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Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« HALLOWEEN II » (1981)

H2Trois ans après le succès de « LA NUIT DES MASQUES », une suite fut tournée par (à peu près) la même équipe. John Carpenter a écrit le scénario et produit, mais il n’a pas réalisé et ça fait toute la différence. C’est Rick Rosenthal qui s’y colle.

« HALLOWEEN II » n’est pas à proprement parler une sequel, mais une continuation qui commence précisément où s’achevait le précédent. C’est-à-dire que ‘Michael’, le serial killer masqué s’est enfui, le psy (Donald Pleasence) le cherche toujours et ‘Laurie’ (Jamie Lee Curtis) est hospitalisée. Dès les premières séquences, il apparaît clairement que nul n’avait besoin de ce n°2. Le scénario est encore plus faible, indigent, quant au dialogue, cela donne des échanges du style : « Je vais le retrouver », dit un flic. « Vous savez où chercher ? », demande Pleasence. « Non », répond l’autre. « Moi non plus », rétorque le bon Donald. C’est dire comme tout cela est recherché et fignolé. Le film se résume à des poursuites dans des couloirs d’hôpital, des meurtres à l’arme blanche, des plans ‘gore’, quelques seins nus pour égayer. Couchée pendant les trois-quarts du film, Curtis – qui a manifestement mûri entre les deux tournages – n’a rien à faire : elle roule des yeux effarés, se traîne au sol en geignant, sans jamais quitter sa chemise de nuit très peu glamour. Pleasence attend que ça se passe et les seconds rôles du n°1 font de brèves apparitions, dont l’une… en cadavre.

Que dire d’un peu positif de cette resucée redondante ? Que Dean Cundey est à nouveau directeur de la photo et que cela se voit : du très beau travail de pénombre. Que la BO est toujours aussi efficace. C’est tout, hélas. En fait, c’est en visionnant « HALLOWEEN II » qu’on réalise que les véritables stars de « LA NUIT DES MASQUES » étaient… les travellings de Carpenter !

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JAMIE LEE CURTIS ET DONALD PLEASENCE

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« LA NUIT DES MASQUES » (1978)

HALLOWEEN« LA NUIT DES MASQUES » n’est pas le premier ‘slasher’ mais c’est celui qui a établi les codes une bonne fois pour toutes et a fait la réputation du maître d’œuvre John Carpenter.

Le scénario tient délibérément sur un ticket de métro : un fou s’évade de l’HP où il est détenu depuis l’enfance et retourne dans sa ville natale le soir d’Halloween. Là, il commence à massacrer des teenagers. Pourquoi ? Parce qu’il est « pure evil » comme le décrit son psy tellement horrifié par son patient qu’il parle de lui en disant « ça ».

C’est tout. Mais c’est suffisant pour laisser la place à Carpenter de déployer sa mise-en-scène d’une folle élégance, enchaînant les longs travellings « flottants » créant une constante paranoïa. Psychologie zéro, péripéties réduites au minimum, personnages têtes-à-claques, mais la lancinante BO signée du réalisateur lui-même est totalement addictive et crée une attente diffuse pour un climax d’une déconcertante simplicité. Le film n’a pas spécialement vieilli et, s’il ne fait plus très peur (on en a quand même vu d’autres !), il garde tout son panache et son sens de l’espace. Au milieu d’un casting parfait d’ados agaçants et chauds-lapins, une Jamie Lee Curtis d’à peine vingt ans est très mignonne en fille sage et timide, mais déterminée. Donald Pleasence joue le psy qui tente d’alerter les autorités sceptiques de la dangerosité du tueur : il est presque sobre !

À voir sans crainte d’être déçu donc, « LA NUIT DES MASQUES » porte en lui toute la carrière à venir de Carpenter, au point que les enfants gardés par Jamie Lee regardent un film à la télé et ce film c’est… « LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE » dont ‘Big John’ signera le remake quelques années plus tard.

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JAMIE LEE CURTIS, TONY MORAN ET DONALD PLEASENCE

Le film n’est que le premier d’une longue franchise qui perdure jusqu’à aujourd’hui et dans laquelle Jamie Lee Curtis apparaîtra fréquemment.

 

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES » (2017)

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES », réalisé par Juan Carlos Medina, relate une série de meurtres dans l’Angleterre des années 1880 et l’enquête menée par un policier (Bill Nighy) dans le milieu du music-hall.GOLEM

L’ambiance est posée d’emblée et on la connaît bien (trop bien, même), c’est celle de Jack l’Éventreur, avec ses ruelles sordides, ses prostituées éventrées, ses bouges sordides. Le scénario lui, bâti en flash-back autour des rencontres entre le vieux flic et une jeune artiste (Olivia Cooke) accusée d’avoir empoisonné son mari. Celui-ci est soupçonné d’être le « golem » un serial killer qui a déjà fait plusieurs victimes. Autant le dire tout de suite, le vrai problème de ce scénario – pourtant adapté d’un roman – est sa confusion. Il y a des suspects à foison (dont… Karl Marx !), des personnages mal définis comme cette star de la scène (Douglas Booth) ou cette rivale pernicieuse (Maria Valverde), et alors qu’on peine déjà à se passionner pour l’investigation, le ‘twist’ final tombe comme un (gros) cheveu sur la soupe et laisse plus perplexe qu’ébahi. La plus grosse déception vient en fait de l’absence totale de golem dans cette histoire ! La légende juive de ce vengeur né de l’argile est à peine mentionnée et ne sert que de surnom à l’assassin. Remboursez !

Le film est joli à regarder grâce à une photo maniérée mais très soignée, Nighy compose un personnage intrigant d’enquêteur introverti et homosexuel « in the closet » et la jeune Olivia Cooke se donne corps et âme pour apporter un peu de vie dans cette étrange et finalement peu convaincante production. À noter aussi dans un rôle secondaire la présence toujours réjouissante d’Eddie Marsan, le crâne rasé, jouant le directeur du music-hall sado-maso.

« GOLEM – LE TUEUR DE LONDRES » se laisse regarder d’un œil distrait pour quelques séquences réussies, une atmosphère familière et un dénouement à suspense assez prenant. Il y manque juste une petite étincelle de génie…

 

« FOG » (1980)

« FOG » est un des films les plus emblématiques de John Carpenter, une « ghost story » à l’ancienne qu’on se raconte la nuit pour se faire peur, comme l’indique avec humour le prologue avec John Houseman en vieux marin terrorisant les gamins autour d’un feu de camp.FOG

L’ambiance de ville côtière, c’est celle des « OISEAUX » d’Hitchcock ou des « DENTS DE LA MER ». Mais après vingt minutes de mise-en-place inquiétantes et accrocheuses, le scénario arrive à bout de carburant dramatique et on se rend vite compte que l’histoire aurait très bien pu être racontée dans les 26 minutes d’un épisode de « THE TWILIGHT ZONE ». Carpenter est manifestement trop sûr de l’impact de ses images et de sa maîtrise du suspense et en oublie de développer les personnages et les péripéties. Dès que le brouillard et ses fantômes commencent à envahir Antonio Bay, il ne se passe pratiquement plus rien, hormis une monotone et languide succession de meurtres sans aucune progression. Alors l’ennui s’installe, aussi insidieux et irrépressible que le « fog » lui-même et on décroche.

Heureusement, la BO signée par Carpenter, est efficace et lancinante à souhait, les extérieurs du phare et de l’océan sont magnifiques et on retrouve quelques visages familiers comme Jamie Lee Curtis en autostoppeuse peu farouche, sa maman Janet Leigh en notable hyperactive, Hal Holbrook en prêtre alcoolique et surtout Adrienne Barbeau belle et sexy en diable dans un rôle de mère célibataire gérant seule une station de radio. Aucun d’entre eux n’a de scène vraiment intéressante à défendre, mais ils assurent le job en bons professionnels.

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ADRIENNE BARBEAU

« FOG » déçoit par rapport au souvenir qu’on pouvait en garder, ses F/X ont beaucoup vieilli comme la photo « à effet » de Dean Cundey. Mais il y a quelques jolis moments, une ambiance surtout et un bon esprit série B.

 

« SPLICE » (2009)

SPLICE« SPLICE », réalisé par l’intrigant Vincenzo Natali, est une coproduction franco-canadienne dont les thèmes et l’approche visuelle ne sont pas sans évoquer certaines œuvres des belles années de David Cronenberg ou Paul Verhoeven.

Sous ses dehors de film de science-fiction (littéralement) et d’horreur, « SPLICE » est une belle parabole sur la peur de la maternité d’une jeune femme craignant de propager la folie familiale et aussi sur les affres de la parentalité, depuis la naissance jusqu’à l’adolescence. Un couple de généticiens, Adrien Brody et Sarah Polley parvient à donner naissance dans son labo à une créature composée de dizaines d’ADN animaux et humains. Nommée ‘Dren’, la « chose » couinante et informe du début se métamorphose peu à peu en une jeune femme très étrange et de plus en plus dangereuse et incontrôlable, en constante évolution.

En préservant le réalisme des rapports du couple, en dépeignant des individus crédibles et faillibles, Natali légitime tout son scénario et fait accepter comme plausible une histoire totalement délirante. Si le film ne semble pas avoir bénéficié d’énormes moyens, les CGI sont extrêmement soignés et aident à donner vie à ‘Dren’ campée par la française Delphine Chanéac, à peine identifiable, dont la gestuelle étudiée et le regard – même très « trafiqué » – est pour beaucoup dans le charme vénéneux et trouble de son personnage. Linéaire, simple dans son déroulement, nullement encombré d’intrigues secondaires (les scènes des employeurs de nos héros sont courtes et jamais obstructives), « SPLICE » va droit au but, n’esquive pas les zones dérangeantes (l’éveil à la sexualité de la créature donne lieu à une des scènes d’amour les plus bizarres vues depuis longtemps). Et pour une fois, le final et l’épilogue ne dérapent pas dans le n’importe quoi habituel des films d’horreur et demeure entièrement focalisé sur le sujet. Une très belle réussite, certainement sous-évaluée et dont les images hantent la mémoire.

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SARAH POLLEY, DELPHINE CHANÉAC ET ADRIEN BRODY

 

« LA MAISON DE CIRE » (2005)

WAXPremier long-métrage de l’espagnol Jaume Collet-Serra qui se fera connaître par ses thrillers avec Liam Neeson, « LA MAISON DE CIRE » bien qu’il partage le même titre original que le classique en 3-D de 1953, n’a rien d’un remake. Cela n’empêche pas les auteurs de lui adresser quelques clins d’œil et de nommer le monstreux sculpteur ‘Vincent’ en hommage à Vincent Price.

En fait c’est un slasher traditionnel avec teenagers stupides, images ‘gore’ et massacres systématiques, qui ressemblerait plutôt à un mix entre « TOURIST TRAP » et « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE ». Handicapé par un casting des plus médiocres où on reconnaît l’agaçante Elisha Cuthbert (la fille de Jack Bauer) et Paris Hilton, dont personne ne s’indignera qu’elle n’ait pas obtenu l’Oscar pour sa prestation, Collet-Serra sauve la mise par l’indéniable qualité de sa réalisation et surtout par la beauté macabre de ses décors. Qu’ils soient « en dur » ou en CGI, ils donnent un véritable cachet au film. La ville-fantôme est angoissante à souhait, sans parler bien sûr du musée qui prend à la lettre le titre : c’est bel et bien une « maison en cire » ! Des murs aux plafonds en passant par le mobilier et les occupants, TOUT est en cire. Et le final, au cœur d’un incendie ravageur est un magnifique morceau de bravoure sorti d’un cauchemar dantesque. Le film – un peu longuet tout de même à presque deux heures – mérite d’être vu pour ces quelques minutes flamboyantes et oniriques.

S’il n’y a pas grand-chose à dire d’un scénario qui emprunte ses idées à droite et à gauche, « LA MAISON DE CIRE » est à voir pour sa beauté plastique, pour des séquences d’action et/ou d’horreur parfaitement maîtrisées et pour quelques trouvailles bien sadiques qui font autant frémir que sourire. On se demande juste par quelle infernale déviation Paris Hilton a pu se retrouver là-dedans !

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ELISHA CUTHBERT

 

« DOG SOLDIERS » (2002)

DOG2Après le pur chef-d’œuvre de l’horreur qu’est « THE DESCENT », la carrière de son réalisateur Neil Marshall n’a fait que décevoir avec « DOOMSDAY » et à un moindre degré « CENTURION », avant de s’achever à la TV. Tourné trois ans avant « THE DESCENT », « DOG SOLDIERS », son premier long-métrage, ne portait pourtant pas en lui les promesses d’un auteur d’exception et laisse à conclure que la grande réussite de Marshall restera un cas isolé.

Mélange de « SANS RETOUR » de Walter Hill, des « CHIENS DE PAILLE » avec la mythologie bien fatiguée des loups-garous, « DOG SOLDIERS » est une production au visuel ingrat et fauché, au scénario – et surtout au dialogue – d’une insigne indigence et aux séquences d’action bricolées et répétitives.

On suit donc avec indifférence cet affrontement entre un commando de soldats et une famille de lycanthropes dans une cabane au fond des bois écossais. L’humour « trash » passe mal (le chien s’acharnant sur les boyaux du sergent), les personnages n’ont aucune épaisseur et les comédiens sont uniformément mal à l’aise voire franchement mauvais. Même ceux qu’on a l’habitude de voir plus inspirés comme Sean Pertwee, Kevin McKidd ou Liam Cunningham ne parviennent pas à donner chair à leurs rôles et à trouver le ton pince-sans-rire vainement recherché par le réalisateur.

Que retenir de positif ? Pas grand-chose, hélas. Un ou deux plans montrant fugitivement les « bêtes » dans un éclairage surréaliste, l’opération improvisée de Pertwee dont les plaies sont refermées à la superglu et quelques explosions bien fichues. Mais c’est bien insuffisant pour sauver une série B a priori pas antipathique, mais qui n’a pas su aller au-delà de son maigre pitch.

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KEVIN McKIDD ET EMMA CLEASBY