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Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« LA FIN DES TEMPS » (1999)

END.jpgProduit à la veille de l’an 2000, « LA FIN DES TEMPS » est donc chargé de toute la paranoïa afférente et le scénario est une bouillabaisse de Blockbuster mâtiné de fantasmes sataniques, un improbable mélange entre « ROSEMARY’S BABY » et les bons vieux polars urbains avec en héros-type, le flic endeuillé, alcoolo, suicidaire et… mal rasé.

Peter Hyams est un réalisateur (et directeur photo) attachant, même si très inégal et peu regardant sur ce qu’il tourne. C’est, à la base, un véhicule pour Arnold Schwarzenegger, pas crédible une demi-seconde avec son accent teuton, sa « déchéance physique » qui ne l’empêche pas d’avoir d’énormes biceps. On l’aime bien, c’est sûr. Mais il est épouvantable dans les séquences dramatiques, comme celle où il essaie de se suicider comme Mel Gibson dans « L’ARME FATALE » (et pour les mêmes raisons) ou celle où il retrouve sa foi perdue dans une église sous le regard de tous les saints. Car « LA FIN DES TEMPS » est plombé par son sous-texte religieux envahissant, par sa foncière bêtise aussi, il faut bien le dire. Arnold affronte donc Satan, qui prend d’abord l’apparence de Gabriel Byrne (qui, il faut le signaler, urine de l’essence hautement inflammable) et finalement celle d’une espèce de monstre lovecraftien. Combat absurde, puisque le diable est quasiment invincible et que notre héros passe tout le film à lui vider des chargeurs dessus. Mauvaise habitude prise pendant « TERMINATOR 2 » ? Le casting est plutôt plaisant et aide à tenir les deux heures : Rod Steiger en prêtre fort en gueule, la jolie Robin Tunney en « promise » effarouchée, CCH Pounder en flic possédée, sans oublier Kevin Pollak, Derrick O’Connor et Mark Margolis jouant… le pape !

Heureusement, la photo est belle, sombre comme toujours avec Hyams, mais au moins ne laisse jamais l’impression de voir un téléfilm. Les F/X tiennent plutôt bien la distance, il y de belles scènes d’action comme celle du métro, et au bout du compte, « LA FIN DES TEMPS » se laisse regarder, malgré 20 bonnes minutes de trop et un scénario vraiment crétin. À noter un excellent « one liner » : « Je n’ai pas peur de mourir ! »  s’exclame un fanatique. « Ça tombe bien », répond Schwarzie, « Parce que moi je n’ai pas peur de te tuer ».

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ARNOLD SCHWARZENEGGER, GABRIEL BYRNE ET ROBIN TUNNEY

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« INSOMNIES » (2000)

SLEEP copie.jpg« INSOMNIES » de Michael Walker est une petite production canadienne tournée à huis clos, qui accroche immédiatement l’intérêt par son parti-pris radical de ne jamais lâcher son protagoniste d’une semelle et de voir le monde à travers ses yeux. On pense à « RÉPULSION » à « BARTON FINK », un peu à David Lynch, et on s’enfonce peu à peu dans ce cauchemar claustrophobique.

Prof de fac insomniaque, Jeff Daniels vit dans une maison insalubre, humide, qui rejette sans arrêt des déjections organiques par les murs, les WC ou la baignoire. Sa femme ne rentrant pas un soir, il appelle la police et tente de comprendre ce qui s’est passé. Alors qu’on pénètre progressivement dans son esprit malade et miné par le manque de sommeil, on se rend compte que rien n’est aussi simple qu’il ne paraît. Alors qu’il se bourre de somnifères, Daniels reçoit sans cesse des visiteurs : une amie de sa femme, une élève collante (Emily Bergl), un policier trop aimable (Gil Bellows) et même un prof de gym amant de sa femme (Julian McMahon) qui lui casse la figure. Et puis il découvre un doigt coupé, mû d’une vie propre… Et tout doucement, les contours de la réalité s’estompent pour laisser place aux méandres d’un cauchemar paranoïaque.

Le film, parfaitement cadré, très bien mixé, est chargé de mystères, on évolue à l’aveuglette dans l’inconscient d’un personnage qu’on découvre au fur et à mesure de sa déchéance. Daniels est remarquable dans ce « one man show » suffocant qui l’englue jusqu’à la folie. Le dernier plan est inoubliable. Tous les seconds rôles sont parfaitement distribués. Bien sûr, on pourra trouver le temps long par moments et il est probable qu’une bonne coupe de dix minutes aurait été salutaire. Mais quoi qu’il en soit, une fois entré dans l’enfer intérieur de notre héros, impossible d’en réchapper.

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JEFF DANIELS ET EMILY BERGL

 

« THE PERFECTION » (2018)

« THE PERFECTION » de Richard Shepard (« THE MATADOR ») est une production canadienne dont la qualité première – et qui est loin d’être négligeable – est de ne ressembler à aucun autre film, de ne se classer dans aucun genre précis et de n’être par conséquent, jamais prévisible.PERFECTION.jpg

Cela commence par le retour d’une violoncelliste (Allison Williams) dans l’académie de musique qu’elle avait dû quitter dix ans plus tôt. Elle y tombe amoureuse de celle qui l’a remplacée (Logan Browning) et retrouve le maître des lieux (Steven Weber) qui l’accueille à bras ouverts. Ceci n’est que le début et il serait dommage d’en dévoiler davantage, car un des charmes du film est de nous entraîner dans un scénario sinueux, trompeur, fait de fausses-pistes, de flash-backs où le réalisateur utilise l’effet du « rembobinage », comme dans le « FUNNY GAMES » de Michael Haneke. Bref, toute une artillerie stylistique qui empêche la passivité voire la paresse d’un public habitué au cinéma d’horreur. Car oui, c’est bien d’horreur qu’il s’agit au bout du compte. Une horreur finement distillée, qui éclate dans la dernière partie dans toute sa perversité. « THE PERFECTION » est une œuvre extrêmement maîtrisée à tous niveaux, ne cédant jamais au mauvais goût ou aux excès « gore » et ne cesse de relancer l’intérêt, créant un inconfort qui force l’attention.

Les deux jeunes comédiennes sont remarquables chacune dans son (ou ses) registre. La longue séquence dans le bus en Chine est absolument terrifiante, mais s’avère presque agréable en comparaison avec un final monstrueux à la violence physique et psychologique inouïe. À découvrir donc, « THE PERFECTION », film sans attache, sans influences et donc indéniablement fascinant.

 

« THE STAKELANDER » (2016)

STAKELANDER.jpgÀ nouveau écrite par Nick Damici, réalisée par Dan Berk & Robert Olsen remplaçant Jim Mickle, « THE STAKELANDER » est une continuation logique et nullement honteuse du film de 2010.

On retrouve un Connor Paolo mûri, barbu, avide de vengeance après la mort de sa femme et de sa fille, et en passe de se transformer en clone de « Mister » (Damici) qu’il recherche dans cette terre dévastée en proie aux vampires et aux sectes cannibales. Ce n’est pas aussi enlevé et stylé que le n°1, mais on replonge sans difficulté dans l’univers créé alors. Le thème général est celui de la vengeance et, même si le scénario semble parfois trop « vissé », cherchant à tout justifier, le film se laisse regarder avec intérêt. Damici – en tant qu’auteur et comédien – a réussi à inventer un personnage iconique du cinéma d’horreur, un chasseur de vampires mutique et sans pitié. Il a eu l’intelligence de ne pas l’enfermer dans son archétype et de le faire évoluer lentement vers plus d’humanité et de vulnérabilité. Le jeu des vases communicants avec son ex-protégé est tout à fait pertinent et permet au film de n’être pas qu’une simple resucée. Quelques seconds rôles sont intrigants, comme cette « enfant sauvage » (Laura Abramsen) qui s’attache à Mister, comme ces deux vieux bikers gays (A.C. Peterson et Steven Williams) ou cette vampire mutante borgne, ennemie jurée de nos héros (Kristina Hughes).

Évidemment pas de quoi hurler au chef-d’œuvre, mais « THE STAKELANDER » est une bonne surprise, car on n’en attendait rien et qu’il respecte le film original, en poussant plus loin quelques curseurs. La fin (relativement) ouverte, laisse imaginer qu’un jour, un n°3 puisse voir le jour. Pourquoi pas ?

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CONNOR PAOLO, NICK DAMICI ET KRISTINA HUGHES

 

« INFECTÉS » (2009)

CARRIERS.jpgIl n’a pas dû être facile à vendre ce « INFECTÉS ». Film de zombies sans zombies, film post-apocalyptique intimiste, et au fond, surtout drame psychologique sur deux frères diamétralement opposés qui se trouvent confrontés aux pires dilemmes imaginables.

Écrit et réalisé par David et Álex Pastor, c’est une série B un peu plus ambitieuse qu’il ne paraît au premier abord. L’action se situe APRÈS l’évènement qui a détruit la population de la planète et la plupart des « infectés » ne sont plus que des cadavres putréfiés. Reste le pire ennemi : nous-mêmes. Et le scénario s’applique à démontrer que lorsque la survie est en jeu, il n’existe plus rien d’autre. Ni l’amour, ni l’amitié, ni la solidarité. Rien qu’un égoïsme nécessaire mais qui déshumanise peu à peu les survivants et ronge leur âme. C’est un propos indéniablement intelligent et original, qui semble examiner à la loupe le contenu de ce sous-genre de l’horreur qu’est le « film de zombies » et se conclue dans un anti-climax lucide et désespérant. Survivre, oui. Mais pourquoi ? Et dans quel état ?

Sobrement filmé, vigoureusement monté, « INFECTÉS » est porté par d’excellents jeunes acteurs : Chris Pine parfait en voyou arrogant et fier-à-bras aux fêlures béantes, Lou Taylor Pucci en frère cadet freiné par ses scrupules, Piper Perabo et Emily VanCamp toutes deux intenses et crédibles. Chris Meloni a un beau rôle secondaire, celui d’un homme à bout de ressources essayant de sauver sa fillette malade. La scène où il est abandonné sur la route est vraiment poignante.

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CHRIS PINE, LOU TAYLOR PUCCI, CHRIS MELONI ET PIPER PERABO

Bonne surprise donc que « INFECTÉS », qui va un peu plus loin que les habituelles histoires de morts-vivants et s’attache plutôt à prouver que l’humanité n’est peut-être qu’un mince vernis qui ne résiste pas très longtemps aux assauts. À méditer.

 

« STAKE LAND » (2010)

STAKELAND.jpg« STAKE LAND » de Jim Mickle est sorti la même année que la première saison de « WALKING DEAD », ce qui semble exclure toute influence de l’un sur l’autre. Pourtant, tous les ingrédients de la série sont déjà présents dans cet excellent film de vampires.

On pense à « JE SUIS UNE LÉGENDE » de Richard Matheson (la terre ravagée en proie aux buveurs de sang), mais le scénario – et l’aspect physique des monstres – s’apparente plutôt à l’univers des zombies. Quoi qu’il en soit, « STAKE LAND » agrippe dès sa première séquence et ne lâche plus prise jusqu’à la toute fin. C’est du très bon cinéma d’action, d’horreur et d’aventures, d’une maîtrise technique et narrative telle qu’on ne la remarque jamais. On se laisse entraîner dans ce « survival » désespéré et dépouillé de tout sentimentalisme, en s’attachant à des personnages tous bien définis et caractérisés. C’est Nick Damici, également scénariste, qui se taille la part du lion dans le rôle de « Mister », un survivant taiseux et dur-à-cuire dans la lignée des héros de western. On ne saura rien de son passé, ni même de ses pensées. Il n’existe que par ses actions et par sa générosité bourrue. Sa relation père-fils avec le jeune Connor Paolo est sobrement émouvante. Parmi les seconds rôles, tous parfaits, on reconnaît Kelly McGillis en nonne héroïque et Danielle Harris en jeune fille enceinte. Le méchant-en-chef, à la tête d’une secte de fanatiques religieux, est bien campé par Michael Cerveris et n’est pas sans rappeler le ‘Matthias’ du « SURVIVANT » de Boris Sagal.

« STAKE LAND », sans grands moyens, sans débauche de pyrotechnie, s’inscrit dans la lignée des œuvres post-apocalyptiques qui ont fleuri dans le cinéma U.S. après le 11 septembre et il n’est pas loin de se classer, sans la moindre prétention, dans le peloton de tête.

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NICK DAMICI, CONNOR PAOLO, JAMES GODWIN ET KELLY McGILLIS

 

« L’ASSOCIÉ DU DIABLE » (1997)

DEVIL.jpgAdapté d’un roman, « L’ASSOCIÉ DU DIABLE » ressemble à un remake de « LA FIRME » (1993) de Sydney Pollack dans lequel on aurait rajouté rien moins que le Diable en personne pour pimenter le récit.

Réalisé par l’estimable Taylor Hackford, ce film à gros budget, à l’image soignée, se veut une fable morale sur les idéaux broyés par le pouvoir de l’argent. Le scénario est plutôt bien construit, les coups de théâtre de la dernière partie sont un peu trop nombreux, mais le vrai défaut qui ressort de ces 144 minutes, tient d’abord dans une mauvaise gestion des éléments fantastiques qui s’immiscent progressivement et qui prêtent souvent à sourire, et surtout dans une direction d’acteurs approximative. Keanu Reeves dont la transparence naturelle sert bien le personnage au début, s’avère à la longue très insuffisant et peu crédible en surdoué du barreau. La toute jeune Charlize Theron, au visage rond et enfantin, est un peu meilleure, mais il est clair qu’elle a fait beaucoup de progrès depuis. La grosse déception vient d’Al Pacino qui semblait pourtant un choix rêvé pour incarner Satan en personne, PDG d’une grosse firme d’avocats à New York. On est d’abord gêné par sa nouvelle dentition, sa teinture noire de jais et par ses rires gras et systématiques. Mais son métier fait qu’il écrase, de toute façon, tout le monde autour de lui. En revanche, on déchante sérieusement lors de la confrontation finale dans son bureau transformé en antichambre des enfers : dans cette scène interminable, sur-dialoguée, pour tout dire grotesque, le Malin se transforme en un mix de Scarface en costard trois-pièces et de Darth Vader. C’est du Pacino au rabais qui sombre dans l’auto-caricature sans vergogne et achève littéralement ce film déjà pas très convaincant. Quant au final, calqué sur « LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST », il tombe comme un cheveu sur la soupe.

Sans être un ratage complet, « L’ASSOCIÉ DU DIABLE » ne tient pas vraiment les promesses de son point de départ et dure vraiment, vraiment trop longtemps.

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CHARLIZE THERON, KEANU REEVES, CONNIE NIELSEN ET AL PACINO