RSS

Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« BIRD BOX » (2018)

Dans « SANS UN BRUIT », une famille devait échapper à des aliens en ne parlant jamais et en n’émettant aucun son qui pourrait les attirer. Dans « BIRD BOX », tourné la même année, c’est exactement la même chose. À la différence qu’il ne faut pas ouvrir les yeux pour ne pas voir les monstres qui prennent possession de leurs victimes et les poussent au suicide. D’ailleurs, on ne les verra jamais !BOX.jpg

Réalisé par la danoise Susanne Bier (l’excellent « BRØDRE »), « BIRD BOX », s’il est très correctement filmé et sait créer une réelle tension dramatique, pâtit hélas de nombreux défauts fatals. Sandra Bullock déjà, qui joue à 54 ans un personnage qui en a facilement vingt de moins. Jeune artiste enceinte, elle se joint à un groupe de survivants, alors que le chaos et la fin du monde grondent à l’extérieur. L’actrice perturbe la vision du film par son aspect très (trop) « modifié » et son jeu systématiquement survolté, qui lasse très vite l’intérêt. Des seconds rôles compétents comme Sarah Paulson ou John Malkovich cabotin comme jamais, ne font que passer, sans parvenir à compenser les manques de la vedette en titre.

La construction du scénario (une séquence au présent, une cinq ans plus tôt) n’aide pas à la concentration et la manière de ne pas traiter visuellement les envahisseurs – qu’on aperçoit uniquement sur des dessins – rappelle la série « LOST » et tient de l’arnaque pure et simple. Film de zombies sans zombies (on se croirait parfois dans un épisode de « WALKING DEAD »), film de monstres sans monstres, « BIRD BOX » dure une bonne demi-heure de trop, étire inutilement une histoire sans ossature et ne vaut un coup d’œil curieux que pour quelques moments de suspense réussis, comme la descente des rapides ou le premier quart d’heure joliment maîtrisé dans sa description de l’apocalypse. Sorti de cela hélas, rien à signaler. À part qu’il serait grand temps que Miss Bullock joue des rôles de son âge.

Publicités
 

« LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE » (2009)

HOUSE

SARAH PAXTON

Produit par Wes Craven, d’après son film-culte de 1972, « LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE » de Dennis Iliadis est une heureuse surprise pour l’amateur de « home invasion », de gore et de jeu de massacre.HOUSE2.jpg

Un couple de bobos (Tony Goldwyn et Monica Potter) recueille dans sa maison de campagne en pleine tempête, une famille de criminels en fuite, dont il ne soupçonne pas l’identité. Ils ignorent d’abord qu’ils ont violé et presque tué leur fille. Puis lorsqu’ils l’apprennent, la peur change de camp. Sur presque deux heures, le scénario est parfaitement construit, suit sa sanglante logique et fait grimper le suspense crescendo jusqu’au final confinant au sadisme pur et simple. Cela pourrait être répugnant à la longue, car le sang coule vraiment à flots, mais c’est soigneusement confectionné, sans mauvais goût excessif et la bonne idée est d’avoir réuni – au lieu des habituels vétérans de la série B – un beau casting de comédiens sérieux qui rehaussent le film de plusieurs niveaux. Outre Goldwyn et Potter, excellents, on a droit au toujours très flippant Garret Dillahunt en chef des salopards, une brute sociopathe dépourvue de toute humanité. Aaron Paul est presque aussi glauque dans le rôle de son frère, Sarah Paxton donne vraiment de sa personne en victime qui a la vie chevillée au corps.

Très bien filmé, photographié et monté, « LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE » est un épatant moment de stress avec des poussées d’adrénaline parfaitement maîtrisées. Ce n’est certes pas le premier film U.S. qui relate l’aventure d’une famille disloquée qui se reconstruit à travers l’ultra-violence, mais c’est certainement un des plus efficaces. Âmes sensibles s’abstenir. Vraiment !

HOUSE3

TONY GOLDWYN, MONICA POTTER ET GARRET DILLAHUNT

 

« ROSEMARY’S BABY » (1968)

BABY

LA MAIN DU DIABLE…

« ROSEMARY’S BABY » a maintenant 50 ans. Et il fait partie de ces films-charnière qui ont redéfini un genre et fait la carrière de leur réalisateur. En l’occurrence Roman Polanski. Aussi est-on en droit de se montrer réticent à l’idée de le revoir après tant d’années et surtout après avoir visionné tant de films sur le même thème. Mais fort heureusement, la revisite en vaut la peine.BABY2.jpg

D’emblée la grande force du scénario, adapté d’un roman d’Ira Levin, est d’être lisible à deux niveaux très distincts : en s’identifiant totalement à Mia Farrow, future maman enceinte des œuvres de Satan lui-même, prisonnière d’une secte de sorciers et trahie par son mari qui a vendu son âme. Ou alors en posant sur elle un regard extérieur et ne voir dans ce suspense psychologique que la description clinique de la paranoïa croissante d’une femme vivant horriblement mal sa grossesse, pas très aidée par son entourage, et qui sombre peu à peu dans la folie. La conclusion laisse tomber toute ambiguïté, ce qui est un peu décevant, mais le film tient encore parfaitement la route, soutenu par une belle photo contrastée de William A. Fraker et par un casting de haut-vol. C’est un des meilleurs rôles de Farrow, dont la silhouette malingre et les yeux noyés d’angoisse sont difficilement oubliables. John Cassavetes est parfait en acteur égocentrique et peu fiable, Ruth Gordon et Sidney Blackmer sont traumatisants en vieux couple aussi malfaisants qu’ils ont l’air cocasse et ridicule. On aperçoit le cher Elisha Cook, Jr. en gérant de l’immeuble et un tout jeune Charles Grodin en gynécologue.

« ROSEMARY’S BABY » n’est pas exempt de longueurs, de redites, et semble parfois s’enliser. Mais en faisant preuve d’un peu de patience, on peut se laisser submerger par son atmosphère new-yorkaise d’un autre âge, frissonner à la comptine glaçante de Krysztof Komeda qui reste longtemps, très longtemps dans la tête. Jusqu’à la séquence finale qui, en ne montrant rien, laisse tout entrevoir. Il a un peu vieilli oui, le bébé de Rosemary, mais il a encore fière allure.

BABY3

JOHN CASSAVETES ET MIA FARROW

 

« VENDREDI 13 » (2009)

Qu’est-ce qui peut fasciner autant dans le sujet de « VENDREDI 13 » pour qu’il en ait été produit dix sequels entre 1980 et 2003 et que Marcus Nispel en tourne un remake/sequel/reboot (comme on dit en bon français) six ans plus tard ?13.jpg

L’histoire, on la connaît : Jason, un enfant malformé et dément, devenu un grand colosse portant un masque de hockey, décapite et embroche tous ceux qui s’aventurent dans l’ancien camp de vacances où il habite. Il s’énerve surtout quand ses victimes s’adonnent à des activités sexuelles. Y a-t-il vraiment de quoi en tirer autant de films ? Assurément non ! Et cette version n’apporte strictement rien de nouveau à la pseudo-mythologie installée il y a 38 ans. En bon roublard, toujours pas maladroit de sa caméra, Nispel s’adjoint les services d’un bon chef-opérateur (Daniel Pearl), réunit des bellâtres athlétiques et de jolies filles. Il prend d’ailleurs un soin tout particulier à les faire systématiquement apparaître topless à un moment ou à un autre. Pour le reste, c’est le jeu de massacre habituel. Les machettes surgissent de nulle part, transpercent les membres, s’enfoncent dans les crânes. Le sang gicle, tout le monde hurle et le suspense est quasi-nul puisque, à l’instar de son cousin Michael Myers (« HALLOWEEN »), Jason Voorhees est immortel, increvable et revient même quand on le tue. Dans un casting fade quand ce n’est pas carrément incompétent, on ne retiendra que la mignonne Danielle Panabaker.

C’est le savoir-faire du réalisateur, la réelle beauté des séquences nocturnes et un bon rythme général, qui rendent ce « VENDREDI 13 » à peu près regardable. Mais il n’a rien d’indispensable et ne donne certainement pas envie de voir repartir la franchise pour dix nouveaux films. Ce qui n’a heureusement pas (encore) été le cas. Le miracle du remake de « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE », du même réalisateur, ne s’est donc pas reproduit. Mais il faut dire aussi que le film de Tobe Hooper était bien plus riche que le premier « VENDREDI 13 ». CQFD !

 
3 Commentaires

Publié par le 22 janvier 2019 dans FILMS D'HORREUR, LES FRANCHISES

 

« SIXIÈME SENS » (1999)

SENSE2

HALEY JOEL OSMENT

« SIXIÈME SENS » avait provoqué un choc considérable à sa sortie, avait influencé bon nombre de plagiaires et redéfini le sens du terme « twist ». L’intérêt du film, son identité même et sa pérennité ne tiennent en effet qu’à une chute phénoménale (qu’il n’est d’ailleurs pas exclu de voir venir)  à quelques minutes de la fin.SENSE.jpg

Écrit et réalisé par M. Night Shyamalan, la réussite durable du film est d’autant plus miraculeuse quand on constate la calamité que sera sa carrière ultérieure à une ou deux exceptions près. Aucun n’atteindra l’espèce de perfection de celui-ci.

Film de fantômes dans la lignée de « L’ÉCHELLE DE JACOB » ou « GHOST », « SIXIÈME SENS » confronte un enfant médium à des spectres terrifiants qui lui pourrissent l’existence. Sa rencontre avec un psy traumatisé sera déterminante. Pour les rarissimes cinéphiles qui ne connaissent pas le fin-mot de l’histoire, nous n’en dirons pas davantage. Mais le scénario est habilement construit, avec une vraie rigueur qui – lorsque la fameuse chute arrive – ne laisse pas l’impression de n’avoir été qu’un gogo. Shyamalan multiplie les indices, joue parfois avec le feu, mais retombe finement sur ses pieds et signe une « ghost story » sans cliché et tout à fait originale.

Le film appartient tout entier au petit Haley Joel Osment, intense et émouvant dans sa détresse, mais il est bien entouré par Bruce Willis très bien dirigé, en homme fragile et égaré, Olivia Williams jouant sa femme malheureuse et surtout Toni Collette remarquable dans son personnage de mère en panique. Impossible d’oublier le pourtant petit rôle de Donnie Wahlberg au début du film, qui enclenche toute la suite d’événements.

SENSE3

HALEY JOEL OSMENT, BRUCE WILLIS ET DONNIE WAHLBERG

Il est certain qu’on ne voit pas « SIXIÈME SENS » de la même façon la première fois et la seconde. Ce sont pratiquement deux films différents selon le point-de-vue. Mais, et c’est très surprenant, les deux sont passionnants et supportent une analyse approfondie. Une sorte de « classique instantané » du genre.

 

« OUIJA : LES ORIGINES » (2016)

OUIJA 2.jpg« OUIJA : LES ORIGINES » sorti deux ans après le premier opus, possède deux avantages : d’abord il ne s’agit pas d’une bête sequel mais plutôt d’une « prequel » située en 1967 et décrivant les événements qui ont mené au scénario du n°1. Ensuite, le film est signé par le généralement excellent Mike Flanagan, spécialiste des histoires de fantômes.

Dès le début, on est agrippé par les tribulations de cette famille anachronique. La mère, l’intense Elizabeth Reaser, jeune veuve et fausse médium élevant tant bien que mal ses deux filles, l’adolescente Annalise Basso et la petite Lulu Wilson qui possède de vrais pouvoirs pour communiquer avec l’au-delà. Les auteurs prennent soin d’ancrer les personnages dans la réalité, de leur donner trois dimensions, avant de les plonger dans l’horreur la plus débridée. Le scénario est truffé de clins d’œil subtils à « L’EXORCISTE » (dont l’image iconique du prêtre se tenant devant la maison, qui servit d’affiche au film de Friedkin) et esquive adroitement les clichés et même les effets de trouille faciles et éculés. La première apparition, quasi-subliminale du démon couleur goudron est franchement effrayante !

« OUIJA : LES ORIGINES » montre ce que le premier film ne faisait que suggérer. Une courte séquence, située après le générique-fin, sert à relier les deux films via la présence de Lin Shaye. Rapide, intelligent, sans temps morts, ce n°2 vaut largement le détour, ne serait-ce que pour l’interprétation de Lulu Wilson, dont l’étrangeté naturelle fait beaucoup pour l’atmosphère perturbante qui baigne toutes les séquences. Henry Thomas est également très bien en prêtre attentif et chaleureux. Un film à voir donc, si possible dans la foulée du premier, car les deux productions forment un diptyque cohérent et homogène, assez stressant pour peu qu’on le visionne dans de bonnes conditions.

OUIJA 2 2

LULU WILSON, ANNALISE BASSO ET ELIZABETH REASER

 

« HELLRAISER II : LES ÉCORCHÉS » (1988)

Tourné un an à peine après le film de Clive Barker, « HELLRAISER : LES ÉCORCHÉS » de Tony Randel revisite l’univers sanguinolent et sado-maso de l’auteur pour un résultat disons… mitigé.HELL2.jpg

Si le début fait à peu près illusion, malgré ses airs de resucée redondante, la seconde partie ne peut provoquer qu’une franche hilarité lors d’une soirée bien arrosée entre amis. Outre le jeu des acteurs, (qu’ils soient récurrents du n°1 ou des petits nouveaux, on nage dans les tréfonds de l’indigence), il y a le scénario abyssal et surtout les effets-spéciaux archaïques d’une laideur à couper le souffle. On pense bien sûr au méchant docteur Kenneth Cranham transformé en super-cénobite, avec ses tentacules en stop-motion (sic !) et aux transparences absolument hideuses. Les auteurs ressassent les quelques idées du premier film, font revenir Clare Higgins, mieux coiffée, et Frank Chapman – le couple maudit – en les renvoyant à la case-départ, c’est-à-dire la mutation en monstres écorchés vifs et dégoulinants de sang. C’était répugnant la première fois, là on commence déjà à s’habituer et c’est juste ridicule. Que dire de plus ? Que Ashley Laurence n’a pas fait de progrès et que, histoire de trouver quelque chose de positif, la jeune Imogen Boorman est plutôt intrigante.

À vrai dire, le seul intérêt de cette sequel, ô combien superflue, est de revaloriser rétrospectivement l’original de Clive Barker, qui était au moins novateur et parfois dérangeant.

HELL2 2

CLARE HIGGINS ET KENNETH CRANHAM

 
2 Commentaires

Publié par le 24 décembre 2018 dans CINÉMA ANGLAIS, FILMS D'HORREUR, LES FRANCHISES