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Archives de Catégorie: FILMS D’HORREUR

« DOOM » (2005)

DOOM2A priori, bien que méfiant, on se dit qu’un film avec à son générique la sublime Rosamund Pike ne peut pas être complètement mauvais. Puis on se convainc que le sympathique Dwayne Johnson en « bad ass » de l’espace, ça peut être amusant. Enfin, on se rappelle qu’il arrive à Karl Urban d’être très bien et on se souvient même – en forçant un peu – qu’Andrzej Bartkowiak fut un honnête directeur photo sur de grosses productions hollywoodiennes avant de passer à la réalisation. Au final, cela fait-il de « DOOM » un bon film ?

Hélas, pas vraiment. Le scénario est un mélange de « ALIENS » (on en parcourt des kilomètres de couloirs avec de gros flingues au poing !) et de « RESIDENT EVIL », d’une platitude inouïe, se vautrant sans complexe dans le déjà-vu et les emprunts trop voyants. L’action, claustrophobique et répétitive, est d’autant plus irritante, que le spectateur a systématiquement plusieurs trains d’avance sur les personnages, ce qui rend tout cela bien fastidieux. On atteint le fond avec une scène « subjective » directement extraite d’un jeu vidéo. Qui a bien pu avoir cette idée exécrable ?

C’est proprement filmé, ceci mis à part, les protagonistes sont bien définis, même si très caricaturaux et « The Rock » a un rôle étonnamment évolutif de super-sergent charismatique un peu trop fidèle au règlement, jusqu’à en devenir de plus en plus dangereux. Rosamund est toujours aussi photogénique en archéologue pas facilement impressionnable et Richard Brake en fait des tonnes en soldat libidineux et tête-à-claques.

DOOM

ROSAMUND PIKE, DWAYNE JOHNSON ET KARL URBAN

Alors, à voir quand même, « DOOM » ? Franchement ce n’est pas indispensable. On a vu tellement mieux dans le genre ! Que retenir de positif ? Des zombies particulièrement répugnants, une autopsie à soulever le cœur et un effet spécial très réussi : le nano-mur.

 

« THE GIRL WITH ALL THE GIFTS » (2016)

Adapté d’un roman, « THE GIRL WITH ALL THE GIFTS » démarre de manière délibérément déroutante, nous fait pénétrer doucement dans un univers de science-fiction cauchemardesque (des enfants emprisonnés et torturés), avant de se révéler pour ce qu’il est : un film de zombies !GIRL

Mais l’approche de Colm McCarthy est sensiblement différente des films habituels du genre. Tout est vu à travers les yeux d’une jeune « affamée » (c’est ainsi qu’on les nomme), l’épidémie provient d’un champignon qui prend possession du cerveau des humains et la conclusion est extrêmement originale dans son propos : et si l’extinction de l’espèce humaine n’était pas une catastrophe, en fin de compte, mais une évolution normale, voire nécessaire ?

Bien sûr, avec le déferlement de films et de série sur le thème du mort-vivant, « THE GIRL WITH ALL THE GIFTS » peine à trouver son originalité dans son déroulement, mais la petite Sennia Nanua est vraiment formidable dans le rôle de ‘Melanie’, fillette intelligente et avide d’apprendre, luttant comme elle peut contre sa nature de fauve vorace. Elle a une belle relation avec Gemma Arterton jouant sa prof généreuse. À leurs côtés, Glenn Close est une chercheuse acharnée et sans état d’âme et Paddy Considine est excellent comme toujours en militaire compétent mais dépassé par les événements.

Entre le drame psychologique et l’horreur pure, le film parvient à captiver sur près de deux heures, grâce à son refus du spectaculaire gratuit. Il n’est pourtant pas avare de ‘gore’ et de suspense, ni de poussées d’adrénaline, mais on sent toujours qu’il y a un propos au-delà des conventions du genre. Un peu le négatif de la série « WALKING DEAD » en somme, qui elle, prône la survie du genre humain à n’importe quel prix.

 

« VAN HELSING » (2004)

VANDe Stephen Sommers on aime bien « UN CRI DANS L’OCÉAN » et les deux premières « MOMIE » qu’il a écrits et réalisés. Aussi aborde-t-on « VAN HELSING » où il assume les mêmes fonctions, avec une certaine dose de confiance.

Dix ans avant la série TV « PENNY DREADFUL », il mélange sans complexe toutes les mythologies du fantastique (Jekyll & Hyde, Frankenstein, Dracula, le loup-garou) et ouvre même son film sur un prologue en noir & blanc, hommage direct aux chefs-d’œuvre Universal. Si dans les films précités Sommers conjuguait adroitement les F/X numériques, l’humour pince-sans-rire et l’action pure, il va ici beaucoup trop loin. Comme un gamin énamouré de son nouveau jouet, il abuse de CGI très peu convaincants (il faut dire que ceux-ci vieillissent extrêmement vite) et signe une bouillabaisse indigeste, bruyante et fatigante où rien ne semble réel (sans doute parce que… rien ne l’est !) et où le second degré pollue l’histoire au lieu de l’alléger.

Ne déployant que 10% du charisme dont il fit preuve en Wolverine, Hugh Jackman joue le rôle-titre comme un sous-Django de ‘spaghetti western’ chevelu. Il faut dire qu’il n’est guère aidé par un casting désastreux : Richard Roxburgh un des plus indigents Dracula de mémoire de cinéphile, David Wenham moinillon faisant office de « M » dans les 007, Kevin J. O’Connor enseveli sous un affreux maquillage en ‘Igor’ ridicule. Même la belle Kate Beckinsale n’arrive pas à tirer son épingle du jeu.

« VAN HELSING » ratisse trop large, déborde de poursuites et d’affrontements rendus totalement inintéressants par l’abus d’images de synthèse. Impossible de rester concentré sur le film, d’autant que le supplice dure deux heures. C’est bien dommage pour Sommers qui avait prouvé son talent par le passé et qui semble l’avoir perdu en route. Et pour Jackman dont le manque d’épaisseur et de charisme achève d’enterrer ce drôle de produit hybride et sans âme.

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KATE BECKINSALE ET HUGH JACKMAN

 

« SPLIT » (2017)

« SPLIT » est le premier film digne d’intérêt de M. Night Shyamalan depuis « LE VILLAGE » (2004). Le sujet, celui des personnalités multiples, n’a rien d’original et il renvoie à « L’ESPRIT DE CAÏN » de DePalma. Mais l’auteur du « SIXIÈME SENS » a opté pour une approche intimiste et confinée dans un minimum de décors.SPLIT

Le cinéma de Shyamalan semble systématiquement tourner en circuit fermé, se nourrissant de son propre cahier des charges. Une fois qu’on a assimilé les limites de l’exercice (ce qui n’est généralement pas trop compliqué), on peut trouver cela laborieux, un brin infantile et répétitif. C’est le cas avec « SPLIT », qui tente de fasciner à travers le personnage de James McAvoy, un malade mental éclaté en 23 personnalités distinctes, qui kidnappe trois jeunes filles pour les livrer en pâture à « la bête ». Qu’est-ce que « la bête » ? C’est là-dessus qu’est bâti pratiquement tout le suspense du film.

Le problème, c’est qu’on ne verra qu’une demi-douzaine à peine des avatars de McAvoy sur la vingtaine annoncée. Petite paresse ? L’acteur paraît s’éclater dans ce rôle à transformation, mais force est de reconnaître qu’il n’a rien de très effrayant et qu’il ne parvient pas à créer réellement un malaise à l’écran. Les regards sont plutôt attirés par la jeune Anya Taylor-Joy (récemment découverte dans « WITCH »), qui fait preuve d’une présence étonnante et d’une intensité de chaque instant. Les flash-backs sur son enfance, pour une fois nécessaires, nourrissent bien son personnage. On reconnaît dans le casting l’excellente Betty Buckley en psy débordée et – bien sûr – l’apparition du réalisateur dans un petit rôle bien inutile.

« SPLIT » se laisse regarder, malgré de longs tunnels de dialogue redondant, mais on sent à mi-chemin qu’il ne mènera nulle part et l’ennui finit par s’installer insidieusement. Le thème de l’enfance abusée, pourtant primordial dans le scénario, est à peine développé. C’est un cinéma chichiteux et narcissique, à l’image du gros clin d’œil final que fait Shyamalan à son propre « INCASSABLE », agrémenté d’un caméo de Bruce Willis, plus distractif qu’autre chose. Ce n’est jamais bon signe quand un auteur rend hommage à son propre travail, même si c’est pour annoncer son prochain opus où se retrouveraient les protagonistes de « SPLIT » et « INCASSABLE ».

 

« LES AUTRES » (2001)

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NICOLE KIDMAN

Écrit et réalisé par l’espagnol Alejandro Amenábar et sorti deux ans après « LE SIXIÈME SENS » qui lança la mode des ‘ghost stories’ à chute, « LES AUTRES » s’avère d’une autre trempe que le film de M. Night Shyamalan et rejoint dans la classe, le mystère, l’émotion et la finesse, le maître-étalon du genre qu’est « LA MAISON DU DIABLE ».AUTRES2

Dans le décor suffocant d’une maison isolée dans le brouillard dans un 1945 qui évoque plutôt l’Angleterre victorienne, une jeune veuve de guerre (Nicole Kidman) vit recluse avec ses deux enfants allergiques à la lumière du jour. Elle est bientôt rejointe par un étrange trio de serviteurs. Des « manifestations » se font de plus en plus nombreuses entre les murs de la demeure. L’endroit est-il hanté ?

« LES AUTRES » déploie tout doucement ses énigmes, soulève le voile pour le rabaisser aussitôt, fait naître l’effroi par de petits détails (comment ne pas frissonner devant ce plan de la fillette en robe de communion jouant avec une marionnette ?) et entraîne sur de fausses-pistes jamais gratuites ou « trichées ». Au-delà de l’histoire de fantômes et de l’exceptionnel twist final qui « cueillera » le plus blasé, le film parle surtout de la puissance du déni, de l’illusion et des apparences. Dans le rôle de sa vie, Kidman est fascinante de fébrilité, d’hypersensibilité, mais aussi d’une très inquiétante folie sous-jacente. Elle porte le film sur les épaules en créant par sa seule présence une tension phénoménale. Elle est très bien entourée, particulièrement par la petite Alakina Mann dont le regard met mal à l’aise et par la magnifique Fionnula Flanagan en ‘nanny’ gardienne des plus sombres secrets.

« LES AUTRES » est un chef-d’œuvre de poésie, de rigueur, qui ne cherche jamais à terrifier par les artifices habituels, mais qui procure d’authentiques frissons mêlés d’émotion. Du très grand art.

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ALAKINA MANN, NICOLE KIDMAN ET FIONNULA FLANAGAN

 

« EVIL DEAD 2 » (1987)

EVILDEAD2Tourné six ans après le premier opus, « EVIL DEAD 2 », toujours réalisé par Sam Raimi, apparaît comme une étrange mixture de remake et de sequel, reprenant la plupart des éléments du premier film et les enrichissant de séquences horrifiques à plus gros budget.

Mais rassurons-nous, les dollars n’ont pas fait perdre à l’auteur son goût pour le kitsch, le bricolage et l’humour débridé à la Tex Avery. Bruce Campbell se retrouve donc dans une nouvelle cabane dans les bois, il tombe sur un autre grimoire et réveille les démons qui attaquent aussitôt. D’autres personnages apparaissent pour être possédés et/ou massacrés, on enferme une autre sorcière dans la cave et le délire reprend de plus belle. Comme la dernière fois, pas question de parler de scénario. C’est un simple prétexte à scènes ‘gore’ où le sang gicle à torrents, où on se démembre à la tronçonneuse et où les têtes coupées volent dans les airs.

À ce petit jeu complètement dingue, Campbell est irremplaçable. Il passe tout le film à s’égosiller, à se faire asperger de sang et autre matières peu ragoutantes et parvient – c’est sa grande force – à garder son sérieux et un sens infaillible du premier degré, malgré un environnement apocalyptique.

« EVIL DEAD 2 » est une grande déconnade confectionnée par de vieux enfants aimant jouer à se faire peur sans jamais cesser de s’amuser. La réalisation certes « brute de décoffrage » ne manque pas d’énergie et déborde d’idées-choc. Pour peu qu’on soit dans le mood de se laisser aller à cette ambiance hystérique et bon-enfant, on peut prendre du bon temps et même rire assez souvent.

EVILDEAD2 2

BRUCE CAMPBELL DANS TOUS SES ÉTATS…

À noter un clin d’œil sympathique à « LA MAISON DU DIABLE » de Robert Wise, quand une jeune femme dit à son boy-friend qu’il lui serre la main trop fort et que celui-ci lui rétorque qu’il ne lui serre pas la main ! Le seul et unique point de convergence avec le chef-d’œuvre du film de fantômes et ce n°2.

 
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Publié par le 12 juillet 2017 dans COMÉDIES, FILMS D'HORREUR, LES FRANCHISES

 

« EVIL DEAD » (1981)

EVIL« EVIL DEAD » est le premier long-métrage (à peu près) professionnel signé par Sam Raimi et le prélude d’une franchise qui perdure encore aujourd’hui, via la télévision.

Le scénario tient sur le dos d’un timbre-poste : cinq amis étudiants passent le week-end dans une cabane dans les bois, quand ils découvrent un grimoire ancien. Sans le vouloir, ils réveillent les démons de la forêt qui se mettent à les posséder un à un et à les détruire.

Le film met une bonne demi-heure à installer ses personnages pourtant bien légers en psychologie et campés par des comédiens manifestement amateurs, avant que le semi-réalisme ne laisse place à une orgie de plans ‘gore’ et de violence débridée tellement démentielle qu’elle en devient drôle et totalement délirante. Malgré leur côté « bricolé », les maquillages horrifiques sont plutôt efficaces (le quasi-viol d’une des héroïnes agressée par des plantes et des racines !) et vomitifs à souhait, la bande-son est saturée de gargouillis, de hurlements et plonge dans une ambiance de fête macabre. C’est malgré tout avec le sourire qu’on voit le tout jeune Bruce Campbell inaugurer son rôle-fétiche de ‘Ash’, qui résiste à tous ses anciens camarades transformés en zombies baveux et ricanants en les massacrant avec tout ce qui lui tombe sous la main. On notera au passage qu’il n’utilise par la tronçonneuse qui deviendra par la suite son arme préférée.

Raimi multiplie les travellings subjectifs, les plans « penchés », les ‘jump-cuts’ pour un résultat unique en son genre, qui fait fi de tout développement scénaristique pour se focaliser sur l’effet de trouille immédiat et le fun à l’état brut. Ça a évidemment beaucoup vieilli, mais cela fait aujourd’hui partie du charme indéniable de ce film « séminal » en totale liberté, produit avec des bouts de ficelles par des geeks amoureux du cinéma d’épouvante.

EVIL2

BRUCE CAMPBELL ET ELLEN SANDWEISS