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Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« WALKING DEAD » : saison 7 (2017)

WD7 2La 6ème saison de « WALKING DEAD » laissait nos héros en fâcheuse posture, la 7ème démarre à l’endroit précis où on les avait laissés : ligotés, humiliés, impuissants, à la merci de ‘Negan’, le leader psychopathe d’un clan rival, armé d’une batte de baseball ornée de barbelés qu’il appelle ‘Lucille’.

L’épisode « THE DAY WILL COME WHEN YOU WON’T BE » est pétrifiant : un long exercice de torture morale et physique qui va jusqu’à l’anéantissement psychologique de ‘Rick’ entre les mains de Negan et surtout la mort excessivement brutale de deux personnages centraux de la série, réduits en bouillie. Le problème, c’est qu’après cette entrée en matière, il faut attendre le 16ème et dernier épisode pour retrouver la même verve, le même suspense viscéral. On sent que, à l’instar de la précédente, c’est une saison de transition, une préparation à la 8ème. Les protagonistes manifestement essoufflés, ne sont pas très bien servis (la bluette entre Rick et Michonne, franchement sans intérêt et peu crédible, banalise les personnages), cela se répète beaucoup, on perd un temps fou en séquences dialoguées où tout le monde s’explique, s’excuse, se menace, etc. Et surtout, pour la première fois, des comédiens très faibles occupent le devant de la scène, comme les désolantes Alanna Masterson, Christian Serratos ou Katelyn Nacon. Quant aux nouveaux venus, comme le roi Ezekiel et son tigre numérique, on est en droit de se montrer circonspect.

Quoi qu’il en soit, la saison appartient tout entière à Jeffrey Dean Morgan, qui crée un prodigieux ‘bad guy’ en la personne de Negan. Un despote sadique, pervers, mais surtout – et c’est là la vraie révolution – incroyablement intelligent et charismatique. Au point d’éclipser les héros de la série à la moindre apparition. L’acteur a visiblement connu une vraie fusion avec son rôle et il explose l’écran, s’accaparant la vedette, jusqu’à devenir presque… sympathique. Car il est clair qu’on s’amuse bien davantage avec lui qu’avec nos « récurrents » un peu fatigués et trop bavards. Véritable double en négatif de Rick, il parvient sans difficulté à oblitérer celui-ci.

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JEFFREY DEAN MORGAN ET POLLYANNA McINTOSH

Les zombies restent un peu à l’arrière-plan, mais sont plus répugnants que jamais, on se réjouit de voir l’étonnante Pollyanna McInstosh en chef d’une sorte de secte de survivants, mais cette saison 7 apparaît comme une des moins prenantes, des moins addictives depuis le début de la série. À suivre, donc…

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« THE JANE DOE IDENTITY » (2016)

« THE JANE DOE IDENTITY » (titre « français » de « THE AUTOPSY OF JANE DOE » !) est un film d’horreur à petit budget, basé sur un concept original et accrocheur : toute l’action se concentre dans une salle d’autopsie où est amené le cadavre immaculé d’une jeune femme nue (Olwen Catherine Kelly), apparemment morte depuis longtemps, mais nullement décomposée. Menée par un vieux légiste (Brian Cox) et son fils-apprenti (Emile Hirsch), l’étude du corps va déclencher de terrifiants phénomènes surnaturels.DOE

Réalisé et cadré avec soin par André Øvredal, le film évolue progressivement, sans précipiter les événements et prend subitement de la vitesse. Si on est complètement saisi au début par l’ambiance orageuse, les gros-plans ‘gore’, par les plans répétitifs du visage blafard de la morte et de ses yeux vitreux, on ne peut s’empêcher de regretter que les auteurs en disent trop quand le mystère commence à se lever et que les influences (« SHINING », « L’EXORCISTE ») se font de plus en plus visibles. « THE JANE DOE INDENTITY » n’en demeure pas moins un exercice de style maîtrisé et maniant avec élégance les codes du genre. La présence physique de Cox, toujours aussi massif et expressif, fait son effet et il parvient à faire passer des nuances infinitésimales d’humanité et de compassion dans son jeu. Face à lui, Hirsch semble un peu léger et inconsistant. Dommage que leur relation demeure aussi superficielle. On reconnaît l’excellent Michael McElhatton (un des méchants de « GAME OF THRONES ») en shérif complètement dépassé. À voir pour l’amateur de suspense horrifique donc, qui ne s’ennuiera pas un instant, frissonnera même parfois, mais qui restera probablement sur sa faim, par la faute d’un scénario qui ne va pas jusqu’au bout de sa logique et laisse un peu frustré.

 

« KILLER INSTINCT » (1992)

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RUTGER HAUER

« KILLER INSTINCT » (titre « français » de « SPLIT SECOND » !) commence par un carton indiquant que l’action se déroule dans un futur proche (2008 !) dans un Londres englouti sous les eaux à cause du réchauffement climatique. Déjà ! Le problème c’est que, faute de moyens, les plans larges de la capitale anglaise semblent parfaitement normaux et le niveau de l’eau tout à fait viable !SPLIT2

Cela débute par une enfilade de clichés : le flic traumatisé par la mort de son coéquipier, obsédé par son assassin, un serial killer qui arrache le cœur de ses victimes. Ensuite, le scénario bifurque plutôt dans le pompage maladroit de « PREDATOR » et « ALIEN », car le tueur n’est autre qu’un extra-terrestre baveux aux dents acérées. Flanqué de son nouveau partenaire, un « bleu » sorti d’Oxford et de la veuve de son copain mort, notre flic va s’escrimer à dénicher sa Némésis.

Que dire ? Les prémices sont sympathiques, l’esprit série B est bien là, mais la réalisation de Tony Maylam est indigente, la photo très inégale et le ton, semi-comique, gâche toute espérance de suspense ou de trouille. Sans compter que la BO utilise « Knights in white satin » (sic !) sans la moindre retenue. Rutger Hauer, absolument pas dirigé, fait n’importe quoi dans un rôle à la Schwarzenegger (cigare compris). En net surpoids, changeant quasiment d’humeur d’un plan à l’autre, le grand Hollandais n’est guère à son avantage. Son sidekick Alistair Duncan ne relève pas le niveau, Kim Cattrall se dénude un peu pour justifier sa présence et on aperçoit de bons seconds rôles anglais comme Pete Postlethwaite et Alun Armstrong.

Des bâtiments délabrés et suintants, des fusillades, des rats, des ‘one liners’ pas très drôles, une photo qui semble dater des pires heures des années 80, sans oublier le bâclage des détails (censé être clochardisé, Hauer est toujours parfaitement rasé, même quand on le voit se raser, et arbore un inaltérable brushing) : « KILLER INSTINCT » ne passe pas très loin du zéro pointé.

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RUTGER HAUER, KIM CATTRALL ET ALISTAIR DUNCAN

 

« PRIS AU PIÈGE » (2017)

Dès la première séquence de « PRIS AU PIÈGE », montrant tous les futurs protagonistes du film se croisant dans une rue de Madrid, afin de finir dans le même bistrot, on sent qu’on part pour un ‘trip’ ludique et stylisé, sans prévoir quel style d’histoire cette production espagnole va nous raconter.BAR

Álex de la Iglesia, habitué des scénarios déjantés, installe rapidement un postulat qu’on pourrait situer entre « UN APRÈS-MIDI DE CHIEN » et « { REC.} » : un huis clos de plus en plus tendu et dramatique dans un bar complètement coupé du monde, entouré par une menace invisible et indéfinissable. Lâchant des personnages au caractère extrême dans ce lieu clos, l’auteur observe la nature humaine sans complaisance ni indulgence. En situation de panique et de survie, tout le monde régresse à l’état presque sauvage. Le film est porté par un excellent casting, de Blanca Suárez en gentille célibataire collée à son portable à Mario Casas en publicitaire à la grosse barbe inquiétante en passant par Jaime Ordóñez survolté dans un numéro halluciné de SDF hystérique et dangereux, en passant par Terele Pávez magnifique en patronne du troquet pragmatique. Cette réunion parfaitement agencée de bons acteurs sans cesse confrontés les uns aux autres donne au film son centre de gravité.

« PRIS AU PIÈGE » est un peu long, surtout dans la partie confinée dans la cave, il piétine parfois, et on se dit qu’un petit quart d’heure en moins aurait probablement été bénéfique. Mais tel qu’il est, il possède un ton spécial, entre le film de zombie sans zombie, la grosse comédie ‘trash’ et le ‘survival’ urbain. On rit souvent, on frémit parfois et surtout, grand plaisir, on ne sait jamais exactement où tout cela nous mène. À tenter donc, cet exercice de style globalement réussi et bien maîtrisé.

 

« L’INVASION VIENT DE MARS » (1986)

MARS« L’INVASION VIENT DE MARS » est le remake de « LES ENVAHISSEURS DE LA PLANÈTE ROUGE », une série B populaire de 1953. Réalisé pour la mythique Cannon par Tobe Hooper, le film démarre très bien, avec une patine agréable : celle des années cinquante revues et corrigées par les eighies !

Pourtant écrit par Dan O’Bannon (« ALIEN »), le scénario ne tient hélas, pas ses promesses. On passe d’un amusant mélange de trouille bien distillée, de naïveté assumée et d’humour pince-sans-rire, à un grand n’importe quoi dès que le jeune héros (Hunter Carson) et l’infirmière de son école (Karen Black) se retrouvent face aux militaires et aux aliens. L’histoire se délite complètement, se concentre sur le décor au kitsch époustouflant du vaisseau spatial – qu’il fallait visiblement amortir – et la légèreté du début se mue en ennui phénoménal. Les F/X ont beau porter la signature des vénérables John Dykstra et Stan Winston et on a beau faire preuve de la plus complaisante indulgence, ça ne fonctionne plus du tout ! Quant à l’épilogue qui ressert éhontément la vieille ficelle du « tout cela n’était qu’un rêve », doublé d’un « finalement, peut-être pas », il achève de laisser sur une négative impression.

Heureusement, le cast contient quelques bonnes surprises : Karen Black qui joue bien le jeu, en ‘nurse’ sexy et téméraire, Louise Fletcher dans le même emploi que dans « VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU » en prof possédée par les aliens. Il faut l’avoir vue gober vivante une énorme grenouille ! On retrouve également Timothy Bottoms en gentil papa et Bud Cort (« HAROLD & MAUDE ») en savant optimiste.

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HUNTER CARSON, KAREN BLACK, BUD CORT ET LOUISE FLETCHER

« L’INVASION VIENT DE MARS » aurait pu convaincre en préservant un vrai premier degré. Cela aurait même pu être appréhendé comme la vision fantasmée du quotidien d’un écolier imaginatif, un peu comme le sera la série TV « BUFFY CONTRE LES VAMPIRES ». Mais tel quel, le film n’est visible que pour sa première moitié sympathique, en oubliant la seconde franchement ratée.

 

« DREAMCATCHER, L’ATTRAPE-RÊVES » (2003)

DREAMCATCHER L'ATTRAPE-REVES ; DREAMCATCHER (2002)Comment deux scénaristes de la trempe de Lawrence Kasdan et William Goldman ont-ils pu à ce point s’embourber dans l’adaptation d’un pavé de Stephen King ? « DREAMCATCHER, L’ATTRAPE-RÊVES » commence comme « STAND BY ME » ou « ÇA », des classiques du romancier et après une cinquantaine de minutes qui tiennent (à peu près) debout, se met à partir en tous sens jusqu’au délire le plus total.

En tant que réalisateur Kasdan fait un travail honnête, la photo de John Seale est superbe et le casting a pris du poids avec les années : parmi les copains d’enfance on retrouve de futures stars TV comme Damian Lewis, Timothy Olyphant ou Thomas Jane, Morgan Freeman – affublé d’énormes sourcils blancs – apporte la caution de sérieux en militaire chasseur d’aliens.

Mais quelle bouillie insensée ! Quatre amis de toujours (venus de Derry dans le Maine, comme d’habitude) ont sauvé un simplet qui leur a donné des pouvoirs mentaux. Vingt ans après, ils se retrouvent confrontés à un monstre venu de l’espace (équivalent du clown de « ÇA ») bien décidé à annexer la terre. King est capable de faire passer pratiquement tous ses fantasmes et ses plus incroyables histoires en enveloppant le lecteur dans des textes d’une telle densité, qu’on est obligé de s’y immerger. Sous forme de scénario, c’est tout à fait autre chose. Ne ressortent plus que les aberrations, le ridicule, les « comme par hasard » inouïs. Et dans « DREAMCATCHER » on est vraiment gâtés !

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TOM SIZEMORE, MORGAN FREEMAN ET DAMIAN LEWIS

De bonnes choses dans ce magma ? Le quatuor d’acteurs jouant les amis, qui fonctionnent très bien en groupe. Des F/X étonnamment réussis et qui n’ont pas spécialement vieilli, surtout concernant le look du monstre et quelques idées tellement répugnantes (l’alien ne sort pas par la cage thoracique, mais par un orifice disons… plus naturel) qu’elles font sourire. Mais par respect pour Kasdan et Goldman, revoyons plutôt « LES COPAINS D’ABORD » et « MARATHON MAN ».

 

« JEEPERS CREEPERS 2 – LE CHANT DU DIABLE » (2003)

JPC2 2« JEEPERS CREEPERS 2 – LE CHANT DU DIABLE » a été tourné par le même Victor Salva deux ans après le premier film, mais il se situe dans la continuité directe des évènements décrits en 2001.

Autant le dire tout de suite, la magie ne s’est pas reproduite et cette sequel est au film original ce que « LES DENTS DE LA MER – 2ème PARTIE » fut au chef-d’œuvre de Spielberg. C’est-à-dire une resucée superfétatoire, interprétée par des teenagers incompétents et écrite n’importe comment. L’essentiel de l’action se déroule à l’intérieur d’un bus scolaire bourré de joueurs de foot et de pom-pom girls. Ils sont attaqués par le monstre ailé qui vient de se bâfrer pendant 22 jours et s’apprête à hiberner pendant 23 ans, avant de revenir. C’est une morne succession de meurtres sanglants, de plans ‘gore’, d’ados en train de hurler. Jonathan Breck, incarnant la créature, est beaucoup plus visible que la première fois et aussi, bien plus humanisé : il sourit à pleines dents, fait même des clins d’œil. Autant dire que, s’il reste assez impressionnant visuellement, il ne fait plus du tout peur. Alors on admire la belle photo de Don E. Fauntleroy, quelques jolies idées de cadrages et on s’efforce de tenir le coup jusqu’à ce que tout cela démarre vraiment, c’est-à-dire dans le dernier quart, quand Ray Wise jouant un pécore héroïque s’attaque au monstre avec un gros harpon à baleine. Là, le film s’anime un peu, l’action pure prend le pas et on oublie de s’ennuyer. L’épilogue situé 23 ans plus tard est également une bonne trouvaille.

Dans un casting, nous l’avons dit, des plus médiocres, on retrouve avec plaisir Justin Long héros du n°1 dans un caméo, le temps de deux séquences de rêve. Sans être honteuse, parce qu’elle est soigneusement confectionnée, cette suite n’offre pas grand-chose à se mettre sous la dent et réutilise sans aucune inspiration les recettes de son prédécesseur.

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JONATHAN BRECK ET JUSTIN LONG