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Archives de Catégorie: LES FILMS DE GERARD BUTLER

« KEEPERS » (2018)

KEEPERS.jpg« KEEPERS », également connu sous le titre « THE VANISHING » est un film inspiré de faits réels et réalisé par Kristoffer Nyholm.

Situé en Écosse en 1900, sur une île isolée, le scénario met en scène trois gardiens de phare : Peter Mullan, vétéran veuf et hanté par ses péchés, Gerard Butler gentil géant et père de famille et le novice Connor Swindells, débutant dans le métier. Ce presque huis clos âpre et rugueux dégénère à la suite d’une tempête et la découverte d’un marin échoué et d’un coffre plein de lingots d’or. Les hommes étant ce qu’ils sont, l’ambiance change du tout au tout et évoque bientôt une sorte de « TRÉSOR DE LA SIERRA MADRE » relocalisé sous un vent glacial. Ces individus frustes mais honnêtes vont se transformer en assassins, perdre la raison et foncer droit vers l’autodestruction. C’est un film très sombre, sans un seul moment de répit, un drame théâtral sur la nature humaine, porté par deux immenses comédiens : d’abord Butler, qu’on n’a jamais vu meilleur, franchement impressionnant dans la partie où il cède progressivement à la folie. Mullan, un des meilleurs comédiens anglais, est magistral d’autorité et de fêlures béantes. Leurs face à face sont brutaux, incertains, passionnants. Malgré une certaine monotonie inhérente au sujet même, « KEEPERS » est sauvé de l’ennui par quelques séquences d’une tension inouïe, comme celles impliquant les marins norvégiens venus chercher leur magot. Les éruptions de violence sont choquantes et la bascule de Butler est parfaitement compréhensible.

Œuvre forte, sans concession ni au spectaculaire, ni à l’ombre d’un début d’optimisme, « KEEPERS » laisse scotché sur son siège, les yeux rivés à ces hommes perdus, qui se débattent dans un cauchemar suffocant dont l’enjeu n’est même pas l’or, mais la dignité.

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PETER MULLAN ET GERARD BUTLER

 

« LE CHANTAGE » (2007)

SHATTERED.jpg« LE CHANTAGE » de Mike Barker est un bon petit suspense psychologique haletant, qui oblige pratiquement à s’identifier au protagoniste Gerard Butler, même si on ne sait pas grand-chose de lui au départ, quitte à découvrir des squelettes dans le placard au fur et à mesure de son calvaire.

Sa fille est kidnappée par un psychopathe (Pierce Brosnan) qui oblige Butler et sa femme (Maria Bello) à obéir à ses quatre volontés, dans un crescendo qui – on le comprend rapidement – ne peut mener qu’au meurtre. Passé un premier quart d’heure d’exposition un brin pénible, décrivant la félicité conjugale du couple, le film décolle brutalement avec l’arrivée de Brosnan qui s’accapare littéralement le film. Il est remarquable dans ce rôle de maitre-chanteur impitoyable, féroce et violent, à mille lieux de son emploi habituel. Butler a beaucoup de mal à exister face à lui, mais parvient tout de même à donner plusieurs facettes à ce quidam apparemment irréprochable dont on commence à deviner progressivement la face cachée. Maria Bello est impeccable dans l’ambiguïté. Le scénario n’hésite jamais à prendre à rebrousse-poil, à enchaîner les voltefaces, les « twists », jusqu’à y perdre en vraisemblance sur le dénouement. Mais ça n’a guère d’importance, car « LE CHANTAGE » fonctionne à plein régime, tient en haleine avec une vraie maestria et offre plusieurs situations où on ne peut s’empêcher de se demander :« Qu’aurions-nous fait à sa place ? », ce qui est un moteur imparable du thriller. À voir donc, ce film oublié qui mérite d’être redécouvert, ne serait-ce que pour la performance flamboyante de Brosnan, fascinant salopard manipulateur.

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PIERCE BROSNAN, GERARD BUTLER ET MARIA BELLO

 

« QUE JUSTICE SOIT FAITE » (2009)

LAW.jpg« QUE JUSTICE SOIT FAITE » de F. Gary Gray est une sorte de film-monstre au propos ambigu et contradictoire, qui affiche crânement une invraisemblance phénoménale, surtout dans la résolution, et qui assène pesamment son message de « vigilante » pour une justice plus sévère et moins laxiste.

Gerard Butler, emprisonné pour le meurtre (particulièrement atroce) de l’assassin de sa famille se présente comme un mélange de Paul Kersey et Hannibal Lecter et sa vengeance défie l’entendement. C’est cette écriture décomplexée et un montage efficace qui rendent le film agréable et même parfois très prenant, mais il ne supporte évidemment pas une demi-seconde une analyse approfondie. Il fonctionne bien mieux dans son montage de 118 minutes que dans celui de sa sortie en salles de 109. On s’y amuse comme à Guignol, on apprécie que progressivement le « good guy » et le « bad guy » (le procureur mou-du-genou joué par Jamie Foxx) échangent leurs rôles et que le tueur surdoué mais totalement cinglé soit finalement battu avec ses propres armes. Mais il faut prendre le film pour ce qu’il est : un jeu, un simple divertissement bien confectionné, mais à ne pas prendre au sérieux. Les face-à-face Butler-Foxx sont très intenses, avec une petite préférence pour la folie contenue parfois impressionnante du premier. Autour d’eux, un bon cast : Colm Meaney en flic, Viola Davis en maire de Philadelphie ou Bruce McGill.

Un moyen amusant et stressant à la fois de tuer deux heures avec cette histoire très travaillée dans le seul but d’agripper le spectateur par n’importe quel moyen. Même les plus fous.

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COLM MEANEY, GERARD BUTLER, JAMIE FOXX ET BRUCE McGILL

 

« LA CHUTE DE LONDRES » (2016)

LONDON2Tourné trois ans après « LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE », « LA CHUTE DE LONDRES » continue de creuser le sillon inauguré par la franchise des « DIE HARD » (un homme seul contre tous), délocalise en Angleterre – comme le titre l’indique – et élimine d’entrée la plupart des dirigeants de la planète (et détruit accessoirement tous les monuments historiques de Londres !) dans une colossale attaque terroriste.

À nouveau, le bodyguard Gerard Butler doit protéger son président (Aaron Eckart) au milieu des tirs de missiles, des explosions et des feux croisés d’armes de guerre. La réalisation de Babak Najafi est totalement impersonnelle, mais grandement efficace, particulièrement dans les nombreuses séquences d’action. La surenchère dramatique est telle qu’on met de côté tout sens critique et tout besoin de vraisemblance pour se laisser aller à ce Grand-8 très bien fabriqué, sans aucune nuance et tricoté de clichés vieux comme le monde. Butler est un impeccable super-héros en costume-cravate, reléguant définitivement Bruce Willis au rang de clown en marcel, On retrouve des revenants du n°1 : Morgan Freeman devenu vice-président, Robert Forster, Melissa Leo (à peine figurants), Radha Mitchell enceinte et Angela Bassett qui – petit spoiler – ne reviendra pas dans le n°3. Charlotte Riley est parfaite en dure-à-cuire du MI-6 et Alon Aboutboul est parfaitement crédible en leader des ‘bad guys’.

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MORGAN FREEMAN, GERARD BUTLER ET ANGELA BASSETT

« LA CHUTE DE LONDRES » n’a certes pas grande valeur cinématographique, mais en tant que distraction survitaminée et décomplexée, il tient la route et fait décoller de la réalité pendant 98 minutes. Un peu l’équivalent cathartique de ce que furent les « RAMBO » n°2 et 3 dans les années 80.

 

« 300 » (2006)

300Inspiré d’un « graphic novel » de Frank Miller et réutilisant plus ou moins les mêmes méthodes de tournage que « SIN CITY » (coréalisé par le même Miller) sorti l’année précédente, « 300 » est fortement inspiré par le « GLADIATOR » de Ridley Scott (la sauvagerie des batailles, la BO et… les champs de blé). Si on met un moment à s’acclimater à un visuel proche des jeux vidéo, on finit par se laisser happer par l’énergie indéniable de cet univers totalement factice et par l’excellente utilisation des CGI.

Remarqué en 2004 par le formidable « L’ARMÉE DES MORTS », Zack Snyder ne déçoit pas avec « 300 ». Ce n’est qu’après que son parcours commencera à devenir plus discutable. Dans une Grèce antique aux teintes sépia, où tout est recréé digitalement, jusqu’aux abdoms des Spartiates, le film conte la célèbre bataille des Thermopyles où 300 guerriers de Sparte affrontèrent les milliers de soldats perses venus les envahir.

Ça hurle à gorge déployée, ça décapite à tout-va, ça gicle aux quatre coins de l’écran, mais l’aspect artificiel du sang et des mutilations rend le spectacle supportable. Certaines images sont vraiment frappantes et le casting composé de vrais bons comédiens, et pas uniquement de Mr Muscles, finit de séduire : Gerard Butler joue un Léonidas fier et gueulard avec une vraie conviction, Lena Headey est comme toujours très bien dans le rôle de son épouse, Dominic West est abject à souhait en politicien sans honneur (non, ce n’est pas un pléonasme !) et Michael Fassbender joue les guerriers au sourire vorace. On retrouve également l’intense Stephen McHattie et – trop brièvement – le puissant Peter Mensah.

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LENA HEADEY ET MICHAEL FASSBENDER

Un beau péplum donc, qui réinvente un genre tombé en désuétude depuis bien longtemps. Les batailles en particulier, sortes de chorégraphies irréelles alternant ralentis et accélérés, bruitages « gore » et voix déformées, s’impriment durablement dans la mémoire. Peut-être pas un chef-d’œuvre, mais « 300 » vaut largement le coup d’œil.

 

« GODS OF EGYPT » (2016)

Du réalisateur sombre et visionnaire de « THE CROW » ou « DARK CITY », on pouvait s’attendre à autre chose que ce « GODS OF EGYPT », énorme jeu vidéo rutilant et ripoliné, véritable orgie sans fin de CGI plus ou moins convaincants et de décors tous plus impalpables les uns que les autres. Et puis, on se souvient que l’homme avait également signé « I, ROBOT » avec Will Smith !gods

Honnêtement, il n’y a pas grand-chose à dire de ce spectacle bizarroïde. Les personnages ont toujours l’air de flotter en surimpression (ce qui est d’ailleurs le cas dans les ¾ des plans !), les morceaux de bravoure s’enchaînent à une telle cadence qu’ils lassent l’intérêt et au bout du compte, on a l’impression de voir les contes des 1001 nuits revus et corrigés par un gros logiciel graphique. Reste la morale de l’histoire : seul l’amour peut vaincre la mort et il ne suffit pas d’être riche pour entrer au paradis. Bon… OK… Interdit aux plus de douze ans, donc.

Le film étant tourné en Australie, on retrouve avec plaisir ce vieux cabot de Geoffrey Rush, dans le rôle du dieu Râ, même s’il est parfaitement grotesque avec son lance-flammes. La belle Rachael Blake (« LANTANA ») aussi, qui apparaît brièvement en Isis. Gerard Butler incarne le méchant dieu va-t-en-guerre, mais on a l’impression qu’il a déjà tenu ce rôle au moins dix fois. Seul Nikolaj Coster-Waldau tire son épingle du jeu dans un rôle évolutif de divinité oisive et nonchalante qui prend peu à peu de l’épaisseur. Du moins, un peu d’épaisseur ! À noter qu’il perd un œil, comme il perdait une main dans « GAME OF THRONES ». Son indéniable présence physique laisse à penser qu’il serait tout à fait envisageable en Batman ou en 007.

Deux heures c’est long, pour une succession de tableaux kitsch et clinquants, pour des bagarres ininterrompues entre créatures virtuelles. À peine pourra-t-on se consoler avec le décolleté des jeunes premières soigneusement mis en valeur.

 

« LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE » (2013)

« LA CHUTE DE LA MAISON BLANCHE », c’est « DIE HARD » relocalisé à Washington, mais – et c’est là la bonne nouvelle – comme il était un brin compliqué de justifier la présence d’un avatar de John McClane auprès du président des U.S.A., on a finalement décidé de mixer la vieille recette qui a fait ses preuves, avec les codes de la série « 24 HEURES CHRONO ». Ce qui nous donne en définitive : un émule de ‘Jack Bauer’ enfermé à l’intérieur de la Maison Blanche investie par des terroristes nord-coréens et flinguant tout le monde pour sauver son patron.

OLYMPUSOn ne va pas commencer à énumérer les invraisemblances, les impasses, les illogismes, ni même les clichés, car le scénario n’est fait que de cela. Mais le réalisateur Antoine Fuqua n’est pas un manchot en ce qui concerne l’action et son film se laisse regarder sans une seconde d’ennui et même avec une certaine surprise de se laisser « avoir » à ce point avec un postulat aussi crétin. On est content d’avoir échappé à Bruce Willis, et Gerard Butler compose un action hero tourmenté des plus convaincants, réduisant les traits d’humour au minimum. Bloc de virilité ultra-compétent au visage de « guy next door », il s’avère crédible et concret dans un environnement qui l’est nettement moins. Fuqua l’a entouré de bons acteurs comme Aaron Eckart en « Mr President » jouant sur une seule note, celle de la rage impuissante, l’inamovible Morgan Freeman en remplaçant au sang-froid inébranlable, Melissa Leo, qu’on a vue meilleure, qui s’en prend plein la figure, ce vieux Robert Forster en général pas bien brillant, Angela Bassett une fois encore sous-utilisée et Ahsley Judd en souriante First Lady qui disparaît hélas, assez vite. Rick Yune est un parfait méchant, brutal et inhumain, mais jamais bête et Radha Mitchell écope d’un rôle sacrifié de fiancée stoïque. À condition de savoir où on met les pieds (c’est-à-dire dans un blockbuster survitaminé recyclant d’anciens succès au box-office), on peut passer deux heures agréables devant ce film bien confectionné, au montage vigoureux et aux scènes d’assaut apocalyptiques.

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GERARD BUTLER, ASHLEY JUDD, AARON ECKART ET ANGELA BASSETT