RSS

Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« TRILOGY OF TERROR » (1975)

TERROR« TRILOGY OF TERROR » est un téléfilm-culte réalisé par Dan Curtis d’après des histoires ou des scénarios du maestro Richard Matheson. Le film comprend trois sketches d’égale durée, tous interprétés par Karen Black.

Dans le premier « JULIE », elle incarne une prof de fac coincée et solitaire, droguée et violée par un élève qui la fait ensuite chanter. Jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle n’a rien d’une victime, mais qu’elle serait plutôt une prédatrice perverse et sans pitié doublée d’une serial killeuse. Pour invraisemblable qu’il soit, le ‘twist’ n’en demeure pas moins efficace et sympathique. La comédienne est d’une vénéneuse séduction dans ce rôle à double visage.

« MILLICENT AND THERESE » pousse encore plus loin le thème de la dualité, en présentant deux sœurs aux caractères opposés. Le problème est qu’on sent venir la « révélation » finale dès les premières minutes du sketch (ce n’est donc pas vraiment spoiler que de dire qu’il s’agit d’un dédoublement de personnalité) et que par conséquent, le film est assez ennuyeux puisque prévisible de A jusqu’à Z. L’actrice se laisse même aller à la caricature dans le rôle de la sœur délurée à perruque blond platine. À ses côtés, le toujours excellent George Gaynes en psy inquiet.

« AMELIA » en revanche, est la vraie raison de voir cette trilogie, et certainement l’explication de sa popularité persistante. Karen Black y joue une jeune femme opprimée par sa mère, qui achète une statuette africaine pour l’anniversaire de son boy-friend. Seulement l’affreux objet est possédé par l’esprit d’un guerrier féroce qu’elle libère accidentellement. Tout le film n’est qu’une poursuite sauvage dans l’appartement entre une Karen – seule à l’écran de la première à la dernière image – paniquée et une statuette poussant des gargouillis crispants et maniant la lame. C’est un joli exercice de style, qui rappelle les BD de « CREEPY » ou « EERIE », voire les vieux épisodes de « TWILIGHT ZONE ». On ne s’y ennuie pas une seconde et le tout dernier plan mérite d’entrer dans les annales. L’énergie et l’humour noir de ce segment rattrape les petites mollesses des deux précédents et font de « TRILOGY OF TERROR » un bon moment de détente et, pour Karen Black une parfaite bande-démo de ses multiples talents.

TERROR2

KAREN BLACK

 

« PENNY DREADFUL » : saison 3 (2016)

PENNY3Pour sa troisième et ultime saison, « PENNY DREADFUL » confirme un peu les craintes qu’on pouvait avoir quant à son avenir. Si l’univers décrit est toujours aussi ludique, sombre et visuellement fascinant, le développement scénaristique laisse toujours autant à désirer et paraît même souvent improvisé au fil de la plume. Les neuf épisodes semblent très inutilement étirés et auraient sûrement pu être condensés en six.

Cette saison multiplie les sous-intrigues : l’une d’elles nous entraîne au Far-West et on y retrouve Wes Studi en « dernier des Apaches » mystérieux et Brian Cox en rancher implacable. Une autre nous fait retrouver Dracula et Renfield, une autre encore transforme la fiancée de Frankenstein (Billie Piper) en suffragette sanglante (ce qu’il y a de plus faible dans le tricotage de la saison). Le nouveau personnage du ‘Dr. Jekyll’ est très mal exploité. L’épisode « A BLADE OF GRASS » se déroule entièrement en flash-back dans la cellule capitonnée d’un asile où Eva Green se désagrège mentalement mais trouve de la compassion chez son infirmier, le futur « monstre » Rory Kinnear. On revoit également Patti Lupone en psy, descendante de la sorcière de la saison précédente.

Tous les protagonistes se retrouvent finalement dans « THE BLESSED DARK », pour affronter Dracula et ses vampires-zombies lors d’une baston géante dans un vieil abattoir sombre. Rien de très convaincant donc pour clore cette saga victorienne au ‘pitch’ si intrigant et à l’exécution si hasardeuse. Reste bien sûr l’étonnante présence d’Eva Green, qui affine encore davantage son jeu à la fois intense et subtilement décalé et ironique. Elle a de très jolis face-à-face avec Lupone et la fin de son parcours tourmenté est émouvante.

Difficile de se montrer enthousiaste donc, pour cette 3ème fournée de « PENNY DREADFUL », série ambitieuse qui n’a jamais complètement tenu ses promesses, malgré un concept inventif, revivifiant les vieux mythes de l’horreur en les imbriquant les uns dans les autres. Cette saison délayée et trop bavarde permet de quitter ‘Vanessa Ives’ et ses compagnons sans trop de regrets.

PENNY3 2

WES STUDI ET EVA GREEN

 

« RESIDENT EVIL » (2002)

evil2À la base, l’idée même d’un film de zombies inspiré d’un jeu vidéo et offrant comme héroïne la Milla Jovovich de Besson, on ne peut pas dire qu’on se précipite. Mais en y regardant à deux fois, on se souvient que Paul W. S. Anderson avait réalisé un très convenable « SOLDIER » avec Kurt Russell, et on finit pas se dire « pourquoi pas ? ».

« RESIDENT EVIL » synthétise à lui tout seul l’expression « plaisir coupable » : l’univers est rapidement planté (une société tentaculaire qui régit le monde et trafique dans l’ADN et les virus), l’action réduite à sa plus simple expression : une bande de militaires escortant les survivants d’une attaque virale, poursuivis par des morts-vivants, des dobermans zombifiés et même un monstre génétiquement modifié. Le tout rythmé par des combats, des fusillades, des corps-à-corps. Pour enrober tout cela, on met en vedettes deux jolies femmes : Jovovich dans une petite robe rouge révélatrice en « Jason Bournette » retrouvant peu à peu la mémoire et Michelle Rodriguez en ‘tough girl’ au rictus menaçant. Elles sont entourées de quelques bons acteurs anglais comme James Purefoy, Colin Salmon et Jason Isaacs qui apparaît masqué dans un plan et récite la voix « off ».

À partir du moment où les zombies font leur apparition, et même si leur apparence semble bien proprette depuis « WALKING DEAD », on peut mettre son cerveau en mode « veille ». On n’a guère le temps de s’ennuyer, les F/X sont corrects, vu leur âge, certaines images comme ce rayon laser découpant les soldats en tranches, sont assez frappantes et le montage ne connaît pratiquement pas de temps mort. On n’est certes pas dans le haut-de-gamme de la SF contemporaine, mais « RESIDENT EVIL » n’a rien de déshonorant et ne se prend jamais au sérieux. Et Milla Jovovich crée une silhouette iconique des plus efficaces. L’épilogue post-apocalyptique ouvre la porte à des sequels (il y en aura cinq !) et pourrait même servir de point de départ à la première saison de « WALKING DEAD ».

evil

MILLA JOVOVICH ET MICHELLE RODRIGUEZ

 

« ÇA » (1990)

ca2« ÇA », le roman de Stephen King reprenait grosso-modo le postulat de sa nouvelle « STAND BY ME », et bifurquait vers un traitement fantastique, alliant l’horreur et la SF. Le livre fut adapté en minisérie de trois heures pour la TV et marqua les esprits grâce à l’interprétation extravagante de Tim Curry dans un rôle de clown surgi des enfers et dévorant les enfants.

Qu’en reste-t-il 27 ans après ? Pas grand-chose, hélas. Si la première partie fait encore à peu près illusion, grâce à un bon casting de gamins et peut-être au bon souvenir de « STAND BY ME », la seconde est une pure catastrophe. La réalisation de Tommy Lee Wallace est gauche, statique, incapable de faire exister plusieurs personnages dans le même cadre. Quant à la distribution « adulte », elle va de l’à peine acceptable (Richard Thomas, John Ritter) à l’agressivement nul (Olivia Hussey, Harry Anderson). Et ne parlons même pas de l’affrontement final entre les six amis d’enfance et le « monstre » niché dans les égouts de la ville, une sorte de crabe-araignée en caoutchouc et au ventre luminescent, échappé d’une vieille série B des années 50. À voir pour le croire.

Mais il faut bien reconnaître qu’au milieu de ce fatras mollasson et convenu, Tim Curry vaut à lui seul le détour. Déjà impressionnant en diable cornu dans « LEGEND » de Ridley Scott, il fait un numéro de haute-voltige en « paillasse » à perruque rouge, au rire crispant et à la voix caverneuse. Ses gros-plans, avec ses dents pointues de requin font encore leur petit effet. Et son leitmotiv (« They all float, down there ») met mal à l’aise sans qu’on sache très bien pourquoi. Pour lui donc, et pour la photogénie de la toujours belle Annette O’Toole, on peut jeter un rapide coup d’œil à « ÇA », en espérant que le remake tourné en 2017 saura améliorer le score, ce qui ne semble pas hors de portée. À suivre…

ca

ANNETTE O’TOOLE ET TIM CURRY

 

« LES VAMPIRES DE SALEM » (1979)

salem

BONNIE BEDELIA

L’idée même d’un pavé du maître Stephen King adapté par Tobe Hooper avec James Mason en tête d’affiche, sur une durée de trois heures, ça ne peut que titiller le cinéphile amateur d’horreur.salem3

Tourné pour la TV, « LES VAMPIRES DE SALEM » fut exploité en salles dans une version de 104 minutes. C’est celle de 184 minutes qui est chroniquée ici. Étrange mélange de ‘soap opera’ provincial pour le look général et de mythologie gothique pour le thème, le film décrit – comme souvent chez King – le pouvoir maléfique exercé par une maison hantée. Celle-ci accueille un vampire, portrait craché de Nosferatu, et son larbin, un antiquaire stylé (Mason, qui traverse tout cela du bout des lèvres). David Soul, enfant du pays devenu un romancier sans succès, revient à Salem’s Lot et va se dresser contre les forces du Mal.

Très long, mais surtout très LENT (on met d’interminables minutes à gravir un escalier, à traverser un couloir), « LES VAMPIRES DE SALEM » est bâti en vignettes sans réel intérêt : George Dzundza en camionneur cocu, par exemple. Pourquoi perdre autant de temps à relater ses misères ? Seule la dernière partie, à partir du moment où le vampire-en-chef (Reggie Nalder) apparaît, vaut vraiment le détour. Il y a quelques images frappantes, comme ces enfants flottant derrière les vitres, une ambiance assez prenante, mais c’est tellement délayé que le temps paraît bien longuet.

Soul semble maussade et pas très heureux d’être là, Bonnie Bedelia est très jolie, Geoffrey Lewis arbore une vilaine moumoute. À noter que les vétérans Marie Windsor et Elisha Cook, Jr. jouent un couple de divorcés, eux qui étaient déjà mariés un quart de siècle plus tôt dans « ULTIME RAZZIA » de Kubrick.

Un honnête téléfilm qui accuse sévèrement l’outrage des ans. Il connut une sequel et aussi un remake.

salem2

BONNIE BEDELIA, DAVID SOUL ET REGGIE NALDER

 

« WOLF » (1994)

wolf-copie-2

MICHELLE PFEIFFER ET JACK NICHOLSON

Quand on lit au générique d’un film de loup-garou les noms de Mike Nichols à la réalisation, du romancier Jim Harrison au scénario, du chef-op de Fellini et Visconti, Giuseppe Rotunno à la photo et d’Ennio Morricone à la musique, on se dit que « WOLF » n’a certainement rien d’un banal film d’horreur.wolf3-copie

De fait, le film transporte le mythe du lycanthrope dans l’univers de l’édition new-yorkaise des années 90, semble d’abord vouloir parler de la perte des traditions et des valeurs, du vieillissement de l’homme civilisé cédant la place au profit et à l’arrivisme aveugle. Mais rapidement, Jack Nicholson, gentil éditeur effacé, qui vient de se faire mordre par un loup, se transforme en prédateur. Et au lieu de passer pour un monstre, il s’intègre au contraire bien mieux dans ce monde impitoyable où tout le monde s’entredévore.

Satire sociale, comédie de mœurs, « horror movie » suivant assez respectueusement les règles du genre, « WOLF » est un vrai plaisir, qui prend le temps de fouiller ses personnages, de raconter une histoire d’amour adulte et crédible, de rester ancré dans une réalité très concrète, jusqu’à la fin quand éclate un étonnant romantisme échevelé où les amants hurlent à la lune.

Le scénario tire un peu à la ligne hélas, se répète parfois, ellipse des moments importants qu’on aurait aimé voir, plutôt que s’attarder sur l’enquête sans grand intérêt du flic Richard Jenkins. Cela ne gâche pas le plaisir, fort heureusement, d’autant qu’autour d’un Nicholson nageant comme un poisson dans l’eau sans jamais cabotiner et d’une Michelle Pfeiffer attachante ‘tough girl’ au cœur sensible, tous les seconds rôles sont savoureux : Christopher Plummer en grand patron suave, James Spader en jeune collègue sans éthique ou Kate Nelligan en épouse infidèle.

Avec un petit quart-d’heure de moins, « WOLF » aurait été irréprochable. Tel quel, il demeure intelligent, incisif, parfois très dingue, bref, tout à fait recommandable.

wolf2-copie

JACK NICHOLSON, CHRISTOPHER PLUMMER, MICHELLE PFEIFFER ET JAMES SPADER

 

« THE STRANGERS » (2016)

Quand commence « THE STRANGERS », on se retrouve immédiatement en terrain familier : des meurtres bizarres dans une région rurale de Corée, on pense évidemment au remarquable « MEMORIES OF MURDER », d’autant que le héros-flic (Do-won Kwak) semble tout aussi incompétent et maladroit que ceux du film de 2003.strangers

Le signature de Hong-jin Na (« THE CHASER », « THE MURDERER ») est plutôt gage de solidité et d’originalité. Aussi est-ce en toute confiance qu’on pénètre dans cet univers dépaysant et volontiers déconcertant. Sur 156 copieuses minutes, le scénario développe une enquête policière d’abord sur un ton de semi-comédie, puis bifurque vers l’horreur avec des références à « L’EXORCISTE » avec le personnage du chaman ou aux films de zombies et pour finir s’achève – et c’est bien là le gros problème du film – dans la confusion la plus totale. En effet, la dernière demi-heure est quasiment incompréhensible et gâche considérablement la bonne impression laissée jusque-là par le film. Des personnages périphériques (le jeune prêtre) prennent subitement une énorme importance, les morts ressuscitent, le diable en personne fait son apparition, les petites filles deviennent des ‘mass murderers’… Et en guise de résolution, on n’a qu’un gros point d’interrogation à se mettre sous la dent. Bref, grosse déception et légère sensation d’avoir été pigeonné. Heureusement, la prestation habitée de Do-won Kwak, qui évolue du rôle de gros plouc trouillard et gaffeur à celui de héros de tragédie, maintient malgré tout l’intérêt autour de sa seule personne.

À prendre et à laisser donc dans « THE STRANGERS », œuvre élaborée et pleine de choses intéressantes, mais qui perd délibérément son public en route pour céder à un hermétisme des plus irritants. Dommage, vraiment…