crevé l’écran dès ses premiers films par sa rage authentique, une collection de névroses qui ont fait de ses personnages dans « CHAMPION », « HISTOIRE DE DÉTECTIVE » ou « LES ENSORCELÉS » des êtres de chair et de sang, faillibles, ambitieux jusqu’à la folie, odieux mais aussi pathétiques.

Douglas n’a jamais hésité à jouer les salauds, les cyniques, à s’enlaidir, à montrer ses failles. À la sortie d’une projection de « LA VIE PASSIONNÉE DE VINCENT VAN GOGH », John Wayne choqué, le lui reprocha. Pourquoi jouer de telles « lavettes » quand le public veut des héros ?

kdrip4Ses rares rôles entièrement positifs comme le colonel des « SENTIERS DE LA GLOIRE » ou le rebelle de « SEULS SONT LES INDOMPTÉS » gardent tout de même leurs zones d’ombre. Mais Douglas ne fut jamais meilleur qu’en « son of a bitch » : le guerrier borgne des « VIKINGS », l’officier violeur dans « PREMIÈRE VICTOIRE », l’avocat militaire sans scrupule dans « VILLE SANS PITIÉ », ou le hors-la-loi rouquin dans « LE REPTILE » un de ses rôles les plus emblématiques. Il a su surprendre parfois en acceptant des emplois plus quotidiens, dans « LIAISONS SECRÈTES » en époux adultère ou « L’ARRANGEMENT », son interprétation la plus subtile et introspective, dirigé par Elia Kazan qui avait fait appel à lui après la défection de Brando.kd-rip-5

Sa fin de carrière l’a vu céder de plus en plus au cabotinage, à la grimace facile et – de lifting en lifting – on l’a vu devenir une caricature de lui-même, le lot commun de certaines vedettes à la trop longue carrière. On oubliera donc « SATURNE 3 », « CACTUS JACK » ou « UNE FOIS NE SUFFIT PAS » !

Kirk Douglas fut une grande figure du western avec ses rôles dans « L’HOMME QUI N’A PAS D’ÉTOILE », « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL », « LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL », il fut un producteur téméraire, un découvreur de talents (Kubrick), il écrivit avec « LE FILS DU CHIFFONNIER » une autobiographie exceptionnelle aux réelles qualités littéraires. Il fut aussi un des très rares players hollywoodiens à revendiquer ouvertement ses racines juives.

Son fils Michael a pris la relève en devenant lui aussi un éminent acteur/producteur.

Aujourd’hui, en parcourant la filmographie de Kirk, on se dit qu’un titre lui correspond idéalement. Celui d’un nanar qu’il tourna en Allemagne dans les années 70, pourtant : « UN HOMME À RESPECTER ». Alors, respect !