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Archives de Catégorie: LES FILMS DE SIGOURNEY WEAVER

« COPYCAT » (1995)

COPYCATSorti la même année que « SE7EN », « COPYCAT » fait partie de ces films des années 90 qui ont consolidé la mythologie du serial killer dans le cinéma U.S. jusqu’à devenir un des moteurs principaux du polar. Réalisé par le peu exaltant Jon Amiel, il est indéniablement un de ces films qu’il vaudrait mieux ne pas revoir et laisser prudemment prendre la poussière au rayon souvenirs.

Parce qu’aujourd’hui le tueur en série continue d’envahir les longs-métrages, les téléfilms, les séries TV, comme un leitmotiv empêtré dans ses clichés et ses redondances, « COPYCAT » a pris un terrible coup de vieux. Tout paraît fade, banal, vu et revu des centaines de fois et – beaucoup plus étonnant – le joli casting ne semble pas à son meilleur niveau. Sigourney Weaver par exemple, n’a jamais été moins convaincante que dans ce contremploi de psy traumatisée, agoraphobe, en proie à des crises de panique. Elle a beau faire, transpirer, rouler des yeux, vider whisky sur whisky, on n’y croit pas une seconde. Et elle non plus probablement, à voir son jeu forcé et sans nuances. Holly Hunter a été meilleure qu’en fliquette déterminée, même le généralement fiable Will Patton est à côté de la plaque. Heureusement, incarnant des tueurs givrés, Harry Connick. Jr. et William McNamara sont parfaitement inquiétants et sauvent un peu les meubles. Dermot Mulroney est également à la hauteur en jeune coéquipier séduisant.

S’il a pu faire son effet il y a 25 ans, « COPYCAT » a perdu l’essentiel de son attrait et son suspense est complètement éventé. Hormis la bonne séquence de l’agression de Weaver dans les WC au début, ne ressortent que les maladresses narratives, un dialogue extrêmement faible et des vedettes en quête désespérée d’une direction d’acteurs.

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HOLLY HUNTER, SIGOURNEY WEAVER ET WILLIAM McNAMARA

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« REVENGER » (2016)

Walter Hill a signé une vingtaine de longs-métrages, dont seuls ceux de ses débuts sont vraiment mémorables. Aujourd’hui septuagénaire, il écrit et tourne « REVENGER », une aberration filmique vaguement réminiscente de son propre « JOHNNY BELLE GUEULE ». Si dans ce film une sorte de sosie d’Éléphant man se retrouvait subitement avec le visage (alors lisse) de Mickey Rourke, ici une petite gouape barbue et malingre se réveille dans le corps de… Michelle Rodriguez !REVENGER.jpg

Sans vouloir chercher à tout prix la vraisemblance dans ce genre de polar, force est de reconnaître qu’on ne croit pas une seconde au postulat de départ et que la construction du scénario (un parallèle entre la vengeance du transsexuel malgré lui et l’incarcération en HP de sa tourmenteuse) tue dans l’œuf tout espoir de suspense véritable. On suit passivement ces fusillades répétitives, ces interrogatoires mollassons et on se demande très vite où a bien pu passer le réalisateur du « BAGARREUR » et « SANS RETOUR ». On aime bien Rodriguez, mais elle n’a jamais été une grande comédienne et elle montre ici ses limites. Elle ne fait pas grand-chose de ce rôle il est vrai impossible, à part grimacer de rage à la moindre contrariété, démolir le mobilier et vider ses chargeurs à deux mains comme dans les films de Hongkong. Impossible de s’intéresser à elle. Et ses scènes « masculines », CGI à l’appui, laissent perplexe. Quant à Sigourney Weaver, elle ne sort pas de sa camisole (et pour cause : sinon il n’y aurait pas de révélation finale) et joue une chirurgienne dévoyée et prétentieuse, face à Tony Shalhoub. Les deux comédiens ont connu des jours meilleurs ! Même chose pour l’excellent et gaspillé Anthony LaPaglia, une fois de plus réduit à jouer les mafiosi.

Triste fin de carrière pour Walter Hill, dont les derniers films semblent tous hors du temps, hors du monde réel, comme des BD désuètes et bâclées, se contentant de mettre en forme un maigre pitch qui ne tient absolument pas la distance. Espérons un prochain opus plus solide, il nous doit une revanche !

 

« BLANCHE-NEIGE : LE PLUS HORRIBLE DES CONTES » (1997)

« BLANCHE-NEIGE : LE PLUS HORRIBLE DES CONTES », réalisé par l’inconnu Michael Cohn, est une tentative de livrer une version « adulte » de l’œuvre des frères Grimm, marqué à jamais par l’adaptation faite par Disney.SNOW

L’idée est valable et fut d’ailleurs reprise des années plus tard, mais ce film est ni plus ni moins qu’une catastrophe. Tourné à Prague dans des décors tristes à pleurer, handicapé par des maquillages hideux, des perruques ridicules et un casting décourageant, il respire l’amateurisme et le manque de moyens et évoque bien plus un téléfilm des pays de l’Est qu’un long-métrage de cinéma.

Monica Keena est une héroïne dépourvue de personnalité et de grâce, Sam Neill joue son idiot de père avec un inamovible sourire, Gil Bellows est un des sept nains (enfin – il n’est pas vraiment nain, c’est un peu compliqué à expliquer, d’autant plus qu’il finit par pécho Blanche-Neige !). On serait tenté de zapper au bout de vingt minutes et d’accrocher son DVD à une branche d’arbre pour faire peur aux oiseaux, mais il reste heureusement, Sigourney Weaver. Non pas qu’elle y fasse des exploits de comédienne et parvienne à sauver la chose du naufrage, mais au moins semble-t-elle s’être bien amusée à jouer la belle-mère sorcière d’une réjouissante méchanceté. Impériale et parfois presque émouvante, elle s’accapare les seuls brefs instants à peu près intéressants (la fausse-couche, les face-à-face avec le miroir) et vaut à l’extrême rigueur qu’on jette un rapide coup d’œil au film.

Inutile de dézinguer plus avant ce « BLANCHE-NEIGE : LE PLUS HORRIBLE DES CONTES » qui ne mérite pas un tel sort. C’est un ratage absolu, un ‘misfire’ comme disent nos amis anglo-saxons, qui ferait passer la version de 2012 avec Charlize Theron pour un classique du 7ème Art. À fuir à toutes jambes.

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SIGOURNEY WEAVER

 

« LE VILLAGE » (2004)

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JOAQUIN PHOENIX ET BRYCE DALLAS HOWARD

Après le succès du « SIXIÈME SENS », l’intrigant « INCASSABLE », le cinéma de M. Night Shyamalan est devenu de moins en moins convaincant, jusqu’à ce que le nom du réalisateur sur un projet serve quasiment de repoussoir.VILLAGE2

Aussi la re-vision de « LE VILLAGE » est-elle une heureuse et surprenante surprise.

Dans une ambiance très « sorcières de Salem », l’auteur-réalisateur développe un scénario empreint de mystère, de maléfices et de superstitions. Qui se veut aussi une fable sur le totalitarisme qui enferme (pour son bien) le peuple dans la peur. Bien sûr, l’histoire ne supporte pas l’analyse approfondie une seule seconde et s’avère totalement invraisemblable, voire aberrante, mais le charme opère tout de même. La « chute », marque de fabrique de Shyamalan, n’est pas trop compliquée à voir venir, mais cela reste malgré tout envoûtant, insolite et même par moments fascinant. Le casting est de tout premier choix. Autour des excellents jeunes premiers Bryce Dallas Howard parfaite en aveugle héroïque et Joaquin Phoenix en garçon intense et taiseux, que de grosses pointures comme Sigourney Weaver, Cherry Jones, Brendan Gleeson, Adrien Brody crédible en idiot du village imprévisible et surtout William Hurt meilleur qu’il n’avait été depuis bien longtemps.

Le film est truffé de belles idées visuelles (la silhouette du « monstre de la forêt »), d’ambiances brumeuses, mais aussi de séquences maladroitement filmées (la confrontation entre l’héroïne et le dit-monstre). La fin gâche un peu le plaisir par sa naïveté enfantine et ses bons sentiments bêlants, mais l’un dans l’autre « LE VILLAGE » est un des meilleurs films de Shyamalan qui a su créer un univers singulier et cohérent et le peupler de personnages tous intéressants.

Un film un peu décrié à sa sortie (mais à l’époque, tout le monde voulait qu’il surpasse « LE SIXIÈME SENS » et il ne pouvait donc que décevoir) à redécouvrir à tête reposée, donc.

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SIGOURNEY WEAVER ET BRYCE DALLAS HOWARD

 

« SNOW CAKE » (2006)

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ALAN RICKMAN

« SNOW CAKE » est une petite production canadienne, une comédie dramatique à l’écriture délicate et finement ciselée, aux personnages multidimensionnels, qui a pour principal attrait d’offrir des contremplois à trois grandes figures du cinéma populaire : Alan Rickman spécialiste des rôles de méchants hauts-en-couleurs, Sigourney Weaver et Carrie-Anne Moss, icônes du cinéma fantastique et d’action.SnowCake_Poster_A3_350dpi.qxp

Rickman incarne un Anglais fraîchement sorti de prison, qui débarque au Canada pour assumer un passé qui le hante. Il prend une jeune fille (magnifique Emily Hampshire) en stop, mais alors qu’ils forgent une jolie complicité, ils ont un accident et elle décède. Rongé par la culpabilité, il se rend chez sa mère (Weaver) qui s’avère être une autiste aux réactions imprévisibles.

C’est un film simple, linéaire, s’attachant à des protagonistes solitaires, malheureux, des laissés-pour-compte hantés par le passé ou coupés du monde. Le ton adopté par le dialogue, le style pince-sans-rire de Rickman, empêchent « SNOW CAKE » de sombrer dans la déprime complaisante et donnent même une belle santé au film. On sourit souvent, on s’émeut, on s’attache… Sigourney Weaver est extraordinaire dans ce rôle difficile de femme perdue dans son monde intérieur, sans jamais céder au « grand numéro ». On oublie rapidement son passé cinématographique pour l’accepter à 100% et croire à cette ‘Linda’ abrupte, imprévisible, irritante et si poignante. Son amitié avec Rickman émeut de bout en bout et donne au film son ossature. À leurs côtés, Carrie-Anne Moss est excellente en femme libre et indépendante.

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SIGOURNEY WEAVER ET CARRIE-ANNE MOSS

Jolie découverte que « SNOW CAKE » donc, un film modeste dans la forme, dépaysant et dépourvu de sophistication superflue. On est au cœur des sentiments. Déjà partenaires dans l’hilarant « GALAXY QUEST », Weaver et Rickman y font la preuve définitive de leur versatilité et de leur talent de composition sans esbroufe. Un très très joli film.

 

« LE COUP DU SIÈCLE » (1983)

CHEVY CHASE ET SIGOURNEY WEAVER

CHEVY CHASE ET SIGOURNEY WEAVER

Est-il possible que le réalisateur visionnaire de « FRENCH CONNECTION », « L’EXORCISTE », « LE CONVOI DE LA PEUR » ou « TO LIVE AND DIE IN L.A. » ponde un navet irrécupérable ? On l’a vu signer des films jolis à voir mais sans grand intérêt comme « LA NURSE » ou « TÊTES VIDES CHERCHENT COFFRE PLEIN », des films imparfaits mais passionnants comme « CRUISING » ou « LE SANG DU CHÂTIMENT », de solides réussites qui ne portaient pas vraiment sa griffe comme « TRAQUÉ » et des projets plus expérimentaux comme « BUG » ou « KILLER JOE ». Mais des nanars ?DEAL2

« LE COUP DU SIÈCLE » prouve qu’il en est parfaitement capable ! Cela se voudrait une parodie caustique et incisive sur l’univers des marchands d’armes et sur la folie du monde « moderne » en général. Le scénario tourne autour d’une grosse vente de drones (oui, déjà) défectueux à un pays d’Amérique du sud, managée par un escroc yankee culotté. Et l’humour lorgne pesamment du côté de « DR FOLAMOUR » ou « M*A*S*H* ». Mais Dieu, qu’on en est loin !

Malgré ses innombrables talents, Friedkin ne s’est jamais distingué par sa drôlerie irrésistible et son film est flasque, informe, interminable, aucun gag ne fait mouche, les personnages sont au mieux indifférents, au pire odieux. Et ce n’est pas le pauvre Chevy Chase, transparent comme à son habitude, qui risque de sauver la mise. Sigourney Weaver est gaspillée en femme fatale âpre au gain et Gregory Hines fait peine à voir. Que dire ? C’est terrible ! Au bout d’une heure, on patauge complètement, on s’endort et on prie le ciel que le supplice s’achève.

Deux décennies plus tard, Andrew Niccol s’essaiera avec infiniment plus de bonheur au même genre de sujet avec son « LORD OF WAR ». On ne saurait trop le recommander et conseiller aux admirateurs du grand William Friedkin d’oublier définitivement ce « COUP DU SIÈCLE » qu’on rangera dans les « accidents industriels ».

 

« EXODUS » (2014)

La principale question qu’on peut se poser en visionnant « EXODUS », c’est pourquoi un cinéaste de la trempe de Ridley Scott, à ce stade de sa vie et de sa carrière s’est attelé à tourner une nouvelle version des « DIX COMMANDEMENTS »…EXODUQ

En équilibre instable entre le rococo rutilant de Cecil B. DeMille et l’austérité rocailleuse du « MOÏSE » italien des seventies, le film nous épargne la petite enfance de ‘Moses’ et démarre par une grosse bataille comme Sir Scott sait si bien les filmer. L’intérêt, s’il y a, viendra d’une approche « réaliste » du récit biblique, laissant place à une double lecture : l’intervention divine ou un enchaînement d’événements extraordinaires mais plausibles. Ce Moïse-là est d’ailleurs beaucoup plus passif que celui de Charlton Heston, surtout dans l’épisode des plaies d’Égypte. Le scénario prend des options radicales et pas toujours convaincantes. Ainsi « Dieu » est-il représenté en bambin boudeur et impatient qui apparaît de temps en temps à Moïse tout en restant invisible aux autres, laissant planer le doute sur la bonne santé mentale de notre héros. D’autant qu’il a pris un gros coup sur la tête !

Le casting est un peu bizarre. Christian Bale, toujours aussi transparent et fade, n’est pas mauvais à proprement parler, mais à force de vouloir incarner un Moïse « normal » (comme dirait un homme politique français), finit par devenir ennuyeux. Même chose pour Joel Edgerton qui campe un Ramsès sans épaisseur, à faire regretter les poses avantageuses et kitsch de Yul Brynner. John Turturro est un peu difficile à avaler en Pharaon et Sigourney Weaver et Ben Kingsley ne font que passer en voisins. Dommage que l’excellent Aaron Paul (« BREAKING BAD »), complètement enterré sous des tonnes de postiches, ait si peu à faire lui aussi.

« EXODUS » n’est pas vraiment raté. Simplement redondant et superflu. Et on se surprend à préférer l’imagerie d’Épinal naïve et bariolée d’un DeMille à ce traitement « le cul entre deux chaises », qui ne satisfait ni les amateurs de grand spectacle, ni les fanatiques d’Histoire antique. Une plus que probable édition du director’s cut viendra-t-elle modifier drastiquement notre avis sur le film, comme Scott avait su le faire avec « KINGDOM OF HEAVEN » ? Il est permis d’en douter… Mais qui sait !