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Archives de Catégorie: LES FILMS DE SYLVESTER STALLONE

« BANANAS » (1971)

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WOODY ALLEN

« BANANAS » est le second long-métrage réalisé par Woody Allen. On y retrouve son attirance pour le slapstick (son combat permanent contre les machines, sa maladresse maladive) et un goût de l’absurde bien canalisé.bananas

Le scénario suit sa propre logique et narre le destin d’un new-yorkais qui, après une déception amoureuse s’en va pour l’île (imaginaire) sud-américaine de San Marcos, se fait enrôler parmi les rebelles en lutte contre la dictature, jusqu’à devenir lui-même le président après avoir éliminé tous ses ennemis. De retour aux U.S.A., il est jugé, relâché et retrouve sa petite amie (Louise Lasser). Oui, c’est n’importe quoi, mais sur cette trame très relâchée, Allen s’amuse à satiriser l’American Way of Life, la télévision de plus en plus envahissante (et en profite pour anticiper de plusieurs décennies sur la téléréalité) et à peu près tout le reste, du MLF à la technologie. Il y a à prendre et à jeter, bien sûr. C’est filmé avec les pieds, monté à la tronçonneuse, la BO de Marvin Hamlisch est souvent crispante, mais « BANANAS » se laisse regarder, parce qu’on y trouve en cherchant bien des prémices de « ANNIE HALL », des plans de New York annonçant « MANHATTAN » et parce qu’à 36 ans, l’acteur Woody Allen maîtrise déjà parfaitement sa personnalité de cinéma et que quelques plans parviennent à arracher des sourires. Peut-être pas des rires, mais des sourires ! Dans un cast sans grand éclat, Louise Lasser incarne bien la femme des années 70 filmée avec cruauté mais aussi tendresse. Parmi de nombreuses silhouettes, on reconnaît un tout jeune Sylvester Stallone en voyou qui agresse une vieille dame dans le métro. Étonnante rencontre qui surprend et ravit.

À voir, surtout pour le complétiste de l’œuvre allénienne donc, car « BANANAS » n’est tout de même que l’embryon d’un style en devenir.

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ANTHONY CASO, SYLVESTER STALLONE, WOODY ALLEN ET LOUISE LASSER

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« THE CUTTING EDGE » : Sylvester Stallone dans « Police story »

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ALAN FUDGE ET CHUCK CONNORS

« THE CUTTING EDGE » est un épisode de la 3ème  saison de « POLICE STORY », réalisé par Michael O’Herlihy et mémorable pour avoir confronté deux générations de comédiens : Chuck Connors, 54 ans, vétéran des séries TV et Sylvester Stallone, 29 ans, encore totalement inconnu et à seulement un an du tournage de « ROCKY ».

L’épisode est centré sur Connors, flic veuf dont le vieux coéquipier vient de partir à la retraite. Déboussolé, dépassé par les événements, il se voit affublé de Stallone, jeune poulet insolent et décontracté. Alors qu’il perd pied et se voit poussé vers la sortie par ses chefs, Connors – bien qu’il soit responsable de la blessure de son nouveau partenaire – va résoudre une affaire difficile et redorer son blason. L’ex-homme à la carabine est excellent, humain et pathétique. Il a une belle scène avec Lola Albright, maîtresse vieillissante, qui ne veut plus le voir. Parmi les seconds rôles, l’étrange Alexandra Hay fait impression en junkie agitée. Le téléfilm n’a rien d’exceptionnel, mais il vaut le coup d’œil pour le complétiste de Stallone. Nommé ‘Elmore Caddo’, son personnage tient absolument à ce qu’on le surnomme… Rocky ! Un auto-clin d’œil, à n’en pas douter, de Stallone à son projet-fétiche, qu’il était encore en train de proposer à tous les studios cette année-là. Dans les deux ou trois scènes centrées sur lui, il fait déjà la démonstration de son jeu volubile et m’as-tu-vu et son duo avec Connors fonctionne très bien.

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SYLVESTER STALLONE ET CHUCK CONNORS

À noter que, bien qu’il fut très connu aux U.S.A. le nom de ce dernier est mal orthographié au générique, où il apparaît en tant que… Chuck Conners !

 

HAPPY BIRTHDAY, SYLVESTER !

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SYLVESTER STALLONE, DES HAUTS, PAS MAL DE BAS, TOUJOURS MUSCLÉ, TOUJOURS ROCKY ET RAMBO, INÉBRANLABLE. TOUJOURS LÀ À 72 ANS !

 

« REACH ME » (2014)

REACHClairement influencé par « SHORT CUTS » de Robert Altman et par la mode des films « choraux », mais aussi, encore et toujours par Tarantino (ce couple de tueurs ! ), John Herzfeld signe avec « REACH ME » un film dont la seule surprise est sa date de tournage : on jurerait qu’il a été produit vingt ans plus tôt !

Tout tourne autour d’un livre écrit par un auteur mystérieux (Tom Berenger) capable de changer la vie de ses lecteurs et de modifier leur vision du monde. À partir de là, c’est une construction en mosaïque, faisant évoluer divers groupes de personnages qui finissent par se retrouver tous au même endroit, au même moment à la fin de l’histoire. Vu, revu, rabâché, tout cela ne présente pas grand intérêt à vrai dire et ce petit côté désuet, hors du temps, n’aide pas à accrocher le spectateur.

Cependant, parce que Herzfeld sait filmer et qu’il a réuni une brochette d’acteurs qu’on aime, « REACH ME » se laisse regarder, sans passion excessive mais sans trop de difficulté non plus. Kyra Sedgwick et Lauren Cohan (« WALKING DEAD ») sont bien séduisantes, Sylvester Stallone dans un rôle à la Lancaster dans « LE GRAND CHANTAGE » semble s’amuser beaucoup et son dernier face-à-face avec un Berenger en bonne forme, vaut vraiment le coup d’œil. Thomas Jane est très bien en flic-cowboy addict à la violence, Danny Aiello est un prêtre alcoolo, et parmi les petits rôles on a le bonheur de retrouver Danny Trejo – le temps qu’il se fasse descendre – et Sally Kellerman dans une fugace figuration. Clin d’œil à Altman ?

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THOMAS JANE, SYLVESTER STALLONE ET TOM BERENGER

Il ne faut rien attendre de ce film complètement creux et déconnecté de son époque, dont l’apparente maestria tourne à vide, mais pour tuer le temps et pour revoir des visages familiers, on peut lui consacrer 90 minutes de sa vie, sans trop de regret.

 

« COMPTE À REBOURS MORTEL » (2002)

DTOX2« COMPTE À REBOURS MORTEL » démarre plutôt bien dans le style whodunit-avec-serial-killer. Le générique ressemble à celui de « SE7EN », le casting comporte une star alors déclinante (Sylvester Stallone), un Grand Ancien (Kris Kristofferson), des têtes d’affiche de DTV (Robert Patrick, Dina Meyer ou Tom Berenger) et des seconds rôles familiers comme Charles S. Dutton, Robert Prosky ou Stephen Lang. Et c’est même l’excellent chef-opérateur Dean Semler qui est à la photo. Que demande le peuple ?

Eh bien en l’occurrence un bon scénario n’aurait pas été de refus, par exemple ! Après une ouverture (à peu près) prenante, le film commence à se déliter dès l’arrivée dans un centre de désintox pour flics traumatisés, perdu dans la neige. On s’attend un petit peu à un « dix petits nègres » à la sauce film d’horreur. À la place, on n’a qu’un jeu de massacre sans queue ni tête, à des décors sous-éclairés, à une avalanche de prénoms impossibles à mémoriser et à un coupable dont on ignore les motivations, l’origine ou le rapport avec ses victimes.

Pendant 90 minutes, on voit donc tous les protagonistes se faire descendre un par un sans que cela n’éveille jamais la moindre étincelle d’intérêt. Plus le suspense « s’intensifie » et plus on s’enfonce dans un ennui compact. Stallone ne se donne pas énormément de mal pour apporter chair et humanité à son héros meurtri et dépressif, mais que faire avec ce dialogue composé à 80% de « macho bullshit » ? Rien, hélas… Alors il fait son travail discrètement, en touriste, en mode « profil bas ». Tous les seconds rôles sont sacrifiés, il faut voir le sort misérable réservé à des pointures comme Berenger ou Lang dans des rôles d’hommes-à-tout-faire au regard torve ! Quant à la belle Dina, elle pointe le bout de son nez (qu’elle a fort joli) avant d’être charcutée…

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SYLVESTER STALLONE, DINA MEYER, KRIS KRISTOFFERSON ET ROBERT PATRICK

Rien à retenir de positif dans ce « COMPTE À REBOURS MORTEL » donc. Si ce n’est que pour une fois, le titre français est plus explicite que l’original : ce film est effectivement bel et bien mortel !

 

« OVER THE TOP – LE BRAS DE FER » (1987)

OVERProduit pendant les grandes heures de la Cannon et réalisé par Menahem Golan en personne, « OVER THE TOP – LE BRAS DE FER » est une resucée de « ROCKY 3 », qui s’offre le luxe d’avoir Sylvester Stallone lui-même pour camper un ersatz de Rocky !

Portant le patronyme très improbable de ‘Lincoln Hawk’, Sly est un routier champion de bras-de-fer qui tente à la demande de son ex-femme mourante, de renouer avec son fils de douze ans qu’il n’a pas vu grandir. Les deux premiers tiers sont un road movie lacrymal extraordinairement primaire et racoleur au sentiment. La dernière partie est consacrée au championnat du monde à Las Vegas et à la reconquête de ce fils perdu. On reste consterné par ce plagiat éhonté du style « ROCKY », par cet étalage de montagnes de muscles éructants aux faciès rubiconds, par l’incroyable accumulation de clichés (le riche et méchant beau-père joué par Robert Loggia) et par le mauvais goût inouï et la niaiserie de l’ensemble.

Alors par quel miracle parvient-on à rester jusqu’au bout ? D’abord parce que les caméras de Golan sont parvenues à capter l’air du temps des eighties avec tout leur kitsch et leur clinquant, sans oublier la BO de Moroder. Et puis grâce à Stallone qui adopte un style « profil bas ». Il est très sympathique, même s’il joue visiblement cela les doigts dans le nez. Son brushing et ses énormes bras musculeux finissent par acquérir une certaine patine nostalgique et quelques moments avec le petit David Mendenhall sont assez réussis. Susan Blakely (qui avait déjà croisé Stallone dans « CAPONE » et « LES MAINS DANS LES POCHES ») apparaît trop brièvement sur son lit d’hôpital. Dommage…

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SYLVESTER STALLONE ET ROBERT LOGGIA

« OVER THE TOP » est très représentatif de l’ère Golan-Globus, c’est un produit commercial sans âme, totalement décomplexé, pas très respectueux de l’intellect de son public, mais qu’on regarde aujourd’hui avec une sorte d’incrédulité amusée. À condition d’être dans le bon ‘mood’, bien sûr !

 

« CREED : L’HÉRITAGE DE ROCKY BALBOA » (2015)

La saga « ROCKY » s’est composée de cinq films de 1976 à 1990. Puis, contre toute attente, d’une sorte d’épilogue étonnamment réussi avec « ROCKY BALBOA » seize ans plus tard, qui clôturait le personnage de Balboa de fort émouvante manière. Nul n’oubliera le dernier plan, le montrant en train de disparaître (littéralement) entre les tombes d’un cimetière.CREED

Dix ans plus tard, voici qu’arrive « CREED » où Sylvester Stallone 70 ans, réendosse une fois encore la défroque de ‘Rocky’ et cède la tête d’affiche à Michael B. Jordan, enfant naturel d’Appolo Creed dont il va devenir le coach, en se transformant en quelque sorte en ‘Mickey’ (joué par Burgess Meredith dans les trois premiers films). Il est indéniable que revoir Stallone épaissi, vieilli, faisant enfin son âge, est émouvant. Après tout, cela fait maintenant 40 ans qu’on le connaît ! Rien que sa silhouette pataude, son petit chapeau et son « How ya doin’ ? » font figure de madeleine de Proust.

« CREED » est bien fichu, respectueux du passé des personnages, nullement iconoclaste. Mais force est de reconnaître que les enjeux sont un peu faibles. Le jeune ‘Adonis’ ne se bat pas pour sa survie, il a vécu dans le luxe et cherche à prouver qu’il n’est pas qu’un « fils de ». Qu’il gagne ou qu’il perde le grand match final n’a pour le coup, pas la même importance vitale. Malgré l’implication du jeune acteur, c’est donc tout naturellement vers Stallone que les regards se tournent. Et celui-ci se surpasse, se montrant poignant dans la dernière partie, redonnant chair et profondeur à un rôle iconique qu’on croyait définitivement enterré. Chapeau !

Un brin longuet, « CREED » joue habilement des références aux autres films. La BO qui ne cesse de promettre le retour des musiques des « ROCKY » sans jamais vraiment donner satisfaction, les courses à pied dans Philadelphie, ou les brefs flash-backs sur le ring bien utilisés, tout participe de cette nostalgie universelle et de l’affection pour ce personnage totalement fusionné avec son interprète, au point qu’on ne sait plus très bien qui représente la statue érigée à « Philly » : Rocky ou Sylvester ? Les deux probablement. Au-delà d’un épilogue donc, « CREED » est un redémarrage qui devrait enclencher une nouvelle ‘franchise’. Vertigineux !