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« HABEMUS PAPAM » (2011)

PAPAM.jpg« HABEMUS PAPAM » (« NOUS AVONS UN PAPE » en français) de Nanni Moretti est un très curieux film, mi-comédie, mi-drame, situé au Vatican lors de l’élection d’un nouveau pape, suite au décès du précédent. Cela tombe sur un évêque nommé Melville (clin d’œil à l’écrivain ou au cinéaste ?) joué par Michel Piccoli.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes catholiques, si subitement le pape ne refusait pas de se présenter au balcon et fasse une crise de panique aiguë. Alors que le monde entier ignore encore son identité, Piccoli fait une fugue dans Rome et tente de revenir sur son passé, ses échecs, ses renoncements. Moretti lui-même joue un psy engagé pour parler au pape au début et on se dit que c’est ce qui va constituer le cœur du scénario : le vieil ecclésiastique angoissé face à la psychanalyse. Mais pas du tout (et c’est bien dommage, d’ailleurs !) : le psy reste « prisonnier » au Vatican et se met à organiser des jeux sportifs avec les vieux curés qu’il traite en grands enfants indisciplinés, tandis que Piccoli se fond à une troupe théâtrale jouant Tchekhov. Pourquoi ? Ce n’est franchement pas très clair et l’histoire perd trop rapidement son axe. Il y a çà et là des vignettes amusantes, des répliques fortes, des confrontations intéressantes, mais « HABEMUS PAPAM », tout en demeurant très plaisant, ne va nulle part et la conclusion laisse perplexe. Tout ça pour… ça ? Heureusement, à 86 ans, Piccoli est excellent dans ce personnage confus, qui se rend compte – un peu tard – qu’il préfère être guidé qu’être guide et dont l’attitude provoque un véritable séisme au sein de l’Église. Toujours opaque, ironique, légèrement absent, l’acteur porte le film sur les épaules sans avoir l’air d’y toucher et sans donner toutes les clés de son rôle. Une curiosité donc, indéniablement intrigante, mais laissant sur une certaine déception.

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MICHEL PICCOLI

 

« COLD PREY III » (2010)

PREY 3« COLD PREY III » de Mikkel Brænne Sandemose n’est pas une sequel des précédents slashers norvégiens, mais une prequel. C’est-à-dire qu’il décrit le temps d’un court mais brutal prologue l’horrible enfance du futur serial killer et que l’action se déroule vingt ans avant les mésaventures d’Ingrid Bolsø Berdal qui, évidemment, manque à l’appel.

Ce n°3 tient davantage du « survival » sadique que du slasher à proprement parler. L’intrigue est un peu plus travaillée que d’habitude, les personnages comme celui du flic (Terje Ranes), sont impliqués d’intéressante façon dans les meurtres et le tueur lui-même acquiert une forme d’humanité par les sévices qu’il a subis. Les deux héroïnes, aussi blondes l’une que l’autre, jouées par la dure-à-cuire Ida Marie Bakkerud et la douce Julie Rusti assurent le spectacle : trempées des pieds à la tête, couvertes de boue, blessées, elles affrontent le monstre avec des armes rudimentaires, sans n’être que des « scream queens » sans ressources. Leurs partenaires, bande de « djeuns » idiots et têtes-à-claques, ne sont vraiment pas à la hauteur. C’est très joliment filmé, avec une photo contrastée et dense, qui n’est pas sans rappeler de bonnes séries B U.S. comme le remake de « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE » ou « WRONG TURN », et même si ça ne raconte rien de bien passionnant, c’est visiblement fait avec un véritable amour du genre et un bon sens visuel. La jeunesse du tueur au piolet l’a donc bien préparé à devenir le monstre increvable des deux opus précédents et ce film tout à fait regardable clôt cette trilogie nordique avec panache.

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JULIE RUSTI, IDA MARIE BAKKERUD ET NILS JOHNSON

 

« I AM THE PRETTY THING THAT LIVES IN THE HOUSE » (2016)

Oz Perkins est le fils d’Anthony Perkins auquel il adresse un clin d’œil en montrant un extrait de « LA LOI DU SEIGNEUR » sur un poste de TV. Il n’est d’ailleurs pas le seul Perkins au générique.PRETTY

Ceci établi, on est bien embarrassé de dire quoi que ce soit de constructif sur « I AM THE PRETTY THING THAT LIVES IN THE HOUSE » ! Film de fantômes ultra-conceptuel, comme le sera « A GHOST STORY » sorti l’année suivante, c’est un pensum incompréhensible, interminable, soporifique (qui serait capable de rester éveillé jusqu’au bout ?). Une jeune infirmière (Ruth Wilson) vient s’occuper d’une vieille romancière, jouée par une Paula Prentiss, vedette des sixties totalement méconnaissable, dans sa demeure hantée. Elle sent la présence d’une « entité », découvre des lettres jaunies et se laisse progressivement posséder par la maison. Du moins, est-ce la conclusion à laquelle on peut parvenir, car le scénario est abscons et ne donne aucune clé, ou si peu. Le pire est encore la photo, sous-exposée et verdâtre, qui tue tout espoir d’intérêt ou de mystère. On passe de pièce en pièce, accompagnés d’une musique de « rumble » oppressante, sans rien y voir, bercé par une voix « off » omniprésente qu’on finit par ne plus écouter. Les comédiens n’y peuvent pas grand-chose : Ruth Wilson sembler jouer au ralenti, Bob Balaban apparaît de temps en temps.

Le fils de Norman Bates semble lui-même hanté par ses propres fantômes, mais il n’a pas vraiment su traduire à l’écran ses obsessions et ses tourments. « I AM THE PRETTY THING… » est un film hermétique, rébarbatif, d’un ennui colossal, qui ressasse les vieux thèmes de la bâtisse dévoreuse d’âmes de « LA MAISON DU DIABLE » ou « SHINING » mais n’a certes pas les moyens de ses prétentions. À éviter.

 

ALBERT UDERZO : R.I.P.

UDERZO

ALBERT UDERZO (1927-2020), UN DES DERNIERS GÉANTS DE LA BD, IL A DESSINÉ LES AVENTURES D’ASTÉRIX SCÉNARISÉES PAR GOSCINNY

 

FRANÇOISE BONNOT : R.I.P.

BONNOT

FRANÇOISE BONNOT (1939-2018), CHEF-MONTEUSE D’EXCEPTION, 48 FILMS SEULEMENT  À SON ACTIF MAIS UN NOMBRE IMPOSANT DE CLASSIQUES.

 
 

« LA VEUVE NOIRE » (1954)

WIDOW2« LA VEUVE NOIRE » est un des huit films réalisés par le scénariste Nunnally Johnson. C’est une ingénieuse histoire de chantage à tiroirs, de machination narrée en flash-backs à plusieurs points-de-vue et parvenant à maintenir le suspense et l’intérêt jusqu’au bout.

Première surprise, malgré son casting et son ambiance de ‘film noir’, le film est tourné en CinémasCope et en couleurs, là où on aurait pu s’attendre à un bon vieux noir & blanc contrasté. Ensuite, le personnage de Peggy Ann Garner n’est pas sans évoquer celui de « ÈVE » de Joseph L. Mankiewicz sorti quatre ans plus tôt, ce qui enrichit considérablement la psychologie de tous les protagonistes. Tourné en plans larges dans de jolis décors de studio, « LA VEUVE NOIRE » contient suffisamment de bons acteurs pour supplanter la fadeur de Van Heflin, qui semble toujours jouer de la même façon, quel que soit le rôle. Reginald Gardiner lui pique aisément la vedette en mari/esclave d’une star de Broadway jouée par Ginger Rogers, parfaite en langue-de-vipère exubérante. Gene Tierney hélas, fait tapisserie dans un rôle effacé d’épouse incertaine. Et George Raft, tiré à quatre épingles, incarne un flic imperturbable et compétent.

Très théâtral dans sa mise-en-scène et même dans son écriture, « LA VEUVE NOIRE » se suit avec plaisir et on se laisse balader par le bout du nez par les auteurs, d’un suspect à l’autre. Il n’est pas très difficile de démasquer l’assassin, bien sûr, si on a un peu l’habitude de la mécanique des bons vieux ‘whodunits’ des familles, mais celui-ci est bien agencé, très finement trompeur et sa conclusion à double détente tombe comme un coup de tonnerre. Sans oublier que le dialogue contient quelques jolies vacheries sur les comédiens et comédiennes, qu’on sent écrites d’une plume vengeresse.

WIDOW

PEGGY ANN GARNER, VAN HEFLIN, GEORGE RAFT ET GINGER ROGERS