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Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« LA FEMME REPTILE » (1966)

REPTILE« LA FEMME REPTILE » de John Gilling est un des fameux films d’horreur de la firme britannique Hammer. Il faut se replacer dans le contexte de l’époque pour pouvoir ressentir quelque inquiétude (ne parlons pas de peur) à sa vision, mais celle-ci n’est pas désagréable.

Le vieux mythe du loup-garou est transposé en Cornouailles, où la fille (Jacqueline Pearce) d’un explorateur (Noel Willman) revenu de Bornéo,  frappée d’une malédiction, se transforme de temps en temps en horrible femme-cobra qui attaque – et pique – les humains. Un couple de voisins (Ray Barrett et Jennifer Daniel) fraîchement installé va se trouver mêlé à cette sombre affaire. Le scénario est très simpliste, voire un peu simplet, les intérieurs sont trop éclairés, dénués de tout mystère et les décors sont à la limite de la série Z. Comme les comédiens sont, à l’exception de Miss Pearce, sans grand intérêt, on a un peu de mal à s’accrocher. Reste qu’on retrouve avec un plaisir nostalgique ce petit « look Hammer » et que le monstre lui-même apparaît très fugitivement et n’a pas le temps d’être complètement ridicule. Ce petit conte naïf et linéaire se laisse donc voir sans enthousiasme, mais il se laisse voir.

À noter tout de même, que ne bénéficiant visiblement pas d’un très gros budget, « LA FEMME REPTILE » réutilise ad nauseam les mêmes décors et que les cascadeurs utilisés dans les rares scènes d’action sont beaucoup trop identifiables. Lors de l’empoignade entre Willman et Marne Maitland, on s’y perd un peu, vu qu’on dirait que quatre personnages distincts sont en train de se rouler par terre au lieu de deux !

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JENNIFER DANIEL ET JACQUELINE PEARCE

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Publié par le 17 octobre 2018 dans CINÉMA ANGLAIS, FILMS D'HORREUR

 

« JIGSAW » (2017)

Réalisé sept ans après l’opus n°7 qui était censé clore la franchise des « SAW », « JIGSAW » des frères Spierig aurait pu relancer la série en la rénovant de fond en comble. Mais ce n’est pas l’option choisie : malgré son titre trompeur, il s’agit bel et bien là de « SAW VIII ». Ni plus, ni moins.JIGSAW.jpg

Dès le début, on note toutefois un petit progrès dans l’écriture scénaristique, qui tente de ne pas trop coller aux précédents opus, évite les flash-backs, abandonne enfin le look verdâtre post « SE7EN » et adopte un montage moins épileptique qu’auparavant. De plus, les comédiens sont globalement très bien, ce qui aide à avaler une histoire qu’on nous a tout de même déjà servie maintes et maintes fois. Mais l’image est soignée, la réalisation professionnelle et on est toujours content de retrouver Tobin Bell dans son rôle-fétiche, qui continue de pourrir la vie des méchants impunis, même s’il est mort depuis dix ans. Callum Keith Rennie est efficace en flic ambigu, Laura Vandervoot a une belle présence dans le rôle d’une des victimes choisies par ‘Jigsaw’.

Difficile de ne pas radoter quand on chronique une franchise qui elle-même ne cesse de ressasser les mêmes éléments. On se distrait avec l’inventivité des nouvelles tortures concoctées par le serial killer de service, on grimace parfois à la vue de plans vraiment très très gore et on ne cherche pas plus loin. On en revient toutefois à la question qu’on se posait dès le n°2 : à quoi sert de tourner des sequels à tour de bras, si on n’a clairement rien de neuf à raconter ? That’s the question…

 

« THE CRAZIES » (2010)

CRAZIES« THE CRAZIES » est le remake de « LA NUIT DES FOUS VIVANTS » réalisé par George A. Romero (crédité ici en tant que producteur) en 1973. Sous ses dehors de film de zombies, c’est en fait un survival survolté, autour d’une épidémie – causée accidentellement par l’armée dont un avion s’est écrasé – qui transforme d’honnêtes provinciaux en fous furieux ultra-violents et pas très jolis à voir.

Le film de Breck Eisner est une franche réussite, un film d’action de belle envergure dont le suspense ne retombe jamais et dont tous les personnages s’avèrent intéressants et attachants. Certaines séquences sont d’une brutalité inouïe, comme le massacre systématique des habitants par des soldats masqués, certains morceaux de bravoure (l’attaque sanglante dans la chambre d’enfant)  laissent le souffle coupé et l’enchaînement dramatique en crescendo est parfaitement maîtrisé. Une excellente surprise donc, moins prévisible qu’un « zombie flick » classique tout en utilisant les mêmes codes.  Timothy Olyphant est très bien en shérif calme et intelligent mais pas invulnérable annonçant par certains aspects son rôle emblématique dans la série TV « JUSTIFIED », Radha Mitchell joue avec intensité sa femme enceinte, Joe Anderson sort du rang en « deputy » nonchalant mais létal et Danielle Panabaker est toujours aussi charmante.

« THE CRAZIES » réussit à 100% le pari du mouvement permanent, maintient un niveau de stress rarement atteint dans le cinéma d’horreur. Chapeau donc à ce « petit film » qui n’a certainement pas dû avoir le budget d’un Tom Cruise, mais qui remplit totalement sa mission. À noter : ne pas manquer le petit épilogue, pendant le générique de fin.

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TIMOTHY OLYPHANT, RADHA MITCHELL ET JOE ANDERSON

 
 

« WOLF CREEK » : saison 2 (2018)

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JOHN JARRATT

Greg McLean est aux manettes de cette seconde saison de « WOLF CREEK » qu’on n’attendait pas et il en a réalisé lui-même les deux premiers épisodes. Si on est légèrement déçu au début par un générique moins angoissant, une photo plus plate, moins westernienne, on comprend que les auteurs ont refusé de se répéter et ont choisi le réalisme et le ‘survival’ plutôt que de lorgner du côté de « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE ».WC2 2

Les 6×52 minutes sont extraordinairement addictives et on retrouve avec appréhension le serial killer le plus abominable de ces dernières années. Ce gros plouc de ‘Mick’ (John Jarratt complètement fusionné avec son rôle) s’attaque cette fois à un car de tourisme parti explorer le bush et entreprend de massacrer méthodiquement tous les passagers, en emportant certains encore vivants dans sa mine désaffectée, antichambre des enfers à donner des cauchemars aux plus endurcis. Le démarrage assez lent permet de bien connaître les protagonistes avant que ne démarre vraiment le carnage et donc d’impliquer émotionnellement le spectateur. Tous les comédiens sont parfaits, à commencer par Tess Haubrich en héroïne déterminée, Laura Wheelwright en jeune lesbienne malheureuse en amour mais pleine de ressources ou Matt Day dans un rôle complexe plein de zones d’ombre. Mais il est évidemment difficile pour eux d’exister face à l’énorme Jarratt, totalement terrifiant avec son œil inquisiteur, son ricanement nasillard et ses mauvaises habitudes de dépeceur sans état d’âme.

En fait, ce qui épate le plus dans cette série, c’est qu’elle arrive à développer autant d’épisodes et de sous-intrigues avec un si squelettique postulat de départ. Mais elle y parvient sans problème et va jusqu’au bout du bout du noir. Dans le bush australien, personne ne vous entend crier…

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TESS HAUBRICH ET LAURA WHEELWRIGHT

 

« SAW 3D – CHAPITRE FINAL » (2010)

Quel dommage que le 7ème  opus de la franchise ne se soit pas intitulé « SAW VII » ! Au moins, on aurait pu se gausser de l’analogie avec « Chaussette ». C’est un peu moins drôle que « SAW VI », mais c’est mieux que rien. Car des occasions de rire dans ce film, il n’y en a pas beaucoup.SAW7

Le réalisateur du précédent se recolle donc à « SAW 3D – CHAPITRE FINAL » et hérite d’un scénario fourre-tout censé boucler la boucle de la saga de ce serial killer-justicier (il s’attaque ici aux femmes infidèles et aux imposteurs) en nous démontrant que les sept films forment un « puzzle » d’une démoniaque perversité. En fait, on assiste à une véritable orgie de tortures encore plus gore que d’habitude, d’appareils mécaniques pénétrant les chairs, perçant les yeux, éviscérant, ébouillantant, etc. Et cela s’achève par le retour totalement aberrant d’un des personnages du premier film, qu’on nous balance comme le véritable bras-droit de Jigsaw, reléguant Costas Mandylor à l’état d’exécuteur bas-du-front. C’était bien tenté, mais le tour de passe-passe ne prend pas. Tout cela continue d’avoir l’air improvisé au fil de la plume et la surenchère de séquences sanguinolentes anesthésie toute sensation, tout sens critique même. On regarde d’un œil morne, on regrette que Tobin Bell n’apparaisse que dans quelques plans et on constate que le choix de comédiens n’a jamais cessé de baisser de qualité au fil des épisodes.

Sous-titré « the final chapter », « SAW 3D » ne tiendra hélas, pas sa promesse puisque très récemment est sorti un n°8 intitulé « JIGSAW ». Un peu comme « CREED » est une sequel de « ROCKY » sans l’être tout en l’étant.

 

« SAW VI » (2009)

Bon, d’accord. Ce n’est peut-être drôle qu’en français, mais impossible de ne pas laisser échapper un rire bête en découvrant le titre du 6ème  opus de la franchise, c’est-à-dire : « SAW VI » !SAW6

Premier film du monteur Kevin Greutert, ce film fait de plus en plus ressembler les « SAW » à une série télé fatiguée, qui ferait des pieds et des mains pour donner une cohérence à un vaste n’importe quoi organisé depuis maintenant plusieurs années. Le serial killer Tobin Bell est mort depuis déjà quelque temps, mais il fait encore partie de la fête, dans des vidéos préenregistrées ou des flash-backs. Et malgré ses méthodes brutales, voire sadiques, il fait toujours plus figure de vengeur anti-establishment. Le scénario s’en prend directement au système de santé U.S. et aux compagnies d’assurances. C’est Peter Outerbridge, assureur sans pitié, qui sera au centre du jeu. Un jeu très gore, très prévisible, usé jusqu’à la corde, mais qui tourne gravement en rond. Car la franchise fonctionne à présent en circuit fermé et semble se nourrir d’elle-même. Et Costas Mandylor, bouffi et maussade, fait un bien triste substitut à Jigsaw.

À ce stade, « SAW » a tiré pratiquement toutes ses cartouches, mais maintient la vague promesse qu’à la toute fin, on aura droit à une énorme révélation. Les petits twists de ce n°6 ne sont pas vraiment mauvais, mais à vrai dire, on s’en fiche un peu. Et le casting, contrairement aux premiers films, est uniformément désastreux.

 

« PSYCHOSE » (1960)

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JANET LEIGH

« PSYCHOSE » est, après « SUEURS FROIDES » et « LA MORT AUX TROUSSES », le dernier chef-d’œuvre incontestable de la carrière d’Alfred Hitchcock et certainement un de ceux qui le définissent le mieux tout en ne ressemblant pas vraiment à ceux qui ont fait sa réputation.PSYCHO.jpg

D’un modernisme inattendu dans la mise-en-scène et le découpage, d’une audace affichée quant aux thèmes développés, le film n’a pas pris une ride, malgré des décennies d’imitations, de pastiches et de sequels. Cela demeure un des plus grands films « de trouille » de l’Histoire et un de ceux qui ont osé bousculer les sacrosaintes traditions narratives en éliminant l’héroïne à mi-parcours ou en brossant le portrait plutôt bienveillant d’un serial killer schizophrène. Avec sobriété, dans un noir & blanc proche du téléfilm, Hitchcock compose des images indélébiles : le motel Bates surplombé par la maison se découpant dans la nuit, les vues en plongée de l’escalier, la célébrissime – mais nullement décevante – séquence de la douche, la voiture s’enfonçant dans le marécage, etc. Il faudrait pratiquement citer toutes les scènes. Sans oublier la BO stridente et stressante de Bernard Herrmann qui a rarement fait mieux. À peine déplorera-t-on quelques longueurs inutiles (la visite soporifique chez le shérif John McIntire, l’interrogatoire du privé qui s’éternise au motel) et surtout un épilogue bavard où le psychiatre Simon Oakland explique la pathologie de Norman : inutile, verbeux et contre-productif au possible. Un défaut récurrent quand « Hitch » s’est penché sur la psychiatrie dans ses films !

Mais c’est peu de choses comparé à la perfection du reste. Dans un cast magistral : Anthony Perkins d’une subtilité inouïe dans le rôle de sa vie en fils-à-maman passé de « l’autre côté », Janet Leigh – qu’Hitchcock filme en sous-vêtements à la première occasion – touchante en victime-née, Martin Balsam en détective finaud et Vera Miles, John Gavin.

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ANTHONY PERKINS, MARTIN BALSAM, JANET LEIGH ET JOHN GAVIN

« PSYCHOSE » est une authentique leçon de cinéma, une matrice inoxydable pour plusieurs centaines de séries B d’horreur qui n’ont jamais réussi à l’égaler. Du vrai grand cinoche, autrement dit.