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Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« 31 » (2016)

« 31 » se passe dans les seventies dans l’Amérique profonde. Ça parle d’un groupe de marginaux déjantés qui tombent, le jour d’Halloween, entre les griffes de psychopathes qui les enferment dans une usine désaffectée pour les massacrer un par un, au cours d’un jeu particulièrement sanglant et malsain. 31

Pourquoi ? Le problème n’est pas là. Ce qui intéresse Rob Zombie, c’est de trouver prétexte à pléthore de scènes ‘gore’, à crises d’hystérie, à membres tranchés à la tronçonneuse. Le bonhomme sait filmer, c’est indéniable. Il a trouvé une sorte d’univers visuel qui lui est propre (enfin, le terme n’est sans doute pas bien choisi !) de film en film et se complait dedans. Mais il n’a clairement rien à raconter, aucun message à faire passer, aucune idée nouvelle. Il dépoussière les vieilles séries B d’antan, les slashers façon « TOURIST TRAP » et les enjolive d’une photo chiadée, d’une bande-son électrisante et invite des comédiens de l’époque à participer à la fête : Meg Foster, anguleuse et émaciée, joue une des victimes, une maquerelle. Un faciès incroyable ! On retrouve également les Anglais Malcolm McDowell et Judy Geeson grimés comme dans un remake grotesque de « BARRY LYNDON », l’inoxydable Tracey Walter en pompiste édenté. Mais ce sont Sheri Moon Zombie en héroïne endurante et l’inquiétant Richard Brake en champion des serial killers qui sortent du rang. Le monologue du second qui ouvre le film est franchement stressant.

« 31 » possédait tous les atouts pour être un bon petit film d’horreur comme on les aime. Mais le scénario est vraiment indigent, ne va nulle part et épuise l’intérêt dès qu’on a compris qu’il n’ira jamais au-delà d’un carnage sans queue ni tête, d’un bain de sang sans raison d’être. Il faudra tout de même que M. Zombie prenne la peine d’engager un scénariste, un de ces jours… Ça peut aider, parfois.

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MEG FOSTER

 
 

« AMERICAN MARY » (2012)

MARYSpécialisées dans la série B d’horreur trash et ‘gore’ à tout petit budget, les sœurs Soska signent avec « AMERICAN MARY » un très bizarre mélange de la série « NIP/TUCK » et des fantasmes recyclés d’un Cronenberg. L’ambiance « canadienne » (alors que l’histoire est censée se dérouler aux U.S.A.) renvoie elle aussi à l’auteur de « VIDÉODROME ».

Katharine Isabelle joue une brillante étudiante en médecine violée par un de ses professeurs et se transformant en « chirurgienne vigilante » pour se venger d’horrible façon. Le scénario est hélas, complètement exsangue, ne dépasse jamais le stade du pitch et la mise-en-scène est étrangement primitive, figée, à la limite de l’indigence. Sans parler de la direction d’acteurs éprouvante de plusieurs seconds rôles aux personnages indéfendables. À peine retiendra-t-on Tristan Risk, transformée en affreuse caricature de Betty Boop par le bistouri.

Reste que l’idée demeure intrigante, que les séances de torture et/ou d’opérations clandestines sont particulièrement vomitives et que le personnage incarné par Katharine Isabelle prend vie grâce à la malice et à la présence exceptionnelle de cette comédienne devenue une icône de l’horreur, mais très sous-exploitée. Ici, elle porte le film sur les épaules et c’est uniquement à cause de sa présence qu’on parvient à tenir jusqu’au bout. On est partagé du début à la fin par un ennui assez phénoménal, une envie qu’il se passe quelque chose, et une certaine fascination pour le goût de ces étranges jeunes femmes (elles jouent également des jumelles désireuses de se faire opérer par notre héroïne pour échanger leurs bras gauches !) obnubilées par les situations extrêmes et malsaines, qui malgré leur évident manque de métier, finissent tout de même par imposer un style. Vraiment pas à mettre entre toutes les mains, donc, mais pour l’amateur de curiosités jusqu’auboutistes, « AMERICAN MARY » vaut un rapide coup d’œil sans en attendre monts et merveilles.

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DAVID LOVGREN ET KATHARINE ISABELLE

 
 

« LA MOMIE » (1999)

MOMIE2Quelle joyeuse idée que de télescoper les univers des vieux films d’horreur Universal avec les codes plus récents des aventures d’Indiana Jones ! Auteur et réalisateur, Stephen Sommers entraîne, dès les premières images, dans un monde rétro et bariolé de BD, impose d’emblée un rythme infernal et trouve instantanément le ton adéquat.

Au cœur de l’Égypte rêvée et romanesque des années 30, « LA MOMIE » nage allègrement dans un second degré permanent, ce qui n’empêche pas les séquences d’action et de terreur d’être tout à fait efficaces et les F/X de servir l’histoire au lieu de la désintégrer comme ce sera trop souvent le cas dans le cinéma U.S. des années suivantes. On frissonne et on sourit donc sans arrière-pensée, car tout cela est conçu avec goût et enthousiasme. À peine pourra-t-on regretter que Kevin O’Connor cède au gros comique dans son rôle de traître hongrois geignard et immonde qui prend une place démesurée dans le scénario.

Brendan Fraser est un parfait héros de serial, audacieux mais pas bien malin. Rachel Weisz n’a jamais été aussi séduisante qu’en bibliothécaire entêtée et gaffeuse. Arnold Vosloo est un ‘Imhotep’ imposant et John Hannah est un brin irritant à la longue en faire-valoir comique et frère/boulet de l’héroïne.

Pas une seconde d’ennui dans ces deux heures copieuses et bourrées jusqu’à la gueule de poursuites, de batailles sanglantes et de tempêtes de sable. On régresse clairement en enfance, mais ça n’a rien de désagréable, d’autant que tout le monde semble avoir pris un vrai plaisir à ressusciter ce cinéma de pure distraction.

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BRENDAN FRASER, RACHEL WEISZ ET ARNOLD VOSLOO

À noter que cette « MOMIE » connaîtra deux sequels : la première deux ans plus tard, avec la même équipe et la seconde sept ans après, dirigée par Rob Cohen où Maria Bello remplacera Rachel Weisz.

 

« PANDORUM » (2009)

PANDORUM2Contrairement aux apparences, « PANDORUM » est une production allemande, un film de SF ambitieux et au scénario très travaillé, puisant son imagerie à la fois dans la ‘franchise’ des « ALIEN » et dans le récent « THE DESCENT » (2005) qui a établi un nouveau standard en matière de monstres dégoûtants et visqueux.

Le film démarre bille en tête par le réveil de deux hommes (Ben Foster et Dennis Quaid) dans un vaisseau spatial à la dérive, dont ils découvrent progressivement qu’il est envahi par des créatures mutantes et cannibales qui dévorent tout ce qui bouge. L’intérêt principal du film est qu’on ne sait jamais exactement qui sont les protagonistes, vu qu’eux-mêmes ne s’en souviennent pas, où ils se trouvent exactement et la raison de leur mission dans l’espace. La chute est tellement bien amenée et surprenante qu’il serait criminel de trop en dévoiler. C’est bien filmé par Christian Alvart, extrêmement bien photographié (Wedigo von Schultzendorff) et le travail de déco, qu’il soit réel ou virtuel est vraiment irréprochable.

Si tout ce qui concerne le toujours très intense Ben Foster, sa quête du réacteur nucléaire et ses rencontres inopinées est palpitant et tient du plus pur ‘survival’ en huis clos, la partie parallèle avec Quaid est plus nébuleuse et casse un peu le rythme en diluant le stress. Reste que les poursuites avec les monstres, particulièrement hideux et répugnants, sont superbes, qu’une séquence montrant Foster rampant au milieu des mutants endormis est digne d’entrer dans les annales du film d’horreur. Dans un cast international et homogène, on reconnaît Norman Reedus dans un petit rôle de fuyard paniqué.

On n’est pas dans la catégorie « chef-d’œuvre du genre », mais pas non plus dans le DTV lambda. « PANDORUM » fourmille de bonnes idées, même s’il en recycle quelques unes au passage et on ne peut qu’admirer le professionnalisme de l’ensemble dont on devine qu’il n’a probablement pas bénéficié des mêmes moyens qu’un blockbuster U.S. À redécouvrir, donc. Et quelle belle fin !

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BEN FOSTER ET DENNIS QUAID

 

« LE VILLAGE » (2004)

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JOAQUIN PHOENIX ET BRYCE DALLAS HOWARD

Après le succès du « SIXIÈME SENS », l’intrigant « INCASSABLE », le cinéma de M. Night Shyamalan est devenu de moins en moins convaincant, jusqu’à ce que le nom du réalisateur sur un projet serve quasiment de repoussoir.VILLAGE2

Aussi la re-vision de « LE VILLAGE » est-elle une heureuse et surprenante surprise.

Dans une ambiance très « sorcières de Salem », l’auteur-réalisateur développe un scénario empreint de mystère, de maléfices et de superstitions. Qui se veut aussi une fable sur le totalitarisme qui enferme (pour son bien) le peuple dans la peur. Bien sûr, l’histoire ne supporte pas l’analyse approfondie une seule seconde et s’avère totalement invraisemblable, voire aberrante, mais le charme opère tout de même. La « chute », marque de fabrique de Shyamalan, n’est pas trop compliquée à voir venir, mais cela reste malgré tout envoûtant, insolite et même par moments fascinant. Le casting est de tout premier choix. Autour des excellents jeunes premiers Bryce Dallas Howard parfaite en aveugle héroïque et Joaquin Phoenix en garçon intense et taiseux, que de grosses pointures comme Sigourney Weaver, Cherry Jones, Brendan Gleeson, Adrien Brody crédible en idiot du village imprévisible et surtout William Hurt meilleur qu’il n’avait été depuis bien longtemps.

Le film est truffé de belles idées visuelles (la silhouette du « monstre de la forêt »), d’ambiances brumeuses, mais aussi de séquences maladroitement filmées (la confrontation entre l’héroïne et le dit-monstre). La fin gâche un peu le plaisir par sa naïveté enfantine et ses bons sentiments bêlants, mais l’un dans l’autre « LE VILLAGE » est un des meilleurs films de Shyamalan qui a su créer un univers singulier et cohérent et le peupler de personnages tous intéressants.

Un film un peu décrié à sa sortie (mais à l’époque, tout le monde voulait qu’il surpasse « LE SIXIÈME SENS » et il ne pouvait donc que décevoir) à redécouvrir à tête reposée, donc.

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SIGOURNEY WEAVER ET BRYCE DALLAS HOWARD

 

« DON’T BREATHE – LA MAISON DES TÉNÈBRES » (2016)

Réalisé par Fede Alvarez, à qui on doit l’efficace remake de « EVIL DEAD », « DON’T BREATHE – LA MAISON DES TÉNÈBRES » est une heureuse surprise, une sorte de slasher à l’écriture soignée, à la mise-en-scène et à la photo méticuleusement pensées.dont

Deux garçons et une jeune fille décident de cambrioler la maison isolée d’un ex-militaire aveugle, censé posséder des milliers de dollars en cash. Mais à la place du pauvre infirme vulnérable qu’ils s’attendaient à trouver, ils tombent sur un dangereux psychopathe bien décidé à les éliminer.

Un pitch simple, propice aux surprises et aux coups de théâtre, qui entraîne dans un suspense par moments très éprouvant avec un minimum de dialogues et d’explications. Les personnages se définissent par leurs actions et les sympathies du spectateur évoluent d’un camp à l’autre, selon les événements.

Si le décor de la maison est particulièrement soigné et angoissant à souhait, l’environnement ne l’est pas moins : tout un quartier de Detroit déserté par la crise et réduit à une immense ville-fantôme où « personne ne vous entend crier ». On frôle par instants le fantastique, sans que le réalisateur ne cède jamais à la surenchère ni au gore gratuit et facile.

La jeune Jane Levy (déjà héroïne de « EVIL DEAD ») est excellente de tension et d’obstination, mais c’est évidemment Stephen Lang qui reste en mémoire dans ce rôle de victime/bourreau monstrueux, que la dernière partie du film transforme peu à peu en un croque-mitaine increvable à la « HALLOWEEN ». À la différence que lui n’est pas sorti de nulle part, ou des enfers, mais qu’il a été généré par la guerre. Intéressant développement.

La fin ouverte laisse entrevoir une sequel, apparemment déjà en chantier…

 

« TRILOGY OF TERROR » (1975)

TERROR« TRILOGY OF TERROR » est un téléfilm-culte réalisé par Dan Curtis d’après des histoires ou des scénarios du maestro Richard Matheson. Le film comprend trois sketches d’égale durée, tous interprétés par Karen Black.

Dans le premier « JULIE », elle incarne une prof de fac coincée et solitaire, droguée et violée par un élève qui la fait ensuite chanter. Jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle n’a rien d’une victime, mais qu’elle serait plutôt une prédatrice perverse et sans pitié doublée d’une serial killeuse. Pour invraisemblable qu’il soit, le ‘twist’ n’en demeure pas moins efficace et sympathique. La comédienne est d’une vénéneuse séduction dans ce rôle à double visage.

« MILLICENT AND THERESE » pousse encore plus loin le thème de la dualité, en présentant deux sœurs aux caractères opposés. Le problème est qu’on sent venir la « révélation » finale dès les premières minutes du sketch (ce n’est donc pas vraiment spoiler que de dire qu’il s’agit d’un dédoublement de personnalité) et que par conséquent, le film est assez ennuyeux puisque prévisible de A jusqu’à Z. L’actrice se laisse même aller à la caricature dans le rôle de la sœur délurée à perruque blond platine. À ses côtés, le toujours excellent George Gaynes en psy inquiet.

« AMELIA » en revanche, est la vraie raison de voir cette trilogie, et certainement l’explication de sa popularité persistante. Karen Black y joue une jeune femme opprimée par sa mère, qui achète une statuette africaine pour l’anniversaire de son boy-friend. Seulement l’affreux objet est possédé par l’esprit d’un guerrier féroce qu’elle libère accidentellement. Tout le film n’est qu’une poursuite sauvage dans l’appartement entre une Karen – seule à l’écran de la première à la dernière image – paniquée et une statuette poussant des gargouillis crispants et maniant la lame. C’est un joli exercice de style, qui rappelle les BD de « CREEPY » ou « EERIE », voire les vieux épisodes de « TWILIGHT ZONE ». On ne s’y ennuie pas une seconde et le tout dernier plan mérite d’entrer dans les annales. L’énergie et l’humour noir de ce segment rattrape les petites mollesses des deux précédents et font de « TRILOGY OF TERROR » un bon moment de détente et, pour Karen Black une parfaite bande-démo de ses multiples talents.

TERROR2

KAREN BLACK