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Archives de Catégorie: LES FILMS DE SYLVESTER STALLONE

« CLIFFHANGER – TRAQUE AU SOMMET (1993)

CLIFFHANGER.jpg« CLIFFHANGER – TRAQUE AU SOMMET » de Renny Harlin est un suspense très physique, situé en montagne et faisant s’affronter une bande de gangsters et de ripoux et deux guides de montagne particulièrement coriaces, avec pour enjeux, trois valises contenant 100 millions de dollars et perdues dans la neige.

Le film démarre fort, très fort, par la mort d’une jeune femme (Michelle Joyner, impeccable dans sa courte apparition) que Sylvester Stallone ne parvient pas à sauver. La séquence – si on fait abstraction des doublures beaucoup trop visibles de l’acteur – est formidablement filmée et montée et donne le grand frisson. Ensuite, on entre dans un thriller plus classique avec son lot de fusillades, d’explosions et de bastons à mains nues. C’est assez sanglant pour un film tous-publics, mais l’essentiel réside ailleurs : dans le mouvement, l’enchaînement ininterrompu de morceaux de bravoure et dans un casting parfaitement adéquat : Michael Rooker excellent en ami/ennemi de Sly, Janine Turner en fiancée téméraire, Caroline Goodall redoutable en tueuse-née. Mais ce sont Stallone et John Lithgow qui se partagent la part du lion. Le premier en sauveteur hanté par le passé, stoïque et endurant, tenant à la fois de Rocky (« Tu cognes comme une lavette ! » dit-il pour provoquer son adversaire) et de Rambo pour toute la partie « survival ». Vraiment dommage qu’il soit trop souvent doublé dans les scènes d’action. Le second est formidable, adoptant un accent anglais succulent, en infâme traître sadique, dépourvu du moindre sentiment humain. On reconnaît le vétéran Ralph Waite en vieux pilote d’hélico. Pas une seconde d’ennui dans « CLIFFHANGER » qui a admirablement passé l’épreuve des années et constitue toujours un morceau de choix hollywoodien, bien confectionné et tenant toutes ses promesses. À noter que l’excellente BO de Trevor Jones ressemble étrangement par instants à celle d’Alan Silvestri pour « PREDATOR ». Hasard ou coïncidence ?

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SYLVESTER STALLONE, JOHN LITHGOW ET MICHELLE JOYNER

 

« EXPENDABLES : UNITÉ SPÉCIALE » (2010)

XPDCo-écrit et réalisé par un Sylvester Stallone de 64 ans, « EXPENDABLES : UNITÉ SPÉCIALE » est, ni plus ni moins qu’un remake de l’excellent « CHIENS DE GUERRE », mais à la sauce Rambo. Autrement dit, du fun pur et dur, congestionné de testostérone et pétaradant à tout-va.

Ce n’est rien d’autre que du cinéma pop-corn, bête à pleurer, mais tout à fait distrayant, ne serait-ce que grâce à la bande de mercenaires menée par ‘Sly’, des tas de muscles surarmés et ne s’exprimant qu’en « macho bullshit » et à coups d’armes lourdes, comme dans « PREDATOR ». Totalement décomplexé, Stallone fait tout péter à une cadence infernale, coupe les ennemis en deux en une rafale et tire à deux pistolets à la vitesse d’une mitrailleuse. Malgré l’extrême violence des combats, on ne peut s’empêcher de sourire devant ce spectacle naïf, voire couillon, mais truffé de petits instants qui valent de l’or. Jason Statham, très en verve, joue le sidekick comique mais létal du chef. Leur duo est franchement drôle. Autour d’eux, c’est un défilé : Dolph Lundgren en ami/ennemi psychopathe, Jet-Li complexé par sa taille, Mickey Rourke en tatoueur sentencieux, Eric Roberts en méchant ignoble. Lors d’une séquence au début, Stallone s’est même offert le luxe d’un trio jusqu’alors inédit : lui-même, Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger réunis dans une église. Les vacheries qu’ils se balancent avec Schwarzie valent à elles seules qu’on voie le film. « EXPENDABLES » est un film idéal pour vieux adolescents, à voir au 36ème degré, sans chercher à y trouver un quelconque message à peu près sérieux sur l’ingérence des U.S.A. ou sur les agissements de la CIA.

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JASON STATHAM, MICKEY ROURKE, SYLVESTER STALLONE ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

À noter que le film sortit d’abord dans une durée de 103 minutes, qui fut suivi d’un ‘director’s cut’ avec dix minutes de matériel supplémentaire. Le succès donna naissance à deux suites.

 

« DAYLIGHT » (1996)

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SYLVESTER STALLONE

« DAYLIGHT » de Rob Cohen était apparu à sa sortie comme un avatar tardif des films-catastrophe des seventies, comme un mélange de « LA TOUR INFERNALE » et « L’AVENTURE DU POSÉIDON ». Un tunnel new-yorkais effondré remplaçant à lui tout seul la tour et le paquebot. Après tout ce temps, le film a pris une certaine patine, (due en grande partie à l’absence de CGI et d’écrans verts), voire une forme d’authenticité.DAYLIGHT.jpg

Cela n’empêche évidemment pas le scénario de n’être qu’une enfilade ininterrompue de clichés (la famille dysfonctionnelle qui se réconcilie dans l’épreuve, le héros hanté par son passé, le chien qui s’en sort malgré tout, etc.), mais au final, le film n’est pas désagréable et contient de formidables morceaux de bravoure, comme le passage des ventilateurs au suspense stressant ou le sauvetage de Stan Shaw coincé sous un véhicule, avec l’eau qui monte inexorablement. Deux heures, c’est trop long, mais tout le monde pourra y trouver son compte, à condition de bien savoir quel genre de film on regarde. Sylvester Stallone, bien dirigé, est impeccable dans son rôle de héros humble en quête de rédemption, Amy Brenneman déploie une belle énergie dans un emploi très physique, on retrouve même la grande Claire Bloom qui aura décidément tout fait dans sa longue carrière. À noter, le rôle court mais amusant de Viggo Mortensen en star des médias égocentrique et vaniteuse que sa morgue ne suffira pas à sauver. « DAYLIGHT » a donc étonnamment bien passé l’épreuve des ans, certes pas grâce à son scénario, mais par l’implication évidente de ses acteurs qui « morflent » visiblement beaucoup à patauger dans l’eau, sous l’eau et dans la boue gluante. On souffre pour eux ! La réalisation est tout à fait honnête, la photo est belle et parfaitement lisible et la BO de Randy Edelman apporte une bonne dose d’émotion à l’ensemble. Idéal pour un après-midi pluvieux.

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VIGGO MORTENSEN, SYLVESTER STALLONE ET AMY BRENNEMAN

À noter : le dernier plan du film, qui se veut témoin de la résilience de New York est un panorama des… Twin Towers, qui prend aujourd’hui une bien sombre résonance.

 

« RAMBO – LAST BLOOD » (2019)

LASTOn ne juge pas un Rambo comme un film normal. Parce qu’un Rambo, ce n’est pas un film : c’est un Rambo. Ce genre de personnage iconique qu’on a vu naître, s’égarer, retrouver le droit chemin, vieillir… en même temps que nous.

Réalisé par Adrian Grünberg (« KILL THE GRINGO » d’heureuse mémoire), « RAMBO – LAST BLOOD » évoque le scénario de Sylvester Stallone pour « HOMEFRONT ». On retrouve John Rambo 11 ans après le précédent opus, maintenant âgé de 73 ans, vivant dans le ranch de son père avec une gouvernante mexicaine et sa fille qu’il a élevée comme la sienne. Enlevée par des dealers mexicains, elle perdra la vie, lançant l’effroyable vengeance du vieux guerrier. Le scénario est simpliste et la première moitié met du temps à démarrer. Mais ce n’est pas trop grave : on est content qu’on nous laisse tout loisir de prendre des nouvelles de Stallone, comme d’un parent vieillissant. Il tient toujours la forme, affiche un visage étrange, comme artificiel, se meut avec difficulté, mais le charisme n’a pas disparu et quand l’action se déchaîne enfin, il se montre à la hauteur. Le dernier tiers – l’assaut du ranch par une armée de tueurs – est d’une violence insensée, d’une barbarie cathartique à la limite du grand guignol. On décapite, on coupe les jambes à la machette, on arrache les os des thorax et pour clore les réjouissances notre héros très en colère prélèvera à mains nues le cœur de son ennemi encore vivant. Autant d’images inacceptables de complaisance dans n’importe quelle série B, mais bien dans la logique du personnage qui n’est pas seulement un justicier, mais avant tout un « chien de guerre » que rien n’arrête une fois lâché contre ses adversaires.

Il va sans dire que l’intérêt principal vient de Stallone, qui s’en prend autant plein la gueule que Rocky mais manie toujours aussi bien l’arc, les flèches et le couteau de chasse. Les seconds rôles mexicains sont très bien et on retrouve avec plaisir la jolie Paz Vega dans un rôle sous-développé de journaliste aidant Rambo dans sa quête. À noter un générique-fin émouvant, montrant des plans des 4 opus précédents au ralenti. Toute une vie, comme dirait Lelouch ! À voir, par habitude, par affection, par nostalgie. Mais à voir.

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SYLVESTER STALLONE

 

« DEMOLITION MAN » (1993)

DEMOLITION.jpgSylvester Stallone traînant à cette époque derrière lui son image de Rambo et Cobra, il n’est pas compliqué d’imaginer ce que cela donnerait de le cryogéniser puis de le réveiller dans un monde à la « 1984 » de George Orwell, à la poursuite d’un criminel qu’il affronta déjà en son temps.

Bonne idée donc, pour ce « DEMOLITION MAN » de Marco Brambilla, mêlant thriller pétaradant et science-fiction « à message ». Esthétiquement, on oscille entre une série télé des sixties et « TOTAL RECALL » (notons au passage un hilarant clin d’œil à Schwarzenegger) et le scénario aurait sans doute mérité d’être un peu plus sophistiqué. Mais le film est (presque) sauvé par son humour iconoclaste, par un Stallone en mode autodérision et des scènes d’action excessives et décomplexées. En ex-flic parachuté dans le futur, Stallone laisse rapidement tomber les problèmes générés par sa situation (mort de sa femme, fille qu’il n’a jamais vue, vite évacuées et oubliées) pour se concentrer sur l’action pure et les « one liners » à la chaîne. Il forme de plus un excellent tandem avec Sandra Bullock jouant une fliquette nostalgique du monde d’avant, de sa violence, et pratiquant le sexe virtuel au grand dam de son coéquipier. Autour d’eux, de bons acteurs comme Denis Leary en rebelle, Bob Gunton ou Nigel Hawthorne en Big Brother. Et de beaucoup moins bons hélas, comme Wesley Snipes totalement insupportable en bad guy clownesque en salopette, qui ferait passer le Joker de Nicholson pour un modèle de retenue et de sobriété bressoniennes. Il gâche une bonne partie du plaisir (coupable) que parvient épisodiquement à créer « DEMOLITION MAN ». N’y avait-il personne pour le freiner un peu ? Ou le réalisateur a-t-il réellement apprécié sa « performance » ?

À voir éventuellement donc, pour ses traits d’humour, quelques idées de décors, ses échanges drolatiques, mais sans trop en attendre. Le film fait partie de ces années, déjà lointaines, où deux ou trois M. Muscles tournaient à peu près n’importe quoi et explosaient systématiquement le box-office.

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SYLVESTER STALLONE, WESLEY SNIPES ET SANDRA BULLOCK

 

« CREED II » (2018)

« CREED II » de Steven Caple, Jr. est donc le second « CREED » ou le 8ème  « ROCKY », au choix. C’est sans enthousiasme particulier qu’on retrouve le fiston d’Appolo, personnage falot et sans grand charisme, mais avec une curiosité jamais émoussée qu’on renoue avec le vieux Balboa, surtout qu’il se retrouve face à face avec Drago (Dolph Lundgren), 34 ans après « ROCKY IV ».CREED 2.jpg

Michael B. Jordan va affronter Florian Munteanu, le rejeton de celui qui tua son père sur le ring. Le film est donc une sequel du 4ème  « ROCKY », tout en reprenant la trame scénaristique de « ROCKY III – L’ŒIL DU TIGRE » au détail près. Si Sylvester Stallone, physiquement très (trop) retouché, est toujours aussi émouvant dans le rôle de sa vie, Jordan manque vraiment d’épaisseur, et c’est plutôt à Drago et à son fils, avides de revanche, qu’on s’intéresse dans la première moitié. Il faut dire que Munteanu est impressionnant en boxeur musculeux et mutique, véritable machine-à-tuer formatée par son père depuis l’enfance. Et Lundgren n’a jamais été meilleur que dans ce rôle d’ex-champion déchu et humilié. Le film est assez plan-plan, il s’embourbe trop souvent dans les scènes familiales terriblement ringardes de Jordan et de sa copine enceinte, se contente beaucoup trop de répéter les vieilles ficelles de la franchise, mais il n’est pas déplaisant et s’inscrit sans problème dans les travées des précédents. Maintenant a-t-on vraiment besoin d’un énième « ROCKY » ? Rien n’est moins sûr. À noter qu’on retrouve Brigitte Nielsen (« ROCKY IV ») et Milo Ventimiglia (« ROCKY BALBOA ») dans de brèves mais cruciales apparitions.

À voir donc, pour le complétiste de la saga du boxeur de Philadelphie, sans en attendre autre chose qu’un blockbuster bien fichu mais tout de même très répétitif.

 

« BANANAS » (1971)

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WOODY ALLEN

« BANANAS » est le second long-métrage réalisé par Woody Allen. On y retrouve son attirance pour le slapstick (son combat permanent contre les machines, sa maladresse maladive) et un goût de l’absurde bien canalisé.bananas

Le scénario suit sa propre logique et narre le destin d’un new-yorkais qui, après une déception amoureuse s’en va pour l’île (imaginaire) sud-américaine de San Marcos, se fait enrôler parmi les rebelles en lutte contre la dictature, jusqu’à devenir lui-même le président après avoir éliminé tous ses ennemis. De retour aux U.S.A., il est jugé, relâché et retrouve sa petite amie (Louise Lasser). Oui, c’est n’importe quoi, mais sur cette trame très relâchée, Allen s’amuse à satiriser l’American Way of Life, la télévision de plus en plus envahissante (et en profite pour anticiper de plusieurs décennies sur la téléréalité) et à peu près tout le reste, du MLF à la technologie. Il y a à prendre et à jeter, bien sûr. C’est filmé avec les pieds, monté à la tronçonneuse, la BO de Marvin Hamlisch est souvent crispante, mais « BANANAS » se laisse regarder, parce qu’on y trouve en cherchant bien des prémices de « ANNIE HALL », des plans de New York annonçant « MANHATTAN » et parce qu’à 36 ans, l’acteur Woody Allen maîtrise déjà parfaitement sa personnalité de cinéma et que quelques plans parviennent à arracher des sourires. Peut-être pas des rires, mais des sourires ! Dans un cast sans grand éclat, Louise Lasser incarne bien la femme des années 70 filmée avec cruauté mais aussi tendresse. Parmi de nombreuses silhouettes, on reconnaît un tout jeune Sylvester Stallone en voyou qui agresse une vieille dame dans le métro. Étonnante rencontre qui surprend et ravit.

À voir, surtout pour le complétiste de l’œuvre allénienne donc, car « BANANAS » n’est tout de même que l’embryon d’un style en devenir.

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ANTHONY CASO, SYLVESTER STALLONE, WOODY ALLEN ET LOUISE LASSER

 

« THE CUTTING EDGE » : Sylvester Stallone dans « Police story »

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ALAN FUDGE ET CHUCK CONNORS

« THE CUTTING EDGE » est un épisode de la 3ème  saison de « POLICE STORY », réalisé par Michael O’Herlihy et mémorable pour avoir confronté deux générations de comédiens : Chuck Connors, 54 ans, vétéran des séries TV et Sylvester Stallone, 29 ans, encore totalement inconnu et à seulement un an du tournage de « ROCKY ».

L’épisode est centré sur Connors, flic veuf dont le vieux coéquipier vient de partir à la retraite. Déboussolé, dépassé par les événements, il se voit affublé de Stallone, jeune poulet insolent et décontracté. Alors qu’il perd pied et se voit poussé vers la sortie par ses chefs, Connors – bien qu’il soit responsable de la blessure de son nouveau partenaire – va résoudre une affaire difficile et redorer son blason. L’ex-homme à la carabine est excellent, humain et pathétique. Il a une belle scène avec Lola Albright, maîtresse vieillissante, qui ne veut plus le voir. Parmi les seconds rôles, l’étrange Alexandra Hay fait impression en junkie agitée. Le téléfilm n’a rien d’exceptionnel, mais il vaut le coup d’œil pour le complétiste de Stallone. Nommé ‘Elmore Caddo’, son personnage tient absolument à ce qu’on le surnomme… Rocky ! Un auto-clin d’œil, à n’en pas douter, de Stallone à son projet-fétiche, qu’il était encore en train de proposer à tous les studios cette année-là. Dans les deux ou trois scènes centrées sur lui, il fait déjà la démonstration de son jeu volubile et m’as-tu-vu et son duo avec Connors fonctionne très bien.

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SYLVESTER STALLONE ET CHUCK CONNORS

À noter que, bien qu’il fut très connu aux U.S.A. le nom de ce dernier est mal orthographié au générique, où il apparaît en tant que… Chuck Conners !

 

HAPPY BIRTHDAY, SYLVESTER !

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SYLVESTER STALLONE, DES HAUTS, PAS MAL DE BAS, TOUJOURS MUSCLÉ, TOUJOURS ROCKY ET RAMBO, INÉBRANLABLE. TOUJOURS LÀ À 72 ANS !

 

« REACH ME » (2014)

REACHClairement influencé par « SHORT CUTS » de Robert Altman et par la mode des films « choraux », mais aussi, encore et toujours par Tarantino (ce couple de tueurs ! ), John Herzfeld signe avec « REACH ME » un film dont la seule surprise est sa date de tournage : on jurerait qu’il a été produit vingt ans plus tôt !

Tout tourne autour d’un livre écrit par un auteur mystérieux (Tom Berenger) capable de changer la vie de ses lecteurs et de modifier leur vision du monde. À partir de là, c’est une construction en mosaïque, faisant évoluer divers groupes de personnages qui finissent par se retrouver tous au même endroit, au même moment à la fin de l’histoire. Vu, revu, rabâché, tout cela ne présente pas grand intérêt à vrai dire et ce petit côté désuet, hors du temps, n’aide pas à accrocher le spectateur.

Cependant, parce que Herzfeld sait filmer et qu’il a réuni une brochette d’acteurs qu’on aime, « REACH ME » se laisse regarder, sans passion excessive mais sans trop de difficulté non plus. Kyra Sedgwick et Lauren Cohan (« WALKING DEAD ») sont bien séduisantes, Sylvester Stallone dans un rôle à la Lancaster dans « LE GRAND CHANTAGE » semble s’amuser beaucoup et son dernier face-à-face avec un Berenger en bonne forme, vaut vraiment le coup d’œil. Thomas Jane est très bien en flic-cowboy addict à la violence, Danny Aiello est un prêtre alcoolo, et parmi les petits rôles on a le bonheur de retrouver Danny Trejo – le temps qu’il se fasse descendre – et Sally Kellerman dans une fugace figuration. Clin d’œil à Altman ?

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THOMAS JANE, SYLVESTER STALLONE ET TOM BERENGER

Il ne faut rien attendre de ce film complètement creux et déconnecté de son époque, dont l’apparente maestria tourne à vide, mais pour tuer le temps et pour revoir des visages familiers, on peut lui consacrer 90 minutes de sa vie, sans trop de regret.