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Archives de Catégorie: LES FILMS DE KURT RUSSELL

« THE THING » (1982)

thing2À sa sortie, « THE THING » donna l’impression d’un banal remake opportuniste de « LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE » (1951) et fut un gros échec. Puis peu à peu, il devint un film-culte pour happy few, avant de s’installer définitivement comme un vrai classique de la SF contemporaine et une des plus incontestables réussites de John Carpenter.

Le revoir aujourd’hui est un plaisir ineffable, car le film n’a pas pris une ride et fonctionne à plein régime, en tout cas jusqu’à son dernier quart qui s’effiloche un peu au niveau du scénario. Malgré cela, « THE THING » a gardé son aura de cauchemar paranoïaque et évolue lentement en délire de neige, de flammes et de chairs torturées en constante mutation. Carpenter ne lésine pas sur les détails « gore », mais sa mise-en-scène demeure toujours invisible et totalement au service de l’histoire. De fait, on est immergé du début à la fin, sans s’identifier vraiment à ces personnages interchangeables et sans grande personnalité, mais qui semblent parfaitement concrets et réels. Seuls sortent du rang Kurt Russell en pilote d’hélico aux faux-airs de cowboy et Keith David jouant son rival mal embouché. Leur ultime face-à-face dans le campement embrasé est une petite merveille d’ironie et de nihilisme.

On trouve plusieurs séquences qui sont de vraies leçons de réalisation (la façon dont est filmé le chien au début, la longue scène des tests sanguins), une maîtrise naturelle de la trouille et une ingénieuse utilisation du format Scope. On regrettera donc – répétons-le – une longue partie située dans le sous-sol de la base, qui semble piétiner et n’aller nulle part. Mais les F/X de Rob Bottin sont toujours aussi épatants, la conception même de l’alien est une merveille de créativité et la BO d’Ennio Morricone s’intègre à l’univers du réalisateur sans souci. On peut lire « THE THING » comme une parabole désespérée sur la peur de l’Autre ou le voir simplement au premier degré et admirer une fois de plus la maestria de ses concepteurs.

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KURT RUSSELL ET A. WILFORD BRIMLEY

 

« BACKDRAFT » (1991)

backdraft2« BACKDRAFT » est un mélange pas forcément idiot de film-catastrophe et de thriller à tendance ‘whodunit’, enraciné dans l’univers des pompiers de Chicago. Évidemment, la signature de Ron Howard est toujours un peu inquiétante. Et c’est bien là que le bât blesse.

Sur le papier, c’est bourré de bonnes idées : la dynastie de « firemen », la rivalité entre frères, l’idée de décrire le feu comme « une bête » malfaisante. Mais au final, la réalisation pied-de-plomb, truffée de ralentis et de morceaux de bravoure téléphonés, le dialogue d’une effarante lourdeur et des emprunts trop voyants (Donald Sutherland dans un avatar pyromane d’Hannibal Lecter, par exemple), finissent par tuer dans l’œuf le grand film d’action que cela aurait pu être en d’autres mains.

Ce qui rend « BACKDRAFT » encore visible et même parfois impressionnant, ce sont les séquences d’incendies, pré-CGI rappelons-le. Certaines sont carrément dantesques et les effets sonores (le souffle de dragon qu’on entend à chaque retour de flamme) aident grandement. La BO de Hans Zimmer épique comme toujours, laisse une impression mitigée, entre enthousiasme devant l’ampleur de la partition et envie de sourire par son côté kitsch et pompeux.

Même malaise devant le casting : Kurt Russell très bien en macho fragile, Scott Glenn en vétéran musclé, Robert De Niro en enquêteur plutôt discret. Mais les rôles féminins – pourtant tenus par les excellentes Rebecca DeMornay et Jennifer Jason-Leigh – sont sous-écrits et affreusement mal dialogués. Et le plus long temps de présence est alloué à l’affligeant William Baldwin, un des pires jeunes premiers de sa génération.

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KURT RUSSELL, WILLIAM BALDWIN ET ROBERT DE NIRO

On peut revoir « BACKDRAFT » donc, pour ses scènes d’action et un ou deux face-à-face entre bons acteurs. À condition d’oublier des moments embarrassants comme ce coïtus interruptus sur le toit d’un camion rouge, ou la visite de Baldwin à Sutherland en prison, bêtement calquée sur « LE SILENCE DES AGNEAUX ».

 

« LES HUIT SALOPARDS » (2015)

« LES HUIT SALOPARDS ». Huitième film de Quentin Tarantino… Second western… Retrouvailles avec ses acteurs-fétiches Kurt Russell, Tim Roth, Samuel L. Jackson et Zoë Bell. Que dire qu’on n’ait pas déjà dit sur ses précédents opus ?

Le bonhomme est un adroit conteur, c’est établi, un cinéphile enragé, un fervent adepte de la logorrhée verbale, mais il se regarde tellement filmer, qu’il finit toujours par devenir fastidieux et pompeux alors qu’on n’espère qu’une chose : bien s’amuser en regardant ses films. Celui-ci est un mélange de western et de ‘whodunit’ quasiment en huis clos, techniquement magnifique (belle image en 70MM), musiqué par rien moins qu’Ennio Morricone himself. Ça démarre très bien, on retrouve l’ambiance enneigée du « GRAND SILENCE » ou « LA CHEVAUCHÉE DES BANNIS », les passagers de la diligence dans un refuge comme dans « LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE », on se réjouit du numéro de Kurt Russell en ‘bounty hunter’ au look de grizzly. Mais à mi-chemin, les vieux trucs reviennent : la voix « off », les retours en arrière, les inserts ‘gore’, le nihilisme un brin infantile, etc. Et on finit par admettre que, si c’est brillamment raconté, le sympathique Quentin n’a – comme d’habitude – pas grand-chose à raconter.8

Il y a d’excellentes idées : celle en particulier de dégommer n’importe qui n’importe quand, même les têtes d’affiche, ce qui laisse place à un réel suspense. Et le casting est imparable : Jennifer Jason Leigh géniale en souillon au visage tuméfié, Walton Goggins dans le rôle le plus fouillé et évolutif, Bruce Dern en ex-général sudiste, Michael Madsen au jeu de plus en plus maniéré. Même s’il en fait des tonnes, Jackson a d’excellents moments comme ce monologue où il raconte à Dern la mort de son fils et surtout… tout ce qui a précédé. La meilleure scène du film.

Mais 2 h 40 c’est long et si on ne s’ennuie pas vraiment, on a toujours la sensation de perdre un peu son temps et de contempler l’exercice de style stérile d’un amoureux du genre lâché en roue-libre.

Parmi les nombreuses citations, notons que Jackson emprunte son nom au réalisateur et producteur de westerns Charles Marquis Warren et qu’il cite mot pour mot la fameuse réplique de « DEATH WISH 2 » : « Tu crois en Jésus Christ ? Tant mieux, parce que tu vas le voir de près ». Mais c’est loin d’être le premier clin d’œil que « QT » adresse à l’ami Bronson…

 

HAPPY BIRTHDAY, KURT !

RUSSELL

KURT RUSSELL, ENFANT-STAR DEVENU UN COMÉDIEN EN CONSTANTE ÉVOLUTION. UN RÉCENT COME-BACK QUI FAIT PLAISIR !

 
 

« BREAKDOWN – POINT DE RUPTURE » (1997)

BREAKDOWNDès les premières images du désert américain jadis glorifié par John Ford, « BREAKDOWN » s’impose comme un bel échantillon de ce que le cinéma d’action U.S. peut offrir de plus simple et efficace.

On pense évidemment à « DUEL », mais aussi à « DÉLIVRANCE » et même « MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE » quand un couple de ‘yuppies’ en 4×4 est confronté à une bande de ploucs dans d’énormes « trucks », bien décidés à les dépouiller et les tuer en toute impunité. Le scénario, parfaitement linéaire est construit dans un superbe crescendo de stress pour s’achever dans une apothéose de suspense qui laisse épuisé. C’est de la très belle ouvrage, du vrai cinéma à l’ancienne avec de magnifiques cascades « en dur », des poussées d’adrénaline extraordinairement bien distillées et des personnages taillés dans la masse dont la psychologie évolue et s’affine dans l’action.

Dans ce rôle de quidam affable et ne cherchant pas les ennuis, Kurt Russell incarne à merveille l’Américain moyen « normal » et auquel on peut aisément s’identifier, d’autant plus que ses réactions sont toujours logiques et crédibles. L’intensité de son jeu et de ses expressions faciales apporte beaucoup au film. Face à lui, J.T. Walsh est un ‘bad guy’ intelligent et haïssable, une ordure débonnaire qui révèle son vrai visage de fauve sanguinaire à la toute fin. Et en épouse en péril, la craquante Kathleen Quinlan apparaît peu (mais c’est le principe même du scénario !) mais marque tout de même les esprits.

KURT RUSSELL, KATHLEEN QUINLAN ET J.T. WALSH

KURT RUSSELL, KATHLEEN QUINLAN ET J.T. WALSH

« BREAKDOWN » dans son créneau, est un film irréprochable, sans une seconde d’ennui, sans la moindre invraisemblance qui vienne gâcher le plaisir. Du très bon cinéma d’action ultra-professionnel avec un petit supplément d’âme : la volonté forcenée du protagoniste à retrouver sa femme disparue, qui transforme l’agneau en loup impitoyable.

 

« BONE TOMAHAWK » (2015)

Qu’il est bon de voir encore et encore ressusciter le western sous toutes les formes possibles et imaginables ! « BONE TOMAHAWK » tient à la fois du road-movie, du survival, du film d’horreur à la façon de « THE DESCENT » avec çà et là des réminiscences du « 13ème GUERRIER ». Que de bonnes et belles choses, autrement dit !BONE

Comme dans un John Ford, une ‘posse’ se lance à la poursuite d’Indiens qui ont kidnappé une femme et un shérif-adjoint. Mais ce ne sont pas des ‘Injuns’ comme les autres. Cette tribu sans nom est troglodyte et… cannibale, de véritables bêtes humaines aux mœurs particulièrement horribles.

L’Ouest décrit ici n’a rien de magnifié ou d’esthétisant. C’est une contrée sauvage et désertique, triste à pleurer, totalement hostile. Le film baigne dans une authenticité irréprochable, à peine enjolivée par un dialogue extrêmement soigné, utilisant une langue décalée et parfois poétique. Quelques plans ‘gore’ viennent rompre un rythme lent mais captivant et le démembrement d’un des protagonistes est une des scènes les plus épouvantables jamais vues dans un western. Âmes sensibles s’abstenir !

En shérif implacable et déterminé, Kurt Russell qui vieillit très bien, est remarquable de sobriété et de présence physique. Il est magnifiquement entouré par Richard Jenkins génial dans un rôle à la Walter Brennan, le toujours parfait Patrick Wilson en mari handicapé mais résolu et la superbe Lili Simmons dont le personnage échappe au cliché westernien.

Une vraiment belle surprise que « BONE TOMAHAWK » qui surprend agréablement par la justesse du dosage d’éléments apparemment disparates pour aboutir à un film viscéral, humain, effrayant et constamment crédible. Tant que sortiront des films comme celui-ci, plus ou moins régulièrement, le genre n’est pas près de mourir…

 

« FAST & FURIOUS 7 » (2015)

FAST« FAST & FURIOUS 7 » tient à la fois de la ‘franchise’ « MISSION : IMPOSSIBLE », des films de super-héros Marvel et de ce que les producteurs des 007 ont toujours rêvé d’accomplir. Le tout mâtiné de muscles anabolisés à la sauce des années 80. Franchement, on voit mal comment aller plus loin dans le blockbuster décérébré et décomplexé. Ce film est une sorte de perfection !

Nul n’est besoin d’avoir vu les six autres pour se laisser happer par ce n°7 survitaminé, qui d’un point de départ tout ce qu’il y a de quelconque, devient peu à peu une véritable orgie de séquences d’action incroyables, de morceaux de bravoure drôles tant ils se fichent ouvertement de toute vraisemblance. Dès la première scène (Jason Statham au chevet de son frère à l’hôpital et ce qui s’ensuit), on sait qu’on va s’amuser comme des petits fous. L’acteur anglais incarne une sorte de Terminator monomaniaque sans jamais changer d’expression pendant plus de deux heures. Il est absolument réjouissant !

Les cascades en voitures, habile mélange de CGI et de plans « en dur », sont époustouflantes (la chute libre des véhicules d’un avion-porteur laisse sans voix), les bagarres à mains nues sont d’une rare férocité, mais jamais sanglantes. D’ailleurs, dans « FAST & FURIOUS 7 », on peut tomber dans des ravins, chuter d’un gratte-ciel ou se prendre des missiles à quelques mètres de soi, on s’en sort non seulement sans une égratignure, mais les vêtements immaculés. Il suffit d’accepter les règles du jeu.

Autour d’un Vin Diesel toujours aussi peu passionnant mais tout à fait dans son élément, on retrouve Michelle Rodriguez une revenante de la série, ce cher Kurt Russell en vieille barbouze rusée, Dwayne Johnson en superflic tatoué jusqu’aux yeux qui fait exploser le plâtre enserrant son bras en gonflant le biceps. Et bien sûr Paul Walker, mort pendant le tournage. L’épilogue lui rend un hommage appuyé mais assez finement exécuté, d’autant moins évident que si l’acteur est décédé, son personnage ne l’est pas. Jolie prouesse…

PAUL WALKER, VIN DIESEL, KURT RUSSELL, JASON STATHAM ET DWAYNE JOHNSON

PAUL WALKER, VIN DIESEL, KURT RUSSELL, JASON STATHAM ET DWAYNE JOHNSON

C’est du cinoche « pop corn » à son paroxysme, de la superproduction explosive qui fait passer le temps sans jamais décrocher. À noter qu’au milieu d’un dialogue succinct et truffé de clichés, surnagent quelques ‘one liners’ à hurler de rire (« Je vais te casser ce doigt en six endroits et te le fourrer là où le soleil ne brille jamais »).