RSS

Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« LA NUIT DES CHAUVE-SOURIS » (1999)

BATS.jpgUn quart des « OISEAUX » d’Hitchcock, un quart des « DENTS DE LA MER » et une moitié de « TREMORS » et cela donne « LA NUIT DES CHAUVE-SOURIS » du canadien Louis Morneau, une série B dont on peut légitimement craindre le pire et qui, à condition d’être bien luné, s’avère une gentille surprise.

Un bled du Texas est envahi de chauve-souris génétiquement modifiées par l’infâme Bob Gunton (Bob Gunton est TOUJOURS infâme)  et massacrent la population. Le shérif Lou Diamond Phillips, la zoologue spécialiste Dina Meyer et son sidekick comique Leon, se chargent d’éradiquer la menace, mais vont littéralement, se retrouver dans le guano jusqu’au cou. Oui, le scénario est indigent, les péripéties sont vues et revues mille fois, mais « BATS » (titre original plus court et beaucoup plus mémorisable que le français) a l’avantage d’une réalisation solide, hormis quelques séquences de panique quasiment illisibles et surtout d’une jolie photo (George Mooradian) qui donne une certaine allure au produit. Les F/X sont vieillots mais pas vilains, les petits monstres ont vraiment une sale gueule et quelques scènes sont réellement efficaces. Et puis, partant du principe qu’un film avec Dina Meyer ne peut pas être 100% mauvais, on prend un vrai plaisir à la voir s’agiter, courir, vider ses chargeurs sur des nuées de bestioles affamées. Le sympathique Leon dont chaque réplique est une « vanne » finit par devenir envahissant voire carrément irritant. Phillips mâchouille virilement son cigare. Le trio fonctionne plutôt bien et aide à fermer les yeux sur les énormes invraisemblances, sur des thématiques antédiluviennes (c’est l’armée qui est responsable de l’invasion). Notons tout de même une jolie trouvaille finale quand, selon la tradition du genre, la dernière chauve-souris mutante qu’on croyait morte, ressurgit de la terre : le gag du dernier plan est un hilarant clin d’œil irrévérencieux aux vieux clichés.

BATS2

BOB GUNTON, LEON, DINA MEYER, LOU DIAMOND PHILLIPS ET CARLOS JAGOTT

 
2 Commentaires

Publié par le 18 novembre 2019 dans AVENTURES ET ACTION, FILMS D'HORREUR

 

« GHOSTS OF MARS » (2001)

MARS.jpgTout le monde aime John Carpenter et personne n’est heureux de ne pas apprécier un de ses films, d’autant que le monsieur ne tourne plus énormément. Qu’il est dommage que « GHOSTS OF MARS » soit aussi mauvais ! Qu’il est triste qu’on ne puisse même pas l’aimer au troisième degré !

Le film date de presque deux décennie mais il semble avoir été tourné dans les années 60. Le scénario est un énième démarquage de « ALIENS » pimenté – Carpenter oblige – de mythologie westernienne et de redites de ses anciens opus : le prisonnier dur-à-cuire (« NEW YORK 1997 »), les entités prenant possession des personnages (« THE THING »). En fait, ça ressemble à un ancêtre mollasson et fauché de la franchise des « RESIDENT EVIL » ! C’est dire… On pourrait éventuellement passer l’éponge sur les F/X artisanaux, les maquettes, sur l’abus exaspérant de fondus-enchaînés qui diluent tout le potentiel d’efficacité du montage, mais ce qui manque clairement, outre quelques millions de dollars de budget, c’est un casting intéressant et homogène. Cela a d’ailleurs presque toujours été le problème de ce réalisateur qui aurait dû naître dix ans plus tôt et bénéficier du concours des « tronches » des années 50 qu’il apprécie tant. Car il faut bien dire qu’ici, on frise le carton rouge : Natasha Henstridge, toute belle qu’elle soit, est complètement transparente, Ice Cube est nul à pleurer dans un rôle à la Snake Plissken (on l’appelle « Désolation », ce qui lui va très bien, mais pas pour les raisons suggérées par les auteurs !), Jason Statham, encore à peu près chevelu, joue les durs-à-cuire chauds-lapins en forçant son accent anglais sans aucune raison valable. Même Pam Grier en toute petite forme n’imprime guère la pellicule en officier lesbienne boudinée dans le cuir.

Pas grand-chose à sauver, hélas. Pas même la BO lancinante et « prise-de-tête » du maestro, les bastons au corps-à-corps paresseusement chorégraphiées ou des décors cheap au possible qui donnent l’impression que la planète Mars ne fait qu’une centaine de mètres carrés au sol. Pour dire malgré tout quelque chose de sympathique, le leader des fantômes martiens, Richard Catrone, est plutôt réussi esthétiquement parlant et le langage des Martiens est assez flippant.

(chronique originellement publiée en 2013 et remaniée ici après re-visionnage, même si le fond du texte n’a pas énormément varié, ce qui explique les commentaires datant d’il y a six ans ci-dessous)

MARS2

ICE CUBE, NATASHA HENDSTRIDGE, JASON STATHAM, RICHARD CATRONE ET PAM GRIER

 

« THE SILENCE » (2019)

Bâti sur exactement le même schéma que le récent « SANS UN BRUIT » (surtout ne pas émettre un son, sous peine d’attirer des monstres qui ont envahi la terre), « THE SILENCE » de John R. Leonetti est une série B produite par Netflix, qui ne se gêne pas pour piocher également et sans complexe dans « BIRD BOX » et même dans la série « WALKING DEAD ». Pourquoi s’embarrasser de scrupules ?SILENCE.jpg

Comme pour toutes les productions de la chaîne, ou presque, le scénario constitue le maillon faible : simpliste, prévisible, bourré de clichés antédiluviens, faiblement dialogué, il pèche de plus par dénouement bâclé à la va-vite qui fait plus qu’agacer le spectateur assidu qui a stoïquement tenu jusque-là. C’est honnêtement réalisé, sans génie, les grosses chauve-souris en CGI ne sont pas très impressionnantes, d’autant qu’elles émettent les mêmes sons que les monstres de « THE DESCENT », et le tout se laisse regarder passivement, sans passion, pour tuer le temps. Le casting est composé de bons acteurs de second plan comme Stanley Tucci et Miranda Otto en parents pusillanimes découvrant l’héroïsme, par Billy MacLellan assez inquiétant en prêtre dangereusement illuminé et surtout par la jeune Kiernan Shipka (découverte en fille de Draper dans la série TV « MAD MEN »), jouant l’héroïne sourde et débrouillarde, avec une belle énergie qui manque si cruellement au film.

Pas indispensable donc, ce « THE SILENCE » fait de bric et de broc, qui propose une des apocalypses les moins crédibles de ces dernières années.

 

« L’ANTÉCHRIST » (1974)

ANTECRISTO2

CARLA GRAVINA

Sorti à peine un an après « L’EXORCISTE », « L’ANTÉCHRIST » d’Alberto de Martino en est un ersatz italien au scénario confus et incohérent, mixant les données du film de William Friedkin avec du mélodrame familial teinté d’inceste et des remugles de « ROSEMARY’S BABY ».ANTECRISTO.jpg

Ce genre de tambouille opportuniste n’a jamais dérangé nos amis transalpins et c’est d’ailleurs ce qui les rend sympathiques. En revanche, les fruits de ces tripatouillages sont rarement à la hauteur des ambitions (commerciales) des auteurs. Ici, c’est donc l’habituellement belle Carla Gravina qui se retrouve possédée par… on ne sait trop qui ou quoi. Elle est la réincarnation d’une sorcière brûlée vive, paralysée depuis l’enfance et est amoureuse de son propre père. Ça fait beaucoup pour une seule femme ! Pas étonnant qu’elle se mette à brailler avec une voix masculine et à vomir de la bile à tout-va. À presque deux heures, « L’ANTÉCHRIST » a largement le temps de décourager les meilleures volontés et les plus indulgents amateurs de « bis » italien. Il est vrai que Gravina donne beaucoup d’elle-même, mais les trucages sont hideux, voire grotesques, le dialogue est primaire et les malheureux vétérans hollywoodiens que sont Mel Ferrer et Arthur Kennedy doivent se souvenir avec nostalgie de leur précédente rencontre dans « L’ANGE DES MAUDITS » de Fritz Lang. On retrouve Alida Valli dans un rôle rappelant celui qu’elle tenait dans « LES YEUX SANS VISAGE », le toujours fiable Umberto Orsini en psy. La BO d’Ennio Morricone passe inaperçue et la photo de Joe D’Amato est extrêmement inégale d’un plan à l’autre. En bref et pour résumer, un sous-exorciste putassier et d’une laideur sidérante, à voir – si on est très curieux ou très pervers – pour le numéro déjanté de Carla Gravina dans tous ses états.

ANTECRISTO3

ARTHUR KENNEDY, MEL FERRER ET CARLA GRAVINA

 

« LA MALÉDICTION » (2006)

OMEN2

LIEV SCHREIBER

« LA MALÉDICTION » de John Moore est le remake très fidèle du classique de Richard Donner, sorti exactement 30 ans plus tôt. Et quitte à blasphémer (c’est de circonstances), il n’est pas interdit de considérer que cette nouvelle version améliore le score sur pas mal de points et s’avère être une excellente surprise.OMEN.jpg

En oubliant les comparaisons (ce n’est pas facile tant les scénarios sont proches), on peut prendre un réel plaisir à la vision de ce thriller empreint de démonologie et de superstitions, bénéficiant d’une réalisation efficace et d’une photo souvent magnifique. Liev Schreiber est parfait en ambassadeur incrédule élevant, à son insu, le fils du Diable, Julia Stiles est très bien également avec son étrange visage angoissé. Ils forment un couple crédible et attachant. On peut être moins emballé par le rejeton, le jeune Seamus Davey-Fitzpatrick, plus tête-à-claques qu’inquiétant. David Thewlis est impeccable en photographe fouineur et Pete Postlethwaite parfait en prêtre terrorisé. Mais la vraie grande idée du casting est d’avoir offert le rôle de la nounou démoniaque à Mia Farrow. À la maman de Satan dans « ROSEMARY’S BABY », qui retrouve celui-ci pour le protéger à n’importe quel prix. Elle fait froid dans le dos dans la scène de l’hôpital. Un beau raccourci qui relie le film à tous ses prédécesseurs, au même titre que la séquence à Jérusalem qui fait penser irrésistiblement au début de « L’EXORCISTE ».

« LA MALÉDICTION » adapte très intelligemment le scénario des années 70, le dépoussière sans chercher à tout bouleverser. Les puristes feront certainement la fine-bouche, car le film de Donner était une réussite, mais ce remake méritait d’être tourné et existe vraiment par lui-même.

OMEN3

JULIA STILES, MIA FARROW, DAVID THEWLIS ET LIEV SCHREIBER

 

« JUSQU’EN ENFER » (2009)

DRAG2.jpg« JUSQU’EN ENFER » marquait le retour de Sam Raimi au cinéma d’horreur de ses débuts, et dans un évident confort de production, il retrouve tout de même ce mélange d’humour noir, de « gore » vomitif et d’images-choc à faire sauter au plafond, qu’il maîtrisait si bien avec trois ou quatre dollars de budget.

Sur la base d’une malédiction gitane jetée sur une jeune employée de banque (Alison Lohman) par une vieille folle (Lorna Raver) qu’elle a malencontreusement humiliée, le scénario décrit les tentatives de l’héroïne pour échapper au démon venu l’entraîner aux enfers. C’est simple et astucieux, l’univers dépeint est quotidien et tout à fait terre-à-terre, accentuant encore la dinguerie des séquences purement horrifiques. Certains moments sont franchement hilarants sans jamais cesser d’être affreux, comme ces affrontements entre Lohman et la vieille Gitane où yeux et dentiers giclent dans des geysers de sang. Cela aurait pu donner un simple « Twilight Zone » de 26 minutes, mais Raimi s’amuse à faire durer le plaisir et surtout le calvaire de la jeune femme et lui réserve un épilogue « à twist » guère surprenant (quiconque a déjà vu un film de ce genre sait pertinemment qu’elle ne s’en tirera pas aussi facilement !) mais bien amené et réjouissant à sa façon. Aux côtés d’Alison Lohman, fraîche et dynamique, on voit le toujours sympathique Justin Long en fiancé patient, David Paymer en patron faux-jeton. Mais c’est Lorna Raver qui rafle la mise dans ce rôle spectaculaire de sorcière borgne et édentée insalubre et vraiment peu ragoûtante. À voir donc, sans en attendre autre chose qu’un Grand-8 visuel à l’humour volontiers potache et aux F/X qui ont su garder un aspect « bricolé » très rafraîchissant. La longue séquence de la « séance » vaut à elle seule le déplacement.

DRAG

ALISON LOHMAN ET LORNA RAVER

 

« LE CROCODILE DE LA MORT » (1976)

EATEN2

NEVILLE BRAND

Après le succès de « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE », Tobe Hooper tourna « LE CROCODILE DE LA MORT » et d’ailleurs le personnage de ‘Judd’, gérant d’un hôtel vétuste en plein bayou, semble bien être un cousin de la famille dégénérée du film précédent.EATEN.jpg

Intégralement tourné en studio – y compris les extérieurs – et interprété par des has-beens fatigués, plus quelques jolies filles dénudées en bonus, le film est une espèce de cauchemar éveillé, sans réelle progression dramatique. Les gens débarquent à l’hôtel, se font massacrer à la faux par ce vieux fou furieux de Judd et/ou dévorer par son crocodile africain (en carton-pâte) qu’il garde dans un enclos. Tout se passe la nuit, la bande-son est saturée de sons bizarroïdes, de cris d’animaux, de musique country et d’un concert de hurlements stridents. Dire que c’est agréable serait peut-être un brin exagéré, mais c’est indéniablement fascinant à sa manière. Du pur Grand Guignol complètement déjanté, gore et sans garde-fou, comme une sorte de remake sous acide de « PSYCHOSE ».

Si le film vaut le coup d’œil, ce sera essentiellement pour le numéro halluciné (et hallucinant) de Neville Brand, qui ressemble physiquement à Klaus Kinski en encore plus ravagé, et surjoue à un tel point, qu’il atteint les limites humainement concevables du cabotinage. Marmonnant, radotant, hurlant de joie en tuant un à un ses clients, Brand a dû aller fouiller dans des zones bien enfouies de son subconscient pour étaler une telle démence. Parce que le plus incroyable, c’est qu’il est parfaitement crédible ! Autour de lui des visages connus : Stuart Whitman en shérif poussif, Mel Ferrer en père inquiet, Robert Englund en chaud-lapin odieux (sa première réplique a été reprise telle quelle dans « KILL BILL ») ou Carolyn Jones méconnaissable en maquerelle au maquillage plâtreux.

« LE CROCODILE DE LA MORT » n’est pas un film facile à aimer et encore moins à défendre. C’est à la limite de l’expérimental, du n’importe quoi le plus total, mais… il faut tout de même le voir pour le croire.

EATEN3

ROBERT ENGLUND ET STUART WHITMAN