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« TETRO » (2009)

30 Juin

TETRO17 ans après « DRACULA » qui fut suivi de plusieurs films plus ou moins confidentiels ou sans retentissement, Francis Ford Coppola signe son comeback avec « TETRO » une œuvre étrange, extrêmement personnelle, rendant un hommage appuyé au cinéma de Michael Powell & Emeric Pressburger, via des ballets en flash-back, uniques plans en couleurs du film.

Si le sujet – un mélo familial violent et dramatique – est relativement banal, le traitement ne l’est pas du tout. Situé à Buenos Aires dans le quartier bohème de la Boca et en Patagonie, « TETRO » fouille le caractère et le passé de Vincent Gallo, un italo-américain exilé là-bas, mélange insupportable de « prima donna » capricieuse et d’artiste maudit, confronté à un jeune frère (Alden Ehrenreich) qu’il n’a pas revu depuis de longues années. Entre eux, l’ombre d’un père monstrueux et castrateur (Klaus Maria Brandauer) dont l’ego démesuré a détruit toute la famille et un lourd secret dont la révélation laissera sans voix.

L’atmosphère est irréelle, pesante, totalement dépaysante. On est quasiment obligé de se laisser happer par le film, tant on n’a aucun repère géographique ou même narratif. Coppola doit beaucoup à Gallo, dans le rôle de sa vie, charismatique et instable dans ce personnage aux confins de la folie et de l’autodestruction. À ses côtés, Maribel Verdú est la seule à se montrer humaine et généreuse. Carmen Maura apparaît brièvement en reine des critiques aux allures de diva.

« TETRO » a trouvé le difficile équilibre entre le film « arty » hermétique et le produit accessible à tous les publics. Grâce à la relation entre ces deux « fils de », l’émotion n’est jamais absente et la beauté de la photo de Mihai Malaimare, Jr. finit de séduire presque malgré soi. En fait, la vraie, la grande qualité de « TETRO » est de ne ressembler à aucun autre film. Pas même à une œuvre de Coppola ! Enfin, si… À bien y réfléchir, un tout petit peu à « RUSTY JAMES », tout de même.

TETRO2

MARIBEL VERDU, ALDEN EHRENREICH, SOFIA GALA ET VINCENT GALLO

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11 réponses à “« TETRO » (2009)

  1. Seb

    30 juin 2017 at 7 h 30 min

    Hermétisme total à ce film pour ma part. Le côté « arty » et frelaté est franchement plombant au bout d’une demi-heure – mais c’est le problème de la plupart des films de Coppola, cela dit.

     
  2. walkfredjay

    30 juin 2017 at 7 h 31 min

    Réticent au début, je me suis laissé happer petit à petit…

     
    • Seb

      30 juin 2017 at 7 h 38 min

      J’ai aussi trouvé que la trame faisait affreusement du surplace. Bref, ennui total mais je reconnais quand même au film ses qualités plastiques.

       
      • walkfredjay

        30 juin 2017 at 7 h 55 min

        Je ne suis pas du tout fanatique de Coppola (sorti des deux premiers « PARRAIN »), mais il a su capter ici une ambiance, un mood, quelque chose qui dépasse la narration…

         
      • Seb

        30 juin 2017 at 8 h 23 min

        Oh mais rassure toi, je m’endors encore plus vite devant les monolithiques « Parrain » donc avec un peu de chance je réhabiliterai Tetro d’une certaine façon en le revoyant !

         
  3. Kinskiklaus

    30 juin 2017 at 9 h 05 min

    Je suis littéralement tombé amoureux de ce chef-d’oeuvre au premier regard. Le ton, l’esthétique, l’interprétation, tout est parfait. Dans le top 20 de mes films préférés de tous les temps. Et je précise que hormis ce film, Coppola m’ennuie copieusement habituellement. Vincent Gallo y trouve l’un des meilleurs rôles de sa carrière, le plus beau restant selon moi celui qu’il s’octroya dans l’indépassable « Buffalo 66 ». Le charme de Maribel Verdu opère parfaitement, elle est un peu la femme que je rêverais d’avoir. Tetro : un véritable bijou de cinéma. Désaccord total sur l’utilisation de l’adjectif « arty » dans ta chronique, Fred. « Arty » sied pleinement au cinéma de sa fille Sofia qui emballe ses films d’une prétention sans égale, prétention que je ne retrouve pas dans « Tetro ». Après, tout est histoire de perception. Je tenais à préciser mon désaccord là-dessus car l’emploi du terme « arty » pourrait en faire fuir plus d’un, à commencer par moi si je n’avais pas vu le film avant de découvrir ta chronique.

     
    • walkfredjay

      30 juin 2017 at 9 h 29 min

      Le noir et blanc, la narration décalée, l’insertion de ballets, etc. Tout cela n’appartient pas au cinéma américain dit « commercial » et « TETRO » entre bel et bien dans ce qu’on appelle le style « arty », même si ça a pris une connotation péjorative. Un peu comme « film d’auteur » en France. Mais pour moi, ce n’est pas forcément une critique. Et les films de Sofia Coppola ne sont pas « arty », ils sont snobs.

       
      • Seb

        30 juin 2017 at 10 h 16 min

        Assez de l’avis de Fred, « arty » est aujourd’hui un terme relativement vaste que l’on peut rattacher à pas mal de films hors des circuits « mainstream » et avec une certaine sensibilité arti… stique (ça ne veut pas dire grand chose d’autre finalement). Ce n’est pas nécessairement péjoratif (ça l’est en l’occurrence pour le Coppola mais ça n’engage que moi) et d’ailleurs j’apprécie un certain nombre de films qu’on pourrait qualifier de la sorte.

         
  4. Kinskiklaus

    30 juin 2017 at 10 h 32 min

    Oui, originellement, « arty » était l’équivalent du film d’auteur. Avec les années, sa définition s’est transformée dans l’imaginaire des cinéphiles, dans la majorité des cas, « arty » est indissociable de « prétentieux ». Exemples: Sofia Coppola (je persiste et je signe), Nicolas Winding Refn, Jim Jarmusch etc. « Tetro » n’est en rien « arty » au sens où je l’entends sauf dans le cas où on lui redonnerait son sens initial de « film d’auteur ». « Arty », aujourd’hui, ouvrez n’importe quel magazine, vous comprendrez très vite qu’il est utilisé aujourd’hui pour définir un certain cinéma « bobo », ce que « Tetro » n’est définitivement pas. Je sens que cette discussion va s’éterniser mais je sais tout autant que je ne changerais pas d’avis. Nous ne sommes pas d’accord, c’est pas bien grave.

     
  5. JICOP

    30 juin 2017 at 18 h 00 min

    Beau film, plastiquement réussi.
    Et, à l’image du film  » appartment zéro  » la ville de Buenos Aires filmée comme un monde parallèle.
    Toutefois les enjeux dramatiques sont quelque peu dilués dans une sorte de flottement narratif un peu vain.
    C’est dommage.
    C’est vrai que la ressemblance avec  » Rusty James  » est bien vue , même si cela se fait au détriment de  » Tetro  » car  » Rusty James  » est un film puissant, bouillonnant et à l’intensité dramatique largement au-dessus.

     
  6. Patrick

    30 juin 2017 at 20 h 24 min

    Mal aimé Twixt ne m’a pourtant pas dut tout déplu sinon pour moi Coppola reste surtout le cinéaste de l’excellente trilogie du Parrain, le reste de sa filmographie étant inégale.

     

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