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Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« LA VOIX DES MORTS » (2005)

VOIX2« LA VOIX DES MORTS » base son postulat sur l’idée que les défunts parviennent à contacter certaines personnes à travers des moniteurs vidéo et à laisser des « empreintes » visuelles et sonores sur des enregistrements VHS. Pourquoi pas ?

Quand il perd sa femme (la radieuse Chandra West), Michael Keaton cherche par tous les moyens à la contacter, mais dans le processus, il réveille des esprits maléfiques. Difficile d’être plus spécifique, car le scénario est extrêmement confus et laisse la plupart des questions qu’il soulève sans réponse. À se demander s’il n’a pas souffert de coupes-montage trop radicales. Ce n’est pas trop dommageable car certains effets sont réussis et procurent une trouille de bonne qualité et le film est soutenu par Michael Keaton, légèrement surqualifié pour ce genre de produit et qui semble passer là en touriste. Pour une histoire basée sur le deuil et le refus de la mort, il aurait probablement fallu un comédien moins froid et cérébral que Keaton, qui ne génère aucune empathie. Mais il une vraie présence et connaît quelques bons moments. À ses côtés, la sublime Deborah Kara Unger est bêtement sous-utilisée, comme dans la plupart de ses films, hélas. Le reste du casting, essentiellement canadien, est assez médiocre.

Que retenir ? Le concept des spectres apparaissant à peine au milieu du « bruit » vidéo, l’idée – très mal exploitée – des appels au-secours lancés entre deux mondes et une réalisation illustrative mais globalement correcte. C’est à peu près tout, car la dernière partie, qui s’achève comme trop souvent dans ce genre de film dans une usine désaffectée et suintante, fait subitement intervenir un serial killer qu’on a vaguement entrevu dans une séquence un peu plus tôt, et de très méchantes entités volantes qui s’en prennent à notre héros. Et là, on sombre dans le ridicule le plus rédhibitoire, qui relègue « LA VOIX DES MORTS » au rang de série B lambda et paresseuse.

VOIX

MICHAEL KEATON ET DEBORAH KARA UNGER

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« A CURE FOR LIFE » (2017)

« A CURE FOR LIFE » (titre « français » de « A CURE FOR WELLNESS » !) est un film d’auteur signé de l’inégal mais intéressant Gore Verbinski. Situé dans une clinique suisse, il suit le séjour d’un jeune trader (Dane DeHaan) parti à la recherche d’un de ses patrons (Harry Groener) qui a subitement quitté New York.CURE

Le film est littéralement truffé d’influences diverses et variées, piochant dans un courant du fantastique onirique, dans la mouvance du récent « SHUTTER ISLAND » pour se développer dans des références françaises comme le classique « LES YEUX SANS VISAGE » ou le moins connu « TRAITEMENT DE CHOC ». Le scénario est indubitablement intrigant, il joue sur plusieurs niveaux, laisse entendre que « tout ceci n’est qu’un rêve » pour ensuite bifurquer dans une autre direction. Cela maintient plus ou moins l’intérêt mis à rude épreuve par une longueur injustifiée (146 minutes quand même !) et un rythme d’une lenteur parfois laborieuse.

C’est très bien filmé, les extérieurs sont intelligemment exploités et les décors des entrailles de la clinique sont dignes de l’antre du Dr. Frankenstein. De plus, l’intensité jamais relâchée du jeune comédien donne au film sa colonne vertébrale et permet de ne jamais lâcher prise. À ses côtés, Jason Isaacs est bizarre à souhait en directeur apparemment bienveillant à la patience infinie et Mia Goth, fantomatique, incarne un personnage fascinant d’étrangeté.

Beaucoup de choses positives à mettre à l’actif de « A CURE FOR LIFE » donc, dont on regrette l’écriture dérivative et le trop grand nombre de questions laissées sans réponse (ou des réponses absconses, ce qui revient au même). À voir pour quelques séquences qui vont loin dans le délire, un final digne du « FANTÔME DE L’OPÉRA » ou de « L’HOMME AU MASQUE DE CIRE » et une intrigante réflexion sur le vieillissement et le refus de la mortalité. À noter que certaines images sont à vous dégoûter de manger des anguilles jusqu’à la fin de vos jours.

 

« ALIEN : COVENANT » (2017)

Suite directe de « PROMETHEUS » (2012) située dix ans après, « ALIEN : COVENANT » confirme après seulement quelques minutes que le maestro Ridley Scott a bel et bien perdu sa « magic touch » et ce dernier opus fait repenser avec nostalgie au chef-d’œuvre de 1979 et à sa première sequel signée James Cameron.COVENANT

Le film démarre d’emblée par un long dialogue entre un androïde (Michael Fassbender) et son créateur (Guy Pearce qui apparaissait vieilli dans le film précédent), établissant la thématique générale de l’épisode : « Si c’est vous qui m’avez créé » demande le robot, « Qui vous a créé, vous ? ». À partir de là, le scénario malaxe, remixe, retourne les données de la saga dans une réflexion de plus en plus alambiquée et inintéressante sur les origines des aliens. Conclusion ? Il y a des moments où trop réfléchir nuit !

« ALIEN : COVENANT » souffre d’un casting extrêmement faible d’où ne ressort aucun personnage, pas même Katherine Waterston, pâle avatar larmoyant de ‘Ripley’. On entrevoit Noomi Rapace et James Franco non-mentionnés au générique. Seul Fassbender a un rôle – et même deux – à peu près développé. Il atteint même le Nirvana de l’acteur narcissique dans une scène où il s’embrasse lui-même sur la bouche !

Bien sûr, quelques paysages numériques sont magnifiques, la nécropole est superbe, mais les effets horrifiques sont gâchés par l’invasion de CGI. Les aliens bougent mieux que par le passé, c’est certain, mais en revanche, ils n’ont aucune épaisseur, aucune réalité et la trouille s’en trouve grandement amenuisée. Vraie déception donc que « ALIEN : COVENANT », film de SF bavard au scénario boursouflé qui fait regretter amèrement la simplicité des origines de la franchise. Après « CARTEL », « EXODUS » et « SEUL SUR MARS », le cas de Sir Ridley commence à devenir alarmant !

 

« L’HOMME QUI RÉTRÉCIT » (1957)

SHRINKIl ne faut surtout pas se laisser berner par les faux-airs de série B fauchée aux effets spéciaux antédiluviens de « L’HOMME QUI RÉTRÉCIT » de Jack Arnold. D’abord parce que le scénario est signé du grand Richard Matheson, d’après son propre roman, ensuite parce que loin d’être un film d’horreur anecdotique, c’est une des plus effrayantes paraboles sur la maladie et l’au-delà jamais réalisée, bien avant « LA MOUCHE » de David Cronenberg tourné trois décennies plus tard.

Exposé à des radiations, un quidam (Grant Williams) commence à voir sa taille diminuer. Le phénomène progresse rapidement, jusqu’à ce qu’il atteigne l’infiniment petit. Si la première partie, quoique très angoissante, demeure classique et sans surprise, la seconde – dès qu’il se retrouve confiné dans la cave – prend des allures de ‘survival’ métaphysique. Aussi minuscule qu’une fourmi, notre héros affronte une araignée terrifiante qui prend des proportions mythologiques. Mais ce n’est toujours pas terminé et l’histoire continuera bien après le mot « FIN » puisque Matheson nous fait clairement comprendre que l’infini, vers le gigantesque ou le microscopique est… sans fin.

C’est un film vraiment prenant, intelligent et – à sa façon – réaliste. Arnold ne cède à aucun truc à effet du film de frayeur traditionnel et illustre sans réel point-de-vue une descente aux enfers qui se suffit à elle-même. L’insignifiance apparente de l’acteur principal rend son personnage universel. Il est tout simplement l’Homme, l’être humain, face aux mystères de la Création.GRANT WILLIAMS

Plusieurs séquences anthologiques (dont une poursuite avec le chat de la maison, devenu un fauve impitoyable) sont entrées dans les annales, mais « L’HOMME QUI RÉTRÉCIT », pour peu qu’on oublie son inévitable vieillissement, demeure une œuvre ambitieuse et abyssale. À redécouvrir en HD, même si celle-ci accentue les transparences et autres surimpressions d’un autre âge.

 

« LE CARNAVAL DES ÂMES » (1962)

SOULS2« LE CARNAVAL DES ÂMES », série B fauchée réalisée par Herk Harvey, est devenu un film-culte avec les années, probablement grâce à sa foncière étrangeté et à l’influence qu’il a pu avoir sur un film comme « LA NUIT DES MOTS-VIVANTS » et toute sa nombreuse descendance.

Pourtant, ce n’est pas un film d’horreur banal et on peut même y déceler l’influence de… « L’ANNÉE DERNIÈRE À MARIENBAD » sorti l’année précédente. Bien sûr, depuis on a vu « SIESTA », « LE SIXIÈME SENS », « STAY » ou « LES AUTRES » et il n’est guère difficile à l’amateur de ‘ghost stories’ de deviner rapidement de quoi il retourne. Et la chute finale tombe complètement à plat, tant elle est téléphonée. Mais le film, par sa facture primitive, sa lenteur hypnotique, ses longues séquences hors-sujet (particulièrement celles avec le pénible Sidney Berger en voisin de palier pot-de-colle), ne cesse de dérouter, d’intriguer et il pose des questions sans prendre la peine de donner de réponses. Pourquoi, par exemple, l’héroïne devient-elle de temps en temps complètement invisible aux autres comme un fantôme et à d’autres semble-t-elle tout à fait normale ? On ne le saura jamais et là, le scénario ignore délibérément sa propre logique.

Constamment à l’image, Candace Hilligoss a un visage hanté et un regard angoissé qui donnent de la densité à son personnage d’organiste terre-à-terre et distante, progressivement entrainée dans les ténèbres. Sa présence est pour beaucoup dans l’intérêt qu’on porte au film, malgré ses défauts.

SOULS

CANDACE HILLIGOSS ET HERK HARVEY

Une BO crispante à l’orgue, des gros-plans bien cadrés, un joli travail sur la bande-son et un final bien délirant dans une salle des fêtes désaffectée créent une atmosphère unique, bizarre et on a beau s’ennuyer fréquemment, « LE CARNAVAL DES ÂMES » laisse en mémoire quelques plans indélébiles.

 

« LE VAISSEAU DE L’ANGOISSE » (2002)

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EMILY BROWNING

Réalisé par le spécialiste des effets-spéciaux Steve Beck, « LE VAISSEAU DE L’ANGOISSE » part d’une bonne histoire de vaisseau fantôme et démarre d’emblée sur les chapeaux de roues avec une scène de bal qui tourne soudainement à l’horreur pure. Le ton est rapidement donné !SHIP2

Très bien photographié, parfaitement crédible au niveau des F/X (c’est le moins), le film maintient une véritable tension pendant ses deux premiers tiers, grâce à un montage serré, des séquences de trouille bien maîtrisées, sans excès ridicules et surtout grâce à un excellent casting réuni pour l’occasion : Julianna Margulies en héroïne dure-à-cuire, Gabriel Byrne en capitaine des sauveteurs et de solides seconds rôles comme Ron Eldard, Karl Urban en soudeur cradingue ou Isaiah Washington. On suit leurs déambulations dans un paquebot à la dérive depuis quarante ans, grouillant de spectres plus ou moins menaçants et de secrets bien enfouis. Hélas, quand le scénario commence à vouloir tout expliquer à grands coups de flash-backs, cela se gâte. Les passages d’une époque à l’autre deviennent confus, l’identité et les motivations du « méchant » frisent le grand n’importe quoi et la fin s’égare complètement dans des coups de théâtre aberrants. Comme un moteur qui s’emballe et finit par exploser.

C’est bien dommage car le film n’est vraiment pas dénué de qualités à la fois visuelles et narratives, de superbes morceaux de bravoure et de décors bluffants. À condition de fermer les yeux sur un scénario bancal et bien trop compliqué pour tenir les 90 minutes règlementaires, « LE VAISSEAU DE L’ANGOISSE » est une plutôt heureuse surprise. Le prologue situé en 1962 est tellement choquant, que le film semble avoir du mal à le surpasser par la suite…

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GABRIEL BYRNE, JULIANNA MARGULIES ET KARL URBAN

 

TOBE HOOPER : R.I.P.

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TOBE HOOPER (1943-2017), RÉALISATEUR DE L’HORREUR, IL NE SURPASSA JAMAIS LE CHOC QUE CONSTITUA SON « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE ».

 
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Publié par le 27 août 2017 dans CARNET NOIR, FILMS D'HORREUR